BARBARE
BARBAREE
— n. Etranger, par rapport aux Grecs ot aux Romains : Drpii}s Commode, tous les empereurs payèrent tribut aux
UAIIUARES.
— Individu grossier, peu civilisé : Nous paraîtrons nousmcmes des baebares à nos arrière-rieveux. (Chateaubr.)
— Personne cruelle, impitoyable :
Donne-moi donc, barbare, uu cœur comme le tieu! Corneille,
Le barbare, n. m. Le genre barbare, la barbarie, en fait d'art et de littérature :
Hors du vrai par l'eDDui les esprits égaras Tombent dans le barbare, et les choses frivoles.
A. Barbier.
— Encycl. Les Grecs désignaient sous le nom de barbares tous les peuples qui parlaient une langue différente do la leur, A l'origine, ce mot équivalait simplement à la constatation d'un fait; mais, peu à peu, l'on y attacha une idée de mépris, en raison du développement original de la civilisation grecque. Dès le temps d'Aristopnane, le nom de « barbare » est presque une injure à Athènes.
Les Romains suivirent l'exemple des Grecs. Pour'eux, était barbare quiconque ne parlait ni grec ni latin, quiconque était étranger à la civilisation gréco-romame. Cependant, le sens ou l'extension du mot se modilia sous l'empire. Dès lors, on n'appliqua le nom de « barbares «
au'aux nations et aux races restées en dehors du cercle 'action de Rome. En droit politique, on distinguait les barbares établis sur un territoire non romain {alienigeni), contre qui tous les genres d'hostilités étaient permis en tout
classer en trois grandes familles : les Germains et les Slaves, de race indo-européenne, et les Finnois, qui se rattachent à l'Asie septentrionale.
Invasions des barbares. En réalité , le mouvement qui précipitait les tribus germaniques contre l'empire commence avec l'expédition des Cimbres et des Teutons {\Vi av. J.-C), àgrand'peine exterminés par Marius prôsd'Aix, puis dans les plaines de Verceil (102 et 101 av. J.-C). Les guerres de César contre Arioviste et les Suèves, d'Auguste contre la Germanie, de Trajau contre les Daces, de Marc- Aurèle contre les Marcomans, ainsi qu'un grand nombre d'autres actions partielles, furent le prélude des grandes luttes postérieures. Pendant le m" siècle, les peuples de Germanie s'organisent pour une guerre d'envahissement et forment des confédérations. En 256, les Francs passent le Rhin, puis Burgondes et Vandales brûlent soixante-dix villes en Gaule, et sont repoussés par Aurélien et Probus. En 310, Constantin arrête les Francs, qui, sous Constance, s'établissent dans les Belgiques. Julien délivre la Gaule, et Valentinien fortifie le Rhin.
Invasion de 407. Des tribus innombrables dévastent la Gaule jusqu'aux Pyrénées. Les Alains, les Suèves, les Vandales, pénètrent en Espagne; les Alemans s'établissent entre le Rhin et la Gaule, les Bourguignons dans la vallée du Rhône.
Invasion des W is igotfts {il2). Ataulfe, roi desWisigoths après Alaric, s'empare de la Gaule méridionale, mais passe en Espagne comme auxiliaire de l'empire contre les autres barbares. En récompense, Honorius lui concède (418) l'Aquitaine et Toulouse.
nous n'avons pas à nous occuper ici, non plus que d<-.s invasions des Avares, des Hongrois, des Sarrasins, dt s Normands, etc.
— Anton. Civilisé, poli, policé.
Barbares dans Part antique ( ke présentations des). Elles remontent à une haute antiquité, puisque Pausanias mentionne des ex-voto représentant des barbares exécutes par Ouatas et par Agéladas pour les Tarentins. Les plus anciennes représentations des barbares que nous poss-dions se trouvent dans les marbres d'Egine. Lesbarbairs ne se confondent pas avec les Grecs dans les œuvres mu ils figurent. Mais il est aisé de voir (jue, jusqu'à la périn.lihellénistique, les artistes ne se piquent pas de couleur locale, et reproduisent un type conventionnel que le bonnet phrygien, les pantalons, les tiares, les carquois, font facilement reconnaître. Il suffit, pour se rendre compte de cette convention, do comparer les œuvres des sculpteurs avec celles où les barbares, les Perses par exemple, se sont eux-mêmes représentés. Certains traits, cependant, ditférencient les barbares d'Italie des barbares orientaux : bonnets pointus, tuniques courtes, bottes, etc. Les caractères ethniques sont plus curieusement recherchés dans de petites figures humoristiques, comme les caricatures de nègres, et il en était sans doute de même dans la peinture de genre grecque, dont nous ne possédons que le reflet dans certaines mosaïques.
Mais il était réservé à l'art romain d'aller beaucoup plus loin dans la voie du réalisme, et, par exemple, sur les soubassements dès colonnes Trajane et Antonine, les différents types do barbares, ainsi que les détails do leur
des barbares-
temps, à moins de traité formel (fœdus), et les barbares établis sur territoire romain {dediticii, fœderati, gentiles), qui avaient quelques-uns des privilèges réservés aux peregrini et provinciales, provinciaux sujets de l'empire, sans se confondre cependant avec eux.
A partird" Auguste, les barbares sont de plus en plus traités en étrangers qu'on ne cherche qu'à refouler. Des lois sévères interdisent le mariage entre barbares et Romains, régissent le commerce et les marchés communs. Le droit de cité, concédé à des rois vaincus ou à des personnages considérables, ne paraît pas avoir entraîné l'accession aux honneurs, sauf sous le bas-empire, par clause spéciale pour des alliés militaires. Ces exceptions, il est vrai, se multiplièrent à l'excès. Quant aux tribus admises sur le territoire romain, elles étaient généralement peu à peu rattachées à la loi romaine.
En fait, les mesures restrictives furent impuissantes à empêcher l'infiltration des barbares dans l'empire. L'affaiblissement de la noblesse romaine ou provinciale, son éloignement pour le service militaire, la nécessité de garnir les frontières de troupes nombreuses pours'opposer à la pression continue du monde barbare, et môme de faire à celui-ci des concessions, contraignit les empereurs à déroger plus d'une fois au principe de la résistance. Auguste lui-même colonise la rive gauche du Rhin avec des barbares, admet des Cattes dans l'île des Bataves, des Sicambres en Gaule. Beaucoup d'empereurs suivent ret exemple. Les uns incorporent des barbares dans l'armée, d'autres en établissent par milliers aux frontières ; on emploie des barbares pour combattre d'autres barbares ; au milieu du ni" siècle, l'armée, les charges du palais, sont envahies par les barbares. C'est ainsi qu'on voit le Gèto Maximin arriver au pouvoir suprême. Sous Constantin, ils sont partout; l'un d'eux parvient au consulat. Sous Théodose, l'armée en est presque entièrement composée, et l'empire n'a plus d'armée nationale.
La barbarie recula avec la civiUsation ; ainsi, quand la Gaule fut tout à fait incorporée, la Umite de la barbarie fut le Rhin. Plus tard, les Francs appliquèrent ce terme aux Germains, et la loi salique distingua le Franc du barbare. Au sens historique, le nom de « barbare » désigne les hordes oui inondèrent l'empire romain dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, et qui peuvent se
Iiivasioii des Francs (438). Sous la conduite de Clodion, ils s'emparèrent, malgré Aétius, des pays entre le Rhin otla Somme.
Invasion des Huns (451). Attila dirige à son tour uno formidable armée contre les Gaules. 11 est vaincu par Aétius aux champs Catalauniques.
Vers 481, la Gaule est partagée entre : au N., les Fraucs Saliens et Ripuaires ; à l'È-, les Alemans, les Bourguignons (vallée du Rhône) sauf la Provence); au S., les Wisigoths; à l'O., là Confédération armoricaine.Les possessions de Syagrius, c'est-à-dire quelques cités sur l'Oise, la Marne et la Seine, sont les derniers vestiges de la domination romaine.
Les Francs, avec Clovis et ses successeurs, prévalurent et finirent par arrêter le flot germanique.
D'autre part, les peuples de race gothique s'étaient établis les uns en Espagne, les autres dans la Dacie, la Mésie, la Thrace, et sur les rives du Danube. En 402 et 40S. les Wisigoths, sous Alaric, avaient saccagé la Grèce, s'étaient jetés sur l'Italie, puis avaient envahi, avec Ataulfe, la Gaule et l'Espagne (412), et fondé un empire qui ne tomba en Espagne que trois siècles plus lard, sous les coups des Arabes. L'empire gothi(|ue du Danube fut dissous par Attila, dont le propre empire fut démembré après sa mort. Les Vandales, entrés en Espagne on 407, avaient été conduits en Afrique par Genséric (429), qui y fonda un empire, combattit les Romains, et vint piller Rome en 455. La domination vandale fut détruite en 533 par Bélisaire, général de Justinien.
En 476, Odoacre, roi des Hérules, s'établit en Italie et détruit l'empire d'Occident. En 488, Théodoric, roi des Ostrogoths, envahit à son tour l'Italie et y fonde une nouvelle monarchie barbare, qui fut renversée en 554 par Narsès, et bientôt remplacée par la domination des Lombards.
L'empire d'Orient subsista de longs siècles encore, mais constamment en lutte avec d'antres barbares dont
armement, sont reproduits avec la plus scrupuleuse cherche du vrai et du particuher.
— BiBLioGR. : Art. Barbari dans le " Dict. des antiquitO de Daremberg et Saglio ; Barbarenbildaugen, dans les " J tike Denkmâler » de Baumeister; F. Lenormant, l'Ai'c triomphe d'Orange; S. Reinach, les Gaulois dan tiyue {IS ■
1. Bai-bare captif; 2. Messapiens ; 3. Gaulois; 4. Perses; 5. Thrace (Orphée).
BARBAREE (de Barbe, nom de sainte) n. f. Genre <lo crucifères-chéiranthées , renfermant des herbes des restions tempérées du globe, et dont une espèce, la barbarée vulgaire, appelée " herbe Sainte-Barbe ", n herbo aux charpentiers ■, etc., pousse dans les prés, au bord des
ruisseaux, ot possède les môinos propriôtôs ((uo lo cresson ûo fontaiiio.
BarbarELLI (Giorgio), célibro pointro italien, plus connu sous lo nom de Giorgione. V. ce mot.
BARBAREMENT (rad. barbare) adv. D'un© façon ci'uoUo : Trailcr f/ncli/u'un uarhabkmiînt. Il D'une façon opposée au bon goilt ; Peindre barbarembnt.
BARBARESQUE {rèsk') adj. Qui a rapport à la contrée africaino autrefois appelée Barbarie : Peuple B\v.a\iKiis<iVB,
— n. m. pi. Les peuples barbarosquos.
BARBARI, mot technique (logique), syn. doBARALiPTON.
Barbari (Jacopo da), nommé aussi Jakou 'Walch ou Walsch, <'t désigné dans la gravure sous le nom do Maître au caducée, ù. cause du caducée qui sort do signature à ses planches singulières. Peintre ot graveur, né on 1445, probablement à Venise, mort avant 1515, aprôs avoir été peintre de la cour de Marguerite do Bourgogne ot do la régente des Pays-Bas, Barbari est un artiste original, étran^'C, en qui se marient lo fantasque alleniand et le réalisme des Pays-Bas. Tantôt sérieux et mesuré, tantôt plein do fantuisio. i! a do l'aocent, du mordant, do l'expression. S-, r n r.;' , Imhi sun^'or :1 Albert Diirer, sur lequel il .< \ ' ' > ' 'n' n.iprcssion ; car, s'il a beaucoup tr;n i ' . \ . H [i :i [kxs moins travaillé à Nuremberg, | in ; iriisir allemand. On trouve
doses pointiirr ,. \m i i , ;l Dresde, à Berlin. Mais ses
gravures, plu i I'- font surtout connaître au-
jourd'hui, er, 1 .1 I i: : i. il faut citer une Judith, une Adoration des J/r; ^, nw- t'iropâtre mourante. Mars et Vénus, le Sacriâce à Priapc, etc. Parmi ses gravures sur bois, son chef-d œuvre est un Triomphe da Christ, longue frise en dix feuilles.
BARBARICAIRE (rad. Barbarie) n. m. Ouvrier en tapisserie qui employait dos fils d'or et de soie de diverses couleurs.
BARBARIE (rad. barbare) n. f. Chez les Grecs et les Romains, Infériorité do civilisation des peuples étrangers : La BARBARIE gauloise. Il L'ensemble de ces peuples : ta BARBARIE, en étouffant l'Italie, obscurcit l'univers. \\ Chez les nations chrétiennes, Les nations qui no le sont pas : La Honqrie fut le rempart de l'Europe contre la barbarie.
— Défaut de civilisation : Au xi" siècle, la race saxonne avait fait un pas hors de la barbarie, mais ce n'était qu'un pas. (H.Taine.)
— Cruauté, inhumanité : Un acte rfe barbarie n'en autorise pas un autre. (St-Maro-Gir.) ii Action cruelle, barbare : Toute guerre comporte des barbaries.
— Grossièreté, défaut de règle ou de goût : La barbarie d'une langue. La délicatesse de la femme est le plus puissant ennemi de la barbarie de l'homme. (A. Martin.)
— Encycl. Dr. Actes de barbarie. L'article 303 du Code pénal assimile aux coupables d'assassinat et punit comme tels » tous malfaiteurs, quelle que soit leur dénomination, qui, pour l'exécution de leurs crimes, emploient des tortures ou commettent des actes de barbarie ». Cette disposition a eu principalement pour objet d'atteindre les bandes de brigands qui, sous le nom de « chauffeurs a et de v garrotteurs >', avaient, à la faveur des guerres civiles, désolé quelques parties du territoire. Quels sont les caractères des actes de torture et de barbarie ? Les termes de la loi sont ambigus; mais on admet généralement qu'il doit s'agir de violences corporelles très graves, de mauvais traitements portés à l'excès, par exemple de mutilations.
— Syn. Barbarie, cruauté, férocité, inhumanité. La 6a7'barie tient à l'état des mœurs, peu ou point civilisées. La cruauté est une disposition du caractère : elle se plaît à verser le sang, à faire couler les larmes. La férocité est une cruauté furieuse, qui s'exalte par la vue des souffrances et par les cris dos victimes. 'L'inhumanité (terme qui ne s'applique qu'à l'homme), est l'état d'une âme qui se plaît aux souffrances d'autrui, ou qui, du nioins, y reste absolument insensible. On dirait : Vinhumanité du mauvais riche, la férocité du tigre, la cruauté de Néron, la barbarie des anthropophages.
— Anton. Civilisation, politesse, progrès, humanité.
Barbarie, nom donné par les anciens à une dos contrées qu'ils appelaient aussi Azanie (v. ce mot), à la partie de la côte orientale d'Afrique s'étendant au S. du cap des Aromates (cap Guardafui).
Barbarie. Antiq. rom. l" Les anciens désignaient spécialement sous le nom de Barbarica regio, la côte africaine de l'océan Indien. 2*> Les géographes latins et ^ecs de basse époque donnent souvent le nom de Barbarie indistinctement aux divers peuples indigènes de l'Afrique du Nord. 3° Julius Honorius, géographe de basse époque, nomme les Barbariciens comme composant une tribu de cotte dernière région, sans préciser davantage.
Barbarie ou Etats barbaresques. dénomination géographique ijii''iii api>li4tu- sniivrnf au Nord-Ouest africain, grand quailnlaicic ^Ir liâmes inres limité au N. par la Méditerranée, à TE. par les Syrtos, à l'O. par l'Atlantique, au S. par le Sahara. On désigne parfois aussi cette région sous le nom de n Afrique Mineure » ou de « pays do l'Atlas II (v.cemot); les géographes arabes l'appelaient Maghreb, Djezire-el-Âlaghreb (île de TOccidont). La Barbarie comprend le Maroc, V Algérie et la Tunisie; eWe a environ 1.600.000 kilom. caiT. et 10 millions d'habitants. Elle est située approximativement entre 37° 1/2 lat. N. (cap Bon) et sy lat. S. (oued Draa) ; entre 13* long. O. (embouchure do l'oued Draa) et 9° E. de Paris (îles Korkennah).
Cotte contrée, par son aspect, son climat et ses productions, ressemble beaucoup plus au midi do l'Europe, à l'Italie et à l'Espagne, qu au continent africain proprement dit.
Le nom de " Barbarie " est une corruption de celui de Berbérie (ou pays des Berbères), tiré de l'appellation des indigènes qui l'occupent en majeure partie. V. Berbères.
BARBARIE-MUSCAT (muss-ka) n. f. L'une des variétés de pommes qui eutront dans la fabrication du cidro dit des cinq pommes.
Barbarigo (Agostiuo), dogo do Venise, né on usri. mort en lôOi, successeur de son frère Marco. 11 forma avec les ennemis do Charles VIII la Ligue de Venise, dont l'armée fut défaite à Fornouo (1495). Sous sa magistrature, Catherine Cornaro céda Chypre à la république.
Il Barbarigo (Grcgorio), diplomate vénitien, né ù Venise
DARBARELLI
BARHAULD
OU ir.79, mort en IGIO. Ambassadeur a Turin (1008-1612), il fut cliargé d'une mission aux Grisons on Suisse (1013) pour déjouer les projets do l'Autriche tendant à. unir «os possessions d'Allemagne et d'Ilalio ; il fut ambassadeur en Aii^leterro en 1G16, et mourut à Londres, Ce fut un des diplomates les plus perspicaces do la république.
Barbarigo (Jean-François), savant cardinal, né à Venise en lGr)8, mort on 1730. Il avait été deux fois ambassadeur à la cour do Louis XIV, cardinal ot évéquo do Vérone, puis do Padouo. Il lit un magnifique ouvrage, orné do portraits, sur l'histoire.
BARBARIN (do Barbarie, nom géogr.) n. m. Môtrol. Monnaie dos Arabes d'Espagne, qui s'introduisit on Franco sous les Carlovingions. il Monnaie frappée à Limoges depuis lo commoncement du xii' siècle jusqu'à la fin du xm", et qui était ainsi nommée parco qu'elle portait pour typo la figure barbue ot vuo do face de saint Martial, patron de la principale abbayo do la ville.
— Ichtyol. Nom vulgaire du surmulet et du rouget. BARBARISER v. a. Jeter dans un état de barbarie, dans
une rxlnnie grossièreté do mœurs ; Des espèces les plus doticrs, l'huinnte a fait d'horribles carnages, tes a ensauvnijéis et BARiJARisÉES pour toujours, (Micholct.) i| Rendre sans goût : Barbariser son style. ■
— V. n. Parler d'une façon barbare ; faire dos barba-
BARBARISME [rissm' — lat. barbarismns, manière barbare il'- s (xpriiiicr) n. m. Mot qu'on forge dans une langue nti il n existe pas, ou qui existe, mais qu'on estropie on l'employant, ou bien encore <|u'on emploie en lui attribuant un sens qu'il n'a pas. il Par ext. Toute faute grossière de langage : Faire, commettre des barbarismes.
— Par anal. Faute contre les règles, contre le goût, etc. : Morceau de musique plein de barbarismes. Des barbarismes rfe conscience. (Balz.)
— Encycl. Il est parfois assez difficile do distinguer un barbarisme d'ua solécisme. En général, il y a solécisme lorsque, dans une phrase, un mot n'est pas assujetti à un autre selon les lois de la concordance et celles du régime ; il y a barbarisme toutes les fois qu'un mot présente quelque chose de vicieux par lui-même, soit dans sa structure, dans sa forme, dans les sons qui le constituent, soit dans l'idée principale ou les idées accessoires qu'on y attache ; mais c'est toujours indépendamment des relations que ce mot peut avoir avec tout autre mot contenu dans la phrase. En résumé, le solécisme est une faute contre la syntaxe, et le barbarisme une faute de langage qui consiste soit à se servir de mots forgés ou altérés, soit à donner aux mots un sens différent de celui qu'ils ont reçu do l'usage. Dire : n Je suis allé dans le colUdor », c'est faire un barbarisme ; dire : « Je suis été dans le corridor " , c'est faire un solécisme.
BarbarO (François), magistrat ot jurisconsulte italien, né à Venise en 1398, mort en 1454. Il fut podestat de Trévise, de Vicence et de Vérone, et, en 1438, défendit Brescia assiégée par Piccinino, général milanais. Il mourut procurateur de Saint-Marc. On a de lui : De re uxoria (Pans, 1513), traduit par Martin du Pin ; l'Etat du mariage ^1537), et une Histoire du siège de Brescia (en latin).
BarbaRO (Ermolâo II), né à Venise en 1454, mort en 1493. Il étudia à Rome et à Padoue, où il devint professeur do philosophie en 1477, et où ses leçons sur Aristote eurent un grand succès. De retour à Venise, il y copia, en 1482, le célèbre manuscrit d'Athénée. La république de Venise l'envoya ensuite en ambassade auprès de Maximilien d'Autriche, de Ludovic Sforce, duc de Milan (1488), et d'Innocent VIII (1491). Ayant accepté du pape la dignité de patriarche d'Aquilée sans l'autorisation du sénat de Venise, ses biens furent confisqués. Il renonça alors à son patriarcat, et mourut peu après de la peste. Ce savant a composé un grand nombre d'ouvrages, tous écrits en latin, et dont plusieurs sont inédits. Le principal, intitule Castigationes Plinianœ, a été imprimé à Rome en 1492.
BARBARO(Josaphal), voyageur et diplomate vénitien, mort en 1494. Consul do la république de Venise en Tarlarie, il y resta seize ans, et, plus tard, alla en Perse pour diriger Ussun-Cassan dans la guerre contre les Turcs. La relation de ses voyages a paru à Venise en 1543.
BarbaRO (Daniel), prélat italien, né à Venise en 1513, mort on 1570. Il fut ambassadeur de Venise en Angleterre, de 1548 à 1551. Il était mathématicien, philosophe, littérateur, antiquaire et théologien. On a de lui : Dell' eloquenza rfia/o//o (1557); la Prattica délia perspettiva (1568); une traduction de vitruve en italien (1556); etc.
BARBAROLEXIE (du gr. barbaros, barbare, et lexis, élociition) n. f. Emploi d'un mot étranger à la langue ; barbarisme. Il On dit aussi barbaralexie, et barbÀralexis.
BarbarOUX (Charles-Jcan-Maric). homme politique français, né à Marseille en 1767, guillotiné à Bordeaux en 1794, s'occupa d'abord de sciences pliysiques. Ambitieux, impatientdejouerun grand rôle, il se jeta ensuite dans lo mouvement révolutionnaire, qu'il dirigea dans sa ville natale ; envoyé à Paris pour porter une plainte à la Législative contre le Directoire de son département, il assista au loaoùt, et contribua au succès do la journée en faisant venir do Marseille un bataillon de volontaires; il se lia en même temps avec M""" Roland et avec les chefs du parti girondin. Aussi «lUat-il siéger dans leurs raugs
quand les électeurs des > > ^^^^?^//^ if Bouchos-du-Rhône l'ou- '' /
ront envoyé â la Conven- Charles Barbaroux.
tion. Il se distingua dans
cette assemblée par ses attaques répétées et infructueuses contre la Montagne, non moins que par son acharnement contre Robespierre. Au 2 juin 1793, il refusa fièrement de donner sa démission, et se réfugia â Caen pour y organiser la résistance girondine; il dut s'enfuir encore devant les troupes do la Convention. Il gagna Bordeaux avec Pétion et Buzot, se tira un coup do pistolet
Bart)astcUe.
dans la léto au moment do «on arrestation, no réussit qu'à so blessor, ot périt sur l'échafaud lo 25 juillet 1794.
BARBAROnX(Joscph, comte), jurisconsulte piémontais, né à Cunco au xviii* siècle, mort à Turin en 1837. Appelé au poiito do garde des sceaux à l'avènemont do Charles- Albert, en 1831, il institua une commission char^'éo de préparer un nouveau code civil ; lo code sarde, inspiré du code français, fut promulgué en 1837. Le roi ayant rétabli lo droit d'alncsso, que Barbaroux n'y avait pa.s maintenu, celui-ci CD fut très affecté, et colto circoostanco no fat pas sans iolluonco sur son suicide, qui eut lieu peu do temps après. Il so jota par une fcnétro du palais ministériel.
Barbarus hic ego sum. quia non intelligor ilUs I {ïci, c'est moi qui suis le barljare, parceque Je ne suit pas compris d'eux!), vers d'Ovide, dans ses Tristes, liv. V, élégie X. L'aimable poète, exilé depuis trois ans à Tomes (auj. Kustcndjé, sur la mer Notre), ne so consolait point de no pouvoir causer avec personne : les Gètes grossiers se moquaient do lui quand il leur parlait latin. 1)0 là sa mélancolique exclamation, qui contient aussi une pcnséo philosophique: à Rome, un Gète, gauche et dépayse, était un barbare; à Tomes, c'était le brillant causeur «le Komc, dont nul no comprenait plus le langage, qui semblait lo barbare!... Levers d'Ovide so cito, soit en entier, soit par fragments, dans des circonstances analogues à celles qui viennent d'étro rapportées.
BarbASTE, comm. do Lot-et-Garonne, arrond, et à 7 kilom. de Nérac, sur la Gélise, affluent do la Baïso; 1933 bab. Fabriques do bouchons, semelles et feuilles do liège. Moulin fortifié auquel faisait allusion Henri IV, quand il se disait « le meunier des tours do Barbaste ■.
BarbASTE (Matthieu), médecin français, né à Montpellier en 1814. Il a exercé d'abord dans le Midi, puis à Paris. On lui doit un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Vilalisme médical ; Retour vers l'hippocratisme {IMl) ; De l'homicide et de l'anthropophagie {liô2): De l'état des forces dans les maladies et des indications gui .ç'ï/ rapportent (1857); la Moralisation médicale (1863); tes Miracles de Lourdes et de La Salette, appréciation scientifique (1873); Vues sur l'enseignement supérieur ou Plan d éludes de la science de l'homme (1875).
BARBASTELLE (bass — du lat. barba, barbe, et Stella, étoile ) n. f. Nom vulgaire d'une chauve - souris du genre synote (synotas barbastellus) qui est commune en automne et volo à la nuit tombée.V.
SYNOTUS ou SYNOTE.
Barbastro
(lat. Brutina), ville d'Espagne (Aragon, prov. deHuesca)-; 8.300 hab. Point terminus de l'embranch. de Soigna du ch. de f. de Barcelone à Madrid par Saragosse. Cette cité, qui se souleva deux fois contre Rome, vit, en 1837, un combat sanglant entre les carlistes et les troupes royalistes. Patrie du poète Leonardo de Argensola.
Barbat, prince moldave (1272-1290), un des premiers vayvodes valaques résidant à Tirgoviste. Dans la guerre faite par son frère Liteano aux Hongrois, et dans laquelle ce dernier fut tué, Barbat tomba entre les mains de Ladislas IV. Mais, après avoir payé une rançon à son vainqueur et juré soumission et fidélité, il obtint sa liberté, et retourna à Tirgoviste pour y occuper le trône de son frère.
Barbat (Louis), lithographe et éditeur français, né à Chàlons-sur-Marne en 1795, mort en 1870. Il exécuta, à partir de 1833, avec beaucoup de talent, des hthographies en or, argent et couleur, qui eurent un grand succès. Il associa à ses travaux son fils, Pierke-Michel Barbat^ à qui il laissa, vers 1850, la direction de sa maison, et qui l'aida à composer des dessins et des vignettes. Parmi ses plus beaux travaux lithographiques, nous citerons : Livre des Evangiles des dimanches et fêtes, illustré par Barbat père et fils (1845) ; Histoire de la ville de Chàlons-sur-Marne et de ses monuments (Châlons, 1854-1860).
BARBATIMAO n . m. Nom donné à des écorces officinales employées au Brésil sous le nom do écorces de jeunesse et de virginité, et qui contiennent du tanin. On les emploie pour le tannage des peaux. Elles sont astringentes et toniques. Ce sont les écorces de plusieurs légumineuses mimosées {stnjphnodendron, aberemotemo, angico,jurema).
BARBATIQUE (de barbata, nom d'une espèce d'usnée) adj. Se dit d'un acide extrait d'un lichen, l'usHea barbata.
— Encycl. h'acide barhatique, C"H--0-, cristallise dans le benzène en lamelles ou on aiguilles incolores, fusibles à 186°, se dédoublant ensuite en ^-crcine et en acide carbonique. Il est accompagné dans l'usnéo d'un autre acide, Tacide usniaucy dont on le sépare en utilisant leur différence do solubilité dans l'éther.
BaRBATO (Jérôme), médecin italien, vivait à la fin du xv:!' sièv'le. C'est lui qui découvrit lo sérum du sang. On lui doit idusicurs ouvrages, dont le plus curieux, Dissertntio elegantissima de sanguine et ejus sero (Pavie, 1G67), donne les détails de sa découverte.
BarbÂTRE, comm. de la Vendée, arr. et à 70 kilom. des Sablcs-dOlonne, dans lile do Noirmoutier ; 1.687 bab. Moulins, taillanderies.
BARBATULE n. m. Nom vulgaire de la loche franche {cobitis barbatula), nommée aussi barbette, barbotte, et petit barbot.
BaRBATUS (Horace), consul romain, joua un rôle actif dans la révolution qui éclata à propos do la mort de Virginie, et qui eut pour résultat l'abolition du décemvirat. Elu consul avec Publicola (449 av. J.-C), il confirma, avec son collègue, la victoire du peuple et ses libertés nouvelles, par les lois Valeri^e Uorati^e. Il remporta ensuite une victoire décisive snr les Sabins.
BARBAUDE n. f. Espèce de corvoise ou bièro ancienne.
BARBAUDIER [di-é) n. m. Fabricant de barbaude.
Barbauld (Anna Lœtiiia Aikin, dame), femme do lettres anïrlaisc. née à Kilworth-Harcourt (comté de Leicestor I en'^1743, morte en 1825. Toute jeune, elle composa des poésies publiées sous le titre do Miscellancous Pisc^s,