BALKANS — BALLADE
Balkans (péninsdle des). — Cdolot/ie et relief du sol. LimiTée au N. par la Save et lo Danube depuis Belgrade, car la Roumanie est, géograpliiquement, en dehors. Son contour et sa structure ont été lixos, lors des plissements alnins parles effondrements do l'Adriatique, de 1 Arc liinel et'de la mer Noire, et par la surrection autour du massif ancien de Roumélie, de cliaînes de montagnes calcaires. Parmi ces chaînes, les Ballcans font suite aux Aines de Transylvanie. (V. Bali^ans [monts].) hes autres continuent les Alpes autrichiennes dans tout 1 ouest de la neninsule, du N.-O. au S.-E., et se prolongent par les alicnements N.-S. et O.-E. du Pinde et de la Grèce jusqu en Crète et dans les Cyclades, au-devant des montagnes de l'Asie antérieure. Les calcaires jurassiques y dominent en Bosnie et au Monténégro, la craie dans les Alpes dinariques et dalmates, l'Albanie et le Pinde, l'Othrys et l'Œta, la Morée (Parnon et Taygète), les iles grecques; les crêtes ne présentent que des sommets moyens, saul au Monténégro (Dormitor, 2.483 m.) et dans In Pinde (Veluohi, 2.330 m.) ; les vallées sont parallèles ou perpendiculaires, les plateaux rares et inégaux (Arcadie) les cois difticiles (passe do Zygos, entre l'Epire et la rhessalie, 1 200 m ) • les côtes sont des falaises blanclics, abruptes, très déchiquetées, avec peu de ports derrière leur bordure de caps, d'iles (îles Ioniennes, Négropont) et do récifs. En contraste avec ces chaînes, que les golfes de Corintho et d'Egine coupent en deux tronçons, est le large massif granitique et volcanique de Roumélie (anciennes Macédoine et Thrace), rompu à l'intérieur de nombreux bassins d'elTondrcment et ceinture de plaines étroites. Les vallées oiiposées do la Morava bulgare et du Vardar, utilisées par le chemin de fer de Belgrade à Saloniquo, le divisent en deux parties : dans l'occidentale, qui s étend on longueur do la plaiuo do Belgrade à la Thessalie, dominent les nœuds de granit comme le Cbar-dagh (Linbatrin, 3.050m.), l'Olympe (2.972 m.), l'Ossa (1.950 m.), et les hautes plaines encaissées comme celles de Prisrond (Metoia) et de Monastir (610 m.), souvent remplies par un lac (lacs Ochnde et Presbo); dans l'orientale se présentent, autour de massifs volcaniques comjjie le Rhodope ou Despoto-dagb, le Perim-dagh et le Rilo-dagh (2.020 m.), de vastes plaines au sol de calcaire et d'alluvions (plaines de Plulippopoli, d'Andrinoplo, de Salonique).
— Climat, luidroloqie. và/'Hation et faune. La portion massive de la péninsule a des hivers froids et neigeux, de violentes pluies au printemps et en automne, des étés chauds et relativement se^s : liir-iit litli.ral offre seul, comme la presqu'île et les ilr , 1m llrm,|u,N, le climat de la Méditerranée orientale : un Ihht i i. ,1( <t humide, un été long et ardent (-f 35»), un priniriui.s ,■! un automne à température très inégale, un ciel presque toujours serein, un air sec, une joyeuse lumière, des vents périodiques, dont lo plus violent, le varias, souffle du N. et moutonne la mer jusqu'en Crète. Ces conditions climatologiques et géologiques ont leur conséquence naturelle dans lo régime des cours d'eau et la végétation. La Morava bulgare, la Maritza (Hèbre des anciens), la Mosta (Nestos), la Struma (Strymon), lo 'Vardar (Axios), la Vistritza (Haliacmon), même la Selambria (Pénée), rivières de pays granitiques et volcaniques, nourries par l'eau des montagnes do rintérieur, sont riches, avec de forts écarts dans le débit. Au contraire, les cours d'eau qui descendent de l'intérieur de la Bosnie vers la Save (Bosna) ou l'Adriatique (Narenta),leDrin,la Vjossa(Aoos), l'Aspropotamos (Acbéloiis) , les rivières de Grèce ressemblent, à cause de leur indigence, aux oueds algériens : presque toute leur eau est bue en été par l'air ou les fissures du calcaire, quand elle ne s'arrête pas dans son trajet vers la mer en des bassins fermés ou des lacs à exutoires souterrains (lac Copaïs). Les montagnes, plus arrosées du centre de la péninsule (Pinde), ont'd'epaisses forêts de hêtres, châtaigniers, platanes, conifères méditerranéens (pin d'Alep, etc.), où s'abritent encore dos loups, sangliers et cerfs. Mais, sur les côtes et dans toute la Grèce, les forêts font place à des maquis de lauriers, myrtes, à des buissons, et à des landes de plantes odorantes, courtes et sèches (thym, etc.), où les chèvres broutent au milieu des rochers blancs, à côté de maigres cultures de céréales et de vergers d'oliviers, mûriers, figuiers, amandiers : quelquefois, dans la Grèce continentale, des gazons drus, favorables à l'élevage des moutons, ou de vraies savanes, comme en Tbessalio (chevaux), se substituent à la lande.
— Population, elhnar/raphic, f/fographie politique. Pauvre, en somme, la péninsule est peu peuplée, malgré les invasions dont elle a été le théâtre dès la fin de l'empire romain. La Bosnie-Herzégovine, occupée militairement par l'Autriche (1878), le royaume de Serbie (1878-1882), et le Monténégro (^1878), séparés de la Turquie, sont habités par des Serbes, Slaves du S. comme les Slovènes et Croates, mais orthodoxes (4 millions environ). Les Bulgares (3.500.000), orthodoxes aussi et parlant le serbe, mais de sang ouralo-linnois, se répandent do plus en plus hors du royaume de Bulgarie (1878-81-85) et de son annexe, la Roumélie orientale (188G), dans la Thrace et la Macédoine, où leur clergé, indopendant du patriarche de Constantinople, fait une énorme propagande par dos écoles. 600.000 Albanais, de race indo-gormànique, possesseurs du pays avant les invasions slavo et bulgare, et devenus musulmans en majorité, sont demeurés la population guerrière et pillarde des montagnes au S. du Monténégro. 2.500.000 Hellènes, fort métissés depuis l'extension chez eux du grand royaume serbe du xiv* siècle, occcuponl, hors des limites fixées à la Grèce en 1878 et 1882 (Thessalie), l'Epire, la Macédoine, les îles et les côtes do la mer Egée. Les Ottomans (700.000), et des hommes de race roumaine, les 'Valaques ou Zingares, sont disséminés dans la Turquie d'Europe, les premiers, soldats et fonctionnaires dans les vilaiiets de Philippopoli, Andrinople, Salonique et Monastir, les autres, nomades pasteurs dans le Pinde. Les Albanais et les 'Valaques, seuls intéressés au maintien de l'empire turc en Europe, se sont souvent battus pour le sultan. Mais les Serbes et les Bulgares, protégés par l'Autriche et la Russie, travaillent en rivaux à la formation d'un grand royaume orthodoxe aux dépens de la Turquie, tandis que les Hellènes ont fait, soutenus souvent par l'Angleterre, des efforts, dernièrement encore désastreux, pouf prendre les pays de langue grecque. Les guerres ont retardé la mise en valeur de la péninsule, dont la topographie même n'est pas bien étanlie. Sauf Andrinople, les grandes villes, Constantinople, Salonique, Athènes sont des ports, et la Grèce, favorisée par ses traditions maritimes, sa situation, ses productions végétales et
minérales, est la seule puissance qui joue un rôle économique important. (La géographie économique sera traitée dans l'article spécial à chaque pays.) . , „„
— BiBMOOE. : Th. Fischer, die Sûdeuropriisclie DalKanhalbinsel (collect. Kirchoff, 1893); E. de Lavelaye, la Péninsule des Balkans (Paris, 1886); L. Léger, la Save, le Danube et le Balkan (Paris, 1884); V. Bérard, la Turquie et VhelUnisme contemporain (Pans, 1894).
BalKH, ville du Turkestan afghan, à 50 kilom. au S. do l'Amou-Daria. Située sur la rivière Dériaz, qui, née dans le Kohi-Baba, se perd avant d'atteindre le fleuve, elle n'a plus aujourd'hui que 2 à 3.000 hab., pour la plupart afghans. Elle fabruiue des tissus et des armes ; la région produit des chevaux et du coton. Route des caravanes de Kaboul à Bokliara. Balkh est l'ancienne Bacfres (v. Bactriane); c'est un ancien centre commercial très important: ruines considérables. Soumise au xvii' siècle par les Mogols, au xviii» par les Afghans, elle fut disputée, au XIX", entre le kban de Bokharie et ces derniers, qui la possèdent aujourd'hui.
BalKIS ou BelKIS, nom que les auteurs arabes donnent à la reine do Saba qui vint rendre visite au roi Salomon et eut de lui un fils qui fut l'origine des néi/us d'Abyssiuie. Le récit de ses aventures d'après les Orientaux est purement fabuleux.
Ball ou BaLÉE (Jean), prêtre anglais du xiv siècle, disciple de Wiclcf, se créa une immense popularité en prêchant l'égalité pour tous et se joignit aux serfs révoltés qui prirent Londres en 1381, et massacrèrent l'archevêque de Cantorbéry. Il avait composé la ballade qui fut le chant do guerre de ce soulèvement contre le despotisme féodal : » Quand Adam labourait et qu'Eve filait, (jui donc était gentilhomme ? » Arrêté à Coventry, Ball lut envoyé au supplice (1381).
Ball (Benjamin), médecin français, né à Naplcs en 1833, mort à Paris en 1893. Agrégé de la Faculté de Paris, il fut professeur de pathologie mentale (1877) et membre de l'Académie de médeciue(1883). Les principaux ouvrages do ce remarquable savant sont : Des embolies pulmonaires (1862) ; Du rhumatisme vésical (1866) ; la Médecine mentale à travers les siècles (1880) ; Leçons sur les maladies mentales (1881-1883) ; la Morphinomaiiie (1884).
BALLABILE n. m. Mot italien qui répond presque en ce qui concerne la danse théâtrale, au mot français pas.
— Encvcl. Le bnllabile est en effet un épisode dansant séparé, exécuté soit par un, soit pardeiix ou plusieurs artistes, soit par les masses du corps de ballet. Par extension, on en est venu à appliquer ce mot à la musique même de ces pas, et à appeler ainsi ballabili les morceaux écrits pour eux.
BALLADE (provcnç. ballada, de ballar, danser) n. f. Chanson à danser.il Danse exécutée sur l'air de cette chanson ; La demoiselle du château dansait une ballade once te /tnnci!. (Chateaubr.)
— Par ext. Dans certaines contrées. Bal public : L ne jeune fille qui parait à la ballade sans un garçon est méprisée de ses compagnes. (A. Hugo.)
— Litt. Poésie à forme fixe, divisée en stances égales, plus un dernier couplet plus court appelé envoi, et dans lac|uelle lo dernier vers ou deux des vers do la première stance sont répétés à la fin de toutes les autres.
La ballade, .nssprvie à ses vieilles maximes. Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes-
BOILEAU
Il Ballade redoublée. Ballade dans laquelle chaque stance a un ou deux vers répétés en guise de refrain. (Il n'est pas indispensable (jue lo vers ou les vers répétés dans chaque strophe soient identiquement les mêmes.)
— Aujourd'hui, Pièce de poésie d'un genre familier et lo plus souvent légendaire et fantastique : Les ballades de Schiller, de Gœthe, de Dùrger, de Vliland, etc.
— Prov.: C'est le refrain de la ballade, C'est ce qu'on ne cosse de répéter.
— E.N'OYCL. Dans sa forme la plus régulière, la ballade est un petit poème composé do trois strophes et d'un envoi qui commence le plus souvent par le mot « prince », avec un refrain. Les trois strophes, symétriquement égales, soit pour le nombre des vers, soit pour l'enlacementdes rimes, forment des stances de six, huit, neuf, dix, onze ou douze vers, disposés en deux parties. L'une de ces parties, ordinairement la seconde, est le type que les formes de l'envoi doivent reproduire. Tous les couplets sont sur les mêmes rimes ; tous les vers doivent avoir la même mesure, le plus souvent huit ou dix syllabes. Ce petit poème ne manque pas de grâce dans sa forme régulière, et quand le refrain est heureusement amené à la fin des stances, il leur donne un tour très piquant. Comme la ballade, le chant royal et la double ballade ont un refrain et un envoi, mais le premier a cinq stroplns .-i hi seconde enasix.
Les poètes provençaux snni li-. pirmu rs â nous otirir des exemples do ballades à l.nni.' li\. . Mais ce n'est pas encore la ballade classique : ro n . --i qu nprès avoir pénétré dans le nord de la France que ce pncmo se transforma. Toujours gracieux ot symétrique, il prit un caractère plus sérieux, tenant le milieu entre la gravite un peu rigide du chant royal et la na'iveté moins soutenue du rondeau. Il se prête à tous les sujets, se faisant ici l'écho de la douleur; là, servant de voile aux légères amours ou égayant d'une joyeuse boutade un trait satirique.
Selon Pasquier, dans ses Recherches sur la France, la ballade commença d'être en usage sous Charles 'V. Froissart, en effet, fut l'un des premiers à la mettre en vogue. Eustache Deschamps, en 1392, donna les lois du genre dans son Art de dictier et fere ballades et chants roijaiu:; il écrivit lui-même 1.175 ballades. Alain Chartier, Charles d'Orléans, 'Villon, Christine de Pisan. et Clément Marot, en ont laissé des modèles. Nous citerons de Villon, qui porta cette sorte de poème à sa perfection, la Ballade des Dames du temps jadis (v. ANTAN), et celle qu'il composa lorsqu'il s'attendait à être pendu avec ses compagnons :
Frères humains, qui après nous vivez.
N'ayez les cueurs contre nous codurciz,
Car si pitié de nous pouvres avez,
Dieu en aura plus lost de vous raerciz;
Vous nous voyez cy attachez, cinq, six,
Quant de la chair, que trop avons nourrie.
Elle est pifeça dévorée et pourrie.
Et nous les os, devenons cendre et poiildre.
De notre m.il personne ne s'en rie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.
Si frères Tous clamons, pas ne devez
Avoir desdaing, quoyque fusmes occis.
Par justice, car vous mcsmes sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis,
Excusez-nous, puisque sommes transis.
Envers le Filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre;
Nous sommes mors, âme ne nous harie,
M.iis priez Dieu que tous nous veuille absouldre.
La pluye nous a buez et lavez.
Et le soleil desséchez et uoirciz,
Pies, corbe.aulx, nous ont les yeux cavez.
Et arraché la barbe et les sourcilz,
Jamais nul temps nous ne nous sommes rassis
Puis çà, puis là, comme le vent vane,
(A son plaisir) sans cesser nous chane,
Plus becquetez d'oyseauix que dez à couldre
Hommes ici n'usez de mocquerie
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.
Prhire Jesi's. qui sur tous seigneurie.
G.iriie qu Enfer n'ayt de nous la maistrie,
A luy n'ayons que faire ne que fouldre;
Ne soyez donc de nostre coufrairie.
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.
La ballade tomba sous l'influence de la Pléiade, mais pour se relever encore avec un certain éclat sous Louis XIV. si Ml"" Deshoulières la gâta par ses fadeurs, La Fontaine retrouva la naïveté de Villon et la fine et spirituelle satire de Marot. Après eux, la ballade demeura dans l'oubli. ha. ballala italienne et la balata des Castillans ont eu la même origine que la balada des Provençaux; ce furent aussi des chants destinés i être dansés (halles) et chantés. Dans la ballata italienne, l'envoi se met au commencement et s'appelle entrata. h'entrala est ordinairement de quatre vers, quand ceux de la strophe sont en nombre pair ; de trois, s'ils sont en nombre impair. Plusieurs poètes italiens divisent encore la ballade en quatre parties, la première, epodo; la deuxième et la troisième, i7m(n:ioni; la dernière, voila. Généralement, c'est une espèce d'ode destinée à traiter des sujets délicats ou gracieux.
Les ballades de Pétrarque sont des morceaux d'une harmonie et d'une délicatesse incomparables. Les poésies du même genre éparses dans les œuvres de Dante, particulièrement dans sa Vila nuova, sont obscurcies trop souvent par des allusions dont on a peine à trouver le sens, isoccacc on a également composé quelques-unes.
La balata castillane se compose de trois couplets avec un refrain sur les mêmes rimes. II y on a aussi avec des rimes ot des vers libres, mais il faut au moins que les strophes aient toujours la même coupe.
On appelle encore ballades des pièces de vers qui pourraient être tout aussi bien appelées chansons, romances, légendes rimées. Ce qui les caractérise, c'est qu'elles appartiennent le plus souvent au genre légendaire ou fantastique. Il on existe, chez nous, de très anciennes, telle cette vieille chanson que l'on répète encore à Saint-Valéry-en-Caux et sur la côte de la Seine-Inférieure, et qui raconte lo désespoir de la fille d'un roi de France condamnée à épouser un prince anglais.
On trouve des balladles libres chez tous les peuples; nn peut même dire que partout la poésie a commener parl.s chants populaires qui n'étaient en réalité que des pnrnH s do cotte espèce. Ainsi, les romoHceros des Espagimls penvent être regardés comme de véritables ballades. V. romancero.
On peut supposer que la ballade française passa en Angleterre avec les conquérants normands ; mais elle y rencontra un autre genre de poésie populaire, plus ancien, plus conforme au génie do la nation, et elle disparut bientôt en laissant seulement son nom à ces poésies. La ballade anglaise n'est qu'un cadre où les poètes de la Grande- Bretagne se sont plu à reproduire le ciel sombre, les sites tourmentés, les tempêtes qu'ils ont constamment sous les yeiLx. Tel fut le caractère de toutes les poésies composées par les bardes saxons ou gaëls, et dont quelques-unes sont encore fixées dans la mémoire des plus pauvres habitants de l'Angleterre, du pavs de Galles, d'Ecosse et d Irlande. Ces compositions sont d'une forme assez variable. Cependant elles sont souvent partagées en stances égales entre elles, et, dans les plus anciennes, le vers qui termine une strophe est souvent répété au commencement de la strophe suivante. Les bardes ne chantaient guère que les combats des guerriers et les festins dans lesquels ils se délassaient des fatigues de la bataille. Après eux, d autres poètes célébrèrent avec un patriotisme ardent les exploits des Douglas, des Percy, des Bruce, des Murray. Les ballades sur Robin Hood sont demeurées populaires en Angleterre ot en Ecosse.
Robert Burns a composé un grand nombre de ballades, parmi lesquelles plusieurs chants rustiques tout pleins do souvenirs de la gloire nationale, sont des chefs-d'œuvre du genre. Thomas Moore en a également composé do très remarquables.
Ce n est que dans la seconde moitié du xviii' siècle que la ballade allemande, qui semble dérivée de la ballade anglaise, reçut une définition exacte et une délimitation précise, qui la rendit propre à constituer un genre spécial. C'était un récit emprunté au monde du fantastique ; lorsque ses héros n'étaient pas pris dans un milieu imaginaire, elle se rapprochait alors de la complainte et ne servait plus qu'à perpétuer le souvenir de quelque drame sanglant. Quatre poètes, en Allemagne, sont considérés, n juste titre, comme les maîtres du genre : Burger, Schiller, Gœthe et Uhland. La Lénore, do Bùrgcr, est restée le modèle du genre ; le Brave homme, le Chasseur féroce, Ih mpereur et le Prieur ne sont pas moins populaires. Schiller, plus descriptif, plus lyri(iue aussi, rapprocha la ballade du lied allemand; quelquefois même sa ballade devient une élégie, une ode, un dithyrambe. Il paraît difficile assu rément de ne voir que de simples ballades dans te Chanî de la Cloche, Résignation. Idéal, et quelques autres de ses sublimes inspirations; mais il reprend tous ses droits d.conteur poétique dans le Plongeur, la Caution, la Lullr avec le Draqon, le Message à la forqe, les Grues d'Ibyens. Gœthe et Uhland replacèrent la ballade sur son véritable terrain ei / R,,, ./, Thulé. le Roi des Aulnes, VApprenh sorcir,'. / ' . ' Corinthe.le Dieu et la Bayadére du premii I i' ,„ duchanteur, Taillefer. le Roi aveu-
gle.erl.< ' , , . ; . >nM«ic du second, sont d'admirables petits chefs-dieuvro. .Vprès les quatre grands noms que nous venons de citer, une place honorable est encore acquise à Tieck, Schwab, Chamisso, Zedlîtz {la Revue nocturne), l.enau, Schubert, Henri Heine (les Deux Grenadiers), etc.
Donosjours, en Frunco, 1»' Victor Ilu(;n, s| .ûr,,,. m A
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