BUFFON — BUGLE
1 éducation, si bien que, dans
naturaliste fait peu à peu ■ • s volumes, il 1
ment scientifique, fondée sur l'étude des sèques. Et si, d'autre part, il s'est montré parfois trop prompt à concevoir de vastes théories, qu'une connaissance plus exacte de la réalité devait bientôt démentir, on sait que beaucoup de ses hypothèses ont été confirmées après lui par les progrès de la science et, notamment, que son imagination divinatrice a pressenti la plupart des idées modernes sur la variabilité des espèces et sur ce qu'on appelle le « transformisme ».
Buffon est moins un naturaliste au sens étroit du mot qu'un philosophe. Les détails, les phénomènes particuliers ne l'intéressent pas pour eux-mêmes. Il a hâte d en dégager le sens, de le rapporter à telle ou telle vue systématique. Il ne se plaît que dans les grandes conceptions. C est l'univers tout entier qu'embrasse son ample génie, majestati naturx par ingemum (génie égal à la majesté de la nature), comme le dit l'inscription de la statue qui lui fut élevée, de son vivant, à l'entrée du Muséum. Il mérite encore le nom de philosophe par son objectivité vraiment scientifique : dans le siècle des "Voltaire et des Diderot, l'auteur de VHisloire naturelle exclut de la science tout esprit de parti, se préoccupe de la seule vérité, sans poursuivre aucun but de propagande. Personnellement, il semble n'avoir eu ni d'autre religion qu'un naturalisme grave et serein, ni d'autre morale que la soumission à des lois nécessaires et immuables. Il se tient en dehors de la politique, au-dessus de tout ce qui n'olfre qu'un intérêt plus ou moins actuel; habitué, d'ailleurs, à envisager dans l'histoire do la nature les vastes ensembles, il attend de lentes évolutions ce progrès social que d'autres, plus mêlés au monde, plus impatients, et d'une sensibilité plus vive, hâtent autour de lui en menant campagne contre les injustices et les abus. Si Buffon est bien du xvm" siècle par le fond de ses idées, il se rattache au xvii' par la forme même de son esprit, que caractérisent des qualités proprement classiques : la prédominance de la raison, le goût et le sens de l'ordre, une disposition naturelle à considérer toute chose sous l'aspect le plus général.
Le style, a-t-il dit dans son discours de réception à l'Académie française (1753), est l'homme même. Et il entendait par là <iue la nouveauté des découvertes ne fait pas vivre un écrivain, car les découvertes tombent bientôt dans le domaine commun, mais que le style appartient à l'homme et ne saurait lui être enlevé. Cette parole, aucun exemple ne la confirme mieux que le sien. Ses théories scientifiques suffiraient sans doute pour immortaliser son nom : si nous le lisons encore, si son œuvre écrite demeure vivante, c'est parce qu'il fut un grand écrivain. On peut lui reprocher, et justement, dans ses descriptions les plus connues, une éloquence apprêtée et pompeuse. Il eut le tort do croire que la petitesse des choses doit être relevée par les ornements de la diction. Lorsqu'il ne s'agit pas de décrire l'oiseau-mouche ou même le cheval, lorsque, dans la Théorie de la terre, par exemple, ou dans les Epoques de la nature, l'ampleur du thème qu'il traite est en accord avec le tour grandiose de son imagination, nous reconnaissors en lui un des écrivains les plus admirables de notre laague par la sévérité noble, par la magnifique convenance, par la solide et harmonieuse plénitude.
Buffon (coRRESPONDANCB DE), recueillie et annotée par Nadault de Buffon, son arriôre-petit-neveu (Paris, 1860). Ce qu'il faut chercher dans cette correspondance, ce n'est ni le naturaliste ni l'écrivain; c'est l'homme lui-même, beaucoup plus simple et naturel qu'on ne le suppose. Les principaux correspondants de Bunon sont ses amis d'enfance : les présidents de Ruffey et de Brosses, l'abbé Leblanc ; ou ses collaborateurs : Guéneau de Montbéliard et l'abbé Bexon. Il échange aussi des lettres avec deux femmes : M""' Daubenton, cette gracieuse nièce de Guéneau de Montbéliard, et M"' Necker, l'amie dévouée, l'admiratrice éloquente qui reçut dans ses bras le dernier soupir de son grand homme. On y trouve aussi quelques lettres touchantes adressées à son 'fils.
Buffon f Pierre-Alexandre Lecleec, chevalier de), frère consanguin du célèbre naturaliste, né à Buffon en 1734, mort en 1825. Il entra jeune au service, prit une part active à la guerre de Sept ans (1756-1762), et fit la campagne de Corse ; il fut nommé maréchal de camp en 1790. Il a collaboré à la Collection académique (1761), a écrit un certain nombre d'opusciUes, soit en vers, soit en prose, insérés dans le Mercure; un Traité de Vamour de la gloire (1787); un précis historique sur la vie du naturaliste, qui a servi à "Vicq-d'Azyr et à Condorcet pour leurs Eloges académiques. Buffon, peu de temps avant sa mort, aurait jeté les yeux sur lui pour publier une édition de ['Histoire naturelle mise dans un ordre nouveau, mais il renonça â cette entreprise comme dépassant ses forces.
BOPFON (Georges-Louis-Marie Leci.erc, comte de), fils unique du célèbre naturaliste, né à Montbard en 1764, mort sur l'échafaud en 1793. Il prit du service dans l'armée, et il était major lorsque éclata la Révoludon. Maire de Montbard et colonel des gardes nationales du canton, il parvint à maintenir l'ordre et à faire respecter la loi. Nommé général de l'armée confédérée, il commanda à Dijon la première fédération armée des trois départements composant l'ancienne province de Bourgogne (Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Ain). A la réorganisation de l'armée (sept. 1791), il fut nommé colonel. 11 avait alors vingt-six ans. Arrêté à Paris, le 19 brumaire 1793, il fut enfermé comme suspect dans la prison du Luxembourg et impliqué dans une accusation générale. Sa femme est connue par sa liaison avec le duc d'Orléans, Philippe-Egalité.
BurrONIE (de Buffon, natur. franc.) n. f. Genre de caryophyllacées, tribu des alsinées, comprenant des herbes annuelles ou vivaces, frutescentes, qui croissent dans les régions sèches et pierreuses de l'Europe australe, de l'Asie occidentale jusquaux limites de l'Inde orientale et de l'Arabie, il On dit aussi bdkfone.
BUFNOIR (Claude), professeur et jurisconsulte français, né à Autun en 1832, mort à Paris en 1898. Il fut reçu le premier au concours d'agrégation de 1856, et suppléa Oudotdans le cours de Code civil, de 1861 à 1863. En 1865, il fut chargé d'un cours do droit romain, et, en 1866, de la conférence sur les Pandectes. A la mort de Bugnet (1866), il fut provisoirement chargé de son cours de droit civil, et il devint titulaire do sa chaire le 9 février 1867. Il occupa depuis lors une grande place dans l'enseignement du droit à la faculté de Paris par la sûreté de ses doctrines.
la puissance de sa dialectique, le charme et l'élégance de sa parole. Bufnoir fut, avant tout, un professeur, et il en eut les qualités les plus brillantes; mais ce jurisconsulte consommé n'aimait pas à écrire. Cependant, son ouvraçe sur la Théorie de la condition dans les divers actes juridiques suivant le droit romain est très remarquable.
BUFONIDÉS (du lat. bufo, onis, crapaud) n. m. pi. Famille de batraciens anoures oxydactyles, renfermant les crapauds et formes voisines réparties dans les genres crapaud, otilophe, kalophryne, etc. — Un bufonidé.
— Encycl. Les bufonidés sont répandus dans l'hémisphère boréal, leur plus extrême dispersion vers le sud est limitée par le sud de l'Arabie, le cap Guardafui, le Coromandel, la région de Panama (sauf quelques exceptions). Les formes fossiles apparaissent dans les couches d'eau douce d'Œningen. Les bufonidés renferment les géants des batraciens anoures; très carnassiers, ils attaquent tous les petits animaux, qu'ils chassent la nuit; lourds et timides, ils mènent une existence terrestre et se cachent dans des trous où ils hivernent. La plupart ne vont à l'eau qu'à l'époque du frai pour déposer leurs œufs en cordons; les têtards se transforment vite en animaux à quatre membres qui grossissent lentement, de telle sorte que les très gros individus sont toujours très âgés.
BUFONIE n. f. Bot. Syn. de bcffonie.
BUFONITE (du lat. bufo, onis, crapaud) n. f. Pierre à crapaud, il Dent pétrifiée de crapaud.
BUFONO'IDE (du lat. bufo, onis, crapaud, et du gr. eidos, aspect) adj. Qui ressemble à un crapaud, it On dit aussi
DUFONÏFORME.
les graisses pour la fabrication des pommades parfumées.
BUGADIÈRE (v. le mot précéd.) n. f. Cuve en maçonnerie, destinée à contenir les lessives pour la fabrication du savon.
BUGALBT (le) n. m Petit bâtiment à deux mâts servant autrefois
port des passagers et des marchandises, n Auj., Bâtiment de servitude, généralement à deux mâts aussi, emplojé dans les ports au transport des poudres, des munitions. Il Goélette à pible.
BUSAVE n. f. Bot. Nom vulgaire de l'ononis spinosa.
BUGASAN ou BUGASON, comm. de l'Océanie espagnole (Philippines [ile de Panay]) ; 8.900 h. Fondée en 1700.
BOGEAT, ch.-l. de cant. de la Corrèze, arrond. et k
10 kilom. d'Ussel, près de la Vézère; 1.160 hab. Ch. de f. Orléans. — Le canton ail comm. et 9.088 hab.
BUGEAUD DE IiA PiCONNERIE (Thomas-Robert), maréchal de France, duc d'Isly, né à Limoges en 1784, mort en 1849. Il entra à vingt ans comme grenadier aux vélites de la garde impériale. Sous-lieutenant en 1806, il fit les campagnes de Prusse et de Pologne, puis passa en Espagne, où il se distingua aux sièges de Saragosse et de Pampelune. Après s'être rallié avec éclat aux Bourbons en 1814, il les abandonna pour aller rejoindre Napoléon à Auxerre.
11 fut envoyé à l'armée des Alpes, en Savoie, où, avec 1.700 hommes, il culbuta toute une division autrichienne. Tenu à l'écart par la seconde Restauration, et retiré dans son domaine de la Durantie, en Périgord, Bugeaud y vécut en soldat laboureur, fidèle à sa devise :
Ense et aratro. Passionné, en effet, pour l'agriculture, il contribua par ses essais
camp. Elu député de Dordoene en 1831, il dm son zèle gouvernemental ia triste mission de garJt-i prisonnière auïort de Blaye la duchesse de Berry, en ceinte, et de la reconduire à Palermo après l'avoir déshonorée par la publicité de son accouchement (1833).
Une allusion à ce rôle de geôlier ayant été faite à la Chambre, puté Dulong, Bugeaud le provoqua en duel, cruauté avec laquelle il réprima 1834 acheva de le rendre impopulaire. Réélu député en 1834, 1837 et 1839, Bugeaud prit souvent la parole. Ecouté avec faveur dans les questions d'agriculture et de protectionnisme, il se créa de nombreuses antipathies par ses allures cassantes à l'égard des membres de l'opposition et par sa jactance. Sa véritable gloire fut la consolidation de la conquête de l'Algérie. Il préconisa la guerre de courses et de razzias. Envoyé en Afrique en 1836, il appliqua son système avec vigueur, et réussit à déblayer toute la région oranaise. L'année suivante, il signa avec Abd-el- Kader le traité de la Tafna. Nommé, en 1840, gouverneur général de l'Algérie, il résolut d'en finir avec les Arabes. A la tête d'une armée de 60.000 à 100.000 hommes, divisée en colonnes volantes sous les ordres de lieutenants comme Changarnier, Bedeau, Lamoricière, Baraguay d'Hilliers, il étendit bientôt la domination française jusqu'à la frontière saharienne. Puis il organisa sa conquête en construisant des routes et des villages qu'il fit occuper par ses soldats, transforsmés en ouvriers et en colons. Par sa sollicitude pour ses compagnons d'armes, il avait mérité le surnom de père Bugeaud. Promu à la dignité de maréchal
«repris la conquête de la Kabylie, lorsqu'on 1817 ses désaccords avec la Chambre l'obligèrent à résigner ses pouvoirs do gouverneur général. En 1848, le prince-président nomma le maréchal Bugeaud commandant en chef do l'arméo dos Alpos, et lo département de la Charcntc-Iufû'
rieure l'envoya à l'Assemblée législative. Mais son rôle actif était fini. Il mourut à Paris, emporté par le choléra. Il a publié quelques ouvrages, entre autres : la Gueire d'Afrique (li39j; Réflexions et souvenirs militaires (1815).
— BiBLioGR. : comte d'Ideville, le Maréchal Bugeaud^ d'après sa correspondance intime (1882-1883).
BuGENHAGEN (Jean), surnommé à cause de sa patrie le Docteur poméranien, théologien protestant, né à ■Wollin en 1485, mort en 1558. Il fut nomme, en 1517, professeur d'Ecriture sainte et de discipline ecclésiastique au monastère de Belbuck. A l'apparition de l'ouvrage de Luther, la Captivité de Babylorie (1520), Bugenhagen partit pour Wittemberg, où il gagna bientôt l'estime et la confiance du réformateur. Il composa dans cette ville son Interprétation des psaumes de David (1524), avec une préface de Luther et de Mélanchthon. 11 bénit le mariage de Luther, et resta toujours son ami. En 1546, dans l'église du château de Wittemberg, il présida aux obsèques du réformateur et mourut lui-même à l'âge de soixante-trois ans, laissant beaucoup d'écrits de théologie et une relation curieuse du voyage qu'il avait fait en Danemark.
BuGEY, pays de la Bourgogne, ayant le titre de comté et compris dans le gouvernement de l'anci de Bourgogne, entre l'Ain à l'O., le Rhône i et la Franche-Comté ; département de l'Ain, et de Nantua. Il ne diffère pas du Jura par la formation géologique. Au S., cependant, s'étend un îlot tertiaire, recouvert d'alluvions anciennes ; c'est dans ce bassin tertiaire, enchâssé dans le jurassique, que se trouve Belley. Les habitants du Bugey sont appelés Bugistes ou Bugei/- ' ■ " ' " ■ ' pays de
BUGGE (Thomas), :
né à Copenhague en 1740, mort en 1815. Après avoir occupé divers emplois dans le cadastre, il fut nommé, en 1777, professeur d'astronomie et de mathématiques à l'université de Copenhague, où
provii
, devint membre de l'Acadé
blic et exécuta;
Description de la méthode d'arpentage usitée dans l géographiques danoises (1779) ; Premiers principes des ma- Ihémaliques pures ou abstraites (1813-1814) ; Premiers principes de l'astronomie sphérique et théorique (1796) ; etc.
BuGGE (Elseus Sophus), philologue norvégien, né à Laurvig en 1833. Professeur de philologie comparée à Christiania (1866), il a été élu, en 1881, membre correspondant de l'Académie des inscriptions de Paris. On lui doit de curieuses découvertes sur les runes des premiers temps du moyen âge; il a donné de ces monuments littéraires du m" au vu" siècle une nouvelle méthode de déchiffrement. Outre de savants articles et mémoires, des éditions, dont l'une, celle de VEdda (1867), est très estimée, il a publié une étude sur les Corisonnes dans la langue popu norvégienne (1850); vége (1858); Etudes .
rolques du Nord; etc.
BOGGIAtJO ou BORGO-BUGGIANO (lat. Buja
: I ucques
Buggy.
0, bourg d'Italie (Toscane [pr Elève de vers à soie ; marché pour Villa Bel lavisU, par les Médicis.
BnOGY (beughji — de l'angl.) n.
in. Petite voiture d'origine améri-
à deux roues,°et munie de brancards longs et minces, il Ou l'appelle aussi boghei.
BUGIA [ji) n. f. Nom ancien del'écorcedel'épine-vinette.
Bug-Jargal, roman de Victor Hugo, écrit en 1818, imprimé en 1821, puis presque refait par l'auteur et publié en 1826. L'action se passe à Saint-Domingue, en 1791. Le nc'trre Pierrot, esclave chez un riche colon, ose aimer 'iruio, douce et poétique figure, la fille de son maître. ■ rrot manifeste sa tendresse seulement par des atten- < ravstérieuses, une protection cachée, mais vigilante,
, intriguent fort et la jeune fille et son fiancé, Léopold '. Auverney. Eclate la grande révolte des nègres de Saint- Domingue. Marie est enlevée au milieu du désordre et emportée au loin, dans les bras d'un esclave. D'Auverney se met à la poursuite du ravisseur; il est pris par les rebelles, et il va mourir, lorsqu'il est sauvé par l'intervention de Pierrot, devenu Bug-Jargal, chef de la conspiration des noirs. Et l'ancien esclave le conduit vers Mane, car c'est lui-même qui avait emporté la jeune fille en lieu sûi afin de la conserver à son amant. Mais, pour accourir délivrer ce dernier, Pierrot avait dû obtenir la permission de quitter le fort Galifet, où il était détenu prisonnier, et laisser à titre d'otages dix de ses compagnons. Par suite d'une me prise du farouche et ridicule Bia^ sou. sang-mêlé qui commande une partie des noirs, Bug-Jargal se croit obligé de revenir se faire fusiller par les blancs. Le sergent Thaddee et le chien de Bue-Jargal jouent un rôle épisodique dans cette œuvre écrite d'abord par un enfant de seize ans, où il est fort ' " ' "'
pressentir le futur auteur de tant de chefs-d'œuvre. A signaler, notamment, le bouffon Habibrah, qui amasse de la haine plein son cœur, se venge au jour venu, et se trouve puni par sa propre vengeance : étudié, agrandi, il deviendra un jour Triboulet dans Le roi s'amuse.
BUGLE (du lat. bugula. même sens) n. f. Bot. Genre de labiées, ou plus exactement fraction du genre ajuga, dont une espèce, la buglo rampante {ajuga reptans], est employée en médecine, quoique bien déchue de son ancienne réputation.
Qui a la bugle et la sanicle, Fait au chirurgien la nique.
(Qui connaît les vulnéraires peut se passer des médecins.
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