BEAUHARNAIS — BEAUMARCHAIS
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lont il avait épousai la :i rotto parenté d'ôtro II. .-illi(^s, ot consacra < s onfants.
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ftllo, Ann^Iio-Augusta.'ii i -:
traité avec égards i';ii !■ lo resto do sa vio à l'ihi
— Bini.iodR. : Du Cas ,. , prince Kiuji'ne.
BeAUHARNAIS (Joséphino Tasciikr dic L, vicoinicsso HK). V. Joséphlnk.
BeaUMARNAIS (Eug;énie-IIortenso de). V. IIortknrk.
Beauharnois, comté du Dominion cann.dion {prov. do Qiu'Ikmj; uj.Goo hab. Ch.-l. lieauharnois.
BEAUHARNOISIE il. f. Bût. Syn. do tovomitiî.
Beaujean (Kmilo-Ambroise-Amédco), proiossour ot lexicograplio l"raiH;ais, né à Saint-Fargeau (Yonne) on 1821, mort à Paris on 1888. Elévo do ililcolo normalo, il professa on provinco, puis à. Paris (1846), aux lycées Saint -Louis ot Louis-ie-Grand, et devint inspecteur d'Acadéiiiio on 1870. Ai>r^s avoir collaboré, do 18G3àl872, au Dicfionnnirr dr- la UuKjiir française àQ Littré, il publiaun AbnUjé (lo (Ot oii\ ra;:o (1X7 1); un Petit Dictionnaire universel{l»lG): ot un Su jtid'-mnit d'histoire et de géographie {\9>19,).
BeaujEU Uiellojocus), ch.-I. do cant. du dép. du Rhône, arrond. ot à 20 kilom. do Villofrancho, dans l'étroite vallée do l'Ardiùre, affl. do la Saône, au pied des monts du Beaujolais; 3.387 hab. {Beaujolais, aises.) Ch. de f. P.-L.-M. Vins estimés du Beaujolais. Gisements de plomb et de cuivre argentifère, etc. Papeteries, tanneries, tonnelleries, minoteries, scieries mécaniques, blé, cuirs, fourrages, bétail, porcs, moutons. Ruines du château. Eglise Saint-Nicolas (xii* siècle). Maisons des xv° et xvi" siècles. — Le cant. a 18 comm. ot 19.014 hab.
— Histoire. La ville doit son origine au château fort qui fut la résidence des sires de Beaujou.Il existait lors de la
Sremière com^uète do la Bourgogne par les Francs. Pierre 0 Bourbon, sire de Beaujeu, épousa Anne de France, fille de Louis XI, et, en 1483, Anne devint régente de France. Elle visita souvent le château dont elle portait lo nom, l'enrichit d'appartements et de jardins. Déclaré propriété nationale lors de la Révolution, le château fut acheté par un spéculateur qui le fit démo-
I lir pour oi\ vendre les matériaux.
I Beaujeu (maison dk). La petite ville do Beaujeu a donné son nom au 5efi»yo/ais. Le premier seigneur connu de la maison de Beaujeu est Bêraijd ou BÉRARD I•^ qui vivait au milieu du
i X' siècle. De la branche principale
! se détachèrent plusieurs branches cadettes qui formèrent les maisons des
} soigneurs de Perreux et de Semur, des seigneurs do Joux, de Montco-
i quier et d"Asnois, et des seigneurs de Montpensîer.
I Beaujeu (Anne de Fran-ce, duchesse de Bourbon, dame de). V. Anne.
Beaujolais {Belîojocensis pagu ; France, ^compris autrefois dans la province du Lyonnais,
ancien pays de
et dont Beaujeu et Villofrancho étaient les villes principales: il forme aujourd'hui l'arrond. de Villofrancho (Rhône), et une petite portion de l'arrond. de Roanne (Loire).
- ^^s/oîVé?. Sous les G-aulois, le Beaujolais faisait partie du pays des Ségusiens; sous les empereurs romams, il appartenait on partie à la cité de Lyon, et en partie à celle de Mâcon. Enlevé aux Romains par les Bourguignons, et à ceux-ci par los Francs, il passa des Mérovingiens aux descendants i\o Charlemagne, puis fut incorporé par Boson dans Jo roijauDie t/e Provence. Après la mort de Boson, lo Beaujolais revint aux rois de France, et fut donné en dût â Mathilde, sœur du roi Lothaire, lorsqu'elle épousa Conrad, roi de Bourgogne. En 12G5, il passa en mariage à Renaud, comte du Forez, tige de la seconde maison ; I puis, en 1400, à la maison de Bourbon, dont un des des- I cendants, Piorro II, sire de Beaujeu, épousa Anne, fille I de Louis XI. Cnn!isr|ué en 1523 sur lo connétable de i Bourbon, le Boaujulais fut donné à Louise de Savoie, puis I réuni à la couronne par François I" en 1541 ; il fut rendu, en 1560, à Louis de Bourbon, duc do Montpensier, et passa par mariage à Gaston d'Orléans, dont la fille. Mademoiselle, le légua à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, La baronnie de Beaujeu fut érigée en comté sous Louis XIV, en faveur do la maison d'Orléans. Le dernier qui ait porté lo titre de -i comte do Beaujolais » est le troisième frC-ro du roi Louis-Philippe.
Beaujolais {vin dn). V. Maçonnais (vin du). Beaujolais (maison de). V. Beaujeu {rnaison de). Beaujolais (Louis-Charles d'Orléans, comte de), lo plus j ouno des fils de Philippe-Eûralité, né à Paris en 1779, mort en 1808. Arrêté en 1793, il fut incarcéré à Marseille avec son frère, le duc de Montpensier, jusqu'en 1796, dato où on leur permit de partir pour l'Amérique. Il séjourna en Angleterre, puis alla mourir de la poitrine â Malte.
Beaujolais (théXtre des). C'est pour l'amusement du plus jeune do ses fils, le comte do Beaujolais, que le duc do'Chartres fit construire ce théâtre (auj. théâtre du Palais-Iiogal) par l'architecte Louis. Il fut inauguré le 23 octobre 1783. Les marionnettes y furent bientôt remplacées par des comédiens enfants, qui gesticulaient sur scène, tandis que d'autres artistes, placés dans les coulisses et hors de la vue du public, parlaient et chantaient pour eux. En 1790, la comédienne Montausier trouva moyen d'expulser los Beaujolais et de s'emuarer de leur salle. Ceux-ci allèrent mourir do hmguour au boulevard Saint-Martin.
Beaujon (Nicolas), financier français, né à Bordeaux on 1708, mort en 1786. Son père, riche commerçant, lui fit obtenir la recette générale de Bordeaux. Ses hardies spéculations sur les grains, pour no pas dire ses accaparements, excitèrent l'indignation des habitants, et l'obligèrent à se réfugier à Paris. Là, il entreprit de vastes opérations financières nui décuplèrent rapidement sa fortune déjà colossale, et lui valurent Ihonnour d'être banquier de la cour. H devint ensuite conseiller d'Etat, receveur général des finances de la généralité do Rouen, et
trésorier de l'ordre do Saint-Louis. N'ayant pas d'enfants, Beaujon, dans ses dernières années du moins, sut faire un noble usago de ses millions. En 1784, il fit construire â ses frais, à Paris, dans lo faubourg du Roule, un hospice pour vingt-quatre ieunes orphelins do la paroisse (v.ci-aprôs), ot il on as.sura l'oxistonco par lo don do diverses rentes. Il légua on outre plus do trois millions â diverses institutions do bienfaisance. II est inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, qu'il avait fait élever à cet otTol près do l'hospice.
Beaujon (iiôpiTAi.J. C'est la Convention qui, en 1795, transforma en hôpital l'hospice fondé parle célèbre banquier bordelais. (V. Beaujon.) Los orphelins qui l'occupaient furent rendus à leur famille avec une indemnité de quatre cents livres chacun. Desservi d'abord par dos infirmières laïques, puis, à partir do 1813, par dos religieuses, l'hôpital Beaujon a été laïcisé en 1887. Les bâtiments primitifs ont été considérablement agrandis. Ils sont situés rue du Faubourg-Saint-IIonoré (Paris).
BeAUJOUR (Louis-Augusto-Félix, baron de), diplomate français, né on Provence on i7C5,morten 1836. Il fut successivement général en Grèce ot on Suède, membre du tribunat, commissaire dos relations commerciales aux Etats-Unis (1804), consul général à Smyrne (1816J, député do Marseille en 1831, enfin pair do Franco on 1835. Nous citerons, parmi ses ouvrages : 7'ableau du commerce de la Grèce (1800); Aperçu des Etats-Unis (1814); Théorie des ooMueîTîemenfs (1823); Tableau des révolutions de la France (1825); le Traité de Lunéville et le Traité d'Amiens (1801).
BeauLAG (Guillaume), jurisconsulte français, né dans le Languedoc en 1745, mort en 1804. 11 a publié un liépertoiredes lois et des arrêts du gouvcrnemerit de i789 à l'an XI (1803), par ordre alphat-é tique, chronologique, et par closseynent de »m/jVres (Paris, an XI).
HEAU-LIEU n. m. Manèg. Syn. de porter-beau.
Beaulieu, ville d'Angleterre (Hampshire), sur l'Exe ; 1.500 hab. Ruines d'une ancienne abbaye de cisterciens, fondée par Jean sans Terre.
Beaulieu, comm. de la Haute-Loire, arrond. et à 10 kilom. du Puy, sur le ruisseau de Beaulieu, affluent de la Loire; 1.516 hab. Sources thermales.
Beaulieu, comm. de Maine-et-Loire, arr. et à 23 kilom. d'Angers; l.oos hab. Marbre. Vins blancs; fours à chaux.
Beaulieu ou BeaULIEU-LÈS-LOCHES, comm. d'Indre-et-Loire, arrond. et à 2 kilom. de Loches, sur l'Indre; l.G-iO hab. Restes d'une église fondée par Foulques Nerra, comte d'Anjou, et d'une maison de plaisance souvent habitée par Agnès Sorel. — La paix de Beaulieu, dite encore paix de Monsieur, d'après le litre désormais officiel de son médiateur, le duc d'Alençon, frère de Henri III, fut signée en mai 1576 entre les protestants et les catholiques après le combat de Dormans. Elle était tout au profit des premiers, qui obtenaient partout, sauf à Paris, le libre exercice du culte, la réhabilitation de Coligny et des victimes do la Saint-Barthélémy, etc., et elle fut une des causes qui amenèrent, par réaction, la formation de la Ligue.
Beaulieu, village du Calvados, écart do la comm. et â 2 kilom. do Caen ; 2.500 hab. Prison centrale; ruines de l'antique abbaye d'Ardaine.
Beaulieu, comm. du Loiret, arr. et à 22 kilom. de Gien, près du canal latéral à la Loire, au milieu d'un vignoble assez estimé; 2.618 hab.
Beaulieu ou Beaulieu-sur-dordogne, ch.-i. de
cant. de laCorrèze, arrond. et à 29 kilom. de Brive,surla Dordogne; 2.236 hab. Ce bourg doit son origine à un monastère que fonda Raoul de Bourgogne, près de l'endroit où il avait battu les Normands. L'église de ce monastère est un des plus curieux édifices du centre de la Franco. Patrie du général Marbot.— Le cant. a 13 comm. et 9.489 h.
Beaulieu (Jean du VERNET,ditle Camusde), favori de Cliarles VII, né en Auvergne, assassiné près du château de Poitiers, sur les rives du Clain, en 1427. On dit par erreur qu'il succéda à Pierre de Giac premier chambellan du roi ; le successeur de ce dernier fut Louis de Chalençon. Mais Beaulieu succéda à de Giac dans la faveur du roi, dont il abusa ; il fut assassiné à l'instigation du connétable de Richement. Beaulieu figure comme signataire de plusieurs ordonnances, sous le nom de seigneur de Beaumont.
Beaulieu (Augustin), navigateur français, né à Rouen en 15^:9, mort à Toulon en 1637. A l'âge de vingt-trois ans. il prit part à l'expédition de Briqueville, sur les côtes d'Afrique ; nuis, en 1616, entra au service de la Compagnie des Indes. La relation de ses voyages dans cette contrée a été imprimée après sa mort (1664), dans la Collection de Voyages do Thévenot. Beaulieu participa ensuite au siège de La Rochelle et à la prise dos îles Sainte-Marguerite.
Beaulieu (Sébastien Pontault, chevalier de), ingénieur et maréchal de camp des armées de France, mort ou 1674. Il commença sa carrière au siège de La Rochelle, et se distingua, dans la suite, aux sièges de Privas, Pignerol, Hesdin, Arras. Ce fut un homme de rare valeur. 11 entreprit un ouvrage colossal, avec cartes et plans, de toutes les guerres et de tous les sièges de Louis XIV.
Beaulieu (Jean-Pierre, baron de), général autrichien^ né en 1725 à Lathuy (Brabant), mort en 1820. Il prit part à la guerre de Sept ans. Bon stratéçiste, il réussit à battre, près de Valenciennes, les Français commandés par Biron (1792), et gagna sur Jourdan la bataille d'Arlon en 1794. Mais, appelé en 1796 au commandement en chef de l'armée autrichienne d'Italie, Beaulieu fut, à son tour, complètement défait et rejeté dans le Tyrol par Bonaparte.
Beaulieu (Blanche de), jeune Vendéenne aimée de Marceau. Après l'avoir arrachée à ses soldats furieux, Marceau la prit sous sa protection, la fit cacher dans une famille dont il était sûr, malgré la loi punissant de mort tout républicain qui épargnerait un rebelle. Dénoncé pour ce fait, mais bien défendu par le représentant Bourbotte, il ne fut pas inquiété. Quant à Blanche de Beaulieu, sa retraite ayant été découverte, elle fut condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécutée malgré tous les efforts de son glorieux ami.
Beaulieu (Marie-Désiré Martin, dit), musicien français, né à Paris en 1791, mort en 1863. Elève de Rodolphe Kreutzer pour le violon, de Méhul pour la composition, il obtint à rinstitut le grand prix de Rome en 1810. Grand artiste et homme de cœur, Beaulieu a rendu à l'art d'ém:nents services. Fixé à Niort, il organisa, en 1S35. en provinco l'Association musicale de lOuest, et fonda à Paris
la Société do chant classique, qui contlnao de fonctionner grâce â sa générosité, car il lui a légué â sa mort une somme do 100.000 francs, â la condition que le produit des concerts donnés par elle chaque année serait partagé entre ello-mèmo ot l'Association des artistes musiciens. Comme compositeur, Beaulieu a beaucoup écrit : des opéras : Anacréon, Ninette à la cour, Philadelphie ; des oratorios, des cantates et scènes lyriques, dos motets à plusieurs voix, des chœurs, méloaios, romances, etc. H s'est distingué aussi comme écrivain, et a publié notamment : Du rythme (Paris, 1852); Mémoire sur ce qui reste de la musique de l'ancienne Grèce dans les premiers chants de l'/ù/Use (Niort, 1852). Beaulieu était membre correspondant de l'Académie des beaux-arts.
BeaUUEU-SOUS-LA-ROCHE, comm. do la Vendée. arrond. et à 25 kilom. des Sablrs-dOlonne, au confluent d'affluents de la Vie; I.G16 hab. Fontaine minérale; poteries. Beaulieu- SOUS -PARTHENAY, comm. des Deux- Sèvres, arrond. ot à 9 kilom. do i'urthenag, sur un affluent droit doIaVietto; 984 hab. Fours â chaux. Aux environs, ruines du château de La Milleraye.
Beaulon, comm. de l'Allier, arrond. ot à 30 kilom. de Moulins; 2.661 hab. Moulins.
BeaumaNOIR, nom d'une des plus anciennes familles do Bretagne, dciâ connue au temps des croisaiies. Au xvi» siècle, une branche prit lo titre de < marquis de Lavardin «, et se signala pendant les guerres de religion. Charles de Lavardin fut quelque temps gouverneur de Henri de Béarn, plus tard Henri IV ; il périt lors de la Saint-Barthélomy. — Son fils Jean devint maréchal de France et gouverneur du Maine. Le dernier du nom fut tué à la bataille de Spire, on 1703.
BeaumanoiR (Jean, sire de) est le plus connu de la famille bretonne do ce nom. Né en Bretagne au xiv» siècle, il fut le compagnon d'armes de Du Guesclin. Partisan de Charles do Blois, il s'empara de Vannes sur les Anglais. En 1347, il devint maréchal de Bretagne. Il est le héros du fameux combat des Trente, entre Ploërmel et Jcssclin, en 1352. Pendant une trêve avec les Anglais, il défia leur chef Bembro, qui commandait à Ploôrmel. On décida que chacun amènerait vingt-neuf chevaliers. La lutte fut sanglante ; Bembro fut tué, et les Bretons restèrent vainqueurs. Dévoré d'une soif ardente, Beaumanoir ayant demandé à boire, un des siens lui cria: t Bois ton saog, Beaumanoir, ta soif passera. »
Beaumanoir (Philippe de Rémi, sire de), célèbre jurisconsulte français, issu d'une famille originaire des environs de Compiègne. Il naquit vers 1250, et mourut en 1296. Il fut successivement conseiller et bailli de Robert de Clermont, sixième fils de saint Louis, sénéchal àSenlis, en Saintonge, et bailli de Senlisde 1293 à 1296. Son nom est demeuré célèbre, grâce à ses Coutumes de Bcauvoisis, rédigées entre 1280 et 1283. C'est la source où il faut puiser pour connaître la société du xiri» siècle. Beaumanoir est un des plus purs représentants de cette école de légistes qui battirent en brèche la féodalité du moyen âge et préparèrent la centralisation monarchique. La meilleure édition des Coutumes de Beauvoisis 2l été d.onnée par Beugnot, dans la collection de la Société de l'histoire de France (1842). En outre, Beaumanoir a laissé plus de 20.000 vers. Ses poèmes les plus connus sont : la Manekine, Jehan et Blonde, Salut d'amour.
Beaumanoir (Jean de), maréchal de France. V. Lavardin.
Beaumarchais (Eustache de), homme de guerre et administrateur français de la fin du xiii' siècle. Après avoir été au service d'Alfonse de Poitiers, il passa à celui de Philippe le Hardi, puis de Philippe le Bel. Il rendit de grands services à la couronne de France comme sénéchal de Toulouse, puis comme administrateur de la Provence. Beaumarchais (Pierre-Augustin Caron, de), né et mort à Paris (1732-1799). Fils d'un horloger, il s'instruisit dans une école professionnelle, et inventa un nouveau système d'échappement. En 1755, il achète la charge de contrôleur clerc d'office à la cour. Admis comme musicien dans la société des filles de Louis XV, il use de son crédit pour obliger le financier Pâris- Duverney, qui fait sa fortune en l'associant à ses spéculations. En 1761, il se paye le titre de « secrétaire du roi u, qui confère la noblesse. En 1764, il va en Espagne pour venger une de ses sœurs, séduite et délaissée. De cette aventure, qu'il devait si admirablement mettre en scène dans un do ses Mémoires, il tire son premier drame : Eugénie (1767). Trois ans après, il faitreprésenter sans succès les Deux Amis. La même année,Pàris-Duverney meurt : ayant réclamé 15.000 francs que celui-ci lui redevait, Beaumarchais est accusé de faux par le comte de La Blache, héritier du traitant. Il gagne sa cause en première instance; mais La Blache en appelle, et, pendant que son adversaire est enfermé, à la suite d'une riviilité amoureuse avec le duc de Chaulnes, il manœuvre si bien que le Parlement annule, en 1773, le règlement do comptes. C'était pour Beaumarchais le déshonneur, sinon la ruine. Un incident du procès va lui permettre de reprendre l'avantage. Pendant l'instruction, il avait offert à la femme du conseiller Goézman une somme que celle-ci, le procès une fois perdu, ne rendit pas intégralement. Profitant do l'impopularité du parlement Maupeou, Beaumarchais porto sa cause devant l'opinion, et publie sur cotte même affaire quatre Mémoires consécutifs, qui, gâtés plus d'une fois par le mauvais goût, la déclamation, la sensibilité, n'en sont pas moins^ dans l'ensemble un chef-d'œuvre de raillerie, et môme s'élèvent par instants à la haute éloquence. Il obtint la condamnation de Goëzman et de sa femme. Luimême fut condamné au • blâme » , et ses Mémoires au feu : mais, le jour où la sentence fut rendue (26 févr. 1774), tonte la cour vint s'inscrire chez lui.
Un an après (23 févr. 1775), il fait représenter son Barbier dcSéville, reçu parlaComédie-Francaiseen 1772, puis interdit ■ Entre le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro, Beau-
Beaumarchais.
BEAUMARCHES — BEAUMONT
marchais remplit plusieurs missions secrètes à l'étranger, ïïonte une Compagnie pour fournir aux Améncams des armes obtient sa réhabilitation et fait condamner La Blache à des dommages-intérêts ; engage avec les comédiens du Théâtre-Français, sur la question des droits d auteur, une longue querelle qui sera définitivement réglée par le décret de la Constituante en 1791 ; entreprend 1 édition complète des œuvres de Voltaire (édition de Kehl); enfin, se mêle d'une foule d'affaires industrielles et financières.
Cependant, son affaire principale était d'obtenir que le Mariage de Fiqaro fût joué. A. force d'audace et d adresse, il finit par triompher de toutes les résistances. La pièce fut donnée le 27 avril 1784, avec un immense succès.
La fortune de Beaumarchais avait atteint son apogée. Bientôt commence le déclin. A propos d'une opération financière, il s'attaqua à Mirabeau, et ses drôleries lui attirèrent une terrible réplique. La considération lui avait toujours fait défaut; dès lors, il perd la popularité. En 17S7, paraît son Mémoire contre le financier Kornmann; mais l'avocat Bergasse soulève contre lui l'opinion publique. La même année, il donne l'opéra philosophique de Tarare, qui n'a qu'un médiocre succès.
La Révolution le troubla et le déconcerta. Suspecté, dénoncé, il passa la fin de sa vie au milieu de perpétuelles inquiétudes. En 1792, il fit jouer la Mère coupable, suite du Mariage de Figaro, mais dans le ton de ses premières pièces. Une affaire de fusils achetés en Hollande pour le gouvernement français lui valut de longs ennuis ; il fut même enfermé à l'Abbaye. Retiré en Angleterre, puis à Hambourg, il rentra en 1796, et mourut trois ans après, d'une attaque d'apoplexie.
De son tnéâtre, il ne reste que deux pièces : le Barbier de Séville, et le Mariage de Figaro. Les autres sont des drames bourgeois, dans un genre vulgaire et faux, mais le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro ont inauguré une forme nouvelle de la comédie.
Beaumarchais a, dans ces deux pièces, emprunté de toutes mains à Molière, à Regnard, à Le Sa^e, à Marivaux, sans compter ce que lui fournit de pittoresque le costume espagnol, et d'amusant l'intrigue italienne; il a combiné tous les genres, mêlé tous les éléments d'intérêt. Là même est, pour une bonne part, la nouveauté de son théâtre. Il faut, bien entendu, v ajouter ses qualités personnelles. Le Barbier de Séville et le Mariage de Figaro ont ce qui, depuis Kegnard, manquait le plus à notre comédie : le mouvement et la gaieté. Toutes deux sont des satires sociales, écrites d'un style brillant et spirituel. Il rend ainsi à notre théâtre la gaieté, une gaieté non pas ample et plantureuse comme celte de Molière, mais brève, mince, nerveuse. Aucun comique n'a eu plus de ce qu'on appelle » l'esprit " . -Q-
— BiBLiOGR. : Lintilhac, Beaumarchais et ses œurves (Paris, 1887).
Beaumarchais (Mémoires de), pamphlets célèbres, composés à l'occasion de trois procès retentissants qu'eut à soutenir Beaumarchais : le procès contre le légataire universel de Duverney ; le procès Goëzman, qui n'en était qu'un incident, mais plus sérieux que le principal ; et enfin, le procès Kornmann. a II finit, a dit Laharpe, par les gagner tous les trois, aussi complètement qu'il est possible ; mais il avait commencé par perdre les deux premiers. Tous les trois furent suscités par la haine, beaucoup plus que par un intérêt litigieux, et ils fixèrent les regards de la France et do l'Europe. Ils mettaient en spectacle celui que l'on mettait en cause. » Quant à la valeur littéraire de ces pamphlets, dignes en tous points de l'auteur du Bnrbier de Séville et du Mariage de Figaro, nous avons à ce sujet l'opinion de "Voltaire: «J'ai lu tous les Mémoires de Beaumarchais, et je ne me suis jamais tant amusé. Ces Mémoires sont ce que i'ai jamais vu de plus singulier, de plus fort, de plus hardi, d.e plus comique, de plus intéressant, de plus humiliant pour ses adversaires. Il se bat contre dix ou douze personnes à la fois, et les terrasse comme Arlequin sauvage renversait une escouade du guet. Il n'y a point de comédie plus plaisante, point d'histoire mieux contée, et surtout point d'affaire épineuse mieux éclaircie. u
Beaumarchais (théâtre). Ce théâtre, qui ouvrit ses portes le 3 décembre 1835, sous la direction de deux vaudevillistes : Anténor Joly et Ferdinand de Villeneuve, s'appelait d'abord n théâtre de la Porto-Saint-Antoine u . Ce n'est qu'en 1842, lorsque ce boulevard prit le nom de l'auteur du Mariage de Figaro, qu'il abandonna lui-même son premier titre pour devenir le o théâtre Beaumarchais u . Après quelques années heureuses, il changea de genre à plusieurs reprises, sans jamais rencontrer une vogue durable ; si bien que, en 1893, les propriétaires de l'immeuble le remplacèrent par une maison d'un rapport plus certain.
BeadmarchÈS. comm. du Gers, arrond. et à 33 kilom. de Mirande, près de l'Arros; 1.118 hab. Eglise des xiV et XV* siècles. C'est une ville neuve, fondée en 1288 par les moines de Bouillas.
BEAUMARIE n. f. Bot. Syn. de aristotélie.
Beaumaris, ville et port d'Angleterre (île et comté d'Anglesey),à8kilora. N.-E. du pont de Menai; 2.200 hab. Restes d'un château bâti par Edouard I*"". Bains de mer.
Beaumavielle, chanteur, né en Languedoc, mort à Paris en 1688. Il fut un des interprètes du premier opéra français représenté à Paris : Pomone, de Perrin et Cambert, par lequel fut inauguré, en 1671, notre premier théâtre d'opéra. Lorsque LuUi s'empara de ce théâtre, en iG72, Beaumavielle fut conservé par lui, et devint un des premiers sujets de l'Opéra, où non seulement sa belle voix do basse, mais son réel talent de comédien, lui valurent do
frands succès. Beaumavielle créa tous les rôles importants e son emploi, dans les opéras de Lulli : Cadmus {Cadmus et Hermione), Alcide {Alceste), le Temps [Ati/s), Jupiter (Isis), Pluton (Proserpine), Phinée [Persée], Arcalaiîs (.Amadis de Gaule), Roland {Boland), Egée (Thésée), Priam (Achille et Polyxène).
Beaumb (Joseph), peintre français, né à Marseille en 1796, mort à Paris en 1885. Elève de Gros, il débuta au Salon de 1819 par une scène bibUque : Nephtali et Bachel. Depuis cette époque, il a pris part àpresque toutes les expositions, jus(^u en 1878. Beaume s'est exercé dans la peinture de genre, 1 histoire et la peinture religieuse, mais c'est surtout aux sujets de genre qu'il doit sa réputation. Dans cet ordre do travaux, il est de l'école de Greuze et de Chardin, sans les égaler. Citons de lui : le Roi boit, la Main chaude, le Maître d'école e}ido7mi.
Beaumelle (de La). Biogr. V. La Beaumelle.
BEAUMERTE n. f. Syn. de cresson de fontaine {nasturtium officinale).
BeAUMES ou BeAUMES-DE-VENISE, ch.-l. de cant. de Vaucluse, arrond. et à 21 kilom. d'Orange, sur la Salette, affl. de lOuvèze; 1.467 hab. Sources minérales; vins, culture du mûrier. Chapelle romane de Notre-Dame d'Aubune. — Le cant. a 7 comm. et 4.177 hab.
BeauMESNIL. ch.-l. de cant. de l'Eure, arrond. et à 13 kilom. de Bernay; 493 hab. Restes d'une abbaye de bénédictines; ruines d'un château féodal, pris par les Anglais en 1448 et démoli par Richeheu. — Le cant. a 17 comm. et 5.545 hab.
BeauMESNIL (Henriette- Adélaïde Villard, dite), cantatrice et compositeur, née en 1748, morte à Paris en 1813, débuta â l'Opéra en 1766, et, pendant quinze ans, tint un emploi important à ce théâtre, où elle doublait Sophie Arnould et où elle créa le rôle d'iphigénie dans Vlphigénie en Tauride de Gluck. Elle était fort jolie et ne manquait point de talent. Elle se retira en 1781, et fit représenter à rOpéra, en 1784, un petit ouvrage en un acte, intitulé Tibulle et Délie ou les Saturnales, dont elle avait écrit la musique. C'est vers la môme époque qu'elle épousa un acteur de la Comédie-Italienne, nommé Philippe.
BeauMETZ (Bon-Albert Briois, chevalier de), célèbre constituant, né à Arras en 1759, mort à Calcutta en 18ft9. Premier président du conseil d'Artois, il fut député do la noblesse aux états généraux, devint aussitôt un des chefs du parti constitutionnel, et fut élevé à la présidence de l'Assemblée. Il eut une grande part à la réforme de notre législation pénale. Elu, en 1791, membre de l'administration départementale de Paris, il démissionna après le 10 août 1792, et émigra en Allemagne. Il passa ensuite en Angleterre, en Amérique, et de là dans l'Hindoustan.
BeaUMETZ (Albert-Marie- Auguste Bkuneau, marquis de), magistrat français, né à Arras en 1759, mort en 1824. Ancien procureur général au parlement de Flandre, on le retrouve, sous l'Empire, au Corps législatif, où il présenta divers rapports sur le code pénal. Elu représentant du Pasde-Calais à la Chambre de 1815, il devint, un peuplustard, procureur général à Douai; mais il fut retraité l'année suivante.
Beaumetz-LÈS-CAMBRAI, comm. du Pas-de-Calais, arr. et à 22 kilom. d'Arras ; 1.269 hab. Brasserie, briqueterie.
Beaumetz-LÈS-LOGES , ch.-l. de cant. du Pas-de- Calais, arrond. et à 9 kilom. d'Arras; 550 hab. Chem. de fer Nord. Brasserie, distillerie. — Le oant. a 29 comm. et 12.979 bab.
BEAUMONT [bô] n. m. Fusil du calibre de U millim. V. Pats-Bas, fosil.
BeaumONT, ville do Belgique (Hainautl, arrond. adni. de Thuin, judic. deCharleroi; 2.071 hab. Carrières de marbre, fonderies et forges, moulins, filature de laine.
Beaumont, nom de deux petits pays de la France féodale : le premier, situé dans le Dauphiné, avait pour localités principales : Saint-Laurent-en-Deaumont , Saint- Michel-en-Beaumont, Quet-en-Beaumont ; il fait aujourd'hui partie du départ, de l'Isère, arr. de Grenoble. Le second, situé dans le Cotentin, est compris dans le départ, de la Manche, arrond. de Valognes Son nom subsiste dans celui des communes de Neumlle-en-Beaumont et de Sortos-
nlle-i
nt.
Beaumont, comm.de l'Ardèche, arrond. et à 17 kilom. de Largentière, près de laDrobie; 982 hab. Source bicarbonatée sodique.
Beaumont, comm. des Ardennes, arrond. et à 26 kilom. de Sedan, près de la Meuse; 948 hab. Carrière de pierre détaille et de moellon; brasseries. Défaite du corps d'armée du général de Failly par les Prussiens, le 30 août 1870. Sa charte communale, octroyée en 1189, au moment même de sa fondation, par Guillaume aux Blanches mains, archevêque de Reims, fut ensuite appliquée à plusieurs autres villes de l'est de la France.
— BiBLiOGR. : Bonvalot : le Tiers Etat, d'après la charte de Beaumont et ses filiales (Paris, 1884).
Beaumont, comm. de la Haute-Garonne, arrond. et â 12 kilom. de Muret, près de la Lèze; 1.176 hab. Tourbes.
Beaumont, comm. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 3 kilom. de Clermont-Ferrand ; i. 388 hab.
Beaumont, comm. de la Vienne, arrond. et à 13 kilom. de Chàtellerault, près du Clain; 1.418 hab. Minoterie; château.
Beaumont ou Beaumont-du-périgord, ch.-l.
de cant. de la Dordogne, arrond. et à 28 kilom. de Bergerac ; 1.523 hab. Eaux minérales; minerai de fer; fours â chaux. Meules de moulins très estimées. Eglise gothique, fortifiée, construite en 1272 par Lucas de Terny, maréchal de Gascogne, pour Henri III d'Angleterre. Près do Beaumont, on admire le château de Banne. Beaumont fut construite en 1272, par ordre du roi d'Angleterre Edouard IL — Le cant. a 13 comm. et 6.532 hab.
Beaumont ou Beaumont-hague, ch.-l. de cant.
de la Manche, arrond. et à 1 8 kilom. de Cherbourg, près de l'anse de Vauville; 614 hab. Aux environs, retranchement dit Hague-Dick. — Le cant. a 20 comm. et 7.417 hab.
Beaumont ou Beaumont -en -auge, comm. du
Calvados, arrond. et â 6 kilom. de Pont-l'Evéque; 701 hab. Foire de bestiaux, beurre et volailles. Ruines d'un prieuré de bénédictins, fondé vers l'an 1060, et qui institua, au xvni" siècle, un collège auquel Louis XV donna le nom et le privilège d'école militaire. Cet établissement compta parmi ses élèves plusieurs personnages qui devinrent célèbres ; comme Caulaincourt, le général d'artillerie Evains, ot le savant Laplace, né à Beaumont même. Patrie du peintre Charles Langlois.
Beaumont, nom d'une ancienne famille du Dauphiné, tirant son nom d'un château aujourd'hui ruiné (comm. et cant. de Touvet, arrond. de Grenoble [Isère]). Elle remonteà HDMBERTl*''cieBeauniont. qui vivait vers 1080. Des deux fils de son septième descendant. Artaud II (1250-1304), le cadet Amblard fut le principal négociateur de la réunion du Dauphiné à la France (1349). Il mourut en 1375. Les trois arrière-petits-fils de son frère aîné, Artadd IV, fondèrent les branches de La Freyte (éteinte en 1482), à'Auli-
champ, et des Adrets; à cette dernière appartint le célèbre baron François des Adrets. V. ce nom.
Beaumont, poète dramatique anglais, collaborateur de Fletchkr(v. ce nom), né en 1585, mort en 1G15. Les deux poètes ont laissé un grand nombre de tragédies et de comédies, où ne manquent ni la vigueur ni l'originalité. Ils ne cessèrent de travailler en commun, prennent rang après Shakspeare comme auteurs tragiques, et sont regardés comme les fondateurs de la comédie d'intrigue en Angleterre. Parmi leurs pièces qui ont eu le plus de succès, on cite the Chances, et celle dont on peut ainsi traduire le titre : Sachez diriger une femme avant de vous marier {Bule a wife and hâve a wife). On trouve dans les « Chefsd'œuvre des théâtres étrangers » (Paris, 1823) la traduction de quelques-unes de leurs comédies. L'édition la plus estimée de leurs Œuvres complètes est celle de Londres (1844).
Beaumont (Christophe de), né en 1703, au château de La Roque, diocèse de Sarlat, mort en 1781. Il devint évêque de Bayonne (1741), archevêque de Vienne (1745), et enfin archevêque de Paris (1746). Il est surtout connu par le zèle qu'il déplova dans sa lutte contre lesjansénistes et les philosophes. C'est lui qui, reprenant une idée de Belsunce, prétendit exiger de tous les pénitents l'adhésion à la bulle Unigenitus et la production de billets de confession émanant de prêtres moHnistes. De là sa querelle avec le parlement. Il vit les magistrats exilés en septembre 1753, mais lui-même fut relégué loin de Paris en août 1754, et l'on ne put jamais avoir raison de lui. Ses attaques contre les philosophes ont plus tartl fait grand bruit. Il publia contre l'Emile un mandement qui donna lieu â une vigoureuse riposte de Rousseau, la Lettre à M. de Beaumont^ où se trouve plaidée la cause de la liberté de conscience. Le prélat, d'ailleurs très vertueux, et d'une charité inépuisable, fut entouré de l'estime publique.
— BiBLiOGR : Recueil de mandements, etc. (i747-1779j; Ferlet, Oraison funèbre de M. de Beaumont (Paris, 1784); Mémoires du marquis d'Argenson; Journal de Luynes; Correspondance de Grimm. V. aussi l'ouvrage de Roquain, l'Esprit révolutionnaire aidant la Révolution (Paris, 1878); P.-Em. Regnault, Christophe de Beaumont, archevêque de Paris (1S82).
Beaumont (Jean-Charles-Guillaume Le Prévôt de), secrétaire du clergé de France, né àBeaumont-le-Roger (Eure) en 1726, mort à Bernay (Eure) en 1823. Il est célèbre par la bruyante dénonciation qu'il fit du prétendu pacte de famine. Il fut enfermé à la Bastille le 17 novembre 1768, transféré à Vincennes le 14 octobre 1769, mis en liberté le 5 septembre 1789. C'était une imagination ardente, exaltée ; ses dénonciations étaient extrêmement exagérées.
— BiBLiOGR. : Tableau historique de la captivité de Le Prévôt de Beaumont, écrit par lui-même {Vaxis, 1791); Léon BioWa^y , le Pacte de famine (Paris, 1885); Gustave Bord, le Pacte de famine (Paris, 1887).
Beaumont (George Howland), peintre de passages et amateur anglais, né àDunmow,dans lecomté d Essex^ en 1753, mort en 1827. Il montra de bonne heure un goût très vif pour la poésie, le théâtre et les arts, et reçut quelques leçons de peinture de Wilson; mais il se forma surtout d'après les œuvres de Claude Lorrain. Il fut un des fondateurs de la National Gallery. On voit dans ce musée deux tableaux peints par lui.
Beaumont (Jean - Baptiste - Armand - Louis - Léonce Eue de), géologue français, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, sénateur, né et mort à Canon (Calvados) [1798-1874]. Il fut nommé ingénieur des mines (1824), professeur de ^éologie â l'Ecole des mines d'abord (1829), et plus tard au Collège de France (1832), ingénieur en chef (1833), et enfin inspecteur général de r* classe. Elu successivement correspondant de l'Académie de Berlin (1827J, membre de la Société philomathique (1829), associé étranger de la Société royale de Londres ( IS25), memore del'Académie dessciences, il devint secrétaire perpétuel de cette Académie après la mort d'Arago.
Les premiers écrits d'EIie de Beaumont se rapportent à la métallurgie. En 1823, le directeur général des ponts et chaussées et des mines, Becquey, ayant conçu le projet de faire préparer les documents nécessaires pour dresser une carte géologique de la France, Elie de Beaumont fut chargé, conjointement avec Dufresnoy, d'aller étudier en Angleterre les travaux du même genre qui venaient d'être exécutés dans co pays. En 1825, ils commencèrent les longs travaux d'exploration géologique qui devaient doter notre pays d'une œuvre scientifique monumentale, de la Carte géologique de la France. A partir de cette époque, Elie de Beaumont s'occupa presque exclusivement de géologie. Il a transformé la théorie du soulèvement des montagnes, qui appartient à Léopold de Buch, en une doctrine complète et précise, consignée dans deux écrits qui appellent particulièrement l'attention : -Recherches sur quelques-unes des révolutions de la surface du globe (1829-1830] et Notice sur les systèmes de montagnes (1849-1852). L'idée neuve et féconde qu'il mettait en lumière était celle d'une corrélation entre le redressement des couches do certains systèmes de montagnes et les changements soudains qui ont produit les lignes de démarcation qu'on observe entre certains étages consécutifs des terrains de sédiment. On peut résumer de la manière suivante les conclusions de cet important travail : On ne peut attribuer à des modifications lentes et progressives la totalité des changements survenus â la surface du ^lobe ; il faut nécessairement admettre des révolutions subites, qui sont venues presque périodiquement renouveler l'état de cette surface. Les faits que présentent à notre observation les terrains de sédiment se divisent en deux classes distinctes : l'une comprenant les faits relatifs à la marche tranquille et progressive qu'a suivie l'accumulation de chacun des dépôts, et l'autre renfermant les faits relatifs aux interruptions subites qui ont établi des lignes de démarcation entre les divers dépôts consécutifs^ Ces interruptions subites, qui ont renouvelé p6-
EUe de Beaumont.
riocIiiiuomoDt la population auimalo et végétale do chaque contrée, coïncident avec l'apparition do cortainos chaînes do montagnes dont los couches rodrossôos présentent la mémo direction. C'est par cette identité de direction dos couches redressées et dos arôtes quo ces couches constituent, 01 non par l'identité de nature dos roches qui on forment le noyau, qu'on peut ju^j^er que deux montagnes so sont formées à la môme èpo<)UO et ont le nu^mo âge. La coïncidence d'époque, do date, entre le rodrossomont dos couches des divers syslômos do montagnes et les diverses interruptions qui ont séparé les étages consécutifs des terrains de sédiment, indique évidemment qu'une mémo cause a produit les deux espèces do phonomônos, mais doit être considérée comme un fait indépendant des hypolhôses qu'on peut faire sur cette cause. Quoi qu'il on soit, il faut rejeter l'idée que toutes les chaînes do montagnes so seraient formées en mémo temps. 11 faut admettre que chaque systùmo do montat^nos, caractérisé par une corlaiiio direction, a été produit d'un seul jet entre deux périodes de iranquilhté.
En cherchant à ooor<ionner les éléments du vaste ensemble de caractères par lesquels la main du temps a gravé cette histoire du globe sur sa surface, Elie de Boaunioiit a trouvé que les montagnes sont los kttres majuscules de cet immense manuscrxl, et que chaque système do montar'uos en comprend un chapitre. Jusqu'à la fin do sa vie, Elle de Beaumont no cessa de travailler à la grande Carte (ji^oloqique de la France, dont l'exécution et un travail sur le réseau pentagonal, système qui lui appartient en prtipre, sont ses principaux titres de gloire.
Beaumont {Edouard-Charles de), peintre et litliograplio IraïK.'ais, né à Lannion en 1819, mort à Paris en 1888. Il fut un peintre do genre très délicat et très spirituel. De Beaumont est également connu comme amateur d'armes. Sa compétence dans l'appréciation des armes anciennes faisait autorité. Il a été, avec J.-G. Vibert, en 1879, un des fondateurs de la Société des aquarellistes français. Comme écrivain, il a collaboré au Moniteur et à la Gazette des beaux-arts. Il a, do plus, fait paraître en volumes : l'Epèe et les Femmes (1882); Fleur des belles épées Cl 885); etc.
BeiAUMONT (Eon de). V. EoN.
j Beaumont (M-"' Lkprince de), v. Leprince.
I Beaumont de La Bonninière 'Marc -Antoine,
! comte de), général français, no on 1763, mort en 1830.
D'abord page do Louis XVI, il adopta les principes de la I Révolution, devint colonel du 5' dragons en 1793, général do 1 division en 1803, et prit part à toutes les campagnes de la j Révolution et de l'Empire. Après avoir été sénateur et ' éouyor de Madame mère, il devint pair de France en 1814.
Beau-frère do Davoust, il a été inhumé dans le même tom- : beau que le maréchal.
Beaumont de La Bonninière (Gustave-Auguste
; de), publiciste et homme politique, né à Beaumont-lai Chartro (Sarthe) en 1802, mort on 1866. Il était procureur I du roi lorsque, en 1831, il fut chargé, de concert avec I TocqueviUe, d'aller aux Etats-Unis étudier le système
pénitentiaire. Député de la Sarthe de 1839 à 1852, ensuite
ambassadeur à Londres, puis à Vienne, il se retira de la
vie publique après le 2 décembre. Membre de l'Académie I des sciences morales depuis 1841, il publia : le Système , pénitentiaire aux Etats-Unis (1833) ; en collaboration avec
Tocquovillo: Marie ou l'Esclavage aux Etats-Unis (1835);
l'Irlande sociale, politique et religieuse (1839 et 1842). Beaumont-DE-LOMAGNE, ch.-l. de cant. du Tarn-et-
Liannuie, arr. et à 25 kilom. de Castel-Sarrazin, sur la Gi-
niuiic; 3.859 hah. (Beaumoiitois, oises.) Commerce de grains. ; E^'liio fortiliée. Cette petite ville, fondée en 1279, « otfre
la plan caractéristique des bastides ». Patrie du mathéma- , ticieu Fermât. — Le cant. a 18 comm. et 9.946 hab.
BeaumONT-DU-GÂTINAIS, comm. do Seine-et-Marne,
ariund. et à 39 kilom. de Fontainebleau, sur le Fusain;
l.:i7r. hab. Ch. de f. P.-L.-M. Marbrerie, commerce de
safran, vinaigreries.
Beaumont-en-VÉRON, comm. d'Indre-et-Loire, arr
et à (■. kiliMii. .h' riiiiinii, [a-i's de la Vienne; 1.360 hab. Ch.
Beaumont-LA-ronce, comm. d'Indre-et-Loire, arr.
I etàl9 kil. de Tours, dans laGâtinedeTouraine; 1.220 hab.
i Carrières de pierre do taille, tuileries; forôt.
Beaumont-LE-ROGER, ch.-l. de cant. de l'Eure,
; arrond. et à 16 kilom. de Bcrnay, sur la Rille ; 1.895 hab.
' Ch. do f. Ouest. Carrières de pierre tendre; eaux minê-
I raies. Ruines d'un ancien château fort, et débris de l'ancien prieuré ou abbaye de la Sainte-Trinité, fondé au xn* siècle. L'<i,'Iise paroissiale de Beaumont-le-Roger montre un rhho portail de style flamboyant, et de magniliques vitraux. — Le cant. a 22 comm* et 9.833 hab.
— Histoire. Sous les premiers ducs de Normandie, Beauiinnit n'était qu une chetive bourgade; mais Roger, fils du s<'i::iieur de Beaumont, en fit une place forte en 1040, et lui donna son nom. En 1194, cette place tomba au pouvoir de Henri I", roi d'Angleterre. Philippe Auguste s'en empara
; en 1192, mais elle fut reprise en 1194 par Richard Cœur
' do Lion. En 1199, Philippe Auguste la prit de nouveau, et la livra aux flammes; enfin, elle fut remise par un traité ù J.^an sans Terre, roi d'Angleterre. Beaumont, érigée en 'l'iiito, fut possédée par plusieurs familles puissantes. l'ii i.;53, saint Louis l'acheta et la réunit à la couronne, à. bMjiK'Uo elle resta attachée pendant environ un siècle. Ku i;i7S, Du Gucsclin s'empara de Beaumont, dont le châl'Mii lut démoli ; l'expulsion des Anglais du territoire fran- ':al^ lit entrer cette place dans le domaine de la monarchie irmi^-uise.
Beaumont-LÈS-VALENCE, comm. de la Drôme, ar-
I rond, et à 10 kilom. de Wdence, sur l'Ecoutay, affluent de la Vcoro ; 1.194 hab. Minoterie ; filaturo et moulinage de soie. Beaumont-SUR-OISE, comm. de Seine-et-Oise, arrond. et à 20 kilom. de Pontoise. sur l'Oise; 3.443 hab. Ch.de f. Nord. Commerce de farines, grains, chevaux, bestiaux et fromages. Cette petite ville, située sur la croupe d'une montagne au pied de laquelle coule l'Oise, possède les ruines d'une vieille tour, seul vestige de l'ancien châi| teau fort. Eglise paroissiale avec un beau portail orné de
(I sculptures, malheureusement mutilées.
j — Histoire. Cette ville avait ses comtes particuliers sous I les successeurs de Charlcmagne et sous les premiers rois
do la dynastie capétienne. Le dernier, Thibaut, soigneur do Luzarcho et « comte de Boaumont-sur-Oise b, céda le comté à saint Louis en échange d'autres terres. Philippe le Hardi le donna à son fils Louis, comte d'Evreux, dont le petii-lils, Charles le Mauvais, roi do Navarre, le céda au roi Jean, par traité do l'an 1353. Ce dernier on fit don à son frère Philippe, duc d'Orléans, mort sans postérité. A la fin du XV* siècle, lo comté de Beaumont devint l'apanage du duc d'Orléans, le futur Louis XII, qui lo réunit une quatrième fois à la couronne. Un peu plus tard, il fut aliéné au profit du connétable Anne do Montmorency, et retourna une cinquième fois au domaine royal. Sous Charles IX, il devint lapanago du duc d'Anjou, qui lo réunit de nouveau à la c<nironno en montant sur le tronc, sous le nom .Ir ■ M.-nn III ». Il appartint eiiNuito aux Condé.
Beaumont-sur-sarthe (ou -le- vicomte), chl. do cant. de la Sarthe, arrond. ot à 25 kilom, do \Iamers, sur la Sarthe; 1.908 hab. Elève do bestiaux, volailles et abeilles. Restes do l'ancien château, servant auiourd'hui de prison. Eglise romane; tombelle celtique, lune des plus considérables de Franco, dont on a fait une charmante promonade dominant le cours de la Sarthe. — Le cant. a 15 comm. et 11.162 hab.
— Histoire. Beaumont était autrefois le chof-lieu d'une vicomte qui appartenait, au x" siècle, aux comtes du Mans. Le dernier do ces comtes, Richard, eut pour héritière Agnès de Beaumont, sa sœur, épouse de Louis de Brionue, troisième fils do Jean de Brienne, roi de Jérusalem et empereur de Constantinople. Louis de Brienne laissa une lignée qui s'éteignit dans les raàles pendant la seconde moitié du XIV* siècle. Marie de Brienne, vicomtesse de Beaumont, fille unique et héritière de Jean de Brienne, épousa Guillaume CnamaïUart, dont la fille Marie porta la vicomte de Beaumont dans la maison d'Alençon, par son mariage avec Pierre, comte d'Alençon. Françoise , sœur de Cliarles, duc d'Alençon, héritière de sa maison, la porta à son tour dans la maison do Bourbon, par son mariage avec Charles de Bourbon, duc do Vendôme, et obtint, étant veuve, lérection de la vicomte en duché, pour elle et ses successeurs mâles et femelles, par lettres patentes du roi François I" de l'an 1543. D'Antoine de Bourbon, fils aîné de Charles, le duché passa à Henri IV, qui, à son avènement au trône, le réunit à la couronne.
BEAUMONTIA {si) D. m. Sortes de filaments de couleu blanche et très soyeuxquiont reçu diverses applications dans l'industrie des fleurs artificielles, et aussi dos tapisseries. Ces poils proviennent de la beaumontie.
BEAUMONTIE {bô, si — de Beaumont, n. d'homme) n. f. Genre d'apocynacées-échitées, renfermant des arbrisseaux à feuilles opposées, et dont
les
ibre
ises
fleurs forment , l'aisselle des feuilles ou à l'extrémité des rameaux, des corymbes. Beaumontie
— Enctcl. Co
genre est originaire de l'Asie et de l'Océanie tropicales. La beaumontie à grandes fleurs {beaumontia qrandiflora) est une
fiante grimpante à fleurs blanches teintées de rose, que on cultive quelquefois dans les serres.
BEAUMONTTTE {bô — de Beaumont. n. d'homme) n. f. Substance minérale transparente, d'un blanc jaunâtre, qui se présente en petits prismes quadrangulaires.
— Encycl. Ce silicate hydrat-' d'alumine et de chaux, qui se trouvt' auv environs de Baltimore, aux Kfai-- Unis, est une variété de heulandiie, zéolite à base de chaux, de potasse et de soude.
Bot. Syn.
0 Ch de f P I M
BEAUMULIGE
RÉAUMURIE.
Beaune iBebia), ch.-l. d'arrond.
du dép. de laCôte-dOr.à 38 kilom. de Dijon, à la source de la Bouzaise, affluent de la Dheuno, au pied de la Côte-d'Or; 13 726 hab {Beaunois, oises , — L'arr. de Beaune compte 10 cant ,U9comm etllO 599 h le cant. Nord a 13 comm. et 14.416 hab.; le cant. Sud a 17 comm. et 14.858 hab.
— ENCYCL.Si
tuée dans une des plus riches régions de la France, Beaune doit sacélc brité à la viticulture. Les vignobles qui s'étendent sur le coteau de Beaune appa raissentauval Ion de Bouze
et
iti-
Quent jusqua la gorge qui à Savii;n\
Cour de L hôpital de Beaune
Les Mns qu ou } rt colle eut une grande analogie avec 'ceux de Pommar'd ; ils se recommandent par leur bouquet et leur couleur. Les clos les plus i mes sont ceux des Grèves, des Fèves, de la Mousse, des Teurons. du Roi, des Cras ; sur le territoire de Savi^^ny, ceux des Gravains, des Jarrons, des Marconnets. Grand négoce de vins, vinaigres, grains, bestiaux. Tribunal do