‹ Nouveau Larousse illustré (volume 4)Chapitre 77 sur 956 · BIEN · texte numérisé non relu

BIEN

Bien public (ligue du], confédéraiion féodale forméo contre Louis XI, à la fin do 1464. Louis XI, brouillon et soulevé contre lui, pendant les trois prc-

quant le 4icn puitlic. Los seigneurs allié» choisirent pour chef le frère du roi, Charles, duc do Bcrry. Mais les chefs réels étaient le duc do Bretagne, François II, au-

du droit de régale tons ; Charles le Téméraire, comte de Charolais, irrité de la perte récente des villes de la Somme; les serviteurs disgraciés de Charles VII, tels que le comte de Saint-Foi et le bâtard d'Orléans ; les féodaux du Midi, qui voyaient là une occasion do fortifier leur indépendance, comme le comte d'Armagnac et le sire d'Albrct. Louis XI, dès que la ligue lui fut connue, déploya son activité ordinaire, publia un manifeste pour démontrer â son jicuple que les nobles n'avaient point cure du bien public, chercna un appui près du pape, demanda des mercenaires à François Sforza. II eut vite fait do soumettre le Berry, et de réduire les ducs de Bourbon et de Nemours, le sire d'Albrct et le comte d'Armagnac, à accepter une trêve. A demi battu par le comte de Charolais, dans le combat confus et indécis de Montlhéry, il réussit, en tout cas, à rentrer dans sa capitale, dont on voulait lui interdire l'accès. Mais ses ennemis se fortifiaient en Normandie, et se rapprochaient avec une grande armée. Louis XI se résigna â traiter, provisoirement. En octobre 1465, il conclut, à Conflans et à Saint-Maur, des traités qui donnaient au duc de Berry la Normandie à titre d'apanage héréditaire ; an comte do Charolais, les villes de la Somme, sous condition de rachat, et les comtés de Boulogne et de Guines ; au duc de Bretagne, les comtés de Montfort et d'Etampes, la dis-

II ne restait plus à Louis XI qu'à reprendre ce qu'il avait donné, et c'est â cette besogne qu'il se consacra immédiatement.

— BiBLior.R. : Quicherat, Docum. retat. à la guerre du Bien public, dans « Mél. histor. <, t. ll{ûoc. inéd.) [Paris, 1843;; de Mandrot, Jacques d'Armagnac, dans ■ Rcv. histor. •; H. Sée, Louis XI et les villes ;Paris, 1892) ; Forgeot, Jean Balue, chap. m (Paris, 1895).

Biens et des maux (traité des fins des) on Traité des vrais biens et des vrais maux {De finibus bonorum et nia/orum), ouvrage philosophique de Cicéron, en cinqlivres. Le philosophe y examine à fond la grande question des moralistes anciens : Qu'est-ce que le bien ? et ; Qu'est-ce que le li I 1 rite les solutions des principales écoles. Celle upelepremierlivre;daoslesecond,Cicé- 1 : ; I laréfute.Leslivrestroisièmeetquatrième

Dans le cinquième est développée celle des

emploie ici son procédé favori, le dialogue. La scène se passe tour à tour dans sa maison de campagne, à Cumes, puis à Tusculum, dans la bibliothèque de la villa de Lucullus ; enfin, à Athènes, dans l'Académie. Les principaux interlocuteurs sont : L. Manlius Torquatus,qui représente l'épicurisme, Caton, qui défend le stoïcisme, Puppius Pison, qui expose la morale d'Antiochus, enfin Cicéron lui-même, qui développe un éclectisme délicat, plus sto'icien qu'épicurien, plus académicien que stoïcien. Cet ouvrage a été écrit entre février 45 et la fin de 44 av. J.-C.

— BiBLiOGR. : C. Thiaucourt, Essai sur les traités philosophiques de Cicéron (Paris, 1885).

BIEN [bi-in — du lat. bene, même sens. L'n se lie quand la première lettre du mot suivant est une voyelle ou une h muette) adv. Convenablement, sagement, de la bonne manière : Bien parler. Se bien conduire. Etre bien mis. Pays BIEN cultivé. Statue BIEN faite. Bomme bien né.

— Formellement, expressément : Il est bien entendu que... Vous voilà bien averti.

— A la vérité, assurément : On peut bien chercher son intérêt, mais sans nuire aux autres, a S'emploie souvent avec une nuance d'ironie : Les fées étaient bien de précieuses amies ; le malheur, c'est qu'elles n'ont point existé.

— Au moins, environ : Ily a bien deux lieues d'ici là. Avoir bien un milliard de fortune.

— Beaucoup, fort, très : Etre bien content. Saison bien pluvieuse. V. la rubrique gramm.

— S'emploie souvent par redondance, ou seulement pour donner plus d'énergie à l'expression : Je le savais bien. Il le faut bien. Nous verrons bien.

— Bien ou mal, De façon ou d'autre, il -Vi bien ni" mal. D'une façon ni bonne ni mauvaise ; sans faveur ni malveillance marquée, il Tant bien que mal. D'une façon médiocrement satisfaisante. — Que bien que mal & été employé dans le même sens.

— Etre bien : I* Etre juste, convenable, légitime, digne d'approbation ou d'éloge, sagement réglé, ordonné : Tout EST BIEN, sortant des mains de la nature. (J.-J. Rouss.) S" Avoir de la fortune, être à son aise. On dit plus souvent Etre BIEN dans ses affaires. 3' Etre abondamment pourvu : Etre bien en terres, en argent. 4» Etre dans une situation commode : Fauteuil dans lequel on est bien. 5« Avoir des manières distinguées, une figure agréable, etc. : Une jeune

Fam. Etre du dernier bien avec quelqu'un. Etre tout à fait dans son intimité, dans ses bonnes grâces, dans ses faveurs. 9'» Etre bien avec soi-même. Avoir la conscience tranquille, n'éprouver aucun remords.

— C'est bien. C'est très bien. C'est fort bien, et, ellipt., Bien, Très bien. Fort bien, marquent : l' l'assentiment, l'approbation ; 2" l'impatience ; 3* l'ironie : C'est bien, ne vous gêne; pas l

— C'est bien à vous de. Vous faites bien, vous êtes aimable, vous me faites un grand plaisir de : C'est très bien X vous. II Ironiq. Il ne vous convient pas du tout de : C'est bien a vous, iqnorants, de reprendre les autres !

— Cela est bien de lui, de son caractère. C'est tout à fait ce qu'on devait attendre de lui.

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