BALAFRE — BALANCE
petit maillet. Selon les contrées, le balafo prend les noms de balangy, de balak et de marimha. Le musée du Conservatoire de musique en possède un exemplaire.
BALAFRE (de la partie, romane péjorative bar, bes, ber, bis. que Ton retrouve dans berlue, bévue, bestom-ner, etc.» ût de l'anc. haut alJ. le/fur, lèvre, ce qui donnerait au mot balafre le sens primitif de lèvre disgracieuse, mal faite, idée qu'éveille généralement la balafre) n. f. Grande entaille faite par une arme tranchante, spécialement au visage ; (.-icatrico qui résulte de cette blessure : Les balal-KHS dcfi'jurent. Il est de glorieuses balafres.
BALAFRÉ, ÉE n. Personuo qui a une balafre : ffenri de Guise fut sui'/ioinmé le Balai-'iu-:.
BALAFRER v. a. Blesser en faisant une balafre : Bala- FBiiR quelqu'un, lui b.vlafrer le visage.
— Par ext. Couvrir d'un objet qui rappelle une balafre : Ches nous, on sillonne les monuments de hideuses coutures, on les balafre déplâtre et de mortier. (Vitet.)
BalaGHÂT, district de l'Inde centrale anglaise (Gondvana), ch.-l. Bourha, peuplé de 170.000 hab. — District de 1 Inde centrale anglaise (prov. de Nagpour); 383.000 h. Ces deux districts réunis constituaient, avant leur cession aux Anglais parle Nizara, en 1800, Vempire de Karnate.
BaLAGNY (Jean m:). V. Mo.ntluc.
Balagny-SUR-THÉRAIN, comm. de l'Oise, arr. et à 26 kilom. do $<^nlis, sur le Thèrain ; 1.203 hab. Ch. de f. du Nord. Carrière, filature de laine.
BÂLA-GOPÂLA, nom donné aux images du dieu Krichna enfant, se livrant à divers jeux et à ses premiers exploits.
Balaguer [Bergusium], ville forte de l'Espagne du N.-E. (Catalogue, prov. de Lérida), sur la Sègre ; 4.500 hab. Centre agricole et vignoble. Au S. s'étendent les llanus de Urgel. — Le partido du même nom compte 55.000 liab.
Balaguer (Victor), historien, poète et homme politique espagnol, né à Barcelone en 1824, mort à Madnd en 1901. De bonne heurn, il s'occupaderecherchos historiques. En 1834, il devint archiviste de Barcelone, et, peu après, professeur d'histoire en cette ville. On a de lui une Histoire politique et littéraire des troubadours {ïSmàlSSOi ; etc. Esprit original, poète populaire et patriote, il a essayé de remettre en honneur le dialecte catalan. Ses Poésies^ complfies, parmi lesquelles on distingue le Trouvèi'e de Montserrat et Ips Héros de la mer, ont paru en langue castillane et catalane (1874). Il a publié aussi des légendes et ballades, comme la Jeunesse du dernier trouvère catalan , et des nouvelles, notamment Juan de Serralonga. Enfin, on lui doit do nombreux drames, dont le sujet est emprunté soit à l'histoire catalane, soit à l'antiquité : Juan de Padilla; Annibal; Sapho; Coriolan ; César; Néron ; etc.
Ses débuts dans la politique datent de 1861 ; à cette époque, Balaguer fut élu député de Barcelone, puis représenta, en IS69, Villanueva y Geltru aux Certes. Ministre des travaux publics (mai 1872), il fut membre du ministère constitué après la dissolution des Certes en 1874, vice-président des Certes en 1880 ; enfin, ministre des colonies en 1886. En 1875, il fut élu membre de l'Académie royale de Madrid.
BalaGUÈRES, comm. de TAriège, arr. et à 11 kilomde Saint-Girons; 985 hab.
BALAI {le — du bas lat. baleium, et probablera. du celtique balan, genêt) n. m. Faisceau de menus brins, ou brosse de crin, que l'on adapte à un long manche, et dont on se sert pour amasser, pousser dehors la poussière et les ordures: Balai de bouleau, de jonc, de genêt. Balai de crin.
— Donner un coup de ôa/ai. Ramasser et enlever rapidement avec le balai la poussière et les ordures, il Fig. Destituer des fonctionnaires, renvoyer des domestiques, ou expédier à la hâte des affaires, ii Donner du balai à quelqu'un. L'expulser, le mettre à la porte, n Faire balai neuf. Se dit des employés, des domestiques qui montrent du zèle, de l'ardeur, les premiers jours de leur entrée en fonctions. On a même donné à ces domestiques, à ces employés nouveaux, le nom de balais neufs.
— Rôtir le balai. Littéral. Etre réduit à brûler, faute de bois, son balai pour se chauffer, et, par ext. : l" Passer sa vie dans une condition obscure, nécessiteuse; 2*" plus fréquemment, Vivre dans le désordre, dans la débauche, par allusion aux sorcières qui voyagent sur un manche à îjalai : La duchesse de La Ferté avait une fille qui avait un peu RÔTI LE BALAI. (St-Sim.)
— Fam. Bamasser les balais. Arriver le dernier dans une joute, un exercice, etc. (En usage surtout dans la marine.)
— Archit. Milieu do l'abaque, dans le corinthien et le composite.
— Argot. Gendarme, agent de police, parce que l'approche d'un agent de l'autorité fait vider la place à ceux qui ont quelque chose à redouter d'eux, ii A Paris, le balai. Le acrnier omnibus qui, vers minuit, parcourt une ligne, parce qu'il ramasse sur son passage les voyageurs attardes.
— Chass. L'extrémité de la queue des chiens.
— Chir. Instrument dont on se sert pour pousser dans l'estomac dos corps étrangers arrêtés dans l'œsophage.
— Electr. Balai de fil niétallique. Pièce formée de fils de cuivre et produisant un contact électrique entre des corps en mouvement et un collecteur ou producteurd'électricité : tel est, par exemple, le balai de la dynamo, ii Balai ou
de bruyère, etc. ; tôte de loup).
Trolley. Daus un tramway à conducteur aérien. Sorte do brosse métallique fixée à'i'extrémité d'une longue trinelo métallique et mettant en communication directe le câblo
aérien fournissant l'électricité et le moteur électro-dynamique de la voiture.
— Fauconn. Queue des oiseaux de proie, gerfaut et faucon.
— Techn. Morceau de linge attaché à un bâton, avec lequel les orfèvres nettoient renclume. n Poignées de brins de bruyère, de buis, etc., dont on se sert, dans les magnaneries, pour faire monter les vers à soie, ii Poignées de brins de bruyère avec lesquels la fileuse fait plonger les cocons dans l'eau chaude pour en détacher le bout.
— Loc. PROV. : Le balai de l'estomac, Les épinards, à cause de la grande facilité avec laquelle ce légume se digère, il Balai du ciel, Nom donné par les habitants des côtes au vent, quel qu'il soit, qui ramène un ciel pur. ii n y a du hasard sur les balais. Se dit quand un marchand surfait une marchandise de peu de valeur. (Vieilli.)
— Encycl. Les brindilles de bouleau, de bruyère, de genêts; les panicules de sorgho, de roseau, de mélique bleue; les tiges de jonc, de sparte, d'ansérine, sont les matières le plus souvent employées à la confection des balais. Pour faire un bon balai, il est important de n'employer ces matériaux qu'à moitié desséchés; le bois est plus résistant, ne fait pas de retrait, et les liens ne se détachent pas. Pour nettoyer les étables, les basses-cours, on se sert de balais de bouleau. Ceux de houx sont les plus convenables pour enlever des prairies, au commencement du printemps, les feuilles, les pailles, le fumier non consommé et le menu bois provenant de la tonte des haies. Pour les pièces carrelées ou parquetées, on se sert généralement de balais de crin ; pour les tapis, de balais de chiendent. Si l'on veut conserver ces derniers souples et en bon état, il faut, chaque jour, les tremper légèrementdans l'eau avant et après le service.
BALAI ou BALAIS [le) n. m. Un des noms vulgaires de la clavaire corail, espèce de champignon.
BALAÏBALAN n. m. Idiome do convention à l'usage des •sofis, inveiitf vor.s l'an 1000 de l'hégire, par le cheik Mohyi- Eddin.
BALAIEMENT(/e-nîrtn)n. m. Syn. peu usité de BALAYAGE.
BALAIS (/ê — de l'ar. balscliaks, rubis, ainsi nommé de Bnlakschan, ville d'Asie) adj. m. Mot usité dans la locution rubis balais, qui désigne les spinelles dont la couleur est rose. (Cette pierre a beaucoup moins de valeur que le spinelle rouge.)
— Par ext. Bubis balais. S'est dit des boutons rouges qui viennent sur le nez des ivrognes.
BALAITXÈRE (rad. balai, parce qu'on fait beaucoup de balais de genêt) n. f. Champ de genêts.
BALAK, mot mongol qui signifie ville, et se rencontre dans un grand nombre de noms de villes : Balakaa, Balak-
Balak, roi de Moab. Il soudoya Balaam pour lui faire maudire les Israélites qu'il redoutait. Balaam les bénit au contraire par trois fois, mais indiqua au roi un moyeu de les vaincre ; la débauche. Une épidémie, qui emporta 21.000 personnes, en fut la conséquence.
Balak-HISSAR, ville de la Turquie d'Asie (Asie Mineure, vilayoT do Hudawendiguiar); 13.150 hab. Grande foire annuelle au mois d'août. Aux environs, sources minérales et thermales. Cette ville est la capitale d'un district peul>Ië do 109.600 hab.
BalakHNA, ville et port de Russie d'Europe (gouv. de Nijni-Novgorod), sur le Volga; 11.280 hab. Ch.-l. d'un district peuplé de 108.000 hab.
Balakirev (Mily Alexeïewitch), compositeur russe, né à Nijni-Novgorod en 1837. Il dut ses premières connaissances musicales à un amateur fort distingué, Alexandre Oulébichov, mais fit ensuite presque seul son éducation artistique, qu'il compléta par les-conseils du célèbre Glinka. Esprit très ardent et très indépendant, il se posa en réformateur et devint le chef d'une petite école qui comprenait les noms de Borodine, de Moussorgsky^ de César Cui et Rimsky- Korsakow, et qui, rêvant une révolution dans la musique dramatique, ne cessa de poursuivre de ses critiques^et de ses sarcasmes des artistes tels que Rubinstein etTchaïkowsky. Planiste assez habile, studieux des adorables mélodies populaires de son pays, dont il a publié un recueil intéressant, et directeur des chantres de la chapelle impériale, il n'a guère composé que trois ouvertures su ques; ouverture sur un thèm
poème symphonique inspiré d'une poésie' de Lermantow , la Bussie, poème symphonique ; musique (ouverture, marche et quatre entr actes) pouf le Boi Lear ; Islamey, fantaisie orientale pour piano ; enfin, quelques mazurkas et une vingtaine de romances dont on vante l'accent personnel.
Balaklava, ville et port de la Russie méridionale (Crimée), sur la mer Noire, à 9 kilom. S. de Sébastopol; 2.340 hao. Les anciens Grecs appelaient cette ville Symliolon, et les Génois, qui, au temps de leur puissance maritime, y avaient un comptoir, lui donnaient Je nom de Cemhalo. Elle est connue aujourd'hui par la bataille qui s'y livra pendant la guerre de Crimée.
Balaklava (b.\t.\ille de). Ce fut la première tentative de sortie dos Russes enfermés dans Sébastopol. Le 25 ocmbrc isr,j, le général Liprandi sortit de la place à l'aube, ' t se dirigea vers le S.-E. pour surprendre le port de lialaklava. d'où les Anglais tiraient leurs approvisionniinciiis. Après s'être emparé do quelques redoutes avanfoos, il fut arrête par la résistance des highlanders retranchés dans la ville. A 10 heures du matin, le combat semblait fini, quand lord Raglan, accouru au canon, ordonna à la brigade de cavalerie légère de lord Cardigan de poursuivre Pennemi, qui paraissait en retraite ; if ne réussit qu'à la faire exterminer dans une charge folle restée légendaire en Angleterre.
Mily Balakir
^s thèmes russes et tchèartial espagnol ; Tka
cm
balalaïka n. f. Instrument de musique très répamiu on Russie, où les paysans l'emploient pour accompa^rnor leurs chansons populaires, si pleines de saveur et d'une saisissante originalité. Les cliansons à une seule voi.x sont soutenues ainsi par le son de la balalaïka, sorte de petit théorbe à corps triangulaire dont les cordes sont tantôt pincées, tantôt mises en vibration par une espèce do glissando particulier. L'effet en est charmant.
BalambAN, bourg de l'Océanie espagnole .Philippines, île Cébu); 11.100 hab.
Balambangan, petite île de l'Océa nie (Malaisiej, à l'extrémité septentrionale de Bornéo, sur le détroit de Balabac. A deux reprises différentes (1774 et 1803 .. les Anglais ont vainement tenté de s'établir dans cette île.
Balan, comm. des Ardennes, arr. et P..ii..iui. . à 2 kilom. de Sedan, près de la Meuse ; 1.496 hab. Filatures, fonderie de fer, etc. Combat sanglant entre les Français et les Allemands le 1" septembre 1870, après la défense de Bazeilles.
balançant, ANTE adj. Qui se balance, qui penche tantôt à droite, tantôt à gauche : Uiie démai'che balançante indique un homme paresseux ou suffisant, surtout s'il branle en même temps la tête. (T. Thoré.)
BALANCE (dulat. bis, deux fois, et lanx, lancis, plateau) n. f. Appareil qui sert à mesurer le poids des corps : Balance Juste, fausse.
~ Fig. Equilibre déterminé par des compensations : Il faut établir une certaine BM.M^cB entre les intérêts rivaux. Il Manière, moyen d'apprécier les personnes ou les choses : La justice du vulgaire, dont la balance est boiteuse, a évalué la gloire à la mesure du sang versé. (Toussenel.) H Arbitrage, direction : L'Angleterre tient dans ses mains les BALANCES du Commerce. (E. de Gir.)
— En balance, En suspens, dans l'indécision, dans l'incertitude : Etre en balance. Tenir quelqu'un en balance. Victoire qui reste en balance, ii Mettre en balance, Comparer. Il Entrer en balance. Etre mis en comparaison, en ligne de compte : Dans les grands projets, les considérations secondaires n'ENTRENT pas EN BALANCE. Il Emporter la balance, Avoir un avantage décisif, prévaloir, ii Tenir la balance égale. Se montrer impartial, il Tenir la balance. Maintenir à son gré un certain équilibre ; être l'arbitre ou le juge. Il Signif. encore. Etre prêt à porter un arrêt :
Misérable ! le Dieu, vengeur de l'innocence,
Tout prêt à te juger, tient tléjè, la balance. Racine.
Il Égaliser la balayice, Etablir une sorte de compensation : Eg.aliser LA BALANCE entre l'utile et l'agréable, il Faire pencher, incliner la balarice, Donner l'avantage, faire qu'une personne, une chose, l'emporte sur une autre ; décider en a faveur : La fortune fait pencher la balance en faveur de qui la possède, il Porter droite la balance, Montrer de la justice, de l'équité, il Mettre un poids dayis la balance. Jeter quelque chose dans la balance. Faire, dire quelque chose qui provoque ou tende à provoquer un résultat décisif.
Il Mettre en balance, mettre en parallèle, comparer:
Penses-tu qu'un instant ma vertu démentie Eiit mis dans la balance un homme et la patrie?
Voltaire-
— Dans son sens propre, le mot balance est souvent suivi d'un qualificatif ou d'un complément qui en détermine l'espèce, la nature : Balance indifférente. Balance folle. Balance paresseuse. V. encycl. ii Balance d'essai. Balance de Boberval. Balance roma^ine. Balance danoise. Balance hydrostatique. Balance électrique ou magnétique. Balance pneumatique. Balance de Coulomb ou rfe ^or^fon. V. encycl.
— Ch. de fer. Dans les machines à vapeur, on appelle balance un petit cylindre de cuivre muni intérieurement d'un ressort à boudin relié par un levier horizontal à une tige communiquant directement avec la soupape de sûreté de la machine ou de la locomotive. Un index que possède le ressort à boudin se meut le long d'une graduation inscrite sur le cylindre. La position de cet index indique au mécanicien à quelle pression correspondante do le chaudière se soulèvera la soupape. En général, il existe deux de ces balances, placées parallèlement au-dessus du générateur de vapeur.
— Comm. Somme qui représente la différence entre le débit et le crédit : La balance de son compte est en ma faveur. \\ Balance d'inventaire ou simplem. Balance, Opération par laquelle un négociant se rend compte de sa situation, en faisant le relevé de son actif et de son passif, puis en compensant et balançant les deux comptes, n Balance de sortie. Celle qu'on établit à la fin du grand-livre, lorsqu'il est rempli, ii Balance d'entrée ou Balance à nouveau. Cette même balance de sortie, reportée au commencement du nouveau grand-livre, il Balance général' , Com\'3.raison entre la balance de sortie et le compte des jnoiii^ et pertes, donnant la situation réelle du négociani. i: K.'i]iport, comparaison mettant la différence en évidcnm : La balance de l'offre et de la demande établit le prix courant.
— Comptab. On nomme balance, en comptabilité commerciale, la différence entre le débit et le crédit d'un compte, que Ion ajoute au côté le plus faible pour égaliser les totaux. (On dit aussi solde.) Balancer ou solder un compte, c'est égaliser ainsi les totaux de ce compte. Il y a j une oalance qu'on appelle générale : elle consiste à balan- j cer généralement tous les comptes ouverts au grand-livre, i
Balance de sortie. Cette balance est établie à la fin de J chaque compte et sert à les solder tous. J
Balance d'entrée. C'est la contre-partie de la balance de ' sortie. Le débit de l'une correspond au crédit de l'autre.
— Econ. polit. Balance du commerce. Compensation faisant ressortir la différence entre les exportations et K-importaiions.
— Gén. rural. On appelle 6a/(ï7îce l'équilibre qui doir produire entre la venue de l'eau dans un étang et la stri .•■ de cette eau par le trop-plein, dans le but de conserver un niveau à peu près constant.
— Iconogr. et relig. La balance est l'attribut delà Justice personnifiée. Elle figure, avec cette signification, sur une foule de monuments funéraires de l'ancienne Egypte, de la Grèce et de l'Etrurie. Dans les scènes du Jugement dernier exécutées par les artistes chrétiens du moyen âge, la main de la Justice divine tient quelquefois une balance ; mais, en général, c'est l'archange saint MicheL