‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 10 sur 870 · CIEL · texte numérisé non relu

CIEL

Dais sous lequel on porte le saint sacrement dans

les grandes processions, notamment à la Fête-Dieu, ii Ciel de lit, Couronnement, sorte de dais drapé audessus d'un lit : un ciel de soie, n Ciel de carrière.

Haut, plafond, voûte d'une carrière : Ciel crevassé par des infiltrations. Il Carrière à ciel ouvert. Celle qui s'ouvre à l'air libre, u Ciel ouvert.

Au théâtre, Toiture qui surmonte la scène, n A ciel ouvert, A découvert, en plein jour, et, flg., Sans déguisement, d'une manière visible etappré- çiei de lit.

cîablo pour tous : On ne

peut plus goutemer qu'à ciel ouvert. (E. de Gif.) Il Etre moi au troisième, au septième ciel. Eprouver un grand ravissement dû à une cause quelconque, n Voir les cieux ouverts. Eprouver une joie qui a quelque chose de céleste, n Tomber du ciel. Arriver inopinément ou fort à propos, ii Elever ?ueUpi'un Jusqu'au ciel. Jusqu'aux nues, Le combler d'éloges, exalter, u Entre terre et ciel. Dans lair : /tester suspendu KmrBE CIEL ET TKRRE. Il Ne voir 711 ciel ni terre. Etre dans un lieu fort obscur, dans des ténèbres très épaisses. Ii Jtemuer ciel et terre. Employer tous les moyens, mettre tout CD œuvre, ti Cela était écrit au ciel. Se dit d'une chose considérée comme inévitable,

— Alcb. Partie la plu» subtile, la plus pure des corps.

— Antroi. Infinences du ciel. Prétendues influences aa'oD attribuait aux astres sur la destinée humaine, et, Dg., Vocation spéciale.

8*11 □« kciit point du ciel Cinjluencr iccrët«. Bi »oD a»lre en oaiiiant oc l'a formé po£t«!...

BOILIAU.

— Astron. V. la partie cncycl.

— B.-arts. Ciel d'un talAeau, Ke présentation artistique du cini ; partie qui rcpréMcnto l'air.

— Gramm. I-o mot ciel a deux pluriels : cieux et ciels, ii t'ieu-r est le pbiricl le pjun ordinaire de ciel : Les cieux on,,,.,.,.,./ /„ ,,/,..... ,/.. /,.,., ((jn j,(, se sert do rr'ct* que d.i : KLH de lit, des ciKLS de tableau, d' . (tigniflant climat, fait égalom-^ti'. r.'-M au l'i'tr:' 1 j,i(idie cst situéc SOUS Un des plus beaux ciKLs de IV^'urope.

— Hist. et géogr. Eil$ du ciel, Nom que les Chinois

donnent à leur empereur, u Ciel inférieur, Nom que les Chinois donnent à leur pays.

— Hortic. Arbre du ciel, Nom vulgaire du gingko japonais.

— Mar. Ciel plombé. Présage de mauvais temps, ii Ciel cuivré. Dans les pays â typhons, Présage d'un vent de cette espèce. (Dans les registres météorologiques, l'état du ciel est noté de 0 à 9.)

— Méc. Dessus du foyer, d'une machine à vapeur.

— Loc. div. Feu du ciel, Foudre, tonnerre, ii Fig. Colère, vengeance céleste : Le feu du ciel poursuivit Gain, ii Enfants du ciel, Justes, élus, li Ciel d'airain. Se dit, dans le style biblique, pour désigner un temps sec et aride, une sécheresse excessive, et, fig., Un Dieu ine.\orablo. il Of/ plumant ses poules (fam.), Ciel pommelé ou nuageux, n Suus le ciel, Sur la terre, ici-bas. — On dit familièrement, dans le même sens ; Sous la calotte des cieux. il Grâce ou Grâces au ciel, Heureusement, par bonheur.

— Pbov. : Le ciel rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin, Un ciel dans ces conditions annonce une belle journée, favorable aux voyageurs, ii Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée, Le ciel pommelé change bien vite, la femme qui met du fard détruit rapidement son teint. Il Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises. Se dit pour se moquer de prévisions, de conjectures ridicules, exagérées.

— Intcri.etloc. interj. Ciel! 0 ciel J Juste ciel ! Cieux! 0 cieux 1 Justes cieux ! Exclamations dont on se sert pour exprimer le ravissement ou un étonnement douloureux.

— AlLUS. LITTÉB. :

II est avec le ciel des accommodements, 'Vers célèbre du Tartufe do Molière. V. accommodement.

— Syn. Ciel, paradis. Le mot ciel comporte l'idée do cloire, de sainteté; paradis, i{m est l'antonyme d'enfer. fait songer davantage au bonheur dont jouissent les élus; il s'emploie au figuré pour désigner un lieu plein de délices : L'Jtalie est le p.\radis de la terre.

— Encycl. Astron. Le ciel est la voûte située au-dessus d'un observateur, paraissant bleue pendant le jour et noire pendant la nuit. Les anciens croyaient à la matérialité de la voûte céleste à laquelle les astres furent supposés accrochés. Bientôt, la distinction des divers astres : Soleil, Lune, planètes, étoiles, et do leurs mouvements propres les amenait ù faire intervenir plusieurs sphères transparentes, tournant avec des vitesses différentes, et c'est ainsi que, pour Aristote, le huitième ciel ou firmament est réservé aux étoiles.

Les Romains et les Hébreux eurent des croyances analogues et, jusqu'au moyen âge, on considérait la Terre comme le centre et l'organe essentiel du monde. La caractéristique de tous les temps anciens est qu'aucune des nombreuses hypothèses émises ne se rapproche de la vérité en ce qui concerne les dimensions do notre système et du firmament.

Mais, en 1543, le chanoine Copernic publiait son livre De ortiitm ca^lestium revolutiomÔus, où il exposait le système planétaire actuel et faisait du Soleil le centre do l'univers. En 1609, Galilée inventa le télescope; dès lors, on admit que la Terre est un astre pour ainsi dire sans importance dans le ciel, et l'on eut connaissance du .système solaire; le Soleil est 1.400.000 fois plus gros que la Terre et il faut dix minutes à la lumière pour nous parvenir du Soleil, à raison de 300.000 kilomètres par seconde. Ces dimensions paraissent déjà surprenantes, et cependant, il ne faut pas moins de 4 h. 20 à la lumière pour parvenir du Soleil à Neptune ! Si de Neptune on regardait le Soleil, cet immense globe de feu serait réduit à la dimension d'une tête d'épingle. Enfin, les comètes périodiques connues, qui appartiennent encore au système solaire, peuvent s'éloigner du Soleil sept fois plus encore que Neptune.

Puis il y a, en quelque sorte, un vide énorme après notre système, et, si Ion considère l'étoile lapins rapprochée de nous, on ne peut songer, sans un certain effroi, que sa lumière met quatre ans et demi pour nous parvenir, c'està-dire qu'elle est 300.000 fois plus éloignée de nous que le Soleil. Tout porte à penser que la lumière met plus de trois mille ans pour nous venir des dernières étoiles télescopiques. Et l'homme, matériellement négligeable devant ces espaces, peut prévoiries transformations et les variations d'aspect du ciel étoile. Ce qui fait songer au mot do Pascal : " L'homme n'est qu'un roseau,.,, mais un roseau pensant. »

— Archéol. On entendait par ciel toute tenture en dais ou baldaquin surmontant aussi bien un lit qu'un siège de cérémonie, une table d'apparat, un buffet ou un dressoir, et aussi un dais mobile. Ainsi, aux funérailles du roi Charles "VI, le

Erévôt des marchands et ïs échevins portaient un ciel monté sur huit bâtons (1422).

— Hist. Le bouddhisme n'a pas de ciel, à proprement parler. Selon ses doctrines, l'âme des êtres vivants évolue de l'animal à l'homme et de , , ii,.ol ) l'homme au dieu, avec des

alternatives d'élévations et do chutes, déterminées par le karma ou conséquences des actes bons ou mauvais que chacun commet. Le nirvana, repos éternel dans lequel l'âme peut entrer lorsqu'elle a ac(]uis assez de mérites, ne doit pas être considéré comme un lieu, mais comme un état particulier qui, au dire de certains théologiens bouddhistes, peut être atteint même dans cotte vie.

Chez le.~ anciens Scandinaves, lo ciel le plus élevé, Gimle, était réservé aux grands dieux (Ases); au-dessous étaient lo palais d'Odin, le grand Valhalla, et lo palais des déesses (Vingolf), où Odinappolait les guerriers blessés par les armes ou tombés sur le champ de bataille; dieux et hommes v attendent le ragnarok, c'est-à-dire la destruction linale du monde et la régénération dos dieux et dos hommes.

— Théol. cath. On entend par le mot ciel lo séjour dos anges et des saints qui y jouissent d'un bonheur parfait. Celte béatitude comprend : 1» l'exemption do toute souffrance soit physique, soit morale ; 2" la préservation de tout péché; 3" la certitude d'une durée sans fln ; -i" la jouissance de tous les biens que peut souliaiter l'homme alfrauchi des nécessités de la terre ; Tj* enlln, et surtout, la

claire vision des trois personnes de la sainte Trinité et la* possession de leur amour, sources d'une félicité infinie, du même ordre que celle de Dieu même et sans cesse renouvelée. Les âmes de ceux qui meurent en état de grâce, s'il leur reste la moindre souillure, doivent être purifiées par le purgatoire ; elles sont ensuite admises à jouir de la félicité céleste en attendant le jour de la résurrection où leurs corps transfigurés leur seront rendus et auront leur part do gloire et de bonheur. Les saints qui sont actuellement dans le ciel reçoivent les hommages des fidèles vivant et luttant sur la terre, écoutent leurs prières et intercèdent pour eux auprès de Dieu.

Gl£L. Mythol. ant. Personnification de la voûte céleste, du ciel étoile. Chez les Grecs, le Ciel personnifié est Ouranos, représenté tantôt comme le fils, tantôt comme le mari de Gïea ou la Terre; il est le père des Titans, de Kronos et de nombreuses divinités. Chez les Romains, le Ciel est quelquefois personnifié sous le nom de Cxlum ou de Cselus, fils d'.ii;ther et père de Saturne. Il Demeure des dieux, souvent confondue avec, l'Olympe. Il Symbole de l'immortalité ou de l'apothéose.

Ciel (TRAITÉ du), ouvrage d'Aristote, traduit en français par Barthélémy Saint-Hilaire en 1866. C'est un résumé de l'exposition du système du monde tel que les Grecs l'entendaient, avec uïae théorie de la pesanteur et du mouvement.

Ciel et la Terre (le), poème dramatique de lord Byron (1823). Le poète s'est inspiré du sujet traité par Moore dans ses Amours des anges et que Moore avait emprunté à quelques versets de la Genèse; mais il a donné à son œuvre l'empreinte particulière de son génie. C'est le récit que trois exilés du ciel se font réciproquement de leurs amours avec trois filles des hommes : tous trois ont sacrifié leur salut à l'amour et renoncent au pardon qui leur est offert, plutôt que de délaisser les mortelles qu'ils ont séduites. Cet amour moitié céleste, moitié humain, n'est guère qu'épisodique dans la composition de Byron ; c'est le tableau du monde corrompu et condamné à la terrible régénération du déluge qu'a dessiné le poète; c'est l'homme avec ses passions déréglées, en présence d'un dieu vengeur et inexorable. On reconnaît le génie audacieux de l'auteur de Caîn dans ce poème dramatique, dont le style rappelle celui de Milton.

ClENAGA ou San-JUAN de la Cienaga, ville des Etats-Unis de Colombie (prov. de Santa-Marta), sur lo canal faisant communiquer la lagune ou cienaga de Santa- Marta avec la mer des Antilles; 14.500 hab.

CIENFUÉGIE n. f. Bot. Syn. de fugosie. Il On dit aussi

ClENFUGOSIi:.

ClENFUEGOS, ville maritime des Antilles (île de Cuba [prov. de Santa-CIara] ), sur la côte méridionale ; 40.965 hab. Port vaste et sûr, défendu par le fort de los Angeles. Commerce important de sucre, cire, bois de construction. Cette ville, fondée en 1813, est la plus belle de l'île. Près de la ville, au Derramadero de las Auras, vivait, en 1514, le célèbre Barthélémy de Las Casas.

ClENFUEGOS (Nicasio Alvarez de), poète espagnol, né à Madrid en 1164, mort à Orthez en 1809, fut le disciple de Melendez, fondateur de la nouvelle école poétique espagnole. Il a du feu, de la grâce et de la sensibilité; mais les fanatiques de la langue castillane lui reprochent de s'être trop abandonné au goût français. Ce qu'on estime le plus dan.^ ses œuvres complètes, ce sont les odes, les épîtres et les idylles.

CIENKOWSKIA [si-in-kou-ski) n. f. Genre de borraginées, série des cordiées, rentrant dans les patagonula. il Genre de champignons myxomycètes, créé aux dépens des didermas pour une forme [cienkoicskia reiiculata), dont le péridium est à paroi simple et le capillitium à extrémités aiguës et recourbées à l'extrémité.

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