CAVALERIE — CAVALIER
mi les chevaliers. Chaque légion possède dix turmes' ou escadrons à trente hommes environ, commandés par trois décurions et trois optiones (lieutenants). Le premier décurion commande en chef. Aux ailes, la cavalerie alliée compte aussi trois cents hommes, commandés par un oflicier romain, prxfecius equitum ou aix. Après la guerre sociale, la cavalerie cesse de faire partie des légions et se recrute tout entière hors d'Italie. Auguste rétablit la cavalerie légionnaire à raison de quatre turmes par légion. Elle fut encore supprimée au m» siècle et rétablie au iv*. Les cavaliers avaient pour ornements distinctifs la phalère ou baudrier à clous d'or, l'anneau d'or, et la robe nommée traka. Ils montaient sans étriers. Une double couverture tenait lieu de selle.
~'iiiBiAOGK.:'Be\ot^ Histoire des chevaliers romains {\&^1). Aloyen âge et temps modernes. De tout temps, la principale force militaire des Gaulois avait été dans leur cavalerie composée de propriétaires assez riches pour aller à la guerre montés, eux et leurs hommes. Ce principe subsista après les afûux germaniques, et les Carolingiens ne changèrent rien à ces forces féodales à cheval qui faisaient la principale puissance des armées. Jusqu'au xv siècle, il n'y a pas d'organisation nette tendant à séparer en deux catégories distinctes les gens de pied et de cheval; suivant leurs moyens, nobles ou bourgeois combattaient comme piétons ou cavaliers. La cavalerie la plus nombreuse était, du reste, formée par les sergents à cheval, bourgeois miliciens qui combattaient rarement hors de leur province, mais qui prêtaient un important secours numérique aux hommes d'armes. En campagne, chacun se montait comme il pouvait; à la bataille, on mettait pied à terre, ou l'on chargeait à. cheval suivant la mode. C'est
f)ourquoi les feudistes appelaient fief de haubert celui dont e propriétaire pouvait fournir un ou plusieurs femestus, c'est-à-dire des hommes d'armes couverts d'un haubert. L'institution de la chevalerie avait tendu à différencier le cavalier noble, combattant en première ligne, des servants, écuyers et autres valets de guerre ne combattant qu'en seconde ligne, car c'était au moyen âge un usage de charger sur un seul rang, alin d'avoir part égale dans la gloire et le danger. Les ordonnances de Charles VII établirent un départ régulier entre les gens d'armes soldés, cavaliers armés d'acier comme leurs chevaux, formant des compagnies régulières et permanentes, dites des ordonnances, et les cavaliers auxiliaires, plus légèrement armés, couleuvriniers et cranequiniers à cheval. Mais ces deux sortes do cavaleries se triplaient, se sextuplaient par l'adjonction dos archers, écuyers, contiliers et pages, qui portaient l'etfectif de chaque homme d'armes, ou maître de la lance, à six ou sept combattants, également montés, et qui chargeaient en seconde ligne. Il y avait aussi les cavaliers des contingents étrangers, dont le nombre et l'importance allèrent en augmentant, notamment au xvi' siècle. C'est qu'alors, à côté des gens d'armes composant l'essentielle cavalerie d'élite, noyau même de l'armée, on formait des corps de cavalerie légère (stradiots, argoulets, arquebusiers à cheval, plus tard pistoliers copiés sur les reîtres allemands), pouvant, comme les dragons actuels, combattre à pied avec l'arme à feu, et constituer une sorte d'infanterie montée. Dès la fin du règne de Henri IV, on peut dire que les trois types de cavalerie sont nettement représentés : la grosse cavalerie est représentée par les gens d armes des ordonnances et les chevau-légers, qui sont pareillement armés; la cavalerie légère est composée d'argoulets et autres éclaireurs ; la cavalerie mixte comprend les cuirasses, les arquebusiers à cheval, carabins, etc. Les savants traités de Melzo donnent, dans ses plus grands détails, cette organisation, qui persista jusqu'à Louvois. La lance était tombée en désuétude dès le début du xvii" siècle ; aussi les gens d'armes se désarmèrent le corps jusqu'à ne plus garder que la cuirasse et le chapeau de fer, 1 épée et les pistolets. Sous Louis XIII, la cavalerie fut divisée en rf^giments et subdivisée en escadrons ; on forma des régiments de mousquetaires et de carabiniers. Sous Louis XIV, l'armée comprenait, comme aujourd'hui, des cuirassiers, des dragons. C'est à époque que parurent les premiers escadrons de hussards, qui furent divisés ensuite on hussards de Berchem et hussards Chamborrand. Sous Louis XV, le maréchal de Saxe forme un régiment de mille uhlans. II y avait alors, en France, d'autres régiments de cavalerie étrangère : Royal-Cravate, Royal-Polonais, Royal-Allemand, etc. Le comte de Saint-Germain, sous Louis XVI, attacha à chaque régiment de dragons un escadron de chasseurs à cheval. Les guides furent institués sous la Révolution, pendant la campagne d'Italie. Napoléon I**' créa les lauciers. A la suite des campagnes d'Algérie, on forma des régiments de spahis. On peut d'ailleurs dire que les derniers chocs où la cavalerie prit contact avec l'ennemi, autrement qu'en poursuivant les fuyards, eurent lieu, sauf de très rares exceptions, à la fin des guerres de religion (1589). Depuis lors, on donna à la guerre une allure plutôt scientifique, qui adopta le principe d'employer surtout la cavalerie pour les reconnaissances et pour finir les journées par des charges décisives. — BiBL. Outre les grands traités classiques de L. Fronsperger, Melzo, Wahlhausen, Montecuculii, on consultera les mémoires de Tavannes et de Montluc, et, pour l'ensemble, E. Boutaric, Institittions militaires de la France (Paris, 1863); Susane, Histoire de la cavalerie française (Paris, 1874) ; A.Duruy, l'Armée royale en /7M (Paris, 1888). Armée contemporaine. La cavalerie est l'une des trois armes dont se composent les armées modernes. Son rôle, tout en se modifiant, par suite des inventions des armes à feu perfectionnées, n'a rien perdu de son importance et s'est plutôt agrandi que restreint. Il exige de l'officier, et même
est, de tous les soldats, celui dont l'instruction est la plus complexe et la plus longue.
La cavalerie comprend plusieurs subdivisions d'arme. En France, on a ainsi vu, de nos jours, carabinic7-s, cuirassiers, dragons, lanciers, chasseurs, hussards, chasseurs d'Afrique, spahis, répartis en cavalerie do réserve ou grosse cavalerie, cavalerie de ligne, cavalerie légère, d'après leur armement, leur mode d'emploi, la taille des hommes et des chevaux, raisons qui motivèrent toujours, surtout les dernières, l'existence de plusieurs sortes de cavaleries dans une armée.
Varmement de la cavalerie est complexe et a beaucoup varié. Comme armes blanches, il acomporté d'abord la lance. abandonnée, puis reprise, très discutée ; Vépée, remplacée par le sabrer droit ou plus ou moins courbe ; comme armes
à feu : le pistolet, remplacé par le revolver, et le fusil ou la carabine. (V. le nom des différentes subdivisions de l'arme : cuirassiers, lanciers, dragons, etc.)
La cavalerie est la seule arme qui porte encore des armes défensives : casque et cuirasse. Elle a bien souvent joué un rôle brillant sur les champs de bataille et exécuté des charges demeurées célèbres.
D'après les idées actuellement régnantes, on assigne à la cavalerie en campagne une double mission. Elle aura premièrement à jouer un rôle essentiellement stratégique: d'abord pendant les périodes de mobilisation et de concentration, en couvrant et protégeant le front des armées au cours de ces opérations et en s'efforçant d'en troubler l'exécution chez l'ennemi, par des incursions hardies, poussées par delà la frontière ; puis pendant les marches d'approche, où la cavalerie devra tout à la fois masquer les mouvements de l'armée en formant comme un rideau en avant d'elle et en cherchant à déchirer celui que la cavalerie ennemie tendrade même devant l'armée adverse. En second lieu, la cavalerie jouera un rôle tactique au cours de la bataille et surtout en cas de victoire pour achever, par la poursuite, la déroute du vaincu, ou pour retarder, en cas d'insuccès, la poursuite du vainqueur.
En vue de ce double rôle, les troupes de cavalerie d'une armée comportent deux parties distinctes : la cavalerie indépendante, constituée, en dehors des corps d'armée, on divisions susceptibles d'être au besoin réunies en corps de cavalerie, et la cavalerie divisionnaire, ou de corps d'armée, directement attachée soit à ces corps, soit aux divisions d'infanterie.
Cavalerie (La), comra. de l'Aveyron, arrond et à 20 kilom. de Millau, sur le causse de Larzac 1 115 hab Mines de houille, dolmens.
Cavalese, bourg d' Austro-Hongrie (Tyrol) sur 1 Avisio, affluent de l'Adige ; 3.000 hab. Commerce de bois C est la localité principale du val Fiemme. Aux environs stations sanitaires. — Ch.-l. d'un district peuplé de 23 dOO hab
CAVALET {lé) n. m. Pièce composant le chantier ou re posaient les embarcations do la galère, au\ \\i* et wii"^ s
0", 18, et une épaisseur de 0", de plan incliné pour remonter le caïc à bord et cnsu i on plaçait cette embarcation entre eux.
CAVALET (fe)n. m. Couvercle de la lunette dans une
CAVALETTO (lé-to — mot ital. qui signif petit cha al) n. m. Instrument de supplice naguère usité à Rome cheval de bois sur lequel on plaçait le condamné poui lui donner la bastonnade, n On écrit aussi cavalletto
CavaLETTO (Alberto), patriote italien, ne et mort à Padoue (1814-1897). Il se fit recevoir ingénieur civil, et fut admis au bureau des constructions publiques. Mais il était révolutionnaire dans l'âme, et, lors du mouvement de 1848, il s'engagea dans le bataillon universitaire de Padoue. L'Autriche, victorieuse, le força de quitter sa ville natale; il se rendit à Venise et coopéra à la défense de la ville comme chef de bataillon. Après la chute de Venise, il dut se cacher à Padoue, mais la police autrichienne ne le perdait pas de vue ; arrêté en 1852, il passa en jugement et fut condamné à mort, condamnation commuée en celle des travaux forcés à perpétuité. Il subit cette peine dans diverses forteresses de l'Autriche jusqu'en 1856,époque à laquelle il profita d'une amnistie. Elu député à la Chambre par le collège de Chiari (1860), il prit part à la campagne de 1866 comme attaché à l'état-major de l'armée du Mincio, puis représenta successivement les collèges de Casalmaggiore de Valdagno, de San -Vite et d'Udine. En 1892, il avait été nommé sénateur du royaume.
CAVALIER {li-é — ital. cavalière] n. m. Homme qui est à cheval : La sûreté du cavalikr dépendpresque toujours de son cheval. J Alex. Dum.) il Personne qui sait monter à cheval : Etre bon, mauvais cavalier, ii Soldat de cavalerie : Murât s'élançait à la tête de ses cavaliers. 11 est beau d'envahir une terre nouvelle : Il est beau de soumettre un pays indompté. Lorsque tout cavalier, au pommeau de sa selle. Porte avec soi la liberté.
A. Barbier.
— Titre donné autrefois à un gentilhomme qui suivait la profession des armes : Seigneur cavalier. Beau cavalier. Il Homme qui a des manières élégantes, des habitudes galantes et nobles : Un cavalier accompli.
3e prétends qu'un cavalier bien né
En sache assez pour n'être point berné.
J.-B. Rousseau.
Let
faire honneur : Que cherchez-vous, cavalier, dans cette maison ? (Mol.) Il Homme qui, dans une société, s'attache à une dame pour la servir, lui être utile et agréable, danser avec elle : Prendre le bras de son cavalier.
— Chev. Cavalier servant. Homme à cheval, attaché au service d'une dame, il Auj. Homme qui accompagne habituellementune dame et qui se fait l'esclave do ses volontés.
— Fortif. Ouvrage en forme de retranchement, que l'on construit sur les courtines, à l'intérieur des bastions, pour battre les plis de terrain qui ne peuvent être vus des autres ouvrages, il Cavaliers de tranchée. Massifs en terre et en gabionnages établis aux deux extrémités des branches du té, et assez élevés pour que de bons tireurs, placés à leur sommet, puissent bien voir le chemin couvert et l'intérieur des places d'armes rentrantes des assiégés, afin d'en chasser les défenseurs.
— Hist. Membre du parti royaliste en Angleterre, sous le rè^ne de Charles I" : Les cavaliers et les têtes rondes. (V, TETES RONDES.) Il Gentilhomme espagnol du dernier degré : Les cavaliers, les écuyers, les hidalgos.
— Jeux. Nom de deux pièces du jeu d'échecs, qui mar-