TION
COMPILER {kon ~~ lat. compilare; du préf. com, et du lat. pilare, voler) v. a. Mettre ensemble des choses prises çà ol là, et no formant pas un tout homogène : Compiler un gros volume. Il Absol. taire des compilations.
— Allus. LiTT. : Il compilait, compilait, compilait, Vers do Voltaire dans la satire du Pauvre diahle, contre l'abbé Trublct. Ce vers comique ost appliqué généralement aux mauvais compilateurs, aux plagiaires qui so parent des dépouilles d'autrui. Voici le passage dont il fait partie :
Au peu d'esprit que le bonhomme avait L'esprit d'autrui par complément servait. Il entassait adage sur adage, Il compilait, compilait, cominlait.
COMPISSER {kon) v. a. Arroser de son urine. (N'est employé que dans le style burlesque.) — Intransitiv. Uriner fréqueninient.
COMPITAL, ALE, AUX (du lat. Comp(/rt/i>; de C07?i^ffjan, carrefour) adj. Autiq. rom. Qui a rapport aux compitales :
Jeux COMPITAIX.
COMPITALES (A-on — du lat. compitalia) n. f. pi. Antiq. rom. Fêtes des lares compitales, protecteurs des carrefours et des rues qui y aboutissaient.
— Encycl. Elles so célébraient à une date variable, mais un peu avant les saturnales. Les paysans venaient déposer devant l'autel des jougs brisés, symbole du travail terminé: on apportait auxlares des gâteaux, des bandelettes, de petites poupées en laine (mani>), représentant les membres de la famille, qu'on priait les lares d'épargner. Les esclaves étaient chargés de ces sacritices; aussi en attribuait-on l'origine à Servius Tullius, qui était, disait-on, tils dune esclave. Toutes sortes de jeux se donnaient aux carrefours, et l'on portait processionnellement les statuettes des lares. Des collèges se formèrent à cet effet, dont les jnagistri linirent parse recruter parmi les hommes riches et'influents, qui liront de leur charge un moyen d'intrigue politique. C'est pourquoi ces collèges furent supprimés par Jules César. Plus tard, Auguste rétabht les coi7ipitalia, en y adjoignant le culte de son propre génie {genius A ugusti), mais les collèges demeurè/ent interdits. Les compitalia se célébrèrent alors le l" mai et le l" août. Cependant, les calendriers do la fin de l'empire les inscrivent à la date des 3, 4 et 5 janvier.
COMPiTALlGE(*on} adj. Qui appartient aux fêtes compitales.
COMPITUM {ko7i, tom') n. m. Antiq. rom. Point de rencontre de deux ou plusieurs routes; carrefour. 11 Petit temple élevé en cet endroit.
COMPLAIGNANT {kon-plè-gnan [gn mil.]), ANTE adj. Qui so plaint en justice : Etre complaignant.
— Substantiv : La requête du complaignant. (Vieux.) COMPLAINDRE {kon-plindr") v. a. Plaindre, montrerde la
compassion pour: Complainurehh animal qui souffre, ty s..) Se complaindre, v. pr. Se plaindre. (Vieux.) COMPLAINTE {kon-plint') n. f. Plainte, action de se complaiudre. (Vieux mot qui se dit encore, mais très familièrement, et par allusion aux chants plaintifs qui portent le même nom) -.Finissez donc vos complaintks.
— Chant populaire, contenant un récit lamentable ou pieux : La complainti; du Juif-Errant, de Geneviève de Bradant, de Eualdès, etc.
— Dr. Action possessoire, tendant à faire cesser un trouble de possession. 11 Complainte en cas de saisine et de îwuvelleté. Nom que l'on donnait à cette même action possessoire dans l'ancien droit français. Il Complainte en matière bénéficiaire. Se disait, dans le même sens, à propos de la possession disputée d'un bénéfice.
— Gramm. arabe. Proposition compellalive.
— Syn. Complainte, doléance, jérémiade. Une cû»iplainte est l'expression importune do plaintes insipides ou dénuées do tout fondement. Vncdoléance est une plainte timide ou relative ù de petites choses. Une jérémiade ost une suite de plaintes qui fatiguent par leur longueur, par leur monotonie.
— Encycl. Littér. L'objet de la complainte a varié, ainsi que lo ton, ù diverses époiiues. D'abord, née de l'élégie, la complainte pleura sériouseniont, et, sur dos airs faciles, maisdouloureusoment monotones, répandit parmi lo peuple dos sentiments patriotitjues ou pieux, et perpétua le souvenir d'illustres infortunes. Tollo fut la complainte au moyen &ge. Changée en poème satirique au x.vi« siècle, elle devint burlesque sous Louis XV. On l'employa surtout pour raconter los forfaits des criminels condamnés à mort ; mais on lui donna un ton constamment irouii^uc, qui, loin d'éveiller la commisération ou l'horreur, lit naitro lo riro et la moquerie. Ce genre déplorable, se trouvant en harmonie avec l'esprit français, devint lo genre détinitif do la complainte; mais genre et chose tombent do plus en plus en désuétude.
— Dr. La complainte peut être formée par quiconi)^uo possède un imuumblo ou exerce un droit réel immobilier (usufruit, servitude, oto.) à leirot de faire cesser un trouble do droit ou do fait apporté À sa possession. Eu droit rumain, l'interdit uti possidelis remplissait le mémo but. La complainte exige pour son admission, comme l'interdit, uno possession paisible, publiuue, et ù titro non jtrécairo; do plus il faut qu'elle soit annale, condition qui n était pas exigée pour l'interdit et qui est empruntée aux usages
fermaniques. La complainte doit être intentée dans l'aunéo u trouble [C. de nroc, art. 2Li). Cette action est de la compétence du juge ae paix (loi du 25 mai 1:SJS, art. G).
Complainte du pauvre Commun et des pauvres laboureurs de Franoe (la), poémo historique, d'.VIain Chartier. — C'est lo tableau navrant dos calamités, guerre, famine, impôts écrasants, qui pesaient sur les campagnes, au temps do Charles VI et do Charles Vil. I-a peinture ost émouvanto. Kilo fait lo plus grand honneur au poète
a ni ose. au sein même do la cour, élever la voix ou faveur es opprimés.
Complaintes du Désert. On appelle do ce nom des chansons populaires, composées au xviu* siècle, sur la capture et 1 exécution de certains uiinistros protestants. I.os plus célèbres sont celles qui sont consacrées A la mort de Roussel (17Ï8\ do Desubas (l7lti). de Hone/ot (1754), do Lafage (I7r.l}. A défaut do mérite littéraire, elles ont uno naVvoté rudu et un profond sontimout religieux.