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COMMUNAUTE - COMMUNE

loguo à celle des fiefs. Co fut, au début, non pas la ville môme, mais plutôt l'association des habitants ayant prêté serment, qui fut appelée communia, con-.munitas, ou commune jurée. Tantôt la commune se composait do tous les habitants, tantôt elle n'était qu'une corporation qui administrait et représentait la cité.

Les communes n'ont leur origine ni dans l'organisation municipale des Komains, ni dans les institutions germaniques; leur formation résulta de circonstances nouvelles, du xi' au xit* siècle. Ce furent notamment : l'invasion des Normands, qui fit unir los bourgeois des villes pour relever les murailles; la lutte contre loppression féodale; le développement du commerce dii aux croisades. On peut ajouter l'existence do corporations de marchands et d'artisans(gildes, confréries), ot la présence I dans les villes de juges seigneuriaux [judices, scabini), I devenus (luelquefuis jdus tard des représentants et des administrateurs de la cité. Mais il ne faut pas voir dans ces fonctionnaires, dès lo \' siècle, un gouvernement électif et populaire ; Augustin Thierry, en soutenant . cette théorie, a commis un anachronisme.

Les villes n'ont pas acquis toutes de la même façon leurs privilèges. Dans certaines, comme à Saint-Omor, co fut la gilde marchande qui reçut la charte communale. Plusieurs villes durent l'indépendance à dos insurrections, comme Le Mans, Laon, Amiens; mais la plupart acquirent à prix d'argent le droit de commune. Les insurrections communales, dont Augustin Thierry adonné des récits célèbres, sont donc loin de s'être produites partout. I^e clergé fut toujours hostile aux associations urbaines. L'attitude de la noblesse fut variable. Les rois de Franco so montrèrent favorables ou hostiles, selon leur intérêt. Sous Louis VI et Louis VII, la politique royale fut souvent contradictoire; Philippe-.\uguste fut très libéral envers les communes. Après lui, la royauté les fit surveiller par les fonctionnaires et les frappa de taxes.

Toutes les villes qui durent à un mouvement d'émancipation une amélioration de situation n'arrivèrent pas au rang de commune. Il faut distinguer les villes franches et les villes libres. Les premières étaient restées sous la sujétion du seigneur ; mais une charte ou privilège de franchise avait fixé ou restreint l'exercice des droits seigneuriaux comme à Lorris (dont la charte a souvent servi do modèle), ou même avait établi une municipalité élective et une juridiction. Les villes libres étaient celles dont los habitants s'étaient associés sous la garantie d un serment mutuel pour constituer la commune. Ces villes étaient les vraies communes ; vassales et non sujettes du seigneur, elles formaient une seigneurie collective jouissant de la plupart des attributs de la souveraineté. La commune taisait donc partie de la société féodale ; la charte, accordée par le suzerain, réglait ses rapports avec lui. La commune remplissait les devoirs d'un vassal : foi et hommage, aveu et dénombrement, aide féodale, service d'est et do chevauchée. Le suzerain s'engageait à respecter ses privilèges et à la protéger. Ordinairement, la commune s'administrait e.t avait le droit do justice. Elle possédait un sceau, à effigie le plus souvent belliqueuse, un beffroi, des fourches patibulaires et un pilori. Elle s'étendait souvent jusque dans la banlieue.

Quelques chartes se sont répandues comme par voie de filiation (Mantes, Laon, Saint-Quentin, Péronne, Amiens, Soissons). Les Etablissements de Rouen ont été imposés par les rois d'Angleterre à plusieurs villes de l'ouest et du sud-ouest de la France. La commune ayant fourni la charte type statuait dans les différends entre les villes affiliées et le soigneur.

Dans quelques villes, les anciens échevins étaient devenus les magistrats municipaux; dans d'autres (Saint- Quentin, Laon, Noyon), ils avaient gardé un caractère seigneurial. Lo corps municipal était ordinairement composé de jurés (jurats, consuls, capitouls) que présidait l'un d'eux (maire, mayeur, prévôt). A Kuuen et dans les villes où se propagèrent los Etablissements do Rouen, i/ V avait plusieurs conseils issus du corps municipal. Dans les communes pleinement indépendantes, la justice était rendue par le maire et les jurés. Les revenus de la commune comprenaient ceux des propriétés, les revenus judiciaires, les impots indirects (péages, tonlieux), certains impôts directs (droit do bourgeoisie, taille).

Tombées en décadence on Irauce à la fin du xiii» siècle, los villes libres eurent, au contraire, tout leur éclat au xtv« siècle en Flandre et dans les Pays-Bas; malgré los révolutions qu'elles traversèrent, leur autonomie a atteint son apogée au début du xv« siècle. Les dissensions, lo despotisme des ducs do Bourgogne, la mauvaise administration financière, amenèrent leur décadence. En Angleterre, les communes ont été surtout uno transformation des gildes ; elles fondèrent les libertés anglaises. Les villes libres ont joué un grand rôle en Italie; elles ont lutté avec succès contre l'Empire, ont souffert ensuite des factions et des rivalités, mais ont oonservé longtemps leurs libertés. En Allemagne, les villes libres furent surtout florissantes aux xiv' ot xv« siècles et formèrent des confédérations indépendantes ; celle do la liauso, notammout Hambourg, eurent une grande prospérité.

— BiuLioGH. : Raynouard, Histoire du droit municipal en France (1829): Aug. Thierry, Lettres sur l'histoire de Frajicc (Paris, 1827); Jterueit des monuments inédits de l'histoire du tiers état (Paris, 1850 1856) ; Giry, Histoire de Saint-Omer (1878); les Ftablissements de Jiouen (Paris. 1883-1885); Pocuments sur les relations de la royauté avec les villes en France, de USOù tSl4 (Paris, 18S5); Luchairo, les Communes françaises (Paris. 1890) ; Manuel des institutions françaises [période (tes Capétiens directs] (Paris, 18»2).

— Dr. admin. Bien que placée sous la lutollo ou tout au moins le contrôle iio l'Etat, la commune forme uno collectivité jouissant de la personnalité civile et administrative. Elle possède sa représentation propre oi uno administration constituée par le conseil munioipal, poiivoir délibérant, et lo maire et ses adjoinUs, pouvoir exécutif. La législation communale est actuellement régie par la loi du 5 avril 1884. Une commun© nouvelle ost créée par la loi, après avis du conseil général et du conseil d'Klat. Quant aux modifications à la circonscription territoriale (réunion, disjonction de communes ou sections do communes^, elles font, après avis des conseils municipaux et en^iuélo préfectorale, l'objet dune loi ou d un décret, suivant qu'elles affectent, ou non. la circonscription du département, dQ larrondissemont ou du canton. Uuo décision du conseil général suffit, si les communes ou sections intéressées sont d'accord ot situées dans lo

COMMUiNÉMENT - COMMUiMCANTS

même canton. Les biens do la communo comprennent : 1» le domaine public communal, imprescriptible et inaliénable (chemins vicinaux et ruraux recounus, rues, canaux, églises, etc.) ; 2» les biens patrimojiianx, dont la communo dispose au même titre qu'un particulier; 3° les biens communaux, c'est-à-dire ceux dont les habitants ont la jouis sance en nature (affouage, pâturage, etc.). Le maire, en conformité des décisions du conseil municipal, gère les biens de la commune et passe les actes nécessaires ; 1 autorité supérieure intervient, du reste, pour approuver les actes les plus importants de cette gestion, tels que baux à longue durée, aliénations, acquisitions d'immeubles, acceptation de dons et legs, emprunts, etc. La commune peut être créancière ou débitrice et déclarée civilement responsable. Elle peut ester en justice avec autorisation du conseil de préfecture, et est représentée par le maire ■ l'autorisation n'est pas nécessaire pour les actions possessoires, actes conservatoires de propriété et interruptifs de prescription. Les ressources de la commune (loi du 5 avr 1884, art. 133) se composent principalement du revenu des biens patrimoniaux, des centimes additionnels autorisés par la loi, du produit des octrois, de droits et taxes multiples (droits de place dans les halles, foires, marchés, etc.), du revenu des concessions de terrains dans les cimetières, du produit des expéditions des actes administratifs, de celui des biens aliénés, des dons, legs, emprunts, etc. Les dépenses sont obligatoires ou facultatives. Les premières, énumérées par la loi du 5 avril 1884 (art. 136), peuvent être inscrites d'offlce par l'autorité qui règle le budget. Les budgets, primitif ou additionnel, présentés par le maire, votés par le conseil municipal, sont réglés par le préfet; ils sont approuvés par décret dans les villes dont le revenu ordinaire atteint 3 millions de francs. L'e.xercice tinancier s'étend jusqu'au 15 mars (liquidation des dépenses) et au 31 mars (payement) de la deuxième année. Le maire est ordonnateur des dépenses. Le percepteur est de droit receveur municipal, mais les communes ayant 30.000 francs de revenus ordinaires peuvent avoir un receveur spécial. Le maire rend un compte moral, soumis à l'approbation de l'autorité administrative ; quant au compte du receveur, il est apuré par la Cour des comptes ou le conseil do préfecture, suivant que les revenus ordinaires de la commune atteignent, ou non, 30.000 francs (50.000 fr. en Algérie). Les communes algériennes se divisent en communes indigènes, mixtes, ou de plein exercice; ces dernières, sauf certaines réserves relatives à la gestion dos biens et à la représentation musulmane, sont régies par la loi de 1884.

— Commune à l'élrant/ei-. Sous diverses appellations, dans l'organisation do là commune à l'étranger, à côté d'assemblées administratives délibérantes (junta en Espagne, gorodskaïadouma en Russie, etc.), composées de conseillers élus, bourgeois, notables (aldermen), on trouve le pouvoir exécutif municipal, qu'il soit dénommé maire, lord-maire, bourgmestre, alcade, etc., ou que ses attributions soient dévolues à un comité dit, en Prusse, magistrat (réunion de bourgmestres et d'échevins ou conseillers), vorstand (Autriche), ouprava (Russie), giunta (Italie), etc. Parfois, la commune a gardé certaines attaches avec la paroisse, dont sa circonscription tout au moins n'est pas entièrement dégagée, comme dans les petites communes anglaises, od le conseil des habitants (vestry) est présidé par le cburcllwarden (gardien d'église) ; en Portugal, où la paroisse sert à former le concelho (district), ou en Suisse, où la circonscription paroissiale joue souvent un rôle dans l'administration municipale (kirchengemeinden). Le régime varie fré-

3uemment, suivant qu'il s'agit des communes rurales ou es villes, comme en Angleterre, en Russie et en Allemagne. Quant aux libertés politiques et administratives municipales, elles sont ou fort étendues, comme en Belgique, ou plus restreintes, suivant les législations.

— Dr. colon. Il n'y a d'organisation municipale aux colonies que là où il se rencontre une agglomération sufrisaote de citoyens français. Aux Antilles et à la Réunion, le territoire entier est divisé on communes, et la loi municipale du 5 avril 1884 est applicable, sauf certaines modifications de détails imposées par l'éloignement ou par l'organisation administrative particulière aux colonies. Cette division du territoire eu communes se retrouve également à Saint-Pierre et Miquelon (3 communes), en Guyane (14 communes) et dans l'Inde française (10 communes) ; mais, dans ces colonies, la législation municipale est un peu différente. Ailleurs, il n'y a guère de munici-

Îtalités organisées qu'au chef-lieu de la colonie, ou dans es villes les plus importantes. Saint-Louis du Sénégal, Dakar, Gorée, Rutisque, Nouméa, Papeete, Saigon ont été ainsi érigées en communes par décret du chef de l'Etat. Des arrêtés pris par les gouverneurs ont aussi créé dos commissions municipales dans certains centres : en Indo- Chine, en Nouvelle-Calédonio et à Madagascar ; mais les libertés municipales ainsi accordées par un gouverneur sont évidemment beaucoup plus précaires.

En Indo-Chine, les Français ont rencontré et conservé des communes annamites, remaniuables par leur forte organisation et leur autonomie à peu près complète. "V. Jobbé-Duval, la Commune annamite (Paris, 1897).

Commune de Paris, nom donné au gouvernement municipal do Paris do 1789 à 1795. La Communo de Paris était composée d'abord do l'Assemblée des électeurs, élue par les 60 districts municipaux, puis do 120 autres députés ou représentants de la Commune, qui confirmèrent les nominations de Bailly, maire, et de La Fayette, commandant de la garde nationale. La nouvelle assemblée travailla activement à l'organisation de la ville et instruisit la plupart des procès royalistes. Ello s'augmenta vite, compta 60 membres à l'administration, 240 au conseil général. Mais tous les représentants, en désaccord sur plusieurs points avec Bailly, démissionnèrent (1790). L'Assemblée nationale les remplai;a par une municipalité légale : Paris était divisé en 48 sections, qui nommaient les lonctionnaires publics. La Commune so composait : du maire, qui surveillait sans administrer, d'un jjrocureursyndic, do 16 administrateurs, du conseil municipal et du conseil général qui s'érigea pendant la Terreur on une sorte do tribunal. En 1791, Pétion remplaça Bailly. Conquise aux idées radicales, la Commune essaya pourtant de prévenir les excès du peuple le 20 juin, et refusa de prononcer la déchéance du roi. Accusée de lenteur, ello fut remplacée par la Communo dite « du 10 aofil n qui so composait do commissaires nommés par les sections, parmi

lesquels Robespierre, Hébert, M.-J. Chénier, etc. Recourant à des mesures violentes, ello institua un comité de surveillance, qui doit être rendu seul responsable des massacres de Septembre. Attaquée par la Plaine devant la Convention, elle fut renouvelée en partie (2 déc). Toujours en oppositiou avec les girondins, la Commune se prêta à une insurrection révolutionnaire qui contribua à leur chute, et le Comité de salut public, jaloux de son autorité, la plaça sous sa dépendance ; Robespierre y fit entrer ses partisans. Nombre d'anciens membres disparurent. Impuissante, la Commune ne put soutenir Robespierre contre la Convention. Elle fut dissoute par la Constitution de l'an III.

Commime de Paris de 1871. La révolution d'où sortit la Commune eut pour cause lointaine et prédisposante la propagande collectiviste de « l'Internationalo » après le congrès do Lausanne en 1866, et pour causes immédiates les souffrances physiques et morales du siège de Paris, et surtout l'imminence du désarmement de la garde nationale. La crainte, d'ailleurs assez justifiée, d'une restauration royaliste par l'Assemblée de Bordeaux servit de prétexte aux gardes nationaux pour refuser do déposer les armes. Un grand nombro de bataillons se constituèrent en Fédération républicaine de la garde nationale, sous la direction d'un Comité central. CV. Comité centr.il.) La journée du 18 mars 1871 inaugura la guerre civile : Thiers, chef du pouvoir exécutif, se retira sur 'Versailles avec l'armée régulière, et le Comité central s'empara du pouvoir. Il fit procéder à des élections pour constituer un conseil communal de Paris. Elles eurent lieu le 26 mars et le 16 avril. Les membres de la Commune furent au nombre de soixantequinze. Des « délégués « furent chargés du pouvoir exécutif. Les principaux membres de la Commune étaient : Amoureux, Arthur Arnould, Avrial, Billioray, Camélinat, Champy, J.-B. Clément, Cluseret, Courbet, Cournet, Dolescluze, Dereuro, Dupont (Clovis), Ferré (Théophile), Flourcns, Gambon, Grousset (Paschal), Johannard, Jourdo, Langevin, Lcfrançais, Longuet (Ch.), J. Méline, Miot, Parent (Ulysse), Parisel, Pothier, Protêt, Pyat (Félix), Ranc, Rastoul, Régère, Rigault (Raoul), Trinquet, Urbain, Vaillant (Ed.), Vallès (Jules), Varlin, Verdure, Vésinier, Viard. Voici quels furent les principaux actes de la Commune : 29 mars. Abolition de la conscription. - 5 avril. Suppression du budget des cultes; décret sur les otages, suivi de l'arrestation de l'archevêque de Paris, M«' Darboy, do M. Deguerry, curé de la Madeleine, du premier président Bonjean et de plus de six cents prêtres, gendarmes, etc. — 7 avril. Enrôlement forcé dans les compagnies de guerre de tout citoyen de dix-neuf à quarante ans.— 12 avril. Décret relatif à la démolition de la colonne Vendôme (exécuté le 16 mai). — 27 avril. Nomination de Raoul Rigault comme procureur de la Commune, avec Dacosta comme substitut. — 1" mai. Création d'un Comité do salut public. — 10 mai. Décret ordonnant la destruction de la maison de Thiers. (Ajoutons que la plupart des journaux furent supprimés successivement.)

Le gouvernement de Versailles, préoccupé de rentrer dans Paris, constitue une armée de cent mille hommes aux ordres de Mac-Mahon. Il y avait près de deux cent mille fédérés, qui furent successivement commandés par les généraux Cluseret, Duval, Eudes, Bergeret, Dombrow.ski. Les fédérés prirent l'offensive, le 2 avril, à Courbevoie, puis, le 3, à Chaton et Rueil, et le 4, à Châtillon ; mais ils furent repoussés. Alors, l'arniéo de Versailles se porta à son tour en avant, et le second siège de Paris commença. Le 20 mai, les batteries de brèche écrasèrent l'enceinte de leurs feux. Le dimanche 21 mai, à trois heures après midi, un piqueur dos ponts et chaussées, Ducatel, monta sur la porte de Saint- Cloud, et prévint les gardes do tranchée que le quartier du Point-du-Jour était vide d'insurgés. Doux compagnies du 37' de ligne pénétrèrent aussitôt dans la place : le soir, l'armée occupait presque tout le XVI" arrondissement. La Commune tint encore une séance le 22 mai, puis céda le pouvoir au Comité central, et la guerre des rues commença. Elle dura toute une semaine, cette rouge " Semaine do mai », dont chaque jour est resté marqué en traits de sang et de flamme. Les Versaillais purent prendre à revers toutes les barricades des insurgés. Mais, en se retirant, ceux-ci mettaient le feu aux monuments, après les avoir aspergés de pétrole. Ainsi flambèrent, le 23, les Tuileries, la Cour des comptes; le 24, les Finances, le Palais-Royal, l'Hôtel de Ville ; le 25, les docks de la ViUette et le Grenier d'abondance. Après les incendies, vinrent : 24 mai, premier massacre des otages à la Roquette (Darboy, Deguerry, Bonjean, etc.); 25 mai, massacre des dominicains d Arcueil; 26 mai, second massacre d'otages à la Roquette et rue Haxo, à Belleville. Enfin, le 28 mai, la guerre civile était terminée. Près de 11.000 prisonniers fédérés passèrent en conseil de guerre, certains furent fusillés, d'autres furent pour la plupart déportés à la Nouvelle-Calédonie, d'où les ramenèrent les deux amnisties du 17 janvier 1879 et du 14 juillet 1880.

— BiBLlOGR. : vicomte de Beaumont-'Wassy, Histoire authentique de la Commune de Paris en ISTI (Paris, 1871); Blanchecotto (M""*), Tablettes d'une femme pendant la Commune (Paris, 1872); Martial Delpit, le Dix-huit mars (Paris, 1872); Maxime Du Camp, les Convulsions de Paris (Paris, 1878-1879) ; P. Li-ssagaray, Histoire de la Commune de IS7I (Bruxidles, 1877 et 1896); de Mac-Mahon, Rapport sur les opérations de l'armée de Versailles (Paris, 1871).

Commîmes (Chamdrk des). C'est la Chambre élective de la représentation de la (Jrande-Bretagne. Cette branche, distincte de la législature, n'existait pas avant le XIV" siècle, époque à laquelle les chevaliers des comtés et les représentants des bourgs se séparèrent des pairs pour la constituer. Les membres qui la composent sont nommés dans des conditions différentes et par des collèges électoraux distincts : comtés, bourgs, universités. Les 117 comtés du Royaume-Uni sont représentés par 377 membres, les 183 bourgs par 284 et les 8 universités par 9, soit 670 membres. Les lois électorales, dont les jirincipales sont celles de 1832, de 1867 et de 1884, sont trop compliquées pour qu'on en puisse donner ici un aperçu suffisant. En général, l'électorat est subordonné à une espèce do cens, dont les bases sont variables. Avant la grande réforme de 1832, co singulier mode de représentation présentait des anomalies extrêmement curieuses. Do très grandes villes, comme Birmingham, Manchester, I.,eeds, n avaient point do députés et, d'autre part, 70 députés étaient nommés par des localités où il n'y avait point d'électeurs ; 240 députés étaient élus par des collèges

dont aucun ne possédait 200 électeurs; il y avait même, dans le comté de Bute, 21 électeurs, dont i seul résidant, lequel so présentait et se nommait lui-même. On appelait ces circonscriptions bizarres des boinvjs pourris ; elles ont disparu; mais il existe d'autres anomalies, notamment en ce qui concerne la proportion entre le nombre des représentants et le chiffre de la population : tel comté n'a qu'une circonscription électorale pour 79.000 habitants, tel autre en a une pour 17.000; tel bourg n'a qu'une circonscription pour 89.000 habitants, tel autre en a une pour 15.000. Pour s'expliquer un tel système, qui semble illogique, il faut songer qu'il a été, en partie, fondé par la tradition, si puissante en Angleterre. On ne saurait donner ici une histoire, même très résumée, de la Chambre des communes, ce serait faire toute l'histoire d'Angleterre. Cette assemblée, élue pour sept ans, est présidée jiar un speaker, qu'elle choisit elle-même parmi ses membres. Ce président jouit d'une telle autorité morale qu'il n'a besoin que de se lever pour que tous les députés l'écoutent et lui obéissent. On accepte toutes ses décisions et on soutient en toute occasion son autorité. Il est assisté par un clerk, ou secrétaire de la Chambre, fonctionnaire nommé à vie, qui rédige les procès-verbaux, et par un sergent d'armes, exécuteur des décisions de la Chambre, et qui veille à la police de la salle et des tribunes.

Longtemps, les communes n'ont c«5nnu que deux grands partis : les whigs et les tories, qui tour à tour prenaient le pouvoir, système qui assurait au gouvernement une grande stabilité. Mais les groupes parlementaires se sont multipliés. On compte : les conservateurs (l'anffien parti tory); les libéraux (ancien parti whig) ; les Irlandais, scindés en parnellistes et antiparnellistes ; les libéraux unionistes, qui répudient l'autonomie de l'Irlande; les néo-radicaux, qui forment l'aile gauche du parti libéral; le parti du travail et les socialistes.

— BiBLiOGR. : Freeman, le Développement de la constitution anglaise (Paris, 1877); Thomas Erskine-May, a Treatise on the law, privilèges, proceedings and usage of Parliament (hoDÛres, 1873); Boutmy, le Développement de la constitution et de la société politique en Angleterre (Paris, 1887); comte de Franqueville, le Gouvernement et le Parlement britanniques (Paris, 1887).

Communes (bulletin des). V. bulletin

Comjnune générale des arts, constituée en 1793 par la Convention, qui avait supprimé toutes les Académies. On y admit indistinctementtousles artistes, et ce fut sous son nom que s'ouvrit l'exposition de l'an II (1793). Mais, pour de multiples raisons, la Commune fut abandonnée et il se forma une

Médaille commémorative dp la fondation de la Commune générale des arts.

Société populaire et républicaine des arts, qui tint ses séances au Louvre, de pluviôse à prairial an II (févrierjuin 1793); celle-ci compta parmi ses membres beaucoup d'artistes distingués, entre autres les scupteurs Chaudet. Cartelier et Bosio, les peintres Gérard et Isabey; elle s'occupa de l'interprétation des décrets relatifs aux arts, de pétitions au comité de l'instruction publique, de lectures historiques, etc., en un mot de l'esthétique nationale.

COMMUNÉMENT (ko-mu — rad. comtnnii) adv. Généralement, ordinairement : L'orge plate se sème communément (( la fin de mars, n De la manière commune, vulgaire, selon le cours ordinaire des choses : Communément parlant, semblables entreprises produisent semblables érfiicmcnts.

— Anton. Exceptionnellement, extraordinairement.

COMMUNERO n. m. Hist. espagn. V. comunero.

COMMUNEUX, EUSE D. et adj. Hist. V. COMMU- NARD, ARDE-

COMMUNIANT {ko-mu-ni-an), ANTE n. Personne qui communie, il Personne en âge de communier : Paroisse qui compte beaucoup de communiants, ii Premier communiant, Première communiante, Personne qui fait sa première communion.

Communiante (la), tableau de Bastien-Lepage [.Salon de 1875], C'est une petite villageoise de douze ans, montrée de face, dont les mains, gantées de fil, retiennent sur les genoux le beau livre de messe de la première communion. Cette candide et gauche figure de fillette, se détachant sur un fond laiteux dans la raideur légère de sou voile blanc empesé, est merveilleuse de science et de sincérité. — Jules Breton a traité également, avec un grand charme, co sujet dans un tableau du Salon de 1884 : les Communiantes. — Le musée de Lyon possède une très délicate figure de Communiante, par Saint-Marceaux, en marbre t)!anc.

COMMUNICABILITÉ {ko-mu) n. f. Qualité de ce qui est communicablo, faculté ae se communiquer : La communi- CABiLiTÉ pénétrante du génie français. (Lamart.)

C0MMUNICABLE(A-0 7n») adj. Qui peut être communiqué: Un droit communicable. il Qui peut être mis en communication, avec qui on peut communiquer : Chambres communicables.

— Fig. Expansif, communicatif : Un état plus calme vous rend communicable à ceux du dehors. (J.-L. do Balz ) [Vx.]

— Ko T. de dr.. Qui doit être communiqué au ministère public, pour être examiné par lui.

— Anton. Incommunicable.

COMMUNICANT (ko-mu, A'fl?)). ANTE [lat. communicnns; do comjnunicaj-e, communiquer] adj . Qui communique : Vases

communicants. V. VASE.

— Anat. Artères cojnmunicantes ou, substantiv.. Communicantes, Nom donné à deux artères du crâne qui en mettent doux autres en communication.il Coinmunicante antérieure, Artère très courte, qui met en communication les artères cérébrales antérieures, il CoJnmunicante postérieure ou de Willis, Artère qui met en communication la carotide interne et la cérébrale postérieure.

COMMUNICANTS (ko-mu, kan) n. m. pi. Ilist. relig. Membre d'une secte d'anabaptistes du xvi" siècle, qui pri cliiiiciit la communauté dos temmes et dos enfants. — '

COMMUNICANT.

Un

COMMUNiCATEUR,TRlCE(/vO-ï?iu)a<Jj. Qui sert à mettre CD commmm-atioii : Le fil coMMUNicATiiim.

— Sub-stautiv. Co (|ui rond communicalif : Le lit est le grand coMMtiNicATEiiB qui concilie les âmes en toute communication f/rave et importante. (Miclielet.)

COMMUNICATEUR {kû-mu — rad. comm.uniqu€r) n. m, Mécan. A^jparoil trausmottant lo mouvonient.

— Physiq. Nom donné à l'uiie des parties du télégraphe éloctriquo, qui se compose d'un cercle de laiton tournant librement autour d'un pilier do mf^mo métal.

— Encycl. Mécan, Les conwuinicateurs du mouvement sont les organes qui, interposés entre les récepteurs et lus opérateurs, établissent la communication, les transformations du mouvement initial, transformations s'opérant par contact, avec roulement ouglissement, à l'aide d'intermédiaires rigides ou tloxibles, au moyen de rouleaux, do roues dentées, do crémaillôres, do la vis et de son écrou, de bielles, d'excentriques, de balanciers, de cordes, de courroies, etc. Leur étudo constitue le plus important chapitre de la cinématique.

COMMUNICATIF, IVE {ko-mu) adj. Qui se communique, se gague, se transmet naturellement : Le rire est communi- CATiF. [i Kxpansif : te sourd-muet est très commonicatif.

COMMUNICATION [ko-mii, si-on — lat. communicatio; de communicare, supin communicatum, communiquer) n. f. Action de communiquer, de transmettre de l'un à l'autre ; La coMMDNicATioN d'u7i mouvement, il Echange, action de l'aire participer : La communication des idées.

— Faculté, moyen ou action de se transporter ou de transporter quelque chose entre deux lieux, deux points ditférents ; d'établir des relations entre deux objets ou deux endroits ; Voies de commdnication. Ouvi-ir des communications entre deux Etats, entre deux pièces, il Epanchement; rapports : 5e mettre en communication avec un accusé.

Il Avis, renseignement, confidence ; Recevoir, Donner une communication. Il Action de remettre ou de montrer quel-

Ïie chose à quelqu'un , pour lui en donner connaissance : onner. Recevoir des pièces en communication.

— Art milit. Communications qm Lignes de communication. On appelle ainsi les voies diverses par lesquelles une armée se maintient reliée à sa base d'opérations, et dont elle se sert pour amener à elle le personnel et le matériel dont elle a besoin, ainsi que pour évacuer ses blessés, malades, prisonniers faits à 1 ennemi, matériel devenu inutile, etc. ;

• Couper les communications de l'ennemi.

— Ch.de f. Communication des wagons d'un train en marche avec le chef de train et le mécanicien. {En cas d'accident ou pour une cause grave, les voyageurs peuvent, de leurs compartiments respectifs, prévenir le chef de train et le mécanicien. Il suffit de faire fonctionner un signal, en tirant sur un bouton ou une poignée placée dans chaque compartiment.)

— Dr. Communication d'instance. Communication faite par le rapporteur sur la demande d'une partie, il Comjnimication de pièces. Acte par lequel on soumet à certaines personnes, sur leur demande, des pièces qu'elles ont intérêt à connaître.

— Electr. Transmission de l'électricité par contact d'un point à un autre. !i Communication à manchons. Système dû à Baron pour raccorder doux fils aériens. (11 se compose d'un manchon aplati et évidé sur une rainure, suivant deux génératrices parallèles.) il Communication directe. Transmission échangée entre deux bureaux télégraphiques à travers un troisième dans lequel on a relié directement les deux stations extrêmes, en mettant tous les appareils hors du circuit au moyen du commutateur, li Communication pneumatique. Tuyaux hermétiquement fermés où la force motrice est empruntée à une différence de pression de l'air aux deux extrémités, et dans lesquels s'effectue la transmission des boîtes contenant des dépêches, il Mettre en communication avec.... Etablir une communication conductrice entre deux points, il Cofnmunication téléphonique.

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