COLONIE
même des colonels attachés au service d'état-major. Les colonels de geodarmerie commandent les légions de cette arme. Le titre de « colonel u n'est porté en France, par les chefs des régiments d'infanterie, que depuis Henri II. Mais ils l'échangèrent plus d'une fois contre celui de jnestres de camp. En 1793, les colonels devinrent chefs de demibrigade, d'après la désignation donnée alors aux régiments; ils reprirent, en 1803, leur nom, qu'ils ont conservé depuis.
Le titre de n colonel », sous 1 ancienne monarchie, fut souvent honorifique, et donné parfois à de simples adolescents. Ceux-ci étaient, du reste, bien moins les chefs que les propriétaires de leur régiment, qui prenait leur nom et sur 1 entretien duquel ils réalisaient d importants bénéfices. Le commandement réel était alors exercé par des lieutenants-colonels ou des colonels en second, etc.
Le titre o de colonel-commandant », substitué un moment à celui de brigadier, donnait autorité sur tous les simples colonels, quelle que fût leur ancienneté.
Ce qui fait l'importance du colonel, c'est qu'il commando et administre à la fois l'unité placée sous ses ordres, et qui, pour cette raison, constitue par excellence un « corps de troupes » ; d'où, pour le colonel, le titre de « chef de corps », donné également aux commandants de bataillons dits a formant corps », parce qu'ils ne sont pas enrégimentés : tels les bataillons de chasseurs à pied. Cotte unité est caractérisée par la possession d'un drapeau — ou étendard — qui, en cas de fractionnement, doit toujours se trouver là où est le colonel et môme être remis à son domicile particulier.
On ne peut être promu au grade de colonel, qu'au choix, exercé entre les lieutenants-colonels ayant au moins deux ans de grade.
Les insignes du grade de colonel consistent en cinq galons d'or ou d'argent suivant l'arme, avec, quand il y a Heu, deux épauleltes à gros grains, dits « à graine d'épinards « et dont les franges sont du mémo métal que les galons. En outre, tous les colonels portent, on grande tenue, une aigrette blanche en plumes de héron à la coiffure.
Dans les armées étrangères, la situation des colonels varie suivant les pays. En Allemagne, le grade de colonel n'est pas aussi exclusivement qu'en Franco l'apanage du chef de corps — beaucoup de ceux-ci ne sont que lieutenants-colonels ou même majors. En Anf^leterre, le titre de n colonel d est encore presque exclusivement honoriâque et donné souvent, comme récompense, à des généraux auxquels il assure, en même temps, des avantages pécuniaires considérables.
— Colonel général. Dignité militaire dont le titre remonte à François I*'. Le titulaire venait immédiatement après les maréchaux de France, et, à l'origine, exerçait avec le titre de colonel général de l'infanterie le commandement suprême de cette arme. Henri II créa une charge de colonel général de la cavalerie, et, plus tard, furent créées successivement : celles de colonel général des dragons sous Louis XIV; de colonel général des houzards sous Louis XV. Sous le premier Empire, furent créés des colonels généraux des cuirassiers, de l'artillerie, des chasseurs à cheval. Suchet fut même nommé colonel général • de la garde impériale ». Le titre de « colonel général » donnait rang immédiatement après les maréchaux de France, à ceux qui le portaient, sans être pourvus du maréchalat; tel Junot.
En Prusse, où ce titre existe encore et a été conféré notamment au prince de Bismarck, il donne également rang de feld-maréchal. — En France, il a disparu depuis 1830, après avoir été porté pendant la Restauration par quelques princes, comme le duc de Berry, qui fut colonel général des dragons, et le duc d'Orléans, depuis Louis- Philippe, qui fut colonel général des hussards.
11 convient de mentionner également l'existence, en France, de la charge de colonel général des Suisses, créée par Charles IX, supprimée à la Révolution, rétablie par Napoléon, qui en nomma titulaires Berthier, puis Lannes, et dont le titre ne disparut qu'avec la Restauration, après avoir été porté par le comte d'Artois et le duc de Bordeaux.
Colonel RamoHot (lk), par Charles Leroy (1883). Ce livre obtint un grand succès, dû à la gaieté des petites scènes militaires qui le composent, à l'esprit que 1 auteur V a semé en portraiturant un type grotesque, invraisemblable, et pourtant populaire. — Le colonel RamoUot, modèle de ceux qu'on appelle dans le langage familier les vieilles culottes de peau, synthétise en lui toute la bêtise dont OA juge susceptible un vieux militaire sans intelligence, sans instruction générale ni éducation, qui ne connaît que le métier, au sens machinal du mot. Ce premier volume eut une suite : les Nouveaux Exploits du colonel Bamollot {liiA).
CoLONELGANDJ, ville de l'Inde anglaise (Aoudh [district de Gondaj), sur le Gogra, affluent du Gange ; 5.900 hab. L'importance commerciale de cette ville, l'ancien Sakrora, a beaucoup diminué depuis la chute du nabab d'Aoudh.
COLONELLAT (nèl-la) n. m. Grade, titre, emploi de colonel : Le COLONELLAT a'aclietait autrefois.
GOLONEIXE {nél') adj. f. Se disait do la première compagnie d'un régiment, que commandait le colonel en personne : Leê compagnies colonelles n'existent plus en France.
— n. Compagnie colonelle : Commander la colonelle. Il Femme d'un colonel : Madame la colonelle.
COLONGE (lonj'] d. f. Organisation rurale particulière à. l'Alsace, au moyen âge.
— Encycl. La colonge comprenait un certain nombre d'habitations, granges, écuries, avec des terres, concédées à dos preneurs [huber), moyennant l'acnuittomont d'un cens ou prestations annuelles, avec stipulation que /es différends nés du pacte colongor seraient soumis à un tribunal fcour colongôre, dinghof ou. selhof), composé du
maître do la colonge (président), et des autres colongers ' (assesseurs). Les droits du propriétaire, des colongers, les
noms de ceux-ci, les redevances, etc., étaient inscrits sur
los rotules colongers.
COLONGER (j/^i, tRE adj. Relatif à une colonge. il Rente eohngére. Se disait, en ALsace, pour rente foncière.
GOLONIA, nom donné par les Romains à plusieurs villes anciennes, à. cause des colonies qu'on y avait établies : CoUfuia Agrippina{Co\o{sno}t sur le Khin ; Cohnia Aquen-
sis, la mémo que .A.quœ Sextix (Aix-la-Chapelle) ; Colonm Senensis (Sienne) ; Colonia Septimanoru7n Juriiorum, Bcziers, en France ; Colonia Trnjana (K<Eln, près de Trêves) ; Colonia Jiomulca (aujourd'hui Se ville) ; etc.
Colonia del Sacramento, ville de la république de l'Uruguay, sur le Rio-de-la-Plata, vis-à-vis de Buenos- Ayres ; 3.000 hab. Place forte, port de mer important ; commerce de troupeaux et de laines ; viandes salées ou conservées. Fondée en 1679 par le gouverneur portugais de Rio de Janeiro, détruite 1 année ^suivante par le gouverneur espagnol de Buenos-Ayres, réédiliée peu après, cette ville fut pendant fort longtemps un sujet de contestation entre les Espagnols et les Portugais, qui se l'enlevèrent plusieurs fois pendant le xviii* siècle. — I>e départ, de Colonia del Sacramento est peuplé de 37.000 hab.
GOLONIAIRE (ni-èr') adj. Qui a rapport à une colonie romaine ou à une colonie du moyen âge : Soldat colo-
NIAIRK. Ma7lSe COLONIAIRE.
COLONIAL, ALE, AUX adj. Qui regarde les colonies ; qui vient des colonies: Bégime colonial. Z'enr^es coloniales.
— Econ. polit. Système colonial, Système qui impose des règles limitatives au commerce des colonies en faveur de la métropole, ti Pacte colonial. Ensemble dos règles régis- ::ant autrefois les rapports commerciaux entre une colonie et sa métropole.
— Numism. Monnaie coloniale. Monnaie frappée par une colonie ou pour le service spécial d'une colonie. {On connaît des monnaies coloniales chez les Romains. La Franco en a aussi, dans les temps modernes. Il en a été frappé sous Louis XV, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, et sous la troisième République, pour l'Indo-Chine.)
— n. Fam. Fervent partisan de l'extension à donner aux colonies françaises : On n'est vraiment colonial qu'à Paris. (P. Bonnetain.) Il Qui est des colonies, qui représente les colonies : Les coloniaux soiit frileux.
— Encycl. Econ. polit. Pacte colonial. Les colonies étaient considérées, à l'origine, comme destinées exclusivement à l'utilité et à l'enrichissement de la métropole. Le régime commercial qui leur était appliqué se résumait dans les principes suivants, dont l'ensemble constituait lo pacte colonial : l» L'accès du marché colonial était interdit aux produits étrangers ; 2" les transports entre la France et les colonies, et réciproquement, étaient réservés à la marine française ; 3* les produits coloniaux devaient être exclusivement exportés vers la métropole ; 4** un traitement de faveur était accordé, en France, aux produits des colonies françaises. Cette dernière règle était une compensation aux servitudes que la métropole imposait à ses établissements d'outre-mer. Ce régime s'est peu à peu modifié, et le pacte colonial est aujourd'hui aboli. Diverses exceptions furent successivement introduites dès avant 1789, puis sous l'Empire et la Restauration. Mais la première atteinte sérieuse au système fut apportée par diverses ordonnances qui, de 1839 à 1846, permirent l'introduction, aux Antilles et à la Réunion, d'un ^rand nombre de marchandises étrangères. La loi du 3 juillet 186i supprima les restrictions du pacte colonial en permettant aux grandes colonies d'importer chez elles, par tous pavillons, les produits étrangers admis en France, d'exporter leurs marchandises à l'étranger sous tous pavillons, et de se servir, pour leurs échanges avec la métropole ou entre elles, de navires étrangers. Deux décrets du 24 décembre 1864 étendirent le bénéfice de cette loi à la Guyane et au Sénégal.
— Art. milit. Armée coloniale. Troupes coloniales. V. la rubrique Aj^mée, à chaque Etat.
Colonial (Office), institution officielle relevant du ministère des colonies et destinée à fournir au public des renseignements sur le mouvement économique des colonies françaises. Créé en mars 1899, l'Office colonial (qui jouit de la personnalité civile et fonctionne sous le contrôle d'un conseil d'administration et d'un conseil de perfectionnement) s'est annexé le service de renseignements existant déjà pour l'Indo-Chine et le service ministériel chargé de renseigner les émigrants. Il doit réorganiser l'exposition permanente des colonies et créer une bibliothèque coloniale. En outre, les gouverneurs et les hauts fonctionnaires coloniaux on congé y viendront donner des audiences
et des consultations sur los pays qu'Us
administrent. § A L 6 É R I E ,
Coloniale (médaille). Instituée par l'article 75 de la loi du 26 juillet 1893, cUo est accordée sur leur demande aux militaires et marins français de tous grades ayant obtenu le bénéfice de campagne de guerre pour participation aux opérations de guerre effectuées aux colonies.
La médaille, en argent, du module do 0°',030, porte d'un côté l'effigie de la République et les mots République française, et, de l'autre côté, un globe
terrestre entouré d'attributs militaires,
avec les mots Médaille coloniale en Mtîdaille coloniale, légende. Elle est suspendue à un ruban bleu à trois raies blanches, traversé par une ou plusieurs agrafes d'argent, sur chacune desquelles est gravé le nom do la colonie oix le titulaire a fait campagne.
COLONIE inî — lat. colonia) n. f. Ethnol. et géogr. Etablissement fondé par une nation dans un pays étranger : L'Egypte envoyait ses colonies par toute la tei^e. (Boss.) Il Possession d'une nation européenne dans une autre partie du monde, n Réunion d'individus qui ont quitté leur pays pour en peupler un autre : Caamus transporta en Grèce une colonik de Phéniciens. (Boss.) n Individus d'un mémo pays, résidant dans une ville étrangère : La colonik française à Berlin. La colonie anglaise à Paris. \\ Agglomération d'individus vivant on commun : ^hc colonie de peintres.
— Par anal. Réunion d'animaux qui s'établissent et multiplient dans uno contrée : Colonie d'abeilles. (Dans lo mémo sens, on dit absolument : La colonie.)
— Par ext. Pays d'habitation, par opposition au pays d'origino : La terre est une colonie des deux. (Réveillé- Pariso.)
— Colonies militaires. Etablissement do soldats qui cultivent un territoire conquis : Les colonies militaires de
la Kusstc furent établies en ISf4. (Chéruol.) il Colotiics pénales. Colonies fondées par les crimmels que i'Angieterro déportait autrefois eu Amérique et, plus récemment, en Australie, ii Colonies agricoles. Etablissements agricoles destinés à l'instruction et à la moralisation des jeunes détenus. — Dans les Pays-Bas, Etablissements agricoles dont on confie l'exploitation aux mendiants valides, il Colonies étrangères, Colonies fondées dans la Russie méridionale, ot qui sont composées d'Allemands et de juifs.
— Apic. Ensemble des abeilles habitant une ruche et comprenant une femelle féconde ou reine, plusieurs centaines de mâles ou faux bourdons et des ouvrières dont le nombre peut atteindre 60.000 individus.
— Microbiol. Groupe de microbes issus d'un même élément figuré, dans une culture naturelle ou artificielle. ■ (Les bactéries de l'air, de l'eau, d'un milieu quelconque, se dénombrent par les colonies que fournit sur un milieu de culture convenable un volume déterminé de fluide.)
— n. f. pi. Absol. Antilles françaises : Avoir un oncle dans les colonii;s.
— Dr. Colonies pénitentiaires. V. la partie encyol. >.
— Pédag. Colonies de vacances. V. la partie encycl.
— Zool. Colonies aîiimalcs, Associations d'êtres simples constituant dos êtres plus élevés en organisation.
— Anton. Mère patrie, métropole.
— Allds. hist. : Périssent les colonies plutôt qu'un principe, Mot célèbre que l'on rappelle pour faire entendre qu'un principe doit l'emporter sur quelque considération (|ue ce soit. 11 a été généralement attribué à Barnave ; on la donné aussi à Robespierre. En réalité, il appartient à la fois à Dupont de Nemours et à Robespierre, qui en ont prononcé chacun une partie. Lorsque, en mai 1791, il fut question à l'Assemblée constituante de revenir sur l'émancipation des noirs et de ne pas accorder à ceux-ci les mêmes droits qu'aux blancs, sous peine de consommer la ruine des colonies, Dupont de Nemours s'écria qu'ï7 vaudrait mieux sacrifier les colonies qu'un principe, et Robespierre, plus déclamatoire: li Périssent les colonies, s'il doit nous en coûter notre honneur, notre gloire, notre liberté ! Périssent les colonies, si les colons veulent, par les menaces, nous forcer à décréter ce qui convient le plus à leurs intérêts! » Ce mot, comme on le voit, a été composé do deux phrases difl'érentes, condensées en une seule.
— Encycl. Econ. polit. Diverses classifications méthodiques ont été proposées pour les colonies, mais on peut dire qu'elles sont, en général, purement théoriques et qu'elles ne présentent d'intérêt qu'au point de vue de l'enseignement de la géographie. Une distinction faite par l'économie politique entre les colonies de peuplement et les colonies d'exploitation semble, à première vue, plus solidement établie. Les colonies de peuplement comprennent, en effet, celles dont les conditions de climat et do nature permettent l'établissement à demeure des immigrants, leur acclimatation et la fondation d'une famille'; les colonies d'exploitation, au contraire, sont celles où le climat interdit de s'y fixer sans esprit de retour aux immigrants, qui doivent se borner à exploiter par lo commerce, et encore temporairement, les produits du pays. Mais on s'aperçoit facilement que cette distinction ellemême est artificielle et disparaît devant la réalité, car ia plupart des colonies, par exemple, lo Canada et l'Austrarie, ont été des colonies d'exploitation, avant d'être colonies de peuplement.
— Agric. On appelle colonies agricoles des établissements particuliers de bienfaisance destinés à recevoir, soit des orphelins pauvres, des enfants abandonnés ou acquittés, après jugement, comme ayant agi sans discernement, soit des ouvriers malheureux qu'on emploie au défrichement des terres incultes.
Fondées en Hollande, à l'instigation du général Van don Bosch, elles se sont répandues en Belgique, puis en Suisse, où Pestalozzi en organisa plusieurs. L institution fut importée en France par Demetz et le comte de Gasparin, qui créèrent, près de Tours, la colonie agricole de Mettray, encore existante (v. Mettray), laquelle, depuis, fut imitée en d'autres endroits.
Quant aux colonies agricoles d'adultes, les essais tentés en Belgique et en Hollande n'ont eu qu'une existence éphémère.
— Apic. Une colonie d'abeilles perdant sa reine est dite orpheline. Elle se désorganise et la population diminue. On trouve alors des ouvrières poJideuses dont les œufs no produisent que des mâles. Les colonies orphelines, disposant d'œufs ou de larves, édifient sur l'emplacement de cellules d'ouvrières une cellule de sauveté (v. cellule), dans laquelle une larve d'ouvrière est transformée en larve de reine, au moyen d'une nourriture spéciale. Lorsque deux colonies sont trop faibles, on les réunit dans une seulo ruche. Les deux reines se battent jusqu'à ce que la plus faible ait péri. Les colonies se multiplient par l'essaimage.
— Dr. Dans une première acception, les mots colonies pénitentiaires désignent les établissements pénitentiaires établis en dehors du territoire continental français, et servant à l'exécution des peines privatives de liberté qui impliquent et entraînent l'expatriation, c'est-à-diro des peines des travaux forcés, de la déportation et de la rolégation. V. déportation, rklêgation, Transportation, travaux forcés.
Ces mots s'emploient dans une autre acception. La loi du 5 août 1850 a, en effet, organisé, à l'usage des mineurs de seize ans. un système correctionnel comprenant quatre catégories d'établissements: 1" les maisons d'arrêt et de justice; 2" les colonies pénitentiaires; S" les colonies correctionnelles; 4° les maisons pénitentiaires.
— Pédag. Les colonies de vacances sont la transformation des caravanes scolaires (v. caravank) ou voyages de vacances pour les enfants pauvres et maladifs des écoles primaires des villes. La première idée de ces colonies fuappliquée on Suisse, en 1876. On l'adapta et appliqua : Paris, en 1883. Une société fut formée, en 1887, sur l'initialivo do F. Buisson, pour en hâter le développement, ot Ton cito deux adjoints du XI" arrondissement, Champrenault et Duval, qui ont acheté et donné à la caisse dos écoles un château dans les Vosges, à Mandros-sur-Vair. lequel a donné asile, en 1889, â cent jeunes colons par mois, de mai à octobre. La prospérité de l'institution a permis à la ville de Paris de perfoctionnor son œuvro de bienfaisance : prolongation du séjour â la campagne, redoublement do la cure reconnue insuffisante, création à Berck-sur-Mer d'un hospice pour lo traitement des enfants tubercul(Mix, otc.
— Zool. II est uuivorsoUomcnt reconnu depuis long-
Plg. 2.
temps dtijà quo los étros supôriours sont tous composés d'une ay^f^lonu^PiUion d'ôlômouts simples appolôs plastides ou cellules. Cos ôtros supérieurs uo sont lionc, on rivalité, quo dos (colonies. 11 y u plus; ou peut établir des déférés dans la complication croissante des ôtres, les plus élevés étant formés d'éléments qui sont oux-mômes dos colonies d'éléments plus simples dont ils dérivent par hourgeonnenif-nt . Edmond Porrier a mis 'en lumière cette gradation romartiuablo.
Tout être, si complexe qu'il soit, dérive d'un plastido initial, œuf ou spore. Si le plastido. initial, en se divisant, donne naissance à des p. .
Slastides isolés, ces plastidos sont ^' '
es protozoaires ou des protop/u/tes. Il on est de mf*mo lorsque ces plastides restent adhérents les uns aux autres, mais sans ôtro doués do synergie, sans constituer un individu; on a alors une colonie de protozoaires {fig. 1).
Chez les taétazoaires, les bipartitions suceessivos du plastido initial donnent naissance à une agglomération d'éléments syner-
fiques, à une gtistrula douée d'iuividualité. Edmond Perrier réserve à ces agglomérations les plus simples le nom de mérides.
Les mérides, résultats de la segmentation de l'œuf, peuvent demeurer isolés ou continuer à se développer en donnant des bourgeons identiques à euxmêmes. Ces bourgeons ou nouveaux mérides peuvent se détacher (mérides isolés), ou rester associés ; dans le dernier cas, ils peuvent, quoique associés, être relativement indépendants les uns des autres : c'est alors une colonie de mérides. Ou bien ils forment un ensemble synergique, chaque méride pouvant être doué de fonctions spéciales et indispensables à la vie de l'ensemble [fig. 2). L'agglomération constitue alors un zoide.
La coalescenco entre les mérides d'un zoïde est plus ou moins grande ; elle est faible dans la nodocoryne de la ligure 2 ; elle est très forte dans une méduse oii le manubrium et les quatre secteurs de l'ombrelle sont inséparables.
Les zoïdes peuvent, à leur tour, bourgeonner et donner d'autres zoïdes isolés, ou réunis en colonies. Si ces colonies sont douées de synergie, on leur donne le nom de dèmes. Cette synergie donno à l'ensemble une individualité très peu développée dans certains cas (siphonophores de la fig. 3), très compacte au contraire dans d'autres fanimaux supérieurs). Dans la physopnora {fig. 3), les cloches natatoires sont des méduses ou zoïdes ; les individus nourriciers sont des mérides ou des zoïdes.
Suivant la manière dont s'effectuo le bourgeonnement, les animaux constitués par les agglomérations des bourgeons sont : l" dépourvus de symétrie ou pourvus d'une symétrie axiale comme dans les phytozoaires (animaux (j^ui ressemblent à dos plantes); 2" pourvus d'une symétrio bilatérale (artiozoaires ou animaux métamérisés ; animaux supérieurs, jusqu'à l'homme).
En résumé, la gradation dans la complexité est la suivante :
Fig. 3.
Plastides
colonies do plastides (protozoaires, protophytes).
(mérides
; colonies de mérides
: zoïdes '^°'°°'^^^®2°^"^®S- / dèmes.
— BiBLioGR. : Edmond Perrier, les Colories animales (Paris, 1898).
Colonies (Ministèrr des). La direction dos colonies, qui a été distraite du ministère do la marine à plusieurs reprises, et qui lui a été rattachée autant do fois depuis 1858, a, par uno loi du 20 mars 189-i, érigé en ministère spécial l'administration des colonies. La promièrc organisation fut arrêtée par Boulanger ; plus tard, Guioysse (févr. 1890) substitua aux directions géographiques des directions administratives; enfin, A. Lebon donna, le 27 mai 1896, à l'administration contralo uno organisation nouvelle.
Le Ministère des colonies est subdivisé en trois directions : ï" direction de l'Afrique avec deux bureaux (Afrique et Madagascar) ; 2" direction do l'Asie, Amérique et Océanie, avec doux bureaux (Indo-Chine et vieilles colonies); 3° direction do la comptabilité et des services péniten tiaires, avec trois bureaux (budgets et comptes — services pénitentiaires — solde et services militaires). Il existe aussi un secrétaire général qui, en dehors do ses attributions générales, administre directement doux buroau\(porsonnel — justice et cultes) et un service spécial (service géographique — missions et expositions). Un service do contrôle, dirigé par un inspecteur général, complète cotte organisation. En dehors de ces quatre groupemouts, rattachés directement à l'administration centrale, il existe un sorvico do santé dirigé par un médecin inspecteur, un service dos travaux publics à la tête duquel est un inspcc tour général dos ponts et chaussées et un comité technique miliiairo présidé par un colonel. En somme les cadres do l'iulniinisiration i-ompronnont un secrétaire général, trois dirnciours, quatre sous-dircctours et cent vingt-six fonctionnaires do tout ordre. Dans cetto énumération no sont pas compris los fonctionnaires détachés d'autres départements, tels quo les olïlciers et les ingénieurs.
Auprès du ministre fonctionnent un certain nombre do commission.s pormannntes dont les membres sont recrutés soit parmi los fonctionnaires du ministère, soit parmi los spécialistes connus. Les principales do cos commissions Hont les suivantes : conseil supérieur des colonies, commis sion permanente du conseil supérieur; comité consultatif de l'agriculture, du commerce et de l'industrie; commission permanente des marcliéa et recettes; commission dosurvoit-
IH
lance des fianques coloniales; comitt} consultatif du contentieux des colonies ; conunission de vérification des compte de l'/ndo-Chine; comité supérieur consultatif de l'instruction publique des colonies; commission supérieure des archives. COLONISABLE adj. Qui peut ôtre colonisé : Pays
COLONISABLES.
COLONISATEUR, TRICE adj. Qui colonise; qui a la colonisation pour but ou pour résultat : Peuple colonisa- 'n;uB. Immigration colonisatrice.
— n. m. Celui qui colonise, qui s'occupe de colonisation : Colonisateurs peu éclairés.
COLONISATION (za-si-on) n. f. Action de coloniser : ta COLONISATION de l'Algérie.
— Encycl. Econ. soc. On donne lo nom de colonisatioji ù. une forme particulière do l'émigration, j)ar suite de latiuollo lo pays où s'établissent, sans espoir de retour, les immigrants, est approprié et fécondé par leur labeur, et voit, grâce à eux, toutes ses ressources se développer de la manière la plus complète. La colonisation résulte donc de mouvements d'hommes, civilisés à divers degrés et de diverses manières, dans des contrées très différentes et très différemment traitées. Il ressort de cette définition même quo la colonisation peut être autre que pacifique ; il n'en ressort pas qu'elle doive nécessairement et exclusivement ôtre civile.
L'histoire de la colonisation fournit bien nettement la preuve du contraire. La colonisation est, en efl'et, aussi ancienne quo le monde, et les premiers peuples colonisateurs connus sont les plus célèbres de l'antiquité : les Phéniciens, les Grecs et les Romains. C'est parce que les premiers ont fait de la colonisation exclusivement commerciale et dans un sens étroit, qu'ils ont succombé do bonne heure ; ils se sont bornés à fonder des comptoirs, â faire ce qu'on a appelé à l'époque contemporaine des colonies d'exploitation ; aussi leur empire a-t-il été facilement conquis par leurs rivaux, les Grecs et les Romains, qui ont fait, eux, de véritables colonies de peuplement dans les pays qu'ils ont soumis. C'est une colonisation complète que Charlemagne a encore entrepris de faire en Saxe, aussi complète que celle exécutée quelques siècles plus tard en Syrie par les croisés, ou plus tard encore (xv« s.) aux îles Canaries par le Normand Jean de Béthencourt. Auparavant, les Arabes s'étaient déjà révélés des colonisateurs consommés, et ils ne cessèrent de se montrer tels pendant tout le cours de leur histoire, tandis que Génois, Pisans et Vénitiens ne parvenaient pas à s'élever au-dessus de la conception phénicienne et carthaginoise, et ne créaient que des colonies d'exploitation.
Aussi est-ce tout à fait à tort qu'on ne fait commencer l'histoire de la colonisation qu'avec l'ère des grandes découvertes ; en réalité, ce n'est pas autre chose qu'une histoire de la colonisation au sens le plus large du mot, et do ses vicissitudes, que l'histoire de l'humanité. Si, à partir du xv siècle, le champ s'agrandit et finit par embrasser tout le globe, il n'en est pas moins vrai qu'il y a eu, pendant l'antiquité et le moyen âge, colonisation réelle sur les rivages de la Méditerranée et sur les pays dont cette mer intérieure est demeurée le centre jusqu'au début des temps modernes.
Quoi qu'il en soit, il est certain quo les Portugais sont les premiers à avoir, au commencement de l'ère moderne, colonisé les terres qu'ils ont découvertes le long des rivages de l'Afrique et de l'Asie méridionale, en s'avançant vers l'E. à la recherche des îles des Epices ; ces îles ont été pendant longtemps, avec l'Inde, le centre du négoce pour le Portugal (qui n'y a fait que de la colonisation commerciale), et il a fallu les événements considérables qui marquent l'histoire du Portugal entre 1580 et 1640 pour appeler l'attention des Portugais sur leurs possessions des rivages américains d'abord, puis africains de l'océan Atlantique. La destruction de leur empire colonial oriental a marqué les débuts d'une nouvelle ère dont la première période se termine avec l'affranchissement du Brésil peuplé par eux, et dont la seconde se continue encore aujourd'hui, malgré les empiétements injustes des Anglais dans l'Afrique australe.
C'est grâce à Christophe Colomb que les Espagnols ont commencé d'avoir un empire colonial, et cet empire s'est étendu, au cours du xvi" siècle, sur ta majeure partie du continent américain et sur les immensités du Pacifique jusqu'aiLX îles dos Epices. L'exploitation systématique, abusive parfois, des colonies au profit do la métropole, voilà quolle a été la politique coloniale des Espagnols, et cetto politique a amené 1 affranchissement des colonies américaines au début du xix" siècle, la ruine complète do l'empire colonial espagnol à la fin do co môme siècle. L'Espagne n'en a pas moins peuplé la plus grande partie do l'Amérique centrale et do l'Amérique du Sud ; elle a fait là œuvro durable do colonisation, et il n'est quo juste do le reconnaître sans restriction.
Dès lo début du xvi" siècle, les Anglais et les Français ont ou des velléités do conquérir les terres neuves; mais ils n'ont commencé à lo faire sérieusement qu'au siècle suivant, en môme temps quo les Hollandais. Ceux-ci ont profité do l'union du Portugal avec l'Espagne pour se créer, grâce à leur puissante Compagnie dos Indos orientales on oxtrômo Orient, un grand empire colonial dont ils conservent encore une bonne partie, l'archipol malais. Mais, après avoir exploité leur empire comme los Portugais et los Espagnols, ils ont, avec uno grande souplesse et uno grande intolligenco, modiMô leur système ; co qui lonrijcrmet d'obtenir, actuellomont mômè, dos résultats de tout jiromior ordre.
Quant aux Anglais, le règne d'Elisabeth a vu leurs premiers essais sérieux do colonisation ; la persécution reli;;ieuso a favorisé, au début du xvii' siècle, I émigration do nombreux colons qui ont fondé dans l'Amérique scntontriunale, sur les rivages do l'Atlantique, une série d'importantes colonies pour losquolles, dès lo xviii» siècle, c'a été uno nécessité do franchir los AHéghanys. Do là los luttes avec les Canadiens français ; dès que los Américains en sont sortis vainqueurs, ils ont secoué lo joug trop posant do la mère patrie. Cette leçon n'a jias été poruuo pour les Anglais, qui avaient déjà adopté dans l'Asio méridlonulo une conduito différente do celle qu'ils avaient feniio on Amérique et qui avaient, avec la Compagnie dos In-los orientales, conquis dans l'IIindoustaii un imissant empire. En Australie, au Cap, ils ont agi avnc uno souphï^so ronuirqiiable. «'adaptant aux nécessités du [lavs, changeant suivant les cas leur sysiènio politique, ndi'ninisirutif, commercial, etc. C'est où quo montre admirable-
COLONISABLE — COLONNA
meut lotudo de l'organisation do l'cmpiro britanniquo actuel, lo plus vasto et lo plus peuplé du globo.
Tout autre est l'einpiro colonial français, reconstitué au cours du XIX» siècle ; il somWo qu'on se rendo enfin compte do la nécessité (entrevue par Colbort au xvii» s.) de varier la colonisation solou les pays ; mais ce sont des Idées contraires qui ont lo plus souvent prévalu. Pour cette raison, et par suite de la politique déplorable du gouvernement, la France a perdu, au xviu» siècle, l'empire que lui avaient constitué Henri IV, Richelieu, Colbert et ses successeurs, et qui l'ut un instant, sous Louis X^V le plus bel empire colonial du monde. '
Pendant que Hollandais, Anglais et Français se disputaient les pays chauds, los Russes accomplissaient sans bruit une œuvre importante de colonisation entre les monts Durais et le détroit de Behring, dans cetto grande plaine asiatique du nord dont la plaine russe n'est que le prolongement occidental ; ils y ont exécuté uno œuvre remarqtiable, qui les a rendus solidement maîtres de cet immense pays, et les a menés, au xix" siècle, jusqu'aux trontières des possessions anglaises do l'Asie méridionale. Leur œuvre ne peut ôtre comparée qu'à colle, non moins remarquable, exécutée jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique, aux Etats-Unis, dans le Farwest, par les anciens colons de la Nouvelle-Angleterre.
Quant aux tard-venus de la colonisation, aux Allemands et aux Italiens, il est encore impossible de se rendre un compte exact de ce que sera leur œuvre dans les parties, encore disponibles il y a quelques années, du continent africain et de l'Océanie, do même qu'on ignore ce que vaut la colonisation japonaise à Formose et qu'on ne peut prévoir ce que sera la colonisation américaine hors des Etats- Unis. Une chose est certaine, dans tous los cas : l'élargissement et l'extension chaque jour plus considérable de la colonisation ; les peuples qui s'en mêlent et qui ont une politique coloniale sont de plus en plus nombreux, et c'est un des signes les plus caractéristiques dos nations, désireuses de se créer ou de se garder une place dans le monde, que leur ardeur à entreprendre une œuvre coloniale, dont bénéficiera sans aucun doute le peuple colonisateur lui-même, mais dont bénéficieront aussi la civilisation et l'humanité.
— BiBLioGR. : P. Leroy-Beanlieu, De la colonisation che: les peuples modernes (Paris, 1873); Marcel Dubois, Systèmes coloniaux et peuples colonisateurs (Paris, 1895).
COLONISER v. a. Former en colonie, fonder des colonies dans : Les Anglais omt colonise une grande partie du monde, n Etablir dans une colonie r Coloniser des soldats.
Se coloniser, v. pr. Devenir colonisé.
COLONISTE {nissf) adj. Qui est partisan de l'établissement ou de la conservation des colonies. — n. : Le parti des