ENCYCL. V. BOURGEOISIE
BOURGEOIS, OISE (joa, az' — rad. boicrg) adj.Qui est d'un bourgeois, qui lui convient, qui lui appartient : Classe bourgeoise.
— Fig. Sans noblesse, sans art, mesquin, vulgaire.
— Maison bourgeoise. Maison tenue décemment, mais sans luxe. Ii Cuisine bourgeoise, Cuisine où l'on fournit dos mets bons par la qualité, mais simples par l'apprêt ; manière d'apprêter ainsi les mets. Il Pensionbourgeoise, Etablissement qui tient une cuisine bourgeoise pour un nombre déterminé de pensionnaires, il A la bourgeoise. Façon simple d'apprêter un mets propre à la cuisine bourgeoise : A'oierfeiieau À L,\ BOURGEOISE. II Comf/rfieôour^eoise, Spectacle donné par do simples amateurs, et non par des acteurs de profession, ii Habit bourgeois. Habit que portent les bourgeois, par opposition à l'habit d'uniforme.
— Ane. coût, vin bourgeois. Vin que les bourgeois de Paris récoltaient dans leur enclos , et qu'ils pouvaient vendre au pot dans leur maison, ii Aujourd hui. Bon vin or-
— Diplom. Lettre bourgeoise. Caractère intermédiaire entre la gothique cursive et la gothique moderne, qui était employé à la fin du xv siècle.
— Pôch. Poisson bourgeois. Celui que prélève le propriétaire du bateau.
Le bourgeois, a. m. Le commun, le vulgaire, lo bas, et aussi l'état do bourgeois, par opposition à la noblesse ; Ahl mon père, ce que vous dites là est du dernier bourgeois. (Mol.)
Bourgeois d'AbbeviUe (le), fabliau de Bernier, trouvère du xiii» siècle. Ce conte a fourni .1 Piron le sujet de sa comédie les Fils inqrats, sujet dont Etienne s'est emparé A son tour pour on faire les Deux Gendres, et on le retrouve sous des formes diverses, dans beaucoup (Je livrer.
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Bourgeois gentilhomme (le), comédie-ballot on cinq actes et eu pruso, do Molière, musique do I..ulli, représentée a Chambord lo 14 octobre 1670, oC 6, Pans, sur le théâtre du Palais-Royal, lo !9 novembre suivant. Dans cette pièce, comme dans tes Précieuses ot le» Femme» savantes, l'immortel comiquo a livré aux rires du parterre cotte prétention, si commune à la richesse roturière, do vouloir figurer avec la noblesse ot on singer les manières. L'unique désir do M. Jourdain, un bourgeois enrichi, est, en otfot, do passer pour un parfait gentilhomme et d'élovor à la hauteur d'uno si belle ambition son air. ses manières, son langage, son éducation ot toute sa maison. Il prend dos maîtres d'armes, de musique et do danse, voire un maître de philosophie,... afin d'apprendre l'orthographe. A force do vouloir passer pour noble, M. Jourdain a rini par so persuader qu il l'est réellement. Dès lors, on lo conçoit, sa hauteur et son ambition n'ont fait que s'accroître ; aussi n'est-on pas étonné de lo voir refuser la main de sa tille au jeune Cléonte, parce que celui-ci n'est pas gentilhomme: M.Jourdain veut avoir un marquis pour gendre. Lo dénouement de cette irn ur , i i,,,,. farco plus réjouissante que vraisenihl.i' ' 1^ .wlle nous a préparés l'extravagance du I M ,, . ,, rrêdule que vaniteux. CovioUe, valet 'II' I ! I I une mascarade,
au moyen de laquelle il .'iri. i.ni i '111 ir M. Jourdain
au mariage de sa fille avec Clionie. l'our flatter les prétentions nobiliaires du bourgeois, il so déguise ot lui annonce (|uo lo lils du Grand Turc est amoureux de sa fille, et
à son faux titre, il obtient facilement ce qu'on lui a d'abord refusé tout net. Loin de soupçonner qu'il puisse être l'objet de quoique mystification, M. Jourdain s estime très
iiiuin-iix d'uno si liaiiln allianco.ft il a en outre, pour mettre
ou telle façon, et qu'il fait de la prose sans le savoir, leurs querelles sur la prééminence de leur art, provoquent un rire irrésistible. Dans cette pièce, Molière a su tirer des moindres choses des sources inépuisables de comique, et il n'est pas jusqu'à la cérémonie burlesque du mamamouchi , qui ne soit des plus divertissantes. M. Jourdain est devenu un type. V. Jourdain.
Bourgeois de Molinchart (les), roman de Champfloury (1855). L'auteur y met en scène une série de personnages ridicules : vieilles filles acariâtres, avoués grotesques, archéologues tombés en enfance, au milieu desquels est obligée de vivre une jeune femme belle, sensible et spirituelle, qui a eu le malheur d'épouser un mari aussi épais de corps que d'esprit, et pour lequel tout ce qui fait son charme est lettre close. Tout se ligue contre sa vertu : la stupide conduite de son mari, les vexations quotidiennes quo lui inflige sa belle-sfpur. bigote jalouse, aux yeux de laquelle elle a volé rhêniuL'e que lui aurait laissé le frère, s'il était r -.<•■ .. ii.n tur La jeune femme finit par succomber, l.r^ i' uiibats, les chutes, les re-
mords de cett.' lie sont retracés avec un
art tout à fait u.i u 1 1- n\ |' n u-s marchent ainsi de front dans ce livre : le UnuiiL- i-i la caricature, le développement d'une donnée touchante et un tableau quelque peu chargé des mœurs bourgeoises en province.
est quelquefois mentionné sous le titre de Nizegorodh
Bourgeois de Paris (le), chroniqueur anonyme du XV" siècle, qui, malgré son surnom, était probablement homme d'église. Partisan ardent des Bourguignons, il revint vers Charles 'VU après le traité d'Arras (1135). Son journal, qui va de 1405 à 1449, est très précieux pour l'histoire de cette période si mouvementée, malgré la partialité excessive de l'auteur en faveur dos Bourguignons. La meilleure édition est celle de Tueiey, qui identifie le chroniqueur avec Jean ChautTart, chanoine de Notre-Dame (Société de l'Histoire de Paris [18S1]).
Bourgeois (Louis-Thomas), chanteur et compositeur, né à Fontaine-l'EvêquB en 1676, mort à Paris en 1750, appartint quelque temps à l'Opéra en qualité de haute-contre. Il écrivit ensuite la musique de deux ouvrages représentés à ce théâtre: les Amours déguisés (\-)U), et les Plaisirs de la paix (1715). On connaît encore de lui, outre plusieurs recueils de cantates, les ouvrages suivants, représentés ou exécutés chez de grands seigneurs ou des particuliers : les Nuits de Sceaux (1714) ; Diane (avec Aubert [1721]); Zéphire et Flore, cantate (ni5); Psyché, cantate (1718); Céphale et l'Aurore, Phèdre et Hippobjte, Don Quichotte, Dédale, la Lyre d'Anacréon, cantates ; Divertissement pour la naissance du Dauphin (Dijon, 1789); Idylle de Rambouillet (1735) ; les Peines et tes Plaisirs de l'amour. Très inconstant, Bourgeois, qui avait été surintendant do la musique du duc de Bourbon, quitta ce poste pour devenir maître de chapelle à Toul, puis à Strasbourg.
Bourgeois (Francis), peintre anglais, né et mort à Londres (1756-1811), où son père, Suisse d'origine, était horloger. Il eut pour maître Loutherbourg , ot se fit promptement une certaine réputation par ses pavsagcs, ses batailles et ses marines. En 1776, il voyagea on franco, on Italie, on Hollande, en Pologne. II fut nommé, en 1791, peintre du roi de Pologne : on 1793, membre de l'Académie de Londres; en 1794, paysagiste du roi Georges III. Mais son meilleur titre est la fondation du beau muséo do Dul- ■wich Collège, près de Londres, auquel il a légué, outre une collection précieuse de peintures, une somme importante pour l'entretien ot l'accroissement de ses galeries.
Bourgeois (Florent-Fidèlo-Constant), peintre ctlithofrançais, no en 1767, mort on 1836. Il fut élève de Les palais do Triauon et Fontainebleau possèdent des tableaux de lui. On lui doit : Jiecueil de mes et fabriques pittoresques d'Italie, dessinées d'après nature (1805) : Hécueil des vues pittoresques de la France, lithographiées ; Voyage pittoresque à la Grande-Chratreuse (1821); etc.
Bourgeois (Charles-j^rthur, baron), statuaire français, no à Dijon en 183S, mdrt à Paris en IS86. Elève, à l'Ecole des beaux-arts, de Duret et Guillaume, il obtint, en
Il débuta au Salon avec un <? ' ' ""^^ •
Citons encore : Laceuse arabe, et Acteur grec (1808) ; la Py- Ihie de Delphes (ISIO) ; ."Sphinx, destiné à la décoration d'un monument funèbre élevé â Bruxelles, on l'honneur des soldats français tués pondant la guerre do 1870 (I881): /)an»eu»eéf/vp(ienn8(i88«i; etc. Il faut;
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la statue du cardinal Mathieu (cathédrale do Bosançoo) ; Saint Joachim (1873), et la Jletigion, fronioD do l'église de la Sorbonno (1874) ; la Moisson, au palais des Tuileries.
Bourgeois (Louis-Maximilicn), statuaire et médailleur français, né à Paris en 1839, élèvo de Jonffroy. Ses statues les plus appréciées «ont : Mercure (1877); Guillaume Budé, pour la cour d'honneur du Collège de France, et réplique à la façade du pavillon de Flore ; le commandant Beaurepaire, à Coulommiers, et réplique & Angers. Les bustes et médaillons de Bourgeois, traités avec la mâle solidité des portraits modelés par David d'Angers, sont fort nombreux. Ses médailles sont d'une composition toujours heureuse ot d'un fini délicat. Rappelons la médaille destinée à la Société des artistes français, avec sa devise : Artibus patrig; celle du Centenaire de l'Ecole polytechnique; colles exécutées pour le Sénat et la Chambre des députés, à l'occasion des élections présidentielles.
Bourgeois (^^on- 'Vlctor-Augusto), administrateur et homme politique français, né à Paris en 1851. Docteur en droit et secrétaire do la conférence des avocats, il fut admis comme sous-chef du contentieux au ministère des travaux publics. Révoqué au 16 mai 1877, il entra dans départementale : il fut successivement
(1882), secrétaire général de la préfecture de la Seine (18831, préfet de la Hante-Garonne ( 1 885), directeur au ministère de l'intérieur (1886), préfet de police (1887). Elu député de la Marne en 1888, il fut nommé, la mémo année, sous-secrétaire d'Etat â l'intérieur (cabinet Floquet). Puis il devint ministre de l'intérieur (cabinet Tirard, 1890), ministre di- i !!i I l'i i'..ii I ulilique (cabi-
la I labot, 1-93).
vjiit a ia j.iL .^, i.re du conseil et se réserva le portefeuille de l'intérieur, qu'il échangea, en janvier 1896, contre celui des affaires étrangères. Son ministère, tomba au mois d'avril s devint ministre de ] Brisson. Comme ministre de l'instruction publique, il a contribué à la constitution des universités, à l'organisation de l'enseignement secondaire moderne, à l'achèvement de l'œuvre réformatrice de l'enseignement primaire. D'autre part, comme président de la Société pour l'instruction élémentaire, de l'Association philotechnique et de la Ligue de l'enseignement, il a été l'un des plus actifs promoteurs de la réortranisation des cours d'adultes. Il a publié: De* tri' I ■ ■ , . < niimaux (1877); les Chemins de fer éco- '!•"■ 'e (1878), et une remarquable étude
de |. lie : Solidarité (IS91).
Bourgeois Duchastenet(H.), jurisconsulte et historien français du xviii* siècle. Avocat au parlement de Paris, iia laissé une Histoire du concile de Constance (l'AS).
bourgeoise ijoaz') D. {. Grosse bombarde lançant des boulets do pierre et qui no quittait pas les remparts (xv s.).
bourgeoise ijoa:') n. f. Variété de tulipe, de couleur
BOURGEOISEMENT (joaz'-mani adv. D'une façon bour- !oise ; à la manière des bourgeois, avec une simplicité ourgeoise.
Léon Boorgeoii.
En 1898, Léon Bourgeois
bourgeoisie [joa-zi) n. f. Etat de bourgeois, qualiti de bourgeois : Lettres de bourgeoisie.
— Classe de citoyens, intermédiaire entre les nobles et les ouvriers : La bourgeoisie est tout simplement la portion contentée du peuple. (V. Hugo.)
— Caractère particulier aux mœurs, aux habitudes des bourgeois : La bourgeoisie du goût.
— Encycl. On appela bourgeois, non tous les habitants d'un bourg et, par dérivation, d'une ville, mais ceux d'entre eux qui étaient susceptibles de prendre part à la direction et à l'administration de la cité. Dans les villes do Midi , les bourgeois étaient appelés castlas, castellani, c'est-à-dire châtelains, c'est la traduction exacte du mot bou
parait bien avoir été dans ces groupements de marchands qui se formèrent en sociétés au moyen âge, dominèrent et gouvernèrent les cités. La plus ancienne de ces associations dont les statuts soient connus en France est la fameuse Frairie de la Balle basse de Valenciennes ; elle remonte au XI» siècle. Beaucoup d'autres associations semblables se développèrent dans les villes du Nord et de l'Est. Dans les bourgs anglais âorissaient les ligues de la paix (ou Frith Gilds), dont les adhérents se promettaient réciproquement aide, assistance, bonne foi et amitié. Ailleurs, ces associations avaient un caractère plutôt religieux, ou charitable, que commercial. Quoi qu il en soit, c'est de ces groupements quo parait être née la classe bourgeoise, qui se recruta presque exclusivement parmi les marchands et les propriétaires fonciers des villes. L'histoire des luttes que la boui^coisie soutint contre les soigneurs suzerains des villes, suzerains laïques ou ecclésiastiques, puis, quand elle fut sortie victorieuse du conflit, l'histoire des luttes qu'elle eut à soutenir, dans l'intérieur des villes mêmes, contre la classe populaire, la classe dos artisans, qui était désireuse do parvenir à son tour aux droits sociaux et politiques, sont inséparables de l'histoire communale. V. commune.
la Renaissance, les artisans triomphèrent do la bonr-
seigneurs suzerains. Néanmoins,
. croire qu'il ne subsista "
gooisie, d'i
hiers des états'généraux de
pas une démarcation entre labonr-
part, et, do l'autre, les métiers. Dans les ca-
■ — -— — encore la trace