CHIMISTE
CHINE
analyse : Philosoplies ,
a l'acide chlorhydrique libre — de l'acidité totale, diminuée de l'acide chlorhydrique libre, au chlore organique, etc., indiquent naturellement les divers troubles de la fonction gastrique, et sont, en conséquence, aujourd'hui, soigneusement observés en clinique.
— BiBLioGR. : Hayem et "V\^inter, Du chimisme stomacal {digeslion normale; dyspepsie) [Paris, isao].
. CHIMISTE (missf) n. m. S'est dit pour désigner un marchand de drogues. Il Auj., Celui qui se livre à l'étude ou à la pratique de la chimie : Le chimiste ne peut se dispenser d'être pliysicien et géomètre. (Cuv.)
— Fig. Celui qui scrute, qui "'"' CHIMISTES du cœur. (X. Samtine.)
Chimiste (le) ou l'Alchimiste, tableau de Teniers, au musée de Dresde. — Dans un laboratoire encombré de mille ustensiles, un savant, coiffé d une toque garnie de fourrure et enveloppé d'une large houppe- „j^^^-- __ lande, est assis devant un fourneau sur k l'i ' est disposé un alambic, et stimule le feu moyen d'un soufflet. Teniers affection cette sorte de compositions. Parmi le^ i breux tableaux que l'on a de lui en ce gi- : nous rappellerons : l'Alchimiste du mubtc de La Haye, le Chimiste ou VAlchimiste du musée de Madrid ; deux scènes analogues au musée de Berlin et au palais d Hampton Court, etc. Des tableaux du même genre ont été peints, à l'imitation de Tenitr=!
Dresde ) , David Ryckaert { musée de Bruxelles), et surtout par Metsu dans un tableau qui est au Louvre. Le savant tenant un livre sur ses genoux, est assis dans l'intérieur de son laboratoire près d'une fenêtre ouverte, sur l'appui de la quelle sont posés une écritoire, un mortier de bronze et un pot de faïence.
Chimiyou ou Simiyou, rivière de l'Afrique équatoriale qui coule vers le S.-O., s'infléchit brusquement vers le N 0 *' , et se jette dans le la littoral du golfe Spcl c l'environ 200 kilom
anthfopopithecus (le genre troglodytes étant employé antérieurement en ornithologie), sont dolichocéphales ; leurs oreilles grandes et écartées, leurs membres antérieurs descendant seulement jusqu'aux genoux, leur dernière molaire inférieure à quatre tubercules, leurs côtes au nombre de treize, les différencient des orangs et des gorilles. Vigoureux, de grande taille, les chimpanzés vivent par troupes dans les forêts, courant à terre ou se jouant dans les arbres; très timides, ils fuient le voisinage de l'homme. En captivité, ils sont très doux et se dressent facilement, surtout pris jeunes. Ce sont les plus intelligents de tous les mammifères; leur cerveau est remarquablement développé. L'espèce la plus commune, répandue du Fouta-Djallon à l'embouchure du Congo et dans la région dos grands lacs, est le chimpanzé noir {anllu j o/>/lktCus nujerj ïaulhrojivpilhfcus tSchwfinfurthi a do^ £,ris A partir des épaules Mt au Congo \antkiopo
uis vers le N.,
CHIMITYPIE (de chimie, cédé par lequel i
Pro
t de la presse typographique une planche gravée en creux, avec relief suffisant tout înesse de trait.
Chimoda ou Simoda, ville maritime du Japon (île de Nippon (prov. d'Idzou]) ; 4.885 hab. Un des premiers ports du Japon ouverts au commerce européen, il cessa de l'être et fut remplacé par Kanagava, en 1858.
ChimÔDZOUKÉ, prov. du Japon (ile de Nippon), ken ou gouvernement de Totsighi; 6S2.580 hab. Ch.-l. Totsighi.
ChimOGA ou Simoga, ville de l'Inde anglaise (Maissour), sur le Tounga, brandie supérieure du Toungabhadra; 12.050 hab. 'Ville prise et saccagée par les Mahrattes en 1792. — Ch.-l. d'un district peuplé de 527.980 hab.
Chimo-matskama ou Chimo-matsoukama, ville du Japon (île de Kiou-Siou [prov. de Higo]) ; 5.670. hab.
ChimOSA, prov. du Japon (lie do Nippon), partagée entre les deux kens de Tchiba et d'Idraghi ; 64.000 hab Ch.-l. Tsilm.
ChimotsouyÉ ou SimoTSOUI, ville maritime du Japon (île de Nippon [prov. de Bizen]), sur le Séto-Outsi
.935 hab.
B n. m. Es-
de coquilles )nt on enduit qui imite le
miques qui entrent da:
la composition des corph..
GRIMONANTHE {ki) n. m. Genre de monimiacées-calycanthées, dont l'espèce type croît au Ja-
— Encycl. Le chimonanthe odorant {chimonanthus fragrans de Lindley, calycànthus prxcox de
1 à 2 mètres de hauteur, dont les fleurs, très nombreuses assez grandes, d'un pourpre violacé, éclosent en pleii hiver, et exhalent une odeur agréable, assez analogue : celle de la jonquille. Oiiginaire du Japon, d'où il a étt introduit en Europe en 1766, le chimonanthe odorant a produit une variété à grandes fleurs, très recherchées, ainsi que le type, dans les
1 France, pour
CHIMOPHILE {h
CHIMPANZÉ (cAe'n)
niifères primates ( tarrhiniens, famille
des anthropomor- Chimpanzé,
phes, renfermant do grands singes anthropoïdes, propres an versant atlantique de l'Afrique tropicale. — Enctcl. Les chimpanzés, dont le nom scientifique c
Le Chimiste i après Teniers (musée de Dresde)
ptthecus cahnts à cr^i re,^ions paraît le pi Aubryi est du Gabon.
ChiMU (GraN-). Géogr. V. Grax-Chimo.
CHIN (chin') n. m. Nom donné par les Chinois à certains esprits, il Seizième lettre des alphabets arabe, turc et persan.
CHINA (rad. Chine) n. m. Salsepareille de la Chine, qu'on appelle aussi sgniNE. u Nom vulgaire du calisaya.
CHINA-CLAY (clé) n. m. Terre argileuse pulvérisée, que l'on emploie dans les parements et apprêts pour empeser les tissus teints ou écrus. (On se sert également de cette matière, qui est d'un beau blanc, pour charger le papier.)
CHINAGE n. m. Action de chiner une étoffe ou mieux des écheveaux en imprimant sur eux une ou plusieurs couleurs; ou encore, au moyen de bains de teinture, en colorant partiellement ces écheveaux.
— Pop. Travail, n Dépréciation, critique malveillante.
— Arg. Genre d'escroquerie qui consiste à offrir en vente aux passants un objet dont un compère exalte la valeur.
— Cent. anc. Droit que payaient les charrettes qui passaient dans les bois, ti On disait aussi cbëmage.
Chinagava ou SiNAGAVA, ville maritime du Japon (lie de Nippon [prov. de Mouzasi];, sur la baie de Tokio ; 17.200 hab. C'est le faubourg méridional de Tokio.
CHINA-GRASS (ki, grass — de l'angl. China, Chine, et grass, herbe) n. m. Bot. Nom anglais du bœhmeria nivea. n Matière textile fournie par la même plante : Des coutils en
CHlNA-GRASS.
Cm-NA'i-NGAN, romancier chinois, qui vivait au XII' siècle, sous la dynastie des Kin ; on ignore les dates précises de sa naissance et de sa mort. Il nous est connu par sou ouvrage, le Choui-hou-tchouen (ou Histoire des rives du fleuve), où figurent plus de cent personnages principaux et qui n'a pas moins de soixante-dix livres; c'est un roman comique et non pas historique, comme l'ont cru longtemps beaucoup d'orientalistes. Chi-nai-ngan raconte plaisamment l'histoire d'une guerre sociale qui affligea l'empire sur la lin de la dynastie des Song.
Ghinambrym, ile de l'Océanie. V. Ambrtm.
Chinameca, ville de la république de Salvador (dép. do San-Miguel), sur le versant septentrional du volcan de Chinameca (1.500 m. d'alt.) ; 8.460 hab. Sources minérales, fabrique de farine dite ■ deTuca». Ruines anciennes.
CHINAMPAS n. f. pi. Jardins flottants, inventés par les Aztèques pour suppléer à l'insuffisance de la terre cultivable, lorsqu'ils eurent fondé Mexico. — Une chinampa.
— Enctcl. L'usage des chinampas s'est perpétué jusqu'à nos jours, et il en existe sur beaucoup de lacs mexicains. Ce sont des radeaux formés de branches, de racines, d'herbes aquatiques, qui reçoivent une couche de terreau do 0",50 à 0"',60 d'épaisseur. On y cultive des fleurs, des légumes et des arbustes.
ChinaNDEGA, ville de la république do Nicaragua, sur un ruisseau descendant du volcan Viejo : S. 000 hab. Capitale temporaire (en 1849) des trois républiques unies de Nicaragua, Honduras ot Salvador. — Aux environs, ville du 'ViEjo-Chinandega.
Chinano ou SiNANO, prov. du Japon (ile de Nippon); 919.000 hab. Capitale Zenkodji.
CHINANTÈQUE adj. f. Se dit d'une langue qui se parlait dans l'ancien empire du Mexique.
^ CmNANTÈQUES, Indiens aborigènes du Mexique et d une partie de l'isthme américain, où ils ont donné leur nom à plusieurs villes (à Chinandega, par exemple). — Un, une Chinantèqde.
Chinantla, bourg du Mexique (Etat de Puebla) ;
ChinARD (Joseph), 3 de
né à Lyon en 1756, mort prix de sculpture offert par l'académie de Saint-Luc, avec un groupe représentant Persée délivrant Andromède, contribua à l'éclat des fêtes pendant la Révolution, par l'exécution de statues colossales et de groupes allégoriques, et fut nommé membre de l'académie de Lyon et professeur à l'Ecole de sculpture de cette ville. Il est l'auteur de plusieurs bustes estimés : M-" Récamier, Joséphine et Eugène de Beauhamais, Desaix, etc. Ses plus beaux ouvrages sont : Bébé versant le nectar; la Paix (à Marseille ) ; le Carabinier de l'arc du Carrousel; etc.
ChiNAUAPAN ou Chignahaupan, bourg du Mexique (Etat de Puebla), dans la haute vallée du rio Axaxaplan, affluent du rio San-Pablo ; 9.850 hab.
Chincai (Georges), historien et philologue roumain, né en Tiansvhame en 1754, mort à Sinéa vHongrio) en 1816 En 1780 il publia, en collaboration avec Pierre Maior les Elementa lingux daco-romanm. Directeur, do 1782 à 1 /94 des écoles gréco-catholiques de la Transylvanie Il créa plus de trois cents écoles, et fit une opposition acharnée à I évêque Bob, qui voulait introduire le latin dans la liturgie des églises roumaines. En 1794, il fut accusé comme révolutionnaire et emprisonné. Relâche en 1795 il quitta Blaj (Blasenburg) et se rendit à Pcst oi'i il collabora avec Samoil Klein à plusieurs tra- ^ I 1^1 il présenta son histoire Cronica ronilnà, la
I I ) le de sesjBuvres, à la censure hongroise, ' Opus igné» auctor patibulo dignus! (L'ou- I feu, et l'auteur le gibet.) On a de lui : ' ( langue roumaine, en collaboration avec ^ un uivRiii t i ammaire latine ; etc.
CHINCAPIN n m. Nom vulgaire du châtaignier nain (castanea pumila)
Chtncha-ALTA ville du Pérou (départem. d'Ica), près dt 1 II ' ' ' "' Cfiincha da.as locéa.a Pacifique et
< 11 I ' '"S.- 4.815 hab. — Sur la côte se
tr 11 c limcha-BAJA.
régions de la
Chinchas i
r, qui est une variété de cabillaud, tites îles de l'océan Pacifique, sur Il lu 1 Ku entre la presqu'île Paraca et l'embou-
I m lu I m no côtier Chincha. Jadis riches en guano, c ir 1 j titi b îles dépendent de la province d'Ica et sont aujuurd liui à peu près abandonnées.
ChinchaycoCHA, lac du Pérou (départ, de Junin), sur la Mesa de Bombon, haut plateau situé au sud du Cerro de Pasco De ce lac, l'un des plus grands de l'Amérique du Sud, sortent les rios Pari et Mayo, affluents de l'Apurimac. Victoire, dite de «Junin», remportée dans les environs par les Péruviens sur les Espagnols, le 6 août 1824
CHINCHASUYU, dialecte de l'idiome quichua. (Pérou.)
CHINCHE n. f. Nom colonial vulgaire d'une sorte de moufi'ette, qui répand une odeur nauséabonde.
CHIN-CHEU n. ra. Dialecte chinois parlé dans la province du Fo-kien. V. Chine (langue).
CHINCHILLA n m Genre de mammifères rongeurs, famille des lagostomides ren fermant des formes de taille moyenne à fourrure fine et soyeuse, habitant lAmtri queduSud. Syn lagostcm
ERIOMTS, CALLOMÏS
— Encycl Leur nom -v de la ville de Djindjala Espagne, qui était cel 1 dès le XII' siècle par la finc de ses lainages auxquel compara les fourrures gr rapportées d Amérique O connaît deux espèces do chinchillas chinchilla lani géra, du Pérou et chinchilla brevicaudata, de Bolivie qui vivent dans les Andes i tiennent par familles ; leur fourrui est l'objet d'un commerce importa
Chinchilla de Monte Aragon, ville d'Espagne (Murcio [prov. d'AlbacèteJ) ; 6.100 hab. Mines de plomb, toiles, draps. — Pop. du district d ' ' '
Chmchilla
, d'un beau gris-perle,
t du même nom : 27.600 hab.
secrétaire d'Alexandre Dumas père, il collabora à divers journaux et entra, en 1872, à la rédaction du ■ Figaro •. 11 fonda en outre un journal d'art, VEstampe. Ecrivain à la plume spirituelle et facile, Chincholle a écrit, tant sous son nom que sous divers pseudonymes, quelques pièces do théâtre : l'Oncle Margottin (1870); le M art de Jeanne (1872), et des ouvrages divers, entre autres : les Pensées de tout le monde (1868) ; les Phrases courtes (1872) ; Us Jours d'absinthe (1885) ; tes Survivants de la Commune (1885); le Vieux Général (1886) ; Femmes et rois (1886) ; la Grande Prêtresse (1887) ; les Mémoires de Paris (1889) ; le Général Boulanger (1889) ; le Joueur d'orgue (1890); etc.
l'Espagne (Nouvelle-CastiUe [prov fage et la Tajuna ; 4.980 hab. M' sulfate de soude, tuileries et briquetenes, papeteries,
980 hab. Mines îeteries, nérales.
-de- vie réputées. Eaux — Pop. du district de Chinchon : 43.500 hab.
CHINCBOURES n. m. pi. Filet en forme de nappe double avec lequel les Espagnols pèchent la sardine.
Chincolco, ville du Chili (prov. d'Aconcagua), sur un tributaire de la baie de Ligua; 3.140 hab.
CHINDRIEtfx, comm. de Savoie, arr. et à 27 kil. de Chambéry, non loin du lac du Bourget; 1.114 h. Ch.de f. P.-L.-M. Chine ou empire chinois, l'un des plus vastes empires du monde, situé dans l'Asie centrale et orientale. Il s'étend d'O. en E., du Turkestan russe à la mer Jaune (océan Pacifique) ; du N. au S., de la Sibérie à l'Inde et à rindo-Chine. Voici ses plus grandes dimensions : 4.900 kil. . (confluent de l'Amour et de S.-E.(Laos) auN.-E. (bi trionale de l'Amour). En chiffres ronds, la superficii totale est évaluée à 11.060.000 kilom. carr.; la populatioi à 430.000.000 d'hab. (Chinois, oises.)
CHINE
Bambou — W Pan
piro chinois est composé do doux parties : iropre, divisée en 18 provinces qui s'étendent i
.1- !i, K ;:, - .hiTlùbet-
■ s spiSci.-iux.
Il' 1 empire chinois n'ost pas
■ On y a vu, copondant, une ^ ^.'f'ologiques.
Uu, co qui est le plus romar- I la terre jaune, terrains ana-
logues au Icess, qui occupent une surface plus grande que la France et qui, sappuyant à 10. aux plateaux thi bétains, se retrouvent môme au bord du Yang-Ts6-Kiang Ces terrains, doutrépaissourpeutattoindrejusqu" '
à 600 1 poussière jaune qu emporte le moindre déposant sur les végétaux, les recouvr
fplus anciens : cristalli et métamorphiques dans la presqu'île, paléozoïques à base, occupent le Chan-Toung. Au S. du Hoang-H d'importantes formations paléozoïques, ave(
bassins honillers considérables.
Dans la Chine méridionale, on rencontre des couches orientées du S.-O. au N.-E., parallèlement à la côte du FoKiea et formées de terrains métamorphiques, paléozoïques, avec dépôts carbonifères. Le granité forme la côto, tandis que les lies sont volcaniques. En Mandcliourie, les monts Chan-Alin sont calcaires et volcaniques. On y e-tploite le fer, l'or, la houille, les pierres précieuses.
— GÉOGRAPHIE PHYSIQUE. Relief. Le relief d'une aussi vaste étendue de terres que la Chine propre ne peut être que d'une grande complexité. Voici ses lignes principales :
1» Une série presque rectiligne et ininterrompue do liauteurs, dont la direction générale est franchement d'O. 3 thèse générale d'O.
ide
l'O., au Kouen-Loun propre par les monts Siking-Chan et Miu-Chan, dans le Kan-Sou ; elles se continuent, vers l'E., par la chaîne du Tsin-Ling-Chan, qui couvre la partie méridionale du Chen-Si, et par le Fou-Niou-Chan, dont les dernières ramiScations s'étendent jusqu'à You-Ning, dans le Ho-Nan.
2» Au N. de cette ligne transversale, la Chine septentrionale peut être divisée, au point de vue orographique, en deux régions. — 1. Un système complexe de hauteurs de moyenne altitude, également détaché, mais plus au N., do l'onormo plateau du Tbibet-Koukou-Nor, court d'abord d'O. en E., presque parallèlement au Kouen-Loun oriental, puis se dirige, au N.-E., vers laMaudchourie. Ce système est d'abord formé par la large chaîne du Nan-Chan ; celle-ci se relie, par delà la dépression où coule le Hoang- Ho, aux plateaux à la surface uniforme qui couvrent Te Kan-Sou oriental et le Chen-Si septentrional (altitude moyenne : 1.800 m. au N., 1.300 m. au S.), et que borde au N. le Lou-Gouan-Ling. Le Hoang-Ho coupe une seconde fois cette ligne de relief. Au delà s'étagent, entre 1.500 et 420 mètres, les terrasses du Chan-Si méridional. Le nord de cette dernière province et l'intérieur du Petchili sont recouverts par quatre chaînes parallèles, alignées du S.-O. au N.-E. (Ou-Taf-Cban, 3.300 m. ; In-Chan, 2.400 m.), qui se relient au N. au Khingan, et au N.-E., par le Lou- Chan, au Chan-Alin et aux monts de Corée. — IL A l'E. de ce système, une vaste plaine, de forme triangulaire, s'étend du golfe du Petchili à Kaï-Fong (sur le Hoang-Ho) et à la mer Jaune. Le massif isolé de la presqu'île du Liao- Toung domine cette plaine, à l'E. du Grand Canal.
3» Au S. de la ligne transversale, le relief permet pareillement de diviser la Chine méridionale en deux régions : I. A l'O., une série de monta^^nes peu connues, très élevées (5.000 et 6.000 m., et plus), et parallèles, dont la direction générale est N.-N.-O. S.-S.-E., et qui forment le rebord oriental du haut plateau Thibétain, couvrent le Sé- Tchouen occidental et le Yunnan septentrional. Ces chaînes s'épanouissent, au S., pour former le plateau (altitude moyenne : 3.000 m. dans le Nord, 16 à 1.800 m. dans le Sud) du 'Yunnan et du Kouang-Si occidental. — IL A l'E. de ce puissant relief, courent, couvrant la surface de sept provinces entières, de nombreuses chaînes, plus ou moins parallèles, généralement dirigées vers le N.-E., et qui portent le plus souvent des noms locaux. Ce sont ces chaînes qui coupent par intervalles le cours des fleuves. Ces chaînes, Nan-Chan (qui n'a pas l'importance qu'on lui attribuait), Ta-pa-Chan, Hoeï,Tayou-Ling, se succèdent, à l'E., jusqu'à la mer de Chine ; leur altitude varie entre 800 et 2.000 mètres.
Pluies et climat, La Chine propre, située entre la plus énorme masse montagneuse du globe et la plus énorme masse océanique (océan Pacifique), est, avec l'Inde et l'Indochine, le pays des vents réguhers et alternatifs, des moussons. En été, de mai en aofit, sur le continent surchauffé, un appel d'air se produit : c'est la mousson du S. ou du S.-E., très chaude et très humide ; en hiver, d'octobre à mars, l'air sur le continent est plus froid que sur la mer : alors s'établit la mousson de l'O. ou du N.-O., très froide et sèche. Il en résulte, d'abord, que le climat général do la Chine est extrême : très froid 1 hiver, très chaud l'été. De l'alternance des vents découle également le régime des pluies, surtout dans le Sud et dans l'Est ; les pluies de la Chine centrale ont beaucoup moins le caractère de pluies de mousson. Les pluies tombent surtout en été, et sont particulièrement fréquentes sur les côtes : leur importance " ■ ^ " " N.-E. Les
croit chutes de i
Mge!
excepté sur
montagnes do l'Oue&t. Enfin, on a observé dans l'allornanco dos années très pluvieuses et des années do sécheresse une certaine régularité : le cycle entre doux années très pluvieuses serait de quatre ans.
Fleuves et lacs. L'importance du relief, l'abondance dos luies donne à la Chine propre un riche réseau hyd»-ogra-
fë^oi
ce réseau se résume on quatre douves, qui
tegiquo.
do CaniOD. (V. ces mots.) Parmi les lacs, citons ; le Houng-TséHou, le 'Toung- Ting, le Poyang, le Taï-Hou. "V. ces mots.
Côtes. La Chine est baignée par trois mors, qui sont : la mer Jaune, la mer Orientale, la mer do Chine. Les côtes do la première, à l'exception des péninsules du Liao-Touiig et du Chan-Toung, sont basses et plates: les côtes des deux autres mers, au contraire, sont élevées, découpées, bordées d'Iles et favorables à l'établissement do ports. La mer Jauno forme une véritable Méditerranée chinoise, diviséo en trois golfes profonds : la baie de Corée, que lu péninsule du Liao-Toung sépare du golfe du Liao-Toung, puis le golfe du Petchili, qui est le plus étendu et le seul qui baigne la Chine propre. Ce dernier golfe reçoit le Pe'i-Hu et le Hoang-Ho; sa côte, fort basse, n'a pont de port : Takou, à l'embouchure du Peï-Ho, n'est qu un point stra- ",a massive presqu'île du Chan-Toung, que terip du même nom, forme la Méditerranée chinoise : ses côtes sont bien articulées, riches en ports : Tong-Tcbéou, Tché-Fou, Weï-Haï-We'i, baie de Ting-Tsé, baie de Kiao-Tchéou. Puis la côte redevient basse : c'est la région de l'ancienne embouchure du Hoang-Ho (île
" ' • 'Btl -■ ~ -
Tsoung-Ming). Avec le golfe ue naugentre les ports de Shanghaï et de Ning-Po, et dont les îles Tchou-San commandent l'entrée, commence lo littoral do la mer Orientale. Ce littoral ne présente pas de profondes indentations; mais il est élevé, abrupt, découpé, ciselé en un nombre infini de caps, de petites baies, do groupes dîlots; voici ses principaux accidents : baie de Nimrod, de Chi-Pou, port de Ven-Tchéou, baie de Nam-Kouan, îles Tong-Chou, port de Fou-Tchéou, à l'embouchure du Min- Kiang; et, sur le détroit de Formose : île Ho- Tan, port de Tcheng-Tchéou et, dans un îlot situé en face ce port, port d'Amoy, îles Pescadores (au Japon), port de Swatow. La côte de la mer de Chine présente, jusqu'au golfe du Tonkin, les mêmes caractères ; on y relève I île de Hong-Kong, le delta du Si-Kiang, le port de Macao (au Portugal), les îles Saint-Jean, la péninsule montagneuse de Lei-Tchéou, avec Kouang-Tchouan, la grande île de Haï-Nan, avec les ports de Kioung-Tchéou et Hoi-Hou, sur le détroit. Sur le golfe du Tonkin, la Chine possède le port de Pakoï.
Flore. On reconnaît dans l'empire chinois une série de flores, différentes selon les régions. La flore des terres jaunes est intermédiaire entre celle des steppes et des déserts dos hauts plateaux de l'Asie centrale et des vallées cultivées de la Chine et de l'Indo-Chine. On y rencontre des espèces arborescentes, telles que le conjlus heterophylla et I ostryopsis Davidiana. La flore du Thian- Chan offre peu de plantes communes à toutes les régions, sauf les genres anabase, acantholimon, haloxylon. Dans les hautes montagnes, c'est une flore alpine spéciale.
Dans les steppes du nord de la Mongolie occidentale et du grand Gobi, on trouve i'haloxylon ammorfenrfron, qui est plus rare dans la flore mongole.
La flore mongole se fait remarquer par l'absence d'arbres et d'arbustes. Nous citerons une plante endémique, de la famille des salsolacées {agriophyltum gobicum) et une crucifère ligneuse du genre puyonium.
La flore Ihibétaine occupe le plateau compris entre le Kouen-Loun et l'Himalaya, région pauvre en végétation. Citons des cypéracées du genre kobrêsie, des composées des genres anaphale, wernérie, saussurée.
Les hautes régions du Nan-Chan dans le Nord, celles de l'Himalaya, du Karakoroum et du Gangri dans le Sud, ont une flore alpine asiatique. Les régions moyennes de ces montagnes ont une flore spéciale caractérisée par la myricaria proslrata et le genre acanlliolimon.
La flore mandchoue est intermédiaire entre celle de la Chine et celle de la Sibérie, c'est-à-dire celle de l'extrême Orient et la flore septentrionale. Il y a des arbres endémiques sur le versant oriental de la chaîne du Khingan, mais qui ne se retrouvent pas sur le versant occidental ; ce sont: un bouleau [betula daurica)., un fusain {evonwnus Maackii), un noisetier {corylus heterophylla)^ un cnêne {quercus Mongolica).
Dans le bassin de l'Amour on rencontre encore le même chêne {quercus Mongolica), un pin (pinus [cembra] Mandcliourica), un noyer {juglads Mandchourica), le lorix Dau-
estimée des Chinois pour la thérapeutique.
Faune. La faune est plus connue, grâce aux recherches de l'abbé Armand David. H y a là des singes spéciaux ( macacus ThibetanttSy macacus Tchetiensis, rhinopithecus Roxellanx), des ours {ours du Thibet^ ailuropus melanoleucus) [v. «LUROPODE), le pauda {aiturus fulgeus) (v. ^eli;- Rcs], des tigres, des panthères, le felis Diardi, des lynx, des chats sauvages, puis des blaireaux, martes, belettes, loutres, la civette et un paradoxure.
Nous citerons, parmi les rongeurs : des écureuils volants du genre ptéromys, des marmottes, des lagomys; parmi les insectivores : des espèces des genres scaptochirus, uropsilus, neclogale ; parmi les ruminants : le yack, qui a été domestiqué, une antilope {budorcas taxicolor), un mouflon (avis naghor), une sorte de chamois du genre nemorrlixdiis. le chevrotain porte-musc (mosc/iu* moschiferus), des cerfs {etaphurus Davidtanus, qui n'existe que dans le parc impérial du nord de Pékin), les cervus xanthopugus et mondarinus ; le cerf mimtjac {elaphodus cephalopnus)^ puis un cerf qui n'a pas de bois dans les deux sexes {hydropotes inemus). Les mammifères domestiqués sont : le yack, lo zébu, le buffle arni, lo setchouen, le cheval, l'âne et les mulots, tous trois rares; des moutons, des porcs, des chèvres, des chiens et des chats.
Les gallinacés sont, do tous les oiseaux, les plus nombreux; ce sont des lophophores au brillant plumage, puis des thaumalées, des tétroophosis, de crossoptilons, des coriorius, des pucraties, des ithaginis. Citons encore une perruche particulière {patœornis Derbyanus).
Les reptiles et les batraciens sont peu abondants ; parmi les serpents, co sont des coryphodon et de dangereux oo//iro;>5 ; parmi les batraciens, il faut citer une grenouille du genre polypodes ; deux salamandres, l'une du g'^nro
CHIiNE
dermodaetylus, 1 autre, la siebotdia Davidiana, qu'OD trouve dans lo lac do Koukou-Nor et qui peut atteindre I mètre do long.
Los poissons sont assez rarot dana lot torrenu; nous signalerons un silure. Les mollusques sont peu nombreux ; on connaît un crabe d'eau douce (letphuta Simrnsis}. Le« insectes se font remarquer par l'abondance dos coléoptères lamellicornes et la rareté dos carabiqucs si nombreux co Sibérie. Parmi los lépiduptèros, lo» papilionidés ont non «eulemont l>oaucoup do rossomblanceavecceux de Franco, mais quelques espèces sont identiques ; nous citerons : papitio atcinoUs, papilio prolenoTt papitio machaon^ et un genre particulier, armanaia Ttiaitina,
Les salyridés sont abondants.
Dans la région mandchouricone, on remarque des tigres do haute taille, des ours, des cerfs, des antilopes, des zibelines dont les peaux s'exporuînt en quantité. Los rivières sont très poissanneu.ses. Les plaines de la Chine, au N. du flouvo Bleu, so raitacbeot à la région mandchourienne. On y voit des tigres, une panthère spéciale {felis Fontanieri), un petit chien inyctereutcs proeyonoides), un porc-épic {hystrtx suberistata), des gerboises, des gerbillos, un pangolin {manis Delmanni).
— Ethnogr. V. CBLN'OIS.
ÉCONOMIQCK. >lj7ricu/(u
er de sa propre main trois sillons.
C'est que, dans aucun autre pays peut-être, le sol et lo climat ne sont plus propres à .-^ enrichir l'homme par le seul travail des champs. Dans la Chine septentrionale, au N. de la barrière du Tsin-Ling-Chan et du Fou-Niou-Chan, et s'éiendant vers l'E. jusqu'à la Mandchouhe, vers le S.-E. jusqu au bas Yang-Tsé- Kiang, la région du loess est d'une inépuisable fertilité. A l'E. et au S.
de cette région, presque toute la grande plaine, ainsi que les dépressions et les bassins do la Chine méridionale, sont constitués par les allnvions des fleuves. Enfin, les conditions climatériques ajoutent encore à ces qualités du terrain ; l'été étant, dans la Chine propre, une saison à la fois extrêmement chaude et extrêmement humide. Ces conditions générales, d'ailleurs, varient forcément sur une telle étendue de terres.
Drapeau chinois.
beaucoup, le principal des produits alimeniaires ue la Chine propre, sa cultur< ' "^
coup d'humidité et do chaleur. Il occupe
:igeant beau-
huitième de l'espace cultivé. Le riz est la base de l'alimentation de tout Chinois. Au N. du cours inférieur du Hoang-Ho, et dans les régions montagneuses, la culture du riz est remplacée par celle des céréales des pays tempérés : le millet et le sorgho surtout, puis l'avoine et l'orge, employées pour l'alimentation du bétail, et lo frument, qui sert de préférence à la préparation des pâtes. La plupart des légumes ordinaires sont récoltés en Chine : la pomme de terre, en grand, dans la partie centrale, des deux côtés de Yang-Tsé-Kiang. Parmi les cultures arborescentes, les plus importantes, au point de vue économique, sont les arbres fruitiers, la vigne, qui est rare, le bambou et surtout le thé. Les étés, chauds et relativement secs de la Chine septentrionale, sont très favorables à la culture des fruits; aussi les produits de la zone tropicale se mélent-ils.à la plupart de ceux des climats tempérés. La vigne est une culture de luxe, peu répandue ; ou ne la rencontre guère, dans la Chine propre, qu'au Nord, dans le Petchili. Le bambou, par contre, sert à mille usages : vêtement, habitation, marine; même, ses jeunes pousses forment un aliment estimé. L'arbrisseau qui donne le thé vient admirablement sur les terrains en pente, où lo sol sèche vite, de toutes les parties de la Chine propre : du Fo-Kien an Sé-Tchouen et au Chan-Toung; c est son pays d'élection. Les qualités les plus estimées viennent du Sud. de la frontière du Tonkin. Parmi les cultures indus-
trielles, signalons la canne à sucre. le pavot à opium, tabac, le coton, l'indigo, l'arbre à laque. La canne à suc donne des produits abondants; les plantations les plus il
Sé-Tchouen produit aussi beaucoup de sucre. Le pavot à opium ( Sé-Tchouen, Yunnan ^ ; le tabac (Hou-Pé, région du Hoang-Ho). sont également cultivés sur de grands espaces. Le coton chinois soutient difficilement la concurrence avec celui de l'Inde et d'Amérique : sa culture a. beaucoup diminué; on le renconue encore, cependant, dans presque tout le pays ; mais les grandes exploitations sont localisées dans la région du bas Yang-Tsé- Kiang, où sont les grands marchés cotonniers : Ning- Po, etc. L'indigo prospère à merveille dans les provinces voisines du Tonkin. La laque est la résine d'un arbre, qu'on substitue en beaucoup d'endroits an coton, surtout dans les provinces centrales. La Chine propre n'a de forêts que dans les montagnes des frontières du Thibet et du Petchili septentrional. Elle n'est pas, non plus, un pavs de grand élevage du bétail : les herbages manouent totalement. Mais la pêche est passée, en Chine, à l'étal d'art véritable, le long des cours d'eau, des lacs, des étangs ; et l'élevage du ver à soie est, de temps immémorial, une spécialité du pays : le Tché-Kiang et le Kiang- Sou fournissent, seuls, plus de la moitié de la production totale : Shanghaï est leur grand entrepôt.
Industrie. La Chine est le pays du monde où la houille abonde le plus; le sol de toutes"les provinces. semble-t-il, la renferme. Les gisements les plus étendus sont ceux qui couvrent presque toute la surface du Chan-Si et du Chen-Si. et se continuent dans le Kan-Sou ; d'autres bassins, probablement moins grands, mais encore très importants, se trouvent dans le Tché-Kiang, lo Fo-Kien, lo Chang-Toung, le Kiang-Si, le Hou-Nan, le Petchili, le Sé- Tchouen, le Yunnan. Mais l'exploitation des gisements houillers est presque nulle. La Chine produit annuellement environ pour 50 millions de francs d'or et d'argent. Los autres métaux sont localisés dans doux grandes régions minières : le Chan-Si et le Chan-Toung (fer, enivre, plomb); le Yunnan et le Sé-Tchouen (fer, cuivre, plomb, zinc, étain). Le sel se tire à la fois des mines de sel
femme du Petchili, des salines du littoral, des nappes eau salée souterraines de Sé-Tchouen. L« Chan-Toung a des carrières de marbre renommé. Les environs du lac Poyang donnent le kaolin, qui tire son nom d'une looabté
Pro,
CHINE
de la régiou. Enfin, les enrirons de Tchoung-King ont des puits de pétrole. Mais l'e\-ploitatiou do ces richesses minérales est encore très primitive, et les voies de communication manquent presque complètement.
La Chine est un pays de petite industrie, et son organisation économique est encore rudimentaire. Parmi les industries alimentaires, signalons la fabrication du sucre, des eaux-dc-vie de riz et de sorgho, des pâtes, la préparation des fruits confits, et surtout la préparation du thé. Le cuivre est le métal employé, de préférence, peur tous les objets d'usage journalier. Les porcelaines de Chine ont perdu leur ancien renom; on les fabrique partout, hors de Chine; cependant, aujourd'hui encore, on les fabrique aussi en Chine, dans plusieurs centaines d'établissements. La soie se tisse un peu dans tou vinces ; le principal centre manufacturier de produit est Shanghaï, et Hang-Tchéou-Fou, dans le Tchékiang. La fabrication des cotonnades a pris récemment un certain essor : à Ou-Tchang et à Shanghaï. Signalons encore la fabrication des nattes de paille , de papiers, d'objets en laque, de bijoux en jade, ainsi que l'art de la teinturerie. Mais ce qui manque à presque toutes ces industries, c'est l'outillage. Des manufactures européennes se montent à Sanghaï, à Canton ; l'agglomération des trois villes Han-Yang, Han-Kéou, Ou-Tchang dans la province do Hou-Pé, commence à devenir un centre industriel important. La main d'œuvre abonde; il ne reste qu'à doter la Chine de voies de communication et qu'à l'outiller.
Commerre. Les voies navigables sont, en Chine, les grandes routes du commerce intérieur. Sur le Yang-Tsé- Kiang, surtout, le mouvement de la batellerie est intense. Les vapeurs européens remontent le fleuve sans transbordement jusqu'à Ï-Tchang. Malheureusement, le cours supérieur des neuves est coupé de nombreux rapides, et la navigation ne peut presque toujours se faire que très lentement, par jonques. Les routes sont dans un état complet de délabrement. Les chemins de fer sont encore à l'état de projet. La première ligne, longue de 19 kilom., fut construite entre Sanghaï et Vou-Soung; inaugurée en juin 1S76, elle était détruite, par ordre du gouvernement, en octobre 1877. A l'heure actuelle, la Chine ne possède que le court réseau du Pétchili (478 kil.), construit en 1888 et 1893 : il relie Pao-Ting-Fou, au S., à Tien-Tsin et Lou- Kou-Kiao, qui n'est qu'à quelques mètres du mur oriental de Pékin, et qui sert de station à la capitale, au N.-O. ; Tien-Tsin à Takou, à l'embouchure du Pe'i-Ho, à l'E. ; Takou aux mines de Kaï-Ping et à Chan-Haï-Kouan, à l'extrémité de la Grande Muraille, au N.-E. Au cours do l'année 1898, de nombreux projets ont été étudiés, et quelques concessions de voies ferrées accordées à des Européens. Cependant, malgré cette insuffisance notoire des voies de communication, il existe dans ce pays une énorme circulation intérieure. Marchandises et personnes se déplacent avec une facilité rare. Le thé des frontières du Tonkin chemine, à travers toute la Chine, jusqu'à Pékin. On trouve des ailerons de requins, des nids d'hirondelles à Tching-Tou, au pied des monts 'Yun-Ling. Le grand entrepôt de la Chine intérieure est Han-Kéou.
Le commerce extérieur de la Chine se fait presque entièrement par mer. Par terre, des chemins que suivent les caravanes conduisent dans la Chine extérieure et se continuent jusqu'au delà des limites de l'empire ; de Pékin en Mongolie et Sibérie, parKiakhta; de Lan-Tchéou vers le Turkestan oriental et le Turkestan russe ; de Tching-Tou vers le Thibet, et du Thibet vers l'Inde, par Ya-Toung; do Yunnan vers la Birmanie et vers le Tonkin. De ces routes, celles du Turkestan sont dépassées, aujourd'hui, pour l'importance économique , par la voie Pékin-Kalgan- Kiakhta-lrkoutsk. Vers le Sud, des relations assez actives se sont établies, dans les dix dernières années, entre Meng-Tsé (Yunnan) et Lao-Kaï (Tonkin), entre le Kouang- Si et Lang-Son. — Le commerce par mer, au contraire, a pris déjà une e-xtension considérable. L'importation porte principalement sur : tissus de coton, opium, filés de coton, riz, sucre, pétrole, fer et étain, houille, tissus de laine, poissons, machines. L'exportation porte en particulier sur : soie brute, thé, soieries, coton, peaux. Le commerce extérieur de la Chine se fait presque uniquement dans ses " ports ouverts » . Ces ports étaient, en 1895, au nombre de 27, dont 16 sur la côte, 7 sur le Yan-Tsé-Kiang, 4 près de la frontière du Tonkin ; ces quatre derniers sont : Long- Tchéou et Mffng-Tsou (ouverts en 1888), Ho-Kéou et Se- Mao (ouverts en 1895). Le traité de Simonosaki a ouvert, en 1895, six nouveaux ports; enfin, en 1897, était ouvert Ou-Tchéou-Fou , dans le Kouang-Si. Le commerce extérieur de la Chine est, pour la plus grande partie, aux mains de l'Angleterre ; viennent ensuite le Japon, les Etats-Unis, la Russie, la France.
— GÉOGRAPHIE POLITIQUE. Gouvernement. Pi-ovinces et villes. Le gouvernement de la Chine est une monarchie héréditaire et absolue. L'empereur, • Fils du Ciel « (Tien- Tseu), dirige l'Etat du fond de son palais, qui est une véritable ville ; il choisit son héritier, sans souci de l'ordre de primogénituro, dans la ligne masculine. Auprès de lui sont doux conseils : la Chancellerie impériale (Nei-Ko), qui n'a plus qu'un pouvoir nominal, et le Grand Conseil d' Etat (Kioun-Ki-Tchou), conseil privé dont l'influence est grande. Les ministères sont actuellement au nombre de huit : personnel, finances, rits, guerre, justice, travaux publics, aflTaires étrangères (le Tsong-li-j'a-men, créé en 1861), marine (1885); chacun d'eux est dirigé par deux présidents : l'un, mandchou ; l'autre, chinois. Les dix-huit provinces, sauf le Chan-Toung, le Chan-Si et le Ho-Nan, (jui ont à leur tête des gouverneurs autonomes, sont groupées en huit gouvernements généraux dont voici les noms : Pétchili (comprend une seule province : le Pétchili), Liang- Kiang ou Kiang-Nan (comprend 3 provinces : Kiang-Sou, Kgan-IIoeï, Kiang-Si), Chen-Kan (Chen-Si, Kan-Sou), Min-Tclié (Fo-Kien, Tché-Kiang), Hou-Kouan ou Liang- Hoeï (llou-Pé, Hou-Nan), Sé-Tchouen (Sé-Tchouen)
Liang-Kouan (Kouang-Toung avec Haï-Nan, Kouang-Si), ■" '■■ (Yunnan, Koe'ï-Tchéou). ' it la haute : '
Les gouverneu
militaire ; ce sont de véritables souverains.
Les villes sont nombreuses et peuplées; mais on ne peut donner, pour leur population, de chiffres certains. Il semble, cependant, que la Chine propre compte au moins soixante villes peuplées chacune de plus de 100.000 habitants; au moins dix-neuf, peuplées chacune de plus de 300.000. Voici les noms de ces dernières : Pékin, la capitale, Canton, puis Ou-Tchang, Han-Yang, Han-Kéou, qui forment une vaste agglomération ; Siang-Than(Hou-Nan),
pale
Chao-Hing-Pou (Tclié-Iviang), Tien-Tsin, Hang-Tchéou, Fou-Tchéou, Sou-Tchéou-Fou, Si-Ngan-Fou, Lan-Tchéou, Fa-Tchan, Shanghaï, Siang-Yang, Yang-Tchéou, Tching- Tou-Fou, Tchoung-King, Souï-Tchéou, Tchang-Cha.
Armée et marine. L'armée chinoise, malgré de récentes réformes, a conservé l'organisation que lui donna, à son avènement, en 1644, la dynastie actuelle; elle manque d'unité. Voici comment se groupent ses divers éléments : 1° L'ancienne armée des conquérants mandchous a formé l'armée dynastique des n huit bannières n (Pa- Tsi) ; ces troupes ont été, soit réparties entre de grandes villes de province, où elles forment do véritables colonies militaires, soit cantonnées dans les environs de Pékin et dans la capitale même ; leur valeur militaire, exception faite pour les « troupes de campagne u, qui sont les seules exercées, est fort contestable ; leur armement est des plus hétéroclites : arcs, lances, hallebardes, fusils à mèche. Elles compteraient environ 500.000 hommes de troupes sédentaires et 150.000 hommes de troupes actives ;
— 2" L'ancienne armée des Chinois a été réorganisée sous forme de milice de police ou garde territoriale, tituée séparément pour chaque province ; sa princi-
occupation est de surveiller les rives des grands neuves et du Grand Canal, principales voies commerciales de l'empire. Cette armée est dite de l'» étendard vert 0 (Lou-Ying), son drapeau étant vert, bordé do rouge, avec le dragon brodé sur le fond. Une partie de ces troupes, constituée lors de la révolte des Taïpings, est
sont les • braves » ou ^s ■ exercés », auxquels il faut joindre les 35.000 hommes des troupes d'instruction du Pétchili, établis depuis 1870 dans les environs de Tien- Tsin, bien armés et munis de batteries do canons Krupp. Les soldats de I' « étendard vert « , répartis en 20 corôs, compteraient 650.000 hommes. — 3° Les milices mongoles (^117.800 hommes) et thibétaines (64.000 hommes). Le total donne une armée, sur le pied de paix ou de guerre, de près d'un million et demi d'hommes; mais ce cniffre est complètement fictif, et cette armée n'existe que sur le papier. Des arsenaux ont été créés, de 1862 à 1879, à Shanghaï, Nankin, Fou-Tchéou (réorganisé en 1897 par une mission française), Tien-Tsin, AVam-Poa, près Canton, Ghirin fMandchourie) ; des écoles militaires (depuis 1885), à Tien-Tsin, Ning-Po, Canton. Quant à la flotte, qui comprenait quatre escadres (du Nord; du Sud, à Shanghaï; do Fou-Tchéou; de Canton) : 98 bâtiments de tout ordre, 2 cuirassés: elle a été presque complètement détruite durant la guerre avec le Japon (1895), au lendemain de lanuelle elle no comptait plus que 16 transports et 34 torpilleurs.
Iteliiiion. La Chine a trois religions officielles : deux, d'origine indigène, le confucianisjne et le taoïsme; l'une, impoi-tée, le bouddhisme. Ces trois religions coexistent sans animosité vive entre elles; d'ailleurs, an cours des siècles, elles n'ont pas laissé d'exercer, les unes sur les autres, des influences réciproques : i» Le confucianisme (You- Kiao), vraie religion nationale, est probablement l'antique religion chinoise épurée par le grand réformateur Confucius. Comme l'antique religion, cette croyance n'a pas do clergé et elle n'a d autres cérémonies liturgiques que les grands sacrifices impériaux. K.M.Rr,.in'> mirinnt dans les classes instruites, elle n'est, au i-,; i, ,,\^. :.,,•■ |il]Uosopliie
moralefort élevée. Pour clic, 1 -' ; Miang-Ti),
la Terre, les Esprits Supérieur-- . aiistraites,
non des personnes réelles. l';il.' a.- ;,a .■ m elle nt
conteste l'immortalité de l'âme. — --- Le laoïsiiie (Tao- KiaoJ a fort changé de caractère depuis qu'il fut fondé, au vi" siècle av. J.-C., par les disciples du philosophe Lao- Tseu. C'était une religion métaphysique, reposant sur la croyance â un dieu qui est la a Raison suprême » (Tao). et à l'immortalité de l'âme. Ce n'est plus, aujourd'hui, qu'un mélange de superstitions, pour la plupart grossières ; et ses prêtres, dans de nombreux temples, tiennent boutique de sorcellerie, de divination, d'astrologie et d'alchimie.
— 3" Le bouddhisme, religion de Fo, ou de Bouddha (V. BOUDDHisMic), reconnu officieUement en Chine en 61 apr. J.-C, a depuis lors reçu, dans ce pays, des modifications profondes : il s'est complètement pénétré des idées et des coutumes nationales ; aujourd'hui, le foïsme chinois n'est ni le bouddhisme primitif ni le lamaïsme, mais un mélange de l'ancienne métaphysique de Çâkyamouni avec les pratiques des cultes nationaux chinois ; comme le taoïsme, il a une organisation hiérarchique peu compliqué©. — A côté de ces trois religions survit, se mêlant constamment à elles, le culte des ancêtres, qui est, en réalité, la véritable religion de la Chine ; il repose sur la croyance que les morts conservent tous les sentiments et tous les besoins des vivants ; aussi convient-il, dans un esprit de respect et de vénération, non d'adoration, de leur offrir, en de nombreux sacrifices, de quoi satisfaire à ces besoins ; aliments, parfums, etc. — Des religions étrangères, la plus répandue en Chine est le mahométisme.
mers sont groupés dans le Yunnan (où ils s'insurgèrent, de 1855 à 1873, et fondèrent un Etat indépendant à Tali- Fou), dans le Kan-Sou et dans le Chen-Si ; la dernière insurrection musulmane ravagea le Turkestan oriental, de 1866 à 1877. Les juifs, introduits en Chine avant notre ère.
y prospérèrent longtemps; aujourd'hui, ils n'y sont plus que quelques milliers, groupés surtout dans la ville de Kai- Foung-Fou. Le christianisme, apporté dès le vi" siècle par
i(rinscriptii
en témoigne), y prospéra entre le vu» et le xiii" siècle, puis, — après un recul, — au xvii" siècle, grâce aux missionnaires de la Propagation de la foi. Aujourd'hiii, les catholiques et les protestants, groupés les premiers autour de 628 missionnaires de tous les ordres et de 335 prêtres indigènes, les seconds autour de 250 pasteurs, pour la plupart anglais ou américains, sont, en Chine, une dizaine de
— Langue. La langue chinoise est essentiellement monosyllabique. Chaque monosyllabe peut changer de valeur grammaticale en changeant de position dans la phrase et peut devenir ainsi tour à tour substantif, adjectif ou verbe. C'est seulement grâce à la position des mots et à la connaissance des tons que l'on parvient à comprendre la phrase. Les inflexions de la voix ou tons sont au nombre de cinq : ouvert, muet, montant, descendant et rentrant. C'est à l'empereur Fou-hi que l'on attribue l'invention des caracchinois est, en principe, formé phonétique ; on est aujourd'hui
1 radical ou clef e
l'accord pour faire dériver de 214 clefs tons les caractères
1» le koML-'
vante dans laquelle sont écrita les plus anciens mon ments littéraires du pays et notamment les Kings livres canoniques de la Chine. C'est celle qui contient plus de mots homophones ; elle fut jadis parlée dans o partie de la Chine, mais a cessé depuis f
Clefs de II traits
Clefs de 4 traits
cœurvolmté
Clers de 1 Irait
aca-oissemenl
>> 3 Ichoù
pomle.pamt
pie courbe ohjetcowbe
12 traits
hoâng
jaune
5 traits
preaew,
13 traits
iE 205
grerimlle
6 traits
2 traita
d'eux
Iheèu
chose ajanl me Ute
d traits
7traiU
regarder
15 traits
léïïi
dents
8 traits kin
3 traits
thdo
la
grand
16 traits
long
draçfon
StraiU mien
17trads
lOtraits
cht-ral
Extrait du tableau des 214 clefs.
>nfften ,
i classe des lettrés i
:ible pour le peuple
le koua-koa, appelée langue
dans tout 1 empire tchang, style littéraire qui forme un langage Intermédiaire entre le kou~ wen et le koua-hoa. (U est moins vague que le premier et moins clair (^ne le second); 4» jusqiTà la fin du xvii' siècle, il existait une foule de dialectes locaux; mais, à cette époque, l'empereur Kang-Hi décréta l'unité de langage pour tout l'empire, et ses dialectes, qui variaient suivant chaque province, disparurent tous, sauf, cependant, ceux des provinces de Canton et de Fo-Kien, qui ont persisté jusqu'à nos jours.
— Littérature. C'est la plus riche de l'Asie. Elle brilla principalement sous les dynasties des Tchéou, des Tsin (Confucius, Mencius, Lao-Tseu), des Han (Sse-Ma-Tsien), des Tang {Li-Tai-Pé et Tou-Fou) et des Souug (Sse-Ma- Kouang). Les œuvres littéraires de la Chine peuvent être réparties en quatre classes distinctes : l<* les livres canoniques. (Ceux de premier ordre sont au nombre de cinq et portent le nom de grands Kings)-, 2° les livres d'histoire. (Ils sont extrêmement nombreux, et il nous est impossible d'en faire ici la nomenclature. Chaque province, chaque ville a son histoire. Nous nous bornerons à citer les Ssé-Ki ou Mémoires historiques de Sse-ma-Tsien, qui est le livre d'histoire officiel en Chine, et qui part de l'origine de la Chine pour aller jusqu'au i" siècle avant J.-C. Cet ouvrage a eu divers suppléments et compte 3.705 volumes que l'on a coutume d'appeler Nien-sse-sse ou les 24 sse) ; 3» les livres de philosophie. (C'est ainsi que l'on est convenu d'appeler les ouvrages chmois traitant non seulement de philosophie, mais encore de toutes les sciences telles que la médecine, l'histoire naturelle, l'astronomie, les mathématiques, l'agriculture, l'art militaire, la iurisprudence) ; 4» les livres littéraires proprement dits. (C'est cette partie de la littérature chinoise qui a été la plus étudiée des Européens; beaucoup de nouvelles et de romans ont été traduits en France par Stanislas Julien, Abel Rémusat, d'Hervey de Saint-Denis et d'autres.)
— Beaux-arts. La peinture chinoise remonte à la plus haute antiquité. Elle est caractérisée par le manque absolu de perspective et des effets de lumière, mais elle est remarquable par la vivacité et la pureté des couleurs employées.
La sculpture vraiment chmoise, c'est le magot. Tout ce qui est sculpté en grand représente toujours, en effet, des Bouddhas et des idol:;s dont les temples et les pagodes sont remplis. 11 faut plutôt admirer l'art des Chinois dans la petite sculpture : quand ils travaillent l'or, l'argent, l'ivoire et principalement le jade, leur pierre favorite, ils arrivent à fabriquer des objets d'un luxe inouï et qui fait l'admiration des Européens.
l..' architecture a conservé, en Chine, un caractère absolument original. Les villes sont construites avec une symétrie parfaite; presque toutes les maisons sont basses, à un ou deux étages ; elles sont remarquables par leur aspect gracieux, leur forme pyramidale et leurs ornementations fantastiques. Il y a des temples, tel celui du Ciel,
CHINE
. Coupe de bronze. — 2. Eventail. — 3. Pot en porcelaine. — *. Théière en porcelaine. — 5- Brûle-parfums. — 6. Bouteille en porcelaine. — 7. Assiette en porcelaine- — S. Lion < bronze- — 13 et 14. Statuettes du culte boaddluste. — IS. Fauteuil de mandarin de première classe. — 16. Chandelier en bronze. — ]7. Ai»ui6re (palaia de Pontalneblean) — 18- l
Miog. —23. Mosquée ^ Pékin. ^ 2i. Tour de la Cloche, h Pékin. — 2a. Pa^de, &. Schaugaî- — 29. Gra:
délier. — 20- Caee. — 21. Tour de porcelaine à Nankin. — 22. Un toi du temple de Pi-Gnen-Tzu. — 28. Lioo ft l'entrée des palais. — 29. Statue
porte de Pékin. — 33 et 34. Piques. — og. Piâtolet. — 36. Bouclier. — 37. Hache. — 38 et 39. Bâtons de comiiîândemcnl
reau. - 45. Ep-îe- - 4$.
iilreaa des Ming. — 30.