‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 687 sur 956 · CÔNE · texte numérisé non relu

CÔNE

t une valeur moyenne de 500 francs.

Cédrat :

CÉDRAT {dra) ou CÉDRATIER {ti-é — de l'ital. cedralo; do cedro, citron) n. m. Section du genre citronnier, de la famille des aurantiacées, qui produit le fruit appelé cédrat.

— Enctcl. Le cédratier {citrus cedra) donne des fruits volumineux à surface tuberculeuse, violacés avant la maturité et jaunes quand ils sont mûrs, à zeste épais servant à préparer une essence, des conserves, des confitures, etc. Le cédratier était, en Judée, l'objet de cultures importantes ; son fruit n'était point soumis à la dîme, parce qu'il pouvait être cueilli et employé avant sa complète maturité. On le portait en main en entrant dans le temple, et cet usage s'est conservé chez les Israélites pendant la fête des Tabernacles. Le cédratier, importé par eux à Rome, est mentionné dans Virgile. Au moyen âge, son fruit joua souvent un rôle dans les opérations magiques. Il est cultivé depuis longtemps en Provence ; mais, comme c'est le plus délicat de tous les citrus, on ne le voit en pleine terre que dans quelques expositions privilégiées, qui s'étendent d'Hyères à Nice, et qui sont abritées contre les vents du nord par les montagnes du littoral. Il se fait un commerce considérable de cédrats sur la côte de Gênes, particulièrement à San-Remo et à Bordighera.

CÉDRATERIE n. f. Agric. Endroit sur lequel on a planté des cédratiers.

CÈDRE (du lat. cedrus, et du gr. kédros) n. m. Genre de conifères, tribu des abiétinées-sapinées, renfermant des arbres de l'Himalaya, du Liban et des monts Atlas : Les feuilles de la plupart des cèdres sont petites, étroites, pointues. (V. de Bomare.)

— Bois du même arbre : Le cèdre est rougedtre, odoriférant et incorruptible. (Desmarets.)

— On donne improprement le môme nom à plusieurs arbres appartenant à d'autres familles, n Cèdre acajou. V. cÉDREL. Il Cèdre blanc. V. cyprès faux thuya, il Cèdre de Busaco ou de Goa. V. cyprès pleureur, il Cèdre d'Espagne. V. genévrier à l'encens, h Cèdre de ta Jamaïque. V. GOAZUMA À FEUILLES d'ormk, etc. Il Cèdre rouge. Nom commun du genévrier de Virginie. (On dit encore cèdre de Virginie.)

— Poétiq. Symbole de grandeur, de force, de majesté :

— Encycl. Le genre cèdre {cedrus) comprend trois espèces. La plus célèbre est le cèdre du Liban, connu do toute antiquité. C'est un grand arbre, d'une forme régulière, d'un port majestueux et pittoresque. Ses racines pivotent à une grande profondeur et l'attachent très fortement au sol. Sa tige, droite, couverte d'une écorce rugueuse, se termine par une flèche presque toujours inclinée et dirigée vers le nord; ses branches s'étalent horizontalement, et couvrent de leur ombre épaisse une étendue considérable. Les fleurs sont monoïques et paraissent au printemps, dans le pays natal du cèdre ; mais, sous le climat do Paris, la floraison a lieu ordinai-

rement en automne. Les fruits sont des cônes cylindriques, ovoïdes, dressés, composés d'écaillés fortement serrées, qui abritent des graines accompagnées d'une aile membraneuse très large. La longévité du cèdre est très grande, et il peut atteindre des dimensions considérables, surtout en hauteur. L'un des plus remarquables, le plus gros probablement qui existe en Europe, est celui du Jardin des plantes de Paris. En 1734, Bernard de Jussieu, ayant fait un voyage en Angleterre, reçut de Sloanes, directeur du jardin botanique de Ke-w, deux tout petits cèdres, plantés chacun dans un pot de terre. De retour à Paris, il se rendait à pied au Muséum, quand un des pots tomba et se cassa. Jussieu mit alors dans son chapeau le jeune cèdre avec sa motte de terre, et le porta ainsi au Jardin des plantes. Ce simple accident, amplifié par la renommée, a donné lieu à une légende d'après laquelle Jussieu aurait rapporté le cèdre de Syrie en France dans son chapeau, et, en traversant le désert, se serait privé d'eau pour arroser son arljre chéri. Arrivé au Muséum, l'illustre botaniste planta ses deu\ ^fe

Il existe, en Algérie, des mas s il s considérables de cèdres dans le Mouzala et rOued-Soris Ilsappartieûnent à deux espèces distinct"s : lecè dre du Liban, et le cèdre de l'At- las. Ces arbres atteignent et dépassent même

Le cèdr

de

l'Atlas, appelé cèdre

aussi cèdre argenté, est une espèce bien distincte, caractérisée par sa forme pyramidale, ses rameaux étalés comme ceux du sapin, ses feuilles aiguës et glauques, et ses cônes généralement plus petits. On trouve dans l'Himalaya une troisième espèce, le cèdre Déodar, à rameaux flexibles et inclinés, à feuilles tout à fait glauques et blanchâtres ; elle a été introduite en divers lieux de l'Europe, notamment dans la forêt de Fontainebleau.

Le bois de cèdre est léger, pas très dur, d'un grain assez lâche, d'un blanc roussâtre, assez odorant. Pour la qualité, il paraît l'intermédiaire entre le pin sylvestre et le sapin. 11 est assez compact et solide dans les arbres âgés, oii il prend un grain plus fin et une teinte rougeâtre ou d'un jaune tendre ou fauve, veiné ou moiré de rouge. Il est souvent parsemé de nœuds très durs qui semblent, comme dans le sapin, des chevilles implantées dans la tige de l'arbre. Il peut prendre un assez beau poli. On le dit incorruptible, mais il ne l'est pas plus que le sapin. Il sert dans les constructions, la menuiserie, l'ébénisterie, la marqueterie, etc. L'écorce et la résine, appelée cédrie, sont quelquefois employées dans la matière médicale.

— Chim. Cèdre {essence de). On extrait du cèdre de Virginie {juniperus virginiana.) une essence qui se compose de deux principes : l'un liquide, qui est un hydrocarbure connu sous le nom de cédrène, l'autre oxygéné et solide. Le produit solide s'e-xtrait de l'essence de cèdre du commerce en la soumettant à la distillation et en recueillant tout ce qui passe jusqu'à 300°. On presse le tout dans un linge, puis on traite le résidu solide par l'alcool, où, pour le purifier, on le fait cristalliser plusieurs fois de suite. Ce composé se présente sous l'aspect de cristaux très brillants et doués d'une odeur aromatique très agréable. Il fond à 74% se volatilise sans décomposition à 282°, est peu soluble dans l'eau, mais très soluble dans l'alcool, d'où l'eau le précipite. L'anhydride phosphorique transforme la partie solide de l'essence de cèdre en cédrène ou partie liquide de cette essence. Le cédrène se prépare, soit en traitant par l'anhydride phosphorique la partie solide de l'essence de cèdre, soit au moyen de la distillation fractionnée de l'essence. Dans les deux cas, on peut rectifier le produit obtenu sur du potassium. Le cédrène a pour densité 0,984 à 14°,5. Il bout vers 237».

. m. Cédrat, fruit du cédratier. (N'est locution : Aigre de cèdre, Sorte de liqueu ; du jus de cédrat et de l'eau-de-vie.)

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