CAVALERIE
repose sur le même plan que le corps; le cadavre, raidi par la mort, est vigoureusement et nettement accusé sous le linceul qui l'enveloppe de toutes parts. Cette draperie est étudiée dans ses moindres détails. Dans la statue de Godefroy Cavaignac, tout est conçu et exécuté au point de vue du naturalisme le plus exact, le plus passionné. Le tombeau de Godefroy Cavaignac marqua dans la carrière de l'artiste un point élevé qu'il ne lui fut pas permis do dépasser.
Cavaignac (Louis-Eugène), général français, frère du précédent, né à Paris en 1802, mort en 1857. Elève do l'Ecole polytechnique, puis de l'Ecole d'application de Metz, il fit'la campagne de Morée comme capitaine, et partit pour l'Afrique, où il conquit ses autres grades. Il prit part à l'expédition de Mascara, et fut cliargé, par ' maréchal Clauzel, du commanden dant quinze mois, avec une petite garnison de 500 volontaires, il réussit à repousser les tribus du désert. Après le traité de la Tafna, Cavaignac passa chef de bataillon au\ zouaves, puis aux zéphyrs, contribua à la prise de Cherchell (1840), et défendit
pla
les
Arabes et les Kabyles. Rentre aux zouaves, comme lieutenant-colonel, puis comme colonel, il se distingua par son courage, et mérita les éloges du duc d'Aumale, gouverneur de l'Algérie. Promu général en 1844, i! reçut le commandement de la subdivision doTlemcen, puis, en 1847, il succéda à Lamoricière comme gouverneur de la province d'Oran Général Cavaignac Ënftn, en mars 1848, après la
proclamation de la République le gouvernement le nomma général de division et gouverneur gênerai de 1 Algei le Mais bientôt, élu représentant du peuple par les départements de la Seine et du Lot, il rentra à Paris le 17 mai, se rangea parmi les républicains modérés et accepta le portefeuille de la guerre. Un mois plus tard, éclatait l'insurrection de Juin. Cavaignac fut mvesti, le 83, du commandement de la force armée. Il attendit, avant d'engager la bataille, que toutes les troupes de Paris et dos
les progrès de l'insurrection furent si rapide; demain 24, toute la capitale était en feu. L'Xssemblée, épouvantée, vota la concentration des pouvoirs entre les mains du général. Cavaignac agit alors avec une vigueur terrible : vingt-quatre heures après, l'insurrection était écrasée. Le 28, Cavaignac remit ses pouvoirs dictatoriaux à l'Assemblée nationale, qui, sur la proposition de Martin (de Strasbourg), le nomma chef du pouvoir exécutif. 11 gouverna appuyé sur l'Assemblée, considéré comme un sauveur par la bourgeoisie, estimé de ses adversaires pour sa parfaite honnêteté. Mais les masses ouvrières ne lui pardonnèrent pas sa sanglante victoire, aux élections du 10 décembre suivant pour la présidence de la République. Cavaignac fut battu parle prince Louis Bonaparte. Il reprit sa place parmi les républicains de la Constituante et de la Législative, et ne monta plus à la tribune que pour répondre à des attaques personnelles. Arrêté au 2 décembre 1851 et enfermé à Ham, il fut relâché un mois après. Elu, en 1852, puis en 1857, au Corps législatif, il fut déclaré démissionnaire pour refus do serment. Il finit ses iours dans sa propriété d'Oui Ml ^urilu'
— BiBLioGK. : Hipp. CasDl! '. '"«isrnac (Pa-
ris, 1859); Aug. Deschanii^ / I Paris, 1870);
E. de Mirecourt, ie Citera/ ' ' . i' .i v, 1858) ; Henri do Montfort, Biographie poui..j:,i c. ,„,.,;.ui-c du général Cavaignac (Paris, 1848).
Cavaignac (Jacquos-Marie-Eugène-Godefroy), homme politique, fils du précédent, né à Paris en 1853. En 1868, premier prix de version grecque au concours général de Paris, le jeune Cavaignac, lors de la distribution des récompenses à la Sorbonne, re- __^ fusa de monter sur l'estrado
, guerre franco-allemande, il s'engagea dans les mobiles do la Seine, et obtint la médaille militaire pour sa belle conduite au plateau d'Avron. Il entra en ' ^
suite à l'Ecole polytechnique, * ]
puis à celle des ponts et chaus / sées, et fut envoyé comme inge- ,^^ "~
nieur à Angoulême. S'étant fait ^
recevoir licencié en droit, il fut -^
nommé maître des requêtes au *
Conseil d'Etat (juill. 1881). Elu député de Saint-Calais en 1882, il fut, depuis lors, constamment réélu, et ne cessa de vo- Cavaignac. ter avec les républicains progressistes. Sous-secrétaire d'Etat à la guerre (mai 1885, cabinet Brisson), il devint ministre de lamarine(févr. 1892),
Cavailhon (Edouard), poète et littérateur français, né en 1844 à Génis (Dordogne). Il a été rédacteur en chef de 1' « Entraîneur •, où il traitait de l'élevage et des courses. On lui doit des recueils de vers, entre autres : Portraits en sonnets (1882); les Chants du cavalier (1886); Ifs Chants d'un Gaulois (1887) ; des livrets d'opérettes, des récits: la Créole parisienne {ISSi) ; Contes et portraits rabelaisiens (1885) ; les Parisiennes fatales (1889), etc., et des ouvrages de sport: les Sportsmen pendant la guerre (l^ii); les Courses et les Paris (ISii); les B aras de France (1886-1889), questions sur lesquelles il possède une réelle compétence.
CavaillÉ et CavAILLÉ-COLL, famille de facteurs français, qui s'est rendue célèbre dans la fabrication des orgues. Les principaux sont : Joseph Cavaillé, domini-
cain, qui vivait à Toulouse dans la première moitié du xviii' siècle. (En société avec un autre religieux du même ordre, le frère Isnard, il construisit des orgues, parmi lesquelles on cite particulièrement l'orgue de l'église Saint- Pierre, à Toulouse); — Son neveu et élève, Jkan-Pierre Cavaillé, né à Gaillac vers 1740, mort à Barcelone vers 1815, qui construisit plusieurs orgues dans le midi de la France et en Espagne. (Effrayé par la Révolution, il alla retrouver son fils en Espagne, et se Ë.xa définitivement à Barcelone) ; — Le fils et élève de Jean-Pierre, Dominique- IlïACiNTHE CavaiUé-Coll, né à Toulouse en 1771, mort à Paris en 1862. (Il travailla longtemps en Espagne et se fixa ensuite à Montpellier) ; — le fils de Dominique, Aristide, né à Montpellier en 1811,mort à Paris en 1899. (Il a introduit des perfectionnements remarquables dans la fabrication des orgues, et doté de ses instruments les plus belles églises ou cathédrales de France, de Belgique, do Hollande, d'Espagne, de Portugal, d'Angleterre, etc.)
CAVAILLON (Il mil.) n. m. Agric. Expression indiquant le déchaussement voulu de la vigne.
— Hortic. Variété méridionale de melon très estimée. Cavaillon, ch.-l. de cant. de Vaucluse, arrond. et à
24 kilom. d'Avignon, sur la Durance, au pied du mont Saint-Jacques ; 9.405 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Culture du mûrier et de l'olivier; vignobles; melons renommés. Fabrique de pâtes et conserves alimentaires, filatures de soie, moulins, tanneries, distillerie!
fabriques de chapeaux de paille. C" nierce important de fruits et prime i u Patrie de Philippe de Cabassol, de César de Bus, fondateur des Pn de la Doctrine chrétienne; du li i rai Monnier; de Castil-Blaze. - I canton a 6 comm. et 14.913 hab.
— Histoire. Cavaillon, une des il .
anciennes villes de France, fou !■ peut-être par les Massaliotes, était un des points fortifiés de la tribu des Cavares {Cabellio colonia in Cavari- Armes de Cavaillon. bus). Auguste en fit une colonie militaire. Au v« siècle, elle fut le siège d'un évêché. Le baron des Adrets s'en empara en 1562 et détruisit la plupart de ses églises. Cavaillon a gardé son caractère antique. Il reste des anciens monuments la n Porte triomphale», arc élevé sous Constantin, dans le style de la dernière période de l'architecture romaine ; la cathédrale do Saint-Véran (x« et xu" s.), l'hôtel de ville (xvm» s.).
Cavaillon, bourg de l'ile d'Haïti (république d'Haïti), sur le fleuve côtier Cavaillon, près de la mer ; 9.000 hab. Fabrication de chapeaux.
CAVAILLONNEHSE (va-llo-neuz' [Il mil.]) n. f. Charrue munie de deux socs, de deux versoirs et d un buttoir, afin de rejeter la terre des deux cotés, pour déchausser les
ÇA-VA-LÀ-HADT (la-6) interject. Véner. Cri que poussent de temps en temps les piqueurs, pour stimuler l'ardeur des chiens de meute, lorsqu'ils paraissent hésiter.
Cavalaire, écart de la comm. de Gassin (dép. du Var), sur la baie du même nom; 356 hab. Ch. de f. d'Hyères à Saint-Raphaël. Bains de mer. Usine de fer chromaté, carrières de serpentine ; vins ; citronniers, orangers. Cavalaire a peut-être succédé à l'ancien port phénicien d'Beraclea Caccabaria.
Cavalca (Dominique), dominicain et écrivain ascétique, né à Vico-Pisano (en Toscane), mort en 1342. L'académie de la Crusca cite ses ouvrages comme faisant autorité dans la langue italienne. Les principaux sont : el Trattato dicto Pongie iin/jrua (1472) ; Specchio di crocc (1480) ; Frutti délia lingua (1493); etc.
CaVALCABO (Ugolino), seigneur de Crémone, mort en 1406. Chef des guelfes de Crémone, il était devenu seigneur de cette ville, lorsqu'il fut vaincu et fait prisonnier on 1404, par Astone Visconti, chef du parti gibelin. Son lieutenant Fondolo continua la lutte et maintint à Crémone le parti guelfe, qui reconnut pour chef Carlo Cavalcabo, cousin d Ugolino. Ce dernier ayant reparu, Fondolo réunit à un festin, pour le partage de la souveraineté, les deux Cavalcabo et tous les chefs du parti guelfe, et les fit égorger par ses satellites.
CAVALCADE (de l'ital. 'cavalcata, chevauchée) n. f. Marche, promenade à cheval, d'apparat ou non, que plusieurs personnes font ensemble : Les brillantes caval- CADES du mardi qras.
— Par ext. Troupe de gens à cheval : Rencontrer une
CAVALCADEB V. n. En T. de manèg.. Faire i nenade à cheval en compagnie de l'écuyer et d ain nombre de cavaliers.
harge rf'ÈcuTER cavalcadour n'existe plus, en France, depuis IS30.
— n. m. : Un cavalcadour.
— Fam. Se dit plaisamment d'un cavalier qui accompagne une dame,
Cavalcanti (Guido), poète italien, né à Florence, mort dans cette ville en 1300. Ami de Dante et gibelin comme lui, il fut un moment exilé. Ses poésies, canzones et sonnets, ont été publiés dans le Recueil des anciens poètes italiens (Florence, 1527), et réédités en 1813. Une pièce surtout est restée célèbre : c'est la Canzone d'amore. liècle.
des renseignements précieux. Elle a été imprimée
Florence, en 1838.
Cavalcanti (Barthélemvl, littérateur italien, né à 1503, mort à Padoue en 1562. II fut chargé de ■ le cardinal Hippoljte d'Esté, à Ferrare, et . Son piincipal ouvrage : Trattati sopru i/li enti 'Ir/lc reppubliche antiche emodeme (1555),
Flo)
mort à Rome on 1897.. Il s'enrôla, en 1840, dans l'armée de l'indépendance italienne, et, après les revers de 1849, dut s'exiler en Angleterre. Très habile dessinateur, profondément instruit dans l'histoire de l'art, il fit paraître, en collaboration avec son ami J.-A. Crowe, plusieurs ouvrages importants : les Anciens peintres flamands (1862-1865) ; Histoire de la peinture en Italie (1864-1870). Crowe et Cavalcaselle détachèrent de leur ouvrage les deux volumes consacrés au Titien, à l'occasion du centenaire du grand peintre : Tiziano, la sua vita e i suoi tempi, con alcune Notizie délia sua famiglia (1877), volumes qui offrent en même temps toute l'histoire de la peinture dans l'Italie septentrionale. Après la guerre de 1859, Cavalcaselle put revenir dans son pays natal, où il fut nommé directeur général des beaux-arts. On lui doit encore : Histoire de la peinture dans le nord de l'Italie (1871) ; Vie de Raphaël; etc. CAVALE (ital. cavalla, même sens) n. f. Femelle du cheval : Faire saillir une cavale.
— Pop. Grande femme mal faite.
— Féod. Les cavales étant regardées comme des montures dérogeantes, étaient affectées ;
Cavale i