‹ Nouveau Larousse illustré (volume 3)Chapitre 802 sur 828 · BELLEGARDE — BELLÉROPHON · texte numérisé non relu

BELLEGARDE — BELLÉROPHON

rent de la faveur .. qui lai fut donné, mais on a le droit de trouver à redire à Ictrange façon dont il servit 1 uu de ses souverains le jour ou il lui passa la survivance de sa maîtresse la très célèbre Gabrielle d'Estrées. Très mêlé aux cabales contre le cardinal de Ricbelieu, il eut l'adresse d'en être quitte avec l'exil (l63i). II reparut à la cour après Ja mort de Louis XIII, à qui il ne survécut que trois ans, II ne laissait point de postérité. L'héritier de ses titres et de sa granae fortune fut son neveu, Jean-Antoine de pardaillan deGondrin, marquis de Moutespan, fils d'Antoiue-Arnauld de Pardaillan do Gondrin et de Paule de Saint-Larj, dont la femme, Marie-Anne, était également une Saint-Lary (fille d'un autre frère de Roger 1" et par conséquent coùsme germaine do Roger 1I)J.

BCLLEGARDE (Antoine Dubois de), homme politique français, né à Angoulême en 1738, mort à Bruxelles en 1825, était garde du corps au moment do la Révolution. Envoyé par la Charente à l'Assemblée législative, puis à la Convention, il siégea à la Montagne, remplit diverses missions en Vendée, à l'armée du Nord et en Hollande; il figura de nouveau au conseil des Cinq-Cents et aux Anciens. Employé dans l'administration des eaux et forêts sous l'Empire, il fut proscrit en 1815 comme régicide.

BelLEGARDE {Henri, comte de), général et homme politique autrichien, né en 1756 à Dresde, mort en 1845 à Vienne, fut d'abord officier saxon, entra ainsi au service de l'Autriche et fit les campagnes de 1792, 1797, 1799, 1800, 1805 et 1809 contre la France. Président du conseil aulique de la guerre depuis 1805, il devint, en 1814 et 1815, gouverneur des possessions autrichiennes en Italie, et prit sa retraite en 1825. Sa famille était originaire de Savoie. BelleGARDE-EN-MARGHE, ch.'l. de cant. de la Creuse, arr. et à 12 kilom. d'Aubusson ; 629 hab. Ancienne fabrique de tapisseries. — Le cant. a 9 comm. et 9.192 hab. BelXjEGINGUE (Pierre), médecin qui se fit une espèce de célébrité par la bizarrerie de ses écrits, né à Besançon en 1759, mort en 1826. Parmi ces écrits singuliers, citons : Philosophie du froid et du chaud (1798), où il explique par l'action du calorique les « crimes de la Révolution u ; la Bourbonapartide, composée en l'honneur de Napoléon et légèrement modifiée pour être adressée à Louis XVIII. (Le gouvernement arrêta l'impression de cette œuvre étrange, et il n'échappa qu'un petit nombre d'exemplaires à la destruction); Procédure orthographique de la gloire de Napoléon le Grand et du génie de la gente humaine (1807).

Belle Hélène (la), opéra bouffe en trois actes, paroles de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, représenté sur le théâtre des Variétés le 17 décembre 1864. Ce fut l'un des plus gros succès de ces parodies de l'antiquité qui furent à la mode sous le second Empire. Cette bouffonnerie, pleine d'anachronismes (où l'on voit, à côté de la belle Hélène, les héros : Paris, Ménélas, Calchas, Agamemnon, Achille, Oreste et les deux Ajax), est en son genre un petit chef-d'œuvre. La musique en est joyeuse et vive, et le succès de l'ouvrage était justifié par ses très réelles qualités.

Belle-Île ou Belle-!l£-en-mer (en breton Guerveur [la GraQd'ville] ), île de la côte S. de Bretagne, dép. du Morbihan, arrond. de Lorient, à 12 kilom. de la presqu'île de Quiberon. Cest la plus grande des îles bretonnes (8.961 hect. répartis en 4 c. : Bangor, Locmaria, Le Palais [ch.-l. de l'île], Sauzon [formant le canton de Belle- Ile]) ; 9.836 hab., parlant à la fois le français et le breton {Bellilois, oises ou BeUe-Ilois, oises).

— Géogr. Cette terre, la plus grande des îles françaises de l'Atlantique après Oleron, possède 43 kilom. de côtes, plus que doublés par les accidents secondaires. La côte N.-E. a des ports : Port-Philippe, Le Palais, ce dernier en relations par vapeurs avec Port-Maria (Quiberon), Auray, Lorient. La côte S. -E. abrite : port Andro, port Maria, port d'Arzic. Entre ces deux côtes « continentales » et le continent émergent les îles Houat et Hœdick. Les côtes S. et O. n'ont devant elles que 1 Océan ; les villages se tiennent sur les falaises, et les « ports sont inhabités ». Dans le renflement S.-O.de l'île se dresse le phare de Belle-Ile. L'intérieur de Belle-Ile est un plateau de schistes cristallins, recouvert de vastes landes ; sur les points les plus favorisés s'élèvent des chevaux de race bretonne. La population s'occupe à pêcher la sardine, le homard, le thon, les anchois. Fabrication de conserves.

— Hist. Ancienne Vindilis, prise par les Anglais en I76i, rendue en 1763 ; des colons acadiens y furent établis en nC5 : ils y introduisirent la culture de la pomme de terre. La citadeUedu Palais et des batteries défendent aujourd'hui BoUe-IIe. — Patrie de l'amiral Willaumez (1763-1845) ■ du général Trochu (1815-1895).

Belle-ISLE (détroit de), détroit ou bras de mer séparant l'île do Terre-Neuve du Labrador, et tirant son nom d'une île située à égale distance de Terre-Neuve et du continent. La navigation y est souvent difficile. Doux petits satellites de Terre-Neuve portent le même nom. Belle-ISLE (Charles-Louis-Auguste Fouqdet, comte, ""■ '" ")t lié à Viliefranche-de-Rouerguo en 1684, mort à "" 1761. Petit-

puiS(li:__ Versaillt

fils du fameux surintendant, il a servi durant la fuorro do la Succession 'Espagne, sous les ordres do Vendôme ot do Villars. Très en crédit auprès du Régent, mais tombé en disgrâce du temps de M"' do Prie, il a repris faveur avec Floury, et est devenu lieutenant général, gouverneur do Metz et maréchal do Franco. 11 est surtout connu par son ambassade auprès de la Diète électorale, ses prodigalités do Fr.ancfort (1741), sa campagne de Bohème, sa retraite do Prague (17^^), et sa vi-

frvT''.''5''r''"!.'=™î''° '""^ Austro-Sardes, sur la ligne

• ^ l "'J'' .f''»""'*'-'' des Alpes (1747). Il a été anne é au

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bons règlements ; .1 a créé l'ordre du Mérite militaiîo (175°)

Bellelsle.

Belle-Isle (mademoiselle de), drame en cinq actes, eu prose, par Alexandre Dumas père (Théâtre-Français, 2 avril 1839). La marquise de Prie vient de rompre le plus galamment du monde avec son amant, le duc de Richelieu. Celui-ci croit aimer maintenant M"' de Belle-lsle, tandis que la marquise se sent un faible pour le chevalier d'Aubigny, fiancé de M"' de Belle-Isle. Or, justement, M"" de Belle-Isle vient se jeter aux pieds de la marquise pour la supplier de faire rendre la liberté à son père et à ses frères, enfermés depuis trois ans à la Bastille. Sur ces entrefaites, Richelieu parie mille louis avec d'Aubigny qu'il obtiendra, le soir même, un rendez-vous de la première femme qui se montrera, et la fatalité veut que ce soit M"' de Belle-Isle. Il s'agit donc, pour le duc. de gagner son pari en s'introduisant à minuit chez M"* de Belle-Isle. Mais fa marquise do Prie lui barrera le chemin ; car, si elle n'aime plus Richelieu, elle ne lui permet pas d'en aimer une autre. Elle commence par loger chez elle M"« de Belle-Isle, et, afin de l'éloigner de Chantilly cette nuit-là, elle lui donne une lettre pour le gouverneur de la Bastille, qui doit lui permettre de voir son pèro et ses frères. Mais elle doit jurer de ne révéler à personne, tant que M. de Bourbon sera ministre, qu'il lui a été donné d'entrer à la Bastille. Transportée de joie. M"* de Belle-Isle part. Restée seule, M'"« de Prie ferme portes et fenêtres, ce qui n'empêche pas le duc d'entrer dans la chambre où est la marquise et où il croit trouver celle qui court sur la route do Paris. C'est que le duc avait eu le droit d'entrer de nuit chez M"*' de Prie par une porte secrète, et il avait oublié d'en restituer la clef. Heureusement, la marquise éteint les lumières, et Richelieu a tout lieu de croire que son pari est gagné. Il le fait savoir au chevalier d'Aubigny qui, en termes indignés, reproche à sa fiancée l'infâme trauison. Celle-ci se défend de son mieux, mais la promesse faite à la marquise l'empêche de dire où elle a passé la nuit. Faute de pouvoir se battre en duel sans en divulguer la cause, le duc et le chevalier jouent leur vie aux dés. Le chevaher perd et se prépare à mourir. Mais Richelieu apprend la vérité : il se met à la recherche de d'Aubigny pour l'empêcher de se tuer. Sur ces entrefaites, le duc de Bourbon tombe en disgrâce, et M"* de Belle-lslo se trouve déliée do son serment : elle peut parler. Dès lors, tout s'arrange. M"' de Belle-Isle devient M""* d'Aubigny, et le duc de Richelieu est le meilleur ami des deux jeunes gens.

Tel est le canevas de cette pièce, qui obtint un grand succès. L'intrigue, parfaitement machinée, se déroule avec un entrain remarquable, une vivacité charmante ; le style abonde en saillies heureuses et spirituelles.

Belle-ISLE-EN-TERRE, cb.-l. de cant. des Côtes-du- Nord, arr. et à 20 kil. de Guingamp, au confluent du Légué et duGuic; 1.944 hab. Ch. de f. Ouest. Forêts; papeterie, tannerie, moulins. — Le cant. a 7 comm. et 13.357 hab.

Belle Jardinière (la), tableau de Raphaël, musée du Louvre. Tout le monde connaît cette adorable Madone, une des plus gracieuses, une des plus candides qui aient été peintes par le Sanzio. Elle est représentée assise sur un rocher, au milieu d'une prairie émaillée de fleurs. D'une main, elle presse le bras gauche de son divin Fils, qui s'appuie contre ses genoux, et, de l'autre, elle le soutient. L'Enfant, complètement nu, les deiLx pieds posés sur celui de sa mère, lève vers elle des regards pleins de tendresse, et lui sourit.

A gauche de la Madone, le petit saint Jean, simplement vêtu d'une peau d'agneau, appuyé sur sa croix de roseau et ayant un genou en terre, contemple avec amour, m

son maître et ^^ ^^"° Jardinière, d'après Raphaël,

son ami. On aperçoit dans le fond, à droite, une ville et des clochers; à gauche, un bouquet d'arbres, et plus loin une rivière qui coule au pied de montagnes élevées. Cette toile a été désignée sous le nom de la Belle Jardi/iiére, sans doute à cause dos jolies fleurettes qui croissent en foule sur le devant du tableau ot forment comme un jardin autour du groupe.

Bellel (Jean-Joseph), paysagiste et dessinateur français, no en 1816 à Paris, mort en 1898, fut élève de Justin Ouvrié et de l'Ecole des beaux-arts. Il se fit surtout un nom par ses fusains, ses paysages nobles et grandioses animes de personnages mytliologiques et historiques, et décorés suivant la tradition des maîtres du xvii' siècle. On peut citer de lui, dans un autre genre : Jésus et la i>amaritaine(\M)\ Environs de Clermont, Souvenirs d'Auvergne, Macbeth et les Sorcières (de 1849 à 1853). Il a aussi fait revivre l'Algérie ot l'Orient dans des dessins et des tableaux à 1 huilo : Solitude (1863, musée du Luxembourg). On lui doit encore do belles aquarelles.

BELLE-MAMAN (v. l'étym. do beau-fils) n. f. Nom familier et atîectueux par lequel les gendres et les brus désignent la mère de leur conjoint, et les enfants d'un autre lit, la femme de leur père, ii PI. Des belles-mamans.

Bellemare (Adrien-Alexandre-Adolphe Carbey de), général français, né à Paris en 1824. Sorti de Saint-Cyr en 1841, il était colonel au moment de la guerre de 1870. Nomme général de brigade le 25 août 1S70, il était promu général do divi.sion le 10 décembre, mais la commission de re\nsion des grades lui enleva ce titre. Mis un instant en disponibilité pour avoir protesté dans une lettre publique

Armes de Bellême.

contre les projets de restauration monarchique attribués à l'Assemblée nationale, il redevint divisionnaire en 1879. Il fut nommé commandant de corps en 1883, et retraité en 1889. Il a publié L'Empire, c'est la paix, en vers (1897).

BellÊME, ch.-l. de cant. de l'Orne, arrond. et à 18 kil. de Moriagne, sur la Mf^me, affl. de l'Huisne; 2.599 hab. {Bellêmois, oises). Ch. de f. Ouest. Commerce de bestiaux, chevaux, grains, lin, chanvre et bois. Aux environs, la belle forêt de même nom, très riche on antiquités. On y remarque une pierre posée, dite la pierre des marchands. A 3 kilom. de Bellêmo se trouve la fontaine ferrugineuse de La Herse. — Le cant. a 15 comm. et 9.899 hab.

— Histoire. Pendant longtemps, Bellême, sié«e d'une seigneurie normande très puissante dès le xi" siècle, a disputé à Mortagne le titre de capitale du Perche. Cédée par Louis le Gros à Henri I", roi d'Angleterre, elle soutint, en 1113, un siège contre ce dernier, qui s'en empara et la donna à Rotrou de Mortagne. En 1226, elle fut prise par Louis IX, qui la céda à son fils Robert de France.

Les troupes de Charles VII loccupèrent en 1412, les Anglais en 1417 ; ils en furent chassés par le duc Jean II en 1449. Pillée par les protestants en 1562, prise par les ligueurs en 1588, par les royalistes en 1590, et enfin par les chouans en 1800, la petite ville de Bellême n'est plus aujourd'hui en état de soutenir le moindre siège.

BELLEMENT {bè-îe — rad. bel) adv. Avec gentillesse, avec charme : Les fleurs vont bellement s'épanouir. (Ars. Houss.) li Doucement, avec modération : Bellement ! bellement ! que je retire mon pied, ou tu me l'écraserais. (G. Sand.) il Syn.de Simplement, bonnement : Si j'étais soupçonné de la moindre chose, je serais fusillé tout bellbment. (Balz.) Il S'emploie comme interjection en parlant à un chien, à un cheval, pour modérer leur ardeur.

BELLE-MÈRE {v. l'étym. de BEAD-FiLs) n. f. Femme du père, par rapport aux enfants issus d'un mariage précédent. Il Celle dont on a épouse le fils ou la fille, n PI. Des belles-mères.

BELLE-MINETTE n. f. Fam. Un des nombreux noms sous lesquels on désigne les femmes galantes élégantes. Il PI. Des belles-minettes.

BeLLENAVES, comm. de l'Allier, arrond. et à 19 kiL de Gannat, sur un affl. de la Bouble ; 2.275 hab. Chem. de f. Orléans. Carrières de marbre et de chaux; fours à. chaux, tuileries. Château, en partie du xv« siècle.

Bellengombre, ch.-l. de cant. de la Seine-Inférieure, arrond. et à 27 kilom. de Dieppe, sur l'Arques; 732 hab. Fabrique de toiles; commerce de chevaux. — Le cant. a 15 comm. et 7.003 hab.

BELLENDENA ou BELLENDÉNIE {bè~lan ~- de Bellenden, n. pr.) n. f. Genre de la famille des protéacées, comprenant un arbrisseau, qui croît en Tasmanie. il On a désigné aussi sous ce nom im genre d'iridées, appelé aujourd'hui MONTBRËTIE.

Bellenger (Georges), peintre et lithographe, né à Rouen en 1847. Il reçut les premières leçons de dessin d'Eustache Bérat, frère du chansonnier, puis se forma à l'excellente école de Lecoq de Boisbaudran, et étudia la lithographie avec Jules Laurens. Il débuta au Salon do 1864. Depuis, il exposa simultanément ou séparément dans les sections de peinture, de dessin ou de gravure. Il fut mis hors concours pour une œuvre importante : Velpeau, dans une salle de la Charité, allant procéder à l'autopsie d'un cadavre, gravure d'après Feyen Perrin. Georges Bellenger a donné encore diverses lithographies parues dans " l'Artiste ", et une suite de fac-similés de dessins d'après Prud'hon, Géricault, Watteau et Boucher. — Les deux frères de cet artiste, Albert-Marie-Victor Bellenger (né en 1846) et Clément-Edouard Belleng'er (né en 1851), sont graveurs sur bois et illustrateurs, tous deux lauréats des Salons annuels.

Belixperche (Pierre de), célèbre juriste et homme d'Etat, no à Lucenay-lès-Ais (Nièvre) vers le milieu du xni* siècle, mort à Paris en octobre 1307 (non en janvier 1308). Chanoine de Bourges, puis (1306) évêque d'Auxerro, enfin chancelier de France, il fut un des ministres de Pliilippe le Bol les plus importants, mêlé à presque toutes les grandes entreprises du règne. Il a laissé de nombreux ouvrages do droit qui ont été plusieurs fois édités.

BELLE-PETITE n. f. Fam. Syn. de belle -minette.

11 PI. Des BELLi:S-PETITES.

BE Fille

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