BELGIQUE
répandus un pou partout, mais lo brun on plus forw» proportion dans la région wallonne. L'élément brun, le plui? ancien, serait venu du midi de l'Europe, l'élément blond descendrait des Coites ot des Germains; ceux-ci, en petit nombre au temps de Jules César, s'augmentèrent dans la suite par dos immigrations, principalement dans la région seplentrionalo du pays; dans cette région, où l'influence romaine fut faible, la population conserva la langue et lo caractère germanique; la population do la région méridionale se romanisa profondément. Do là, l'origine ot la persistance dos douxlanguos qui so partagent le pays suivant une ligne qui va à pou près do Saint-Omer à Visé.
— II. Gkograpuik POLiTiQL'E. La forme du gouvernement do la Belgique est la monarchie constitutionnelle, représentative et héréditaire. La Constitution, promulguée lo 7 février 1831, proclame l'égalité de tous les citoyens devant la loi, la liberté des cultes, la liberté de manifester ses opinions en toute matière, la liberté d'association, celle des langues, de l'onsoignoment ot do la presse. Elle consacre aussi deux grands principes : celui de la souveraineté nationale et celui de la séparation dos trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La Constitution a été révisée en 1893, principalement en vue d'étendre lo droit de suffrage pour l'élection dos membres des deux chambres législatives, lo sénat et la chambre des représentants. Le roi est lo chef du pouvoir exécutif, mais aucun do ses actes ne peut avoir d'effet que s'il est contresigné par un ministre, qui, par cola seul, s'en rend responsable.
Sous lo rapport administratif, lo pays est givisé on 9 provinces : coUes-ci sont divisées on 41 arrondissements administratifs, qui sont subdivisés en 2.604 communes. Les provinces sont : Flandre occidentale, Flandre orientale, Anvers, Limbourg, Brabant, Hainaut, Namur, Liège, ot Luxembourg. La capitale du royaume est Bruxelles; les autres villes los plus peuplées sont : Anvers, Liège, Gand, Malines et Vorviers. La population totale du royaume est do 6.500.000 hab. (Belges.)
— Religions. La population belge est en très grande majorité catholique. 11 y a 6 diocèses, à la tête desquels se place l'église métropolitaine et primatiale de Malines; les églises cathédrales de Liège, Namur, Tournai, Gand et Bruges sont les suffragantes do cet archevêché. On évalue le nombre des protestants à lO.ooo ; pour eux existe un Synode de l'union des Eglises protestantes évangéliquos. Enfin, un Consistoire israélite dirige les alTaires religieuses des juifs, au nombre do 3.000 dans la contrée. Les ministres do cos trois cultes sont rétribués par l'Etat.
— Instruction publique. La Constitution bol^e proclamo la liberté absolue de l'enseignement, c'est-à-dire quo tout
fiarticulier, belç© ou étrangler, toute association particuière, peut ouvrir des établissements quelconques d'enseignement. Les écoles primaires sont au nombre do 6.400, et renferment 720.000 élèves. L'enseignement moyen est donné, au degré inférieur, dans 83 écoles moyennes pour garçons et 40 pour filles, ot, au degré supérieur, dans 35 athénées et collèges. L'enseignement supérieur est donné dans quatre universités : à Liège, Gand, Louvain et Bruxelles ; il y a en outre à Bruxelles une Ecole des hautes études, do création récente. H existe un grand nombre d'écoles d'enseignement spécial de tout genre : militaire, industriel, commercial, agricole, artistique, etc.
— Finances. Le budget annuel de l'Etat dépasse 400 millions de francs. La dette pubhque est environ de 2 milliards 250 millions de francs.
— Armée. Par la conférence de Londres {juin 1831), le royaume de Belgique a été déclaré neutre, et son territoire inviolable ; mais cette déclaration ne dispense pas la nation belge de veiller à la défense de sa neutralité : au contraire, elle lui en impose le devoir, autant pour mériter et assurer son indépendance que pour contribuer, autant que possible, à faire de son territoire une véritable barrière entre les nations belligérantes. L'organisation de l'armée et du système défeusif est donc toujours restée dans les préoccupations du gouvernement, tout en suivant les vicissitudes des événements extérieurs ot l'influence de ceux-ci sur l'opinion à rintérieur. L'armée so recrute par un tirage au sort annuel et par des engagements volontaires. L'effectif des hommes en activité est d'environ 48-000, et l'eft'ectif général de 160.000. Le système de défense du territoire est basé d'abord sur la place forte d'Anvers, défendue par une ceinture de forts, ensuite, pour la défense de la vallée de la Meuse, sur une ceinture do forts autour de Namur et une autre autour de Liège.
— m. GÉOGRAPHIR ÉCONOMIQUE. Sur los 2.945.589 hoC-
tares qui constiiuent le territoire belge, le domaine agricole en occupe 2.705.000. Los cultures les plus étendues sont celles du seigle, du froment et de l'avoine, celle de la pomme de terre et des plantes fourragères. La culture des céréales tend à diminuer, et ne suffit pas à la consommation intérieure. La population agricole comprend environ 1.200.000 individus.
L'industrie est très développée; on évalue à 950.000 le nombre des personnes qui y sont occupées, ot à 2 milliards 200 millions de francs la valeur de la production annuelle. Ses principales branches sont : 1» l'exploitation des mines do nouille, dont les principaux sièges sont autour do Mons, de Charleroi, et de Liège, et qui occupe à peu près 100.000 personnes; ensuite l'exploitation des carrières de pierre à bâtir, de pierro à chaux et do marbres, dans les provinces do Hainaut, Brabant et Namur, et d'ardoises dans les provinces de Namur et de Luxembourg; 2° l'industrie métallurgique, comprenant la fabrication de la fonte dans 28 hauts fourneaux situés principalement aux environs de Charleroi et de Liège, la fabrication de l'acier à Seraing, la construction des machines à Seraing, à Gand, à Couillet (près do Charleroi), les armes à feu do luxe, de commerce et de guerre, dont le centre est Liège ; 3» la verrerie et la cristaUerie, dont les principaux sièges sont aux environs de Charleroi, de Namur et de Liège; 4'» l'industrie manufacturière, représentée par la fabrication des draps (arrond. de Vorviers), celle des étoffes de laine, flanelles, couvertures, etc., autour de Vervîers et dans les Flandres, celle des fils et tissus de coton et celle des toiles dans les Flandres; enfin, la fabrication des dentelles de divers genres dans les provinces d'Anvers, de Brabant et de Flandre. Parmi les autres branches d'industrie, les plus importantes sont lameunerie, la brasserie, et la fabrication du sucre.
Le commerce spécial avec les pays étrangers, importations et exportations réunies, s'élève annuellement à plus de 3 milliards de francs. Les plus importantes en valeur des marchandises importées et déclarées en consomma-
tion sont : gtains do touto espèce, produits chimiques, ré* sines, laines, peaux brutes, graines oléagineuses et café. Los principales marchandises belges exportées sont : lin ot fils do lin, houille, ouvrages on fonte et on fer, grains do touto espèce, viandes, verreries. Los pays avec les* fjuols le commerce est le plus important sont : la France, 1 Angleterre, l'Allomagno, los Pays-Bas et les Etats-Unis do l'Amérique du Nord.
La BelgKjue a un réseau do voies do communication très développé en raison do l'exiguïté de sa superficie; plus de 9.000 kilom. do routes do 1 Etat ot dos provinces; 4.572 kilom. de chemins do fer, ot à pou près 2.200 kilom. de voies navigables (cours d'eau ot canaux) ; les canaux de Gand à Ostcnde et do Gand à Torneuzen. de Bruxelles au Hupel, ot do Louvain à Malines, reçoivent des bâtiments do mer; il y a aussi 6.350 kilom. de lignes télégraphiques, et les communications téléphoniques commencent à .s'etcndro dans tout lo pays; Ostcnde et Anvers ont un service journalier vers Londres; enfin, des lignes do navigation régulières partent d'Anvers pour toutes les parties du monde.
— IV. Histoire. Lorsque, au milieu du i" siècle avant l'èro chrétienne, Jules César entreprit de conquérir touto la Gaulo, la Belgique formait la partie septentrionale do cette région, et avait pour limites la mer du Nord, lo Rhin, la Marne et la Seine ; elle était habitée par vingtquatre peuplades entièrement indépendantes, parmi lesquelles se trouvaient, sur le territoire actuel, les Nerviens, los Atuatiques, les Trévires, les Eburons, les Ménapienset les Morins- Depuis l'an 50 av. J.-C., jusqu'à l'an 450, la Belgique fit partie de l'empire romain ; durant cet intervalle, les limites et les divisions de la Gaule Belgigue furent plusieurs fois modifiées ; divisée d'abord par Auguste en trois provinces, elle forma, vers lo temps do Constantin, quatre provinces, savoir : la Belgique /", ch.-l. Trêves ; la Belgique II*, ch.-l. Keims (villes princ, : Bavay, Tournay ot Cambrai); la Ger^ianie I", ch-.L Mayenco ; la Germanie II", ch.-I. CologTie. L'influence romaine sur les mœurs et lo langage fut profonde dans la partie méridionale de la Belgique; elle lut faible dans lo nord, où la population garda son caractère germanique. Vers l'an 240, les Francs commencèrent à passer sur la rivo gauche du Rhin : ils firent d'abord alliance avec les Belges ; leurs invasions devenant de plus en plus fréquentes, les empereurs romains, notamment Constantin, tentèrent do les repousser ; cependant, vers l'an 450, les Francs avaient définitivement occupé tout lo territoire de ta Belgique ; les villes de Tournay, Cambrai, Cologne, étaieutles résidences de chefs francs. Clovis.roi des Francs de Tournay, tinitpar étendre sa domination sur toute la Gaule ; dès lors (do 500 à843), le territoire de la Bol^que primitive futd'abord morcelé dans les partages que nrent entre eux les fils de Clovis (v« siècle) ; puis, sous les derniers rois mérovingiens (vu» et viii" siècle), des subdivisions nouvelles, administrées chacune par un comte franc, se formèrent et devinrent, pour l'avenir, le point de départ de la division en provinces : ce furent le Mempisque, dont un district portait le nom de Flandre, le Hainoum, le Brabant, la Hasbagne, lo pays de Ryen (Anvers), le comté de Mansuarie, sur le Démer, lo
Fays do Luvia (Liège), le pays de Lomme (Namur), et Ardenne. Au traité de Vorduii (843), qui partagea 1 em- Îdre de Charlemagne entre les fils de Louis le Déoonnaire, a Flandre, ou la partie de la Belgique située à 1*0. do l'Escaut, fut comprise dans la part de Charles lo Chauve (France), et la partie située à l'E. fut donnée à Lothairo I*' et devint la ZoMaringriV. Durant la domination franque, do nombreuses localités prirent naissance par le groupement des populations dans le voisinage des châteaux, des églises et des monastères.
Au commencement du x* siècle (912), la Lotharingie, qui avait été disputée par les rois de France et ceux do Germanie, fut érigée en duché, par Charles le Simple, au profit de Régnier î*', comte de Hainaut ; ce duché fut, peu après (923), définitivement rattaché à la Germanie. Mais, à cette époque, la féodalité commençait à s'établir, les seigneurs, en Belgique comme ailleurs en Europe, cherchaient à s'affranchir le plus possible de tout pouvoir supérieur ; pour en faciliter le gouvernement, le roi Othon I" divisa la Lotharingie en deux duchés : celui do Haute-Lotharingie, qui devint plus tard la Lorraine, et celui do Basse-Lotharingie ou Lothier. Les empiétements des seigneurs sur le pouvoir souverain n'en continuèrent pas moins dans le cours du x* et du xi* siècle ; de grandes divisions féodales se formèrent ; ce furent : le comté do Hainaut, celui de Louvain (qui devint plus tard le duché do Brabant), celui de Namur (érigé plus tard on marquisat), ceux do Luxembourg et do Limbourg (qui devinrent des duchés), enfin le comté do Flandre ; les possesseurs de ces comtés se rendirent peu à peu indépendants du duc do Lothier, dont la dignité, dès la fin du xi" siècle, no fut plus que nominale ; lo degré de leur dépendance envers les rois leurs suzerains varia selon la fermeté de leur caractère. Durant cotte période, les évoques do Liéce agrandirent, par une suite de donations, les domaines do leur évêché, et y exercèrent le pouvoir temporel; ils constituèrent ainsi la principauté épiscouale de Liège, qui, sous le rapport politique, releva de 1 empire germanique, au mémo titro (^ue les autres principautés du duché de Lothier. Du xii" au XV» siècle, ces principautés eurent chacune une existence politique distincte, et elles établirent les limites do leur territoire à peu près telles qu'elles subsistèrent sous les dominations qui so succédèrent jusqu'à la fin du xviii* siècle. Parmi les événements remarquables qui se produisirent du xii* au xv« siècle, so trouvent : la part notable quo les seigneurs belges prirent aux croisades en Orient, où Godefroy de Bouillon devint roi do Jérusalem, où Baudoin IX, comte do Flandre, fut empereur de Constantinople ; la formation des conmiunes et leurs luttes contre les seigneurs ; la lutte des comtes de Flandre contre les rois de France, particulièrement contre Philippe le Bel ; enfin, lo premier établissement de la maison ues ducs de Bourgogne on Belgique, par le mariage de Philippe lo Hardi avec Marguerite de Mâle, héritière du comte do Flandre. Dans le cours du xv« siècle, les principautés belges, avec leurs dépendances, passèrent successivement à des princes de la maison de Bourgogne : le duc Philippe le Bon (1419-1467) les réunit toutes en sa possession, par héritage et par achat ; son fils, Charles le Téméraire, y ajouta la Gueldre ; il tenta vainement de les réunir "en un royaume, et les laissa (1477) à sa fille, Marie do Bourgogne : celle-ci épousa Maximilien d'Autriche, avec qui commençaen Belgique la maison d'Autriche. Son petit-