‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 116 sur 870 · COLONNE — COLOQUINTE · texte numérisé non relu

COLONNE — COLOQUINTE

donne entrée sur un escalier intérieur de 180 marches. La statue du sommet a été plusieurs fois changée. La première, œuvre de Chaudet, représentait Napoléon en empereur romain, tenant à la main une Victoire ailée. Elle fut enlevée en 1814, et le bronze servit à fondre la statue de Henri IV sur le Pont-Neuf.

En 1S33, Louis-Phihppe lit placer sur la colonne- Vendôme une statue de Seurre figurant Napoléon avec la redingote et le petit chapeau. Sous le second Empire, cette statue fut transportée aux Invalides, et remplacée, en 1863, par une nouvelle statue de Napoléon en César romain, œuvre de Dament. En 1871, la Commune fit renverser la colonne Vendôme, qui fut rétablie en 1875. Une inscription latine, au-dessus de la porte, et une inscription française, au pied de !a statue, portent la date et la dédicace du Monument.

La colonne de Juillet, qui se dresse au centre de la place de la Bastille, et au-dessus du canal Saint -Martin, à Paris, fut élevée en commémoration de la révolution de juillet 1830. Commencée en 1833 par Alavoine, continuée après 1834 et modifiée par Duc, elle fut terminée en 1840. Éilo est en bronze, cannelée, corinthienne, avec un chapiteau composite. Sur le fût sont f raves les noms es 504 combattants tués en Juillet. Le piédestal est orné à ses quatre angles de coqs gaulois et, sur une de ses faces, d'un lion, bas-relief de Barje. Au sommet, une statue ailée, en bronze doré, due au sculpteur Dûment, représente le génie de la Liberté. Le monument a une hauteur totale de 50 mètres. Un escalier intérieur conduit au sommet, et la base renferme les caveaux où reposent les corps des victimes de Juillet.

Il faut rappeler encore la colonne du camp de Boulogne ou de la Grande Armée, haute de 48 mètres (v. Boulogne); la colonne du Palmier ou du Châtelet {v. ce mot), et, à l'étranger, la colonne dite le Monument , à Londres, élevée en 1671, en souvenir du grand incendie de 1667 (61 m. de hauteur), et œuvre do Christophe Wren; la colonne de Blenheim-Park (Angleterre), élevée par Tarchitecte Vanbrugh, à la mémoire de Marlborough; la colonne d'Alexandre, à Saint-Pétersbourg, consacrée au souvenir d'Alexandre I"", surmontée d'une statue d'ange, due au sculpteur Orlowski.

On doit ranger à part la colonne de Catherine de Médicis, adossée aujourd'hui à la Bourse de commerce de Paris. Elle fut construite sur les dessins de Ballant et devait servir à la reine pour ses observations astronomiques. Un escalier à vis conduit sur le chapiteau (30 m. do hauteur).

— Météor. Colonne solaire. On donne ce nom à une colonne lumineuse qui peut être parfois haute et large; elle apparaît au coucher du soleil et peut subsister pendant une heure après, avec une assez grande intensité lumi-

^nl^nnl^t,.-,;,-^'''^

Colonne de Juillet

Colonne vertébrale : 1, PoIs»on (percAe): 2. Serpent; 3. Crcoodile; 4. Tortue; &. Poule; 6. Lapin; 7- Homme.

neose tirant sur le rou^e. La première obsorvation descriptive est due à Cassini en 1672, et l'une des plus belles apparitions eut lieu & Pari» le 12 juillet 1876. C'est une apparence lumineuse, duo â la réfraction ou réflexion de la Ituuiôre solairo sar les prismes qui coDstituont les

cirrus, capable de subsister assez longtemps après le coucher du soleil, vu la grande altitude de ces nuages. Bravais en a donné la théorie ("Journal de l'Ecole polytechnique», 1847).

— Zoûl. Dans les formes inférieures, comme les leptocardions (amphioxus) et les poissons cartilagineux, la colonne vertébrale demeure à l'état de corde dorsale, comme dans l'embryon des vertébrés supérieurs. La colonne ou rachis est composée de segments placés bout à bout, qui sont les vertèbres, dont la forme et l'importance varient suivant les régions du corps; soudées entre elles à la région sacréQ, elles redeviennent libres à la région caudale chez les reptiles et les mammifères, ou se massent en un coccyx. A la colonne vertébrale s'attachent les côtes et les ôs du bassin; son extrémité supérieure s'épanouit pour former la capsule crânienne, « dont la portion postérieure montre la nature des vertèbres ». (Clans.) Suivant les groupes, la colonne vertébrale est plus ou moins rigide; dans beaucoup de poissons et de reptiles, elle produit, par ses flexions, les grands mouvements ondulatoires servant à la locomotion ou à la natation (anguilles, serpents et autres animaux dépourvus de membres). Outre sa région crânienne, la colonne vertébrale est divisée en régions : cervicale ou du cou; tkoracique ou dorsale; lombaire; sacrée ou pelvienne; coccygienne ou caudale. Le nombre des vertèbres , leur forme, varient suivant les divers types.

COLONNE ou COLÛMNA {lom') n. f. Sous-genre d'achatines (mollusques gastéropodes), comprenant les formes à coquille longue et fine, munie d'un épidermo, à bouche oblongue. (Les colonnes vivent dans les forêts humides de l'Afrique occidentale.)

Colonnes d'Hercule (les), nom donné par les anciens au terme prétendu des travaux d'Hercule, c'està-dire aux deux pointes d'Europe et d'Afrique qui marquent à l'E., do 1 un et de l'autre côté, l'entrée du détroit de Gibraltar. Là, en efiet, dans la baie de Gibraltar, la tradition orientale fait jeter par Hercule, chef présumé d'une première expédition de Phéniciens, loin de la mère patrie, les fondements d'une ville et lui fait poser les bornes du monde. Les deux colonnes d'Hercule sont, à l'entrée orientale du détroit de Gibraltar : en Europe, le mont Calpé {cohmina Herculis Europxa) ; et en Afrique, en face de Calpé, le rocher Abyla ou Abylix {columna Uerculis Africana). Co nom de « colonnes d'Hercule u ne s'applique pas d'une manière exclusive à Calpé et à Abyla. Il Sous le nom de colonnes, dit Strabon, les uns entendent les caps du détroit, les autres l'île de Gadès, et quelquesuns des lieux plus éloignés que cette île. u

Le nom de 'i colonnes d'Hercule » tient à l'usage qu'avaient les Phéniciens de marquer par des colonnes les lieux où ils s'établissaient. Arrivés à l'extrémité orientale du détroit de Gibraltar, ils purent croire que les caps formant ce détroit était les termes de la terre habitable, aussi bien que de l'expédition d'Hercule, et que c'était, par conséquent, ce que l'oracle appelait les Colonnes.

A ces deux prétendues colonnes se rattachent des légendes fameuses dans l'antiquité, et dont le sens est que la Méditerranée était jadis un lac sans communicatioj avec l'Océan ; une grande commotion aurait engloun l'isthme qui unissait l'Afrique à l'Espagne. L'existence de cet isthme est une vérité géologique incontestable.

Les colonnes d'Hercule sont devenues proverbiales et ont passé dans le style figuré pour désigner une limite extrême au delà de laquelle on ne conçoit plus rien dans l'ordre d'idées où l'on s'est placé.

Colonne (cap) [le cap Sunium des anciens], promontoire formé dans l'Archipel par la pointe méridionale de l'Attique et qui portait un temple de Minerve.

Colonne (Jules-Edouard-Jnda, dit), violoniste et chef d'orchestre français, né à Bordeaux en 1838. Il obtint, au Conservatoire, le premier prix d'harmonie en 185S et le

Fremier prix de violon en 1861. Admis à l'orchestre tir- Opéra, il le quitta pour fonder, en 1871, le Concert national, dont les séances se donnaient à l'Odéon, et qui, avec l'Association artistique, se transporta dans la salle du Châtelet. C'est là que Colonne commença à populariser les œuvres de Berlioz : l'Enfance du Christ, la Damnation de Faust (dont la centième audition a eu lieu en 189S), Roméo et Juliette, les Troyens, et à forcer le public à rendre justice au génie de ce maître alors tant discuté ; c'est là qu'il fit entendre le premier oratorio de Massenet, Marie-Magdeleine, et nombre d'œuvres de jeunes compositeurs français; c'est là, enfin, qu'il fit connaître des œuvres ou fragments d'œuvres de musiciens étrangers célèbres : Richard Wagner, Tschaïkowsky, César Cui, etc.

colonnes n. f. Bot. Syn. de gaii.lardie.

Colonnella, comm. d'Italie (Abruzzes [prov. do Teramo]), près du fleuve côtier Tronto; 4.800 hab.

COLONNETTE {lo-nèt') n. f. Archit. Petite colonne qui, d'ordinaire, a le fût plus allong;é que les colonnes des ordres classiques : Un faisceau de colonnettes.

— Par anal. Objet vertical, cylindrique, peu épais: Arbres levant sur Inorizon leurs colonnettes grêles.

— Encycl. Archit. Le nom de colonnettes s'applique surtout aux minces colonnes qui cantonnent les piliers de l'architecture gothique et de l'architecture romane de transition. Ces colonnes ont été surtout employées par les architectes du moyen âge, qui les couvraient d'ornements et de sculptures do tout genre, quelquefois mémo les revêtaient de riche couleur, comme le faisaient les Egyptiens. La colonnette s'emploie, encore aujourd'hui, dans la construction comme dans lo meuble. A, B.C. D,B. colonnettes;

„ ^ F, colonne.

COLONOS. Myth. gr, Père d'Ochné. — Héros ôponymo du dôme de Kolonos, près d'Athènes.

COLONTAS. Myth. gr. Argien qui reçut Pémôter lors(iii(3 ccttcMléesso, errant sur la terre à la recherclio de sa fille, arriva on Argolido. Chthonio, fille do Colontas,

mécontente des honneurs que son père rendait à la déesse, lui en fit de vifs reproches et attira ainsi sur sa famille le courroux de Démèter. Colontas et sa maison farent consumés par le feu. Quant à Chthonie. elle fut emmenée par la déesse à Hormione, où elle fonda un temple et des jeux en l'honneur de Démèter.

COLOPHANE (du gr. kolophônia, sous-entendu « résine n , pour dire résine de la ville de Colophon, en Asie Mineure) n. f. Chim. Matière résineuse, sèche, jaune ou brune, dont on se sert particulièrement pour faire mordre les crins de l'archet sur les cordes des instruments, n On disait autrefois colophone, ce qui était plus régulier.

— Bot. Colophane bâtarde, Nom vulgaire d'une espèce de bursère.

— Enctcl. Chim. La colophane reste comme résidu lorsqu'on distille la térébenthine avec de l'eau, pour en extraire toute l'essence. La colophane a d'abord été préparée en lonie ; on la fit venir ensuite de Suède, et ce n'est guère qu'au milieu du xvu" siècle qu'on en fabriqua eu France.

La colophane est plus ou moins jaune, suivant la température à laquelle on l'a exposée pendant la préparation. Si on la distille dans un courant de vapeur d'eau à une pression de 10 atmosphères, on l'obtient incolore ; à froid, elle est cassante et présente une cassure conchoïdale. Sa densité est environ i,08. Insoluble dans l'eau, elle se dissout avec facilité dans l'alcool et l'éther. L'acide azotique dissout la colophane et la décompose en même temps. Soumise à la distillation sèche à la température ordinaire, elle donne, au-dessus de 360», des huiles épaisses, puis des produits bleus par réflexion ; au-dessus de 400°, les produits qui passent ont été appelés huiles de résine. Ces huiles sont formées d'hydrocarbures gazeux et liquides. La colophane forme, avec les bases alcalines, des savons solubles dans l'eau.

On se sert beaucoup de la colophane pour la fabrication des vernis, pour le calfatage des vaisseaux, pour la préparation des onguents et des emplâtres, et comme agent réducteur dans la soudure des métaux. Dans co dernier cas, on projette d'abord de la colophane en poudre sur les surfaces que l'on se propose de réunir. De très 'grandes

? nantîtes de colophane sont consommées dans les manuactures de savon. On s'en sert encore pour la préparation des allume-feux. La prompte résinification des huiles de résine à l'air a empêché leur emploi pour l'éclairage, à cause de l'encrassement des lampes. Les musiciens l'utilisent pour frotter le crin des archets des instruments à cordes, afin de leur donner le mordant nécessaire. La colophane est coulée, pour cet usage, en petits blocs ronds ou carrés, et on place ces petits dIocs dans des boîtes de carton. La colopnane de contrebasse est beaucoup moins fine et moins sèche que celle destinée au violon et au violoncelle; celle-ci n'aurait aucune action sur les cordes énormes de la contrebasse, et elle volerait en éclats sous les crins durs de l'archet.

COLOPHANTRÈNE n. m. Nom donné à deux carbures extraits de la colopliane.

COLOPHÈNE n. m. Carbure, C"H", qui s'obtient dans la distillation de la colophane ou d'un mélange d'essence de térébenthine et d'acide sulfurique concentré. (Ce serait un térébène mélangé d'autres carbures qu'on ne peut séparer.)

GOLOPHILÈNE n. m. Liquide non dichroïque, obtenu en distillant le chlorhydrate de colophène avec la baryte.

COLOPHON (du gr. kolophôn, achèvement) n. m. Note finale d'un livre, reproduisant ou complétant les énonciations du titre, n On dit aussi souscription finale.

COLOPHON n. m. Genre d'insectes coléoptères lamellicornes, famille des lucanidés, comprenant des formes arrondies, bombées, ramassées, à élytres très courts, de telle sorte que l'aspect est celui d'un coprophage. (Le colophon Thunoergi, espèce type de ce curieux genre, brun, est propre à la Cafrerie.)

CoLOPHON, ville grecque de l'ancienne Asie Mineure, l'une des plus célèbres de l'Ionie. Elle commença à tomber en décadence à la suite de la prospérité croissante d'Ephèse. Patrie de Xénopbane et de Mimnerme; elle prétendait aussi avoir donné lo jour à Homère.

COLOPHONE n. f. Chim. Syn. de colophane.

GOLOPHONIA. Myth. gr. Fille d'Erechtée, roi d'Athènes. (Désignée par Te sort, elle fut sacrifiée par son père pour le salut de l'Etat.)

COLOPHONINE n. f. Corps qui se produit par oxydation spontanée de la fraction de l'huile de colophane distillant vers ISS-*.

COLOPHONITE n. m. Substance appartenant au genre grenat et constituant une variété de mélanite ou d'idocrase, selon les cas. (Le colophonite est d'un brun noirâtre ; il accompagne le fer oxyduié à Arendal.) Il On écrit aussi

COLAPHANITE.

GOLOPHONONE n. f. Portion du produit de la distillation sèche de la colophane, que l'on obtient quand celleci bout à 970.

COLOPHTALiNEn. f. Hydrocarbure solide, C"H", qu'on obtient en distillant l'essence vivo (huile de colophane distillant à 135") avec la moitié de son poids de soufre.

COLOQUINELLE {ki-nèV) n. f. Nom vulgaire de la coloquinte fausse, courge qui est dépourvue d'amertume.

COLOQUINTE {kint' — du lat. colocijnthis, gr. kolokunthis) 11. I'. Nom d'une espèce do concombre, à chair très amère. 11 Nom vulgaire et impropre de quelques petites espèces ou variétés do courges. 11 Coloquinte laitée, Variété de courge. 11 Coloquinte fausse. V. coloquinelle.

— Pop. Tête humaine; cervelle, esprit, volonté. 11 Taper sur la coloquinte^ Frapper sur la tête : Le soleil tape sur la COLOQUINTE. — Etre capiteux, griser.

— Encycl. Bot. et comm. La coloquinte appartient au genre concombre; c'est le citrullus ou cucumis colocynthis. Originaire du Levant, elle était connue des anciens, et entrait dans leur matière médicale. C'est une plante annuollo, à tiges grêles et couchées, et à fleurs jaunâtres; ses fruits sont globuleux, jaunes à la maturité; sous une écorce mince et dure, ils renferment une pulpe blanrlie, spongieuse, très amère. Cette pulpe, desséchée, constitue la coloquiuto du commerce; c'est un purgatif

Coloquinte : a, du Malabar ;

b, plate rayée ; c, bicolore ; d, poire

rayée; e, galeuse.

lui prend sa source dans les

énergique, violent mômo. Aujourd'hui, on l'emploie raremont on nature, mais elle entre dans plusieurs prtîparations.

— Tûxicûl. ot tliérap. Lo fruit de la colai/uiute est un amer purgatif, drastique violent, dont lo principe actif est la colocynthi7ie. On ou prô- I>aro uuo teinture et uu extrait. En raison de la violence do ses etï'ets, on l'omploio peu en Franco. En Angleterre, on l'emploio souvent, mais mélange par exemple A l'aloôs, i la scammouéo, au sulfate do potasse (pilules de Grtigory). La doso médicinale correspond à nue quantité do 10 ù.

40 centigrammes du fruit.

COLORABLE adj. Qui peut èwo coloré.

COLORADO n. m. Miner.

Nom donné, dans l'ancienne Amôri<|^ue espagnole, à des minorais do fer Hydraté, qui contiennent des composés d'argent, et quelquefois do l'argent natif

— Entom. Nom vulgaire du dai'yphora decemlineata.

■Colorado (rio), fleuve

des Etats-Unis d'Amérique,

montagnes Rocheuses, près des glaciers du pic Frémont, parcourt l'aride plateau du Colorado du N. au S.-O., puis traverse les déserts d'Arizona et se jette dans le golfe de Californie, où il finit dans des marécages. Cours d'environ 1.300 kilom., dont une partie est encaissée en de profonds couloirs dits canons, parmi lesquels le plus pittoresque est le Grand Canon. — Fleuve côtier de l'Américjue centrale, qui forme en partie la frontière des répultliques do Costa-Ricaet de Nicaragua. (C'est la branche méridionale do la rivière San-J uan do Nicaragua.) — Fleuve do la républiijue Argentine, qui tinit dans l'Atlantique à lOO kilom. au b. de Bahia-Blanca. — Fleuve du Texas.

(Le mot Colorado est un qualificatif donné à ces cours d'eau à cause de leur teinte foncée, rougeâtre ou jaune).

Colorado (plateau de), nom donné à la partie des montagnes Rocheuses comprise, à TO. de la grande chaîne des Pics, entre le parc national du Yellowstone, le désert d'Arizona et les monts Wahsatch. Cette région, de 450.000 kilomètres carrés, est formée par des terrasses d'une hauteur moyenne de 2.000 mètres, séparées les unes des autres par des failles très étendues, et sculptées de profonds et larges ravins aux parois verticales, dits « canons u , au fond desquels coulent le rio Colorado et ses affluents. La perméabilité d'un sol de calcaire extrêmement fissuré et l'éloignement de la mer ont fait de ce plateau, surtout au S., un désert où l'on chercherait en vain une forêt continue, et sur lequel les chemins de fer transcontinentaux n'ont pu provoquer aucune agglomération humaine ea dehors des villages de mineurs.

Colorado, un des Etats-Unis de l'Amérique du Nord, compris entre le Nebraska et le Kansas au N.-E. et àl'E-, le Wyoniing au N., TUtah à l'O. et le New-Mexico au S.

Au point de vue du relief, on peut distinguer trois régions : l^ à l'est s'étendent de vastes plaines qui vont, en s'élevant insensiblement vers l'O., jusqu'au pied des montagnes Rocheuses; 2** au centre se dévelo]>pent, du N. au S., la sierra Madré et la Front Range, qui ne sont que des fractions des Rocheuses et où se trouvent plusieurs sommets dépassant 4.000 mètres (pic Long: 4.810 m.); 3" à l'ouest, s'appuie auic montagnes un haut plateau qui so rattache à celui du Colorado.

Le climat est loin d'(Hre uniforme : relativement doux au pied des montagnes, il est rigoureux sur leurs flancs et sur les hauts plateaux. Les pluies ne sont abondantes quo dans la région montagneuse, où souvent la neige tombe aussi en grande quantité. La chaîne centrale partajjc le pavs en deux versants : vers l'E. coulent des rivières (Platte, Arkansas), qui vont au Missouri et sont ainsi tributaires du golfe du Mexique ; vers l'O. descendent des cours d'eau (Grand River, Dolorès River), qui, affluents du Colorado, se déversent dans lo Pacifique. Les richesses minérales du Colorado sont énormes. Sans parler du charbon que l'on trouve partout, du fer et du sol qui abondent, l'or et l'argent priment, dans cette contrée, toute autre exploitation. Il faut signaler aussi la présence d'importants gisements de plomb dans la haute valléo do l'Arkansas.

D'abord isolé du reste do l'Union, lo Colorado (capit. Denver) est uni aux autres Etats par une grande voie ferrée qui le traverse de l'E. à 1*0. et met en communication Saint- Louis et San-Francisco (Central Pacifique). Lo pays a gagné beaucoup à l'établissement de cette ligne : son commerce a pris un remarquablo essor, et sa population s'est considérablement accrue.

COLORADO-CITY, village des Etats-Unis (Etat de .Colorado [comté d'El Paso]); 2.155 hab. C'est lo vieux Colorado-Springs.

COLORADO-SPRINGS. villo des Etats-Unis (Etaj do Colorado [comté d'El Paso]), à la base du Piko's Poak ; 11.71)0 hab. Villo de séjour estival; ch.-l. du comté d'El Paso. Scieries. Sources ferrugineuses aux environs.

COLORADOÎTE (do Colorado, n. do lien) n. f. Tollnrure naturel de mercure, dont la formule est HgTo, ot le poids spécifique 8,G3.

GOLORAGE {raj") n. m. Travail du confiseur qui colore les bonbons.

COLORANT (r«;(\ ANTE adj. Qui colore, c'ost-à-diro qui

communique la proj>riété do produire sur l'œil, soit directement, soit par 1 intermédiaire d'un spoctroscopo, une impression lumineuse difl'ôrento décolle que nous appelons le blanc : Matière colorantu, V. coui.ituu.

— n. m. : Un colokant.

— Encycl. D'après la définition, il suflU, pour qu'un corps soit colorant, qu'il soit coloré; car, alors, il so trouvera toujours au moins un dis.solvant ou un mélange qui lui empruntera sa nuance.

Les colorants inorganiques n'ont donné lieu qu'à peu clo remarques généralnH. La soulo oui les ronrorno est cpio Ins aels do certains naétaux (l'or, nickel, cuivre, etc.) sont tou-

COLORABLE — COLORIMÉTRIQUE

jours plus ou moins colorants, tandis que ceux des autres métaux (sodium, zinc, argent, etc.) no le sont jamais.

Les colorants organiques, au contraire, ont donné lieu à des rapprochements très intéressants, particulièrement les matières colorantes organiques.

■ — Matières colorantes organiques. Chromophores et chromoqènes. Groupes OH et AzH*. Classi/icatio7i. Les matières colorantes sont des substances généralement colorées, qui sont capables de coramunt(iuor aux fibres animales ou végétales une nuance durable, ou, comme l'on dit, do teiridre ces fibres. (V. teinturk.) Cette définition, très difi"érente do celle du mot colorant, restreint considérablementje domaine des matières colorantes. On voit aisément que la distinction entre colorants et matières colorantes a son origine dans des nécessités d'ordre pratique, les simples colorants étant sans emploi en teinture, tandis que les matières colorantes sont des substances d'une très grande importance.

La plupart des matières colorantes organiques dérivent des carbures do la série aromatique : benzène, iiaphtalèno, anthracône, etc., ou de leurs substitués. Or ces carbures sont incolores ; on a donc été amené à chercher quels rapports il y a entre la constitution chimique des matières colorantes et la fonction colorante ou pouvoir tinctorial. On a trouvé que l'apparition de cette tonction colorante tient à l'existence de certains groupes, très simples pour la plupart, et indispensables. D'après la théorie de Witt, on trouve dans toute matière colorante organique :

l'' au moins un groupe chromophore;

2" au moins un des groupes AzH^ ou OH (ou leurs dérivés).

On donne le nom de chromophores à certains groupes qui, introduits dans des carbures aromatiques incolores, les transforment en corps colorés ; les corps ainsi obtenus sont appelés des chromogènes. Ce ne sont pas encore des matières colorantes, car ils n'ont aucune affinité pour les fibres ; il leur manque pour cela un groupe AzH' (amido) ou un groupe OH (oxy). Exemple, le groupe Az = Az est un chromophore, parce que, si l'on réunit par l'intermédiaire de ce groupe deux noyaux aromatiques, tels que CH", on obtient un chromogéne coloré, l'azobenzène C*H*-Az = Az-C'H'. Ce corps jaune, en fixant par exemple un groupe OH, devient une matière colorante : l'oxyazobenzène (OH)C«H'-Az = Az-C»H».

Le nombre des chromogènes est assez élevé et varie, d'ailleurs, avec les progrès de la science ; ils seront énumérés tout à l'heure. Outre les groupes dont il a été question et dont il existe au moins un dans toute molécule de matière colorante, on y trouve très fréquemment, entre autres, les

troupes SO*H et CO'H. Ces groupes, qui sont incapables e transformer un chromogène en une bonne matière colorante, ont parfois une grande utilité, surtout au point de vue des applications, soit en donnant une plus grande solubilité, soit en augmentant l'affinité pour les fibres, soit en diminuant la sensibilité aux agents destructeurs. Ces groupes, qui ont des propriétés acides marquées, sont ce qu'on appelle les grrowpessa/iyîaô/es. D'après ce qui précède, la genèse des matières colorantes peut être représentée par le schéma suivant :

Introduction d'un

Carbures incolore».

duction \ Cbromo-

d'uD / ^ènes chromo- J colorés, phore. [

groupe A2H»

ou OH.

^Matières

( colo-

I rautes.

bles, ' "^^*-

Benzène 1 Azobenzène \ AmidoazobenzëDe, P, o, < coloré / matière colorante

^ ** • ]C«H»-Az=:A2-C«H«.JAzH»-C«H*-Az=Az-C«H'

Cette théorie peut être soumise à une expérience de contrôle très instructive. Tous les chromophores peuvent, en effet, fixer deux atomes d'hydrogène ; les chromogènes qui les contenaient deviennent des corps incolores, alors même que les autres groupes sont intacts. Ces chromo-

Shores, ainsi modifiés, peuvent par o.xydation perdre leurs eux atomes d'hydrogène et revenir à leur état initial ; le corps reprend ses propriétés de matière colorante. Ces corps incolores, qui dérivent ainsi des matières colorantes

fiar fixation d'hydrogène dans leur chromophore et peuvent es régénérer par oxydation, sont des leucobases. La disparition des groupes OH et AzH', sans donner lieu au mômo Îïhénomèno réversible, entraîne toujours la disparition de a fonction colorante, même quand le chromophore est intact. L'existence d'au moins un de chacun de ces deux groupes est donc indispensable.

Voici, en terminant, la classification des principaux

troupes do matières colorantes, basée sur la constitution e leur groupe chromophore :

MATlKRKS

2o AzulqUCt. .

'ùo Nitrosâes quinoDes axi-

CUROUOPIIORE

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