‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 74 sur 828 · CH' - CH'OH -I- 0-= CH' - CO.OH -\- H'O · texte numérisé non relu

CH' - CH'OH -I- 0-= CH' - CO.OH -\- H'O

Cette oxydation, dans laquelle un atome d'oxygène bivalent remplace deux atomes d'hydrogène, se remise directement au contact de l'air ou de l'oxygène en présence du noir de platine humide ; il se forme d'abord de l'aldéhyde C'H' - CO.H, qui se transforme à son tour en acide acétique. L'oxydation de l'alcool s'opère plus rapidement au moyen des acides azotique ou chlorique étendus, de l'acide' chromique, etc.

2" Un mélange gazeux d'oxychlorure de carbone et de ^az des marais, passant dans une cornue portée à 1200, lorme de l'acide chlorhydrique et du chlorure d'acétyle, qui au contact de l'eau se décompose en acide acétique et acide chlorhydrique :

COCP -1- CH* = CH» - CO.Cl -I- HCl.

CH'.COCl + H'0 = CH'.CO'H -|- HCl.

Cette réaction du chlorure d'acétyle sur l'eau est générale dans la série des acides gras.

3° L'acide acétique est l'un des produits principaux de la fermentation acide du vin (v. vinaigre), et aussi de la distillation sèche du bois.

— Préparation. Le vinaigre radical que l'on obtient en distillant le verdet (procédé décrit par Basile Valentin) est un acide acétique impur mélange surtout d'acétone et d'acétate de cuivre. Il suffit de le rectifier par distillation pour avoir l'acide acétique pur cristallisable.

On l'a aussi pur et cristallisable en distillant le biacétate de potassium sans dépasser 300° ; le biacétate est luimême oDtenu par l'évaporation d'une solution d'acétate neutre dans l'acide acétique déjà concentré.

L'acide acétique employé dans l'industrie provient de l'acide pyroiigneux, qui est un acide acétique impur ; on le purifie en le congelant.

Pour obtenir l'acide acétique complètement exempt d'eau, on le distille sur le peroxyde de manganèse et l'acétate de sodium, puis on le soumet à des distillations fractionnées et à des cristallisations, jusqu'à ce que la densité devienne constante. (Oudemans.)

— Propriétés. L'acide acétique pur a une odeur suffocante. Mis sur la peau, il produit une sensation de brûlure et provoque la vésication. Il fond à 16»,7 ; mais, refroidi lentement, il reste liquide jusqu'à S°. Sa densité, à l'état liquide, est 1,055 à 15» ; à l'état solide, 1,080 à 0°. Il bout vers 117<';la densité de sa vapeur devient constante et normale (2,08) à 250"; au voisinage du point d'ébuUition, elle est notablement plus grande. L'acide acétique se dissout en toute proportion dans l'eau et dans l'alcool ; aussi absorbe-t-il 1 humidité de l'air. Sa dissolution dans l'eau présente des singularités remarquables. La solution à 23 pour 100 d'eau présente un maximum de densité voisin de 1,75 à 15°.

Le point de congélation des mélanges d'eau et d'acide acétique s'abaisse quand la proportion d'eau augmente (l'acide à 13 pour 100 d'eau se congèle à 0"), de sorte que l'on concentre un vinaigre faible par congélation en rejetant la partie solide (procédé très anciennement pratiqué) ; tandis que l'on concentre un acide acétique fort par congélation en rejetant la partie liquide.

La vapeur d acide acétique passant dans un tube chauffé au rou^^e donne un résidu de charbon et des vapeurs d'acétone, d acétylène, de naphtaline, etc. Enflammée dans l'air ou dans l'oxygène, cette vapeur brûle avec une flamme bleue en formant de l'eau et de l'acide carbonique. L'acide acétique résiste, en général, aux actions oxydantes; cependant, le permanganate neutre de potassium l'oxyde à 100° avec formation d'eau et d'acide carbonique; en solution alcaline, l'oxydation est moins brutale, et le produit est l'acide oxalique.

Le chlore attaque l'acide acétique, lentement à la lumière diffuse, rapidement à la lumière solaire, en donnant des dérivés de substitution. Le brome agit de même.

— Fonction chimique. L'acide acétique est un acide monobasiq^ue ; en effet, il ne forme avec chaque alcool monoatomif^ue qu'un seul éther et il en faut deiLx molécules pour éthériher complètement une molécule d'alcool diatomique. Avec les métaux, l'acide acétique donne des sels neutres où l'hydrogène fonciionnel de 1 acide est remplacé par une atomicité métallique; exemple : acétate do potas-

sîum C*H*0*K'. Les métaux diatomiques exigent deux molécules d'acide ; exemple : acétate de calcium (C*H'0*)'Ca . Outre les sels neutres, l'acide acétique forme des sels acides ; exemple : biacétate de potassium, et des sels basiques; exemple : acétate tribasique de plomb.

L'acide acétique est un acide fort : ses sels neutres ne sont pas décomposables par l'eau.

L'acide acétique forme avec les alcools des éthers ou acétates alcooliques comme l'acétate de méthyle, l'acétaie d'éthyle, etc.

L'acide acétique impur est employé dans l'industr:.' pour la fabrication des acétates, et notamment de lacéiatr de plomb. L'acide pur est employé comme réactif en ciiimie et en photographie.

— Acides acétiques substîtués. Le chlore, le brome, l'iode, le cyanogène, peuvent se substituer totalement â l'hydrogène du groupe CH' dans l'acide acétique, sans changer les traits caractéristiques de sa fonction aculi-. On a ainsi des acides chloracétiques, bromacétiques, lodacétiques, cyanacétiques.

— Acide tiHckloracétique , CCI' -CO.OH. Cet aoiii.-, découvert par Dumas, est le plus important des achl- > acétiques substitués. La préparation la plus comniolr consiste à mélanger l'hydrate de chloral avec trois fuis son poids d'acide azotique fumant. On met l'hydrate -le chloral en digestion au soleil avec l'acide azofique, pui-, un distille en recueillant ce qui passe entre 190 et 200^'.

L'acide trichloracétique cristallise en rhomboèdres .Irdensité 1,617 à 4^°. Il est soluble dans l'eau et déliquescent. Il fond à 46" et bout vers 20û« sans décomposiiiun. Sa vapeur(D = 5,3) a une odeur suffocante. Il se comportr. au point de vue chimique, comme l'acide acétique. Hvdmgéné par l'amalgame de potassium et l'eau, il reproduit 1 ether acétique; cette substitution inverse de l'hydrogen.au chlore (Melsens, 1844) est la première que l'on an effectuée.

— Anhydride acétique (C'H*0)'0 = C*H'0'. Ce corps a été découvert par Gerhardt, qui en a fait le type d'umnouvelle fonction, celle des anhydrides (v. ce mot). 1; On l'appelle aussi oxyde dacétyle*, acétate d'acétyle 01, improprement, acide acétique anhydre.

On le prépare en faisant agir le chlorure d'acétyle sur l'acétate de potassium, selon la méthode générale : C'H'OCl -f C*H^O'K = (C'H^O)'0 + KCl.

L'anhydride acétique est un liquide incolore, très mobil.^ d'une odeur plus forte que l'acide acétique. U bout vers 140". Il s'hydrate au contact de l'air humide.

ACÉTIQUEMENT adv. D'une manière acétique.

ACÉTITE (du lat. acetum, vinaigre) n. m. Nom don n-' aux acéiaies, à l'époque où l'on admettait deux degn s d'oxydation de l'acide du vinaigre.

ACÉTO (du lat. acetum, vinaigre). Se joint à d'auire-i mots pour former des substantifs et des adjectifs.

ACETOAZOTATE n. m. Chim. V. acétonitrate.

ACÉTOBENZOÏQUE (bi/i) adj. Se dit d'un acide anhvdr.que l'on oljiient en faisant réagir le cMorure d'acétyle d le benzoaîe do sodium desséché. Il Cet anhydride est encore

appelé ACÉTATE DE BENZOILE, et BENZOATE d'ACÊTYLE.

'ACÉTOBENZOTARTRIQUE {bi?}] adj. Se dit d'un éth.T qui n'est autre que le tartraie neutre diéihylique, dont 11- s deux atomes d'hydrogène tj-pique non basique sont remplacés, l'un par de l'acétyle', et l'autre par du benzoïle.

AGÉTOCHLORHYDRINE [klo) n. f. Substance huilons- , presque insoluble dans l'eau, obtenue par l'action d l'acide chlorhydrique gazeux sur un mélange d'acide a< tique et de glycérine maintenu à 100» pendant plusiem . heures.

ACÉTOCINNAMIQUE adj. Se dit d'un acide anhydre que l'on obtient par la réaction du chlorure d'aceiv!-sur le cinnamate de sodium. Cet anhydride est encûrr

appelé ACÉTATE DE CINNAMÏLE et cinnamate d'acétyle.

ACÉTOCUMINIQUEadj. Se dit d'un acide anhydre ([ih l'on obtient par la réaction du chlorure d'acétyle sur Ir cuminate de sodium. 11 Cet anhydride, qui répand uii> agréable odeur de vin d'Espagne, est encore appelé acéta ; 1 de cumyle et CUMINATE d'acétyle.

ACÉTOL (du lat. acetum, vinaigre, et oleum, huile)n. m Pharm. Dénomination générique appliquée par quelqn.^ auteurs aux préparations pharmaceutiques, aux vmaign s médicinaux préparés par distillation.V. acétoi.é, acétolai .

— Acétol noi^ial. Une des dénominations do l'aldéhy kacétique ou vinaigre.

— Chim. On désigne sous le nom d'acétols des compn-. sés dont la molécule contient un groupement alcoolii|Ui' et un ou plusieurs groupes carbon^-les (CO). Ce sont dvur des alcools-acétones; aussi ont-ils*à la fois les propnéits des alcools et celles des acétones.

Le premier terme de la série, V acétol on acétylcarbin'>i CH*-CO-CH'OH, s'obtient par l'action du carbonate d*baryum sur la monochloracétone. C'est un liquide incoluri qui'bout vers lAb". Il réduit la liqueur de Fehling et le m trate d'argent ammoniacal. Traité par la pbénylhydrazin.-, lacétol donne une hydrazone oii, réagissant siîr la ptiu nylhydrazine, se transforme en "^osazone.

On a obtenu différents éthers de l'acétol : l'éther acétvlique, éthylique, etc.

ACÉTOLAT [la — du lat. acetum, vinaigre) n. m. Dénomination générique appliquée, dans les nomenclatures pharmaceutiques modernes, aux produits obtenus par la distillation du vinaigre, sur une ou plusieurs substances végétales. Syn. oxéolat.

ACÉTOLATURE (rad. acétol) n. f. Nom proposé pour désig^ner le produit de la macération d'une ou plusieurs substances végétales fraîches dans le vinaigre.

ACÉTOLÉ (rad. acétol) n. m. Préparation pharmaceutique, obtenue par la solution directe d'une ou plusieurs substances médicameuteuses dans le vinaigre préalablement distillé.

ACÉTOLIQUE adj. So dit des médicaments constitués par le vinaigre tenant on dissolution un principe médi-

ACÉTOMEL du lat. acetum, vinaigre, et ynel, miel) n. m. Urup d<- vinaigre mi.-llé.

ACÉTOMELLÉ n. m. Nom qui dâsigno los solutions do niLi'l ilaiis lo vinaigro pur ou uuns un viuuigro médiciiiul.

.Syii. 'if t-tXYMIiLLITK.

ACÉTOMÈTRE ou ACÉTIMÈTRE (du lat. acctum, vinai- (;ir, cl (Ui f»T. imHron, niosuro) n. m. lusiiiiiiH'iit [iour ai)pr<'n"i('r los .sopliistications, lt> dorrrô do concLMitratioii du viiiaifro.

ACËTOMÉTRIE ou ACÉTIMÉTRIE D. f.

ApprtSciatioD du degr6 do coucuutration du Miiai^TC.

ACÉTOMÉTRIQUE ou ACÉTIMÉTRIQUE

atlj. (,^111 a rapporta l'actitomiitne : ih'ijrûs Al Ki'iMiMiuguics.

ACÉTONAMINE (do acétone et ammoiiia<|ur' 11, f. Ijaso organique résultant de la combinaison d'une acétone et do i'aninioniaquo ou d'une amino avec élimination d'oau. Les aréionamines se produisent dans l'action do l'ammoniaque sur l'acétnnii ; co sont des bases énergiques, mais .

se décomposant avec une extrême facilité. <i«tome re.

ACÉTONATE (rad. acétonique) n. m. Nom générique des sels formés par l'action de l'acide acétonique avec une base.

ACÉTONE (du lat. acetum, vinaigre) n. f. Liquide inco- Inro, d'odeur éthéréo. volatil et inllammable.

— Kncycl. Chiiii. h'nrètone C'H"0 a été entrevue par CnurU'iivaiiv .11 1,1, riir s'appelait d'abord e5/jn'//)j/ro«c<'f!>/ii<\,il,-"n! , I ntiiposition a été établie par Dumas et 1.1 ri;, , 1 . irioii parChancel et Williamson.

L'acctuiic i>c il jdi.ui laiis la distillation sèche des acô-

(C»H»0')' Ca = CO'Ca + C«H»O.CH\

On dessèche le liquide par du chlorure de calcium et on îo distille en prenant seulement les parties qui passent V'Ts eO". On purifie l'acétone comme l'aldéhyde, en la combinant au Disullîto de sodium et en distillant avec do l'eau les cristaux formés, après les avoir lavés à réther. I)ans l'industrie de l'aniline, on obtient d'importantes quantités d'acétone, on distillant un mélange d'acétate do ter et d'aniline. L'acétone se forme encore dans la décomposition pyrogénée de l'acide acétique, du sucre, de l'acide [artriquo, des acides citrique et lactique, etc.

La synthèse de l'acétone a été réalisée par Pebal et Fround (réaction du chlorure d'acôtylo sur le zinc-métliyle), par Friedel et par Linnemann (action de l'acide hypochloreux ou d'un oxydant sur le propylène monochloré ou monobromé).

— Propriétés. L'acétone est un liquide incolore très mobile, d'une odeur agréable et d'une saveur brûlante. Densité 0,814 à 0". Elle bout à 50°, 3 et la densité de sa vapeur est de 2,0025 (Dumas). Elle ne se solidifie pas à — lô» ; elle est soluble dans l'eau en toute proportion et dissout les huiles, les graisses et les résines, ainsi que le camphre et lo coton-poudre. La chaleur rouge la décompose en

Iniinant de la dumasine (oxyde de mesityle C*H'"0) avec lépùt de charbon. Les vapeurs passant dans la potasse iloiinent du carbonate ou du formiate do potassium avec il'i^'agement de gaz des marais.

L hydrogène naissant la transforme en alcool isopropylique et pmakone. Les oxydants ne la transforment pas eu un acide renfermant le même nombre d'atomes de carbone, ce qui la distinguo des aldéhydes; elle se scinde en acide acétique et en acide formiqne.

Le cldore et le brome en présence des alcalis la transforment en chloroforme ou en bromoforme. On connaît plusieurs acétones chlorées et broraées dans lesquelles le ciilore ou le brome remplacent partiellement l'hydrogène.

Elle a la propriété de former une combinaison cristaltiuo avec les bisulfites alcalins.

— Constitution. Toutes les réactions de l'acétone, aussi bicQ celles qui la rapprochent des aldéhydes que celles i|iii l'en différencient, s'expliquent, si on la considère comme l'aldéhyde de l'alcool propylique secondaire, c'esta Uro en supposant que le groupe fonctionnel CO est lié 'le deux côtés à un groupe méthyle CH'-CO-CH\

Acétones. — L'acétone ordinaire est le type d'une classe do composés qui ont une constitution et des propriétés analogues et qu'on appelle acétones. Cette fonction est voisine de la fonction aldéhyde. Elles dérivent des alcools secondaires par perte d'iiydrogène. comme les aldéhvdes ■ l'Tîvent des alcools primaires ; un grand nombre d*acétonos, surtout celles qui contiennent le groupe méthyle, so combinent aux bisulfites alcalins ; elles se condensent avec élimination d'eau, mais elles diffèrent des aldéhydes im ce que leur oxydation ne donne jamais un acide contenant autant d'atomes de carbone. Cette oxydation scinde toniours la molécule et fournit au moins 'deux acides à molécule moins compliquée.

La fonction acétone est symbolisée dans la théorie atomique par le groupe carbônylo CO lié à, deux radicaux alcooliques comme le méthyle, l'éthyle, etc. (5''>Co).

Quand les deux radicaux soudés au carbonyle sont identiques, l'acétone est dite normale ou symétrique ; c'est le cas de l'acétone ordinaire. Quand les deux radicaux sont différents, l'acétone est dite dissymétrique ou mixte.

Voici maintenant la nomenclature la plus rationnelle : elle est universellement adoptée en Allemagne et tend à se propager parmi les savants français ; elle a l'avantage lie conduire à un nom et un seul pour chaque acétone, sans double emploi ni ambiguïté. La fonction se désigne parla terminaison kétone ; on la fait précéder des noms dos deux radicaux alcooliques soudés au carbonyle foncnonnel, ou, si le môme est répété deux fois, du nom de ce radical avec le préfixe di : l'acétone ordinaire CH'-CO-CH' est la diméthyVcétone ; le composé CH'-CO-C'H' est la méthylpropylkétone. On remplace quelquefois le mot ki'ton'e par le mot carbonyle. Ex. : diméthylcarbonyle.

Sur la proposition de Friedel, le congrès de 1889 a bVndé de substituer le terme cétone au mot carbonyle et de préférence à la forme allemande kétone.

— Méthodes générales de préparation, l» La plus anicnne, qui a conduit son auteur à la découverte des acétones mixtes, est une généralisation de la préparation de lacétono ordinaire. On distille un mélange mtime de deux Sids d'acides gras (Williamson), de préférence des sels de ealcium ou de baryum. Ainsi, en distillant un mélange d acétate et de vàlérianate de potassium on obtient la méthyl-isobutylcétone. Notons que, sauf l'acétone ordi-

ACÉTOMELLl^: — ACÉTYLKNE

nairo, los acétones symétriques no s'obtiennent pas par lu distillation d'un sol do l'acide corrosuondant.

2' Faire agir los chlorures acides ou les anhydrides d'acides monoalomiquos sur les composés organo-métalliquos. Mais, si l'on attend trop longtemps, c'est un alcool tertiaire qu'on obtient en traitant par l'eau lo produit do la réaction (lîoutlerow).

Friedel et Crafts font agir un chlorure acido ou l'oxyrhloruro de carbone sur un radical alcoolique en présence du chlorure d'aluminium.

3" L'oxydation dos alcools secondaires conduit aussi aux acétones : l'alcool isopropylique CH'-CHOH-CH' oxydé donne l'acétone CH'-CO-CH'. On obtient aussi des acétones par oxydation de l'amylène, de l'hydrate d'araylône, du diphénylméthane.

-t" Les acétones aromatiques s'obtiennent par l'action do la benzine sur les acides en présence de l'anhydride phosphorique.

La fonction acétone peut fître répétée plusieurs fois dans lo mémo corps. V. dicêtone.

— Phot. On use de ïacétone pour la préparation des collodions propres à l'émaillage photographique et pour les vernis. Il a été également employé pour activer la dessiccation des émulsionsau gélatino-bromure d'argent.

— Physiol. h'acétone existe normalement, on très petite quantité, dans l'urine ; un centi^amme d'acétone dans 1 urine de vingt-quatre heures. Dans les fièvres infectieuses do certains cas de cancer la proportion augmente notablement. Chez les diabétiques, lo sucre contenu dans tout l'organisme peut se transformer en acétone et donne lieu aux accidents de l'acétonémie. Cent vingt gouttes d'acétone introduites sous la peau d'un lapin produisent d'abord de l'agitation, puis de la somnolence, dos vertiges, des chutes, bientôt le coma complet ; la mort survient au bout de cinq à vingt heures ; c'est au complet le tableau clinique de l'acétonémie des diabétiques. Chez le chien il suffit d'administrer 5 grammes d'acétone par kilogr. du poids du corps pour obtenir des cH'cts analogues.

ACÉTONÉMIE (de acétone, et du gr. aima, sang) n. f. Etat pathologique déterminé par la présence dans le sang de l'acétone à haute dose.

— Encycl. L'rtce/o?î(?m!eest une complication redoutable du diabète. Elle se manifeste à la suite d'émotions, de fatigues, de troubles digestifs, de travaux intellectuels excessifs.

Dès le début, le malade exhale une odeur spéciale plus ou moins intense, chlorofornTique, aigrelette, analogue à l'odeur do la pomme de reinette. L'urine diminue notablement ; il y a diminution du sucre ; aussi Bouchard a pu dire : « La glycosurie est la sauvegarde du diabétique. » Elle prend l'odeur de l'haleine et elle donne des réactions particulières. (V. acétonurik.) On observe bientôt des vamissements, une diarrhée abondante, des douleurs abdominales, localisées à l'épîgastre ou dans la région du foie. La respiration devient très difficile, profonde, pénible, mettant en jeu tous les muscles inspirateurs; il y a une inspiration forcée, un temps d'arrêt, puis une expiration brève, gémissante, une nouvelle pause, puis une nouvelle inspiration forcée. A l'auscultation, il n'y a rien dans le poumon. Le malade tombe dans le coma véritable ; il reste couché sur le dos, pâle ou un peu bleuâtre, tout à fait inerte. Le pouls est rapide, affaibli ; la température s'abaisse à 37", et même à SS*. La mort survient do vingtquatre à trente-six heures après le début des accidents.

Lo traitement est surtout préventif ; le diabétique évitera toutes les causes occasionnelles, fatigues, émotions, excès de plaisirs, écarts de régime. Le traitement curatif est encore inconnu.

ACÉTONINE(rad. acétone) n. f. Alcali organique, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. On l'obtient en faisant dissoudre l'ammoniaque dans l'acétine et en chauffant la dissolution jusqu'à 100".

ACÉTONIQUE adj. Se dit d'un acide que l'on obtient en soumettant l'acétone à, l'action d'un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide cyanhj'drique. L'acide acétonique cristallise en prismes ; il est soluble dans l'eau, l'alcool et l'êther.

On appelle acides acétoniques des corps qui possèdent à la fois la fonction acétone et la fonction acide. Ils sont caractérisés par la présence dans leur molécule du crroupe carbonyle CO et du groupe acide CO.OH. Tel est Vacide pyruvique ;

Page 1