V. BKYLER-BEY
Bègles, comm. de la Gironde, j arroud. et à 4 kilom. de Bordeaux,
I sur l'Eau-Bourde, près de la Garonne; 10.372 hab. {Bé- \ glais, aises.) Ch. de f. Midi. Bègles, qui est pour ainsi dire
. Âdmin. turque.
un prolongement do Bordeaux, fait commerce do laitage ot do vins. Source minérale. Eglise du xiii* siècle.
BeGON (Etienne), avocat français, né vers l(>58, mort on 1726. 11 se lit une grande réputation d'éloquence. Il est connu surtout pour avoir plaide en faveur do la marquise do Gosvros accusant son mari d'impuissance (1713).
BegonA, ville d'Espagne (Biscaye [prov. do Biscaye]) ; 2.700 hab. Mines de fer importantes ; église fort ancienne, placée sous l'invocation do l'Assomption de Notre-Dame.
BÉGONIA n. m. OU BÉGONIE, ou BÉGONE n. f. Genre do piaules, type dt? hi famille dos bàjoniacées. (On l'appelle conimunément oneim.e sauvage, dans les colonies.)
— Encycl. Ce genre a reçu son nom de Bégon, gouverneur do Saint-Domingue et protecteur de la botanique au xvii" siècle. Les bégonies sont dos plantes originaires do l'Amérique tropicale. On en connaît plus do 400 espèces, toutes remarquables par leur port élégant ot leurs lolies fleurs blanches, rou-
f^ ou roses , isposées souvent par dicho-
Bégotiia : a, groupe de lleurs ; b, fruit. 1
tomi e s, les feuilles alternes , diversement colorées, à nervures palmées , à deux stipules larges, presque axillaires. Les bégonies sont cultivées en grand nombre dans nos jardins et nos serres : quelques espèces sont même susceptibles d'être appliquées à l'économie domestique et à l'art médical. La bégonie luisante a des feuilles et de jeunes pousses douées d'une acidité comparable à celle de l'oseille, et employées en Amérique aux mêmes usages que cette dernière plante dans nos climats.
Quelques espèces perdent leurs tig'os chaque année et se conservent par leurs tubercules vivaces, qui émettent de nouvelles pousses au printemps ; d'autres soutiennent leur végétation et développent leurs fleurs jusque pendant l'hiver.
BÉGONIAGÉES n. f. pi. Famille de plantes, ayant pour type le genre bégonie. — Une bégoniacke. " — Encycl. Lès bégoniacées constituent une famille de plantes herbacées, annuelles ou vivaces. Elles se composent de deux genres : bégonie et hillebrandie.
BégrOLLES, comm. de Maine-et-Loire, arrond. et à 10 kilom. de Cholet; 1.021 hab.
BÉGU, UË adj. Cheval dont les dents incisives ont conservé un sillon particulier qui s'elface d'ordinaire vers l'âge de douze ans : Cheval bégu.
— n. m. Cheval qui marque encore après l'âge.
— Faux-bégu, Cheval chez lequel la cheville d'émail ijui fait suite au cornet dentaire persiste au delà du terme ordinaire, qui est de douze à treize ans au maximum.
BÉGUDIEN (rfi-m — de La Bégude, n. de lieu) n. et adj. m. Se dit de couches lignitifères développées en Provence, dans le terrain aturion ou sénonien supérieur, et caractérisées par /) Ai/sa galluprovincialis, cyclophorus heliciformis et anostuijwpsis rotellaris.
BÈGUE (6ègf/i') adj. Qui est affecté de bégayement, qui bogave : Louis XIIl était bègue.
— Vig. Qui ne sait pas exprimer sa pensée, qui ne l'exprime qu'avec hésitation.
— n. Personne bègue : Je ne connais pas de gens qui aiment plus à parler que les bègues. (Dider.)
BÈGUE DE Presle (Achille-Guillaume JLe), médecin français, né à Pithiviers en 1735, mort en 1807, s'appliqua surtout à vulgariser la science de la médecine. Médecin et ami de Rousseau, il le décida à accepter l'hospitalité à Ermenonville. Outre plusieurs ouvrages moins importants, il publia une Relation ou Notice sur les derniers jours de J.-J. Rousseau (1778), sur le genre de mort du philosophe.
BÉGUER [ghèr') n. m. Ane. dr. Officier public établi dans lo Béarn pour exécuter les mandements de justice.
BÉGUERIE {ijhe) n. f. Anc. dr. Charge de béguer.
BÉGUÈTEMENT [ghè] n. m. Cri de la chèvre, qui imite
la I
rulr
BÉGUETER ighe — rad. bègue) v. d. Crier, on pai'lant do ia chèvre.
BÉGUETTES [qhèt') n. f. pi. En T. do serrur., Petite pince à main, à mordants plats et armés do stries destinées à empocher tout glissement de l'objet saisi.
BÉGUEULE (.f//tcur — doffKeu/e6^e, bouche ouverte) n. f. Femme prude, généralement fausse dévote, dédaigneuse, mal gracieuse, exigeant une retenue exagérée : La bégueule esta la femme vertueuse ce que le tartufe est au dévot.
— Faire la bégueule, Faire la renchérie, la prude, afi'ecter la vertu, la modestie d'une façon ridicule.
— Adjectiv. Qui afl'ecte la pruderie. la réserve exagérée, en parlant des hommes aussi bien que dos femmes : Censeur bégueule, ii Où l'on est bégueule, où Ton rencontre des gens d'une retenue afl'ectée ou e.vagérée (se dit des choses) : Il y a des quartiers bégueules et des quartiers décolletés. (E. Sue.) ii Qui convient, qui est propre aux bégueules : Atr bégueule.
BÉGUEULERIE [gheu] n. f. Caractère, façons, habitudes de bégueule : La bégueulerie est un vice.
BÉGUEULISME {gheu-lissrn'' n. m. Caractère de la bégueule poussé à l'extrême, bégueulerie érigée en système : Etre taxé de bsgusulibmb. (BaU.)
Béguettei
nÉGAYER — BÉIIAGUE
BÉGUIN (fjhin) a. m. Espèce de coiffo capuchon que poriaicDl les béguines, et qui s'attachait soua lo meotoo. Il CoilTo do femnio, avant la forme do ccllo que portaient les béguines, ii Par anal. Petit bonnet do toile ou do laine que l'on mot habituellement sous lo bonnet ordinaire des très jeunes enfants.
— En T. de sollorio, Sorte do capuchon dont OD recouvre la tftto d'un cheval
so 11
de doux appendices dans lesquolâ ogont les oreilles do l'animal.
-Pop. Passion aveugle, parce que la
Béguin
coiffe aos béguines se raba'ttaii sur les yeux, par analogie avec cette autre ex- " "" -ve— . pression : Etre coiffé de quelqu'un. On dit donc : Avoir un BÈGUi.N pour quelqu'un. \\ Par ext. La personne mAmo qui fait l'objet do la passion : Tu vois ce qrund brun ? C'est mon hkguin.
— Loc. fara. Avoir encore le béguin^ Etre iDexpérimonté ou ignorant comme un enfant.
Il Mettre un béguin à quelqu'un. Imposer ses idées, SOS volontés, comme on fait aux enfants.
Il Laver, rincer le béguin à quelqu'un, Lui laver la tète, lo sermonner, le gronder.
BÉGUIN ighin) n. m. Hist. rclig. Nom donné, au xiii" siècle, aux membres d'associations à la fois religieuses et laïques d'hommes.
V, BÉGAlîDS.
BÉGUIN JJean), chimiste français du temps do Henri I\ et de Louis XIIL U est auteur du Tyrocinium chymicum (1608), ouvrage qui de'cCîal lut traduit en français par Jean-Lucas Leroy, sous le titre de Eléments de chimie de Jean Béguin (1015), et qui eut uno grande vogue au commencement du xvii' siècle.
BÉGUINAGE (ghï) n.m. Etablissement, communauté do
béguines. V. béguine.
— Par anal. Maison laïque qui, par l'ordre et la régularité, ressemble aux béguinages.
— Fam. Dévotion do béguine, dévotion minutieuse : Donner dans le BÉGUINAGE.
— Encycl. Les béguinages s'étaient multipliés au xm« siècle, dans les Pays-Bas et en Allemagne. Il y en a encore en Hollande, à Amsterdam et à Bréda, et surtout en Belgique, où on en compte environ vingt. Lo plus remarquable est le Grand Béguinage de Gand, qui forme comme tme ville à part, avec sps rues, ses places, son église : il contient 18 couvents et 700 habitantes. Il v règne un calme et une paix qui sont d'un autre âge. On peut citer aussi les béguinages do Bruges, Louvain, Anvers, Courtrai, etc..
BÉGUINE ighin') n. f. Nom donné aux femmes appartenant à certaines communautés de tiers ordre où l'on entre sans prononcer de vœux. V. bégards.
— Par ext. Personne qui se livre à des pratiques do dévotion minutieuses et puériles.
— Encycl. En France, les béguines furent beaucoup moins nombreuses qu'en Belgique et dans les pays rhénans. Les béguines belges portent aujourd'hui l'ancienne faille flamande noire. Elles doivent, pour entrer dans la communauté, verser 500 francs environ, et jouir d'un revenu annuel de lio francs au moins. Pendant les six premières années, elles vivent dans de grands couvents, sortes do noviciats ; ensuite, elles ont droit à un logement dans une des petites maisons du béguinage. Elles passent leur temps à prier, à visiter les malades, et à faire des travaux de dentelle et de lingerie. Elles élisent une supérieure nommée Grande Dame, et sont soumises à une règle. Bien qu'aucun vœu ne les engage, il est très rare qu'elles quittent la communauté.
BÉGUINER [ghi — rad. béguine) v. a. Simuler la dévotion, faire l'hypocrite. (Vieux.)
BÉGUM [gom' — rad. beg, pacha, seigneur) n. f. Dans l'Hindoustan, Titre d'honneur équivalant kprincesse, donné aux mères, sœurs ou veuves des princes indiens.
Behadour (Aboui-Mozaffer-Mohammed), dernier roi de Dehli, né vers 1778, mort à Rangoun (Birmanie) en 1862. En 1802, la Compagnie des Indes s'empara de ses Etats et lui donna, en dédommagement, une pension annuelle de 1.080.000 roupies, tout en lui laissant les marques apparentes du pouvoir souverain. En 1857, les Anglais, craignant que le vieux prince ne devînt le centre d'un parti politique, l'internèrent avec sa famille à Rangoon.
BEHADOUR-SHAH(Alem-Shah-Kotb-ed-Din), empereur mongol de l'Inde, né vers 16-12, mort à Lahore en 1712, second (ils dAurangzeb, à qui il succéda en 1707. Son frèr.e Azem-Shah se proclama empereur à Ahmad-Nagar, mais fut battu et tué près d'Agra; son autre frère Kambakhoh, qui avait reçu en fief les deux provinces de Golconde et de Bijapour, l'imita, mais il fut vaincu et périt à Haiderabad. Behadour-Shah eut, durant son règne, à lutter pour défendre l'intégrité de son empire, que ses quatre fils se disputèrent après sa mort.
Behâ-ED-daulah, prince do Bagdad, de la dynastie deïlennte ou bouiide, né vers 970, mort à Bagdad en 1012. Il se rendit niaiire de Bagdad en 972 et déposa le calife Thay ; il conquit le Fars, lo Kirman et lAhvaz.
BehÂ-ED-DIN (Aboul-Mahasin Yousouf Ibn-Sheddâd), historien et jurisconsulte musulman, né à Mossoul en 1145, mort à Alep en 1232. li a écrit deux ouvrages, dont un seul nous est parvenu; c'est une histoire de Saladin, qui a été éditée et traduite par Schultens : Vita et res gestx sultani Saladini (Leyde, 1732), et dans les Historiens orientaux des Croisades.
BebÂ-ED-DIN, mathématicien persan, né en 1547, mort à Ispahan en 1662. U a composé en arabe une sorte d'encyclopédie luathêmatique intitulée Khilaset-el-Bisab. qui n'a d'autre uupuriaiice que d'être faite à l'aide de sources aujourd'hui perdues.
BÉHAGUE {bé-agh' —de Béhague, n. pr.) n. m. Race française de moutons, créée par le comte de Béhague : Selle de beuaguë à la parisienne.
Béhague (Jean-Pierre-Amoine, comte de)., général français, né en 1727, mort à Londres en 1813, était gouverneur de la Martinique en 1792. 11 essaya en vain de soulever la colonie contre rautonté de l'Assemblée naiionale. et se réfugia à Londres, d'où il tenta deux descentes infructueuses en Bretagne, en 1707 et 1799.
BÉHAGUE — BEHRING
BÉHAGOE (Amédée DE), agronomeet éleveur français, nA à StrasbourfT en 1807, mort en 1884. Grâce à 1 applicafion intemgenti des nouveaux procédés d'agriculture, de ëéhague avait fait de son domaine de Dainpierre, près ?•?, n*..„„„„,.t.nirn nnfi propriété modèle. 11 a été un dos
crémiers promoteurs de fa transformation do la Sologi par le boisement, et l'auteur d'heureuses entreprises po félevage du cheval et l'engraissement des animaux do boucherie, et surtout l'amélioration du mouton. On a donné le nom de béhague aux agneaux préparés suivant la méthode de l'éminent éleveur. Il a publie des ExpéYences sur remploi du sel dans falimentation du bétail (18o0); et des A'oles sur Vemjraissement précoce des betcs a cornes (1852).
Behaim (Michel), surnommé Poeta 'Weinsbergensis, troubadour allemand, né à Sulzbach (seigneurie do Woinsberg) en 1416, mort vers 1474. Il passa sa vie à parcourir les cours de l'Allemagne, et chanta surtoutdans ses vers les événements remarquables do son temps. Karajan a fait paraître son Lim-e sur les Vieimois (1843), et publie divers poèmes de Behaim dans ses Recherches sur Unstoire de la littérature et de l'art national (Vienne, 1848).
Behaim (Martin), cosmographe et navigateur allemand, né à Nuremberg vers 1430, mort à Lisbonne en 1506. Il s'adonna, en faisant le commerce, à l'étudo des sciences mathématiques et nautiques, et se rendit, vers 1480, à Lisbonne. Nommé en 1484, Sar le roi de Portugal eau II, géographe de l'expédition commandée par Diogo Cam, Behaim visita toute la côte d'Afrique jusqu'à l'embouchure du Zaïre ou Congo.
De retour à Nuremberg en 1491, il y exécuta un globe terrestre qui est célèbre parce qu'il résume l'état des connaissances géographiques au moment mémo de la découverte de l'Amérique par Colomb. Behaim rédigea les premières tables des décbnaisons du soleil, introduisit l'usage de l'astroiabe sur les vaisseaux; quant à son globe terrestre, dont le diamètre est de 0'",57, il donne, d'après les indications de Strabon, Ptolémée, Pline, Marco Polo, le tracé du monde alors connu, et son étude est indispensable pour bien comprendre les idées de Christophe Colomb sur la découverte de l'Asie par la voie de l'Occident. BCHAINE (Pierre-Josoph-Georges Pigneac de), missionnaire français, évoque d'Adran et prince de Cochinchine, né à Origny-en-Thiéracho (Aisne) en 1741, mort à Saigon en 1799. Cet ardent missionnaire s'embarqua en 1765 pour les Indes. En 1774, après maintes vicissitudes, et nommé évoque, il retourne à Macao, visite le Cambodge, puis la Cochinchine, et y entre en relations avec le princo Nguyen-Ahn, le futur Gia-Long, dont il devient l'ami et le conseiller. En 1787, il revient en France implorer l'appui do Louis XVI pour son protégé, et y conclut un traité d'alliance ; puis, rentré en Cochinchine, intervient dans les aifaires militaires , se montre général consommé, et, assisté d'officiers et de marins de la Dryade, prend une grande part à la guerre qui, dès 1793, rétablit le roi Nguyen-Ahn dans la partie méridionale de son empire. Il mourut en 1799, ayant jeté les premières bases de l'influence française en Cochinchine, et inspire à Gia-Long une affection telle, qu'il prononça lui-mémo funèbre du missionnaire français.
BÉHARUS {russ — de l'hébreu bahar, stupide) n. m. Genre d'insectes hémiptères hétéroptères, famille des réduviidés, renfermant des réduves américains noirs, pubescents, tachés de rouge. L'espèce type du genre {beharus lunatas) habite Cayenne.
Behbehan ou Babahan,
ville do Perse (Farsistan), dans la haute vallée de l'Ab-Ergoun, branche gauche du Kourdistan- Roud ; 4.00O hab. Centre important d'arrivage des blés du Nord, que les caravanes portent de là au golfe Persique. Sources de naphte.
BÉHÉMOTB (mot') n. m. Animal fantastique dont il est parlé au livre de Job, et qui joue un grand rôle dans les superstitions des rabbins. On l'identifiait jadis avec l'éléphant; il est plus probable qu'il représente l'hippopotame du Nil.
— Enctcl. Dans plusieurs traités de démonologie, le nom de Béhémoth est cité parmi ceux des esprits du mal. Dans le procès d'Urbain Grandier, sœur Jeanne dos Anges fut accusée d'étro possédée de béhémoth.
Beharus (n
Beham (Haus Sebald), peintre et graveur allemand, no à Nuremberg en 1500, mort à Francfort en 1550. Comme peintre, il n'est guère connu que par le retable, en quatre panneaux triangulaires, exécuté pour Albert de Brandebourg (1534) [aujourd'hui au Louvre] : Saûl, David et Bethsrtiée, etc. Citons encore huit miniatures des livres de prières du cardinal Albert de Brandebourg (château d'Achaffenbourg). II est beaucoup plus remarquable par ses nombreuses pièces gravées sur cuivre ou sur bois, d'une grande originalité, d'une exécution troshabile, particuliôreraont dans la représentation des scènes de paysans et de soldats.
Beham (Barthélémy), peintre et graveur allemand, frère du précédent, né à Nuremberg en 1502, mortùRomo en i.jio. Ou peut le placer à la tête des graveurs qu'on nomme /'S jifiits maîtres. Ses portraits sont excellents. Parmi ses piè,os gravées, au nombre de plus de cent, les plus connues sont ; t'/t'opit<re (1525), Judith (1525), Apollon et Daphné; etc. 11 a traité aussi des sujets religieux et des sujets de genre.
Behanzin, Behaezin ou BedaZIN, roi du Dahomey, né en 1844. Il succéda, en 1889, à son père Glé-Glé. Après la mission Bayol ot l'expédition du colonel Terrillon, il dut signer à Whydah un traité par lequel il reconnaissait le protectorat français. Co fut la violation de ce traité qui amena, en 1892, l'intervention militaire de la France et la conquête du Dahomey. (V. Dahomey.) Behanzin, pourchassé par les colonnes françaises et pris enfin en janvier 1894, fut interné à Fort-de^France (île de la Martinique).
BÉHAR ou Bahar, pays de l'Inde anglaise, une des quatre grandes divisions administratives du gouvernement du Bengale, dont elle occupe le nord-ouest. Elle comprend deux provinces ou commissariats : Bafjholpour et Patna. Les Anglais sont les maîtres du Béhar depuis 1765.
Béhar, ville do l'Inde anglaise (gouvern. de Calcutta [prov. do Patna]), sur un sous-afliuent du Gange , 47.700 hab. Soieries, cotonnades et mousselines; commerce important. Elle était jadis la capitale de \a.province de Béhar.
Beharistau, l'un des ouvrages les plus connus, en Perse, d'Abd-er-Rahman-Djami. Ce traité, dont le titrf signifie « le Printemps » , est divisé en huit sections, nom mées « Jardins ». Cest un livre de morale, écrit dans un style agréable et facile, dont la partie la plus importaniest une biographie des principaux poètes de la Perse, avci des extraits de leurs œuvres. Quoiqu'il n'ait pas l'impor- I de Daulet-Shah, il n'en est pas moins
BÉHEN (bé-én) n. m. Nom arabe de plusieurs racines, autrefois employées en pharmacie.
— Béhen rouge. Racine d'une odeur aromatique ol d une saveur styptique qui provient du statice limonium. Il Béhen blanc ou Silène enflée. Plante do la famille des caryopyllées, qui vient dans les pâturages secs, et dont les feuilles se mangent cuites ou en salade [cucubalus behen).
BÉHÉNANTHE (do l'ar. béhen, œillet, et du gr. anthos, fleur) n. f. Bot. Section du genre silène.
BÉHÊNE n. f. Corde qui sert à attacher par les cornes les vaclies dans l'étable.
Behesht. Hist. relig. V. Behisht.
BéHIER (Louis-Jules), médecin français, né et mort à Paris (1813-1870). Médecin de Louis-Philippe, professeur à la Faculté, membre de l'Académie do médecine, médecin de la Charité, de la Pitié, de l'Hotel-Dieu. En 1874, Béhier obtint à l'Hotel-Dieu, en pratiquant la transfusion du sang, un succès très remarqué. On doit à cet habile praticien des ouvrages est. mes : De l'influence énidémigue sur les maladies (1844) ; Traité élémentaire de patholonic interne (1844-1858), avec le docteur Hardy ; Etudes sur la maladie dite fièvre puerpérale, lettres adressées au professeur Trousseau {\&58) ; etc.
Behisht (isC) n. m. Nom du paradis dans la religion mazdéeime, en pehlvi Vahisht, dérivé du zend Vahislita, superlatif de l'adjectif toiî/iu, httéralement « l'excellent».
BehiSTOUN ou BehiSTÂN, petite localité de la Perse (Kurdistan), au pied de rochers à pic du mont Bagistan (V. ce mot), près de la rivière de Kerkhâh, affluent du Chatt-el-Arab, célèbre par ses inscriptions, très importantes pour l'histoire de l'ancien empire perse.
Behfstoun (inscription de). Cette inscription, la plus importante de celles que l'antiquité achémônide nous a léguées, est gravée sur un
rochi
du
Bagistan. Elle est écrite en caractères cunéiformes, en trois langues ; le perse , le m é d i q u e et l'assyrien. Ces textes ont été publies et Ira Inits In por^
Bas rebef du rocher de betustoun
n n par H Ra^linson le médi
' quo, par E. Norris. Ce sont ces textes qui ont le plus I contribué au déchiffremeut des inscriptioas de TÂssyrie et
do laChaldée.IIs racontent l'histoire des premières années ,] du règne de Darius, sa généalogie; ils renferment Ténu- ' mération des provinces qu'il a soumises, et l'histoire de ses guerres. Un grand bas-relief, qui domino les inscriptions, représente Darius foulant à ses pieds le Ma^e usurpateur et neuf rois vaincus. On y lit une invocation à Ormazd, dont le symbole plane sur toute la scène.
BehM (Ernest), géographe allemand, né et mort à Gotha (1830-1884). D'abord médecin, il collabora aux Geograpltische Miltheilungen, fondées par le D"' Petermann, puis fonda lui-même, en 1860, le Geographische Jahrbuck, annuaire géographique qui, depuis cette époque, parait tous les ans à Gotha. Depuis 1876, jusqu'à sa mort, Behm fut aussi chargé de la partie statistique et géographique de VAlmntiach de Gotha.
Behn (Afra), femme poète ot romancière anglaise, néo à Wye en 1640, morte à Londres en 1689. Fille d'un gou-, vcrneur de Surinam, elle épousa un négociant hollandais. Elle découvrit à Anvers le projet formé par Ruyter do brûler la flotte anglaise dans la Tamise, et elle avertit aussitôt* Charles II, qui dédaigna son avis. Afra vécut au milieu d'hommes d'esprit et de plaisirs, et écrivit d'une plume facile des pièces de théâtre, des romans, où la décence est loin d'être toujours respectée Son meilleur roman est Oronoko ou le Boyal esclave; on lui doit aussi dos traductions de Y Histoire des oracles et de la Pluralité des mondes, de Fontenelle.
BehnES (William), sculpteur anglais, né en 17P5, mort en 1864 à l'hôpital de Middlesex, à Londres. Il cultiva d'abord la peinture, qu'il abandonna ensuite pour la statuaire. Mais, bien quo dans l'opinion des artistes il fût devenu le rival de Chantrey, ses talents n'obtinrent pas du public l'estime qu'ils méritaient. On connaît surtout de lui la statue d'Havelock (Trafalfî;ar square), et celle de R. Peel, à Cheapside. Mais ses bustes du D' Babington et de Follet, le célèbre avocat, sont des spécimens à citer de préférence, pour la fidélité et le naturel, ainsi que ceux de lord Stowel, de Clarkson, du baron Pollock, de Fitzroy Kelly. Il réussissait avec une délicatesse remarquable les bustes de femmes. Son groupe de Lady Godiva, personnage anglais légendaire, révèle une grande pureté de conception et une touche exquise.
BÉHOBIE, village des Basses-Pyrénées, comm. d'Urrugne, cant. de Saint-Jean-de-Luz, arrond. et à 31 kilom. de Bayonne, sur la Bidassoa, à 4 kilom. environ de l'Océan. Très important bureau de douanes.
— Encycl. La restauration complète de la jolie église de Béhobie, en 1860, est due en partie à la munilicenco de l'empereur Napoléon III. Près du pont qui relie la France à l'Espagne, se trouve, au milieu de la Bidassoa, l'île des Faisans, où fut réglé le mariage do Louis XIV avec l'infante d'Espagne Marie-Thérèse. En face do Béhobie, sur le territoire espagnol, eiau sommet d'une montagne, la petite chapelle San Marcial a été élevée pour perpétuer le souvenir de la victoire remportée par les Espagnols sur les Français le 30 juin 1522, jour de saint Martial.
BEHOUR (du vieux mot behourt, qui a signifié laiice) n. m. Joute, tournoi, combat en champ clos, à cheval ot à la lance.
BEHOURD {our') ou BEHOURDI n. m. Autrcf., Le premier dimanche de carême.
BEHOURDER (rad. behour) V. n. Autref., Jouter, et, I>ar ext.. Lutter de raillerie, puis se quereller.
BEHOURDEUR (rad. bebovrder) n. m. Autref., Jouteur, et, par ext., railleur, querelleur.
BEHOURDIS [di— de behour, lance) n. m. Tournoi, combat à la lance. (Le mot s'est conservé, en Picardie, pour designer le premier dimanche du carême, parce qu'originairement on s'y livrait à des joutes, remplacées depuis par des danses et des feux de joie.)
Behram. Hist. pers. V. Bahbam.
Behrens (machine de). Ainsi nommée du nom de son inventeur, cette macliine à vapeur se compose essentiellement de deux cylindres juxtaposés, dans lesquels se meuvent, doués"d'un mouvement de rotation et en sens inverse, deux pistons ayant la forme d'anneaux cylindriques fractionnés. Ces pistons se commandent mutuellement par l'intermédiaire de pignons , exactement sembl£\bles, calés sur leurs axes. Lorsque la vapeur agit sur l'un des pistons, ce dernier communique son mouvement de rotation au second. Le même fait so produit quand la vapeur, cessant son action sur le premier piston, agit uniquement sur le second. Il s'ensuit, dès lors, un mouvement de rotation continu des piston?^. V. ROTATIVE {machirie).
BehRENT, ville de Prusse (prov. de Prusse), ch.-l. >hi cercle de son nom, près de la Ferse supérieure, affl. do laVistule; 4.300 hab. Brasserie, distillerie, scieries à vupeur. — Pop. du cercle du même nom: 46.000 hab.
Behring ou Bering (mer de) [ou mer du Kamtchatka,, luor secondaire de l'océan Paciliaue, dont cllo ucriipo rcxtrémité septentrionale. Au N., elle communique, par le dctroit de Behring, avec l'océan Glacial arcuque; au S., elle est limitée par la ligne demi-circulaire des îles Aléoutienncs et la longue pointe d'Alaska; à l'E., par la côte américaine de l'Alaska, où elle furmo les golfes de Norion et de Bristol ; à l'C, par la côte asiati(|ue do la Sibérie et du Kamtchatka (golfe de l'Anadyr). Elle s'étond, du N. au S., entre le 52* et le 65« decré de lat. N. Cette mer renferme : l'île Saint-Laurent (l'île Ivorien dos Russes), à l'entrée du détroit; les îles Nounivok, sur la côte d'Alaska; de Behring, au large du Kamtchatka; Saint- Mathieu et Saint-Paul, dans la partie centrale. Elle reçoit doux fleuves importants : l'Anadyr, qui arrose l'extrémité N.-E. de la Sibérie, et surtout' le Youkon, qui naît dans la Colombie britannique, et traverse toute la pénmsuie de l'Alaska. Les côtes glacées et désertes de cette
mor n'ont gu6ro do ports; à pcino pout-on donner co nom à Olioiitorsk, sur la côto sibtTionno, ot à Saint-Michaol, dans io golfo de Norton : cependant, la docouverto do l'or dans io Bassin du Youkon (I89G) donne à ce dernier poste, situô à proximité do l'onihouchure du flouvo, une importance nouvollo. V. Klondykk, Yodkon.
Behring uu Bering (m'crnoiT dk), détroit situé entre ^oxtrl■Illll<^ N. ]•;. du lomniciit asiatique ot l'extrémité N.-<). do l'Aiiu-iiiiiii» du Nnnl ; il fait communiquer los eaux do l'océan (Jlarial an-fuiiK- ol .u'iles do la nier do lîclirin^'. nior secondaire do l'océan Paciliquo. Sa Inni-innr .m l oiiviron 200 kilom.; sa lareour, au point !'• [lu ■ n-ii . [m est entre le cap Oriental (Asie) ot le cai» Hn l'i un •- h t ialli^s (Amérique), serait do 92 kilom. Sos plus -ran'lcs iirutondours atteignent 50 et 90 m. Un îlot, l'ilo iJiomùde, so trouve on son milieu. Ce détroit est parcouru par dos courants ; Je long do sos côtos, los eaux froides do l'océan Glacial affluent vers le S., tandis qu'on son contre un courant chaud, qui so rattache au grand courant du Pacifique N., le Kouro-Siwo, remonte vers le N. Malgré ces courants, qui pourraient faciliter la navigation dans le détroit, celui-ci n'a aucune valeur économique ; durant do I longs mois, il est complètement formé par les glaces, ot il donne accès dans un océan on tout temps impraticable. ' Probablement connu des Japonais (ainsi que semble l'in- 1 diquer une carte japonaise du British Muséum, à Londres), suivi, sur sa côte asiatique, par le Cosaque Dochnef, en , 1G48, il no fut reconnu qu'on 1728, par le navigateur da- I nois, au service do la Russie, Behring, qui lui donna son nom. Lo capitaine Cook l'explora en 1778.
Behring ou Bering (île de), île montagneuse ot stérile lie la mer du môme nom, la plus occidentale dos Aléoutes, dans le groupe dit du Commandeur, dècoviverte en 1740 par Behring, qui y mourut l'année suivante.
Behring ou Bering (Vitus), navigateur danois, no à Ilûrseus (Jutland) on i680, mort en 1741. Il s'était fait connaître comme un excellent marin, quand Pierre lo Grand, qui s'otforçait do donner une marine à la Russie, le prit à son service, en 1706, et l'attacha à rétablissement naval récemment fondé à Cronstadt. Pendant la guerre contre la Suède, Behring se distingua de toile sorte que, après la paix, Pierre le Grand le choisit pour diriger une expédition scientifique dans les mers du Kamtchatka. Ce fut là un des derniers actes du tsar, qui mourut le 8 février 1725. Behring partit peu après, emmenant avec lui sou compatriote Martin Spangenberg, alors lieutenant dans larmée russe. A la suite d'un loug et périlleux voyage à travers la Sibérie, il atteignit lo Kamtchatka, dont il par.ourut les côtes désertes. Bientôt (1728). il acquit la crriiuule que le continent asiatique ne so joignait point, t-niinne on lo prétendait à cette époque (et comme on lo iriit môme plus tard encore), avec le continent américain. I'in: ans plus tard, Behring repartit pour rechercher si les i-o[(s occidentales du détroit qui porte maintenant son iiMiii faisaient partie du continent ou d'autres îles interiihiialros. Ayant deux bâtiments sous ses ordres, il traversa la mer d'Okhotsk et gagna la côto nord de l'Améri<[iie. Mais d'efi'royables tempêtes, et une santé épuisée, 1 Vitipêchôrent de remplir sa mission jusqu'au bout. Il fut ji't''> sur l'île déserte et glacée d'Avatscha (appelée depuis Ur ilc Behring), où il mourut presque aussitôt. La postérité a (iniiné, ajuste titre, le nom de ce hardi navigateur au d'-rr-iit qui sépare l'Amérique de l'Asie.
Behring (affairk des pêcheries de). Un arbitrage inirrnational a réglementé la pêche des phoques dans la nn-r do Behring. Ces phoques, qui fréquentent les îles PiUiilov, sont tués en telle quantité, que l'éventualité dc'lriir destruction a dû être envisagée. Le gouvernement il' s Kiats-Unis a réglementé la pêche, après avoir acheté l'Alaska à la Russie (1867), mais les pêcheurs de la Cobinhio britannique, à partir do 1878, se mirent à les chasser (h haute mer. Ils furent poursuivis par la justice américaine. Après des négociations tendant à émettre une réglenuntation(i886-1890), et au cours desquelles les Etats-Unis liiiMit usage des droits auxquels ils prétendaient, un modus VI midi fut adopté le 1 5 juin 1891, une convention d'arbitrage M:.ii<'o le 29février 1892,et un nouveau modus vivendi'ù.vvtxé
10 is avril suivant. Le tribunal arbitral so réunit à Paris. Los arbitres rendirent, le i5 août 1893, une sentence par lai I iii'lle ils condamnent les prétentions des Etats-Unis, mais rlioiont, dans l'intcrêt de la conservation des phoques, des ro^'l.s portant sur la limitation do la saison de la pèche, 1 ri;ililissemont d'une zone do protection, l'interdiction de cniains engins, etc.
BcHUARD, comm. de Maine-et-Loire, arrond. et à
11 KiImiii. (1 Angers, dans une île de la Loire; 176 hab. Cli;i|Mll.- ^■utliique qui était lionorée d'une dévotion partinili. iii par Louis XI, avec un portrait de Louis XI, peint d a|i!(s nature, et donné à la chapelle par Charles VÏIÏ.
Béhuchet (Nicolas), surnommé BÉHUGHET de l'Ecluse, n'est guère connu que par sa tin tragique après la l.ataille navale do L'Ecluse (24 juin 1340}, où lui et Hue (.tiiiorot furent vaincus par Edouard III. Le roi d'Anglel'Mio lo fit pondre au mât do son navire. Il est prouvé aujourd'hui, grâce à une remarquable étudo de S. Luce, i|no ,Q supplice lui fut infligé à la suite d'un soufflet qu'il iio ii-aignit pas de donner à Edouard III en présence de 1mm!. 1 sa cour, exaspéré par l'accueil méprisant que lui fit !-v mi quand on l'amena prisonnier devant lui. Homme de ( -oiiiance do Philippe VI, Béhuchet était devenu maître 'los eaux et forêts, tut anobli en 1328, trésorier du roi, puis OMiisiMller, maître dos comptes et amiral de la mer. A la siiii- -Itine expédition heureuse sur los côtes d'Angleterre, io i-oi l'avait l'ait chevalier.
BÉHURIE u. f. Genre de mélastomacées, ayant pour typo lia arbuste glabre ou pubescent du Brésil méridional.
Beï-bazar, ville de la Turquie d'Asie (Anatolie [prov. '1 An-mal. sur un sous-affl. du Sakaria; 15.000 hab. en- Mi'on. Fruits.
Beich ^Joachim Franz\ peintre et graveur allemand, nô à Ravensburg (Souabe) en 1665, mort à Munich on 1748. Il eut pour maître son père, Daniel Beich, et a- hova de se former en Italie, en étudiant les œuvres '\n iliiaspre. Il peignit, dans la manière de ce dernier, des loi\ sages dans lesquels il plaça des scènes historiques. Nos compositions sont riches do détails, ot d'un style élevé; la lumière y est distribuée avec art, l'exécution en est soignée, mais quelques-uns de ses tableaux pèchent par cotte'lourdeur du coloris qui était un des délauts de
l'ëpoquo. Quatre toiles de Beich sont à Munich, doux à Vienne. Boich fut nommé peintre de la cour do Bavière. Il a gravé A l'eau-forto une trentaine de pièces.
BeÏ-CHEHR, ville do la Turquie d'Asie (Anatolio), à l'extrémité du lac do /ieï-Chchr, sur lo plateau do Karamanie.
BEID-EL-SAR n. m. Espèces d'asclépiadacées d'Egypte [calotropis procera ot asclcpias comuli), dont lo suc laiteux ot caustique est appliqué avec succès sur los boutons vénérions ot sur los morsures do la vipère, ot dont les graines sont entourées d'un duvet soyoux, employé on Egypte aux momos usa^'os (juo l'amadou et lo duvet des oiseaux.
Beierlinck, savant flamand. V. Beykrlinck.
BEIGE (do l'ital. bigio, gris, brunâtre) adj. So dit de la laine ot des tissus, draps, serges, etc., qui n'ont reçu aucune teinture ni blanchiment ot conservent leur couleur naturelle : Laine beige.
— n. f. Etofl'e, tissu do laine boigo qui n'a reçu aucune teinture.
BEIGNE (hè) ou BEUGNE {gn mil. — du celt. bigne, enflure) n. f. Pop. Enflure qui provient d'un coup : Avoir une BEioNK au front. \\ Coup qui produit cette enflure : Donner, attraper des heugnks.
BEIGNET {bc'-gnè [gn mll.l — du celt. big7ie, tumeur, d'où l'anc. franc, beugne, enflure) n. m. Mets ou entremets composé d'une substance alimentaire trempée dans une pâte à frire et passée ensuite dans une friture chaude.
— Encycl. On fait des beignets de célori, de salsifis, de choux-fleurs, de carottes, des beignets au fromage, des beignets d'anchois à la niçoise, etc. ; mais le beignet est surtout connu comme entremets sucré, fait avec des pommes, des poires, des abricots, des pêches, des oranges, des ananas, ou de la crème. Le plus commun est lo beignet de pomme. Après avoir pelé les pommes et les avoir coupées en tranches minces, les faire macérer dans l'eaude-vie, avec du sucre et de la cannelle. Ensuite, égoutter chaque tranche, la tremper dans une pâte à frire préparée d'avance, puis la mettre dans la friture. Quand les beignets sont cuits, les égoutter, les saupoudrer de sucre.
— Beignets soufflés. Il faut d'abord préparer une pâte do cette manière : mettre dans une casserole de l'eau, du beurre, du sucre et un peu do sel. Quand le sucre monte, ajouter de la farine. Au bout de quelques minutes, retirer la pâte du feu et la mettre dans une casserole, où l'on ajoute quelques jaunes d'œufs et quelques œufs entiers. Agiter fe tout vivement, puis mettre le quart d'un zesto d'orange et des blancs d'œufs fouettés. Pour faire ensuite les beignets, tremper le dos d'une écumoire dans la friture, puis abattre avec cette écumoire un morceau de pâte gros comme une petite noix, et lo faire tomber dans la friture, où il se gonfle beaucoup en cuisant. Saupoudrer de sucre les beignets cuits.
Beignon, comm. du Morbihan, arr. et à 18 kilom. de Ploërniel, près de l'Aff ; 1.272 hab. Tanneries.
Beijoz, ville du Portugal (prov. de Beira) ; 2.200 hab.
Beikos, bourg de la Turquie d'Asie (Anatolie), sur le Bosphore; 4.305 hab. Tannerie, cordonnerie ; pêcheries. Ce bourg est situé près de l'embouchure du Beikos, qui arrose la vallée d'Honnkiar-Skélessi (traité de 1833}. — Pop. du canton de Beikos : 9.500 hab.
BeÏLAN, ville de la Turquie d'Asie {Syrie [pachalik d'Alepjj, dans l'Elma-Dagh ou Amanus, non loin du col do Beilan, les anciennes Portes de Syrie (Pyîœ Syriee) ; 4.200 hab. Alexandre franchit le col de ce nom avant de battre Lïarius à Issus. Ibrahim-Pacha y défit les Turcs en 1832.
Beilen, ville des Pays-Bas (Drenthe) ; 5.500 hab.
Beilngries, ville de Bavière (cercle de la Franconie moyenne), ch.-l. du gouvernement de son nom, sur l'Altmiilh ; 1.876 hab. Brasserie, distillerie.
BEILSCHMIEDIE (de Beilschmied, n. pr.) n. f. Genre de lauracées, tribu des cinnamomées, comprenant des arbres à feuilles alternes ou presquo opposées, des Indes orientales.
BEILSTEIN (de Beilsten, ville du Wurtemberg) n. m. Silicate de magnésie, chaux et fer, variété compacte, blanc verdâtre, d'actinote. Syn. do néphrite.
Beilstein (Frédéric-Conrad), chimiste russe, né à Saint-Pétersbourg en 1838. En 1866, lo gouvernement russe le chargea de l'enseignement de la chimie à l'Ecole industrielle et à l'Ecole du génie militaire de sa ville natale. Les travaux de Beilstein ont surtout porté sur les principaux corps de la série aromatique; les dérivés de la benzine, du toluène, de la naphtaline, de l'acide benzoïque; leurs isoméries, etc.; c'est, en partie, sur ses découvertes que sont basées certaines théories chimiques actuelles. En chimie analytique, il a trouvé de précieuses méthodes pour la détermination du zinc, la séparation du fer et du manganèse, etc. L'industrie lui est aussi redevable de la détermination exacte des hydrates de carbone contenus dans les pétroles d'Amérique et du Caucase.
Outre un Guide d'analyse chimique, très apprécié, on doit à Beilstein un mémoire sur la Diffusion aes liguides (1859), et un Manuel de chimie organique (1881 et 1882).
Bein (Jean), graveur français, né à Strasbourg en 1789, mort à Paris en 1857. La Vierge Niccolini, d'après Raphaël, est son œuvre la plus connue. C'est par la délicatesse et la netteté du travail que se distinguent ses œuvres.
Beine, ch.-l. de cant.de la Marne, arrond. et à 14 kilom. do Reims, sur le plateau crayeux qui sépare la Suippe et la Visio ; 775 hab. Filature de" laino ; fabrique do toile pour bluterie. Fonts baptismaux romans très anciens dans l'église. — Le canton a 19 comm. et 10.329 hab.
Beira, province centrale du Portugal, située le long de l'océan Atlantique; 1.462.000 hab. sur 24.000 kilom. carr. La capitale est Coimbre. Depuis 1835, la Beira se divise en deux provinces ; la Haute-Bkira, ch,-L Viseu, et la Basse-Bi-ura, ch.-l. Castello-Branco.
Beira, ville maritime de l'Afrique occidentale, dans l'estuaire commun aux fleuves Pongoué et Bousi ; 2.000 hab. Tèto de ligne d'un chemin de fer vers le Machoua. Commerce de caoutchouc, ivoire, cire, arachides.
BeiSBARTH (Charles-Frédéric), architecte allemand, néàStuttgard en 1809, De 1829 à 1831, il étudia l'architecture à Paris, sous la direction d'Edouard Isabelle ; puis, do 1831 à 1833, il fut l'élève de l'architecte Gartner, de
BEHRING — HKJART
Munich. Ensuite, il visita l'Italie ot la Sicile, so livrant avec ardeur à l'étude do l'architocturo ancienne et du moyen âge. Do retour dan» sa ville natale, aj>rës une absence de sept ans, il participa â la construction duMuséo des beaux-arts et à celle du grand théâtre royal (1845). U a également construit plusieurs h^t^ls particuliers, an asile d'enfants à /nrich, et il a dirigé la restauration do plusieurs églises gothiques on Wurtemberg- On a de lui de très beaux dessins; notamment, les illustrations du grand ouvrage die Kun»l dot Mittc/nltcra in Sckwahert.
BeirOUT. Géogr. V. Bhyroutii.
BEISA n. m. Espèce do grande antilope du genre oryx, qui habite lo noru-ouest de l'Afrique, v. oryx.
Beisler 'Ilcrmann de), homme d'Eiat allemand, né A. Benshoim en 1790, mort à Munich en I8r.9. U suivit tour à tour la carrière militaire et la carrière administrative. En 1838, il devint président de la régence de la Basse-Bavière. Lorsque le ministère présidé par Abel fut forcé do quitter los aff'aires, en 1847, Beisler lut ministre de la justice du royaume de Bavière, ensuite ministre do l'instruction publique et des cultes en 1848, et envoyé, j>cu après, à l'Assemblée nationale do Francfort. Au mois do décembre do la mémo année, il prit lo portefeuille de l'intérieur, puis il devint conseiller d'Etat, et ensuite président do la cour des comptes. On lui doit : Observations sur lad' mintstration communale (1831).
Beit-DJIBRIN [y Elcuthéropolis des anciens, ou la Bethqabara des Juifs), village de la Turquie d'Asie (Syrie), sur la route do Jérusalem à Gaza. Cette ville fut le siège d'un évôché, dans les premiers siècles du christianisme. Rasée en 790 par les Sarrasins, reconstruite au xiï' siècle par les croisés, prise par les musulmans, reprise par Richard Cœur de Lion, détruite complètement par Bibars, ce n'est plus aujourd'hui qu'un village, dont les ruinessoDtcurieuses à visiter. Une tradition place en cet endroit l'exploitdeSaznson, tuant les Philistins avec la fameuse mâchoire.
Beït-el-fakih ou Beït-el-fakah, ville d'Arabie (Yémen); 4.000 hab. Centre du commerce et entrepôt du célèbre café dit moka.
Beit-EL-MA, village de la Turouie d'Asie (Syrie [pachalik d'AIcpj), sur rOronte et sur l'emplacement de l'antique Daphné, lieu où la nymphe de ce nom, selon la mythologie, fut changée en laurier.
BÉJA, ville de Portugal (prov. d'Alemtcjo); 8.500 hab. Ch.-I. du district de Béja; siège d'un évéché, suffragant d'Evora. Tanneries, fabriques de faïence. Quelques restes de constructions romaines, débris de l'ancienne Pax JuUa.
— Le concelho du même nom est peuplé de 24.000 hab.; le district, de 161.000.
BÉJA, ville de Tunisie, ch.-l. d'un contrôle civil et d'un caidat, sur un mont du Djebel-Acheul ; 4.000 hab. La principale mosquée de la ville, une ancienne basilique, est consacrée à Sidi'Aissa, c'est-à-dire au • Seigneur Jésus». Marchés de grains. De nombreuses mines sont situées dans les montagnes au N. de la ville.
BÉJAR, ville forte d'Espagne (Léon [prov. de Salamanque]); 12.100 hab. Fabriques de draps et lainages; jambons; sources minérales et bains fréquentés. — Pop. du district : 41.500 hab.
BÉJARE ou BÉJARIE (du n. de Béjar, botan. espagn.) n. f. Genre d'éricacées, tribu des rhododendrées, comprenant quelques arbrisseaux de l'Amérique boréale et australe, des Andes, du Pérou, et dont deux espèces, la béjare à grappes et la béjare glauque, sont cultivées, ti Plusieurs écrivent par erreur béfare, bëfarie.
BéJART, famille do comédiens qui jouèrent tous dans la troupe et dans los pièces de Molière, et firent preuve d'un véritable talent comme acteurs comiques. Ils étaient quatre : Joseph, Louis, Madeleine et Armande Béjart. — Béjart (Joseph"!, né à Paris en 1622, mort en 1659, fit partie, bien que bègue, de la troupe avec laquelle Molière parcourut la province. On lui a attribué un Becueil des titres, qualités, blasons et armoiries des prélats et barons des états du Languedoc, tenus en f634 (Lyon, 1655). — BèjartfLouis), né à Paris en 1630, mort en 1678, vint se fixer avec Molière à Paris en 1653. et créa des rôles dans presque toutes les pièces de l'illustre auteur. —Béjart (Madeleine), née à Paris en 1618, morte en 1672, jouait les rôles de soubrette dans la troupe de Molière, dont elle devint la maîtresse.
— Béjart (Armaîïde-Grésinde-Claire-Elisabeth), femme de Molière, née en 1642, morte à Paris en 1700. Le lieu et la date précise de sa naissance sont ignorés. Tous les contemporains de Molière ont cru qu'elle était la fille de Madeleine, et, celle-ci ayant été la maîtresse de Molière, les ennemis du ^rand comique l'ont accusé d avoir épousé sa propre tille. Louis XIV répondit à ces calomnies en tenant sur les fonts le premier enfant né du mariage de Molière et d' Armande, et l'acte de mariage même, retrouvé et publié par Beffara, porte en efi'et qu'elle était fille de Marie Hervé comme Madeleine, et par conséi^uent sœur de celle-ci et non sa fille. Toutefois, les déclarations contenues dans cet acte ont été jugées fausses par Loisoleur, Marie Hervé ayant, lors de cette naissance tardive, plus de cinquante ans, et Madeleine, alors liée avec un grand seigneur, le duc de Modène, qu'elle espérait épouser, ayant intérêt à dissimuler une grossesse. L'état civil d'Armando Béjart reste donc douteux.
Elevée dans le Midi, par une parente do Tristan L'Hermite. elle épousa Molière on 1662. Elle parut pour la première fois sur le théâtre en 1663, dans le rôle d'Eliso de la Critique de l'Ecole des femmes, rôle d'une jeune femme sensée, spirituelle, maniant l'ironie avec une verve mordante. Elle créa ensuite ceux de la princesse, dans la Princesse d'Elide; d'Elmire, dans Tartufe, ce type de la parfaite honnête femme, avec un ^ain de coquetterie qui le rond plus attrayant; de Célimène, dans le Misanthrope, rôle de grande coquette, qui fut son triomphe et la plus fameuse de ses créations; a Elise, dans C Avare; do Lucinde. dans le Médecin malgré /hï; d'Angélique, dans Georges Dandin; de Lucile, dans le Bourgeois gentilhomme ;
Ni
Armande Uejart.