BERNARD — BERNARDIN
Sèvro Nantaise; 1.045 hab. Château do La Pooissière de La Cour (bataille du Ojuin 1832 entre les Vendéens et les troupes du gouvoroomont de Juillet),
BERNARDIN, XNE n. Religieux, religieuse do l'ordre bénédictin doCltcaux, réformé par saint Bernard.
— Encvcl. On appela d'abord bernardins les religieux de Clairvaux, abbaye de l'ordre do Cltcaux, fondée au XII' siècle par saint Bernard. Puis ( les religieux cisterciens. (V, 1 [saint], ClTEAUX, Clairvaux.) Lo premier monastère do cisterciennes fut celui de Tart, fondé en 1120 au diocèse de Laogrcs par saint Etienne, qui était abbé do Clteaux lorsque saint Bernard embrassa la vie monastique. Dans la seconde moitié du xii' siècle, il s'en fonda quantité d'autres, et ces religieuses prirent le nom do bernardines. Une congrégation do bernardines réformées, fondée avec le concours do saint François de Sales, s'établit à Grenoble on 1624. En Espagne, l'abbayo mère fut la fameuse abbaye do Las Huelgas do Burges, fondée par le roi de Casiillo Alphonse VIII. Parmi los plus célèbres monastères de bernardines, citons encore celui de Conversano, le seul en Italie où l'abbesso ait droit de porter la crosse, et celui do Fronnebcrg, en Wcstphalie, mi-catholique, mi-Iutbérien.
— L'habillement des religieux et des
religieuses de cet ordre ' ■
avec scapulaire noir,
— BtBLioGB. : lo P. Hélyot, Dictionn. des ordres religieux (Paris, 1860 [Encycl. Migno]).
Bernardin de Sienne (saint), né à Sienne en 1380, mort à Aquila en 1444, l'une des illustrations de l'ordre des franciscains. Il était, comme saint François, d'une très grande famille, et il abandonna tous ses biens aux pauvres pour se consacrer à la prédication. Ce fut dans nno peste terrible, qui désola Sienne en 1400, que Bernardin commença à se faire connaître. Il provoqua une véritable renaissance religieuse dans les populations, et, dans son ordre tout entier, la réforme des observantins. Bernardin compta au nombre de ses admirateurs les papes Martin V et Eugène IV, et l'empereur Sigismond. Il a institué la fête du Saint-Nom de Jésus. C'est l'un des personnages populaires de la peinture du xv« siècle. Il fut canonisé en 1450.
— BiBi.ioGR. : Berthaumier, Hist. de saint Bernardin de Sienne (Paris, 1862).
Bernardin de Saint-pierre (Jacques-Henri), né
au Havre en 1737, mort en 1814 à Èragny-sur-Oise. Sa jeunesse fut aventureuse et décousue. Sorti de l'Ecolo des ponts et chaussées, il tenta la fortune à Malte, à Saint-Pétersbourg, à Berlin, dans l'ile de France, mais ne trouva partout que des mécomptes. Un fâcheux apprentissage du monde et l'avortement successif de toutes ses entreprises le rendirent morose, aigre, méfiant. De là lo contraste entre l'écrivain, qui s'abandonne à sa sensibilité naturellement tendre, et l'homme, qui porte dans le commerce de ses semblables une humeur ombrageuse et chagrine. Comme Jean-Jacques, il eut sa maladie morale. Vers 1771, renonçant soit à ses projets d'ingénieur, soit aux utopies sociales qui l'avaient jusque-là sollicité, il se fait écrivain, a puise de l'eau dans son puits •. Le premier livre qu'il pubUe est le Voyage à l'Ile de France (17Î3J, où l'on rencontre maints tableaux d'i:
vif et net, moins brillants, mais plus vrais aussi que ceux de ses ouvrages postérieurs. En 1784 paraissent les Etudes de ta nature :
l'artiste s'y donne libre carrière ; moins préoccupé de l'exactitude que de l'efl'et pittoresque, sa
tard Bonaparte, est véritable pinceau, s ans après, il donne ( et Virginie, chef-
Bernardin de Saint-Pierre.
genre, qui allie dans une mesure exquise la poésie à la vérité, qui, peignant l'amour de deux adolescents ingénus au sein
d'une nature paradisiaque, retrouve comme par miracle la naïveté, la fraîcheur des primitifs, cette grâce et cette tendresse que ne gâte aucune mièvrerie. Kn 1796, les Harmonies de la nature complètent les Etudes, mais souvent aussi n'en sont qu'une répétition, tantôt affaiblie, tantôt forcée ou raffinée. Signalons encore la Chaumière indienne, petit conte où la satire se mêle délicatement à l'idyUe.
On doit distinguer dans Bernardin le philosophe da peintre. Déçu par l'expérience de la vie, il se réfugia dans ta nature pour y réahser les rêves d'accord universel et d'édénique innocence qui l'avaient hanté dès sa jeunesse. Sa conception du monde, toute sentimentale et quelque peu béate, l'a souvent fourvoj'é dans ce qu'il faut bien appeler des « niaiseries ». Il ne trouve partout qu'appropriations et convenances providentielles. Cette vue optimiste peut, dans l'ensemble, prêter à do beaux développements; mais il y rapporte les plus insignifiants détails, et la rend ainsi puérile et ridictile : « Pourquoi le melon a-t-il des côtes? — Dieu a voulu que cette cucurbitacée se débitât facilement, à seule fin d'être mangée en famille. »
Si Bernardin a la trempe moins forte qno Rousseau, il l'a plus fine et plus souple. Il détaille avec une précision plus déliée. Il ne recule pas devant les expressions familières, les termes techniques ou d'un rare usage qui peuvent rendre exactement son impression. Aucune crudité pourtant, aucune bizarrerie ; tous les traits, toutes les teintes se fondent en une suave harmonie. Inaugurateor de ce qu'on nomme ■ l'exotisme ■ , son originalité est moins eneore dans le sujet de ses tableaux que dans sa manière de peindre. On peut reprendre chez Bernardin de la monotonie, quelque faiblesse de touche, une facilité parfois un