BALTIQUES — BALUSTRE
lo Skager-Rack par les grands lacs suédois, cette mer no doit plus Hre regardée que comme une dépression commune aux plaines scanainave, russe et allemande, qui s'assécherait presque complètement si le niveau des eaux baissait de 100 m. La profondeur maximum, 430 m., est au N. de l'île Gotland, et cette fosse est séparée de celle du golfe de Bothnie par un plateau sous-marin, qui porte farchipel d'Aland ; sauf Bornholm. les autres îles tiennent au continent. Les marées de la mer du Nord n'atteignent pas la Baltique; et l'évaporation s'y trouve si insignifiante, l'apport des eaux douces par les rivières si considérable, qu'elle est fort peu salée : le golfe de Bothnie, notamment, nourrit presque les mêmes espèces de poissons que les lacs de Suède. Une salinité aussi faible favorise, en hiver, la formation d'épaisses banquises, qui bloquent pendant plusieurs mois Stockholm, les ports russes et même les côtes allemandes. Ces glaces à leur tour, de terribles tempêtes, les courants dangereux des détroits, et le caractci sablonneux ou marécageux des rivages, sont cause Ja Baltique reçoit peu de bateaux, même depui Allemands lui ont ouvert une entrée par le canal dé Kiel. — BiBUoGR. : Ackermann, Physikalische Géographie der Ostsee (a Petermann's Mittheilùngen ", 1884) ; Krùmmcl, 2ur Phj/sjk der Ostsee { " Petermann's Mittheilùngen », 1895); Peterson, A review of Swedisb hydrographie researches in the Baltic (<■ Scott, geogr. Magazine », 1894).
Baltique (expédition et médaille de la). V. Crimée.
BaLTIQUES (provinces). On désigne généralement sous ce nom les territoires compris entre le Niémen à ro. et la Narova à l'E., et situés au S. de la mer Baltique. Ils sont divisés en trois provinces : Livonie. Esthonie et Courlande. Bien qu'encadrées entre l'Allemagne et la Russie, ces provinces ont fait longtemps partie du royaume de Suède. C'est seulement en 1721, par le traité de'Nystadt, que le tsar Pierre le Grand acquit ces trois pays. A partir de cette époque, la Baltique cessa d'être lin lac suédois. Mais, malgré le voisinag^e de Saint- Pétersbourg, les provinces Baltiques s'mcorporèrent difficilement à l'empire russe. Pendant que les paysans restaient fidèles à la langue esthonienne, les nobles et les bourgeois restaient Allemands de cœur et de langue. Aujourd'hui encore, il y a contraste absolu entre les villes et les campagnes des provinces Baltiques. Le gouvernement russe a pris des mesures sévères pour expulser dos provinces Baltitjues la langue et la religion germaniques; mais l'assimilation parfaite n'est pas encore accomplie.
Baltistan ou PetiT-THIBET, contrée de lAsie anglaise, au N. -0.de l'Hindoustau, comprise entre le Raskeni- Daria, affinent du Tarim, au N., et lo Trans-Himalaya, au S-, parcourue d'E. en O. par l'Indus supérieur. Formée par les pentes, aiLx glaciers nombreux et vastes, de montagnes fort élevées : le Trans-Himalaya (Takht-i-Soliman, 5.636 m.}, la chaîne de Leh (6.034 m.), le Kara-Korum (Dapsang, 8.620 m.), et par les vallées profondes qui descendent vers rindus et son affluent principal, le Chayok, cette contrée est entièrement alpestre : Skardo, la capitale, bourgade de 1.500 hab., est bâtie, sur les bords de rindus, à 2.200 m. d'altitude. Aussi le climat est-il fort rude; l'hiver est très long; l'été, le thermomètre remonte à -h 32° C. Seules, les parties basses des vallées produisent des céréales et des fruits (récolte abondante d'abricots); le reste du pays est stérile et désert. Le Baltistan, pour une superficie de 33.600 kilom. carr., ne compte guère plus de 58.000 hab. [Baltis'j, d'origine thibétaine, de religion musulmane chiite, et qui émigrent volontiers vers le Turkestan chinois ou le Pendjab hindou. Pour toute industrie, les Baltis fabriquent quelques étofi'es en poils de chèvre. Caravanes entre Skardo et Srinagar (Cachemire).
Balton. Biogr. V. Balten.
BALTRAKAN n. m. Nom tartare du cramhe tatarica, dont les racines sont employées pour la nourriture.
BaltuS (Jean-François), jésuite et écrivain polémiste, né à Metz en 1667, mort à Reims en 1743. Son ouvrage le plus connu est une Réponse à l'Histoire des oracles de Foutenelle, où il soutient l'opinion que les oracles étaient, au moins en partie, l'ouvrage des démons. — Son frère Jacques (1670-1760), échovin, a laissé les Annales de Metz depuis l'an il 24.
Baltzer (Jean-Baptiste), théologien catholique allemand, né en 1803 à Andernach, mortà Bonn en 1871. Professeur de théologie à Breslau, il fut, au concile du Vatican, un des adversaires de l'infaillibilité. Ses principaux ouvrages sont : Caractère fondamental du système hermésien (1832); Principe de l'opposition théologale entre le catholicisme et le protestantisme {l^Z3) ; Bases d'un Jugement équi^ table entre le catholicisme et le protestantisme (1840); Histoire de la création, d'après la Bible (1867-73); Commencements des organismes et Histoire primitive de l'homme (Paderborn, 1869).
Baltzer (Edouard), pasteur allemand, né à Hohenleine (Saxe) en 1314, mort en 1887.^ Il fonda, à Nordhausen, une commune protestante libre, fit partie de l'Assemblée nationale de Francfort en 1848, créa, en 1868, la Société des amis de la vie naturelle, qui préconise le végétarianisme. Nous citerons, parmi ses nombreux ouvrages : Ma route de VEglise nationale à la commune libre protestante (1848) ; la Commune libre de Nordhausen (1851) ; Histoire religieuse universelle (1854) ; Nouveaux fatalistes du 7natérialisme{lS59); Coup d' œil sur le monde (IS^Q); Manière naturelle de vivre (1867-1868) ; Principes de la science l'eligieuse de nos jours (Nordh., 1869); Idée sur la réforme sociale (1873); Livre de cuisine végétarienne (Nordh., 1880). — Son fils Leonhabd Volkmab Baltzer, médecin à Nordhausen, appartient également à la secte des végétariens. Il a publie notamment: De lacompositioîi chimigue etdel'importance jihtjsiologigue des aliments de /7ionime(Nordh., 1874).
BALUCHON n. m. Caisse, Baluchon,
boîte à anse dont se sert le
génie militaire pour l'extraction des terres, il Boîte à ordures (jui u culte loniic. ii Ou ecnt au&bi balluchon.
;ût. Paquet : Il porte son b.\luchon sur le dos.
— Ar,
Balucki (Michel), poète polonais, né et mort à Cracovie \1S37-1901). Il s'est surtout fait connaître comme auteur dramatique. Nous citerons, parmi ses pièces : la Chasse à l'homme (1868); les Conseils de M. le Conseiller (1871): les Diligents fainéants {is~2y; les Etnajicipées (1873); le Théâtre d'amateia^s (1878); les Oies elles Oisons {\^^Z). On lui doit aussi des récits comme Kostyna (I86i); Amoxir tranquille et Sans demeure (1863); les Mystères de Cracovie (1870); la Volonté paternelle (1879); Pour les péchés non commis (1879); Pour un morceau de terre {1886); etc.
Balue (Jean), appelé lo plus souvent de La Balue, ministre de Louis XI et cardinal, né en 1421, selon toute vraisemblance, au bourg d'Angles, près Moutmorillon. Son père était sans doute Thomassin Balue, châtelain du lieu, et non un savetier ou un cordonnier comme on le dit généralement. Présenté à Louis XI par Charles de Melun, il sut bientôt capter ses bonnes g:râces, et fut nommé successivement aumônier du roi, intendant des finances, secrétaire d'Etat, évêque d'Evreux (1464), puis d'Angers (14671, et reçut enfin de Rome le chapeau de cardinal (1483). Un historien a dit de lui que, de tous les vices, il ne lui manquait que Thypocrisie. Comblé d'honneurs, de richesses et de dignités, la trahison était tellement entrée dans les habitudes de sa vie, qu'il entama des négociations secrètes avec le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et lui vendit .es secrets du roi de France. Des lettres interceptées (15 avr. 1469) dévoilèrent sa perfidie et ses intrigues à Louis XI, la manière dont Balue le trahissait auprès du duc de Bourgogne ; il le fit enfermer au chû-teau d'Onzain, près de Blois, dans une cage de fer, et le chargea de chaînes qu'on appelait les fillettes du roi. Il en sortit â la sollicitation du pape Sixte IV, après onze ans de captivité (1469-1480), et se retira à Rome. Il mourut près d'Ancône, en 1491.
BALUETTE n. f. Nom donné aux baguettes portant les empiles des hameçons que l'on emploie dans la pêche à la balle. V. balle.
BaLUFFI (Gaétan) , né à Ancône en 1788, évêque d'Imola et cardinal en 1846, mort en 1866, a écrit une importante histoire religieuse de l'Amérique.
BaLUSGU (Nicolas), écrivain roumain, né à Bucarest en 1818, mort àPalerme en 1852. Militaire à dix-neuf ans, il fut impliqué dans la conspiration contre le protectorat russe, condamné à la réclusion, et détenu deux ans au monastère Margineni. Bibesco, arrivé au trône de Valachie, obtint son élargissement. En 1845, Baluscu édita, en collaboration avec Aug. Treb. Aurelian, la revue Magasin historique. En 1848, il prit part au mouvement réactionnaire, et fut membre du gouvernement provisoire. Expatrié, il se rendit en Transylvanie, puis à Paris, enfin à Palerme, où il mourut. Son ouvrage le plus important est l'Histoire de Michel le Brave (restée fragmentaire), écrite dans un style plein d'enthousiasme national. Une autre œuvre, d'une certaine valeur historique, est Miscarea Bominilov din Ardeal in 1848. Càntarea hominici, le chant du cygne du poète (Paris, 1850), a donné lieu à plusieurs controverses.
BALUSTRADE [luss) n. f. Enceinte formée d'une rangée de baiustres unis par une tablette.
— Encvcl. On entend par balustrade un garde-corps à hauteur d'appui, que l'on place au bord d'une galerie, d'une terrasse, d'une tribune, d'un balcon, d'un escalier ou de toute autre construction présentant des dangers pour la circulation. Les balustrades sont intérieures ou extérieures, suivant qu'elles régnent au dedans ou au dehors d'un édifice ; pleines , lorsqu'elles sont formées par un mur massif; ajourées, à jour, à claire-voie, lorsqu'elles présentent des découpures évidées plus ou moins régulières;/"emïes ou aveuglées, lorsque les découpures sont appliquées sur un fond de maçonnerie. On ne connaît pas d'exemple de balustrades extérieures dans les monuments de l'antiquité. Les constructeurs de la période romane employèrent quelquefois des "balustrades pleines ou aveuglées,ordinairement en bois, rarement en pierre. L'architecture ogivale évida les balustrades et conserva
d'abord les arcatures, tout en donnant aux arcs la forme en tiers-point, caractéristique du stylo nouveau. De 1220 à 1230, on commença à établir, à 1 intérieur des grands édifices et à tous les étapes, des galeries de circulation garnies de balustrades ajourées. Celles-ci varièrent de forme et de légèreté, suivant les matériaux qui les com-
fiosaient. Lorsqu'on eut adopté l'usage de tailler les baustrades dans un seul bloc de pierre, on substitua aux piliers isolés, qui n'avaient plus de raison d'être, des clairesvoies composées de trèfles, de quatre-feuilles, de triangles chevauchés, ou de carrés posés en pointe. Mais les architectes du XIV* siècle arrivèrent promptemeut à la maigreur ou à la lourdeur, en surchargeant les balustrades de profils et de combinaisons plus suprenantes que belles (crénelages, ajours simulés, etc.). Au xv* siècle, les balustrades à claire-voie se composent, le plus souvent, de losanges ou de triangles. Quelquefois, elles sont décorées d'attributs ou de pièces principales d'armoiries sculptées dans les ajours. A la fin du xy* siècle et au commencement du xv(*, l'usage de placer des chiffres, des inscriptions, dans la claire-voie des balustrades, prévalut complètement.
La Renaissance employa d'abord des balustrades composées d'oï'dï-es réduits. L'inconvénient qu'il y avait à rappeler ainsi, dans ces parties accessoires d'un édifice, les fraudes divisions de l'architecture, fit adopter par la suite es pilastres d'un galbe particulier, ressemblant assez bien à celui d'un flacon avec son goulot. On leur donna le nom do baiustres, d'où vint celui de balustrade qui, à partir de cette époque, servit à désigner les garde-corps. Bien
que, dans l'architecture romane, rien n'autorisât l'emploi des balustrades, cet emploi fut adopté par la plupart des architectes du xvii' et du xviii* siècle, et dégénéra même en abus. On ne se borna pas à placerdes balustrades là où
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