BAB-EL-MANDEB — BABILLER
Bab-EL-MANDEB {la Porte des pleurs), détroit qui fait commuDiqucr la mer Rouge et l'océa° Indien II est resserré entre la côte de la pôninsulo arabique, au N.-E. {ras ou cap Bab-ol-Mandeb), et celle d'Afrique au S.-O. (ras Seïan). Sa largeur est d'environ 25 kilom. L îlot de Penm fnie Maioun des Arabes) le divise en deux passes : la passe arabique, le Bab-el-Menhali,est la plus étroite 3 kil. 1/2J; lapasse africaine n'apas moins de2l kilom.de largeur.
Périm mesure du S.-E. au N.-O. 5 kilom., et dans sa petite dimension 1.800 m. Cet îlot appartient aux Anglais, qui l'ont occupé en 1S57, à la veille du percement de risthme de Suez, y ont élevé un phare et établi des batteries. La côte arabique du détroit est dominée par le
Djebel-Mcnliali (264 m.), qui forme l'extrémité S.-O. de la péninsule ; au N. de cette montagne, d'origine volcanique, se trouve le territoire français de Cheik-Saïd, encore non occupé effectivement, qui commande et Périm et le détroit. La côte africaine est bordée, non loin du ras Seïan, de sept îlots rocheux, .■ les Frères ", que les Arabes dénomment Djezireh-es-Sahab; les alentours du ras sont bas et monotones ; ce pays ressort de la n côte française des Somalis et dépendances ».
Les deux rives du détroit, ainsi que Périm, sont des régions nues, sans eau potable, partant sans ressources naturelles; elles sont brùli'-es par le soleil: de mai en août, quand souffle la mousson du S.-O.. le thermomètre marque avec constance lo à i;i". Mais l'importance stratégique du Bab-el-Mandeb est grande; ce détroit est proprement la continuation du canal de Suez, et celui-ci ne serait plus que « l'entrée d'une souricière u, si le détroit était la possession d'une seule puissance. Ainsi est expliquée la présence, dans ces parages, d'établissements des deux nations européennes maîtresses de colonies importantes en extrême Orient : Djibouti à la France, sur la côte africaine ; Aden à l'Angleterre, sur la côte d'Arabie.
BabelON (È'/'nes^-Charles-François), archéologue et numismate, né à Sarrey (Haute-Marne) eu 1854. Elève de l'Ecole des chartes, puis attaché au département des médailles à la Bibliothèque nationale, il en est devenu conservateur en 1892, et a été, en 1897, nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. On lui doit des ouvrages d'une érudition sûre et très estimés, dont les principaux sont : Description historique et chronologimie des monnaies de la république romaine (1885-1887); le Cabinet des antiques à la Bibliothèque nationale ( 1887-1889) ; la Gravure en pierres fines, camées et entailles [1^94) ; Carthage (1896); la Glyptique à l'époque mérovingienne et carolingienne (1896) ; les Origines de la monnaie (1896).
BABELQUARTZ {kou-artz') n. m. Variété de quartz hyalin cristallisé provenant de Beralstone, dans le Devonshire. (Ces cristaux doivent le nom qu'ils portent à leur structure, qui offre l'aspect de gradins.)
BabelSBERG, château royal prussien, situé sur la hauteur du même nom, près de Potsdam et de la Havel. Il fut construit entre 1835 et 1849, sur les plans de Schinkel. Le parc a été embelli et agrandi sous l'empereur Guillaume I-.
Babenberg, famille princière allemande, dont les m"iiil'ios possédèrent dès lo ix" siècle le comté de Babenberg, en Fraucouie, qu'ils gouvernaient avec titre de (jaugraves. Un d'entre eux, Léopold I'^'" de Babenberg, margrave d'Autriche en 960, mérita, dans les guerres contre les Hongrois, le surnom de Illustre, et recuhi, aux dépensée ce peuple, les frontières do l'Autriche. Sr-s sni'o--^.iir.s furent: Henri I" (994) ; — Albert, /e \ r ,-■ i |^ ;
— Ernest, le .SV-m-e (1056); — Lêopolu II / ' i"T'. ;
— LÉOPOLD III, le Pieux (1096), lequel reln-^j l.i mie
impériale, que plusieurs électeurs lui olIraiciiL. (il utait renommé pour sa piété et sa bravoure. L'Eg^lise le mit au nombre des saints); — Léopold IV(ii3G),qui fut investi du duché de Bavière par l'empereur Conrad III; — Henri II (1142), surnommé Jasomirgott, par qui, en ll5i>, la Bavière fut cédée à Frédéric Barberousse, qui lui accorda, par compensation, la haute Autriche. (Il transporta à Vienne la capitale du duché) ; — Léopold V, le Vertueux {\W2), qui rceut de Henri VI le duché de Styrie; — Frédéric I", le Catholique (1194), qui mourut en Terre sainte ; — Léopold VI. le Glorieux ( 1 198), lequel se croisa en 1211, prit part à la guerre contre les albigeois, puis aux guerres d Espagne contre les Maures, et retourna combattre en Palestine ; — Frédé- RicII, le Belliqueux (1230-1246), qui s'illustra par une victoire sur les Tartares. et fut tué à la bataille de Loitha. (En lui s'éteignit la maison de Babenberg, et l'Autriche fut, après sa mort, occupée par le roi de Bohême.)
BabeNHAUSEN, ancienne seigneurie immédiate do l'Empire, médiatisée en 1806, faisant aujourd'hui partie du cercle bavarois de Souabe-et-Ncubourg et appartenant aux princes de Fugger Babenhausea.— Nom de deux localités situées : la première, en Bavière {cercle de Souabeet-Neubourg),surlaGunz, affluentduhaut Danube ; l'autre, en Hesse (prov. de Starkenburg), sur la Gersprenz, affluent du Main ; 2.300 hab.
Babeno Saint-HUBERT (Louis), bénédictin et philosophe allemand, né à Leimmgen (Bavière) en 1660, mort en 1726. On a de lui de nombreux ouvrages de philosophie 6t de théologie.
BâbER (Mirza-Aboulkasem), petit-fils de Timour, mort en 1457. A la mort de Schah-Rokh, il s'empara du Mazendéran, et son frère Ala-ed-Daulah d'Hérat. Avec 1 aide
d'Ala-ed-Daulah, Bâber arraclia le Khorassan à Ulug Beg, et il finit par déposséder de leurs Etats tous ses frères qui régnaient en Perse. Après la mort d'Ulug-Beg et d'Abdal-Xatif, il se trouvait à la tète de presque tout l'empire du grand Timour. L'espoir de restauration que ces conquêtes avaient fait naître ne fut pas réalisé, car Bàber se livra sans retenue à l'ivrognerie, et mourut bientôt on laissant son sceptre à Mirza-Schah-Mahmoud, qui ne sut pas h' garder longtemps.
BÂBER (Zahir-ed-Dyn~Mohammcd), arrière-petit-fils de Tamerlan et fondateur de la dynastie des Grands- Mongols de l'Inde, qui a duré jusqu'au commencement du XIX* siècle. Il naquit en 1483 et se trouva en 1494, à l'âge de onze ans, souverain du Turkestan et du Khorassan. Les commencements de son règne furent très difficiles, et, douze ans après son avènement au trône du Ferghana, il on fut dépossédé par Scheibani-Khan. En l'an 1505, il entreprit la conquête de l'Hindoustan avec uno armée de 10.000 cavaliers; il soumit successivement les provinces de Kandahar, de Kaboul, et s'empara, avec Dehli et Agra, du sceptre de l'Indoustan. Il mourut en 1530.
Ce prince n'est pas seulement célèbre par la puissance à laquelle il s'éleva, comme Timour, après avoir longtemps lutté contre l'adversité : c'est l'un des plus remarquables écrivains turcs qui se soient servis do l'idiome djagatai. Le texte original de ses Mémoires [Tuzuk Bnbei'i) a été (Mlité à Kazan par Ilminski (1857), et une traduction en a été publiée par Pavot de Courteille (1871).
BabÉRIDES, descendants de Bàber (Mirza-AbouIkascm) et souverains de l'Inde. V. Inde et Houmayoun, Akbar, Djihangir, Schah - Djihan, Adrangzeb , ScHAH - Alem, F'i:rroukh-Siyyar,Mohammed-Schah.— £''^n,)(ï(eBABÉRiDE.
Babet [hé] u. f. Abréviation populaire du nom propre Klisal.oih.
Babet la Bouquetière, surnom appliqué par Voltaire au cardinal de Bernis, pour caractériser son caquetago spirituel et ses jolis vers, pleins d'afféterie et de grâce maniérée. Laharpe disait de lui, à ce sujet : » Il prodigue trop de fleurs et ne les varie pas assez ; c'est pour cela que Voltaire l'appelait Babet la Bouquetière. »
Babeuf (François-Emile), agitateur politique, né à Saint-Quentin en 1760, mort à Paris en 1797, exerça avant la Révolution plusieurs métiers fort modestes, dont le dernier fut celui de commissaire à terrier, à Roye. Ses idées communistes pereaient déjà dans sa correspondance et dans sa brochure le Cadastre perpétuel {1100). La Révolution ayant éclaté, il fonda un journal patriote, et exerça diverses fonctions municipales. Il fut, par contumace, condamné pour faux, mais l'arrêt fut cassé. Depuis le 9 thermidor, il résida à Paris, où il s'était rendu plusieurs fois, et avait noué dos relations politiques. Il commença par se montrer antiterroriste fougueux ; puis, la réaction s'aflirmaut, ses idées devinrent plus démocratiques et allèrent jusqu'à un communisme complet dans son journal le Défenseur de la liberté de la pi'esse, devenu le Tribun du peuple, et où il signait Gracchus Babeuf.
Uno conjuration se forma, dont il fut le chef, pour renverser le Directoire et rétablir laconstitution de 1793.
Trahis par Grisel, les conjurés furent arrêtés, et Babeuf et Darthé condamnés à mort par la haute cour de Vendôme (26 mai 1797). Tous deux se poignardèrent avant de monter surl'échafaud. — Son fils, Emile Babeuf, né en 1785, s'occupa de librairie, et fut condamné pour délit de presse sous la Restauration,
— BiBHOGR. : Advielle, Histoire de Babeuf et du babouvismt; (Pans, 1884).
BABEURRE (de battre, et beurre; ou, peut-être, de bas, ot brnrrc) n. m. Liqueur séreuse qui reste après lo barattage de la crème ; on l'appelle lait de beurre. (C'est un liquide très rafraîchissant.)
BABI n. m. Nom donné au partisan du babisme. Y. Bab.
Babi (Jean-François), révolutionnaire, né à Tarascon (Ariège) en 1759, mort en 1796. 11 commanda pendant la Terreur une troupe révolutionnaire qui parcourut l'Ariège pour y rechercher les royalistes et les suspects. Il fut emprisonné après le 9 thermidor, pendant que ses propriétés étaient dévastées par les contre-révolutionnaires, mais bénéficia de l'amnistie de brumaire an IV. Etabli ensuite àParis etbabouviste, il joua un rôle actif dans 1' camp de Grenelle (sept. 1796); arrêté dans sa fi condamné à mort, et fusillé (oct. 1796).
BABIA (de Babia, nom d'une déesse vénérée en Syrie) n. m. Genre d'insectes coléoptères phytophages, famille des chrysomélidés, sous-famille des clythrinés, renfermant des formes américaines répandues surtout au Mexique et au Brésil. Citons le babia inUla{MGXH{uej ; le babia capistrata (Brésil).
BABIANE n. f. Genre d'iridacées, renie rniant do petites plantes herbacées, géh-Talcmcnt velues, à rhizomes bulbeuxtubcrcux, ayant de belles et grandes fleurs souvent dégai^L'ant une odeur agréable, originaires du cap de Bonne- Espérance-
BabiCE, village de Russie (Pologne, gouv. de Lublin), sur un sous-affluent du San ; G. 800 hab.
BABICHE (corrupt. du mot barbiche) n. f. : Faire couper sa uABiCHE. (Pop.)
BABICHE n. f. Petit chien d'appartement, que l'on connaît aussi sous le nom de bichon.
BABICHON (corrupt. de barbichm) u. m. Espèce d'épagiu'ul à poils longs et soyeux.
BABlCHONNER v. a. Nettoyer, peigner, rendre propre. (Se dit par allusion aux soins qu'on prend d'un babichonj :
Babeuf.
U fut
Babia {
'- 4 fois).
3 fort bien que s
Nous avons trouvé la laitière occupée à laver et à babichon- NER la petite fille. (G. Sand.) [Fam.]
BABIE n. m. Entom. V. babia.
BabiÉ de Bercenay (Françoisj, publiciste, né à Lavaur (Tarn) en 1761. mort vers 1830. Il a collabore à divers ).jurnaiix. et publié un grand nombre d'ouvrages : liai, -m' niihi'iu-'' : Correspondance de Louis XVI (1805, ;i|,ip, 1 \ [iiMv , 'filnwilr Bonaparte à la reconnaissance des '^ l'nnn'ai^ ■ /Jir/ hxiwi irr des non-yirouettes (1816), ouvrage >' 4U1 lut iuibi et pruhibé; etc. ]
Bab-I-HOUMAYOÛN, expression composée du mot , arabe bab (signif. » porte »), et du mot persan houmayoân , (auguste, impérial). Elle est employée en turc pour désigner l'empire ottoman, ou plutôt le gouvernement de ' la Turquie.
BABIL(6(r — du gr. babazein, balbutier) n. m. Caquet, ; abondance excessive de vaines paroles : Babil cotitiyiuel. Babil de femme.
— En bonne part. Agréable facilité de parole, bavardage amusant : Cfn qenlil babil. Les jeunes plies acquièrent . vit^e un BABIL agréahle. (J.-J. Rouss.) \
— Discours ou écrit prolixe et vide : L'analyse de tous ces BABILS ne ferait qu'ennuyer^ affliger ou dégoûter le lec~ , teur. (Auditfret.) '
— Par anal. Chant babillard de quelques oiseaux, comme la corneille. {Se dit surlout du gazouillement de l'hiron- \ délie) ; L'hirondelle mêle son babil aux mille voix du jour.
Il Bruit imitant la voix de quelqu'un qui babille : Vous fermez votre oreille au babil des fontaines.
TnÉopHiLB Gautier.
— N'avoir que du babil, Ne dire que des choses inutiles, futiles, dénuées de sens.
— En T. de véner., Aboiement d'un limier qui donne de la voix à tort et à travers.
— Syn. Babil, caquet. Le babil est une abondance excessive de paroles inutiles; le caquet est mêlé d'assurance, de prétention, quelquefois de méchanceté. Le babil fatigue, mais il peut arriver qu'on s'en amuse; le caquet irriTe. On arrête le babil d'une petite fille; on rabat le caquet d'un vantard.
BABILLAGE {Il mil. — rad. babil) n. m. Bavardage f,iiigant : Le babil excessif devient du babillagk. (Girard. >
— En bonne part. Causerie douce, gaie ou amusanie ; Les doux babillages de l'amour.
— Par anal. Bruit imitant la voix d'une personne qui liabille : Le babillagic des oiseaux.
BABILLANT, ANTE {Il mil.) adj. Qui a une tendance à babiller.
BABILLARD {llar' [Il mil.]), ARDE adj. Qui parle beaucoup : Homme babillard. Sej^ante babillakhe.
— Qui parle sans réflexion, indiscret : On m'a trmté comme une petite fille babillardb. (G. Sand.)
- Par ëxt. Où l'on babille : Béunion babillabde. 11 Qui 'M a< 1 oiiipagné de babillage : Hospitalité babillarde. [| f,»m sni, au l>abil, que l'on emploie àhabiller: Langue babil- LAUhK. li <.'iii porte à parler beaucoup : Ivresse babillarde.
— Par anal. Qui imite une personne qui babille : Per^ roquet babillard. Pie babillarde.
— pROv. : La joie est babillarde, On aime à parler beaucoup quand on est content, et l'on cherche à communiquer aux autres la joie que l'on ressent.
— Substantiv. Personne babillarde : // faut que les gens de ce pays-ci soient de grands babillards. (Mol.)
— Argot, n. f. Lettre, missive, à cause des secrets compromettants qu'elle peut contenir, n n. m. Confesseur, à cause des conseils qu'il prodigue aux pénitents ; et aussi Journal, livre, supplique :
Ma largue part pour Versailles, Aux pieds de Sa Majesté; EU' lui fonce un babillard.
Pour m'faire défourailler.