BARRICADES
contre la I — Par ;
BARRU'^
accoutumé
J.Oni, me dep
trahie; n'en fera-t-on jamais •r.ifie -.' {\ù. do Gir.)
Hisiail,i naturel : Les lies Lucayes, longue •ri,ir II- ijolfe du Mexique. {V. Hugo.) ti'Mi, iliiiiculté : Louvois, esprit audacieiur, longtemps à forcer toutes les barricades. {L'abbé de Choisy.) — Encycl. Dr. pén. V. insurrection.
Barricades (journées des) [12 mai 1588 et 27 août 1648]. — Au printemps de l'année 1588, les passions politiques et religieuses on étaient arrivées à un tel degré d'intensité que, pour tout le monde, une révolution dans la capitale était imminente. L'esprit de haine contre Henri HI, qui tous les jours s'accentuait parmi les Parisiens, était justilié autant par la vie scandaleuse que menait le roi que par sa faiblesse, son indécision; aussi souhaitait-on sinon sa mort, du moins sa déchéance. Les Seize (magistrats municipaux placés à la tête de chacun des seize quartiers de la ville) et les ligueurs appelaient ouverteihent le duc do Guise à entrer dans Paris, comme leur libérateur, pour détrôner Henri HL Le duc s'y décida, en effet, le 9 mai, mais suivi seulement de quelques gentilshommes. H eut la hardiesse do se présenter au Louvre devant le roi, qui n'osa pas le faire arrêter; et, durant deux jours, les entrevues so renouvelèrent entre les deux adversaires, sans que ni l'un ni l'autre ne démasquât ses projets. Enfin, dès le matin du 12 mai, la ville entière fut occupée par les troupes royales, au nombre de plus de 6.000 hommes. C'en était fait de la Ligue si les Parisiens, avec une ardeur et un ensemble extraordinaires, ne s'étaient mis à élever dans toutes les rues des barriquades, — c'est-à-dire des barriques pleines do terre, — et, abrités derrière ces remparts, à tirer sur les soldats du roi ou à faire pleuvoir sur eux des projectiles de tout genre. La victoire leur resta sans peine, mais ils n'en abusèrent pas, et la journée fut, on somme, peu meurtrière. Quant à Henri HI, se sentant momentanément vaincu, il s'enfuit à cheval par les Tuileries, gagna Saint-Cloud, et de là Chartres, jurant qu'il ne rentrerait que par la brèche dans cette ville ingrate.
-— Soixante ans plus tard, les barricades parisiennes devaient avoir une seconde fois raison de la volonté royale. Le 27 août 1648, ce fut pour la défense des libertés parlementaires que les Parisiens les élevèrent. Mazarin avait fait arrêter plusieurs membres du Parlement, parmi lesquels le plus populaire, Broussel, atin d'intimider la cour de justice qui présentait sans cesse des remontrances et se refusait à enregistrer les édits. Les barriques remplies do terre reparurent dans toutes les rues, aux cris mille fois répétés de : Vive Broussel! vive le Parlement! mort au Mazarin ! C'était l'ambitieux cardinal de Retz qui avait fomenté cette émeute, qu'il a si bien racontée aans ses éloquents Mémoires. Pendant toute la journée, les barricades se dressèrent si menaçantes que la reine mère, après avoir déclaré qu'elle ne céderait pas, se décida cependant à rendre Broussel à la liberté ; et, aussitôt après, dit Retz, Paris, en moins de doux heures, parut plus tranquille qu'on ne l'avait jamais vu le vendredi saint. V. FÉVRIER, Juillet {JouiTiées de).
Barricade (la), tableau d'Eugène Delacroix (1831). Cette pa e en ) lA [ le sorte un lue dans 1 p ivre de De
s-t ar p r u 0 t Ile 1 1 pe iple qui pieis
■^. poitrine nue, un drapeau tricolore à la main, et lo iiiiPt phrygien surlatôto, marche à travers la mitraille, jnsiirrurée par la passion, cette forte tille est à la fois '■ a']. .irio saisissante de la Liberté et un morceau Il I j ;> <\e peinture réaliste. Achetée par la Direction - M (ii\ arts et bientôt retournée contre le mur, la ' ' n/, vo montre aujourd'hui, face au public, dans la 11'' sali.' du XIX" siècle français, au Louvre.
— Par ext. Former soigneusement : Barricader sa maison contre les importuns.
— Fig. Isoler, empocher certains rapports, certaines communiciLtions : On s'en fe7'me de plus eti plus, on iiarri- CADE, on bouche solidement sa 2}orte et sonesprit. (Michelot.)
— V. n. Elever des barricades -.Autrefois, au moindre mécontentement, Paris barricadait.
Se barricRder, v. pr. S'isoler, se fortifier au moyen do barricades : Insurgés qui se barricadent dans les rues. Il Fig. Désir, idée qui se barricade dans la cervelle.
— Par oxt. S'enfermer très soigneusement : Se barricader dans sa chambre, il Se tenir on garde : Se barricader contre un beau parleur,
BARRICADEUR {ba-ri) n. m. Faiseur de barricades. (Pou
BARRIER [ba-ri-é) n. m. Monn. Ouvrier qui manœuvrait la barro du balancier à monnayer.
— Coût. anc. Employé qui percevait les droits de barrage. BARRIÈRE [ba-ri-èr — rad. barre) n. f. Clôture formée
d'un assemblage de pièces do bois ou de métal : Ouvrir, fermer, escalader une barrière. On établit des baruières de protection devant les édifices en construction ou en rénaradon .
— Par ext. Porte d'une ville : Les barrières de Paris. Il Bureau à
l'entrée d'une ville oix l'on perçoit les droits d'octroi:
Marchandises confisquées à la barrière. Il Tout bureau où l'on per(;oit
un
un
— 4. Barrière à ï pour barrer le
Barrière roulante.
droit do douane, etc. : Autrefois, des BARRIÈRES séparaient les provinces, w Zone qui entoure extérieurement les barrières de Paris : Aller boire du petit bleu à la barrière. Rôdeur de
BARRIÈRK.
— Palissade qui, dans les tournois, coupait la lice en deux, et que les champions se disputaient : Forcer, rompre, enlever la barrière, il Tenant de barrière. Chevalier qui défendait la barrière, il Sorte de palissade qui, dans les cirques et les établissements analogues, séparent les spectateurs de ceux qui jouent un rôle actif.
— Par anal-.Obstacle matériel qui sert de séparation, de sauvegarde ou de défense : Les Pyrénées sont uiie barrière naturelle entre la France et l'Espagne.
— F'ig. Empêchement, obstacle, impossibilité ou grande difficulté, tout ce qui retient dans certaines limites : Les préjugés sont autant de barrières ^jh' arrêtent d'abord les esprits superficiels et paresseux. (Nicole.)
— Anat. Barrière des apothicaires, La valvule iléo-cxcale ou valvule de Bauhin.
— Ch. de fer. Les barrières de passages à niveau servent à fermer l'accès de ces passages en cas do besoin. Elles sont en fer ou en bois et se divisent en barrières à bascule ou oscillantes, à pivot, et enfin roulantes. Elles se manœuvrent à la main ou à distance, suivant la catégorie à laquelle elles appartiennent.
— Coût. a.i\c. Droit de barrière. Privilège qu'avaient -certains officiers de la cour, comme le grand écuyer et le doyen des maréchaux, de faire établir une sorte de balustrade devant la porte principale de leurs hôtels.
— Législ. anc. Barrière des sergents. Pavillon où les officiers publics alors appelés sergents se tenaient pour attendre les pratiques.
— Met. Petite bande en or, argent, etc., dans laquelle l'ouvrier metteur en œuvre arrête le ruban d'un bracelet.
— Poét. Obstacle fictif que l'on est supposé franchir pour entrer en lice ou pour pénétrer quelque part : La BARRIÈRK de l'éternité s'ouvrira devant moi. (J.-J. Rouss.)
La victoire, en chantant, nous ouvre la barrière.
M.-J. Chénier.
— Ponts et chauss. Bamères de dégel. Barrières interrompant momentanément la circulation des fardiers sur les routes, au moment du dégel.
— Encycl. Fortif. Au moyen âge, Paris, ville fortifiée, n'avait pas de barrières, mais dos portes. Sous Louis XIV, la création de l'impôt qu'on nomme octî'oi nécessita l'établissement de barrières aux entrées de la ville; barrières plusieurs fois reculées en raison de l'extension que prenaient les faubourgs. En 1784, les fermiers généraux obtinrent du roi que, pour mieux assurer la perception des droits ot éviter les fraudes, la ville fût entourée d'une muraille continue, dont le tracé est représenté aujourd'hui par la ligne des boulevards dits « extérieurs o. Les Parisiens ne purent protester que par des épigrammes ou des traits, dont le plus court est celui-ci :
Le mur murant Paris rend Paria murmurant.
Quand la Révolution éclata» le mur d'enceinte n'était is complètement achevé; en juillet 1789, le peuple mit feu à la plupart des barrières ; et en fait, jusqu'à l'an V, l'octroi de Paris n'exista plus. Il fut alors rétabli sous lo nom de n octroi de bienfaisance » ; le mur fut réparé, terminé, et la construction des pavillons de perception confiée à l'architecte Ledoux. La loi du 16 juin 1859, qui reculait l'octroi de Paris, à dater du 1" janvier suivant, au périmètre des fortifications, a eu pour conséquence la démolition du mur d'enceinte et la désaffectation des bâtiments de ses barrières.
Barrière, liit La Barre (Pierre), batelicrsur la Loire, natif d'Orléans, exécuté à Melun on 1593. Il avait été sol-
Théodore Barrière.