COMPAGNIE
ou les manœuvres. Aucun d'eux ne peut avoir d'argent, et leurs centimes de poche sont versés à la Caisse d épargne.
A leur libération du service, ils ne peuvent obtenir de certificat de bonne conduite. -As reçoivent, s'ils s'en rendent dignes, uno attestation de repentir du commandant de compagnie. . .
Sans les régiments étrangers et dans ceux de tirailleurs algériens, il existe une section de discipline, destinée à recevoir les hommes dont la conduite est d'un trop mauvais exemple, et ceux renvoyés au corps après avoir subi une condamnation ; tandis que, dans ce dernier cas, les hommes de tous les autres corps sont envoyés aux bataillons d ;>ifanterie légère d'Afrique, dont la destination et l'organisation sont très différentes.
— Compagnies d'ordonnance. Ce nom fut donne aux premières compagnies régulières constituées par 1'. ordonnance . de Charles Vil. Les états généraux, convoques a Orléans en U39, ayant demandé quo l'armée fiit composée de compagnies comptant chacune 100 lances garnies à raison de 6 hommes par lance. Charles Vil créa 15 compagnies d'ordonnance et lit établir, pour les entretenir, un impôt dit • taille perpétuelle ».
En 14-3, Louis XI rendit un édit régularisant cette organisation et fixant à 6 chevaux la composition de chaque . lance . . D'autre part, ce roi multiplia le nombre des com-
Homme d'armes d'une compagnie d'ordunnauct. sous François I".
pagaies et créa ainsi des compagnies réduites de 30 et 25 lances. François I", puis Henri II relevèrent à 8 hommes l'effectif de chaque « lance fournie «. Charles IX ramena les compagnies à 50 lances au moins. Mais, déjà, l'on touchait à la disparition de la lance et de la « gendarmerie •• du moyen âge devant les armes à feu. Les compagnies dordoiinance se transformèrent en corps de cavalerie qui constituèrent surtout la garde personnelle et la maison miWaire du souverain.
— Compagnies franches. S'appellent ainsi des détachements spéciaux constitués au cours d'une campagne, au moyen d'hommes choisis, groupés momentanément sous les ordres d'un capitaine, en vue de quelque petite expédition demandant surtout de la vigueur et de l'énergie. (On dit aussi groupes francs, Veffectit et la composition de ces détachements étant essentiellement variables.)
— Compagnies disciplinaires des colonies. Ces compagnies, créées en 1360 et différentes des compagnies de discipline, forment un corps disciplinaire rattaché à l'infanterie de marine, mais reçoivent aussi des hommes que le ministre de la guerre y envoie comme ayant encouru une peine d'emprisonnement de six mois ou plusieurs peines correctionnelles pour des délits dedroitcommun,oubi6nen raison de leur mauvaise conduite pendant une détention pour délits purement militaires. Il faut, dans tous les cas, qu'ils aient encore au moins un an do service à accomplir.
Il existe trois de ces compagnies : l'une est au Sénégal ; l'autre est répartie entre Diégo-Suarez (Madagascar), la Martinique et les îles Saint-Pierre et Miquelon ; la troisième, avec létat-major du bataillon et un dépôt, est dans l'île d'Oléron.
— Compagnie colonelle. On appelait ainsi, autrefois, dans chaque régiment , une compagnie dont le colonel général de l'infanterie avait la propriété et était considéré comme le capitaine. Cette compagnie n'était effectivement commandée que par un lieutenant qui s'appelait le lieutenant du colonel qu'il représentait : doù, par abréviation, lieutenant-colonel. La colonelle avait, entre autres privilèges, à l'époque où chaque compagnie avait son drapeau, celui de porter un drapeau blanc, qui se trouva devenir ainsi celui du roi quand Louis XIV, ayant supprimé la charge de colonel général de l'infanterie, en prit pour lui les attribations et les couleurs.
— Etranger. La compagnie présente, dans les armées de tomes les grandes puissances européennes , à peu près la même organisation, imitée de celle de la compagnie allemande. L'Angleterre seule a conservé le bataillon à 8 compagnies, et ces unités y ont encore le caractère qu'elles avaient précédemment en France.
— Hist. Compagnies de colonisation. L'histoire des compagnies de colonisation présente deux périodes distinctes. Toutes les nations colonisatrices et notamment la France, la Hollande et l'Angleterre, ont possédé autrefois des compagnies privilégiées de colonisation, qui se sont, en général, formées et développées au xvii' siècle, ont décliné au xviii* par suite des anus qui se sont développés dans leur sein, ont sombré à la fin du xvm' siècle ou au commencement du xix' sous le poids de leurs fautes et sous les critiques dos économistes. Ce procédé de colonisation paraissait définitivement condamné, quand, dans le dernier quart du xix< siècle, on a vu reparaître do nouvelles compagnies privilégiées en Angleterre , en Allemagne , au Portugal.
I. Lus COMPAGNIES d' AUTREFOIS. 1» France. Des anciennes puissances coloniales, la Franco est celle où les compagnies de colonisation ont été, sinon le plus prospères, do moins le plus nombreuses, et où elles ont reçu des
fioavoirs publics l'appui le plus énergique et les privièges les plus étendus. Créer des compagnies à charte a été la politique presque constante des rois, depuis Henri IV jusqu'à la Révolution, et jamais aucun gouvornemcnt n a fait en leur faveur des sacrifices aussi considérables que celui do Louis XIV. Ces compagnies étaient constituées on vertu do chartes octroyées par la royauté et qui déterminaient à la fois leurs privilèges et leurs
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obligations. La royauté concédait d'ordinaire à la compagnie la souveraineté et la propriété des territoires à coloniser et le monopole du commerce entre la métropole et la colonie. A ces avantages essentiels s'ajoutaient parfois l'exemption de tous droits d'entrée et de sortie, des primes aux marchandises importées ou exportées, des avances de fonds faites sans intérêt par le trésor royal. Par contre, la compagnie s'engageait à assurer la sécurité intérieure et extérieure de la colonie et, à cet effet, on lui déléguait certains attributs de la souveraineté : entretien de soldats, construction de forts, pouvoir judiciaire. Certaines clauses relatives au peuplement de la colonie (obligation d'introduire chaque année dans la colonie un nombre déterminé de Français) et à la conversion des indigènes à la foi catliolique figuraient aussi dans ces chartes de concession. .
Richelieu, Colbert et Jean Law donnèrent une impulsion particulièrement active à ce procédé de colonisation. Malgré l'échec des premières tentatives faites par Henri IV, Richelieu crée successivement : la compagnie de Haint-Chrislophe {\626], dite plus tard des îles de iAmérigue, qui, après avoir obtenu deux fois le renouvellement de son privilège (1635, 1642), finit par vendre ses possessions à prix d'argent (1649-1651); la compagnie des Cent associés (1628), pour le commerce du Canada, qui végéta jusqu'en 1663; plusieurs compagnies de la France éguinoxiale et du Sénégal, qui échouèrent, et enfin une compagnie des Indes orientales (1642). Colbert, estimant que Pinsuccès de ces sociétés provenait de leur multiplicité, les remplaça par deux grandes compagnies : la compagnie des Ijt'des occidentales (charte du 28 mai 1664) et la compagnie des Indes orientales {lettres patentes d'août 1664). La première liquida en 1674, cédant la place à nombre do petites compagnies particulières; la seconde végétait quand Jean Law fonda, en 1719, sur les débris de toutes ces sociétés, sa grande compagnie des Indes, qui devait centraliser tout le commerce de la France avec les pays d'outre-mer. Cette compagnie survécut à la ruine du système, et dura jusqu'en 1769, époque à laquelle son privilège, vivement attaqué dans un mémoire de Morellet, et vainement défendu par N'ecker, tut suspendu par un arrêt du mois d'août. D'autres compagnies se fondèrent sous Louis XVI ; la Révolution les supprima (décret des 26-29 germinal an II).
2» Hollande. Les compagnies néerlandaises de colonisation ont été moins nombreuses, mais plus prospères et plus durables. La compagnie hollandaise des Indes orientales, la plus remarquable de toutes les sociétés do ce genre, naquit en 1G02 de la réunion de plusieurs petites sociétés similaires dont chacune, sous le nom de chambre, conserva longtemps son autonomie au sein de l'association. Les directeurs, nommés par les états généraux de Hollande, géraient uniquement les affaires communes. Ce caractère féderatif s'cft'aça d'ailleurs peu à peu. La compagnie, qui avait le monopole du commerce avec les pays situés au delà du Cap et la souveraineté des territoires occupés par elle, visa surtout à accaparer lo commerce de l'extrême Orient, où elle supplantait les Portugais. Elle établit à Batavia (fondée en 1619) sa base d'opération ; là les grands navires hollandais débarquaient les marchandises d'Europe , quo de petits bâtiments transportaient ensuite dans les différentes parties des Indes ; là, ils cliargeaient les produits de l'extrême Orient amenés par ces mêmes bâtiments, qui faisaient le trafic d'Inde en Inde. Habilement conduite, la compagnie des Indes fit, au cours du XVII' siècle, do très beaux bénéfices, distribua à ses actionnaires des dividendes élevés, et put, à diverses reprises, payer très cher à l'Etat le renouvellement do son privilège. Mais son avidité et son égoisme la perdirent. Pour restreindre le commerce des épices afin de les vendre plus cher, elle prit une foule de mesures vexatoires et odieuses qui amenèrent des révoltes continuelles parmi les indigènes. Ses employés, mal payés, se dédommagèrent en faisant, malgré toutes les défenses, le commerce pour leur propre compte. Les places de directeurs de la compagnie, primitivement confiées à des négociants expérimentés, devinrent héréditaires dans quelques familles puissantes. La routine, la corruption et le favoritisme s'introduisirent dans toutes les parties de l'administration. La situation financière de la compagnie finit par devenir mauvaise et, pendant la plus grande partie du XVIII' siècle, elle ne subsista que grâce aux subsides votés par les états généraux. Elle disparut, laissant un passif énorme, en 1795, lorsque la Hollande fut envahie par les troupes françaises.
Une autre compagnie hollandaise, celle dos Indes occidentales, fut fondée en 1621. Elle s'établit àCaracas, d'où elle fit un commerce actif de contrebande avec les colonies espagnoles, et essava vainement à plusieurs reprises de s'emparer du Brésil. "Son plus beau titre de gloire est la colonisation de Surinam. Les pertes que lui firent subir les Anglais pendant la guerre de l'indépendance des Etats- Unis amenèrent sa ruine. Elle liquida en 1791.
3» Angleterre. A la fin du moyen âge, le commerce étranger était dans ce pays entre les mains de compagnies ouvertes {regulated co'mpanies) ou fermées {joint stock companies). Il en fut do même du commerce colonial. La plus célèbre des sociétés fondées en Angleterre pour l'exploitation des pays lointains est la compagnie des Indes orientales qui, après avoir commercé dans l'Inde avec dos fortunes diverses pendant le cours du xvii' siècle, fusionna avec une société rivale en 1702, sous le titre de United Company and merchants trading to the East Indies. Cette société avait poursuivi d'abord un but uniquement commercial ; mais, au xviii" siècle, par suite de la lutte avec la Franco, une tendance nouvelle se manifeste dans sa direction. La préoccupation d'une domination politique à asseoir dans l'Kindoustan l'emporte sur lo souci des opérations commerciales. La grande importance quo prit la compagnie à la suite de la conquête de l'Inde et les abus qui lui étaient reprochés amenèrent sa réorganisation sur des bases plus sévères {act do 1773) et mit aux mains de quelques privilégiés de la fortune le gouvernement d'un immense empire. Cette situation entraîna d'aburd uno surveillance plus étroite du gouvernement anglais (création d'un bureau de contrôle en 1784), puis l'abandon dos ojiérations commerciales. En 1834, la compagnie céda son actif au Trésor, moyennant une annuité payable aux actionnaires, et son rôle se borna désormais à administrer l'iiulo pour lo compte do l'Ktat. Elle disparut à la suite do la révolte des cipayos (acte du 2 août 1858). II. Les compaôsies d'aiijolbd'uci. Los compagnies de
colonisation sont considérées, surtout aujourd'hui, comme un outil d'envahissement permettant d'occuper rapidement et sans bruit de nouveaux territoires, comme un écran destiné à masquer une prise de possession qui, ouverte et avouée, aurait pu soulever des difficultés diplomatiques. La compagnie gagne audacieusement du terrain en avant ; le gouvernement qui se cache derrière elle la désavoue si elle va trop loin. Aussi tous ces écrans disparaîtrontils sans doute, à mesure que la reconnaissance du fait accompli par les puissances étrangères les aura rendus inutiles. Ces compagnies, comme celles d'autrefois, possèdent certains attributs de la souveraineté : elles administrent le pays, entretiennent des forces de police, lèvent des impots, traitent avec les indigènes, et parfois mémo rendent fa justice. Mais le progrès des idées a amené de plus l'insertion, dans les chartes qui leur sont concédées, de précautions libérales et humanitaires dont ces sociétés ne tiennent pas toujours grand compte en pratique. Ces nouvelles compagnies souveraines, créées en 1881, sont : en Angleterre, la British North Bornéo Company (charte de 1881), la Royal Niger Company (charte du lOjuill. 1886), la British East Al'rioa Company (charte du 3 sept. 1888) et la British South Africa Company ( charte du 29 oct. J889); — en Allemagne, les compagnies de la Nouvelle- Guinée (1885), de l'Afrique orientale et la société coloniale du Sud-Ouest africain ; — en Portugal, la compagnie de Mozambique (charte de 1891, modifiée parcelle du 17 mai 1897). En France, la création de ces compagnies privilégiées a été proposée fréquemment depuis dix ans, mais les scrupules des jurisconsultes ont opposé jusqu'ici une résistance invincible à tout ce qui pourrait paraître un démembrement de la souveraineté.
— BiBLlOGR. : P. Leroy-Beaulieu, De ta colonisation chez les peuples modernes (Paris, 1873); P. Bonnassieux, les Grandes Compagnies de commerce.
— Arithm. Hégle de compagnie ou de société. Deux cas peuvent se présenter, selon que les fonds mis en commun ont été employés pendant le même temps, ou pendant des temps inégaux. Dans le premier cas, la règle de compagnie est due simple ; dans le second, elle est dite composée.
1° Bégle de compagnie simple. C'est un simple partage en parties proportionnelles. On montre aisément que ; chaque part est égale au bénéfice total multiplié par la mise correspondante et divisé par la somme des mises.
2" Régie de compagnie composée. Lorsqu'on fait intervenir la durée des placements confiés à une entreprise, on admet que, pour des placements de même durée, les bénéfices sont proportionnels aux mises , et que , pour des mises égales, ils sont proportionnels aux durées des placements. Cette double supposition permet de ramener la règle de compagnie composée à une règle simple . Supposons, en efi'et, pour plus de généralité, que deux associés ont placé dans une spéculation, le premier une somme M pendant le temps /, et le second une somme M' pendant le temps ('. Imaginons de plus qu'un troisième associé a placé la même mise M que le premier pendant le même temps t' que le second. D'après les principes posés plus haut, en appelant x, y, z les trois parts, on aura entre le premier et le troisième associés,
z' f et, entre le troisième et le second,
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d'où, en multipliant ces deux proportions terme à terme,
y'U't' ce qui veut dire que : les parts (bénéfices ou pertes) des associés sont entre elles comme les produits des mises par les temps correspondants. Grâce à ce théorème, la considération du temps est écartée, et le problème se réduit encore à un partage en parties proportionnelles.
— SïN. compagnie, société. Dans le sens d'association, ces deux mots ne présentent pas de différence saisissable ; cependant, on dit plutôt compagnie que société quand il s'agit des membres assemblés : Lire son mémoire devant
la COMPAGNIE. , , j j
— Bonne compagnie, bonne société. La seconde de ces locutions désigne les personnes qui occupent un haut rang dans le monde, dans une ville, etc. Sonne compagnie ajoute à cette idée celle d'élégance, de délicatesse, etc., que n'évoque pas forcément la première expression : Les gens de la BONNE SOCIÉTÉ ne so;i( pas toujours de bonne