BASTIDE — BASTILLE
parole. Miné par la maladie, il commença le grand ouvrage qu'il rêvait : tes Harmonies économiques ; mais il mourut, le laissant inachevé.
Ses petits pamplilets sont plus que jamais de 1 actualité. La pétition Ses fabricants de chandelles contre le soleil, nui nuit à leur industrie, est un petit chef-d'œuvre.
On affecte volontiers de dédaigner Bastiat parce qu'il a écrit avec charme et esprit et qu'il n'alourdit pas ses démonstrations de faits historiques ou statistiques. Il est, copeudant, toujours bon à relire. Il fait penser, et nul ne s'est jamais mieu.x entendu à faire le tour d'une idée fausse et à la démolir. Les œuvres complètes de Bastiat ont été publiées en huit volumes, à la librairie Guillaumin.
BASTIDE {bass — du provenç. bastida; de bastir, bâtir) n. f. En Provence, Petite ferme ou petite maison de campagne, dans les environs de Marseille : Les habitants des BASTIDES sont dits " bastidans », ■■ bustidanes ".
— Fortif. Autrefois, Petit ouvrage provisoire, que l'on construisait pour les besoins de l'attaque, i! Assiéger par
secrétaire général du ministère des affaires étrangères, puis ministre des aifaires étrangères, et fut remplacé par brouj'n de Lhuys. Il publia : Histoire de l'Assemblée législative (1S49); la liépublique française et l'Italie en 1848 (1858); Histoire des guerres religieuses en France (1859).
Bastide-CENON (La), faubourg do Bordeaux (Gironde), sur la Garonne, où so trouve l'embarcadère du cliemin de fer de Bordeaux à Paris.
Bastide-CLAIKENCE (L.\), ch.-I. do cant. des Basses- Pyrénées. V. LABASTlDK-CLAIRIiNCE.
BasTIDE-L'E'VÊQUE (La), comm. de l'Avcyron, arrond. et à 12 kilom. de ViUel'ranche, sur le Lézert, affluent de i'Aveyron ; 2.287 hab. Papeteries, plomb sulfuré.
Bastxde-de-JUVINAS (La). Géogr. V. Labastide.
Bastide-DE-SÉROU (La), cb.-l. do cant. de l'Ariège, arrond. et à 16 kilom. de Fuix, sur l'Arize ; 2.505 hab. Bonneterie de laine, lilatures, poteries, scierie hydraulique.
— Histoire. Ce bourg, déjà connu vers 1150 sous le nom
En 1878, les Foins marquaient la perfection do la manière. de l'artiste dans la peinture de la vie des champs. Kn même temps, il poursuivait la série de ses portraits: portraits <X André Theuriet. de Sarak Bernhardi, du prince de Galles, d'Albert Wolff, &' Andrieux, etc. Mandé eu Angleterre auprès du prmce de Galles, il devait rapporter de ce voyage des toiles et des croquis de mœurs. Bastien- Lepage tenta, en ISSO, avec sa Jeanne dArc, une conciliation entre le réalisme et le mystère. Il touchait là à la limite de son art, trop précis, trop voulu pour un tel sujet. Il eut la sagesse de retourner à ses paysans meusiens, avec les BUs mûrs, la Saison d'octobre et l'Amour au village. Vers 1883, il s'adonnait même presque exclusivement au paysage avec ligures, et peut-être songeait-il à élargir ses sujets, quand la maladie, le minant sourdement, lui fit déjà pressentir une fin prématurée L'artiste s'éteignait à l'âge de trente-six ans. Avec Jules Bastien-Lepage disparaissait un des plus originaux tempéraments de notre école, un maitre capahle entre tous de faire revivre les qualités sûres, serrées, fines, profondes de notre tcmpé-
bastides. Elever des bastides autour de la place assiégée. — Encycl. On trouve dès l'époque romaine des bastides ou forteresses volantes. (V. bastille.) Bientôt, le mot fut appliqué à des forteresses fixes, puis à des lieux fortifiés destinés à recevoir la population industrielle et agricole. On appela particulièrement « bastide », dans le Midi, ce que l'on appela Villeneuve dans le Nord. C'étaient des villes, entourées de fortifications, créées de toutes pièces par les ahbayes, puis par les seigneurs féodaux et par le pouvoir royal. Les habitants, en ces temps de troubles et do violeiices, y trouvaient toute sécurité. Les seigneurs féodaux, fjuî se firent les gendarmes de leurs bastides, se plaisaient à les créer et à les voir se développer par suite des droits ([u'ils percevaient sur les habitants. Le pouvoir royal avait intérêt à créer des bastides, parce que c'était pour lui le meilleur moyen d'étendre son autorité immédiate. Les plus anciennes bastides paraissent avoir été créées au xi* siècle, les
Îilus récentes au milieu du xiv^ Les habitants avaient" eurs propriétés au dehors. La bastide était essentiellement un château fort, un bourt/ pour la défense commune.
— EiBLiOGR.:LeoDrouvn,/aGï(7/eHn(?î»ï7i7aire(Bordeaux,
1865); Curie-Soimbres, )î^ssai sur les in lies fondées dans le
sud-ouest de la France sous le nom générique de « bastides »
(Toulouse, 1881).
Bastide (La), ch.-l. de cant. (Lot.)V. Labastide-Mukat.
Bastide f.lules}, homme politique français, né à Paris en 1800. mort vu 1879. Sous la Restauration, il était affilié aux carbûimri. Condamné à mort par contumace pour sa participation à l'émeuto dos funérailles du général Lamarque, il so réfugia on Angleterre, en revint en 1834 et fut acquitté par un nouveau jugement. Directeur du « National », puis collaborateur do la " Revue nationale ". il soutint les idées républicaines, qui s'unissaient, chez lui, à des convictions catholiques profondes. Il publia : De l'éducation publique en France (1847). En 1848, il fut nommé
do Montesquieu, reçut, en 1G89, les habitants de la campagne, désireux de se soustraire aux violences des camisards. Ce fut de la circonstance de ce refuge, provoqué par la frayeur (en patois fn-ou), que ce bourg aurait pris le nom de La Bastide-de-Férou, et, par corrupt., La Bastidcdc-Sérou. — Le cant. a 13 comm. et 6.625 hab.
Bastide-ROUAYROUX fLA), comm. ilu Tarn. V. La-
BASTIDK-KonAVBUl X.
BaSTIDE-SUR-L-HeRS iLa), comm. do l'Ariège, arr. et à 43 kilom. de Pamiers, sur le Grand-Hers ; 1.024 hab. Eaux de Fontcirgue. Mines de jais. Fabriques de peignes do corne et de bois.
BASTIDON [bass] n. m. Petite bastide, appelée aussi cabanon.
Bastien-LEPAGE (Jules), peintre français, né à Damvillers (Meuse) en 1848, mort à Paris en 1884. Reçu le premier à l'Ecole des beaux-arts, il entra à l'atelier do Cabanel. Pendant la guerre, Bastien-Lepage s'engagea dans la compa£;;nie de francs-tireurs commandée par le peintreCastollani; sa santé commença dès lors à se délabrer.
En 1874, il exposa la Chanson duprmtemps et le Portrait du qrand-père. Dès 1S75, les tendances réalistes et psycliologiques de l'artiste s'accusaient. C'était un observateur aigu et délicat, un peintre serré et rigoureux que l'auteur de la Communauté (1875). Epris de nature et de plein air, il avait trouvé sa patrie artistique : son village de Damvillers, les bois de Réville, et les paysans de la Meuse. Admirateur de Courbet et de Manet, non moins pénétré des primitifs que de Millet, Bastien-Lepage inaugura ses tableaux d'une rusticité précise et poétique avec la Paysanne au re})os, la Prairie de Damvillers, les deux esquisses pour le tableau les Foins, les Jardins au printemps, les Foins mih's et l'Aurore.
En 1877, il donnait ces deux petits portraits, le Père et la Mère de l'artiste, qui font songer à un Holhcin français.
lent national, à la fois précis comme Clouet et poétique comme Chardin.
— BiBLiOGR. : André Theuriet, /»^es Bastien-Lepage; L. de Fourcaud, Album des œuvres du peintre.
BASTIER (bas-ti-é — rad. bast, pour bât) n. m. Autref., Cheval de bât qui portait des bagages à lasuite des troupes.
BASTILLE [bass, et II mil. — en forme de bastide) n. f. Féod. Ouvrage détaché de défense ou d'attaque, il Château flanqué de tourelles, pour défendre l'entrée d'une ville.
— Particul. Château fort, autref. établi à Paris dans le quartier encore appelé « de la Bastille " , et qui servit longtemps de prison d'Etat, ii Par ext. Prison quelconque et, au hg.. Moyen d'asservissement : La bastille pour dettes n'existe plus.
O sainte égalité: Jissipe nos ténèbres.
Renverse les verrous, les bastilles funèbres.
A. CULNISR.
— Prov. : Il ne branle non plus que la Bastille, 11 est inébranlable.
— Encycl. Jules César décrit une construction que ses légionnaires élevaient en face des villes assiégées; telle est l'origine éloignée des bastides ou bastilles. (L'expression ne tarda pas à être appliquée aux tours fixes élevées sur les remparts pour la défense des villes.) La première pierre de la Bastille parisienne fut posée le 22 avril 1370, par le prévôt des marchands, Hugues Aubriot. On accroissait la défense de Paris contre les Anglais. Au lendemain de la bataille de Saint-Quentin, Henri II renforça la Bastille. Le célèbre château fort du faubourg Saint-Antoine n'était donc pas, à l'origine, une prison. Il le devint dès le règne de Charles VI. Néanmoins, la Bastille conserva durant deux siècles son caractère de citadelle militaire. Richelieu doit être considéré comme le fondateur de la Bastille, prison d'Etat. L'administration, confiéejusqu'à lui à de grands seigneurs, fut mise entre los mains d'un véritable geôlier, Leclcrc du Tremblay, frère du P. Joseph.
Uno erreur oncoro répandue est do croire que la Bastille était la prison des gens du peuple. La Bastille ôtait, au contraire, une prison aristocraticjue où le roi faisait enfermer les plus grantls soigneurs, puis les gens de lettres, les janfiÔDistos, ceux, en un mot , qu'il no voulait pas confondre avec les vagabonds de Bicôtre et les voleurs du Châtclet. La manière dont étaient traités les prisonniers de la Bastille est faite pour enlever toute créance aux légendes répandues sur cette prison. Il n'y a aujourd'hui que les gens ricnes qui puissent se nourrir comme étaient nourris les prisonniers do la Bastille. Nous en avons conservé comme témoignage les documents provenant de la comptabilité, confirmés par les nombreux mémoires laissés par les prisonniers. Dans le courant du xviu" siècle, le caractère de la Bastille se transforma, se rapprochant do plus en plus, aussi bien par le traitement des prisonniers que par le caractère de ces prisonniers, de nos prisons modernes. Si, en vieillissant, la Bastille avait perdu de sou éclat, en ' revanche, la torture qui, il est vrai, n'y avait jamais été I appliquée que sur les arrêts des tribunaux, en avait complètement disparu. Depuis le commencement du xviir sicch\ I les cachots et les chaînes n'étaient plus qu'une punition I temporaire, réservée aux prisonniers insubordonnés; depuis ï'avônement de Louis XVI, ils étaient hors d'usage. I Breteuil interdit de mettre au cachot — on appelait ainsi ' les pièces de l'étage inférieur de chaque tour, sortes de caves sombres et humides — qui que ce fût. Maleshorbes ordonna de donner aux détenus plumes et encre, et de les autoriser à correspondre avec leurs familles.
La Bastille pouvait contenir 42 prisonniers, logés séparément. Sous Louis XIV, à l'éponue où le gouvernement ht le plus grand usage des lettres de cachet, il n'entrait pas à la Bastille plus de trente prisonniers en moyenne par année. Pendant tout le règne de Louis XVI, la Bastille no reçut que 240 prisonniers : une moyenne de 16 par an. Du l"janvierau 14 juillet 1789, la Bastille ne rerut qu'un seul prisonnier, encore fut-co un prisonniervolontaire, Réveillon, le fabricant de papiers points, qui vint s'y réfugier après que le peuple eut saccagé sa maison.
D'autre part, à cause du confort dont les prisonniers étaient entourés, et à cause des traitements élevés des officiers de l'état-major, la Bastille coûtait très cher au gouvernement qui ne dépensait pas moins de 120 à 140.000 livres par an, plus de 300. ooo francs de valeur actuelle. Aussi Necker, voyant que la Bastille ne servait plus à grand'chose, songea-t-il à la supprimer, par économie. L'architecte Corbet fut chargé de dessiner le plan d'une place Louis-XVI sur l'emulacement de la Bastille qui devait être rasée. Il est aujourd hui parfaitement démontré que le gou- V. moment avait décidé la démolition complète de laBastillo avant 1789.
BiBLiOGR. : F. Bournon, la Basfille (Paris, dans lacollortion de 1'" Histoire générale de Paris ", 1893); Fr. Funck- Broiitano, Légendes et archives de la Bastille (Paris, 1898).
Bastille (prise de la). La Bastille fut prise le 14 juillet 1789. vers 5 heures du soir. Ce fut l'événement le plus saillant parmi tous ceux qui furent le prélude de la Révolution française. Il faut, néanmoins, reconnaître que la légende et l'imagination populaire en ont fort exa-
féré l'importance. Une foule de plusieurs milliers d'inividus s'était précipitée le matin aux Invalides, pour se procurer dos armes. Comme, à la Bastille, il y avait "" autre dépôt d'armes, après avoir et ' 1 A la Bastille! -.
i Aux Invalides !
La foule qui se pressa autour 'les murs de la forte- T'^sso comptait environ un nuihor d'individus, entoures d'un grand nombre de badauds. Rien n'est plus caractéristique que le récit du chancelier Pasquier, témoin oculaire. " J'ai assisté à la prise de la Bastille ; ce qu'on a appelé le combat ne tut pas sérieux ; la résistance fut complètement nulle. Il n'y avait dans la place ni vivres, ni munitions; il ne fut même pas besoin de l'investir. On tira quelques coups de fusil, auxquels il ne fut pas répondu, Cl i|uatre ou cinq coups de canon. Ce grand combat n'a p;is un instaut effrayé les nombreux spectateurs qui étaient arcuurus pour en voirie résultat. Parmi eux se trouvaient iMaiicoupde femmes, très élégantes : elles avaient, afin de s approcher plus aisément, laissé leurs voitures à quelque 'liMance. J'étais appuyé sur rextrémité de la barrière qui liriiiait. du côté de la place de la Bastille, le jardin lonpoaiiiMa maison de Beaumarchais. A côté de moi était M'"' Contât, de la Comédie-Française; nous restâmes jusqii au dénouement, et je lui donnai le bras jusqu'à sa voitino, qui était place Royale. » L'exactitude de ce petit tahl^au est confirmée par Marat lui-même, qui écrit dans {Ami du peuple du 14 avril 1791 ; « Lorsqu'un concours uiniii de circonstances eut fait tomber les murs mal défenvliis do la Bastille, les Parisiens se présentèrent devant la Inrtoresse i la curiosité seule les y amena, u Néanmoins 'laiis los circonstances où elle se produisit, parmi les abus '1' VL-nus intolérables d'un régime en désorganisation. la \>v\>.c de la Bastille a eu, comme symbole, un légitime r- rriitissement dans l'àme populaire. Dans leur ardeur, les \aiiniueurs ne s'occuperont pas dos prisonniers qui pouvai.-iit se trouver dans la forteresse. Ou dut défoncer les |...rt.s des chambres où ils étaient enfermés. Ces pri- M'iHiioi-s étaient au nombre do sept : quatre faussaires, i*i> liado, La Roche, La Corrège et Pujade, de qui lo )>rnr.-s était instruit au Chàtolot; deux fous, Tavernicret <lo Wljyte (on sait que l'art do soigner les aliénés était -laiis 1 enfance sous l'ancien régime, et que l'on se contentait do los enfermer); enfin, un jeune gentilhomme, lo c-i!iite de Solages, qui avait commis des crimes monsirurtix et qui était eulcrmo sur uno pension que payait sa lahiillo. La garnison qui dcfcudit la BastiUo se composait uuirr les olficiers de la garnison, de 95 invalides et de .^n >-l.lats Musses. La liste que l'on drossa, dans la suite 'Il ^ \.ii[i.inriirs de la Bastille comprit 803 noms. II y eut i'anni ;, ^ a.Mogoants 98 morts et GO blessés. Do Launav ^-uv.iuour do la Bastille, et toute la garnison, à IVxccuI i "M ,iu lieutenant du roi Du Pugcl, furent massacrés par - -iiilc, ainsi que les invalides Forrand et Bécard
— BiBLiOGR. : Maurice Tournoux, Bibliographie de l'histoire de Parit pondant la Mvolution, t. I"; F. Bournon, Histoire de la Bastille; Georges Lecocq, la Prise de la Bastille et ses anniversaires (Paris, 1881) ; Gustave Bord, la Prise de la Bastille et les const^quences de cet événement dans les provinces (Paris, 1882) ; Victor Fournel, le» Hommes du 14 jutllet (Pans, 1890).
Bastille (mémoires sur l*), pamphlet, par Linguet.Ces Mémoires, publiés & Londres on 1783, écrits avec beaucoup de vivacité, mais aussi d'exagération, eurent un grand succès, succès qui s'est continué Jusqu'à nos jours. Le récit de Linguet comprend sa détention au château royal, depuis le 27 .septembre 1780 jusqu'au 19 mai 1782.
Bastille (archives de la). Une dos salles de la Bastille contenait toute l'histoire de la fortore.sse depuis l'année 1659, date où l'on avait commencé de former de précieux dépôts d'archives. On y avait réuni les documents concernant non seulement les prisonniers de la Bastille, mais toutes los personnes qui avaient été frappées d'une lettre de cachet dans le ressort de la généralité de Paris. Au dépôt avaient été attachés des archivistes qui le classèrent. Le 14 juillet, lo.s archives de la Bastille furent jetées dans les fossés. Beaucoup de papiers furent dérobes. Ils allèrent se dispersant par toute la France et par toute l'Europe ; mais la plus grande partie en fut heureusement sauvée, dirigée sur trois dépots différents, et, bientôt, réunie au dépôt de Saint-Louis-la-Culture. Le 11 novembre 1791, la Commune de Paris résolut de faire ranger les précieux documents dans la bibliothèque môme de la ville, qui occupait, à cette date, précisément le couvent de Raint-Louisla-Culture. Ameilhon, bibliothécaire de la ville de Paris, fut nommé, lo 28 avril 1798, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal. Un arrêté du 9 ventôse an VI (27 févr. 1798) attribua les papiers delà Bastille à la bibliothèque de l'Arsenal, où ils sont aujourd'hui conservés. Le classement a été rétabli, et le catalogue en a été publié par les soins du ministère de l'instruction publique. La plus importante des publications qui ait été faite d'après les chives de la Bastille est celle de Franeois Ravai; tinuco par son neveu, Louis Ravaiss'on- Mollien.
— BiBLioGK. : François Ravaisson et Louis Ravaisson-MoUien, Archives de la fl(Mrti/e(Paris,1866-1891);Fr. Funck-Brcntano. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal; Archives de la Bastille (Paris, 1892-1894).
BASTILLER (tinss, et II mil.) v. a. Munir d'une bastille : Ba.stiller j,»e ville. (Vx.) Bande bastiUée.
Bastille, ee part. pass. du v. Bastdler. Il Blas. Se dit du chef, de la baune, de la barre et do la fasce, quand ces pièces ont des créneaux à leur partie inférieure, c'est-à-dire du côté de la pointe de l'écu.
BASTILLEUR {bass. et /( mil.) n. m. Gouverneur ou geôlier d'une pri,sou d'Etat. (Peu usité.)
BASTILLON {bass, et II mil.) n. m. Petite bastille. Il Ancienne orthographe du mot bastion.
BASTILLONNER (bass, et II mil.) v. a. Munir de bastillons 1 Bastii.lonner un ouvrage.
BASTINE (bass — rad. bast.
bat) n. f. .Sorte de selle large et évasée, se rap- , prochant de la '>?<»>- , X e du bât. - ^^
B A ST t N G ,stin) n. m. Madrier plus épais qu'une planche et de la
BASTINGAGE (bass — de bastinguer] n. m. Garniture de caissons en bois ou en fer, de construction légère, placés au-dessus du plat-bord des navires de guerre ou autour des passerelles et destinés à recevoir les hamacs de l'équipage. Suivant leur poste, ils s'appellent ; bastingane de lavant, bastingage de l'arrière, de dunette, de faux'nont, du gaillard d avant, etc.
— Encycl. Les bastingages sont recouverts presque entièrement en tôle cintrée sur les bâtiments à bastingages en fer, et au moyen de toiles sur les autres. Ces toiles sont terminées par des têtières destinées à les renforcer, et elles portent deux sortes de hanets : les
hors servant à
amarrer los toiles quand on les ruu., . Le» ua^ungages servent aussi d'abri on temps de guerre, et ou compte beaucoup sur les hamacs quils renferment pour arrêter les balles ou les éclats d'obus. Los bâtiments do commerce n'ont pas de bastingages, 1 équipage dormant dans des couchettes ou ramassant ses hamacs dans les caissons du laux pont.
BASTINGUE (bass-tingh' — ita.1 bastinga) n. f. Mar. Toile matelassée qu'on tendait autrefois au-dessus du bastingaire pour abriter lo pont et le masquer à l'ennemi. Sur beaucoup do navires, on a employé longtemps les toiles de bastingages pour lo branle-bas do combat. Elles remplaçaient lesTjastingucs et se raidissaient, au moven de leurs hanets du bord intérieur, sur des filières placées à leur aplomb
— Art. milit. Sorte de rempart mobile, dont les troupes se couvraient au moyen âge.
BASTINGUER tbass-tin-ghé) v. a. Munir de bastineucs ou do hamaci qui en tiennent lieu : Bastinguer unefrégate.
BASTILLE — BASTOGiNE
Se bastinguer, v. pr. Faire un bastingage pour se mettre a couvert.
BASTION (bass — ital. bastione) n. m. Ouvrage à revêtement, disposé sur les angles saillants d'une place forliliée, et présentant deux faces et deux flancs, il Par anal. : Les bastions de la tyrannie.
— Encycl. Le battion peut être considéré comme le succédané des tours que, dans les anciennes fortiflcations, on élevait do distance en distance pour flanquer les parties rectilignes de muraille qui les séparaient, c'est-â-diro pour permettre de frapper, au moyen do projectiles lancés parallèlement à ces murailles, les assaillants arrivés trop près du pied de celles-ci pour que le? défenseurs placés au sommet pussent encore les atteindre directement. Ces tours, d'aoord demi-circulaires ou carrées, no répondaient qu'imparfaitement à leur destination, parce que leur partie antérieure elle-même n'était pas flanquée et présentait un secteur privé de feux. On y remédia en donnant à cette partie antérieure la forme d un angle saillant, d'où résulta le tracé pentagonal du bastion.
La transformation des tours en bastions ayant marché de pair avec les progrès de l'artillerie, oui conduisirent ù terrasser fortement les murailles, en même temps qu'à diminuer leur hauteur apparente en les couvrant par des contrescarpes et des glacis, la fortification battionnée prit un aspect très différent de celle qu'elle remplaçait. Elle fut d ailleurs perfectionnée par des ingénieurs tels que Pagan (1645), et surtout Vauban (1633-1707), qui lui donna ses formes d;éfinitives, dont ses successeurs, Carmontaingne, etc., no firent que perfectionner les détails.
Les bastions, devenus les parties essentielles de la fortification , prirent une extension considérable relativement à la courtine (aa) qui les séparait ; les flancs (ab, ab) reçurent une direction calculée non plus de manière
à flanquer cette courtine elle-même, mais bien les faces (bc. bc) du saillant (ce) des bastions voisins ou collatéraux.
Ces faces, généralement plus longues que les flancs, lurent armées des pièces les plus puissantes, leur objet étant de battre au loin la campagne et de lutter directement contre les batteries de siège.hes flancs, au contraire, reçurent des pièces do plus petit calibre, puisqu'elles n'avaient qu à battre les fossés et les abords des faces des bastions voisins.
A une certaine époque, on construisit des bastions dont les flancs étaient on retraite ou de forme concave et que protégeaient des orillons massifs de maçonnerie de forme arrondie, élevés à l'angle d'épaule (bb) formé par la face et le flanc du bastion. Mais ce dispositif, d'ailleurs très vulnérable de loin, fut bientôt abandonné, à cause de ses inconvénients.
On a fait aussi des bastions vides, dont le terre-plein suit le tracé des faces et des flancs, et des bastions pleins, où
- ,-.-, —.-alière. — B, plan ■
I. Crète; 2. Embrasure; 3. Banquette d'arlillerie; 4. Banquette
d'infantene ; 3. Boulevard ; 6. Escarpe ; 7. Cootrescarpe ; 8. Fossé ■