V. CALORIE
— Enctcl. Phy siol. Nerfs calorifiques. D'après les recherches de Cl. Bernard, il y a deux sortes de nerfs vaso-moteurs : les vaso-constricteurs f et les vaso-dilatateurs. Or l'action des premiers est en rapport avec des abaissements de la température physiologique ; l'action des seconds avec des élévations, au contraire. On en a donc conclu que les vaso-dilatateurs sont en même temps calorifiques, et les vaso-constricteurs* /'n'^on'^gues. En réalité, l'action thermique du grand sympathique est distincte de son action vaso-motrice, comme l'action excito-sécrétoire est distincte de l'action vaso-dilatatrice. (V. sécrétion.) L'hyperhémie, qui résulte de la vaso-dilatation, n'est qu'une condition favorable, et la véritable raison de l'élévation de température est l'augmentation des échanges chimiques, sous l'influence d'excitations nerveuses définies. C'est ainsi que l'hyperthermie, qui caractérise la fièvre, peut être considérée, au point de vue do la physiologie pathologique, comme déterminée par la suractivité des nerfs calorifiques. Inversement, les températures algides reconnaissent pour cause l'action des frigorifiques, qui ralentissent les échanges chimiques.
— Anton. Frigorifique, psychrique.
— BiBLioGR. : Cl. Bernard, Leçons sur la chaleur animale, sur les effets de ta chaleur et sur la fièvre (Paris, 1876).
CALORIFUGE (du lat. calor, oris, chaleur, et fugere, fuir) adj . Se dit des substances qui empêchent la déperdition de la chaleur.
— Encycl. Tous les corps mauvais conducteurs de la chaleur, comme le feutre, le liège, l'amiante, etc., sont des substances calorifuges, qui, en mémo temps, doivent être incombustibles. On applique ces matières sous forme d'enduits sur les tuyaux de vapeur.
CALORIMÈTRE (du lat. calor, oris. chaleur, et du gr. niétron, mesure) n. m. Phys. Appareil servant à la mesure des quantités de chaleur fournies ou cédées par les corps -" '- — " LORi
IRIM
dans une machine
de liquide p,, de chaleur spécifique c,, le vase et son contenu étant à la température de /, et qu'on plonge dans le liquide un corps contenant une quantité de chaleur M à une température T, il se fait un mélange des chaleurs qui est complet lorsque la température du corps, du liquide et du vase est la même ; soit d cette température d'équilibre. La quantité de chaleur apportée par le corps est donnée par l'équation :
d'où l'on peut facilement tirer la valeur de M qui est l'inconnue du problème.
Nous représentons {fig. 1) le modèle lo plus simple des calorimètres employés, pouvant servir à la mesure des
Il se compose d'un va£e en laiton très mince C, muni d'une enveloppe extérieure concentrique C : entre les deux cylindres se trouve une couche d'air qui a pour but d'empêcher que les échanges do température ne se fassent trop facilement du vase C à l'extérieur; un support S permet de fixer le thermomètre destiné à prendre la temjiératuro du liquide placé en C. La figure 2 montre les modifications apportées à cet appareil par Benhelot, dans le but d'empêcher les pertes par rayonnement ; à cet effet, une double enveloppe concentrique aux premières contient de l'eau que ton peut agiter pendant l'expérience et qui constitue une source rayonnante à température sensibie- ' "" -' lu'on doit rendre très voisine de celle
du liquide en expérience.
Quelles que soient les précautions prises pour préserver l'appareil au rayonnement, on ne peut jamais admettre que les pertes ou gains de chaleur venant de ce fait sont négligeables. Si la température du calorimètre est restée plus faible, pendant toute la durée de l'expérience, que la température extérieure, la valeur lue de • pèche par excès; si, au contraire, elle est restée plus forte, 9 pèche par défaut ; en se plaçant de telle manière que la température soit an commencement plus faible et à la fin plus élevée que la température ambiante, on peut réduire beaucoup la grandeur du terme correctif.
D'après la loi do Newton, les échanges de chaleur sont proportionnels aux différences des températures Te du calorimètre et Te de l'enceinte, et au temps n; la quantité do chaleur perdue m est donc :
m = K (Tc-Tc) n.
Pour déterminer la valeur du coefficient K, qui est propre à chaque appareil, on place dans l'enceinte du calorimètre un poids d'eau connu à une température Te supérieure à la température Te de l'enceinte, et on mesure do combien tombe la température Te en n minutes; on peut alors, de l'équation précédente, tirer la valeur de K, tous les autres termes éunt connus.
— A. Mesure des chaleurs spécifiques des corps solides. Les figures 3 et 4 montrent l'appareil monté pour la détermination des chaleurs spécifiques des solides. Le corps est chauffé dans une étuve munie d'une double enveloppe ou circule de la vapeur CC ; lorsque le corps a pris la température voulue, on le laisse tomber dans le calorimètre qui est placé au-dessous. En appliquant l'équation (l) des mélanges, dans laquelle t représente la température lue à l'équilibre, corrigée des pertes ou gains par rayonnement, on tire la valeur de M ; P étant Te poids du corps, T sa température dans l'étuve, et x sa chaleur spécifique, on a
— B. Mesure des chaleurs spécifiques des liquides. On opère pour les liquides de la même manière que pour les solides ; on enferme le liquide dans une bouteiUe métallique, de platine ou de cuivre, ot on l'échauffé à une température
CALORIMÉTRIQUE — CALOTIN
i alors,
connue T. On doit tenir compte, dans l'équation finale, de la chaleur apportée par la bouteille ; la valeur de x est alors donnée par une relation analogue â la précédente.
— c. Mesure des chaleurs spécifiques des gaz. La chaleur spéciliquo des gaz a deux valeurs différentes, suivant que le gaz est considéré à pression constante, ou à volume constant. Dans les mesures calorimétriques, on détermine la chaleur spécifique à pression constante. On peut déduire, d'ailleurs, l'une de l'autre, en déterminant le rapport — de ces deux quantités. V. CHiLBUK spécifique.
La plus ancienne méthode qui ait été employée est celle de Delaroche et Bérard; elle consistait à faire passer, avec une vitesse uniforme, un courant d'air dans un serpentin chauffé, à la sortie duquel se trouvait un calorimètre où l'air allait perdre une certaine^ partie de sa chaleur. On déterminait la température à l'entrée et à la sortie du calorimètre, ainsi que la quantité d'air employé.
L'appareil employé plus tard par Regnault (fig. 5 et 6), se compose également d'un serpentin chautfé dans une étuve S à double enveloppe ; il communique avec un calorimètre M de forme spéciale, où le gaz suit un long trajet avant de s'échapper par la partie supérieure. Les calculs se font d'une i^çon analogue aux précédents, mais la précision est d'autant diminuée qu'il est plus difficile de déterminer exactement le poids du gaz ayant servi à l'expérience.
— D. Mesure des chaleurs latentes de fiision. {V. fosion.) Lorsque le corps est liquide à la température ordinaire, on le congèle et on le plonge dans un calorimètre contenant le même corps à l'état liquide, en notant les températures du calorimètre comme dans les expériences ordinaires et en appelant T la température de fusion du corps, P son poids, i sa chaleur latente, et C sa chaleur spéciliquo liquide; on a l'équation :
P,c,{t-i)+p,c,{l-ii)^PC,{<i-T,+P\, dont on tire la valeur de >..
Si, au contraire, le corps fond à une température supérieure à la température ordinaire, on le fait fondre et on l'amène à une température T connue, sa températu étant T«, et on le plonge dans le calorimètre en appelant Cj, sa chaleur spécifique solide ;
— E. Mesure des chaleurs latentes de vaporisation. (V. vaporisation.) L'appareil employé par Regnault pour cette mesure est représenté par la figure 7. La vapeur arrive au robinet D, qui permet d'ouvrir l'un ou l'autre des calorimètres ou d'envoyer la vapeur à un condenseur, lorsqu'elle n'est pas assez sèche la vapeur circule dans le serpentin et se condense à la partie inférieure on pèse le poids d'eau conde calcule comme pour tes de fusion.
Dans l'appareil de Berthelot {fii; 8) la disposition est très simple; il se compose d'une fiole F, dont le col est fermé à la lampe, dont le fond donne passage à un tube T montant jusqu au sommet d'une part et aboutissant par le bas à un serpentin S plongé dans le calorimètre ; une grille circulaire à gaz chauffe le liquide dans la fiole, et les vapeurs vont se condenser dans le re servoir C placé à la partie inférieure du serpentin, après avoir cédé leur chaleur au calorimètre.
— F. Mesures diverses. Le calorimè tre est encore employé pour la mesure des chaleurs de dissolution, de combinaison, de combustion, etc. "V". bombe