Chemin de ronde ; 10. Glacis
ce terre-plein s'étend jusqu'à la gorge (ae, ae), ce qui facilite l'établissement éventuel d'un retranchement intérieur. Enfin, dans son troisième système de fortification, Vauban introduisit des sortes détours basses en maçonnerie destinées au flanquement des fossés, et de forme pentagonale, qui reçurent le nom de bastiorinets, et dont on ren- . .Mitre encore des spécimens dans quelques places.
Bastion-DE-FRANCE, ancien établissement français i Alijcrie, situe près de La Calle, aujourd'hui abandonné. <'rii.,truit eu 1560 par la Compagnie française d'Afrique i our protéger ses pêcheries de corail, le fort du Bastion-
"France fut détruit à plusieurs reprises par les Algé- 1 "lis, puis relevé de ses ruines. Une ancienne compagnie
■ commerce a pris de cet endroit lo nom de Compagnie • ' BastioH-de-France. Le Bastion fut définitivement aban-
•nué en 1827; ses ruines subsistent à -Mers-el-Kerraz.
BASTIONNER (bass-ti-0-né) v. a. Munir de bastions •
Basiio.n.ner un fort.
BASTIR {bass — anc. orthogr. du mot bâtir) v. a. Former le feutrage d'un chapeau.
BASTISSAGE {bass — rad. baslir) a. m. Premier degré du feutrage des poils pour la fabrication des chapeaux.
BASTITE (bass — do Baste, a. de lieu) n. f. Miner. Variété lamellaire de serpentine. Syn.
de SCHILLERSPATH.
— Encycl. La bastite, dont le poids spécifique est égal à 2,9 et la dureté à 4, dérive, par hydratation, de l'enstatite ou protobastite, ou de la bronzite. Les auteurs qui font de la bastiie une espèce lui attribuent la formule U'Mg'Si'O'-l-Aq.
BASTNAÉSITE {bass — do Bastnaés, •^uèdc) 11. f. Fluocarbonate hydraté D'arftent'àla bas- ' '" " n, lanthane et didyme. tognedesable.
!! Bastog
BASTOGXE - BATAILLE
BASTOGNE, villo de Belgique (prov. .ie 1 cil -lieu lie larrondissenieiit du môme m ; Sur la Wiltz. afil. de la Suer. Tanneries, bas tricotés ; commerce de crains, bois et bétail. Jambons.
— Encyci.. Bastoqne. surnommée Pnris-eti-Arcknnes, est le Balsonacum do la carte doPeutinger: Childebert, roi d'Ausirasio, v tint ses assises on 585. Combat entre Charles-Martel et Buldéric, comte de Loz, en "03.
BASTONITE {hass — rad. Bastoqne, n. de lieu) n. f. Variété de mica brun vcrdâtre, fusible, à a-xes optiques, Arm nue do I.apparcut place dans le genre „„„ ,„„i~i„„pi
biotiie. On la trouvé aux environs de Bastogno (Belgique).
BASTONNADE{6ass-(o-narf— rad.iaston.pourfciSioiOn.f- VoléeTc^oSbâton -.Donner, recevoir «"^ .«^f^^^f J=^
-Particufièrem. Châtiment consistant en des coups de bâton : Condamner à la bastonnade. Il Dans les bagnes Châtiment qui consistait à appliquer, sur les rems du cou nable des coups d'une corde goudronnée. '^ -1 Enctcl Dr. pén. La peine du bâton, ou bastonnade a été usitée' chez fes peuple anciens Elle «au empb,yée chez les Egyptiens, et, à Rome, la loi des Douze labiés ;!;: ssaitdlYa bastonnade. e<1^51it d'injures p^ esclaves romains étaient sou\cntIlagciies.ijr^"> les Hébreux, les Chinois ont constamment fP^;*^ "]^ peine. Dans rancienne France, les verges et le loue ont eié
dIus usités que la bastonnade. Sous Louis X\ 1, Saint-Oermain ministre de la guerre, avait ordonnéde frapper a coups SI phit de sabre les soldats indisciplinés. La Ijastonnade a éfé ensuite usitée dans les bagnes, et. dans les tenips mo. dernes, ou la retrouve employée en Angleterre et en Russie.
BASTOSE {liass — de l'allem. bast, écorce, liber) n. f. Nom donné à la cellulose du jute.
BASTRINGUE (bass-tringlC ) n. m. Pop. Bal de guinguette ou de cabaret : BASTHiNGDESSi^ués iJres des barrières.
— Argot. Dans les bagnes. Etui dans lequel les lorçait mettent toutes sortes d'iustrumen's : scies, l'nies. eir.
— Chjm. Appareil dans lequel on prépare le sulfate de soude. , . , , „ . ,
— Jeu. Sorte de billard anglais, avec lequel on u emploie qu'une bille pour abattre les quilles.
Techn. Outil à forer de petits trous. IlSprte d'établi dont se servent les tonneliers pour ajuster les fonds des tonneaux. Bastrint —
BASTUDE [bass) n. f. Filet formant nappe simple, employé sur les étangs salés des cotes de la Méditerranée. Il On dit aussi n.iTTDDE.
BaSTULES ou BaSTETANS, ou BaSTITANS. Antiii. Peuplade d'Espagne, sur le détroit de Gibraltar, avec les villes phéniciennes de Carteia, où fut fondée la première colonie latine hors de l'Italie, et Calpa, forteresse sur le rocher de Gibraltar. — Un Bastcle (ou Baste-
TAN, ou BaSTITAN).
BAS-VENTRE (iit) n. m. Partie inférieure du ventre, depuis le nombril : Douleur dans le basventre. 11 PI. Des bas-ventres.
BAS-VOLER (6(i) n. m. Vol peu élevé de certains oiseaux comme les perdrix, les cailles : Oiseaux de bas-voler.
BAT {baf) a. m. Au jeu du cricket. Sorte do raquette avec manche, qui sert à recevoir la balle.
BAT (6a/') n. m. En T. de pôch.. Le bat d'un poisson est sa longueur mesurée depuis la queue p^j ,-|p jusqu'au bout du museau. cricket.
BÂT {bà — anc. franc, bast, bas lat. ba.^ium, même sens ; même radie, que le gr. bastazein, porter un '--•—■■»- - Selle grossière de forme et de travail, q"'n"
fardeau) n t,. — .. ..- -
ne met guère que sur les bétes de charge Etre blessé par le BÂT. Il Selle employée pour transporter à dos de mulet le maicriel do
•n BAT.
tille
tagne, ou encore les cacolets pour blessés du train dos équipages, etc.
(On distingue, suivant leur destin
de Taiiimal. Une croupière et un /essier s opposent à es que le fût glisse en avant ; un poUrail 1 empêche de reculer vers la croupe. Des crochets, arrans et bâclions, complètent le bât. - bans la vie ancienne, à la guerre comme en voyage, on se servait beaucoup de bétes de somme, chevaux de bât ou sommiers, qui portaient tout le matériel de cuisine, de campement, etc. Les bâts pouvaient servir de selle pour un valet ou une servante, et représentaient en même temps de véritables cantines, avec récipients de cuisine, sacoches, boites, bouteilles et has- (luos. Ces bâts, ainsi aménagés, étaient nommes . bats de vaisselle » ; ils furent d'un usage courant aux XV et
Mulet chargé ilu l>Jit,
non, ïeshkls de pifice, d'affût, de caisses Il Cheval de bàl, Cheval fort, mais peu fin, et propre â porter les fardeaux, et, par compar.. Personne sur qui Ion se décharge de ce qu'il y a de plus pénible.
— Fig. Porter le bât. Etre dans la servitude, être soumis à des exigences pénibles, il Porter son bât, Avoir sa part de peines, de fatigues.
— Loc. prov. Savoir, sentir oit blesse le bât. Connaître les inconvénients de la situation, les causes secrètes lie la souffrance, du chagrin, ii Ilembaurrc cuinnu le bât d un mulet. Excessive' mont vêtu et boutonné, nfjui ne i bât. Dieu lui do selle. Les person nés trop diflicil et qui no se tentent pas d qu'elles ont posent à avoir ,.,
— Zool. Syn. d clitei.i.k.
— Encycl sellerie, on nomme 6(ine harnais d'une bête de somme. Le bât se compose de diverses parties et accessoires, dont l'ensemble constitue l'appareil. En premier lieu vient le fût ou arçon, qu'une sangle de cuir assujettit sur le dos
Bât(x
clés.
BATA n. m. Nom vulgaire du bananier.
BatAAN, prov. de l'ile Luçon (Philippines [Océanie espagnole]); 50.000 hab. env. Ch.-I. Orani. Cette province estTussi appelée La Rinconada, « parce qu elle occupe le rincon, le recoin entre la baie de Manille et la mer libre ». (Rousselet.)
BatabanO, ville et port des Antilles espagnoles (Cuba); 8.000 bab. C'est une sorte d'annexé du havre de La Havane.
BAT-à-BOURRE (de battre, et bourre) n. m. Instrument avec leimel les bourreliers battent la bourre, pour la diviser et la rendre légère. 11 PI. Des bat-à-bocrre.
Batac ou Batag, bourg de l'Océanie espagnole (Philippines [ile Luçon]): 16.840 hab.
Batacchi (Domenico), conteur italien, né à Livourne en 1749, mort en 1802. Son œuvre principale est un recueil de contes en vers ; Raccolta di Novell^.
L'auteur, dans les dédicaces à des personnages imaginaires qui précèdent chaque nouvelle, prend tantôt le Som de Pebe Atanasio de Verrochio, gardien du couvent des Pères mineurs de l'Observance, à *", tantôt celui de Père Agapito da Ficheto. Batacchi est, en outre, 1 auteur de la Bete di 'Vulcano, poème héroï-comique (n9'!), et du Zibaldone, poème burlesque en douze chants (1798). Il se montre un conteur jovial, plein do naturel et d'esprit, mais fort licencieux.
BATACLAN (onomatopée qui peint le bruit des objets qu'on déplace pour déménager) li. m. Mot populaire dont on se sert pour exprimer un attirail considérable dont on veut se dispenser d'énumérer les objets : On voit des pleutres entasser des millions, ai'oir des calèches, des femmes en falbalas, des cochers à perruque et tout le bataclan. Ba-TA-CLAN, café-concert de Paris. V. café-concert. BATADOIR n. m. Banc ou baquet de lavandière qui sert à la\er le liiiL'c dans une eau courante. Il Banc sur lequel on lave les tloires (v. ce mot) dans une papeterie.
BATADOUR (rad. battre) n. m. Jeux. Au reverlier, Dames qui, s'ajoutant à des dames déjà accouplées sur une flèche, peuvent battre celles de l'adversaire, sans qu on soit obligé de se découvrir soi-même.
BATAIL (tày' — du bas lat. batallum, battant) n. m. Battant d'une cloche. (N'est plus employé qu'en blason, pour désigner un battant d'un émail diliérent de celui de la clocEe.)
BATAILLARD {Inll [Il mil.]), ARDE adj. Se dit de celui, do celle qui balaïUe : .'ioldats vaillants et bataillaeds.
BataillaRD (Paul-Théodore), littérateur français, lie à Paris en 1816, mort en 1894. Il devint archiviste de la faculté de médecine de Paris, et prit un rang distingué parmi les érudits qui ont étudié la question des migrations Cl des mœurs des Bohémiens. En outre de nombreux écrits sur les Bohémiens et les Tsiganes, il a donné comme ouvrages : l'Œuvre philosophique et sociale de M. Edgar Quinet (1846); les Anciens Métallurges en Grèce (1880).
BATAILLE {talV [Il mil.] — rad. battre) n. f. Combat livré entre deux armées : Gagner, perdre une bataille.
— Par anal. Combat quelconque, ou même Discussion animée, querelle : Bataille de gamins, d'ivrognes.
— Autref., Ligne, rang de troupes : Villehardouin désir/ne, sous le nom de • première », de « deuxième • bataille, 'une première, une deuxième ligne. (Bardin.) n Corps de troupes qu'on appelait aussi Gendarmerie : La bataille de France était la plus estimée.
— Fig. Difficultés à vaincre, combats à livrer : La bataille de la vie.
— Plan de bataille. Ensemble des dispositions stratégiques prises par un général en chef pour livrer avec succès une bataille. Il Par ext., Combinaisons adoptées pour faire réussir une entreprise quelconque.
— Front de bataille. Développement de la partie de l'armée qui fait face à l'ennemi, n Ordre de bataille, ou simplement Bataille, Disposition donnée aux troupes sur le terrain, en vue d'une bataille prochaine : Soldats rangés en ORDRE DE BATAILLE. Armée en bataille.
— En bataille, Signif. au prop. En ordre déployé, et non point en colonne ou par flanc, n Fig., En présence, dans la discussion : PliLS on met en bataille de raisons pour et de raisons contre, moins le jugement est sain. (Balz.) Il Pop., En parlant d'un chapeau à cornes : Mettre son chapeau en bataille. Mettre les deux cornes parallèlement à la ligne des yeux.
— Corps de bataille. Partie principale d'une armée disposée en ordre de bataille ; centre, par opposition aux ailes.
Il Sergent ou Maréchal de bataille, Olticier autrefois chargé de ranger les troupes en bataille.
— Champ de bataille. Terrain sur lequel deux armées se livrent un combat ; Parcourir le champ de bataille.
Il Fig. ^i( xvlll' siècle, les affaires font silence, pour laisser libre le champ de bataille aux idées. (Chateaubr.) n Au pr. et au fig. : Etre ma'ilre du champ de bataille. Avoir le dessus, par la retraite de son adversaire. Il Abandonner le CHAMP DE BATAILLE. Se retirer de la lutte, de la discussion.
— Cheval de bataille. Cheval qu'on monte les jours de i oinbat : C'est à l'église de Saint-Martin que Clovis donna ■\n,i cuEVAL DE BATAILLE. (Chapus.) Il Fig. Sujet favori; ;irgument qu'on répète sans cesse ; Chaque parti a son
tm-.VAL DE BATAILLE.
— Ilalaille rangée. Combat où les armées ennemies se font face et sont rangées en lignes, par opposition à un combat de tirailleurs, où les combattants sont éparpillés.
— Féod. Bataille royale. Bataille â laquelle le roi prenait part. Il Loi de bataille, Loi sur le duel judiciaire.
— Bataille jurée. On appelait ainsi l'une des phases de la procédure du duel judiciaire. Les parties ayant été
mises en présence, elles affirmaient l'une et l'autre leurs dires par serment sur l'Evangile, puis prêtaient un second serment, celui de n'user d'aucun sortilège; après avmr fait crier trois bans, le seigneur ordonnait le combat. 11 y avait alors bataille jurée.
— Jeu. Le jeu de la bataille se joue à deux, avec un jeu de trente-deux ou de cinquante-deux cartes. L'un di'j 'joueurs distribue les cartes une â une, jusqu'à la dernière. "Chacun ramasse son paquet, sans le déranger ni le regarder. Le second joueur tire alors la carte de dessus et la retourne sur la table. L'autre en fait autant, et celui donl la carte est la plus forte fait une levée, ramasse les deux cartes et les met sous son paquet, puis il continue comme au début. Si les joueurs retournent deux cartes do la même valeur, quelle que soit la couleur, il y a bataille . Ils laissent les cartes et en tirent chacun une seconde ; celui dont la nouvelle carte est la plus forte prend le toiii La partie se termine lorsque l'un des joueurs a pris touies les cartes de l'autre. L'as est la plus forte carte ; puis lo roi, la dame, etc. C'est le jeu de cartes le plus facile.
- Mar. Bataille navale, Combat de deux escadres 'iU de deux flottes : Bataille d'Aboukir, de Trafalgar. w ].•■-, luttes de navires isolés ou l'attaque d'un port, d'une pass,-. défendus par des batteries, s'appellent « combat » : Comha i de la Surveillante et du Québec, il Ligne de bataille, Ordichoisi par les escadres pour attaquer l'ennemi ou recevoir son choc.
Autrefois , la ligne de bataille était la ligne de file tribord ou bâbord. On dit maintenant formation d e combat pour les manœuvres tactiques de la bataille navale, ii Pousser une vergue en bataille.
Manœuvre qui consiste à disposer soit la vergue de
Vergue en bataille ; V. vergue de misaine; B, beaupré; C, caliornes; A, apparaux de ma-
ser soit la vergue ue misaine, soit un fort espar, dans plan longitudinal au-dessus du beaupré, pour démâter ce mât sans se servir d'une machine à mater. C'est ainsi que les galères plaçaient leurs antennes au moment du combat.
— Métall. Maçonnerie en forme de parapet couronnant le gueulard dans' un haut fourneau.
— Mus. Composition musicale dans laquelle on se pro-pose de rendre le choc des armées et les divers bruits qui accompagnent une action générale.
— Peint. Représentation d'une bataille on d un combat : Les batailles de Jules Bomain, de Van der Meulen, d'Horace Vernet. Les batailles d'Alexandre, par Lebrun, sont considérées comme de véritables chefs-d'œuvre.
— Encycl. Le mot bataille fut employé à l'origine pour désigner un corps de troupes. Au moyen âge on donnait le nom de bataille aux difi'érentes portions d une armée disposée pour combattre. Et ce mot, pris dans ce sens, avait pour diminutif celui de bataillon, qui a fini par la remplacer. , .,,
Aujourd'hui, l'on n'entend plus par ■ bataille » quun enqagement entre deux armées, deux escadres, deux flottes ou deux forces militaires assez considérables pour que le résultat puisse en être considéré comme décisif. L engagement de moindre importance reçoit le nom de combat.
Les batailles peuvent être livrées dans des conditions bien diverses, suivant qu'on les offre, qu'on les accepte oïl qu'on les subit, c'est-à-dire suivant qu on attaque ou qu on est attaqué. D'où les batailles offensives et défensives. ^
C'est par l'étude de la stratégie et de la tactique qu on peut apprendre â livrer et â conduire les batailles conformément aux principes de la guerre. Et c'est à une connaissance approfondie de ces sciences que les plus grands capitaines sont redevables, pour une grande part, de leurs
'^"pourtant, on doit dire que Vart de gagner les batailles ne s'enseigne pas. V. stratégie, tactique. — Syn. Bataille, action, combat. V. action. Bataille d'Hermaun (la), par Klopstock (1769). Un des trois poèmes dramatiques consacres par 1 auteur do la Messiade à la gloire d'Arminius ; les deux autres sont : Hermann et les princes (1784) et la Mort d'Bermann (1787). Klopstock leur a donné le nom de bardits, voulant indiquer par cette dénomination qu'il a cherché à y reproduire la manière des anciens bardes. Dans le premier, il peint la défaite de Varus dans la forêt de Teutobourg ; dans le deuxième, il célèbre l'assaut que les Germains donnèrent au camp des Romains commandés par Caecina ; dans le troisième, enfin, il chante la mort d'Hermaun, assassiné par les princes de la Germanie jaloux de son pouvoir et de sa gloire. Ces trois compositions, écrites en prose poétique entremêlée de chants lyriques, ont une réeUe grandeur. .. ,
Le même sujet, qui est en Allemagne un sujet national, a été traité sous le même titre. Bataille d'Bermann. par Henri de Kleist, qui en a fait un grand drame héroïque, et surtout patriotique, destiné â soulever l'Allemagne contre Napoléon (1808) ; puis par Grabbe, dont le drame (1829) est animé également d'un grand souffle.
Bataille d'Hastings, poème lyrique anglais en deux chants, par Chatterton (1758). Ce poème, que Chatterton publia sous le pseudonyme de moine RoWLEY, est écrit en anglais du XV siècle, et témoigne d'une érudition prodigieuse chez un poète de seize ans, qui devait joindre â dos lectures françaises une profonde connaissance des traditions saxonnes.
Certains morceaux, le début entre autres, rappellent l'énergie des anciens bardes bretons. Une traduction française en a paru en 1840 ; mais c'est surtout Alfred de Vigny qui a fait connaître Chatterton et son poème.
Bataille de Dorking (la), bataille imaginaire qui aurait été livrée sous les murs de Londres, en 1871, et par laquelle un humoriste, le général Chesney, a essaye de préciser le danger que fait courir à l'Angleterre 1 unihca-
tion de l'Allomagne. (Profitant de co que dos révoltes locales ou coloniaios paralysent lo.s iorcos militaires do la ^rando-Brota{jno, rAUomagno s'annoxo la Flollande ot le Dauomark. \j Angioterro rallie une partie do ses vaisseaux, espars sur toutes les mors du globe, lève dos recrues, augmente sos milices ; mais sa tlotto, amoindrie, est détruite par des torpilleurs, et Tarmùo, bien iulurioure à l'armée allemande, battue à. Dorkiiig. Londres tombe au pouvoir du vainqueur, qui exige une rançon énorme.) Cotte fantaisie eut un succès prodigieux.
Bataille de dames ou loi Duel en Amour, comédie en trois actes, en prose, do Scribo ot Legouvé. (Théâtre do la République, 17 mars I8r.l.) La sténo so passe sous la Restauration. Deux jeunes femmes, l'une do vingt ans, l'autre de trente, veulent sauver un officier compromis dans une conspiration. Leur rivalité entre elles et leurs combinaisons contre le préfet Montrichard, qui cherche activement l'officier et arrête à sa place un autre amoureux, forment la trame de cette comédie, dans les complications de laquelle Scribe a mis toute sou habileté seénique, et Legouvé beaucoup de son esprit.
Bataille (i.a), journal quotidien qui parut à Paris, sous la direction do Lissagaray, de mai 1882 à février 1886, puis reparut, après une interruption, jusqu'au 23 avril ISOU, et fusionna alors avec la Marseillaise. Cet organe révolutionnaire so distingua des feuilles du mémo genre par le ton, relativement courtois, de ses polémiques, et par la largo part qu'il rit à la critique littéraire.
Batailles (peintres et scuplteors de). Dans l'antiquité, la bataille est surtout un sujet de bas-relief. En Egypte et en Assyrie, les lois de la perspective, mal connues, donnent des plans étages et des scènes confuses. En Grèce, au contraire, tout se borne à un défilé de groupes. Ce sont, le plus souvent, des combats corps à corps ; parfois, des scènes bien réglées, logées dans un fronton. La violence de l'action augmente à mesure qu'on avance dans la période hellénique. Les sujets sont généralement empruntés aux légendes locales et à la mythologie. Les types de cet art sont au Parthcnon, à Egine, à Phigaiie, à Olympie, à Pergame.
Une belle mosaïque du musée de Naples {Bataille d'Arbelles) montre peut-être la copie d'une œuvre de la grande peinture grecque, remarquable par la science seénique. Les sculptures de la colonne Trajane et des arcs de triom-
fhe élevés sous l'empire accusent une dégénérescence de art sculptural, et la confusion de la peinture avec la sculpture. Mais tout y est exact et documentaire.
Le moyen âge a vu surtout dans la bataille une suite de duels simultanés. Ce n'est pas l'ensemble que peignent les miniaturistes; c'est l'épisode, qu'ils savent d'ailleurs rendre attachant (YMortus deliciarutn ; les manuscrits do Joinville et de Froissart).
La première Renaissance célèbre plutôt la paix que la guerre. Au xvi* siècle seulement, à la faveur des chevauchées recommençantes, les batailles sont traitées dans de grandes scènes décoratives, où l'on cherche les etfets Héroïques et dramatiques, avec une intention symbolique évidente. Telles sont, au Vatican, la Bataille d'Ostie (Rapliat-l.i et la Victoire de Constantin sur Alaœence (Raphaël et Jules Romain). Cette gravité un peu froide n'est pas imitée par les Vénitiens, hardis coloristes, d'une verve chaude et pittoresque (Tintoret, Bataille de Lèpantc . Prise de Lara; Véronèse, Prise de Smyrne; Palma le Vieux, François Bassan). — Encore engagés dans les procédés de la gravure ou de la miniature, les maîtres allemands commencent à peindre les batailles. Leur point de départ est marqué par la Bataille d'Arbelles, dAUdorfer (Munich), représentée avec les piques et les costumes de l'époque de Maximilien I". Albert Durer, dans ses dessins, allait élargir cette manière petite et sèche. — Les Flamands furent médiocrement guerriers en peinture jusqu'au XVII* siècle, avec Rubens. Mais des morceaux tels que son Combat des Amazones sont des débauches de couleur et de chair en mouvement, plutôt que de vraies batailles. A cette peinture toute poétique s'oppose la Reddition de Bréda, de Velasquez, qui représente le style historique.
A partir du xvii" siècle, la bataille est un " genre o qui a ses lois, et que chaque nation traite à sa guise (Bamboche, Tempesta, Salvator Rosa, Wouwermann, Van de Veldei.
En France, les artistes représentent beaucoup do batailles dès le xvri* siècle (parce que les premiers Bourbons sont très belliq^ueux et très glorieux), d'abord par la gravure, sous Henri IV et Louis XIII (Callot), puis par la peinture et dans des cadres de plus en plus vastes, depuis les tableauj:-plans du château de Richelieu {musée de Versailles), jusqu'aux vastes décorations de Van der Meulen et do Lebrun. Le caractère de cette peinture est à la fois statistique, officiel et allégorique. Le genre de
BATAILLÉE