BELFORT - BELGIQUE
BeLFORT ou BÉFORT, ch.-l. du territoire de Belfort, anciciioe sous-préfecture du Haut- Rhin, sur la Savoureuse, à 69 kilom. de Colmar, 443 kilom. de Pans. Pop. a^el. 20.493; pop. totale, 28.715 hab. yBelfortains, mnes.) Kibunal de première instance, de commerce, et justice de paix. Lycée, école normale d'instituteurs, bilihothèque, musée, théâtre. Centre industriel important. Constructions^ mécaniques, forges, horlogeries, trétileries, machines agricoles, etc. ; tissages, filatures de laine et de cotou; corderies, bonneteries , chapelleries ; brasseries , distilleries de kirsch, etc.
— Histoire. Belfort doit son origine et son nom à un château fort construit sur le rocher à pic où se trouve la citadelle. Edifié sans doute au xii" s., ce château est mentionné pour la première fois enl226. Il appartint successivement aux comtes de Montbéliard, aux comtes de Ferrette, puis, au xiv* siècle, à la d'Autriche. Pendant la guerre de Trente ans, Belfort fut reconquis par les armées françaises et réuni au royaume par le traité de Westphalie (1648). La seigneurie de Belfort fut donnée, en 1659, au cardinal Mazarin, et resta, jusqu'à la Révolution, propriété des ducs de Mazarin et de I-.a Meitleraie.
Vauban fit de Belfort une forteresse do premier ordre destinée à couvrir le passage entre les Vosges et le Jura (i686). Il construisit la citadelle et l'enceinte bastionnée qui sépare la ville do ses faubourgs. L une des deux portes de la ville (porte de France) a été démolie ; l'autre (porto de Brisach) reste comme l'un des plus beaux spécimens de l'architecture militaire au xvii" siècle.
Assiégé en 1814 par un corps d'armée bavarois, Belfort se défendît courageusement, et ne céda qu'après l'abdication de Napoléon. Bloqué de nouveau par les alliés en 1815, il put résister encore avec une poignée de soldats, grâce à l'habileté du général Lecourbe et au patriotisme de ses habitants.
En 1870-1871, Belfort fut assiégé par les troupes du général de Treskow pendant 103 jours (4 nov. 1870-18 févr. 1871 ). La garnison, commandée par le colonel Denfert-Rochereau, repoussa les attaques de l'armée prussienne avec une telle énergie, que la ville fut surnommée par l'ennemi « fabrique de morts » [todtenfabrik).
La population, de son côté, supporta avec héroïsme ce long siège et un bombardement de 73 jours, qui jeta dans la place 98.000 obus. Enfin, le 18 février 1871, sur l'ordre du gouvernement de la Défense nationale, Belfort se rendit, et la garnison sortit avec les honneurs de la guerre. Là fut tiré le dernier coup de canon de toute la campagne. Grâce à cette belle résistance, et aussi aux etforts de Thiers, Belfort resta français après le traité de Francfort.
C'est en l'honneur des défenseurs de Belfort que Bartholdi a sculpté le lion gigantesque adossé au rocheràpic du château. Surlaplace d'armes, o Quand même 1 « (v. ce mot), groupe en bronze de Merciô, rappelle aussi lesouvenirdu siège.
BeUbrt a obtenu, en 189S, le droit de faire figurer dans ses armes la croix de la Légion d'honneur.
Belfort, devenu place frontière, a éto transfurnu!- un un immense camp retranché. Les forts du Château, de la Justice, de la Miotte, des Barres, Denfert-Rochereau, des Hautes et des Basses Perches entourent la viUe Ceux du ballon de Ser-
général est à Besançon; il est le siège de la 14" division etdelaSS* brigade d'infanterie.IIappartient au 17'arrond. forestier, à l'arrond. minéralogique de Dijon ; relève, pour le service des douanes, de la direction d'Epinal; ressortit à la cour d'appel de Besançon, à la cour d'assises de la Haute-Saône; fait partie de l'académie de Besançon. Au point de vue religieux, il a été détaché, en 1874, du diocèse de Strasbourg pour être incorporé au diocèse de Besançon. Le territoire de Belfort est une région déprimée, comprise entre lei ballons vosgiens au N. et les premiers chaînons jurassiques au S. Tous les terrains s'y rencontrent, ce qui explique la diversité des aspects et aussi des cultures. La limite entre les bassins hydrographiques du Rhin et du Rhône est constituée, non par une chaîne de collines (collines de Belfort, de quelques auteurs), mais par un plateau à peine ondulé, s'abaissant en un point jusqu'à 325 m. d'alt. (au prétendu col de Valdieu). C'est une grande voie naturelle de communication entre la vallée de la Saône et celle du Rhin : on l'appelle Trouée de Belfort ou Porte de Bourgogne. Cette dépression est traversée par le cana' du Rhône au Rhin, par de grandes routes, et par les voies ferrées qui unissent la France à la Suisse et à l'Allemagne : lignes de Paris et de Besançon à Belfort, se prolongeant par celles do Belfort à Petit-Croix et