COME — COMEDIE
nieux, dos écrivains élégants, Zamora, Canizaros, Thomas do Yriarto, Moratin, Jovollanos, Melendez, méritent pourtant d'être cités. L'originalité de la comédie espagnole d'alors so réfugie dans les saynètes de Ramon do La Cruz, pièces populaires ot boufi'ounes, où los mœurs des bas quartiers de Madrid, le fourmillement étrange et lo langage imagé des bouges et des carrefours sont retracés à merveille. Plus près de nous, Martinez do La Rosa et toute une pléiade de poètes et d'écrivains, à la tête desquels se placent Mariano do Larra, Breton de Los Horreros, Hartzembuch, Luiz de Eguilaz, Tamago y Baus, Etchegaray, ont essayé, soit de faire dominer tout à fait le goût français, toujours en grande faveur dans la Péninside, soit do faire revivre la manière des anciens maîtres.
— France. Le théâtre comique a existé au moyen âge : il s'est appelé /"arce, sotie ou moralité. (V. ces mots.) Mais la comédie proprement dite est différente de ces divers genres et n'en dérive pas. Elle apparaît en France au XVI" siècle ; elle est due à l'imitation des Italiens qui, .eux-mêmes, avaient imité l'antiquité. Si Jodelle, Charles Estienno, Ronsard, Baïf, traduisent directement les comiques anciens, Larivey, le plus grand nom de cette époque, suit les modèles italiens, et ainsi font Jean de La Taille, J. Godard, Odet de Turnèbe. Cette comédie érudite et factice est quelque temps abandonnée, et. pendant les trente premières années du xvii' siècle, supplantée par la farce. Mais elle reprend sa vogue, depuis 1630 jusque vers 1660, avec Rotrou, Mairet, Desmarets de Saint-Sorlin, Scarron, Boisrobert, Thomas Corneille, Quinault, Cyrano do Bergerac, Gillot de La Tessonnerie, Tristan THermito. Sauf quelques-uns, qui sont originaux, ces auteurs vont puiser leurs sujets dans le théâtre espagnol. En somme, jusqu'à Molière, la comédie est caractérisée par une intrigue invraisemblable, des personnages conventionnels, d'un comique poussé jusqu'à la charge. Il faut mettre à part P. Corneille, dont les comédies de mœurs, fines, distinguées, amusent sans faire rire, et dont les personnages sont spirituellement raisonnables. De 1660 environ à 1673, Molière est le maître de la scène. Comme toute l'école de 1660, il ne cherche qu'à suivre la nature et à faire rire dans des sujets qui, au fond, confinent le plus à la tragédie. Il observe l'homme et, sans trop se préoccuper de l'intrigue, il donne aux types de son temps une portée générale, entremêlant la farce et les comédies de mœurs et de caractères. Il a une préoccupation morale, qui est de montrer comment on ne peut être heureux si l'on ne se conforme pas à la nature et à la raison. Malgré son exemple, Thomas Corneille et Montfleury continuent à écrire des pièces à l'espagnole, d'un comique grotesque et exagéré. A la comédie de mœurs se rattachent les Plaideurs, de Racine, imités d'Aristophane ; l'Homme à bonnes fortunes, de Baron, et les courtes pièces d'actualité que donnent de Visé et Boursault.
Trois auteurs comiques illustrent la fin du règne do Louis XIV : Kegnard, qui vise moins à l'exactitude et au naturel qu'à la plaisanterie perpétuelle; Dancourt, qui nous laisse des esquisses réalistes de la société du commencement du xviu" siècle, où les financiers triomphent; Le Sage, qui pousse davantage cette peinture et enfonce dans la satire jusqu'à l'amertume. Au xviii» siècle, Marivaux s'affranchit de la tradition antique et des règles. Il imagino des pièces philosophiques d'une fantaisie féerique pleine de poésie, et des analyses de l'amour, très vraies dans un cadre tout idéal , d'une délicatesse féminine qui fait penser aux tragédies do Racine. Destouches vise à la comédie de caractère, à tendances morales, pour laquelle il est peu fait, ayant surtout le talent de la charge. Les changements qui se firent dans la littérature du xvm" siècle au profit du sentiment eurent leur contre-coup dans la comédie : Nivelle do La Chaussée invente la comédie larmoyante, qui n'est rien moins, malgré ses défauts, quo l'annonce de la comédie actuelle, consacrée aux drames de la famille. Les pièces de Diderot, quelques comédies de Voltaire et de Beaumarchais, relèvent de cette conception dramatique. Piron, Gresset recommencent à faire la satire des mœurs. Certaines comédies do Voltaire, de Palissot, sont dos œuvres do polémique. Beaumarchais résume toutes les comédies traitées par ses devanciers, les Italiens, les Espagnols, Molière, Marivaux. Diderot, etc. Mais il sait communiquer aux caractères l'aspect particulier quo leur donne la vie de l'époque. En même temps, sa comédie ost
Folitiquo et bat en brèche les hommes ot los choses do ancien régime. Ecrite en prose, avec une intrigue rapide, un dialogue spirituel et mordant, la comédie de Beaumarchais nous donne la forme do la comédie contemporaine. Après lui, lo genre est frappé d'une assez longue décadence : Picard ot C. Delavigne no peuvent la relever. Lo mouvomont romantique no pouvait guère être favorable â la comédie. Musset, dans ses Comédies el Proverbes, trouve un genre bien original, mais pou fait pour la représentation. Pendant los cinquante premières années du xix» siècle, la comédie qui domino est celle do Scribe (et celle de Dumas père, qui ost conçue sur lo même plan) ; tout ost dans l'art d'agencer l'intriguo : il n'y faut chercher ni caractères, ni idées morales. Les comédies tirées des romans célèbres de G. Sand, J. Sandoau, O. Feuillet, no valent pas toujours los œuvres qui leur ont donné naissance. Les pièces do Labiche so rattachent à l'hisloiro du vaudeville. (V. co mot.) Après isr.o, on vit la renaissance do la comédie avec Augieret Dumas fils. Us composent des pièces sérieuses, ot. tout on décrivant les nueurs do leur temps, ils soutiennent dos idées sociales : le premier, en so faisant lo défenseur du bon sons contre les orremonts do la passion romantique; lo second, on mettant une forme spirituollo ot vigoureuse au service do thèses morales fortes et hardies. Après ces doux maîtres, il faut citer, do nos jours, Sardou, Halévy, Meilhac, Gondinet. Barrière, Pailloron, Recque, J. Lomattro, F. do Curel, Donnay, Lavodan, Edm. Rostand. Bergorat, Herviou, etc. D'autros auteurs dramatiques relèvent phuAt du domatno du drame, comme Coppée, Hidiepin, Mondes (v. duamk^ oi\ comme Alexandre Bisson. do celui du vaudoville. (V. vaiidkvii.lk.) — A niih'lerre. V.ï\ Angleterre, il n'y a guère, avant Sliakspeare. quo des farces grossières, d'une boulVonno trivialité, toiles que l'Aiguille de manutn (iurton, dont l'autour ost inconnu. Shakspoaro se montre aussi grand comique dans le Marchand de Vfnise, la .U(';/értr apprivoisée, les Joi/eiises Commères de Windsor. (luo suprême auteur tragique dans ses drames. Son érudit contemporain. Bon- .lohnson, puis Iteauiuont et Flotchor, rivalisent d'esprit et dimagiiiation dans la comédie d'intrigue; mais les doux derniers empruntent beaucoup â l'Espagne. Congroyo, venu un siôclo plus tard, suit los traces do Molière ot, d*a
COMÉDIEN — COMÉNATE
cette époque, la comédie anglaise perd une grande partie de son originalité, quoique l'Avare, de Fielding, et le Bonhomme, de Goldsmith, soient d'intéressantes compositions dramatiques. Cumberland, et surtout Sheridan (l Ecole de la médisance), méritent encore d'être cités. De nos jours, les auteurs comiques anglais se contentent, pour la plupart, d'adapter, c'est-à-dire de démarquer, les meilleures pièces du théâtre français.
— Allemagne. Hans Sachs, le cordonnier de Nuremberg, est le premier auteur comique dont le nom perce en Allemagne, au sortir du moyen âge ; il improvisa un grand nombre de comédies, proches parentes des moralités et des soties, mais dans lesquelles ou remarque un certain art du dialogue et aussi l'art d'esquisser un caractère. Au XVII' siècle, Andréas Gryphius cultive avec succès la comédie satirique, et, après lui, J.-E. Schlegel, Gellert, essayent do rivaliser avec Molière. Le goût français domine alors en maître sur la scène comique allemande. Lessing fut le restaurateur du théâtre national avec sa Mina de Bamheim, et ouvrit la route à Gœthe et à Schiller. Après ces grands noms, on ne peut guère citer que Kotzebue, Hollei, Gubitz, Voss, Tieck et Platen ; encore quelques-uns d'entre eux ne sont-ils que des vaudevillistes. De nos jours, les Allemands n'ont guère fait, comme les Anglais, qu'imiter les pièces en vogue de Dumas fils, d'Augier, de Sardou, de Meilhac, et â peine si leurs meilleurs auteurs, E. Wichcrt, Ad. Wilbrandt, Paul Lindau ont produit quelques comédies originales.
— Iconogr. Thalie, Muse de la comédie, était représentée parles artistes de l'antiquité sous les traits d'une jeune tille souriante, couronnée de lierre, chaussée do brodequins, et tenant un masque sconique à la main. (V. Thai-ie.) On voit au musée Pie-Clémeniin un hermès colossal, provenant de la villa Adriana (Tivoli), que le catalogue désigne comme une figure symbolique do la Comédie. Les artistes modernes ne se sont guère écartés des données de l'art antique. Le peintre Nicolas Vleughels a représenté la Comédie sous la figure d'une femme assise, tenant d'une main un masque, et s'appuyant de l'autre sur les ouvrages de'Ménandre et d'Aristophane.
Un bas-relief en pierre, d'Edme Dumont, dans la cour du Louvre, nous la montre couronnée de lierre, et ayant pour attributs le masque satirique, un bâton pastoral et un tambourin. Dans une autre sculpture du Louvre, exécutée par Matte, elle tient un miroir, emblème de sa fidélité à reproduire les mœurs. On connaît la Comédie sérieus-s ©t la Comédie enjouée, figures de marbre dont Pradier a décoré les angles de la fontaine Molière, à Paris. Parmi les œuvres d'une date récente, rappelons une statue en marbre exécutée par Duret pour le Théâtre-Français, exposée au Salon de 1857 ; un bas-relief de l'escalier d'honneur du même théâtre, par Leharivel-Durocher ; une statue en marbre par Thomas ; une autre par Duret, également au Théâtre-Français ; une statue en plâtre de Schœnewerk (1864) ; un bas-relief exécuté par Jules Girard au nouvel Opéra (1867) ; une statue {la Muse comique) sculptée en pierre par Chatrousse pour le théâtre du Châtelet. Des peintures de Baudry, de Jobbé-Duval, de Maillot, dans divers théâtres de Paris, représentent la Comédie.
— Mus. Comédie-ballet. La comédie-ballet était, comme son nom l'indique, une comédie entremêlée d'intermèdes et de divertissements de danse. Molière, on le sait, en a écrit un grand nombre : les Fâcheux, Alonsieur de Pourceaugneic, les Amrants magnifiques , l'Amour médecin, le Bourgeois gentilfiomme, la Princesse d'Elide, le Sicilien, Psyché, le Malade imaginaire. Deux ouvrages de l'ancien répertoire de l'Opéra : le Carnaval et la Folie, de Destouches ; l'Opéra de société, de Giraud ; la Vénitienne, de Dauvergne, prenaient cette qualilication, qui indiquait que ces ouvrages procédaient du genre comique et que la danse y occupait une place importante.
Comédie à ariettes. On appelait « comédies à ariettes n, dans leur origine, tous les ouvrages entremêlés de dialogue parlé et do musique nouvelle auxquels on donne aujourd'hui le nom d" « opéras-comiques ». On ne quali fiait alors d'opéras-comiques que les parodies d'opéras ou simplement les vaudevilles. Tous les ouvrages dont Duni, Laruette, Philidor, Monsigny, Grétry et les compositeurs, leurs contemporains, ont écrit la musique, parurent devant le public sous la qualification de « comédies à ariettes o.
Comédie lyrique. Au xvni* siècle, on a donné parfois la qualification de ■ comédie lyrique y à certaines pièces « à ariettes » du genre do celles désignées aujourd'hui sous le nom d' « opéras-comiques ■. Ce titre de « comédie lyrique » , dont la précision ne laisse rien à désirer, était a'aiileurs beaucoup plus naturel, plus caractéristique, plus rationnel, enfin, que ce dernier, et l'on peut regreiiL-r qa'il n'ait pas prévalu. Il arriva aussi qu'à 1 Opéra mémo, pour distinguer certains ouvrages qui s'écartaient du genre dramatique habituel à ce théâtre, on leur donnait cette qualification de comédie lyrique. On peut citer, sous ce rapport, tes Amours de Hagonde, de Mouret; Colinette à la cour, Panurqe dans l'ilé des Lanternes et l'Embarras des richesses, de Grétry; les Pommiers et le moulin, et les Prétendus, de Lcmoyno; le Portrait ou la Divinité du sauvage, do Champein ; (' Heureux Stratagème, do Jadin ; etc.
Comédie-Française, Nom officiel du Théâtre-Français, qu'on appelle souvent aussi le Français. La Comédie-Française, située actuellement dans une dépendance du Palais-Roval. date do 1680, époque à laouelle. par ordre du roi Louis XIV, la troupe de l'hôtel oo Bourgopie 80 réunit à celle du théâtre Guénégaud, rue Ma/arine ; par suite de cette fusion et do la suppression du théâtre du Marais, il n'exista plus à Paris que ce seul théâtre, recevant une subvention royale de 12.000 livres. Les acteurs et actrices étaient au nombre de vingt-sept, pa/mi lesquels brillaient la Champmeslé, Baron, Hautc- Toche et Poisson. De la rue Guénégaud, la Comédie- Française se transporta, en 1687, dans une salle de jeu do paume, rue des Fossés-Saint-GermaÏD-des-Prés (actuelle- (uent rue de l'Ancienne-Comédie), où elle resta jus-
qu'en 1770. C'est là, en face du café Procope, que furent représentées presque toutes les tragédies de Voltaire, que brillèrent Lekain, M"' Clairon, Adrienne Lecouvreur. En 1771, la Comédie-Française se transporta au Tuileries, dans la salle de théâtre qui devint plus tard la salle tragique de la Convention ; en 1782, elle s'installait dans la salie, construite pour elle, sur l'emplacement de l'hôtel do Coudé, qui, rebâtie, est devenue l'Odéon. Là fut joué le Mariage de Figaro; elle y resta durant toute la
La Comédie de Duret.
Théâtre de la Coniédie-Fiançaise.
Révolution et c'est là que débuta Talma, que jouèrent Dazincourt, Fleury, Saint-Phal, M""" Raucourt, Contât, Suin, Thônard. etc. Une scission ayant eu lieu en 1792, le personnel de la Comédie-Française se dispersa; elle ne fut reconstituée qu'en 1802, dans le local qu'elle occupe actuellement au Palais-Royal, et avec une subvention de 100.000 francs. Cette scène, devenue la première du monde, a été illustrée par Talma, Ligier, Provost, Beauvallet, Régnier, Got, Brindeau, Brossant, Mounet-Sully, Coquelin, etc.; par M"'* Mars, Georges et Duchesnoy*; par Rachel, la reine de la tragédie, par Agar, Augustine Brohan, Sarah Bernhardt. Bartct, etc. Depuis la Révolution, les administrateurs de la Comédie-Française ont été Mahérault, Bernard, Papillon de La Ferté, Chéron,'le baron Taylor, Buloz, Lockroy, Edmond .Séveste, Arsène Houssaye, Empis, Edouard Thierry, Emile Perrin, Jules Clarctie.
Le 8 mars 1900, un incendie détruisit une partie de la Comédie-Française ; mais les œuvres d'art et les archives furent sauvées.
Comédie-Italienne. Diverses troupes de comédiens italiens avaient été appelées en France par Henri III, Henri IV, Mazarin, et y avaient fait d'assez longs séjours, sans se fixer définitivement à Paris, lorsque l'une d'elles obtint, vers 1659. déjouer à l'hôtel de Bourgogne, rue Mauconseil, alternativement avec les comédiens français; sur le théâtre du Petit-Bourbon, avec la troupe de Molière, et ensuite sur le théâtre du Palais-Royal. Lors de la réunion de tous les comédiens français à la salle Guénégaud, en 1680, les Italiens se trouvèrent seuls possesseurs du théâtre de Bourgogne, oii ils continuèrent de représenter avec beaucoup de succès jusqu'en 1697 des farces dont les principaux personnages étaient Arlequin, Pantalon, Scapin, Beltrame, le Capitan, Scaramouche, Mezzetin, Polichinelle, Pierrot, le Docteur, etc.
Une pièce satirique dirigée contre M"" do Maintenon fit fermer leur théâtre pendant dix-neuf ans. De 1716 à la Révolution, la Comédie-Italienne fournit encore une longue carrière, jusqu'au jour où lesarlequinades étant démodées elle fusionna avec l'Opéra-Comique (1762). Les acteurs et les actrices qui brillèrent durant ces diverses périodes furent : Isabelle Andreini, Francesco, son mari, Lelio, leur fils, le fameux Dominique, que prisait tant Louis XIV, Fiurclli, célèbre dans le rôle de Scaramouche, vSpezzafer, Constantini, dit Mezzetin, Riccoboni, Carliu, etc.
Comédie enfantine (la), par Louis Ratisbonne (l86i). Charmant recueil do poésies et do fables, où l'auteur, avec le cœur d'un père et le talent d'un homme d'esprit, fait quelquefois parler, suivant l'usage, les bêtes et les choses, mais nous montre surtout, pris sur le vif, des enfants, tantôt dans le comique, tantôt dans l'ingénuité charmeresse de leur âge. Récits et dialogues sont courts, d'une simplicité élégante, d'une morale très claire.
Comédie bumalne (la), par Honoré de Balzac. Tc\ est le titre sous lequel Balzac prétendit grouper la plus grande partie de ses romans. Co titre parut pour la première fois dans l'édition de 1842 ; mais, dès 1833, l'auteur en avait conçu la première idée et en avait arrêté les principales divisions. La Comédie humaine , écrite de 1829 à 1859, comprend : Scèties de la vie privée (le Colonel Chabert, le Contrat de mariage) ; Scènes de la vie de province (le Curé de Tours, Eugénie Grandet, illusions perdues, le Lys de ta vallée, Ursule Mirouet): Scènes de la vie parisienne (César Birotteau) ; Scènes de la vie militaire; Scènes de la vie de campagne (le Curé de village, les Paysans) ; Scènes de la vie politique, Etudes philosophiques (la Recherche de l'absolu) ; Etudes analytiques.
Balzac mourut sans avoir pu composer un certain nombre d'œuvres dont il avait marqué la place dans co plan. La Comédie humaine est l'œuvre principale et le véritable titre de gloire de Balzac : œuvre immense qui atteste l'inépuisable fécondité de son génie. Son but, en écrivant ces nombreux volumes qui se succédèrent avec une régularité étonnante, fut de peindre l'homme tel qu'il s'offrait à ses regards sous la monarchie do Juillet. Doué d'une immense puissance d'observation, Balzac décrit avec une frappante vérité ses contemporains. Aussi n'est-ce pas sans raison que l'on a rapproché ses romans de ceux de Walter Scott. Il a su, en ert'et, faire revivre dans son œuvre l'histoire de la génération à laquelle il appartient. Cependant, ceux qu'il met presque exclusivement on scène, ce sont les petits bourgeois, qui forment la classe moyenne do la société. Il nous les montre aux prises avec les difficultés do la vie moderne, dont il avait fait lui-même une dure expérience. Leurs passions, leurs ambitions, leurs vices sont reproduits avec une fidélité ■ étonnante et sous mille aspects divers. « Ses marchands, SCS gens de justice, ses étudiants, ses rentiers, ses petits propriétaires, dit E. Faguot, ses journalistes, ses petits artistes (les grands sont moins bien vus), ses comédiens et coméaiennos, ses gens do province, bourgeois, dcmïhourgeols, hobereaux sont excellents, dignes d'Ôtre 6tu-
diés par la postérité et forment le tableau le plus vif d'une société qui ait paru depuis La Bruyère. »
C'est qu'en effet Balzac ne se contente pas de peindre les individus : il les replace dans le milieu où ils ont vécu ; il se complaît dans la description des maisons, des intérieurs, des meubles ; il s'y attarde quelquefois, au risque de nous lasser, puis il nous décrit les hommes avec lesquels ses héros sont en relation, il les classe par catégories, par espèces, et, grâce à la puissance de son génie, les anime tous d'un souffle si puissant qu'on croit en quelque sorte les voir vivre sous nos yeux.
Aussi se plaît-on, de nos jours, à saluer en Balzac le créateur du roman réaliste, tel quo l'écriront ses deux illustres successeurs, Flaubert et Maupassant. Sans doute, le réalisme de Balzac n'est pas absolu : son imagination l'entraîne quelquefois au delà de la vérité et de la vraisemblance; d'autres fois, son manque de goût le fait descendre jusqu'à la brutalité ; mais il eut, du moins, le mérite de rouvrir la voie au vrai et au naturel dont les romantiques s'étaient trop écartés. Ajoutons que nul mieux que lui n'a su animer un caractère ; cependant, il no considère le plus souvent qu'une des faces de l'âme humaine,au lieu d'en montrer la complexité. Ainsi, Rubempro représente la vanité, le baron Hulot la luxure, le père Grandet l'avarice, et Rastignac l'ambition. Il en résulte une puissance et un relief étonnants, que l'extrême irrégularité du style fait encore ressortir. Et c'est là, selon nous, le véritable mérite do ce style, si vivement attaqué. Admettons, si l'on veut, que Balzac abuse des descriptions, des généalogies, des inventaires, qu'il écrit mal toutes les fois qu'il se pique d'écrire. Mais remarquons aussi quo ce souci l'a rarement préoccupé et que, entraîné par son sujet, il a rendu avec une vérité saisissante la physionomie, la succession et le mouvement même de la vie de ses contemporains.
— Pour la bibliographie, v. l'article Balzac. Comédie (la Divink). V. Divine Comédie (la). Com^édies et Proverbes, par Alfred de Musset. Ces
pièces (dont les principales se retrouveront à leur titre) ont paruàdirt'érentes dates dans la "Revue des Deux Mondes», et n'ont pas été écrites pour être jouées. Elles ont pourtant été représentées à Saint-Pétersbourg d'abord, puis à Paris, dès 1847. — Les Comédies et Proverbes offrent un mélange unique d'esprit et de fantaisie, qui fait songer à la fois â Marivaux et à Shakspeare. Une atmosphère de poésie y est répandue, pleine d'une rêverie mélancolique et légère. Et en même temps s'y joue avec aisance une plaisanterie élégante, impertinente, qui se plaît parfois à de fines caricatures. L'inspiration en est éminemment lyrique et personnelle. Dans tous les héros, c'est toujours Musset qu'on reconnaît, analysant ses sentiments et glorifiant l'amour.
COMÉDIEN, ENNE [di-in, en") n. Personne dont la profession est de jouer des comédies ou d'autres pièces sur un théâtre public : La condition des comédiens était infâme chez les Romains et honorable chez les Grecs. (Trév.) il Comédiens français. Comédiens du roi, Ancienne troupe du premier Théâtre-Français, ii Comédiens italiens, Acteurs du Théâtre-Italien, qui s'appelaient aussi les comédiens du roi. Il Comédiens praticiens, Marionnettes en bois établies à la foire Saint-Germain vers 1749. (Elles étaient appelées de ce nom parce que leur directeur Levasseur, qui faisait mouvoir et parler Polichinelle, avait dans la bouche une pratiaue en fer-blanc.)
— Fig. Personne qui sait prendre tous les masques, jouer tous les rôles; hypocrite : Que de comédiens sur la scène du monde!
■— adj. Affecté, qui a ou se donne de fausses apparences : Les trois quarts des femmes sont comédiennes. Avoir des rnanières comëdiknnes.
— PROV. : Tous les comédiens ne sont pas au théâtre, On rencontre partout des gens qui cherchent à tromper par les dehors qu'ils affectent.
— Syn. Comédien, acteur. 'V. actkur.
— EncVCL. V. ACTKUR.
Comédien (Paradoxe sur le), dialogue en prose de Diderot (1770). — L'art dramatique était un des sujets sur lesquels Diderot aimait le mieux à s'étendre ; il voulait régénérer le théâtre, et c'est le motif qui le poussa à écrire ce petit ouvrage, dans lequel il a tracé au courant de la plume d'ingénieux aperçus sur l'art du comédien. Le principal paradoxe qu'il y expose, c'est que l'acteur est un être à part, qu'il se dédouble et n'éprouve en lui-même aucune des émotions qu'il fait éprouver au public.
COMÉDISTE {disst') n. m. Auteur de comédies.
COMÉDON (du lat. come.dere, manger) n. m. Petit cylindre vermiforme, sébacé, â sommet noirâtre, qu'on fait sortir par pression de la peau du nez, des joues et du front, chez quelques personnes, et qu'on prenait autrefois pour des vers qui rongeaient la peau.
— Encycl. Les comédons, qui ont donné lieu à l'expression tirer les vers du nez, sont des follicules pileux malades, enflammés, où se sont accumulées des cellules épithéliales et dos granulations graisseuses. Au centre, on trouve un ou plusieurs poils. On y rencontre diverses espèces d'acares des follicules.
COMEIRAS ( Victor Delpech de), écrivain français, abbé de Sylvanès, né à Saint-Hippolyte (Gard) on 1733, mort à Paris en 1805, a publié, entre autres ouvrages : les tomes XXII à XXXII de V Abrégé de V Histoire générale des voyages (Paris, 1799) ; Histoire politique et raisonnée du consulat 7'omain (1801); Abrégé de l'histoire générale des voyages (1803-1805); etc.
COMELICO-INFERIOBE, comm. d'Italie ("Vénétie (prov. de Bellune]), sur le Padola, affl. de la Piave ; 2.500 hab.
GOMEUCO-SUPERIORE, comm. d'Italie (Vénétie [prov. de Bellune]), sur lo Padola, affl. do la Piavo ; 4.500 hab.
GOMELLE (La), comm. de Saône-et-Loiro, arrond. et à 19 kilom. d'Autun, au penchant de la colline do la Garde; 1.003 hab. Mine de schiste.
COMÉNAMATE n. m. Sel dérivant de l'acide coménamiquo.
' COMÉNAMIQUE adj. Se dit d'un acide C*H*AzO', qui se présente en lablos incolores, effloresrnntes dans l'air sec, et qu'on obtient en chaufl'ant pendant deux jours un mélange d'ammoniaque et d'acide coménique.
COMÉNATE n. m. Sel dérivant de l'acide coménique.
COMÉNIQUE (ana^i-ammo de nit'cnnitjue) a<lj. So tlil d'un aculo C'H'U', que l'on obtient on faisant bouillir l'aciiie niéeonitiuo avtu! do lacido chlorliydriiiue. Il On dit aussi
MKLAMKCONWUE, Ot l'ARAMKLIQUK.
COMENXUS (Joan-Aïuûs Komknsky, connu sous son nom latiniste do), podagoy;uo slavo, n6 on iriyi, à Niwnitz I Moravie), mort à Amsterdam on 1671. 11 aiii>artonait à la communautti dos Fn^res moravos, oi so destinait à i^lro pasteur do l'otto secto dissidente. Pour s'y pri>paror, il alla étudier aux universités do Horborn (Nassau) et de Hoidelborg, et voyagi^a on Hollande, peut-6tre on Aiiploterro. Rentré on Boli(>ino on I6i-i, il composa son premior ouvrage : Urammalicr facihoris prœcepta (Prague, 16lti|. Au milieu des tribulations que la guerre de Trente ans apporta aux Frères moravos, il écrivit la Didactica mayna, qui resta manuscrite jusqu'en 18 U. Comenius écrivit, en ichéquo et en allemand, le Guide des écoles iitalerneUes U Intormatorium der Muiter-Schule »), puis, sous le titre de Sc/iola matenii gremii (» l'Ecole sur les genoux do la mère «), il mit ses doctrines en action. En 1631, parut le premier do ses grands ouvrages : Jajuia linguanim reserata (« Porte ouverte des langues «), puis, en 1633, Januse lintjuarum i'e5/iôi(/«m(" Vestibule de la porte des langues»), qui servait d'introduction au premier ouvrage.
La réputation de Comenius lo rit appeler, en 1641, par le parlement anglais à l'etfet de réformer les écoles. En 1642, il accepta les offres de Louis de Geer, gentilhomme suédois, pour travailler aussi à la réforme de l'enseignement dans son pays. Puis il s'occupa de son diocèse de Lissa, car il était évêque morave de cotte ville, et, en 1050, plus pédagogue que pasteur, il alla fonder à Sarospatak un gymnase modèle, sous les auspices de Sigismorid Hakoczy, prince de Transylvanie, et écrivit VOrbis piclus. encyclopédie en images, qui fut imprimée à Nuremberg en 1658. En 1656, les catnoliqucs polonais ayant saccagé Lissa, il dut reprendre le chemin de i'exil, et il se rendit à Amsterdam, où il publia une édition complète do ses œuvres didactiques. Comme pédagogue, Comenius devança de beaucoup son temps. Plusieurs de ses principes se retrouvent dans la [lédagogie moderne.
GOMÉPHORE n. m. Genre de poissons acanthoptères, famille des gobiidés, comprenant une seule espèce du lac Baïkal.àcorps
aplati, à grosso .,^^, .^-^^^t*^^
tôto comprimée, à nageoire dorsale mu- * " '^^îêHtJ """^^iâ^ nie de longs ^^^^^^^v*»*^ filaments.
— ËNCYCL. Coméphore.
Le comephorus
Baikalensis est un curieux poisson découvert en 1770, écboué au bord du Baïkal, où on ne le pêche jamais vivant, mais dont les rivages en sont quelquefois couverts par places après les tempêtes. Cet habitant des grands fonds est tellement huileux, qu'on ne peut le manger; les indigènes le font bouillir et en tirent une huile qui se débite en Chine.
GOMERCOLLY. ville de l'Inde anglaise (Bengale [prov. de Calcutta]), non loin du Gange, sur son sous-affluent la Garaï; 6.040 hab. Ancienne factorerie de la Compagnie dec Indes-Onen taies.
GOMERRE (Léon-François), peintre français, né àTrélon (Nord) en 1850, élève de Cabanel. Il remporta, en 1875, le prix de Rome; le sujet du concours était : l'Ange a7inonçant aux bergers la naissance du Christ. Samson et Dalila, peinture exposée en 1881, lui valut une médaille de 2' classe, et fut achetée par sa ville natale; Albine morte et une Etoile (1882) [cette dernière toilo eut un grand succès] ; Silène et les Bacchantes ; Portrait de M^'" Achille Fould, en japonaise rose et or sur fond rose (1883) ; Madeleine ; Pierrot, etfet de blanc sur blanc qui fut très remarqué (1884) ; deux Portraits de femme (1885); l'Eté et l'Automne, panneaux décoratifs pour la mairie du IV arrondissement do Paris (1886); etc.
GoMES (Naialis), littérateur italien. V. Conti (Noél).
COMESPERME [sp^^rm') n. m. Genre do polygalacéos, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent au Brésil ou en Australie, il On dit aussi comospermk.
COMESSATION {im'-sa-si-on — lat. comessalio ; do cum, avec, et edere, supin esum, manger) n. f. Grand festin, débauche de taldu. [^Vieux.)
COMESTEUR {mè-steur — rad. comestion) n. m. Gourmand ; grand mangeur, ii Dissipateur. (Inus.)
COMESTIBILITÉ [mè-sti) n. f. Caractère de ce qui est
cuiiwstiltli'.
COMESTIBLE {mf>-stibl' — du lat. comestum^ supin do coiitedere, manger) adj. Qui peut so manger, qui est pro[>ro à l'alimentation. (Ne so dit que des aliments do l'homme) : Denrées comkstiblbs. Champignons combstibi.es.
— n. m. : Magasiji de comkstihlks. h Colloctiv. Ensemble dos substances consacrées à l'alimentation : L'inspection
du COMKSTini.K.
— Anton, immangeable, vénéneux.
COMESTION {mè-sti-on — lai, comestio ; do comedere, sujiin comestum, manger) u. m. Action do manger. ^Pou
usité.)
GOMESTOR (Pierre), ou le Mangeur, ainsi nommé de sa iirudigiouso avidité de lecture; tliéologien français, né ù Troyes, mort à Paris on U'JB. Il devint directeur do l'écolo do théologie de Paris ot écrivit un abrégé do l'histoire sainte avec commentaires, Scliolastica historia, dont lo succès fut prodigieux. Imprimé pour la première fois à Utrecht (1473) ot souvent réédité, u a été traduit en français, on H94, par Guyard des Moulins, sous lo tilro de lu liiblc historiée.
COMÉTAIRE (f'V) adj. Qui concerne los comètes, qui appartient aux comètes : Ellipse coMfÏTAmK. Système co- MKTAiRK. Clairaxtt ouvrit une ère nouvelle pour l'astronomie coMÉTAiRK. (Arago.)
COMÈTE (lat. rometa; gr. komètês, do komê, chevelure) n. aiij. fém., autrof. masc. Astron. Astre errant, décrivant autour du soloil une ellipse très allungéo, ot qui est, le plus souvent, accompagné d'un appendice lumin4Mix
appelé qurue.
— Fam, Brancard couvert, sur lequel ou porto au cimotièro los corpH doa petits (.'nfaulii.
— Arg. Vagabond (à cause do ses habitudes errantes). Il Individu fjui est considéré par les iouours comme portant la déveiDO. Il Tirer des plans sur la comi'te. S'ingénier à trouver un moyen de réussir à quelque cho.se.
— Blas. Figure héraldique en forme d'étoile à huit rais, dont un, toujours inférieur, beaucoup plus long (ordinairoment trois fois la longueur des autres rais}, est ondulé, forme une queue. [Kilo peut être en bande, en barre, en pal (sa liosition la plus fréquente), versée, contournée, etc.]
— Comm. Ruban étroit et satiné, qui a beaucoup d'apprôt. il Vin de la comète, Vin do la récolte de 1811, année remarquable par l'excellence des vins, aussi bien que par l'apparition d'une célèbre comète.
— Jeux. Le jeu de la comète est un D'argent à, une jeu de cartes très complifjué : il exige comôle de pourpre, â la fois beaucoup d'intelligence et une
grande mémoire. (Il a été inventé sous Louis XV et a joui 'ongtemps d'une grande vogue. Ce jeu a été complètement abandonné. On l'a remplacé par lo nain jaune.)
— Pyrotechn. Sorte de fusée volante, laissant derrière elle uno traînée lumineuse.
— Encycl. Les comètes {astres chevelus) sont généralement télescopiques ; à peine si un dizième d'entre elles sont visibles à l'œil nu. En tout cas, elles se composent d'une tête et d'une queue : dans la tf'te, le noyau A, d'asp.oct stellaire, où parait condensée la masse de la comète et la chevelure B, dont l'éclat va en diminuant vers la périphérie. La queue C est nébuleuse, parfois très longue : colle de la comète de 1843 atteignait deux fois la distance de la Terre au Soleil; elle semble formée do matière très subtile, laissant transparaître los étoiles les plus faibles sans faire dévier les rayons lumineux. Enlîn, le spectre lumineux de toutes les comètes présente un caractère commun ; continu avec trois bandes brillantes principales, il indique dans l'astre la présence d'hydrocarbures gazeux, rendus lumineux par la chaleur ou l'étincelle électrique; et parfois la présence de raies de Fraunhofer prouve que l'éclat est dû, en partie, à la lumière solaire réfléchie.
La queue de la comète est constamment opposée au Soleil S, comme si un souffle, émanant de celui-ci, rejetait à l'opposé les particules les plus ténues de la comète. Depuis Newton, la première hypothèse d'une force répulsive issue du Soleil pour former la queue a été faite par Brandès, magistralement développée par Bossel et perfectionnée encore par Pape, Vinnecke, Bredic- / \ kin. Sans se préoccuper de quel- ,' que s faibles queues anormales •' \ tournées vers le Soleil, on peut,
avec Bessel, donner une origine électrique aux forces qui président aux phénomènes cométaires; cependant, pour expliquer la formation des appendices et les mouvements pendulaires constatés dans quelques comètes, on peut, avec Norton, Gall, Marcuse, etc., les assimiler à ceux de l'aiguille aimantée et faire intervenir simultanément l'électricité et le magnétisme.
Newton, en cherchant, à l'inverse de Kepler, la détermination de la courbe décrite par un astre soumis à l'attraction du Soleil, constata que ce pouvait être une ellipse quelconque, très allongée, même une parabole. D'ailleurs, il imagina do calculer une orbite paraoolique plus simple, assimilable à l'ellipse allongée, lorsque la comôto vient près du Soleil, au sommet do sa trajectoire, dit périhélie ; ses vues furent confirmées à l'apparition de la comète de 1680, observée sur un premier arc, perdue dans les rayons du Soleil, et retrouvée sur un autre arc de la mémo parabole. Newton recommanda do calculer alors les éléments des comètes observées ; si l'on peut alors constater qu'une nouvelle comète suit la même route qu'une ancienne, elles seront toutes deux identiques et l'intervalle dos doux apparitions donnera la durée do la révolution sidérale. C'est ce que fit Halley, qui put identifier ainsi la comète apparue on 1682, et déterminer sa période de soixante-seize ans ; son mouvement est rétrograde, elle peut s'approcher du Soleil plus que Vénus ot s'en écarter plus que Neptune.
Jusque-là, on no savait guère utiliser les nombreuses observations sans faire un choix arbitraire; c'est à Messior, rinfatigablo chercheur de comètes, que l'on doit la première comôto à courte période (1770, Lexell) et, sur los beaux calculs de Lexell, Laplaco fonda son immortelle théorie de la capture des comètes, traitée seulement dans toute sa généralité par Tisserand ot Callandroau. Cette comôto a été perdue depuis, malgré les recherches do Loverrior, Chandlor, Hadau, etc. Enfin, avec Olbers et Gauss, on peut calculer rapidement los orbites : en 1815, la comète d'Olbers, reconnue tout de suite comme elliptique, familiarise avec l'idée do courtes périodes do révolution dans los comètes à mouvement direct.
La comète d'Encke, à courte période, n'arrive jamais assez près do Jupiter i>our expliquer la singularité de son orbito; Encko admit rintorvoniion d'autres forces que celles do la gravitation, et cet astre a déterminé los belles roc h orclios de do Aston et Backtund.
La comète Brorsen a également donné lieu aux plus intéressants travaux.
Si elles no peuvent plus être considérées comme do mauvais augure, les comètes, dans lo système solaire, no présentent |ias riiannonie dos planètes ; ta tig. I, montrant les trajoctoires do quol(|UosunoH, à, faibles inctinai.sons, montre l'oni'linvAtremonC dos orbites et la variété du sons do rotation. Los planôlos subissont do faibles déformatious »uus liutluonoo du Soloil,
COMÉNIOUE — COMÈTE
car leurs excentricités sont faibles, c'est-à-dire leur distance au Soloil, presque constante,. et leur grande masse, avec forio densité, leur fait occuper un petit esi)ace. C'est tout le contraire pour les comètes : ainsi, celle de 1843 est vouuo rusor la surface .solairo à une distance inférieure à
Diffrrents aspccla do la comète Pona. au voieinfifn' dp sr^n p.isaa^e au périhélie.
1/6 du rayon du Soleil. On s'explique, alors, les variations, parfois très rapides d'aspect et de coloration ; les déformations les plus importantes ont lieu près du périhélie : elles peuvent avoir plusieurs queues et même, comme les comètes Biela (1882), Brooks (1889), se séparer en plusieurs noyaux, parfois en une infinité de petites parties formant un essaim de matériaux cométaires, origine possible d'une pluie d'étoiles filantes (Biela).
La comète se disperse en fusant pour ainsi dire par les deux bouts; parfois encore, comme dans la comète de Donati, le noyau peut intercepter le passage des molécules chassées f>ar le Soleil et aisse derrière soi une traînée obscure.
Par l'explication du beau critérium de Tisserand, on constate do plus en plus, parmi les comètes à courte période, l'existence do groupes (|ui paraissent provenir do la désagrégation des comètes dans lo voisinage do Jupiter; après Kocho . chandlor, Luc Picart, Callandroau a pu apprécier, d'une manière générale, l'influence de la trajectoire décrite par lo noyau, et mesurer, en quelque sorte, l'i'ienilue de la sphère do stabilité do la comète aux difl'orents points de son orbito.
Si les idées do Kant sur los excentricités n'ont pas été vérifiées par los découvertes d'Uranus ot do Nepiuuo, il admettait bien, au point do vue cosmogoniquo, que los comètes, appartenant au système solairo, se sont formées, comme les planètes, ù une grande distance ot dans un nïiliou raréfié, permettant la grande inclinaison il'un mou-
Traïmîc ubscurc derrière lo nyyaii-
ConiiVto do lâBl.
vomont très oxcontriquo; la volatilité m<^mn do cotto «lalière détorniiiio la chevelure et la queue. Do mémo, les vapeurs terrestres légères, chassées de réi|uauMir par la
chaleur, iront ho rassembler aux polos on aurores boréales is noml)r<
aslro chevelu.
et, plus nombreuses, donneront
J)ôlos L la
Torro l'aspect U'uu
La nébulouso do Laplaco, ollipsoldnlo ot lioiitéo quand lu foroo coutrifugo détruit l'attructiou cootralo, no pouvait
D'argrent à une étoile
d azur de huit rais
comêlée.
COMÉTÉ — COMIQUE
engendrer que des orbes circulaires; mais, pour lui, les comèies, parvenant dans notre système qui leur est étranger, décrivent des spirales autour des planètes en formation, viennent se fondre avec elles en détruisant la régularité de leurs orbites. L'origine des comètes, étrangère au svstème solaire, est peut-être l'opinion la plus accréditée" et la plus conforme aux travaux de Leverrier ; cependant, la théorie la plus complète est due à Schiaparelli, qui conclut que, sans appartenir directement peut-être au système solaire, au moins les comètes ont dû, dès l'origine, accompagner le Soleil dans sa course, animées de vitesses à peu près égales à la sienne.
Comètes (Lettre sur les), par Pierre Bayle. — Dans cet ouvrage, publié en 1682 à l'occasion de la comète de 1680, et qui avait pour objet de prouver que ces météores ne peuvent avoir aucune influence ni morale ni physique sur notre globe, l'auteur se donne la liberté d'aborder toutes les questions de métaphysique, de morale, de théologie, d'histoire et de politique. Il y soutient ces deu.v thèses, singulièrement hardies pour l'époque : nn athée peut être un honnête homme , et une société d'athées pourrait exister; l'âme déchoit moms par l'athéisme que par l'idolâtrie et la superstition.
COMÉTÉ, ÉE adj. Se dit de toute pièce héraldique dont une branche est semblable à une queue de comète. (Pour les astres, ce mot est synon. de caudé.)
— n. m. ; Le comété est l'attribut de toute pièce dont les branches ressemblent à la queue d'une comète.
(G. de Genouillac.)
COMÈTES {têss — du gr. komètês, chevelu) n. m. Genre de paronychiées, comprenant des herbes annuelles qui croissent dans les plaines de l'Asie et de l'Afrique tropicale.
COMÉTHO. Myth. gr. Fille de Ptérélaos, roi des Téléboens. (Devenue amoureuse d'Amphitryon, qui assiégeait Taphos, elle trahit Ptérélaos en lui coupant le cheveu d'or dont dépendait sa destinée, et livra la ville à l'ennemi. Amphitrvon, indigné de cette perfldie, la fit mettre à mort.) — Prêtresse d'Artémis Triclarie. (Elle fut frappée de mort subite au pied de l'autel de la déesse, ainsi que Méla- DÏppe de Patras, qui lui avait fait violence dans le temple même. Une effroyable épidémie s'ensuivit ; sur l'ordre de l'oracle, les habitants dos trois villes d'Aroé, d'Anthée et de Messatis instituèrent les triclaries, fête dans laquelle on immolait à Artémis un jeune homme et une jeune fille de Patras. Cet usage barbare fut aboli par Eurypyle.)
COMETIA (si) n. m. Genre d'euphorbiacées, tribu des phyllanthées, renfermant des arbustes glabres de Madagascar.
COMÉTOCORE (de comète, et du gr. korê, pupille) n. f. Pupille qui présente l'apparence d'une comète, par suite de la division de l'iris.
COMÉTOGRAPHE (de comète, et du gr. graphein, écrire) n. m. Astronome qui a écrit des ouvrages spéciaux sur les comètes. (Vieux.)
COMÉTOGRAPHIE (rad. cométographe) n. f. Science qui traite des comètes. Il On dit aussi, dans le même sens,
COMÉTOLOGIK.
COMÉTOGRAPHIQUE adj. Qui a rapport à la cométographie. ii Ou dit aussi cometologique.
COMETTANT (Jean-Pierre-Oscar), musicien et écrivain français, né à Bordeaux en 1819, mort à MontiviUiors en 1898," fut élève d'Elwart et de Carafa au Conservatoire; après quoi, il se livra à l'enseignement musical, à la composition et à la littérature. Un voyage qu'il fit en Amérique lui donna l'idée de son premi'er livre : Trois ans aux Etats-Unis (1857). Il publia successivement : le Nouveau Monde (1861); les Cimlisations inconnues (1863); l'Amérique telle qu'elle est (1864) ; te Danemark tel qu'il est (1865); Voyage pittoresque et anecdotique aux Etats- UtIs d'Amérique (1865); De haut en bas, impressions pyrénéennes (1868); Histoire d'un inventeur au xviii" siècle [Adolphe Sax] (1860); Musique et musiciens (1862); la Propriété intellectuelle (1857); la Musique, les Musiciens et le< Instruments de musique chez les différents peuples du monde (1869); etc. Comettant a tenu pendant plusieurs années le feuilleton musical du « Siècle », et a collaboré à un grand nombre de journaux de musique. Comme compositeur, il a publié de nombreuses romances, des morceaux de genre pour piano, trois recueils d'études pour cet instrument, des morceaux religieux, des chœurs, etc.
COMQAIX (saint). Hist. relig. V. Congal.
COMICES fdu lat. comitium; de cum, avec, et ire, aller) n. m. pi. Antiq. rom. Assemblée du peuple, pour les affaires dont il avait la décision : comices curiates ou par curies, comices par centuries, comices par tribus : L'ouverture des coMicES ne se faisait jamais à Rome sans que l'on eût pris les auspices. (Machiavel.) Il Champ des comices. Champ do Mars, oil se tenaient les comices, il Sing. Un COMICE.
— Par anal. Réunion des électeurs pour nommer les membres des assemblées délibérantes, etc. : La France vient de se réunir dans ses comices.
— Par cxt. Réunion dans laquelle des individus exerçant une même industrie délibèrent ensemble sur des questions relatives â cette industrie, ou délivrent des récompenses : Comices agricoles. Comices industriels.
— Encycl. Hist. rom. Les assemblées du peuple à Rome * ont été constituées par curies, par centuries et par tribus.
I^es réunions étaient appelées contiones ou comitia. Dans la contio, on délibérait sans voter ; dans les comices, on votait. I.,os comices no pouvaient être réunis que certains jours Idies comilialis) déterminés par les pontifes. On consultait les auspices avant la séance, et celle-ci était remise si les auspices étaient défavorables. Le vote, d'abord public, devint secret au vu" siècle do Rome.
I« Comices par curies. Ils étaient constitués par les trente curies qui éuient les divisions de la cité. Les plébéiens étaient probablement exclus do ces assemblées; en tout cas, la prépondérance y appartenait aux patriciens. Los comitia cunata se réunissaient au Comitium, qui était nne partie du Borum. Lo vote se faisait curialim (par curie) ot, dans chaque curie, viritim (par homme). Los principales
attributions des comices curiates étaient de confirmer les | lois votées par le sénat [leges curintie), de décider do la guerre, d'élire le roi, et de lui couférc- l'imperium; ils accordaient et retiraient le droit de cité, et statuaient sur les abrogations. Enfin, les testaments se faisaient devant les comices {calatis comitiis).
2» Comices par centuries. Cette forme d'assemblée a eu pour base la division des citoyens en classes et en centuries. CV. cens, et centurie.) Quoique comprenant l'ensemble des citoyens, cette assemblée fut, au début, aristocratique. Chaque centurie avait un suffrage formé par la majorité des voix des individus qui la composaient. Mais les équités et les citoyens de la première classe, c'est-à-dire les plus riches, disposaient à eux seuls de la majorité des suffrages. Los seniores, quoique moins nombreux, avaient le même nombre de suffrages que les juniores. Une réforme, que l'on place vers le m" siècle avant J.-C, modifia l'organisation des comices par centuries dans un sens démocratique. Ces assemblées se réunissaient au champ de Mars. Le rôle des comices par curies devint de plus en plus restreint, et, sous Cicéron, leurs attributions furent confiées à trente licteurs. Les comices centuriates avaient donc prévalu en fait. Mis en possession du droit d'élire les consuls, ils s'attribuèrent peu à peu la nomination des divers magistrats. La compétence législative des comices centuriates fut de bonne heure partagée avec les comices par tribus. Au point de vue judiciaire, c'était devant les comices par centuries qu'était exercé le jus provocationis, qui était un appel contre les décisions des magistrats.
3° C'imices par tribus. Depuis la création du tribunat de la plèbe et de rédilité(494 av. J.-C), les plébéiens, organisés en corporation, avaient des réunions (concilia plebis), élisaient leurs chefs et votaient des décrets obligeant les membres de la corporation {plébiscita). Après la loi Valeria Horatia (449 av. J.-C), les concilia plebis se transformèrent en comices tributes. Présidés par les consuls ou les préteurs, ils comprenaient les membres des trente-cinq tribus {p(ipulus) et s 'appelaient comitia tributa. Présidés par dos magistrats de la plèbe, ils étaient censés ne comprendre que la plèbe et avaient gardé le nom de concilia plebis. En réalité, la distinction était surtout nominale. Le lieu de réunion était lo Forum. Le vote avait lieu tributim, dans chacune des tribus viritim. Au début, obligatoires seulement pour la plèbe, les plébiscita, votés dans les concilia plebis, eurent force de loi, depuis la loi Valeria Horatia, quand ils étaient ratifiés par le séaat. En 339 avant J.-C, la loi Publicia Philonis rendit la patrum auctoritas préalable pour les plébiscites; la loi Hortensia (286 av. J.-C.) abolit même cette obligation. Dès lors, les concilia plebis et les comices tributes furent, jusqu'à l'Empire, le véritable organe législatif du peuple romain. A ce moment, ils perdirent leur compétence judiciaire: lo pouvoir législatif passa au sénat et à l'empereur; enfin, la nomination des magistrats fut enlevée au peuple et attribuée au sénat. Les comices ne furent plus réunis que pour remplir de simples formalités.
— Temps mod. Comices agricoles. On nomme ainsi, en France, les associations formées par des propriétaires ruraux ou des cultivateurs, dans le but de favoriser le développement de l'agriculture. Elles organisent des concours et donnent aux agriculteurs des encouragements (médailles ou primes en argent). Les comices agricoles ne datent que du milieu du xvill" siècle. Supprimés en 1793, ils furent encouragés par Decazes, ministre de l'intérieur, en 1819. La loi des 20-25 mars 1851 réorganisa les comices et les chargea d'élire les membres des chambres d'agriculture. Le décret du 25 mars 1852 leur enleva cotte attribution. Les comices sont aujourd'hui des associations sans caractère officiel, ayant des assemblées, une caisse, et contractant librement avec les tiers ; ils fonctionnent eu vertu de statuts autorisés qu'ils sont tenus de respecter dans leurs rapports avec 1 autorité administrative.
COMICIAL ou COMITIAL, ALE, AUX (iî-aC) adj. Antiq. rom. Qui a rapport aux comices : Assemblée comiciale.
Jours COMICIAUX.
— Patbol. Maladie comiciale, Epilepsie, ainsi nommée par les Romains parce qu'un accident d'épilepsie survenu pendant la tenue d3s comices faisait séparer l'assemblée.
COMIFËRE (du lat. coma, chevelure, et ferre, porter) adj. Bot. Qui porte une chevelure.
COMILLAH ou COMMILLAH, ville de l'Inde anglaise (Bengale), sur lo Gouniti, affluent du Megma; 13.370 hab. Cour de justice ; manufactures de coton.
COMILLAS, ville d'Espagne (Vieille-Castille [prov. de Santanderj), sur l'océan Atlantique; 2.340 hab. Mines de zinc ; petit port de pêche et de commerce.
COMIN n. m. Bot. Forme ancienne du mot cumin.
COMINES, ville située sur la frontière de France et de Belgique, séparée par la Lys en deux parties : l'une française, et l'autre belge. La 'partie française est comprise dans le département du Nord, arr. et à 15 kilom. de Lille ; la partie belge, dans la Flandre occidentale, arr. admin. et judic. d'Ypres. La population est de 7.527 hab. du côté français et, du côté belge, de 4.819 hab. {Cominois, oises.) Ch. de f. Nord. Industrie active ; fabrique de cordons en fils de lin, distilleries, tanneries, brasseries.
Prise par les Français en 1197, Comines fut occupée, en 1658, par Turenne et cédée à la Franco par lo traite d'Utrecht. Ruines du château où naquit l'historien Philippe de Comines; beffroi du xiv* siècle.
Comines (Philippe de La Clyte, sire de), chroniqueur français, né au château de Comines (Nord) en 1445, mort au château d'Argenton (Doux-Sèvres) en 1509. Il entra au service de Charles le Téméraire en 1464 ; mais, on 1468, à la fameuse entrevue de Péronno, Comines découvrit on Louis XI le maitro qui convenait à son esprit, et, dès ce moment, travailla à se f.iiro bien venir do lui. Il y parvint en 1472. Louis XI et Comines étaient les deux caractères les mieux faits pour se convenir; le roi de France eut en Comines lo conseiller et le confident qu'il avait souhaité. 11 lo combla de faveurs cl do dons, lo fit sénéchal de Poitou on 1476. A la mort de Louis XI (1483), Comines fut nommé membre du conseil de régence durant la minorité de Charles VIII ; mais, ayant pris le parti dos princes ligués contre Anne do Beaujeu, il fut chassé, puis arrêté en 1486 ot emprisonné d'abord à Loches, puis à Paris. Comines était, néanmoins, homme do trop rare valeur ot do trop grande oxpérienco dans les affaires do l'Etat pour demeurer
longtemps en disgrâce : Cliarles VIII le rappela, lui fit prendre part à la conclusion du traité de Senlis (1493), l'envoya à Venise pour préparer l'expédition d'Italie; avant la 'bataille de Fornoue, il servit, durant les négociations préliminaires, d'intermédiaire d'un camp à l'autre. Puis il retomba en disgrâce, et se retira au château d'Argenton, oil il mourut. Ce château lui avait été apporté en dot par sa femme, Hélène de Chambes, de la maison dos comtes de Montsoreau.
— BiBUOGR. V. la liste des nombreuses publications relatives à Comines, dans lo hépertoire des sources historiques du moyen âge de l'abbé V. Chevalier.
Comines (Mémoires de Philippe de), rédigés par l'auteur durant ses années de disgrâce. Ces mémoires, qui embrassent les années f
1464-1498, contiennent, par Comines.
conséquent, les règnes de
Louis XI et de Charles VIII. La partie consacrée à Louis XI est très supérieure à la suivante : Comines semble avoir été créé pour comprendre Louis XI et nous laisser le portrait protondément fouillé de ce roi d'un caractère unique dans les annales de la Franco. Une première partie des mémoires (1464-148G) fut rédigée de 1488 à 1493; fa seconde partie (1492-1498) fut écrite par le chroniqueur vers la fin de sa vie. Sans comparer Comines à son contemporain Machiavel, on peut dire que, comme lui, il est peu sensible â l'idée du bien et du mal. Ce qui l'intéresse, c'est l'habileté de l'homme d'Etat à diriger les affaires et les hommes ; et cette habileté, il sait la démêler d'un esprit subtil et aigu. La morale et la vertu ont peu de place dans ses préoccupations; ce qu'il admire, c'est ladresse politique. Sainte-Beuve a appelé Comines « le premier écrivain vraiment moderne ». Et, do fait, il n'est plus un chroniqueur qui se contente de narrer les faits, mais réellement un historien qui étudie les événements dans leurs causes et leurs conséquences et pénètre les caractères. Son style est vif, coloré et précis, très personnel, et c'est le rare mérite, à une époque où toute la littérature s'embarrassait d'une lourde imitation des anciens. Montaigne l'a apprécié en termes parfaits : » Vous y trouverez, dit-il, le langage doux et agréable, d'une naïve simplicité ; la narration pure et en laquelle la bonne foi de l'auteur reluit évidemment, exempte de vanité parlant de soi et d'affection et d'envie parlant d'autrui; ses discours et exhortemcnts, accompagnés plus de bon zèle et de vérité que d'aucune exquise suffisance, et, tout partout, de l'autorité et gravité, représentant son homme de bon lieu et élevé aux grandes affaires. » La première édition des mémoires de Philippe de Comines fut publiée à Paris sous le titre : Cronique et histoire faicte et composée par messire Philippe de Comines (1524). L'édition à consulter est celle de la Société de l'histoire de France, par M'i" Dupont (Paris, 1841-1848).
COMINO, îlot anglais de la Méditerranée, dans le groupe de Malte, entre cette île et celle de Gozzo.
COMIQUE (lat. comicus; gr. kômikos) adj. Propre à la comédie, qui appartient à la comédie ou aux comédiens : Auteur ccmique. Verve comique.
— Masque comique, Visage propre à la comédie : Certains acteurs doivent une bonne part de leur succès à leur masque comique. Il Chanson, Chansonnette comique. Petite pièce de chant écrite et mise en musique pour exciter le rire, n Chanteur comique. Musicien qui chante des chansons de ce genre ou des rôles bouffons dans les pièces de théâtre.
— Par anal. Qui reproduit des scènes de comédie :
— Par ext. Plaisant, plein de sel : Un récit comique. Il Original, bizarre, singulier : Caractère comique, il Ridicule, qui prête à rire : Emportement comique.
— Anton. Dramatique, tragique, grave, imposant, sérieux, attendrissant, émouvant, intéressant, onctueux, pathétique, touchant.
— II. m. Caraclère de la comédie ou des divers genres de comédies : Les poètes tragiques trouvent quelquefois le COMIQUE. (Chateaubr.) n Saut comique ou Comique noble, Celui qui est inspiré par un goût cultivé et fondé sur des plaisanteries fines et délicates, n Bas comique, Celui qui résulte de plaisanteries ou de moyens plus ou moins bas et grossiers. «Comique bourgeois. Celui qui résulte de la peinture des mœurs bourgeoises, il Comique de caractère. Celui qui est produit par le développement plaisant donné aux caractères des personnages. Il Comique de situation. Celui qui résulte do la position comique dans laquelle on amène les personnages, il Comique de mots. Celui qui est dû à l'assemblage ou au caractère plaisant, bizarre, inattendu des mots dont on se sert.
— Manière d'exprimer ce qui est plaisant ou ridicule : Daumier avait un comique cruel. Il Chose comique, côté comique : Le COMIQUE d'une aventure, d'un récit.
— Autour comique : Pour bien juger des comiques grecs, il faudrait connaître à fond les défauts des Athéniens. (Rigault.) Il Acteur ou chanteur comique.
— Comique grime. Acteur qui joue les rôles comiques de vieux et do gi-imacicr, rniur lesquels il est nécessaire de se grimer le visage, n Personne qui amuse, qui fait rire les autres : Ecolier qui est le comique de la classe. Il Rôle d'acteur comique : Jouer les seconds comiques.
— Encycl. Au théâtre, ceux que l'on appelle les comiques ou acteurs comiques n'ont pas besoin d être plus expressément caractérisés, la dénomination étant suffisamment expressive. Dans le grand répertoire, c'ost-à-diro la comédie classique, on en distinguait deux catégories spéciales : les premiers comiques, parmi lesquels on comptait, comme principaux types, Sganarelle, du Festin de Pierre; Mascanlle, do YElourdi (Molière) ; Pasquin, du Dissipateur (Destouches); Hector, du Joueur (Rognard); Labranche, do Crispin rival de son maître (Lo Sage), et les seconds comiques, tels que : l'Olive, de la Fausse Agnès (^Destouchcs) ; Covielle, du llouri/eois gentilhomme; La Flèclie, do l'Avare (Molière); le marquis, du Joueur (Rognard); puis toute la
catégorie dos crisi)iiis. 11 y uvuil, do plus, les tîiiauciers et les grimes, coinpronant les rôles de vieux ridicules, tels ijuo Orgun, Ar^aii, Turcaret, Bartliolo, Basile, etc. Toutes ces disliiictioiis sont niaiuteuaiU Uéuiodêcs.
Comique et lyrique (Théâtre-Français). Fondé on 1790 par un nonmiô (Moment de Ijornaison, co petit théâtre était situo A I*aris, à l'anglo dos rues do Bondy et de Lancry , sur remplacement do l'aucien théâtre des Variétés-Amusantes. L'on y jouait à la fois la comôdio, lo drame, lo vaudeville et r'oi>ôra-comiquo. Il disparut dans les derniers mois tlo 1793. Sa sallo resta fermée jusqu'en 1795, époipio où vint s'y installer lo théâtre des Jeunes-Ariistes.
COMIQUEMENT adv. D'une façon comique,
GOMIR n. m. .Sorte do bateleur qui allait de pays en pays L'Iiantor les vers des troubadours, en s'accompagaant de quekiuo instrument.
GOMISA, eomm. d'Austro-Hongrie (Dalmatie [district de LissaJ) ; 3.900 liab. Pêche de la sardine.
GOMISO, bourg du royaume d'Italie (île de Sicile [prov. de Syracuse]) ; 19.335 hab. Fabricjue de papier.
COMITAT [ta — du bas lat. comiiaiiis, dignité do comte) n. m. Subdivision administrative do la Hongrie.
— Encycl. La Hongrie était autrefois et est restée divisée en comitats, analogues aux comtés anglais; on en compte 63. Le comitat a une vie administrative propre et nomme lui-môme ses fonctionnaires inférieurs. Les deux fonctionnaires supérieurs sont : le fœispan, qui sert d'intermédiaire entre le pouvoir royal et l'assemblée du comitat, et le alispaii, dont les fonctions sont purement administratives. Parmi les autres agents, il faut citer le notaire supérieur, qui est secrétaire du comitat. le fiscal, qui eu est le conseiller légal. Il y a aussi un receveur, un archiviste, un ingénieur, un médecin. Le comitat est lui-même subdivisé en circonscriptions.
GOMITATIVE n. f. Dignité ou charge de comte [cornes, itis) dans le Bas-Empire.
COMITE (du lat. cornes, itis, comte, chef) n. m. Admiu. anc. Syn. de come.
COMITÉ (du lat. comitatus, suite, réunion de personnes qui en accompagnent une autre. [Nous est parvenu par l angl. commuée^ dérivé do to commit, confier]) n. m. Réunion de personnes déléguées pour l'étude de certaines questions ou l'exercice d'un certain pouvoir : Assemblée qui nomme un comité, il Chacune des sections du conseil d'Etat.
— En comité secret, En séance privée, le public étant exclu de la salle. (Se dit dans les assemblées politiques.) — Fam. En conversation, en délibération tenue à part et secrètement. Il Petit comité, Réunion de quelques intimes.
— Comité de lecture ou simplement Comité, Réunion d'acteurs ou d'hommes de lettres chargés d'examiner les pièces de théâtre, pour les admettre ou les rejeter : \apoléon Z*"" organisa par le décret de Moscou le comité dk LKCTURE du Théâtre- Français.
— Pop. Comité des recherches. Corps des chiffonniers. (Inventé pendant la Révolution et tombé en désuétude. j
Comité des travaux historiques et scientiflqueSj Comité permanent établi près le ministère do l'instruction puMique et des beaux-arts, et divisé en cinq sections : d'histoire et de philologie : des sciences économiques et sociales ; d"archéologio ; des sciences mathématiques, physiques, chimiques et naturelles ; de géographie descriptive et historique. Co comité dirige la plupart des publications faites sous les auspices du ministère. Il a été institué, en 1834, par Guizot. Il est, actuellement, régi par un arrêté ministériel du \2 mars 1883.
Comité autrichien. On appelait ainsi l'entourage do Marie-Antoinette ; elle-même avait été surnommée l'Autrichienne. L'existence do co comité fut révélée par Carra en mai 1792, et, comme il avait déclaré tenir ses renseignements de Merlin, Bazire et Chabot, ces trois députés furent arrêtés sur l'ordre de Larivière, juge de paix do la section des Tuileries. L'Assemblée décréta d'accusation co magistrat, et, le 23 mai, Gensonné et Brissot dénoncèrent à l Assemblée lo Comité autrichien, en se basant sur des documents diplomatiques. On sait, aujourd'hui, que la reine et ses amis avaient réellement des correspondances avec l'Autriche. Le comte Morcy-Argenteau, lieutenant de l'empereur en Belgique, corrigeait les lettres que la reine adressait à son frère et les scellait du sceau de Marie- Antoinette. Bertrand de Mollovillo, Montmorin, Breteuil, La Mark, Malouet, Mallet du Pan faisaient partie du Comité.
Comité de salut public, l'un des nombreux comités de la Convention, lequel exerça, grâce aux circonstances et aux liommes qui on firent partie, uno véritable dictature. Etabli à l'origine pour suppléer à l'impuissance du Comité do défense générale, il fut d'abord soumis à l'influence de Danton. Mais celui-ci fut supplanté par Robespierre, au moment oi> la guerre civile et 1 invasion s'abattaient sur la France. Pour faire face à ce double péril, la Convention accepta lo gouvernement révolutionnaire du Comité de salut public, prolongea ses membres dans leurs fonctions pendant un an, tandis qu'ils devaient les quitter au bout d'un mois, et lui conféra des pouvoirs étendus : un crédit do 50 millions, le droit do décorner des mandats d'arrêt contre les suspects, la surveillance dos autorités. Du jour cffi le Conseil exécutif fut supprimé (12 germ. an II), la puissance du coEuité n'out plus do bornes. Carnet s'était chargé de réorganiser l'armée, et chacun des autres membres avait aussi ses attributions distinctes : Jean-Bon Saint-André socrupait do la marine; Prieur (de la Marne), Robert Lindet, Prieur (de la Côte-d'Or), des détails d'administration militaire, tels quo lo service dos hôpitaux, la fabrication des armes, les transports, otc. Barèro avait les finances; Saint-Just, la législation; Billaud. Collot, Couthon, la correspondance avec les représentants et les autorités. Robespierre, qui avait d'abord pris la direction de l'instnirtion publique, fut l'inspirateur de cotte dictature collociive, surtout lorsqu'il eut formé, en 179-1, avec Saint-Just et Couthon, lo Comité do haute police. Mais le péril intérieur et extérieur une fois conjuré, ces pouvoirs extraordinaires n'avaient plus do raison d'être, et lo régime de la Terreur, exploité par Robespierre dans son inti-rêt, posait depuis lon^'temps ù la Convention. Lorsqu'elle se vit directemoût menacée par la loi du 22 prairial, qui rendait Kobospiorro maître do la liberté do ses membres. elle lo rouvorsa lo 1» thermidor, et l'envoya ù l'échafaud