‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 647 sur 828 · LA BAÏONNETTE · texte numérisé non relu

LA BAÏONNETTE

~ En T. de chem. de fer. Joints à baïonnette, Ceux qui relient entre elles les extrémités des tubes flexibles qui, dans un train, aboutissent aux organes des freins "Westingliouse ou Smitli {freins à vide ou freins à air comprimé). V. FREIN. [Ces joints tirent leur nom du mode do fermeture

Baïonnettes à douille : 1, 2. :

3. xvme et XIX8 siècles. — 4. Sabr — 5. Ëpée -baïonnette : a, poignée c, douille; i, poussoir;

qu'ils possèdent, et qui rappelle le dispositif d'une baïonnette s'adaptant au canon d'un fusil.]

~ Encycl. Art milit. La baïonnette n'a véritablement acquis ses propriétés caractéristiques que du jour où Ton a su l'adapter au fusil au moyen d'une douille emboîtant le canon de l'arme comme une gaine, et non plus en introduisant dans ce canon même le~^ manche en bois dont étaient munies les baïonnettes primitives. C'est, en effet, seulement alors qu'on a pu tirer avec la baïonnette au canon, et que le fusil s'est trouvé susceptible de servir, tout à la fois, comme arme de jet ou comme arme d'hast.

Les premières baïonnettes, d'abord plates, étaient assez courtes; on fit plus tard la lame triangulaire ou quelquefois quadran-

des pans soi-

évidés afin do n'alourdir que le moins possible les fusils d'alors, déj à très pesants.

La lame, fixée au moyen d'une douille et d'une virole, s'adaptait ou s'enlevait au moyen d'un dispositif spécial qui , depuis, reçut d'autres applications, sous lo nom de timouvemenfrà baïonnette « .

La lame do la baïonnette '■lait coudée à ^a base, pour

ne pas gêner l'opération du chargement, et aussi de façon que son prolongement passât par le centre de la poignets du fusil, ce qui en rendait le maniement beaucoup plus sûr. C'est Vauban qui, vers 1703, fit prononcer l'adoption générale de la baïonnette à douille, et, comme cons. quence, la suppression définitive des piquiers.

Depuis lors, la forme des baïonnettes a beaucoup vari<', ainsi que leur mode de fixation au fusil. La lame triangulaire fut remplacée par une lame de sabre plate àcourbui)imitée du yatagan des Arabes, arme dont furent les premiers dotés les'chasseurs à pied, lors de leur création, pui^ les zouaves, et les servants à pied de l'artillerie.

La douille était remplacée par une simple ouverture circulaire pratiquée dans la garde de ce saore-batonne/ii-. dont la poignée contenait un ressort qui permettait de lo fixer solidement contre une directrice ou long tenon d'acier porté par le canon. Ce sabre-baïonnette, un peu allégé, fut, avec le fusil Chassepot, donné à toute l'infanterie, qu'en même temps on débarrassa du sabre-poignard, dont le sabre-ba'ion nette muni, d'un fourreau d'acier, tenait lieu dans la tenue journalière.

Lors de l'adoption du fusil Gras, la lame dusabre-ba'ïonnette, encore allégé, devint rectiligne et plate. Puis, aver le fusil Lebel, on revint à la lame quadrangulaire, et l'armo prit le nom de êpée-baïonnette. On a enfin adopté, plus tard encore, un modèle spécial de baïonnette très courte, pour le mousqueton des servants à pied d'artillerie.

Des transformations analogues de la baïonnette ont eu lieu à l'étranger, où, généralement, cette arme a un peu moins de longueur qu en France, puisque, ajoutée au fusil Lebel elle lui donne une longueur de l^.SO, pour l'",74 en Allemagne, et l'",53 seulement en Autriche.

Les circonstances où la baïonnette se met au bout du fusil sont précisées par les règlements militaires. La grande portée dos armes modernes rend inutile de la porter pendant toute la durée d'un combat, comme autrefoi-. Et, comme elle diminue la précision du tir, il est de rê^lr de ne mettre baïonnette au canon qu'à 250 mètres environ de la position à enlever, au moment des feux rapides qui précèdent l'assaut. Ajoutons que, malgré les perfectionnements des armes à feu, la baïonnette n'a pas cessé d'être le complément indispensable du fusil d'infanterie.

BAIONNIER OU BAÏONIER [ni-é) n. m. Nom donné autrefois au soldat armé do la baïonnette.

BAÏOQUE (oA:'— de lital. batocco, même sens) n. f. Ancienne monnaie do billon des Etats romains, qui valait un peu plus de cinq centimes, n On écrit aussi bajoqde.

BAÏOQUELLE (/ctiT — de l'ital. baïocbello.àijn.de baiocro, l)aïoquej n. f. Petite monnaie de cuivre autrefois en cours à Bologne et dans quelques Etats italiens, avant l'annexion.

BaÏPOUR ou Be'ÏPOUR, ville de l'Inde anglaise (^côte Je Malabar), à l'embouchure du fleuve S«i!powr;6. 700 hab. Bois.

BAÏRAK {rak' — en turc, drapeau, enseigne, synon. <iu mot turc sandjak, et de l'arabe liva). n. m. C'est particulièrement l'étèudard d'un régiment (or^a) de janissaires.

BAÏRAKDAR (du turc baïrak. et de l'impératif dar hl'i verbe persan dashtan]; « celui qui possède l'étendard n. m. Porte-drapeau d'un régiment de janissaires.

BaÏRAKDAR (Moustafa-Pacha), grand vizir de l'empire osmanly, né eu 1775, mort en 1808. Il était gouverneur de Koustchouk quand une révolution, provoquée par les janissaires, renversa le-sultan Sélim-Khan III, l'allié de Napoléon P', et mit sur le trône le sultan Moustafa. Il marcha sur Constantinople pour rétablir son souverain ; mais cette démarche ne fit que hâter la mort de Sélim. Il renversa Moustafa, et mit à sa place Mahmoud-Khan II, frère do Sélim, qui le nomma grand vizir. Quelque temps après, une nouvelle révolution ayant éclaté à Constantinople, il se fit sauter avec une tour dans laquelle il s'était réfugié pour ne pas tomber vivant aux mains des janissaires.

BAÏRAM, BEÎRAM ou BEYRAN (mot turc) n. m. Hist. relig. Nom donné à chacune des deux fêtes principales des musulmans : la première se célèbre le dixième jour du dernier mois de l'année musulmane, zoul hidjdiet (mois du pèlerinage). Cette fête est le grand bairam dos Turcs. La seconde vient après le ramadan ou ramazan C'est le petit baîram des Turcs. Cette seconde fête est la

Il plu

u6os, itoplo

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s iiunibroux proprement

â tontù bien ^niivoiu Ui lal-ni 'Ir ■[•

voyageurs qui ont visilù IsliuiImiiI i

que les chretions du Lovaiii -n'i" ili m ii [.ctit tmiram la

Pihfiic «If's Turcs, parco qu il IiiiiL leur jeûne, comme la

fôio i|(i P;npi('s liiiit lo nôtre.

Baird l'.i\ il , v.'<?ncral anglais, né à Nowbithon 1757, moi'i en iJ^^".! l'jivoyé aux Indos, il se battit contre Ilydor- Ali, qui lo lit prisonnier (1770), puis contre Tippoo-Saïb, à qui il enleva d'assaut Seringapatam. Kn 1807, il prit part à la guerre contre lo Danemark, et fut envoyé on 1808 on Espagne, où il se conduisit brillamment à la bataille do la Corogne, et succéda à John Moor comme général on chef.

Baird (Robert), publiciste américain, no en 1708 eu Ponsylvanie (Etats-Unis), mort on 18G3, fut un ardent vulgarisateur des doctrines protestantes. Son Histoire des sociétés de tempérance a été traduite on plusieurs langues, ainsi i|ue son Aperçu, sur la religion en Amérique.

BaIREUTII ^■'-i'Ii!'- ^\'i)li'!iii--tr> mar-raviiir ni:>, fille

i\c Im !■ , '■.,. '■; , ,.,., !■■ ..■■;: IMIi I l'i-r.l. ■!■,,■, UÔO à.

pol..l M.: ,■ I . ■ ■ .. !.■ .-h ; 1 M,. r|„,,,s,,,-ii K.U.loIils

du iii.n .. !■ r . ■■ I ;:■,.■:■■,, '■. ■ I . ■. i m ( tucrc i In .-, ■ 1, |,rn mar- Br;i\.'.| An ]M h 1 ih .1 l.^l.s.^ en iranoais, <los .U<fmoircs

intor<'ss;iiii^ 'iiii (Ir piiMios on 1810. Voltaire a écrit

une '>iii' sur l:i iihiri ,]•■ . l'iic princesse.

BaIREUTH. <Mni;r. \. BaYRKDTH.

Bairia mu Biria, villo de l'Inde anglaise (provinces du N.'iM oiic-t innv. doBénarèsJ); 7.160 hab. Raffineries

do surn-, l,in,;.L;.-s.

BaiRO ou BaYRO (Pietro), médecin italien, né à Turin en 1408, mort en ir)r)8. 11 eut une haute réputation comme praticien. On a do lui un licci'ci! de srrrcts dr médecine (Voniso, MSr.i; un Traité dr /,r ,■;-■:■',■ 'Tunn, ir,07^; otc.

BAÏROTSANA ni ^;m^. ru 1 ■.■.'■ , - nul i In li.-(.ain,

disciple du p;.ii-Kiivlir i;;iiM., i;.m. ;,: ., un- m. ■,■[.•■., renommé pour s'iii yran»! savnic, n .clui --ii 'Ir n.iiiilircii.v livres sanscrits eu thibétain.ot.apr^s sanmrt, fut béat ilié c«mimo incarnation d'Ananda, le disciple préféré et cousin du Bouddha Çàkya-Mouni.

Bais, ch.-l. de cant. de la Mayenne, arr. et à 20 kilom. deMayenncsurl'Aron, affluent de laMayenne; 1.821 hab. — Le cant. a 9 comm. et 12.626 hab.

Bais. comm. do rille-et-Vilaine, arrond. et à 16 kilom. de Vitré, sur un affluent de la Seiche; 2.581 hab.

Bais, bourg do l'Océanio espagnole (Philippines, île Negroj; 5.000 hab.

BA15AILLER iza-llé \ll mil.]) v. a. Syn. do baisotek. il S'est employé ilauy lo sons de faire dos visites ennuyeuses, alors que "lo baiser accompagnait inévitablement les visites : Tantôt, M, de Marseille me mènei'a baisailleii. (M"»» de Sév.)

BaiSGH (Hermann), peintre allemand, né à Dresde en 1846, mort en 189J. Il fréquenta d'abord l'Ecole des beauxarts do Stuttgard, se rendit en I8C8 à Paris, où il étudia surtout les œuvres de nos paysagistes, notamment do Th. Rousseau ; puis il alla à Munich, où il reçut les leçons do Ad. Lier. Il obtint, dès 1873, une médaille à l'Exposition de Vienne, pour ses paysages le Matin, A midi et le Soir. Parmi ses autres toiles, nous citerons : Une grande route en Hollande (Exposition universelle de Paris, 1S78| ; Moulin an clair de fttne (à Stuttgard, ; Matin de printemps ; l'Abreuvoir (à Hanovre); Fin a été; etc. Les paysages de Baisch se distinguent par la finesse du ton, la grâce et l'harmonie du coloris. Baisch avait été nommé, en I88O, professeur à l'Ecole des beaux-arts de Carlsrube.

BaÏSE, rivière do France, affluent gauche de la Garonne, parcourant, depuis sa naissance sur le plateau de Lannemezan, des terrains tertiaires aux sources peu abondantes. A travers los Hautes-Pyrénées, le Gers et Lot-et-Garonne, elle coule lentement, recevant la Baïselle et la Gélise, arrosant Castelbajac, Montastruc, Mirande, Condom et Nérac. Lonf.'ueur du cours : l9o kilom. Le canal de la Neste lui fournit de l'eau en été.

BAISEMAIN n. m. Hommage féodal consistant à baiser la main du seigneur, ou, en son absence, le verrou de la porte do son manoir. 11 Présent que l'on oft'rait au soigneur dans cette circonstance.

— Par anal. Cérémonie d'étiquette usitée dans quelques cours, et qui consiste à baiser la main du souveraui. 11 Réception officielle des ambassadeurs par le sultan, bien qu'on n'y baise plus la main de ce souverain.

— Action do baiser la main d'une personne quelconque : Les BAISEMAINS étaient fort à la mode sous Louis \Il[.

— Par ext. Au plur., Civilités, compliments ; Faites mes BAISEMAINS à vos sœurs. (Racine.) 'jSo s'emploie plus guère qu'eu plaisantant.]

— En T.doliturg., Action de baiser la main du célébrant, à l'olfertoire, et de déposer une offrande dans un bassin particulier. Aujourd'hui, on baise la patène au lieu de la main.

— Loc. FAM. : A baisemains, ou A belles baisemains, Avec empressement, avec satisfacti' n, j\'. i. omiaissancû : Accepter une proposition À 1 i 1 : mains. (Vieilli.) 11 Venir à baisemains, Se soun < n iii )

— Encycl. a l'cpoquo féodale, il .1,1 n i uv.;. . m- haiser la main du soigneur, chaque fois qu'il y avait mouvanco do liof, et au renouvellement du bail "à rente, en signe d'hummage; lo vassal offrait en môme temps un présent, dont l'usago soûl persista, et qui conserva 10 nom do baisemain. Lo baisemain s'est retrouvé, depuis, dans lo cérémonial do plusieurs cours, ot l'Eglise l'introduisit aussi dans SOS cérémonies; mais, lorsque coUe-ci y substitua, dans la plupart dos cas, l'action do donner "à baiser la patène, beaucoup do princes conservèrent lo baisemain propromem dît. Le baisemain n'était pas toujours sans danger pour les souverains : on sait que le sultan Amurat ï" fut tué par un soldat servion, qui s'était approché do lui, sous lo prétexte du baisomain. L'abbé Samt-Jullieu-Ballourc s'indignait, dans ses Origines de la province de Bourgogne, do co que cet usago se lut introduit chez l.'s plus minces soigneurs. « Non seulement les prmces, dit-il, mais aussi les gentilshommes à simple semelle, les nobles de bas aloi, los dames mal famées et demoiselles do trois leçons ont voulu f trc servis à la royale, dont est

ailvonu que nous autres pauvres gûiis d'égliso avons appris à. dire qu'on no vit jamais tant do baisemains ot si pou d'offrandes. » Co dernier mot indique suffisamment <tuo l'hommage n'était pas gratuit. Dans l'Eglise, l'usago voulait que, lorsqu'on était admis au baisomain, on commença par laisser tomber quelques pièces do moonalo dans lo nlateau. (C'est encore co qu'on appelle aujourd'hui aller à ioffrande.)

BAISEMENT u. m. Action do baiser. No se dit plus guère qu'en parlant de l'action de baiser les pieds ot dans doux circonstances : r lo baisement de la mule du pape, sur laquelle est brodée uno croix; 2' le balscmont dos pieds de douze vieillards pauvres par l'officiant, cérémonie catholiuue qui a lieu le jeudi saint.

— Matbém. So disait pour oscoLATiON. V. co mot. BAisr.i'iF.n I BAISE-PIED n. m. Action do baiser lo

pied .[1 ' [111SS1..11, (io respect. V. baiskmbnt.

I 1 .-.csso : /; ne sait par quels uaisk-

iMi:i)s '. . ' ' ■■'.■Il liiiinilité excessive. (Cormonin.)

BAISER izé — lat. basiare, même sens) v. a. Poser ses lèvres sur :' Baiser la joue, le front, la main, un crucifix.

— Par anal. Se dit des oiseaux qui so caressent bec à bec : l/n tourtereau qui baise sa compagne.

— Par oxt. Autrefois, Recevoir la visite de, ou faire uno visite à, par allusion à l'usage do baiser les personnes à qui l'on faisait ou dont on recevait une visite :

Vous avez donc baisé toute la Provence? (M"* do Sév.)

— Poétiq. Toucher légèrement, effleurer :

Bais

Tu.

— ïiaiser les mains à quelqu'un. Lui faire des compliments; formule do politesse qu'on employait autrefois, soit en prenant congé, soit à la-fin d'une lettre : Sur cela, je vous BAISE très kumbleynent les mains. (M™" do Sév.)

Il IrOniq. Témoigner vivement à quelqu'un (|u'on n'est pas de son avis, qu'on ne fera pas ce qu'il veut : Je vous baise leit mains; je n'ai pas le loisir.

Molière.

— Baiser les pas, la trace des pas de quelqu'un, 01, \i\\\ii énrrgiquoment encore. Baiser les pieds, la pâtissière des pieds de quelqu'un. Lui donner d'humbles marques de respect et do soumission :

Les rois des nations, devant toi prosternés, De tes iiicds baisent la poussière.

Racine.

— Baiser la terre, Se prosterner sur le sol et y appliquer les lèvres en signe d'humilité chrétienne, u Fig. Ramper, manquer de noblesse, d'élévation :

agrément,

— Baiser le babouin. V. babouin.

— Dr. féod. Baiser le verrou. Dans quelques coutumes (Berri, Sens, Auxerre), on appelait ainsi la formalité qui devait être remplie par lo vassal au manoir du fief dominant, en l'absence du seigneur. Lorsque lo vassal ne trouvait pas le seigneur en personne, ou quelqu'un fondé de sa procuration, il devait, pour faire la foi et hommage, baiser le verrou do la porte du manoir du seigneur, ce qui tenait lieu de la formalité ordinaire de la bouche et des mains.

~ Jeux. Baiser le cul de la vieille. Perdre sans faire un point, sans gagner une seule fois. (Expression triviale, peu employée aujourd'hui.)

— pRov. : Il ne faut pas tant baiser son ami à la bouche que le cœur lui en fasse mal. Il ne faut pas multiplier les marques d'amitié au point de fatiguer ses amis.

Se bcLiser, v. pr. Se donner mutuellement dos baisers : Les initiés sE baisaient, aux mystères de Cérès, en siqne de concorde. (Volt.)

— Fam. So toucher, être en contact : Deux pains qui SE baisent dans le four.

Baisé, ée part. pass. du v. Baiser.

— Pêch. Harengs baisés. Harengs saurs qui se sont collés l'un contre l'autre.

— Techn. Bouts baisés. Fils de soie qui se sont appliqués l'un sur l'autre, et se sont collés eu séchant. 11 En T. de passementerie. Partie d'ouvrage insuffisamment frappée par le battant et où la trame n'est pas assez serrée.

BAISER {zé — lat. basiare) n. m. Action do celui qui pose sa bouche sur le visage, etc., dune personne, ou sur un objet quelconque : Donner, recevoir, refuser, prendre, rendre un baiser.

— Poét. Douce influence extérieure, caresse, contact agréable : Les baisers du zéphyr, de l'onde.

Tuut ravit et palpite au baiser du soleil.

Tii. OB Banville.

— Baiser de paix. Baiser qu'on donne, ou qu'on rcooit, en signe de réconciliation, de bonne intolHgenco. (Dans la primitive Eglise, le baiser de paix était celui que les chrétiens se donnaient en signe d'union et do charité mutuelle, particulièrement au moment de communier.) 11 Baiser de réconciliation, Celui qui se donnait entre ennemis qu'on avait réconciliés. (C'est notre baiser do paùc actuel.)

Il Baiser de la foi. Celui que les chrétiens se donnaient entre eux, principalement quand ils exerçaient l'hospitalité les uns envers los autres. 11 Baiser de Judas, Baiser perfide, baiser de traître, (.\llusion au baiser que Judas donna à Jésus pour lo désiLMior â sos nineinis.l

— Baiser féodal. i;.iis,t .Imi,,!.- p;ir I.- s. M.ri,-ur au vassal, lorsque celui. 1 \ .nau Irii iTiiii.' h r:i,i('. un genou

à torro ot tête mu'. l uiiiriMis, il ;,,.- ],■ i.n^.iii ;i la bouche que si co vassal ei,aiL ycutilliummc. Lu bais.T féodal était le symbole des engagements réciproques que prenaient le seigneur et lo vassal. Le roi n'accordait la faveur du baiser qu'à la noblesse du sang, jamais à celle du fief.)

Il Droit de baiser de paix. V. droit.

— Baiser électrique, Petite expérience do société, qui consiste à faire monter une demoiselle, par exemple, sur lo g:\teau de résine ou le tabouret à pieds de verre, et à la mettre en communication avec le conducteur d'une machine électrique. Chacun est admis à venir l'embrasser X tour de rôle ; mais, dès qu'une personne s'approche assez prés, uno étincelle iaillit do ses lèvres et la force à rétrograder. Ceux dont la jeune personne veut bien acceptor le baiser y parviennent avec facilité, si, préalablement, elle a soin do los toucher paruu point quelconque de leurs vêtements; co contact permet à rélectricito do s'écouler

BAIRD — BAI-SIi\G

dans lo sol, ot la personne isolée peut être embrassée sans quo l'on rossonlo do commotion.

— Alldh. hist. : Baiser Lamourette. V. i.amourkttk.

— Encycl. Ethol. Le baiser est la plus grande marque d'affection qu'un être sensible puisse donner k son semblable. Chez les ancions, il fut longtemps le salut ordinaire quo l'on adressait soit aux statues des idoles, soit aux personnes que l'on voulait honorer, soit aux hôtes que fon recevait ou qui s'éloignaient. On haisail la barbe, les cheveux, les yeux, ou mémo ia. boudin. Dés la plus haute antiquité, c'était aussi do la mémo manière que lo vassal rendait à son su;!orain l'hommage do 1^ fidéhté qu'il lui devait. Dans l'Orient moderne, le baiser d'hommage se donne sur la main ou sur les genoux. On baisait aussi les pieds des grands, et les rois do Perse n'accordaient pas celte faveur à tout lo monde ; aujourd'hui encore, dans le mémo pays, on baise le pan de la robe d'une personne à qui l'on veut témoigner un profond respect. En Franco, en Allemagne, en' Angleterre, il n'y eut longtemps d'autre manière de saluer les damos que do les baiser .sur la bouche; Montaigne, à ce sujet, fait la remarque suivante : ■ C'est uno déplaisante coutume, et injurieuse aux daines, d'avoir à prêter leurs lèvres à (j^uiconque a trois valets à sa suite, pour mal plaisant qu il soit, n Les cardinaux conservèrent longtemps le droit de baiser les reines sur la bouche; les reines d'Espagne elles-mêmes se soumettaient à cet usage, mais il paraît qu'il n'eut jamais «-ours en France.

L'Eglise catholique donne encore une place au baiser dans ses cérémonies. Dès les premiers temps du christianisme, saint Paul écrivait aux fidèles de se saluer par de saints baisers [Snlatate invicem osculo sanclo). et les rites inodoriies distinguent encore le baiser de l'autel, le baiser de paix, le baiser de l'anneau, de ta main, ou des pieds. Lo baiser de l'autel se pratique dans la célébration de la messe. Lo baiser de paix est celui que, dès les temps apostoliques, les chrétiens échangeaient, pendant la messe, 1 n signe d'uijion et de charité. Durant fes premiers siècks, les hommes, prêtres et la'ïqucs, s'embrassaient de leui côté, les femmes du leur, car les hommes et les femmes n'étaient pas mêlés. On so baisait alors sur la bouche, suivant la coutume, et on se prenait dans les bras les ans des autres. Plus tard, on ne fit plus que toucher avec sa joue la joue do celui qu'on embrassait, en lo pressant dans ses bras. Cet usEige dura jusqu'au xiii' siècle. A partir de celte époque, il fut aboli pour les laïques, qui so contentèrent de baiser le même crucifix ou une plaque de métal renfermant des reliques. Aujourd'hui, les ecclésiastiques se donnent encore le baiser de paix, à la grand'messe, avant la communion : ils se prennent dans les bras et se touchent les joues, selon la coutume d'autrefois, en disant : n La paix soit avec vous ! » On baise l'anneau des évêques quand ceux-ci bénissent, quand ils donnent la confirmation, la communion, etc. Les cardinaux baisent la main du pape quand il vient d'être élu, quand il tient chapelle et lorsqu ils reçoivent de lui les cendres, les palmes on autres objets. Saint Ca'ius est le premier pape dont l'histoire dise, d'une manière formelle, que les chrétiens admis en sa présence lui rendaient l'hommage du baisement des pieds ; il occupait le siège pontifical en l'an 283.

— Dr, rom. Dans le bas- empire, les fiançailles romaines s'étaient fondues avec la donation faite par le mari à la femme avant le mariago [donatio ante nuptias). La donation du fiancé à la fiancée était accompagnée d'un baiser. La donation prit elle-même le nom de oscutum, plus tard oscle. V. ce mot.

— Dr. coût. Très anciennement, les parties contractantes confirmaient par un baiser les promesses échangées- Baisers (les)i de Jean Second (Utrecht, 1541), poésies

erotiques, au nombre de dix-neuf Ces pièces charmantes, qui maintiennent encore la célébrité de l'auteur, sont écrites en latin. Le poète du xvi« siècle rivalise avec les anciens ; il a déployé dans ses Baisers toutes les grâces d'une imagination riante, vive, colorée. Son style, d'une souplesse remarquable, porte des traces d'atTéterie : mais il est bien difficile, dans un pareil sujet, d'éviter cet écueil. Une traduction en vers des Baisers a été donnée par Tissot. Baiser (le), opéra-comiuue eu trois actes, musique

Fosthume du compositeur tcnèque Sniotana, représenté à Opéra impérial de Vienne en février ISa-i. La musique do ce charmant ouvrage a triomphé de l'insigne faiblesse du poème, et a obtenu un succès éclatant eu Allemagne.

Baiser de Judas. Cette sccno de la Passiun -le Jésus- Cbrist a été traitc-o inamir- :-:-;■ ir :.■-;■--■ :-.- l- ■. --.■-

riers, les mi-

niaturisles.

les sculpteurs de toute époque et de" tous pays. Rappelons un remarquable bas-re- Iiefde la façade de la cathédrale dOrvioto.^ Fra.Vngclicoa point co mémo sujet d'une façon supérieure. Parmi los modernes, nous si^nalorons seulemont les peintures do Signol, à l'église t^aint-Sulpice ; de Flandrin, à Saint-Germain-des-Prés : de Ernest Hébert, au musée 4n Luxembourg, et d'Ary Scheffer, dont la composition a été très remarquée à son exposition posthume (1859).

BAISE0R, EUSE n. Personne qui a la manie de donner des baisers : i'n baisbur insupportable.

Baisiedx, comm. du Nord, arrond. et à 13 kilom. de Lille: 2.011 hab. Chemin do fer du Nord. Produits chimiques, tanneries, moulins.

Bai-SING-TOU-UNG. chaîne do monta£:ues située au N.-E. du Tliibot. c^ui réunit los monts Nan-than auxTsiu- Chan et constituait, autrefois, la frontière entre co pays et la Mongolie.

lïaibcr de Jud.is, d'.ipr^s t'iaudria-

UAISIUS

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