AVOIR — AVOUÉ
mont fait rarement l'objet do poursuites. La moyonoo annuelle du nombre dos affaires mise» à l'instruction, on France, no déjiasso guère trois cents: lo nombre dos ca» .soumis aux assises varie do cinq à quarante. Cela tient à deux causes principales ; !• la femme, presque toujouni consentante, et passible d'une peine, ne porto pas plainte; 2" la preuve do Vavortcmont criminel obi, dans la plupart des cas, impossible à faire. Quelquefois, cependant, surtout lorsque la femme a succombé, on peut, par l'examen de l'estomac et l'analyse chimiiiue, retrouver des traces des substances abortives employées. Dans les cas d'avortement par manœuvres externes ou internes faites avec violence, inhabilomont ou sans précautions antiseptiques, on peut trouver des inriicos sérieux par l'examen de la femme ou de l'œuf : blessures do l'abuornon, dos parties génitales, déchirure des membranes.
La recherche médico-légale do l'avortement, pourtant si importanto au point do vue social, devient de plus on plus délicate et impuissante. à mesure que se propagent les notions scientifiques. Et, comme la misère, ou simplement lo souci du bion-ètre des enfants, les préjugés sociaux do toute sorte, ontrontpourunolargc part dans lesmobilesdci avortements criminels, il importe, pour prévenir l'extension dos pratiques abortives, de compter bien plus sur l'amélioration du sort des enfants et des mères que sur une répression pénale, presque toujours inapplicable.
La loi no prévoit pas l'avortement thérapeutique, mais la jurisprudence l'admet. Toutefois, quand un médecin juge l'avortement nécessaire, il est de son devoir et do son intérêt d'appeler au moins un confrère, de compétence et de moralité indiscutables, pour se mettre à l'abri de poursuites en cas de malheur. Les sages-femmes ne doivent pas pratiquer l'avortement thérapeutique.
•^ Art vét. L'avortement existe chez les femelles de nos animaux domestiques, comme dans l'espèce humaine ; il peut être causé par dos chutes, un travail forcé, un bain froid intempestif, etc., ot réclamer les mêmes soins.
Mais il est un avortement spécial, qui parait jusqu'ici particulier à la vache, et qui demande quelques explications : c'est un avortement contagieux, qui atteint ordinairement toutes les vaches pleines de la même établo et que l'on a nommé pour cela avortement épizootique.
On a reconnu à cet accident une cause infectieuse et microbienne. On connaît maintenant le bacille qui provoque l'inflammation catarrhale de la matrice, et rend cette affection contagieuse.
Lorsque l'avortement épizootique débute dans une étable, on prescrit, pour en préserver les autres vaches pleines, un traitement consistant en des injections de sublimé au millième, dans le vagin de la vache avortée, et des lavages, avec la même solution, de la vulve, de la queue ot du périnée. On exécute aussi sur les autres vaches pleines 4e rétable des lavages extérieurs. On désinfecte en même temps le sol de l'étable par les lavages avec une solution de sulfate de cuivre à 4 p. loo.
Un autre traitement consiste en injections sous-cutanées, avec la seringue Pravaz, d'une solution à 2 p. 100 d'acide phénique, à la dose de 2.5 centim. cubes. Chez des vaches pleines de cinq à huit mois, ce traitement a arrêté l'avortement épizootique dans une étable où cette affection régnait, malgré l'emploi des désinfectants les plus énergiques.
— Bot. Chez les végétaux, quand un membre, après s'être formé sur le tronc, cesse de croître et n'acquiert pas sa taille normale, on dit qu'il y a avortement.
Cet avortement s'opère plus ou moins tôt, et peut être même tellement précoce que le membre n'apparaisse pas. Il en est ainsi des feuilles de certaines légumineuses, telles que l'amorphe buissonnant, des bractées de l'involucre général de i'angélique, du cerfeuil, parmi les ombellifères, ou des sépales antérieurs dans la balsamine. Dans l'amorphe buissonnant, un seul des cinq pétales se développe, les quatre autres avortent ; dans les prunées, un seul des carpelles se développe sur cinq ; de même, sur les deux ovules nue produit chacun des deux carpelles de la fleur femelle du coudrier, du charme, de l'aulne et du bouleau, il en avorte régulièrement un.
AVORTER (lat. abortare; de ab priv., et de ortus. part. pass. de oriri, se lever, naître) v. n. Accoucher, mettre bas avant terme.
— Ne point prendre son entier développement, en parlant des végétaux ou de leurs parties : Les arbres qui sont battus au vent .font sujets à avorter. Il Ne rien produire : La pare-ise fait avortur plus de talents que l'activité n'en fait éclore. (M"' de L'Esp.) n Echouer, ne pas réussir, rester sans effet : Les révolutions gui n'AvoRTENT pas sont celles dont le but est précis et aété défini d'avance. [h. Blanc.)
S'a.yorter, v. pr. Accoucher avant terme : Une femme qui s'avorte. (Vieux.)
— Par anal. Echouer :
AVORTON n. m. Enfant, animal né avant terme.
— Par ex-t. Individu petit, malingre, débile : Les mères ont dans le cœur un amour excessifpour les avortons. (Balz.)
Il Personne de très peu de valeur : Les avortoks politiques sont nombreux, il Toute chose où l'on remarque ime grande imperfection : Beaucoup de pièces ne sont que des avortons dramatiques, ii Résultat incomplet ou défectueux: L'effronterie e.it ('avorton de l'audace. (Rivar.)
— Végétal qui n'est pas arrivé à son comidet développement : Les plus beaux arbres, tes plus belles plantes produisent quelquefois des avortons.
AVOUABLE adj. Qui peut être avoué sans honte : // ne faut jamais faire en secret quelque chose gui ne serait pas avouable en public.
AVOUÉ (du lat. advocalus, part. pass. de advocare, prendre pour défenseur en jnstice) n. m. Officier ministériel établi près les tribunaux civils pour représenter les parties et faire les actes de procédure pendant toute la durée d'une instance : Z'avotje est un homme qui vit des querelles d'aulruî. (Toussenel.)
— Avoué poursuivant. Celui qui est chargé de faire tous les actes dits de poursuite dans une saisie, dans im ordre, dans une licitation. n Avoué colicitant. Celui qui occupe pour une partie intéressée dans une licitation, autre que le poursuivant.
— Dr. féod. Avoué ecclésiastique. V. avocat.
On appelait aussi avoué le champion qui combattait en champ clos pour autrui. Les femmes, les mineurs, les