‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 134 sur 870 · COMMENTATEUR — COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMENTATEUR — COMMERCE

Armes de Comriltntry.

Ou lui doit un oratorio {l'An7}eau magique), seize messes à quatre voi.v avec orgue ou orchestre, un 7'e Deum, une cantate do la Passion, uno musique pour les Grenouilles d'Aristophane, pour VEleclre de Sophocle, pour la tragédie do Chtilde de Aîontalvi et beaucoup d'autres compositions. Entin, cet artiste a publie, en quatre volumes, toute une collection fort importante d'œuvres de musiciuo religieuse do compositeurs dos xvi", xvii' et xviii" siècles.

COMMÉRAGE i Lo-mé-raf) n. m. Discours do commère ; propus aiiiiiM's suc des détails futiles; médisances : L'avance et It: (iiMMKRAGii empestent la vie de province. (Balz.)

COMMERÇABLE IJco-mèr'-sabl') adj. Qui peut être mis dans le commerce, qu'on peut négocier : L'n effet commkr-

i^AHLIi.

COMMERÇANT (ko-mêr'-san), ANTE adj. Qui fait lo commerce : Peuples commerçants. Il Où l'on fait du commerce : Quartier commerçant. Ville commerçante.

— Substantiv. Personne qui fait le commerce : Les gens généreux sont de mauvais commerçants. (Balz.)

— Jeux. Dans le jeu du commerce, Chacun des joueurs autres que le donneur ou banquier.

— Encycl. Dr. D'après le Code de commerce, n sont comvierçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle ». (V. commerce.) De cette délinition il résulte qu'il ne sufrit pas, pour être commerçant, de se livrer à quelques actes commerciaux; il faut faire de ces actes un exercice assez suivi pour constituer une existence commerciale. L'expression " commerçant » comprend les négociants, les marchands en gros et en détail, les fabricants, les banquiers, mais non les simples artisans. La qualité de commerçant s'établit par toute espèce de preuves; la patente n'est pas, par elle-même, une preuve de cette qualité.

L'intérêt de distinguer les commerçants des non-commerçants se présente à divers points de vue. Les commerçants sont obligés de tenir des livres, de rendre public leur régime matrimonial; les actes faits par eux sont présumés commerciaux et sont, dès lors, de la compétence des tribunaux de commerce (C. comm., art. 638). Ils peuvent, en cas de cessation de payements, être soumis au régime de la liquidation judiciaire ou de la faillite; ils jouissent aussi du droit d'élire les membres des tribunaux de commerce dont ils peuvent faire partie.

Tous ceux qui ont la capacité nécessaire pour contracter peuvent, en général, devenir commerçants. Les mineurs et les femmes mariées sont même aptes à faire le commerce, sous certaines conditions.

Le mineur peut être commerçant s'il réunit les conditions suivantes. Il doit être ; 1» émancipé ; 2" âgé de dixhuit ans accomplis ; 3*" autorisé par son père ou, à défaut do celui-ci, par sa mère, ou, à défaut du père et de la mère, par uno délibération du conseil de famille, homologuée par le tribunal civil. D'autre part, l'acte d'autorisation doit être enregistré et affiché au tribunal de commerce. Lorsque ces conditions sont remplies, le mineur est « réputé majeur pour les faits relatifs à son commerce ». Le mineur commerçant peut, pour les besoins de son commerce, aliéner son mobilier, mais il ne peut aliéner ses immeubles qu'en remplissant les formalités indiquées par les articles 457 et suivants du Code civil.

La seule condition imposée à la femme mariée pour être commerçante, c'est d'être autorisée par son mari. Les femmes mariées commerçantes ont la capacité d'aliéner leurs immeubles, autres que ceux stipulés dotaux, pour les nécessités de leur négoce. Lorsque les époux sont mariés sous le régime de la communauté, les actes de la femme commerçante l'obligent, non seulement elle-même, mais encore ia communauté et le mari.

L'exercice de toute espèce de commerce est incompatible avec plusieurs professions, telles que celles d'avoué, notaire, et avec la plupart des fonctions publiques. Cette incompatibilité a uniquement pour ell'et île rendre ceux qui ne s'y conforment point passibles do peines applicables, selon les dillerents cas, par leurs supérieurs ou par les tribunaux ; elles laissent, en général, subsister les engagements cuntractés par eux.

COMMERCE {ko-mèrsa — lat. commercium; do cum, avec, et merx, cis, marchandise) d. m. Trafic, échange de marchandises, de denrées ou d'espèces : Le gros. Le petit COMMERCE. Le commerce maritime. Il Science spéciale des échanges : L'étude du commerce, ii Etre dans le commerce : l" Faire lo commerce, un commerce ; i" Pouvoir être commercé, négocié : Les biens dotaux ne sont pas dans le commerce.

— Corps des commerçants on général, ou do commerçants d'une catégorie déterminée ; Le commerce boude parfois le gouvernement.

— Par anal. Communication naturelle, échange de pensées, de sentiments, etc. : Faire commerce d'amitié. Commerce de lettres. C'est par le commerce des idées que les idées s'étendent et se rectifient. (J. Simon.) Il Relations, rapports do société : L'étude commence un homme, et le commerce du monde t'achève. (St-Evrem.) n Manière de se comporter, dans ses rapports avec les autres hommes : /Cire d'un commerce agréable. — Se dit parliculièromont des rapports de ta nature la plus intime entre un homme et une femme : Commerce illicite, adultère, incestueux.

— Occupation habituelle ; Le commerce des lettres.

— Entreprise suspecte ou dune nature peu délicate; trafic pou honorable : Faire un vilain commerce.

— l'ig. Contact, manipulation : La prose française, en nortant des mains de Descartes et de Pascal, était assez forte pour résister au commerce des génies tes plus différents. (V. Cousin.) Il Participation : Un prince qui fait entrer l'Eglise en commerce €te ses victoires, et en partage avec cite te fruit... (Mass.) [Pou usité.]

— Poétiq. Commerce des Muscs, Travaux poétiques, tiabitudo de faire des vers.

— Admin. et dr. Code de commerce. Code spécial qui régit les matières relatives au commerce, ii Garucs du com- Hjerce, Agents qui étaient chargés, à Paris et dans la banlieue, do l'exécution des jugemouts oniporlanl contrainte par corps, ii Tribunaux de commerce. Tribunaux spéciaux composes de conunerçants élus et appelés A juger les contestations relatives ù l'exercice du commerce, ii Chambre de commerce. Assemblée consultative formée de commerçants notables, (|ui donnent leur avis aux autorités locales sur les questions <[ui intéressent lo commerce : Marseille est la première ville de France qui ait eu iinr ciiamiire de commerce. Il Ministère du commerce et de l'industrie, Urancïio

de l'administration supérieure qui dirige, au point de vuo de l'intérêt général, tout ce qui a rapport aux allaires commerciales et industrielles, n Conseil supérieur du commerce, de l'agriculture et de l'industrie, Conseil consultatif institué auprès du ministre, pour les questions relatives aux matières que son nom désigne suffisamment.

— Econ. polit. Liberté du commerce, Absence d'entraves fiscales ou autres dans l'exercice du commerce, il Covimerce général, Ensemble des importations et exportations, sans restriction d'aucune espèce, n Commerce spécial, Ensemble des importations à consommer dans le pays et des exportations de produits nationaux ou nationalisés, ii Traité de commerce, Convention entre deux ou plusieurs Etats, qui règle les conditions auxquelles les marchandises seront importées de l'un dans fautre.

— Jeux. Jeu de hasard où l'on emploie trente-deux ou cinquante-deux cartes, suivant le nombre des joueurs {ad libitum), et qui se joue do plusieurs façons, voici la plus simple ; Chacun ayant fait sa mise, le donneur distribue aux joueurs trois cartes, une par une. Lui-même n'en prend que deux. On laisse les cartes la figure sur le tapis, sans les regarder. Avant do prendre sa troisième carte, le donneur propose de la vendre. On pput accepter, refuser, surenchérir; c'est le commerce. Kn cas de refus, lo donneur garde la carte pour lui et la retourne ; elle indidique l'atout. Dans le cas contraire, il la retourne aussi, mais elle compte pour le joueur qui l'a payée. Quand on a successivement retourné les trois cartes, celui qui a le plus gros atout ramasse les enjeux. La plus forte carte est l'as; puis viennent le roi, la dame, etc.

— Mar. Capitaine du commerce. Employé souvent au lieu de capitaine au long cours ou au cabotage, n Navire de commerce, Bâtiment se livrant exclusivement au commerce et appartenant à des particuliers, il Marin du commerce, Engagé au compte d'une compagnie privée, it Port de commerce. Endroit réservé aux navires ayant à faire des opérations commerciales.

— Syn. Commerce, négoce, trafic. Commerce a un sens très large et peut se dire tîgurément de toutes les choses où se retrouve l'idée déchange ou do communication réciproque ; c'est le terme général qui convient au langage courant comme à la langue du droit, etc. Négoce se rapporte au.x démarches, aux calculs, aux combinaisons nécessaires pour faire le commerce d'une manière avantageuse ; pris au figuré, ce mot ne se dit guère que des démarches aont le but a quelque chose de peu honorable. Le trafic est simplement l'action de celui qui achète une marchandise pour la revendre ; trafic ne se dit guère que des petits commerces.

— Encycl. Hist. Le commerce est né avec les sociétés humaines. On en trouve des traces dès les temps préhistoriques. En Egypte, en Chaldée, dans l'Assyrie et la Babylonie, le commerce était en honneur. Mais les plus grands commerçants de l'antiquité furent, sans contreuit, les Phéniciens, qui fondèrent sur les côtes de la Méditerranée, sillonnée en tous sens par leurs vaisseaux, de riches et puissantes colonies, telle Carthage. Après les conquêtes d'Alexandre, les Grecs prirent possession des marchés de l'Asie et de l'Egypte. La direction du commerce du monde passa dans leurs mains, et Alexandrie devint l'entrepôt du monde.

Rome apparaît ; elle ruine Carthage et prend Alexandrie. Aussi commerçants que guerriers, les Romains font un trafic immense avec l'Orient, lo nord do l'Afrique, la Gaule, jusqu'aux îles Britanniques. Le règne d'Auguste marque l'apogée de leur commerce, qui décline en même temps que la puissance de l'empire romain. Il émigré à Byzance, devenue Constantinoplo, et s'y développe malgré les invasions. Pendant les convulsions de 1 empire grec, Venise, Gênes, Pise et d'autres villes d'Italie s'emparent peu à peu du marché d'Orient.

Tandis que la France était encore sous le régime de la féodalité, les Flandres, plus libres, fabriquaient et commerçaient, et leurs souverains, dès lo xiii* siècle, assuraient la prospérité do leurs sujets par de véritables traités de commerce. De ce milieu d'initiative naît celte fédération des villes commerciales, la hanse, qui couvre l'Allomagno, les Flandres, et gagne l'Angleterre.

En découvrant lo nouveau monde et en ouvrant à l'ancien une route nouvelle, Christophe Colomb et Vasco do Gama rompent l'équilibre commercial et préparent la prépondérance des nations maritimes. Dès lors, on voit entrer en lutte sur lo terrain commercial. Portugais, Espagnols, Hollandais, Anglais, Français. I-cs Portugais atteignent leur apogée au xvi* siècle ; ils accaparent le négoce do l'Amérique du Sud et de la mer des Indes. En s affranchissant du joug do l'Espagne, les Provinces-Unies prennent leur essor et s'implantent dans la Malaisie, au Cap et dans mille autres lieux. En attaquant la République, Louis XIV porte un premier coup à sa prospérité commerciale, et Guillaume d'Orange, en devenant roi d'Angleterre, sacrifie son ancienne patrie à la nouvelle. Depuis le Cap jusqu'à Bombay, les Anglais enlèvent à leurs voisins presque toutes leurs possessions ot prennent leur place dans le commerce. Les Espagnols, s'ôtant attachés a la seule exploitation des métaux précieux, perdirent auccossivomonl toutes leurs colonies, sans avoir tiré profit de leurs rossourcos commerciales. Pendant ce temps, la France se ruinait en conquêtes. Ce fut Louis XIV qui songea à développer les forces productives du royaume.

Colbert y implanta des industries exotiques. Les colonies prirent un développement subit ; on s'empara des Petites- Antilles, on colonisa le Canada, on fonda la Nouvello- Orléans, on domina dans l'Inde jusqu'au Siani. Prospérité éphémèro, que la révocation de ledit do Nantes détruisit; l'industrie émigra et le commerce avec elle. Sous Louis XV, la guerre do Sept ans et le traité do Paris (1763) achèveront leur ruine.

L'Angleterre commerciale ne date que du règne d Elisabeth. Sous les Stuaris, elle baisse; sous Cronnvell, ollo so relève, ot depuis, elle grandit ot s'étend sur lo mondo entier. En face d'oUo so lova un rival dangereux: une do ses colonies, les Etats-Unis. La Franco, depuis la Restauration, devint aussi pour elle uno concurronle à considérer. L'Allemagne a pris tout & coup uno place importaiiie dans la lutte.

Les elforts do la Russie, pour mettre n œuvre les immenses ressources de son immense lerriioire. lui .issuroront dans l'avenir une part do suprémalie commerciale ot industrielle. N'oublions pas non plus lu pari qiio revendique lo Japon 01 les ressources dont dispose h» t hino.

-- Econ. polit. Lo commerce est l'écluiugo des uiilUOs

Page 1