‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 670 sur 828 · Balustrade ajourée · texte numérisé non relu

Balustrade ajourée

le besoin d'une barrière à hauteur d'appui se faisait sentir; on s'en servit comme de motif de décoration. L'abus fut tel qu'une campagne fut menée au début du siècle par Quatremère de Quïncy à ce sujet. D'une façon générale, la balustrade n'a de sens que dans les parties où elle supplée la corniche. Quant à sa forme, qui peut être très variée, elle doit être en harmonie avec la décoration générale de l'édifice. Ses règles ne sont qu'un cas particulier des règles universelles de la logique et du goût.

BALUSTRE {luss — du lat. balaustium^ calice de la fleur du grenadier, parce que le petit pilier nommé balustre a la forme de ce calice) n. m. Archit. Petit pilier, généralement employé avec d'autres et assemblé avec eux par une tablette, pour former un appui ou une clôture.

— Se dit particulièrement de la balustrade qui entoure le lit d'un souverain, comme dans la chambre de Louis XIV, à Versailles.

— Techn. Partie de la monture d'un chandelier, ii Ornement qui se trouve au-dessous d'une clef pour serrure.

Il Colonnette qui orne le dos d'un siège, ii Petites colonnettes entourant, à hauteur du siège, la caisse d'un phaé-

Balustres : 1, corinthien ; 2, innique ; 3 dorique 4 t ■einture; 10, cannelé; II, ù, double poire P en pi*douche — 13 Balustre 14. Balustre à coioanettes reUt^es pai ur

à Notre Dame de Pan

- de lis de la saintt Cliapelle

ton. Il Compas à balustre, Petit compas ayant une tête en forme de balustre.

— Enctcl. II n'existe pas de modèle de balustre dans les monuments de l'antiquité. On ne peut guère voir l'ori-

fine de ce motif de décoration que dans les ouvrages en ois. Les premiers baiustres employés par les architectes de la Renaissance ressemblent, en ettot, à des potelets de bois façonnés au tour ; ils ne diffèrent des colonnettes que par un léger renflement vers le milieu du fût. Par la suite, le renflement s'accentua de plus en plus, et fut décoré de sculptures qui en alourdirent la forme.

Le balustre se compose de trois parties principales : Je chapiteau, la tige ou vase, et le piédouche. La tige comprend elle-même deux parties : la panse et le col. La panse n'a d'ordinaire qu'un seul renflement; lorsqu'elle présente deux renflements, ils sont joints par une sorte dannelet. La tige du balustre est quelquefois quadrangulaire ; elle est l(rplus souvent ronde. La plinthe du piédouche et le tailloir du chapiteau doivent être carrés par leur plan ; parfois, ils sont ronds. Autant que possible, les baiustres doivent être en nombre impair (pas plus de onze, pas moins de cinq dans une travée), et la distance qui les sépare doit être égale à la moitié de leur plus gros diamètre, afin que le vide égale le plein. Les proportions des baiustres et leur galbe doivent répondre aux différents caractères des ordres d'architecture sur lesquels ils sont posés. II y a donc autant de manières de profiler les baiustres qu'il y a d'ordres. Dans les escaliers, les moulures des baiustres sont tantôt rampantes, tantôt horizontales.

' d'uno balustrade : Ba-

BALUSTRER (ttiss) v. a LVHTUKa une Icn-dssc, un earutifr.

Baluze (Aiiiiiino dk), (liplomato français, né on Limousin :ui cimuninconiont du xvii" siècle, mort à Paris on itisi. iJontiIliutmuo do la cliunibro du roi on 1634, il suivit iMario-Louisci do Gonzague allant (Sponsor lo roi de Polo^-no Ijadislas IV. Joau-Casimir lo chargea do plusieurs missions importantes. En IGCO, il reçut lo titro do • résident do Franco •, ot rendit de grands services à nos ambassadeurs ù Varsovie. Il travailla notamment à l'élection du duc do Longuovillo au trône do Pologne, mais la mort de ce prince rendit ses cflbrts inutiles.

Baluze (Jean-Casimir dk), diplomate français, flis du préciidinit, né ot mort à Varsovie (1618-1718). Dés sa jeunesse, l'ambassadeur do France Bonsy l'employa comme secrétaire. Il fut plusieurs fois chargé d'affaires, avec le titre de « résident » . Il romplitaussi diverses missions, notamment on Hongrio prôs de Tckoli (1670), ot fut envoyé extraordinaire en Kussio, on 17on «t mi I711. Quelques-

Russie, ? impériale d (Instruc- ..., /iussie).

unes do SOS lettres, durant très importantes, entêté publ d'histoire do Russie, ot d'au /ions aux ambassadeurs et un

Baluze (Etienne), un des moilleurs représentants d© l'érudition française au xvii* siècle, no à Tulle en 1630, mort à Paris en 1718. Boursier au collège Saint-Martial do Toulouse (1646-i6rj.l), où il se lia avec M»' do Montchal, Dadin d'Auteserre, etc., ot oil son Anli-Frizonius {\6'yi) contre les erreurs do la Gallia pui-pimila de Frizon le lit connaître, il fut attaché, en 10.56, au savant archevêque do

n-...i Pierre de Marca (dont il publia peu i pou Ifs

■•■-, après sa mort (1662), à 1 archevêque d'Autli,

Touloi œuvres'

La Motfio HoudaU' court. Pourvu, bien que simple clerc tonsuré, de nombreux bénélices, bibliothécaire de Colbert (1667), professeur de droit canon (1670), puis inspecteur (1707) au Collège royal (de France), il fut exilé de la cour (17 10) pour avoir inséré dans soaffistoire généalogique de la maison d'Auvergne (1708) des pièces qui appuyaient la prétention do "la famille de Bouillon et que l'on accusa do fausseté. Baluze fut rappelé à Paris en 1713, mais non rétabli dans ses titres et pensions.

Lié avec les plus illus-

•fî

Baluze.

très savants de l'époque, notamment Du Cange, il a donné d'admirables éditions d'écrivains ecclésiastiques (Salvien, Agobard, Loup de Ferrières, Innocent III, saint Cyprion, etc.), des recueils considérables de documents im-

Eortants pour l'histoire civile et religieuse, enrichis de prélîcs et de notes précieuses (Capitularia regum Francorum fl677|: Miscellanea [1678-1715J: Nova colléctio conciliorum f 1683), etc.) et des ouvrages historiques d'une grande valeur (Vit!e paparum Avenionensium [1693]; ffistorim Tutelensis libri m [1717]). Les notes laissées par lui (Armoires de Baluze à la Bibliothèque nationale) sont unemineprécieuse où los érudits ne cessent de puiser. Sa riche bibliothèque (plus de 10.000 volumes) a été dispersée après sa mort. Les manuscrits furent acquis par la Bibliothèque du roi. — BiBLioGR. : Notice autobiographique partielle dans Bibliotheca Baluziana (Paris, 1719); Vitraci'^e de Baluze (Limoges, 1777); Max. Delocho, Etienne Baluze (Paris, 1856); Ernest Rupin, £•. Baluze («Bull.de la Soc. scient., etc., de la Corrèze », t. II, 1879-1880); Louis Guibert, le Livre de raison des B. (Tulle, 1888) ; René Fage, les Œuvres de Baluze (Tulle, 1882).

BALVANE n. m. Piège formé d'un lacet en fll de laiton pour prendre les gelinottes.

BALVRAIDITE n. f. Feldspath appartenant à la série des plagioL-lases. Variété hydratée de labradorite. BALYK n. m. Filets d'esturgeon séchés et salés. BALYMACHIA {ma-Ici) a. f. Danse antique usitée chez les Grecs, à qui les Romains l'empruntèrent, et qui appartenait au genre comique. Elle s'était propagée plus tard jusqu'en Espagne, et on assure qu'en 589 son usage fut formollement interdit par le concile de Tolède.

BALYZE n. f. Cordon de taillis ou de futaie qu'on la'sse amour d'une coupe.

BALZAC n. m. Variété do raisin.

Balzac (Jean-Louis Gdez, seigneur de), célèbre littérateur français, né à Angoulcme en l.ï94, mort en 1654. Il était lils d'un geutilhorame angoumolsln, Guillaume Guez, qui servit sous le duc d'Epernon, et qui, ayant fait bâtirun château, près d'Angoulêmo, au village de Balzac, ajouta depuis lors à son nom celui de sa châtellenle. Après avoir étudié chez les jésuites et fait un voyage en Hollande il fut emmené en Italie par le cardinal de La Valette, qui eu fit son agent d'affaires à Rome. C'est alors que Balzac commença à écrire des lettres qui eurent un grand retentissement. Lorsqu'il quitta l'Italie, en 1628, et qu'il se rendit à Pans, il y était déjà presque célèbre. Il se vit recherché des plus grands personnages, au nombre desquels se trouvait l'évêquo de Luçon (Richelieu). Son premier recueil de lettres, publié en 1624, obtint un succès prodigieux dans toute l'Europe. Cependant, il no faudrait pas y chercher des modèles du genre éplstolalre; le premier mérite, en ce genre, est lo naturel, et le naturel est ce qui manque le plus ù. Guez de Balzac. Mais, par le grand souci qu'il avait do la correction, du nombre et de I harmonie do la phrase, il a opéré dans la prose la même réyoluiion que Mallierbe dans la poésie. On lui dut ensuite te Prince (1631), ouvrage qui fut censuré par la Sorboniic, puis le iocrale c/irt?(ien(i652), sorte de dissertation érudite et pompeuse sur l'excellence de la morale et de la religion. Après sa mort, on publia quelques ouvrages qui ajoutèrent encore à sa renommée : les Entretiens (1657), et l'Arislippe (1658), qui est considéré comme son chefd œuvre. Il le préférait à tous ses autres écrits.

t de Balzac.

Malgré la pompo un pou ompliatique et la rochorclio extrême qui déparent si souvent ses ouvrages, on no saurait méconnaitro la grande influence i|uo lo génie essontiolloment oratoire do Guez do Balzac a ouo sur notre langue, ot il doit ôiro placé au nombre do nos meilleurs écrivains, ou égard à l'ordre dos temps.

«Il est utile ù lire ot à méditer, également propre â instruire et à former, dit Joiibert; souvent il dépasse lo but; mais il y conduit, et il no tient qu'au lecteur do s'y arrêter. »

Outre los ouvrages que nous venons do citer, Balzac a composé une satire intitulée : le Barbon (1648) ; un nombre considérable de vers latins, imprimés sous le titro do Très libri carminum (1050) ; une foule do dissertations ot d'entredo H^insïnf'^r'.c'* dissertation s»r V fferodes Infanlicida Park ?oT.?' On ; /' l""^'"' comniètes ont été publiées à r806i' t k.?? Ç'T 7' "" """'^ ''" ''•'"■e^de Balzac 1806) /c» Pensées de Balzac, précéd.-es d'observations, par Morcair de Mer.san ,1807), 'et les Œuvres choisies de Balzac, données par Malitourne (1822).

Balzac (Charles-Louis), architecte ot littérateur, né n.- y'?; T," .''°.'5°''- Il f'" adjoint à l'expédition ILgjpte, ot enrichit do précieux dessins d'architecturo le -r.ind ouvrage do la commission. On ado lui un opérarnmir|ii,>, les Veux Meuniers, des poésies, un petit poème, fluiflrin-s et gumson (1819), etc.

„Ç*'r^*'^ (','™'""« »E), célèbre romancier, né à Tours le 27 floréal an MI (16mal 1799),lejour de la fête de saint Honore, dont on lui donna le nom, mort à Paris le 20 août 1850 .Maigre ses prétentions aristocratiques, Balzac était do naissanceroturière. Sa famille, originaire du hameau do Aougalné (larn), ne se composait que d'humbles laboureurs et manouvriers du nom de Baissa ovi Balsa Son père qui vint s'établir à Tours, fut le premier à signer « Balzac « , et le grand romancier lui-même no prit la carticulo quen 1836. '^ '^

Elevé au collège de Vendôme, il vint jeune à Paris où Il mena, jusqu'à l'âge do trente ans, une vie singulière ment aventureuse, pleine de tâtonnements, d'efforts en sens divers, d entreprises et d'avortements. Logé dans une mansarde pendant do longues années.

Il entassa, do 1822 à 1828, volumes sur volumes, tantôt en collaboration avec Le Poitevin Salnt- Alme, qui prenait lo nom do ViELLERGLÉ , tantôt seul sous les pseudonymes do HorackdeSaint- AoBiN ot de lord Rhoone.

Une volonté moins robuste se fût découragée ; mais Balzac avait une fol Inébranlable dans son génie, et 11 persévéra obstinément dans sa voie.

Dans l'Intervalle, Il avait courageusement tenté de s'assurer l'Indépendance par des spéculations Industrielles. Il se fit éditeur, imprimeur, fondeur; mais ces entreprises ne réussirent point et ne lui laissèrent que des dettes. Son Insuccès le rendit à la littérature. . I/lmprlmerle, dlt-ll, m'a pris tant de capital, qu'il faut qu'elle nie lo ronde. ■ Et, comme un robuste ouvrier, il reprit vaillamment le collier du travail, qu'il ne quitta plus.

Le Dernier Chouan (1827) ouvre la série dos ouvrages que Balzac a reconnus et signés de son nom. On y trouve, pour la première fois, du pittoresque et une certaine entente dramatique, ainsi que dans Catherine de Médicis, très belle étude historique du xvi» siècle. Mais les premiers ouvrages qui mirent son nom en relief furent : \3. Physiologie du mariage (1829), traité dont quelques chapitres sont assez scabreux, et des nouvelles telles que : Gloire et malheur, et Verdugo, la Maison du chat qui pelote, le Bal de Sceaux. Cependant, il n'était pas encore classé parmi les romanciers en renom, quand parut, en 1830, la Peau de chagrin, livre qui fit beaucoup de bruit, et dont le succès fut complet. A partir de ce moment, grâce à un labeur opiniâtre, acharné, sa production littéraire fut d'une régularité étonnante. Sans tenir compte des classifications qiï'il imagina plus tard, quand 11 entreprit de relier les unes aux autres toutes les parties de son œuvre sous le titre général de Comédie humaine, voici, année par année, la liste chronoloL'tiiiic de ses principaux ouvrages :

I ' III' double famille. Etude de femme, Gobseck,

« (1830) ; Madame Finniani, Maitre Cor-

'!'• SOUS la Terreur (1831); le Chef-d'œuvre

"iii'l Chaberl, le Curé de Tours. Louis Lam-

-^■•' — ■ >■ • abandonnée, l'Illustre Gaudissart, les Cent

Contes drolatiques [1" dlxalnj (1832) ; te Médecin de campagne, Fa-ragus, Eugénie Grandet, Séraphita, les Employés, les Cent Contes drolatiques fa» dlxain] (1833); la Duchesse de Langeais, le Père Goriot, ta Recherche de l'absolu (1SS4) ; la. Fille aux yeux d'or. Un grand liomme de province [Illusions perdues), la Femme de trente ans [la fin en 1842), le Lis dans la vallée (1835) ; l'Enfant maudit, Facino Cane, ta '^''ieille Fille (1836); le Curé de village, le Cabinet des antiques. César Birotteau, les Cent Contes drolatiques [3' dLvainJ (1837); Mercadet [p'\èce de théâtre) (183S) ; Pierre Grassou, Massimilia Doni, la Paix du ménage, Pierrette, Vautrin [drame] (1839J ; Z. Marcas. tes Ressources de Quinota [comédie] (l840); Mémoires de deux jeunes mariées, Ursule Mirouet. une Ténébreuse affaire, i?éa(rix (1841); ta Fausse maîtresse. Un ménage de garçon, Paméla Giraud [pièce de théâtre] ( 1 842) ; la Muse du département. Honorine, Eve et David [fin dos Illusions perdues]. Splendeurs et tniséres des courtisanes [1" partie] (1843) ; Modeste Mignon (1844) ; les Paysans,

Honoré de IBulzac-

. la /.',.,

BALUSTRER — BALZAN

tes Comédiens tans le savoir, l'Envers de f histoire coniempurame (1845); .Splendeurs et misères Jet cuurtitanet l2' pariioj. Dernière incarnation de Vautrin (1846): ta Coutine Bette, te Cousin Pont '1847).

Lo moment lo plus glorieux de la carrière do Balzac, ot qui marque en quehiuc sorte la floraison de non génie, c'est

I époque où il publia les nouvelles et roman» qu il a clas.v» depuis, dans sa f'umédie humaine, en .'icènct de la vie privée et Scènes de tu vie de province. Les principaux de ces tableaux do genre sont: la Femme abandonnée, la Femme de trente ans, ta Grcnudiére, les Célibataires, te Lis dans ta vallée, la Vieille Fille, etc. ; au premier ranK, Eugénie Grandet. o' j

Balzac était peintre, peintre do mœurs surtout; il avait un sentiment très fln do la vio privée, dos mœurs bourgooisos, des réalités vulgaires do l'existence, de» «cène» d intérieur, dos petites misères ot des trivialité»; sous co rapport, sa faculté d'observation, servie par une vasto mémoire, lui fournit dos cfl"ets d'uno réalité saisissaiito. Quand

II trace un portrait, on dirait quo lo modèle pose devant lui. La plupart de ses personnages : Grandet, Nucingen Gobseck, Rastignac, Goriot, Blxlou, M— Marncffe, le baroù Hulot, sont des types; il semble qu'on les ait connu»

L argent joue un grand rôle dans les pièces do Balzac. Dévoré lui-mémo par un amour effréné des richesses et do toutes les jouissaoccs qu'elles procurent, il no put s'empêcher do mettre l'argent au premier plan dajis la plupart de ses œuvres. • Il y a trop de millions dans Eugénie Grandet, me dis-tu, écrivait-il à sa sœur. Mais, béto, puisque l'histoire est vraie, veux-tu quo jo fasse mieux que la vérité? . Ses types de prédilection, les Rastignac, les do Marsay, les do Trailles, les Vandcnesse, les Lucien do Rubempré, n'ont pas d'autre dieu quo l'or, d'autre loi quo l'Intérêt, d'autre religion que les sens, d'autro culte que lo plaisir. Balzac nous fait entrer dans leurs ambitions, nous expose les combinaisons des spéculateurs, compte la fortune do ses personnaires, explique par le menu comment elle a été acquise ou 'perdue; tout un monde louche d'avoués, do recors, d'huissiers, s'agite dans ses romans, comme ils s'agitaient autour de luimême dans la vie réelle.

Balzac fut, de plus, le chroniqueur des femmes, surtout des femmes du monde. Il a mis, on ne peut plus habilement, dans ses Intérêts cette moitié très essentielle du public par des flatteries que les plus pudiques aiment à rechercher, en passant par-dessus les détails scabreux et les épigrammes souvent un peu brutales dont il assaisonne ses analyses. Il s'établit familièrement auprès d'elles, sur le pied d'un confesseur et d'un médecin. Il sait leurs secrets et pénètre volontiers dans la ruelle et dans l'alcôve. II a des consolations, mémo des compensations, pour les vieilles filles, pour les laides, pour les femmes méconnues, pour toutes celles qui sont malheureuses ou qui croient l'être. Que ne pardonnerait-on pas à l'auteur de la Femme de trente ans et de ta Femme abandonnée, au courtois écrivain qui a donné une nouvelle jeunesse aux vieilles femmes et reculé indéfiniment pour elles l'instant redoutable où il leur faut renoncer à plaire et à être aimées? C'est surtout son don précieux d'observation qui a fait de lui le romancier le plus pénétrant et le plus profond de notre époque. Balzac (correspondance de). Elle a été publiée en 1876, et forme deux gros volumes de chacun 450 pages de texte serré. Cette Correspondance embrasse toute la vie do Balzac ; les premières lettres sont datées de 1820, du temps qu'il signait lord Rhoone ses premiers romans ; la dernière, adressée à Théophile Gautier, est do 1850, et il l'écrivit à demi mourant. En somme, de tous ses romans, le plus intéressant est peut-être sa vie elle-même ; c'est naturellement le plus réel, celui qu'il no s'est pas donné la peine d'imaginer, qui s'est fait tout seul, et dont il a écrit les chapitres au fur et à mesure dans cliacuno de ses lettres. 'Tout ce que ses biographes et ses critiques. Léon Gozlan, Th. Gautier, Sainte-Beuve, H. Taine. nous ont dit de son travail opiniâtre, de ses embarras d'argent, de ses conceptions chimériques, de sa confiance en luimême, est non seulement confirmé, mais augmenté de détails précis quo lui seul connaissait et pouvait dire.

La plupart do ses lettres sont adressées à sa sœur, M"» de Survllle, et à sa mère; un assez grand nombre à M=" de Hanska, qui, en 1848, devint M"" de Balzac..

Une partie do ses embarras provenait. Il faut le dire à son éloge, do sa conscience, de sa probité littéraire. 11 aurait pu, au temps où son nom faisait prime sur la couverture d'un volume, n lâcher sa copie », ne pas prendre la peine do polir et repolir ses moindres ptirases; mais là-dessus il fut toujours Inflexible, ne donnant lo bon à tirer quo lorsqu'il était satisfait, et remaniant quatre ou cinq fois chaque feuille sur épreuves. Les frais de correction, mis à sa charge, dépassaient quelquefois le produit qu il retirait d'un de ses livres. II faut lo voir se débattre, à ce propos, avec ses éditeurs, que, du reste, ses lenteurs ruinaient, ot qui s'en montraient d'autant moins accommodants. Une fois, il écrit: ■ La veuve Béchot a été sublime ; elle a pris à sa charge 4.000 francs de corrections qui étaient à la mienne ! o Or certains de ses romans no lui ont été payés que 1.800 ou 2.000 francs.

Une réflexion vient tout de suite à l'esprit quand on lit cette Correspondance ; ses romans donnent de lui l'idéo de l'observateur le plus patient et le plus méticuleux, au point qu'on s'Imaginerait qu'il a passé sa vie dans le monde à étudier à la loupe les physionomies et les caractères, à prendre des notes, à rasseiûbler des <documentsliumalns>, comme dltZola. Seslottres montrent qu'il n'en eut jamais le loisir, écrasé par une production incessante. Son observation était en grande partie faite d'intuition ; un trait aperçu lui suffisait pour reconstruire un caractère, puis il regardait s'agiter dans son cerveau les personnages qu'il inventait, et les douait d'une vio si intense que ce monde Imaginaire remplaçait pour lui le mondo réel.

— BiuLioGH. ; M"" de Surville, Balzac, sa vie et ses œuvres (1851"); Léon Gozlan, tesJardies. Balzac en pantoufles (1856); Th. Gautier, Honoré de Balzac (1859); Werdet, Portrait intime de tiatzuc. sa vie, son humeur et son caraetcre (1859) ; H. Taine. Italzac. dans los a Nouveaux essais do critique et d'histoire • (1805); Fasuet, te XIX' siècle; V'* de Lovenjoul, Histoire des œuvres de H. de Balzac{lSil) ; Marcel Barrière, l'Œuvre de H. de Balzac (Paris, 1890). Balzac Laure de), femme de lettres et sœur du célèbre rom.inclor. V. Sur^tlle i.M"').

balzan, ANE adj. Cheval noir ou bai avec des I»alzanes, c'est-à-dire des taches blanches aux pieds.

BALZANE - BAMBOCHE

BALZANE (do l'ital. baha, bordure) n. f. Martjue blanche qu^c^falus^chevaux de robe plus ou moins oncee portent à 1-extrémité des membres au-dessus du sabot La bahane est dite trace de bahane ou incomplète quand elle es constituée par une tache blanche occupant une partie seulement de lacouronne ; elle est dite pea(e 6ai.-a«e quand, Lut en restant étroite, elle fait le tour complet du pied au-dessous du boulet; elle est due grande bahane qu^i elle monte jusqu'au milieu du canon; enfin, on di^ quelle Ist haut-chaussée quand eUe monte jusquau genou ou au jarret.

BALZE n. f. Mar. V. balse.

Balze (Jean-Etienne-Pa«;), peintre français, né àRome en 1815, mon en 1884. L débuta au Sidon de 1S35 par e Combat deFitz-James et de Roderick Dhu snm '--e de te Dame du lac, de Walter Scott. Ingres, dont il etajt 1 eleve, avant été nommé directeur de 1 académie de France a Rome, il l'accompagna en Italie, et exécuta, avec son frère Ravmond, à Rome, des copies des Loges du ^ atican (1835), commandées par le gouvernement français. EUes sont aujourd'hui à rEcole des beaux-arts, à Paris. En 1840, ils furent chargés de reproduire les Stanze; leurs copies décorent actuellement l'hôtel des Invalides. D autres reproductions de Raphaël ont été faites, vers 1850, par Paul et Ravmond Balze; elles sont dans la bibliothèque de Sainte-Geneviève : VEcole d'Athènes, la Poésie et la Théoloqie sont l'œuvre de Paul Bali;e ; Raymond a peint la Philosophie, la Justice et VEtude. Les deux frères ont fait depuis, en collaboration, au palais du Sénat, des peintures murales représentant : les Grandes Découvertes scientifiques, anricoles et industrielles du XIX' siècle (1856). Parmi les travaux que Paul Balze a exécutés sans le concours de son frère, nous rappellerons : les Odalisques, tableau exposé en 1849 ; la Mort de Sixte IV, peinture murale dans l'église de Saint-Roch, à Paris (1856); le Couronnement de laVierqe. les Litanies, les Apôtres, peintures murales, dans l'églisedeSaint-Symphorien,àVersailles(1859), etc. Apres avoir fait de nombreux travaux d'émail sur cuivre, Paul Balze découvrit un procédé d'émaU sur faïence, destiné à la grande décoration extérieure des monuments. L un des spécimens do cettedécouverte, l'Eternel bénissant le monde (d'après Raphaël), décore actuellement la cour principale de l'Ecole des beaux-arts. Paul Balze a expose depuis ; le Triomphe de Galatée (faïence d'après la fresque de Kaphaël) ; ce dernier ouvrage, exécuté en collaboration avec Raymond Balze, a été placé â l'Ecole des beaux-arts.

Balze (Jean-Antoine-iîni/inonrf), peintre français contemporain, né à Rome en 1818, vint à Pans et se plaça sous la direction d'Ingres, en même temps que Paul Balze, son frère aîné, qu'il suivit plus tard en Italie et avec lequel il a exécuté de nombreuses copies d'après Raphaël. B a pemt, sans collaboration, et exposé, de 1849 à 1886, des tableaux religieux, quelque scènes d'histoire dans le style classique. On lui doit des cartons de verrières placées dans un certain nombre d'églises du Midi. Raymond Balze a été décoré eu 1873, en même temps que son frère.

Balzer (Johann), graveur allemand, né à Kukus en 1738, mort en 1799. Elève do Rentz, il a gravé et édite, à Lissau et à Prague, des eaux-fortes, consistant en une cinquantame de feuilles de paysages et quatre-vingt-douze portraits, parmi lesquels ceux de l'empereur Joseph II, de l'archiduc Maximilien, de Marie-Thérèse, du poète Johann Czernovicks, du graveur Vi. Hollar, des peintres Cari Screta, "Wenceslas Reiner, Ant. Kern ; de Michel- Henrich Rentz, peintre et graveur, etc. Johann Balzer laissa deux fils, qui s'adonnèrent comme lui à la gravure ; Anton Balzer, né à Prague en 1771, mort dans la même ville en 1 807 ; élève de Schmutzer, de Klengel et de Schulze. (On a de lui un Paysage avec animaua-, d'après J. Roos) ; — Johann Cabl Balzer, né en 1771, mort en 1805. (Il a travaillé à Prague, à 'Veniso et à Londres ; sapièce la plus con ■ nue est le portrait do Fr. Edm. Weirotter, d'après Ducreux.) BALZOBINE n. f. Etoffe légère à longs poils d'un coté, et qui s'emploie comme doublure.

Bah, ville forte de Perse (ch.-l. de distr. du gouv. de Kirmân); 8.000 à 9.000 hab. Exportation d'indigo et de coton sur Bender-Abbas. Elle est entourée de beaux jardins d'orangers, de citronniers et de palmiers.

BÂMÂ n. m. Sanctuaire situé au sommet d'une colline, lieu élevé, où les Hébreux primitifs pratiquaient le culte licencieux d'Aschéra (Astarté) et de Baal. n Des bâmôtu. Bamako ou Bamakou, province du Soudan français, située en partie sur la rive gaucho du Niger, et comptant environ 150.000 habitants de race bambara. — L'ancien royaume de Bamakou, qui ne comprenait que 20.000 hab. et qui était gouverné par des princes de la famille des Niaré, est actuellement englobé dans le cercle de Bamakou, mais les chefs du pays ont été maintenus à la tête do leurs cantons. — Les mamelons qui bordent le Niger dans ce pays jouissent d'une grande réputation de salubrité ; aussi y a-t-on récemment construit, à Kati, un hôpital pour les convalescents. V. Kati,

Bamako, poste militaire sur le Niger, dont la première pierre fut posée, le 5 février 1883, par le colonel Borgnis-Desbordes. Ch.-l. de cercle, important centre administratif et militaire.

BamaNGOUATO, tribu de l'Afriq. australe (Betchotiana scptcntr.), comprenant deux fractions importantes : l'une vivant au N. du lac Ngami, l'autre sur les bords de la rivière Zouga, émissaire du lac Ngami. CV. Khama.) — Un, des Bamangouato.

Bamba, ville de l'Afrique occidentale, dans le Soudan français, sur le Niger, entre Tombouctou elles chutes de Boussa; 5.000 hab.

BamBAGIUOLI (Graziolo), théologien et poète italien, né à Bologrip, mort vers 1345. Il a composé un poème haiinU Ti-inlé des vertus morales, qai passait )>onr un des bons ouvrages de la littérature italienne.

Bambaras. Les Bambaras, une fraction importante de la race mandingue, sontrépandus dans le Kaarta, le Bélédougou, le Bakhounou, le Ségou, le Ouassoulou ; on les trouve jusqu'à Macina, sur la rive gauche du Niger. Presque partout, ils vivent au milieu d'autres races. — Un Bambaea.

— Enctcl. Les Bambaras sont des nègres robustes, il cheveux très crépus, à peau d'un noir brun ; leur taille

Types bamba

atteint en moyenne 1",67 environ. Ils ont les pommettes un peu saillantes, le nez souvent plus large que long, les lèvres fort volumineuses, et une barbe plus fournie que la plupart des autres nègres. Leur costume se compose essentiellement d'un

pagne enroulé autour des reins ; jusqu'il l'âge de la pubertc les" jeunes tilles ne portent qu'une étroite ceinture de perles.

Les hommes ont l'habitude de se couvrir la tète d'un chapeau tressé à fond conique et à bords extrêmement larges.

Les Bambaras forment une population gaie et laborieuse ; ils se livrent à l'agriculture, à l'industrie et au commerce. Ils ont une sorte de gouvernement monarchique, et sont divisés en castes. Les esclaves sont chargés des cultures; ils prennent également part aux combats, et sont toujours placés en avant des hommes libres. Musulmans de nom, et pratiquant la circoncision, les Bambaras ont, néanmoins, conservé une foule de coutumes fétichistes et font-des sacrifices à une sorte de divinité malfaisante qu'ils appellent Nama.

BambARRÉ, ville d'Afrique, dans le Manyéma (Etat libre du Congo), à l'O. du lac Tanganyika. Séjour de Livingstone en juillet 1871.

Bambas (Néophytes), philologue et philosophe grec, né dans l'Ile de Ciiiô, mort à Athènes en 1855. Il diritr'-a des collèges, enseigna la philosophie, et futarchiman de l'Eglise grecque. C'était un pédagogue instruit, un orateur remarquable, et il se signala, pendant la guerre de l'indépendance, par son ardent patriotisme. Nous citerons parmi ses ouvrages, tous écrits en grec : Rhétorique (Paris',' 1813); Technologit de l'ancienne langue grecque (Chio, 1816); Ethique CVenise, 1818); la Philosophie stoique (Athènes, 1838); Manuel de rhétorique sacrée (Athènes, 1851); Manuel d'éthique (Athènes, 1853).

Bambecque, comm. du Nord, arr. et A 21 kil. de Dunkerque, surl'Yser; 919 hab. Moulins.

BAMBÈLE n. f. Nom vulgaire d'une variété du carassin commun, carpe gibèle {cyprinus gibelio},

BAMBELLE n. f. Mécan. Syn. de bielle.

BambeRG, ville de Bavière, cli.-l. du cer cle de la Haute-Franconie (en allem. Otier Franken), sur la Regnitz, affl. du Mem : 35.800 hab. Archevêché, séminaire catholique, observatoire, écoles supérieure et industrielle, lycée, collèges, etc., galerie de . , , tableaux, bibliothèque, filatures de coton, fonderies de ter, fabriques de draps, de lainages, de soieries, de cordes, de tabac, de voitures, de fourneaux, de meubles, de malt, ateliers de peinture sur porcelaine. C'est l'une des— "= "« plus commerçantes de la Bavière, et le point de jonction des chemins de fer de Leipzig, Francfort et Nuremberg.

Bamoerg, fondé par des Saxons au IX" siècle, dut sa première église à Charlemagno et son nom aux comtes de Babenberg. Cette ville, située dans une plaine agréable, possède quelques monuments intéressants. La cathédrale est une des plus belles églises de l'Allemagne; elle contient, entre autres curiosités, le sarcophage du papeClémentlIetletombeaudesaint Armes de Bamberg. Henri II et de sa femme sainte Cunégonde. Les églises Saint-Michel, Saint-Martin, Notre- Dame sont aussi à citer. Dans le Vieux-Château (Altenburg ou Babenburg), mourut prisonnier le roi lombard Béren'ger, en 966. Le comte Otfion de Wittelsbach y égorgea, en 1208, l'empereur Philippe II. Enfin, en 1553, le margrave Albert de Brandebourg s'en empara et le brûla. BambergeR (Louis), écrivain et homme politique allemand, né à Mavence en 1823, mort i Berlin en 1899. Il prit part au soulèvement de la Bavière rhénane en 1849, lut condamné à mort par contumace, passa à l'étranger et devint banquier à Paris (1853). Après l'amnistie de 1866, il revint à Mayence, fut nommé, en 1868, membre du Parlement douanier, et alla siéger, en 1871, au Reichstag. Un des chefs du parti national jusqu'en 1880, il combattit la politique douanière de Bismarck. Ses principaux ouvrages sont : Souvenirs du soulèvement du Palatinat (Francfort, 1849) ; Monsieur de Bismar:k (1868) ; Lettres confidentielles du Parlement douanier (Breslau, 1870); Bistoire naturelle de la guerre de France (Leipzig, 1871); les Cinq milliards (Berlin, 1873); les Travailleurs et le droit de réunion (Stuttgard, 1873); l'Allemagne et le Socialisme ; l'Allemagne et les Israélites; la Presse allemande Jli'M); etc.

Bamberger (Edouard-Adrien), homme politique français, né à Strasbourg en 1825. Médecin à Metz et républicain, il fut élu député à l'Assemblée nationale en 1871, vota contre les préliminaires de paix et soutint la politique de Thiers. Il devint bibliolhécaire adjoint (1S87) au Muséum. Il a publié : Etudes sur k travail des enfants dans les manufactures (1873-1874); Elude sur le socialisme en Russie; etc.

BAMBERGUE (du bas lat. bnmherga ou haimherqo) n. f. Chaussure, ou, pour mieux dire, iamlncre, sans doute distincte du brodc.im'n, que portaient les Francs au IX' s.

BAMBIN, INE (do l'ital. hnmbino) n. Petit garçon, petite fille. Il Se dit quelquefois d'une personne qui a passe 1 enfance : La UUéralité des BAMBINS de vingt ans pour des

femmes qu'ils n'aiment pas est encore une des inventions ri,cette époque. (E.Aboat.)

— En Italie, Statuette de l'Enfant Jésus gardée dans uu couvent, et que, moyennant un prix convenu, 1 on transporte à domicile pour la guénson des malades : Les Jt'^liens appellent bambin (bambino) un petit Jésus de bois richement habillé. (Dupaty.)

BaMBINI (Giacomol, peintre italien, né à Ferrare vers 1590, mort en 1629. Ce fut lui qui ouvrit la première académie de nu à Ferrare. Il avait eu pour maître Domenico Mena, peintre médiocre et excentrique, qu'il n eut pas de peine à surpasser par la correction de son dessin.

BAMBINO n. m. 'V. BAMBIN. Il PI. Des bambini.

Bamboccio (Antonio), sculpteur italien, né à Piperno vers rtiJS, mort à Naples vers 1435. Il s'est fait une grande réputation par ses mausolées. Il a, en outre, exécuté !■ ornements de la grande porte de la cathédrale de Napl. et donné les dessins de plusieurs des palais de cette vil i Son style appartient à l'école de transition. Il est égal ment connu comme peintre.

BAMBOCHADE (du peintre Bamboche) n. f. Peinture ou dessin représentant une scène champêtre, populaire et burlesque.

— Pop. Petite débauche. ■ . ,■

— Encycl. Peint. Le terme de bambochade, qui implique l'idée d'une forme contrefaite ou grotesque, marque à m rveille le dédain classique de ritalie desCafrache pour la vie exacte et pittoresque. Quand le Hollandais Pierre de Laar, dit Bamboche, représenta à Rome des scènes de mceurs romaines dans le style de Teniers (vers 1626), on crut fleinr sa peinture parce sobriquet méprisant. Mais lajoyeuso humeur du peintre, — sorte de Scarron au physique et au

Iles les

Bambe

tôt un «genre», c'est-à-dire qu'elle se chargea de convrntion- elle s'académisa. D'ailleurs, le terme, très élastiqii'\ de «bambochade »,se prêtait à beaucoup de sujets : cui's de garde, buveries, pugilats rustiques et combats militaires En France, il y eut des bambochades de toiin s sortes au xvii< siècle. Callot y contribua au moins aut;mt que Pierre de Laar. La mode passa vers la fin du sie.-l.- ; dès la Régence, les sujets de boudoir ont supplante tons les autres — En somme, la bambochade n est qu un.fantaisie de classiques blasés. La saveur et longina i.o en sont fort relatives, parce que, d ordinaire, la bamtichade exclut la conviction. Il faut se garder de ran.;. r. parmi les auteurs de bambochades, les vrais observât u,r s ,1e la nature, les réalistes vigoureux : les Le iNain, los Ostade, les Brauwer, les Steen, les Hogarth, les Goya.

BAMBOCHE (de l'ital. bamboccio, grosse poupée) n. f. Marionnette de grande taille.

-Par ext. Enfant : La despotique bamboche remarque que tout le monde est empressé à la servir. (A. Karr.j

— Par dénigr. Personne contrefaite.

— Pop. Débauche, ripaille : Faire des bamboches. BAMBOCHE n. f. Tige effilée de bambou : On fait des

cannes avec des bamboches.

Bamboche (Pierre de Laar, surnommé, en raison de la difl'oraiité de sa taille, Bamboccio ou le), peintre hollandais, né à Laaren, près Naarden, en 1613, mort en 1673 à Harlem. Il se rendit très jeune à Rome, ou il passa seize ans, et peignit avec un très grand succès des scènes rustiques et populaires, appelées bambochades, à cause du surnom qu'il reçut alors et sous lequel il était connu. Bien nue contrefait, il était a'une gaieté intarissable.

Excellent musicien , i l jouait avec talent du violon et de la guitare. Il comptait parmi ses amis Poussin et Claude Lorrain. De retour en Hollande, il habita Amsterdam, puis se fixa à Harlem. On a donné les versions les plus diverses sur les causes de sa mort.

Ses tableaux sont remarquables par un sentiment très vif de l'expression et du mouvement, par un dessin correct, un ton chaud, une touche large et spirituelle. Ils sont assez rares en dehors do l'Italie ; on en trouve toutefois quelques-uns dans divers musées do 1 Europe. Le musée du Louvre en possède deux : le Départ de n'otrllerle. et les Pâtres. Le Bamboche a gravé a 1 eauforte, d'une pointe vive et spirituelle, un certain nombre de planches.

Bamboche.

Pop. Fairo dos bamboches, dos dô-

BAMBOCHEUR, EUSEn. Pop. Porsonno quiaimo àbam-

boclici- : y.' s ii\.Mmniii;ijRs passent leur temps au eabaretf au caf>K "" /'"/. fnuuU fumant, otc. (G. Saûd.)

— adj. : (hivrur iumuocheuh.

BAMBOU (du malais bambou, m^mo sons) n. m. Bot. Genre «le graminros, qui ronformo los plus grands végétaux do cotto famillo : Lorsque le uamuou est jeune, les pousses contiennent une substance médullaire fort tendre et très ayréable au ffoùt. (Dumôril.) ii PL Des bamuous.

— Par oxt. Bois do bambou : Un tuyau de pipe en bambou. Il Canne de bambou : Bambou à pomme d'or.

— Hïst. Peiîie du bambou, CliUiîmoiit usité, surtout on Chine, à l'égard de corlains ouupablos : Le BAMUon est etnploydpour les fautes léyères; pour les fautes graves, on se sert du bâton.

— Métrol. Mesures do capacité, do poids et do longueur, il»)iit los valeurs

iv iiiios : poids,

' a donné son

I mer dos herbes

b's lianibous ont

vcc un port par-

Bambous : a, épi ; b, épillet fleuri.

on usage dans los Indes oriontalos moyennes sont respectivonKïii ],- ÎOOkilogr. ; longueur, 3 m.; > i, ,i

— Encycl. Bot. Lopeuro tn-.

nom à la tribu dos ôrtmOK.s/'c.s. Au lu n i créles comme la plupart dos gramiiu'c: raspect do véritables arbres, quoi(iue ticulior.

Lo genre bambusa comprend environ une douzaine d'espèces, originaires de l'Asie, de rAmérique ou do l'Afrifiue tropicale et australe. Nous citerons lo bambnsa arundinacea, ou bambou proprement dit, gramince gigantosciue, dont les chaumes atteignent 20 et 25 m. de haut. Ses tiges sont simples, mais de leurs nœuds naissent souvent un très grand nombre de rameaux verticillés chargés de feuilles, qui forment des espèces de panicules interrompues et ramirtées ; la cavité mtérieure des tiçes est coupée de distance en distance par d'épaisses cloisons ou diaphragmes, formés d"un tissu ligneux à fibres très fortes et imprégné d'une grande proportion do silice.

Los usages du bambou sont nombreux et variés. Ses tiges légères, mais éla^Iiques et résistantes, sont employées pour la mâture, la charpente; on en fait des planches, dos échelles, des claies,

des lattes, des nattes; >- f ^

en les tronçonnant dans ^ ^-^

le sens transversal, on en obtient des vases, des boites, des tambours. Des villages entiers, en Chine, sont construits en bois do bambou. Les rameaux et les racines servent à faire des cannes légères et élégantes, fort re-

\ cherchées en Eui'ope.

1 Sesjounes pousses sont

' regardées , en Chine ,

' comme un légume très

I estimé. A une certaino époque, il découle dos nœuds une liqueur miellée, douce, agréable et fermentescible, qui sert de boisson dans plusieurs pays.

On les à introduits et on les cultive aujourd'hui dans presque tous les pays qui s'étendent entre les tropiques. Cependant, quelques espèces dépassent cette 2one et peuvent vivre en plein air sous des latitudes assez élevées. Le bambou 7'oseau, originaire de la Chine, est cultivé en Algérie, où il s'est naturalisé, et jusque dans quelques localités bien abritées de la Provence. Le bambou noir est encore plus rustique; il vient très bien dans le midi do la France, et même, avec quelques précautions, sous le climat de Paris. La culture du bambou est facile; il croît également bien sur les rives des fleuves, au bord des marais ot dans les lieux secs où d'autres végétaux ue présentent qu'une maigre végétation. On lo multiplie par la division des souches ou rhizomes.

Bambouk, pays de l'Afrique occid. (Sénégal), compris entre lo Baling, une dos branches du Sénégal, et la Falémé, afliuent de ce fleuve. Cette contrée accidentée, boisée, coupée de cours d'eau, très fertile, est célèbre surtout par ses mines d'or. Une chaîne centrale, le Tamba-Oura, traverse le Bambouk du S. au N.; elle contient l'or que charrient les cours d'eau qui y prennent naissance. Les indigènes se bornent à recueillir la terre aurifère dans les marigots ou les trous de mine, et procèdent ensuite à des lavages rudimentaires. Des essais d'exploitation ont été tentés par des Européens, mais le manque de voies de roiiimunication les a empêchés de donner de bons résult:iis. Les habitants appartiennent à la race malinké; les bn :iliiés principales sont : Farabanaet Keniebaau N., Dia- I.it;ira au centre, Sansandig et Kholobo sur la Falêmé. 'r 'US les villages sent aujourd'hui indépendants les uns des aiii los et gouvernés par des chefs locaux.

Histoire. Le Bambouk fut visité de 1706 à 1724 par Compagnon, l'agent du directeur des établissements du Sénégal, qui on a laissé une très bonne carte, et qui a vanté la richesse des placers aurifères. Après lui, d'autres voyageurs explorèrent le Bambouk, alors un grand royaume noir; ce furent : Golborry (1787), Houghton (1791), Mungo-Park (1797 et 1805), Ratfenel (^1843), Roy (1852), Flize (1857). En 1858, le lieutenant-colonel Faidherbe conduisit une expédition jusqu'à Kenicba, chef de Farabana un traité pl;u;aiii lo II protectorat de la France, et permettant aux Français d en exploiter les mines d'or. AriiK'Ilement, le Bambouk c-.f placé sous la juridiction d'un a-lininistratour du Sénégal.

BAMBOULA n. m. Sorte de

famillo des graminées, qui comprend dos plantes frutescentes ou arljoroscontcs, les genres arundmaria, streptigyna, chusquea, merostachys, maatuê, bambusa, atreptocfueta. — Une nAMiiUHAOKK,

BAMBUSINA <hi bambusine (il) n. f. Genre do desmi-

diacéos rciiriTiiiaiii h ^ ;il;jii. ■^ «-aractériséos par des cellules ubluii(.'U''s. miiiifs .11 lilanienls articulés et noueux, à protnplasina cAurr m v<rt; on no connaît qu'une espèce, propre aux eaux douces dos fossés et des marais.

Bambyge, anc. ville do Syrio, à l'O. do l'Euphrato, au S.-O. de Zeugma et d'Apamée. Sur son omplacement s'élève aujourduui Afembidsch ou Mcmbigs. Elle porta ulusiours noms dans l'antiquité : Ninus, Mabog, Edesse, Hiérapolis.ot fut,dansrouest do rAsio.lo centre d'un mouvement roligitmx considérable ; ou y venait pour y adorer la (Irainlo DV-osso do Syrie, appelée aussi a Junon l'Assyrifiiiii' . " Aiergatis » , etc.

BamiAN, ville ruinée do l'Afghanistan, à 408 kil. N.-O. de Caboul, appelée jadis la Tlièbes de l'Orient. On y remarque 12.000 maisons creusées dans lo roc, ot des statues colossales taillées également dans lo roc. Ruinée en I22i par Gengis-Khan, elle fut reconstruite, puis abandonnée par ses nabitants. — Nom d'une vallée de l'Afghanistan, versant septentrional do l'Indou-Kouch, où s'ouvre la passe do Khacljikak, que franchissent les caravanes allant de Khoulm à Caboul.

BAMLITE (ôam' — de Bamla, petit village de Norvège, et du gr. lithos, pierre. — L'orthogr. étymol. serait bamlithe) n. f. Silicate d'alumine anhydre. Variété bacillaire do sillimanite, découverte par Erdmann.

Bamo, ville de Birmanie. V. Bhamo.

Bampour, ville de Perse, ch.-l. du Mékran, sur le Dampour, tributaire du grand lac Hamoun ; 1.000 hab. Anc. capitale du Beloutchistan persan.

Bampton-IN-THE-BUSH, ville d'Angleterre (comté d'Oxford), près de la rivière Isis, affluent de la Tamise; 1.400 hab. Fabrique de gants et commerce important do cuirs. — Le hundred du mémo nom compte 15.000 hab.

BAN (substantif verbal de bannir, mot dérivé du germanique bannjan, qui veut dire proclamer) n. m. Signifiait, au propre, à 1 origine, un ordre notifié ou proclamé publiquement. (Toutes les autres significations du mot viennent des applications que l'on a pu fairo du mot pris dans son premier sens. Voici ces diverses significations : 1* ordre, proclamation ; 2» par dérivation , la peine, amende, exil (bannissement), auxquels étaient soumis ceux qui enfreignaient les ordres proclamés; 3» par dérivation, les territoires sur lesquels pouvait être étendue la proclamation du ban (c'est de là que vient le mot banlieue. Les villes du moyen âge avaient, soit par leurs seigneurs, soit par elles-mêmes, une juridiction sur une étendue plus ou moins grande du territoire qui les entourait : c'était l'espace sur lequel pouvait s étendre le ban, la banlieue, par dérivation): 4" encan, enchère; T)» proclamation pour la moisson, la vendange (ban du vin, banvin) ; 6° proclamation pour le service militaire, et, par suite, le service militaire môme des vassaux; 7° proclamation de mariage.)

Dans les sens indiquant l'exil, ban, bannissement, bannir (en latin bayinire), on disait aussi bandir, bandire. De cette forme est venu le mot bandit, celui qui était exilé, et, bientôt, celui qui, bien qu'exilé, vivait dans le territoire, mais, étant frappé d'exil, vivait en dehors des lois.

— Arm. Roulement de tambour et sonnerie de clairon ou de trompette, précédant ou suivant la lecture d'un ordre important, d'un jugement, de la remise des décorations, de

S-uh^

nitif c

Bamboula (tambour).

BAMBUSA {za) n. f. Nom scientifique du genre bambou. BAMBUSACÉES {za — rad. bambou) n.f.pl. Tribu de la

du ban. — 2. Fermeture du ban : trompette.

la présentation des officiers à leur troupe, etc. : Ouvrir le BAN, fermer le ban. ii Par oxt. et fam. Genre d'applaudissements rythmés d'une façon particulière : Un ban pour l'orateur! (Ce ban se compose des cinq premières mesures de la batterie du tambour, suivies de trois temps secs.)

— Féod. Ban et Arrière-ban. Dans ce sens, le ban était la proclamation du suzerain convoquant ses vassaux à un lieu 'i.-terminé pour lo service de la guerre. Le ban s'appliquait ['articulièrement aux vassaux immédiats, l'arrièrc-ban aux arrière-vassaux. Le ban tire son origine de ce principe irodal que tout seigneur doit le service militaire à raison du fief qu'il possède. Plus tard, lo service personnel fut souvent remplacé par une imposition. Les rois de France convoquèrent assez fré(|uemment le ban et l'arrière-ban de la noblesse ; la dernière convocation eut lieu en 1758.

— Encycl. Dr. canon. Ban de jnariagc. La publication des promesses de mariage doit se faire à l'église pendant trois dimanches consécutifs. Elle a été rendue obligatoire par lo concile de Latran de 1215, et réitérée par le concile

BAMBOCHER — BANAGE

do Trente. Alors quo le mariage religieux était soûl re^. connu par la loi, l'ancionno jurisprudence, eo France, varia sur l'influence que l'ubscuce de bana pouvait avoir sur la validité du mariage. Aujourd'hui, il faut BoiguouMement distinguer les bans dos publicalionii imposées par la loi civile. Los premiers no peuvent avoir do valeur qu'à l'égard du mariage religieux. En principe, troin baos «ont exigés par l'EglibO, mais elle accorde la dispense des douxième et troisième bans, moyennant lo payement d'uno certaine rétribution.

— Dr. Ilnpture de ban. Ce délit consistait dans le fait, pour un individu placé sous la surveillance de la haut« police, do paraître dans certains lieux qu'il lui était inUirdit d'habiter après qu il avait subi sa peine. Il éuit puni d'un emprisonnement qui ne pouvait excéder cinq ans (art. 44 et 45). La loi du ti mai 188:; a supprimé la peine do la surveillance de la haute police, ei lui a substitué celle do l'interdiction do séjour : le fait do contrevenir & un arrêté d'interdiction de séjour entraîne ia mémo peine quo la rupture de ban d'autrefois.

L'article 335 du Code d'instr. crim. porte que, danslo caa de prescription d'une peine prononcée en matière criminelle, le condamné ne peut résider dans lo département où demeureraient, soit celui sur lequel ou contre la propriété duquel le crime a été commis, .soit ses héritiers directs; il ajoute que le gouvernement peut assigner au condamné lo lieu do son domicile. En cas d'infraction, la poino de rupture de ban est applicable.

ïian de vendange. Comme les bans de fauchalson et de moisson, le ban de vendange est un vieux droit féodal qui. jadis, avait surtout pour but de faciliter au seigneor la perception de la dîme et do lui permettre, en devançant SCS vassaux, de vendre plus tôt et plus cher sa récolte. La loi du 28 septembre 1791 abolit lo ban do vendange, mais elle disposa on môme temps que, dans les communes où cet usage existait encore, il serait réglementé par lo conseil général de la commune, et seulement pour les vignes non closes. Par la suite, ce sont les maires qui, comme héritiers des attributions de ces conseils, ont été chargés de prendre les arrêtés relatifs au ban de vendange. La matière est actuellement régie par la loi du 9 juillet 1889 (liv. I", titres ii et m du Code rural). Aux termes de l'article 13 de cette loi, lo ban de vendange ne peut être établi ou maintenu que par délibération du conseil municipal, approuvée par le conseil général di: département. Il est alors réglementé, chaque année, par arrêté du maire. Cet arrêté ne doit pas, toutefois, s'appliquer aux vignobles entourés par une haie vive ou sèche, mur, palissade, treillage, ayant au moins 1 m. de haut, par des traverses en bois, ou des fils métalliques, distants entre eux de 0",33 an plus, ou par toute autre clùturo équivalente, faisant obstacle à 1 mtroduction des animaux.

— BiBLioGH. : La Roque, Traité du ban et de t'arriére^ ban (Paris, 1876) ; Edg. Boutaric, Institutions militaires de la France {Pa.Tis, 1863); Ach. Luchaire, Manuel des institutions françaises (Paris, 1892).

BAN n. m. Mousseline des Indes, fine et unie.

BAN (du croate èan) n. m. Titre quo portaient anciennement les chefs des Marches honi^oises : Bagotzi épousa Sélène, fille de Pierre, roi ou BAN^rfc Croatie. (St-Sim.)

— Encycl. Il y avait des bans de Dalmatie, de Croatie, d'Esciavonie, de Bosnie et de Sziirény. Leurs pouvoirs étaient illimités; ils étaient, comme les margraves, chefs de l'autorité civile et militaire. Les conquêtes des Turcs ont fait disparaître ces dignités, excepté en Croatie. En 1849, la Croatie, l'Esclavonie et la Dalmatie furent déclarées indépendantes de la Hongrie, et le ban reçut des instructions devienne. Avec le dualisme (1867j, la Croatie et l'Esclavonie furent de nouveau réunies à la Hongrie, et le ban fut désormais nommé par le roi, sur la proposition du président du conseil des ministres hongrois.

Ban, anc. comiiat des confins militaires de la Slaronîe, devenu le comitat Petrinja. V. ce mot.

Ban (Mathieu), poète serbe, né à Raguse en 1818. Il fut, de 1844 à 1833, professeur d'italien et de française Belgrade. On lui doit des tragédies : Fingal, Hadimiro, le Moscovite; un drame : Mejrima (I85lj ; Èaslisne vesme, recueil de poésies ( 1853), et Solution de la question d'Orient par l'Europe ou par la Porte (Belgrade, 1886).

Ban-DE-LA-ROCHE (lat. Dynaslia Bupts va lie nais ; allem. Steinthal). pays d'Alsace, arr. de Molsheim, compris entre la basse Alsace et la Lorraine, entre la Bruche et le Champ du Feu; 5.061 hab.; capit. Bothau. Ce i>ays tire son nom d'un vieux château, le Stein ou la Roche, dont les ruines existent encore, ot qui fut longtemps un repaire de brigands. Au xiv* siècle, il appartenait à la famille de Rathsamhausen, dont trois membres se firent tuer à la bataille de Sempach; un de leurs descendants, Gérothée de Rathsamhausen, se fit voleur de grand chemin, et l'évêque de Strasbourg et le comte de Salm durent l'assied ger dans sa forteresse presque imprenable (1467).

En 1584, le Ban-de-la-Rocho fut vendu aux comtes da Veldenz, puis passa à la maison de Deux-Ponts. Réuni à la France par le traité de W'estphalie (1648), il demeura presùue étranger à la civilisation jusqu' au moment oii Oberlin tira, à la fin du xvin* siècle, les habitants de leur état presque sauvage. Entre temps, Louis XV avait donné le Ban-de-la-Roche à d'Angorvillers, intendant d'Alsace, puis l'avait érigé en comté pour Paulmy d'Argenson, de qui l'acheta le baron de Dietrich. Partagé en 1793 entre les départements du Bas-Rhin et des Vosges, le Ban-de-la- Roche a été réuni par les Allemands, en 1871, au canton de Schirraeck.

Ban-DE-SAPT, comm. des Vosges, arrond. et à 10 kilom. de Saint-Dié, composée de huit nameaux situés sur des torrents du bassin de la Meurthe ; 1.137 hab. Pierres à chaux, féculerie, scierie.

Bana (La) ville d'Espagne (prov. de Léon), sur le rio Cabrera, affluent du Sil; 5.600 hab. Bétail.

BÂNA, un des écrivains classiques de la littérattiro sanscrite, auteur d'une histoire de Sri Harcha Sil&diCya, sous le titre do Uarcha-Tcharita ; d'un roman, Eàdambarî, et de stances à la déesse Dourga Tcbandi, Tchandi-SataJta.

BANABA n. m. Bot. V. BANARB.

BANABAT {ba) n. m. Monnaie d'argent en tisage en Perse. Le bauaba: vaut 1 fr.03 c, et se subdivise en lOschahis, qui valent un peu plus de 10 centimes chacun.

BANAGE n. m. Féod. Droit do ban. u Syn. de banalité.

BANAGHER — BANC

Banagher, ville d'Irlande (comté de Londonderry, prov. d'Ulslorj, sur le Sliannon ; 2.550 hab.

Banakas, peuple nègre qui habite sur la côte occidentale d Afrique, entre Ta baie de Corisco et la rivière Camorones. On a prétendu qu'ils se rapprochaient des Cafres par leurs caractères physiques et linguistiques. — Un Banaka.

BANAL, ALB, AUX (rad. ban) adj. Se disait, à l'époque de la féodalité, des choses assujetties à une redevance au seigneur, pour l'usage pubhc et obligatoire qu'on en faisait : Pressoir banal. Four ban.il. Moulins banaux. Il Taureau banal. Taureau auquel les habitants d'une seigneurie étaient obligés d'amener leurs vaches pour les faire couvrir. 11 V. BANALITÉ.

— Fig. Qui est au service de tout le monde, se prodigue à tous indistinctement : Ami BAriAi.. Proleslalions banalks.

Par ext. Commun, vulgaire, plat : Idées banales.

J'aime! et ce mot bmlal ne rend plus mes pensées. Car ie m'en suis servi pour mes amoui-s passées- ■^ E. AuaiER.

— Substantiv. Caractère do ce ([ui est banal, banalité : ioi'ii d'exclure le rrai, le ban.'O, semble le supposer.

— Anton. Original, rare, recherché, remarquable.

BANALEMENT adv. D'une façon banale.

BANALISER v. a. Rendre banal, vulgaire.

BANALITÉ n. f. A l'époque féodale. Servitude consistant dans l'usage obligatoire et public d'un objet appartenant au seigneur : La banalité d'un four.

— Fig. Caractère de ce qui est banal, vulgaire, commun : La banalité des jugements tout faits, des expressions consacrées, il Ce qui est banal en général : La banalité régnera un jour sur l'incommensurable ennui. (Feydeau.) Il Chose ou parole banale : Dire des banalités.

— Encycl. Féod. La banalité était le droit, pour le seigneur, d'obliger ses vassau.x à se servir d'une chose dont il était propriétaire, moyennant redevance, et avec défense, sous des peines plus ou moins sévères, de se servir de toiite autre chose de même nature. La banalité portait spécialement sur les fours et les moulins à blé, mais il y en a eu de beaucoup d'autres sortes : pressoirs, brasseries, forges, taureau.x, etc. Les forêts, garennes et pêches réservées au seigneur étaient aussi des banalités. L ne semble pas que les banalités aient été plus anciennes que le XI" siècle. Elles paraissent avoir appartenu d'abord exclusivement aux seigneurs justiciers. Les abbayes en jouirent aussi, et, dès le xi" siècle, l'abbé de Saint - Germain-des-Prés affranchit un certain nombre de serfs, à condition qu'ils viendraient cuire au four banal et apporter leurs raisins au pressoir. Cependant, bien que Pothier range le droit de banalité parmi les droits seigneuriaux, on regardait, dès le xvi' siècle, la banalité non plus comme un droit féodal, découlant du droit de justice, mais comme un droit exceptionnel et contraire au droit commun. D'après la coutume de Paris, nul seigneur ne pouvait contraindre ses sujets d'aller au moulin ou au four banal, s'il n'y avait titre valable ou aveu et dénombrement ancien. En 1580, il fut aussi établi par le parlemont, puis par une ordonnance royale, que le droit do banalité devait être justifié au moyen d'un titre authentique, et non plus seulement en s'appuyant sur une longue possession; l'ordonnance de 1629 renouvela la même prescription. Au XVIII' siècle, les banalités ne pouvaient être cédées sans la seigneurie; mais elles pouvaient être données à ferme ou à rente, à cens ou même à titre de fief. La loi du 15 mars 1790 abolit les banalités, en exceptant celles qui avaient été établies par convention entre une communauté d'habitants et un particulier non seigneur. Une nouvelle loi de 1792 supprima presque entièrement ces exceptions, et enfin la loi du n juillet 1793 abolit sans distinction tous les droits féodaux et censuels. Il subsistait cependant encore des banalités convenues entre une commune et un particulier non seigneur, et rentrant dans la catégorie des contrats. Mais, aujourd'hui, il est interdit aux communes d'établir des banalités nouvelles, ou de convertir en banalités conventionnelles celles qui ont été supprimées comme féodales.

Banah, province du Cambodge, confinant à la Cochinchine française; 28.000 hab., répartis en quatre arrondissements. — Ville et ch.-l. du même nom, sur le Mékong.

BANANAn. m. Ornith. Syn. de trocpiale.

Banana, ville et port de la cote occidentale d'Afrique (Etat libre du Congo), sur la presqu'île de Banana, qui forme la pointe septentrionale de l'embouchure du Congo ; environ 120 Européens. Factoreries européennes; commerce actif et se développant chaque jour davantage. Ch.-l. d'un district de même nom.

Bananal, ville du Brésil (Etat do Sâo Paulo), sur le Bananal, affinent du Parahyba; 15.000 hab.

BANANE n. f. Fruit du bananier.

— Adjectiv. Figue banane, Variété de banane, plus reclierchée que la banane commune.

— Encycl. V. bananier.

BANANERIE n. f. Plantation de bananiers. BANANIER (lii-é) n. f. Genre de plantes

monocotylédones, de la famille des scitami- Dées, tribu des musées.

— Enctcl. Bot. Les bananiers sont de grandes plantes herbacées, vivaces, dont la tige est recouverte, ou même uniquement constituée, par les gaines des feuilles,^ qui Banane sont très longues, partent de la base et s'em- {réd. 4 fois; boitent les unes dans les autres. Ces feuilles atteignent une longueur de 2 à 3 m. sur 0",50 ou 0'»,60 de largeur ; elles sont ovales et traversées dans toute leur longueur par une grosse côte ou nervure médiane, de laquelle partent un très grand nombre de nervures transversales, très fines et parallèles entre elles. Dans leur premier âge, ces feuilles sont roulées en cornet ; plus tard, les vents les déchirent en longues lanières. Les fleurs sont grandes, situées à l'aisselle de larges spathes ou bractées colorées, et disposées en un long spadice penché. Les fruits sont charnus, savoureux et réunis en une longue grappe pendante qui porte le nom de régime. Les bananiers habitent les régions tropicales des deux continents, où ils croissent surtout dans les localités abritées, fraîches, humides et ombragées. On peut les cultiver en plein air daus le midi de l'Europe ;, mais, dans le

centre et le nord, il faut les tenir constamment en serre chaude. On multiplie le bananier par ses rejetons ; et, comme chaque pied ne fructifie qu'une fois, on a soin d'échelonner les plantations de manière à avoir du fruit toute l'année. • . , ,

On compte plusieurs espèces de bananiers ; les plus importantes sont : le bananier du paradis et le bananier des sages. Le bananier du paradis ou figuier d'Adam [musa paradisiaca) est originaire des Indes. Il est ainsi nommé parce aue certaines peuplades de l'Inde se figurent qu'il est l'arbre qui portait le fruit défendu. Sa hauteur varie de 3 à 6 m., et ses fruits, appelés bananes, longs de O"",!!) à 0°',25, sont quelquefois au nombre de plus de cent sur le même régime. Ils doivent être cueillis avant leur parfaite maturité, c'est-à-dire quandjeur couleur, verte à l'origine, commence à prendre une teinte jaunâtre. Sous une peau un peu rude. Bananier : a, fleur; h, régime de bananier, ils renferment une

chair moUe.d'une saveur douce et agréalile. On les mange rarement crus. Communément, on les fait cuire dans l'eau, avec de la viande salée, au four ou sous la cendre. Quelquefois, on les pèle et on les coupe en longues tranches qu'on fait frire comme des beignets. Ainsi préparées, les bananes sont très sucrées, nourrissantes, et d'une facile digestion. On a fait de nombreuses plantations de cette espèce en Algérie.

Le bananier des sages (musa sapientium) s'élève un peu moins que le précédent ; sa tige est maculée de pourpre foncé ; ses fleurs, stériles, tombent après la floraison. Ses fruits, longs seulement de 0",08 à 0»,12, portent le nom de figues bananes. Ils se mangent crus ou rôtis sur le gril, sans aucun assaisonnement. Leur chair est molle, délicate, fraîche, onctueuse et sucrée ; elle est presque entièrement dépourvue de fibres et de pépins ; sa consistance est celle du beurre frais en hiver. Les fruits de ce bananier servaient à la nourriture des prêtres et des philosophes, d'où lui est venu son nom de « bananier des sages ».

Il n'y a peut-être pas dans la nature un autre végétal aussi utile que le bananier. Les Indiens écrivent sur ses feuilles, employées aussi ànourrir les animaux, à couvrir les cases. On en extrait, ainsi que de la tige, des fibres textiles avec lesquelles on fabrique des étoffes et du papier. Le bananier textile {musa texiilis), appelé aussi bananier d'Amboine ou abaca, est surtout employé à cet usage. La sève du bananier est employée en médecine comme astringente ; ses fruits forment la base de l'alimentation du peuple, et on les sert aussi sur les tables des riches. Coupés par tranches et séchés au soleil, ou convertis en farine, ils se conservent pendant longtemps, et servent à peu près aux mêmes usages que le manioc.

BANARE n. f. Genre de bixacées, comprenant des arbres ou des arbrisseaux croissant dans l'Amérique tropicale.

BanASA (auj. Sidi-Alibu-Djem'm), ville de la Mauritanie Tingitane, à l'O. de cette province, sur le fleuve Subur (auj. Nëd-Sebà).

BanassAC, comm. de la Lozère, arr et à 21 kilom de Marvejuls, sur rUrugne; 1.080 hab Ch.

de f. Midi. Source minérale. Dolmens

BANASTE (nass — rad. banne) n 1 Hortic. Nom que l'on donne, dans et rtaines contrées, à une grande corbeille d'osier pour le transport des fruits

— Chem. de fer. Panier dont on se sert pour le transport des déblais sur des cliemins trop inclinés pour les brouettes.

B ANAT ou BANNAT iba-na — rad. ban) n. m. Nom donné autrefois à plusieurs provinces limitrophes de la Hongrie et de la Turquie, et parfois encore à la Croatie, il Dignité de ban, ou de gouverneur d'im banat.

■ — Encycl. On appelait ainsi, dans les Etats autrichiens, une province frontière administrée par un ban. Mais ce mot désignait surtout une des anciennes provinces de Hongrie, dont la capitale était Temesvar. Elle répondait aux trois comitats de Ternes, Torontal et Krassoszôrény, et aux confins militaires du Banat. — Banat (confins militaires du). On a ainsi appelé une longue zone frontière de la Turquie (Bosnie) et de la Serbie, s'étendant en Austro- Hongrie, delà Dalmatieàla Transylvanie, le long de l'Unna, de la Save et du Danube, organisée sur un pied exclusivement militaire. On y distinguait ; le régiment allemand du Banat, ch.-l. Pancsova ; le régiment valaque du Banat, ch.-l. Karansébec, et le régiment illyrien du Banat, ch.-l. Karlowitz. (Cette organisation a été supprimée à partir de 1869.)

BanATE, ville de l'Océanie espagnole (Philippines, île de Panay); 6.250 hab.

BANATITE (de Banat, nom de pays) n. f. Roche neutre à structure cristalline, contenant de"54 à 67 p. loo de et comp hornblei classe ceth> r chedans lu i.i mille andrh: tique.

(rad. banne) n. f. Sorte de grande poche en cuivre à long manche employée dans les fondoirs, pour l'épuration des suifs. Il On dit vulgairement pochon.

BANBAN n. Pop. Boiteux, boiteuse : Si vous croye: que la BANBAN va se risquer la dedans avec sa béquille l (Zola.)

Banaste-

BanbuRY, ville d'Angleterre (comté d'Oxford), sur les bords de la Cherwell et du canal d'Oxford à Birmingham ; 13.000 hab. Fonderies, brasseries, fromages.

BANC iban — du germ. banc, même sens) n. m. Siège étroit et long pour plusieurs personnes : Un banc </e pierre, de ga:on. ii Siège réservé à une catégorie de personnes dans certaines assemblées, au palais, etc. : Le BANC des minisires. Le banc des accusés.

— Par ext. Ensemble des individus à qui certains bancs sont assignés, ou qui occupent certains bancs : Punir tout un BANC d'élèves.

— Banc d'honneur. Celui qui, dans une classe, est réservé aux élèves qui ont oTjtenu les premières places.

11 .Sur les bancs, A 1 école, au collège, aux cours des facultés. Il Se mettre sur les bancs, monter sur les bancs. Se préparer à soutenir une thèse, à répondre, par allusion à l'ancien usage des candidats de Sorbonne de monter sur un banc pour prendre la parole.

— Bnnc d'œuvre ou de l œuvre. Nom de la place réservée daus les éalises, en vertu du décret du 30 décembre 1809, aux mcmb"res des conseils de fabrique et aux deux mar-

de feldspath, de mica, et souvent de

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