PAGNE
— Fig. Objet intimement, nécessairement uni à un autre ; conséquence obligée : La douleur est la compagne nécessaire de tout excès. (Helvét.)
— Hist. Notre chère épouse et compagne, Titre que le roi de France donnait à la reine dans les actes publics.
— Mar. Chambre du majordome, sur une galère, il Magasin aux vivres des galères, aux xvi» et xvif siècles. i.La compagne est une chambre qui mesure 4" ,55 do long; elle sert à ranger le vin, les salaisons, l'huile, les légumes, etc., tandis que la chambre au biscuit, appelée « paillot », est de près du double plus grande.)
COMPAGNI (Dino), historien florentin, né à Florence au milieu du xiu' siècle, mort en 1324. Il faisait partie do 1' « Art de la soie ». Il fut membre du conseil du podestat en 1284; prieur en 1289 et en 1301, et gonfalonier de justice en 1293. Il a laissé un poème allégorique, l'/nte;//qenza (édit. de Gellrich; Breslau, 1883). On lui attribue la fameuse « Chronique florentine », qui raconte les guerres civiles de Florence, de 1280 à 1312, et notamment celle des noirs et des blancs. Sur la Chronique de Dino Compagni, trois systèmes se sont formés parmi les savants. Les uns la considèrent comme entièrement apocryphe ; d'autres affirment l'authenticité pure et simple ; d'autres, enfin, en présence des innombrables erreurs dont fourmille la Chronique florentine, tout en admettant l'authencité, conviennent que de nombreuses interpolations ont été faites, au moins depuis le XV" siècle.
COMPAGNIE [kon, gni [gn mil.] — de Tanc. franc. compain. compagnon) n. f. Société d une ou plusieurs personnes : La COMPAGNIE des sols est pire que la solitude. Il Réunion de personnes : En toutes compagnies, il y a plus de fous que de sages. (Rabelais.) il Se dit particulièrement d'une société de gens se réunissant pour leur aarément mutuel : Une compagnie choisie, il Association littéraire ou savante : Réception d'un académicien dans la compagnie. Il Association de gens exerçant une même profession libérale, remplissant les mêmes fonctions publiiiues. Il Corporation religieuse : La compagnie de l'Oratoire, de Jésus.
— Par ext. Tout ce qui se trouve ou peut se trouver avec quelqu'un : Le chien est la compagnie naturelle du chasseur. Un bon livre est une agréable compagnie.
— En compagnie ou De compagnie. Avec d'autres, accompagné, par opposition à seul : ûiner en compagnie. Voyager de compagnie.
— 'Bonne compagnie. Société de gens qui sont, passent ou se donnent pour bien élevés, distinguos, spirituels : On ne peut que gagner, dit-on , en bonne compagnie. — Genre adopté parmi les gens qui passent pour bien élevés : Paraître indifférent à tout, c'est bonne compagnie.— Compagnie nombreuse, forte : Jl ne faut s'aventurer dans certains bouges qu'en bonne compagnie. (Galland.) n De bonne compagnie. Honnête, distingué par l'esprit et les manières : Les gens qu'on dit être de bonne compagnie ne sont souvent que ceux dont les vices sont plus raffinés. (Montesq.)
Il Mauvaise ou Méchante compagnie, Société des gens sots, grossiers ou méchants, il De mauvaise compagnie. Grossier, malhonnête, sans esprit, ennuyeux en société.
Tenir, Faire compagnie à quelqu'un. Rester avec lui
pour lui tenir société. (Fig. .Servir à désennuyer, à faire passer agréablement lo temps : Un souvenir heureux tient fidèle compagnie.) ii Dame ou Demoiselle de compagytie. Dame ou Demoiselle spécialement chargée de faire compagnie à unoautrepersonne.il Fausser compagnie, Se retirer ou no pas venir, il Jouer à la fausse compagnie. Trahir son parti. (Inusité.)
— Admin. milit. Nom donné à l unité fondamentale, à la fois tactique et administr.itivo, de l'infanterie.
— Arithm. Dègle de compagnie. Règle qui donne les moyens de partager une somnie avec plusieurs associés, d'après la quotité do leurs mises.
— Art milit. V. la partie encycl.
— Chass. et véner. Bande d'animaux, à poils ou à plumes, de même espèce : Une compagnie de perdreaux, ii Bêtes de compagnie. Jeunes sangliers d'un an à deux ans et qui vont on troupe. — Fam. Bête de compagnie. Homme qui aime la société et qu'on entraîne facilement.
— Comm. et industr. Société commerciale ou industrielle : l'iie COMPAGNIE d'assurance sur la vie. n Compagnie de chemins de fer. Société anonyme ayant un caracièro rommcrciai déterminé par donombroux arrêtés ministériels et se substituant à l'Etat pour construire et exploiter des lignes do chemins do for. ll Compagnie française. Compagnie normande. Associations do mariniers qui avaient lo monopolo du commerce par oau entre Paris et Rouen.
Il Compagnie des Indes, Grande compagnie anglaise nui fait lo commerce dos Indes qu'elle a conquises et qu'ello a gouvernées jusqu'au mois de septembre 1858.— Société fondée par Cofbert, avec privilège, pour lo commerce des Indes. II Compagnie des grandes Indes, Association commerciale qui fut formée en Hollande, au xvii" siècle, do toutes les compagnies précé.leniment établies. II Et compagnie ou plus souvent c( (''", Désignation qu'un commerçant ajoute à son nom, lorsqu'il a des associiSs dont lo nom no llguio pas dans la raison sociale.
— Dr. nnc. Ce mot se disait des grands corps do magistrature ; Les COMPAGNIES souveraines. Les compagnies supérieures. Les remontrances des compagnies.
— Fauconn. liête de bonne compagnie. Oiseau qui n'osl pas sujet à s'enfuir pondant la chosso.
— .\Iar. Fraction do l'équipago : Les navires ont leur