CONCENTRER — CONCERT
l'osprit se forme des concepts, c'est-à-diro des idées quî peuvent être dénuées do toute réalité objective, et qui sont crééo.s par un travail propre do la pensée. Vuand il s'agit dune simple possibilité, la conception s'appelle hi/pothèse; quand il s agit d'une simple idée abstraite et générale, elle s'appelle abstraction ou généralisation ; selon qu'elle porto sur le passé ou sur des éléments artificiellcnioPt combinés, on la nomme mémoire ou imagination,
— Théol. D'après l'enseignement do la théologie catholique, ÏPnmaculée Conception est le privik'-i^'e en vertu duquel la sainte Viergo a été exemptée, an moment môme de sa conception dans le sein de sainte Anne, samèro, de la taclie du péché originel, commune à toute la postérité d'Adam. Cette croyance existait depuis longtemps lians l'Eglise. Combattue par les dominicains, défendue par Scot et son école, puis par les iésuites et la Sorbonno, elfe devint de plus en plus chère à la piété dos fidèles, et, avec l'assentiment et sur la prière de tout l'épiscopat, fut érigée en dogme de foi par le pape Pie IX, dans la bulle bieffabilis, le 8 décembre 1854. Voici les termes mémos de la définition ; 'I Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la bienheureuse vierge Mario fut, dans le premier moment de sa conception, par uno grâce et un privilège singulier de Dieu tout-puissant et en vue des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, préservée intacte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et que, par conséquent, elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. » Par suite do cette grâce spéciale, lasainteViergeéchappaà la concupiscence et à la malédiction qui pèse sur la postérité d'Adam; elle eut, suivant l'expression de Bossuot, « une chair sans fragilité, des sens sans rébellion». Cependant, elle bénéficia de la Rédemption, et c'est en vue des mérites de Jésus-Christ que ce miraculeux privilège lui fut accordé. Les théologiens donnent de ce mystère plusieurs raisons de convenance. La première est tirée de la maternité divine de Marie : la mère de Jésus devait être si pure qu'aucune souillure, même involontaire, no pouvait tacher son âme. La seconde ressort de la part que Marie a prise au mystère de la Rédemption, no convenait-il pas que la créature, privilégiée entre toutes, par qui nous arriva la grâce de la Rédemption, en éprouvât elle-même l'efficacité, avant toutes les autres créatures rachetées? Deux passages de l'Ecriture sont ordinairement cités comme contenant une allusion implicite à l'immaculée conception de Marie : le texte de la Genèse (III, 15), qui nous montre la femme écrasant la tète du serpent ; ensuite, les paroles de la salutation que l'ange Gabriel prononça, en annonçant à Marie qu'elle serait mère do Dieu : " Je vous salue, pleine de grâce, u (Luc, I, 28.)
Conception (baie de i.a), grande baie formée par l'océan Atlantique, sur la côte septentrionale de l'ilo do Terre-Neuve, partageant en deux la presqu'île d'Avallou. Sur ses bords est le port dit « Harbour-Grace ». Centre considérable de pêcheries.
CONCEPTIONNAIRE {sè-psi-o-nèr') n. m. Théologien qui soutenait la conception immaculée de Marie, avant la décision qui a fait de ce dogme un article de foi catholique.
CONCEPTIONNEL (sè-psi-o-nèl), ELLE adj. Qui a rapport aux conceptions, qui a le caractère d'un concept.
CONCEPTIONNISTE {sè-psi-o-nisst') n. m. Membre d'une société politique et religieuse qui. on Espagne, sous Ferdinand VII, cherchait à imprimer à la politique une direction réactionnaire et cléricale.
CONGEPTISTE {sè-ptisst' — du lat. concipere, supin conceptinn, concevoir) n. m. Nom donné, eu Espagne, aux culiistes outrés, poètes qui n'admettaient que des figures
inusitées.
CONCEPTIVITÉ {sè-pti — du lat. concipere, supin conceptum, concevoir) n. f. Faculté de concevoir, fécondité do la femelle.
CONCEPTUALISME (sè-ptu, lissm' — rad. conceptuel) n. m. Doctrine philosopliiquo d'Abélard, qui professe que luniversol existe dans les choses mêmes, et que, séparé des choses, il n'est ni une réalité en soi, comme lo veulent les réalistes, ni un simple mot, comme lo soutiennent les ;iurainalistes, mais uno conception do l'esprit, qui exprime :a nature essentielle de la pensée.
— Encvcl. V. scolastique (philosophie).
CONCEPTUALISTB {sè-ptu , lisst') n. Partisan du con- .opiualisme : Les conceptuaxistks regardaient les notions ijénérates comme de simples concepts subjectifs, n'ayant
ucune réalité objective hors de l'entendement gui les con^
oit. (Hugonin.)
— adj. : Système conceptcaliste.
CONCEPTUEL, ELLE (s('-p^(-^/' — du lat. concipere, supin nceptum, concevoir) adj. Pliysiol. Relatif â la conception ; ni appartient à la conception : Acte conceptcel.
— Philos. Relatif, contorme au concoptualisnio : L'idée 'uveraine est à la fois conceptuelle et réelle. (H. Martin.)
CONCEPTUS {sè-ptuss) [mot. lat.] n. m. Produit do la oncoption, do la fécondation; l'couf fécondé.
CONCERNANT [sèr-nan) prép. Par rapport ù, au sujet do : Avoir à parler à quelqu un concernant un projet.
CONCERNER [sèr-né — lat. conccrnere ; do cum, avec, ot cernerc, voir) v. a. et unip. Toucher, regarder, importer A : L'armée doit se tenir à part des araires publigues, dans tout ce qtti concerne leur direction habituelle. (M"" do S(aël.)
— Syn. Coocernor, regarder, toucher. Concerner marque un rapport plus étroit que regarder, et /oticAtfr dil plus encore que concerner; if s'nppliquo aux intérêts les plus chers, aux besoins les plus intimes.
CONCERT [sèr — do l'ilal. concerto) n. m. Exécution par un plus ou moins grand nombre dartisios, soit chuniours, soit instrunieniistes, do divers morceaux ou composilious do musique vocale ou instrumontalo. Il y a des concerts do divers genres : concerts symphoniques, concerts d'oratorio, concerts spirituels (composés do musique roligiouso), foncer/* de virtuoses, concerts de musique de chambra, de musique militaire, otc. Il Lieu où l'on onlond cette exécution : Aller au coNCunT.
— Par anal. Chants d'hommes ou d'oiseaux : /-w coN- CKBTS du rossignol.
— Poét. Cluinls do poètes, poésies.
— Par oxt. Knsoniblo 1" do bruits simultanés : Le sauvage coNCBRT des wnts, de ta grêle, de la foudre; *• do
COxNCERTANT — CONCEVABLE
manifestations émises à la fois et d'un commun accord : Un CONCERT d'éloges, de cris.
— Fig. Accord, entente : Le concert européen.
— Concert npirituel. Autrefois, Concert public donné pendant la semaine sainte, et qui se composait on grande partie de morceaux religieux, ii Aujourd'hui, Concert exclusivement composé de morceaux religieux.
— Café-concert. V. café.
— Loc. adv. : De concert. Ensemble et avec entente : Travailler db concert, il Sans concert, Sans s'être entendus, concertés. (Peu us.)
— Encycl. Mus. Les concerts publics ne remontent guère au delà du xvni'' siècle. Jusqu'alors, les concerts étaient un luxe que se permettaient seuls les souverains, qui enlretenaieni à grands frais des compagnies de musiciens. (V. CH.\MBRK [musique de la\l
Aujourd'hui, outre les concerts qui sont donnés par des artistes désireux de se faire connaître individuellement comme virtuoses ou compositeurs, il existe, dans les grandes villes, des sociétés d artistes qui, chaque hiver, dans des séries de concerts, font entendre de grandes œuvres classiques ou modernes.
A l'étranger, on peut signaler les fameux concerts du Gewandhaus de Leipzig, ceux du Giirzenich de Cologne, les concerts du Conservatoire et les concerts populaires de Bruxelles, les Monday popular concerts de Londres et les Saturday concerts, la Société orchestrale de la Scala de Milan, la Société des concerts de Madrid, etc.
— Concert spirituel. Au xviii* siècle, les théâtres étaient tenus de chômer à chacune des grandes fêtes religieuses, et, de plus, faisaient une clôture de trois semaines, qu'on appelait « clôture de Pâques », depuis le dimanche de la Passion jusqu'au lundi de la Quasimodo. La haute société se trouvait, pendant ce temps, entièrement sevrée de distractions artistiques, et c'est pour remédier à cette situation que François Philidor demanda et obtint le privilège d'un établissement, auquel il donna le nom de « Concert spirituel i», dont les séances, qui auraient lieu pendant les relâches et la fermeture des théâtres, seraient consacrées à la musique religieuse et instrumentale. Le Concert spirituel, dont le personnel était pris, en très grande partie, dans celui de 1 Opéra et de la musique du roi, fit son inauguration le 18 mars 1725, dans la salle du château des Tuileries. Il y subsista jusqu'en 1791. Le Concert spirituel fut célèbre par toute l'Europe, et les artistes étrangers les plus fameux tenaient à honneur de s'y faire entendre.
— Concert des amateurs. Fondé vers 1775 par un fermier général, nommé do La Haye, et par le baron d'Ogni fils, surintendant des postes, lï était organisé par souscription entre des amateurs riches, et l'on n'y payait point à la porte. Il avait pour directeur Gosse, et pour premier violon le chevalier de Saint-Georges. C'est au Concert des amateurs qu'on entendit-, pour la première fois à Paris, des symphonies avec instruments â vent. Les séances du Concert des amateurs se donnaient dans l'hôtel de Soubise, situé rue de Paradis, au Marais.
— Concert de la loge olympique. C'est en 1779 ou 1780 que ce concert prit naissance. L'orchestre, qui avait pour chef Navoigille, présentait une réunion cle talents do premier ordre. Les organisateurs de ce concert avaient fait un traité avec Haydn, pour qu'il écrivît expressément à leur intention six symphonies nouvelles, qui furent exécutées avec une rare supériorité, et dont le succès fut éclatant. Le Concert de la loge olympique disparut en 1789.
— Concerts du Conservatoire. La Société des Concei'ts du Conservatoire, dont le personnel est exclusivement composé d'anciens élèves do cet établissement, a été fondée en 1828, à l'instigation de Cherubini et d'Habeneck. Depuis lors, elle n*a cessé de fonctionner. Le personnel de la Société des concerts comprend 85 instrumentistes et 70 chanteurs pour les chœurs.
— Concerts populaires. Les concerts populaires de musique classique furent fondés en I86i par Pasdeloup, qui voulait offrir au peuple, pour un prix modique, l'exécution des chefs-d'œuvre de la musique symphonique. Il choisit la salle du Cirque d'hiver, qui pouvait abriter plus de 4.000 personnes, et commeni;a ses concerts en iseï avec le plus grand succès. Aux chefs-d'œuvre des maîtres Pasdeloup joignit bientôt des œuvres de jeunes compositeurs français.
— Concerts Colonne. Colonue fonda, en 1871, une nouvelle entreprise de concerts symphoniques, dite Concert national, dont les séances avaient lieu à l'Odéon, et qui, quelques années plus tard, prit le titre d'Association artistique et se transporta dans la salle du théâtre du Châtelet. Les concerts Colonne, qui se donnent le dimanche, dans la journée, se sont fait, à côté du grand répertoire classique, une sorte de spécialité de la musique de Berlioz.
— Concerts Lamoureux. Lamoureux fonda la Société des Nouveaux-Concerts, dont les séances eurent Heu d'abord dans la salle du théâtre du Château-d'Eau, puis dans le cirque des Champs-Elysées. Lamoureux s'est surtout donné pour tâche de populariser les œuvres de Richard Wagner.
— Iconogr. Les artistes ont souvent représenté des concerts. Parmi les nombreuses compositions que l'art antique nous a léguées sur do pareils sujets, il nous suffira do signaler une peinture et une mosaïque qui ont été découvertes à Pompéi, et qui sont toutes ueux au musée de iNapIes-
L'art chrétien a représenté fréquemment des concerts d'anges : on en voit dans la plupart des Couronnements de la \lerge; par exemple, dans les peintures de R. del Garbo et Fra Angelico, qui sont au Louvre, ei dans le beau basrclief de la Renaissance, qui se voit dans la cathédrale de Bayonne. Après les concerts religieux, il faut citer les CODCcrts profanes : un tableau do Poussin, au Louvre, nous offre un Concert d'Amours. Une composition du Tintoret, que possède ie musée de Dresde, représente un Concert de femmes nues. Le Giorgione a peint souvent des concerts. L'un est au Louvre, et représente aussi des femmes dévêtues. Dans ce dernier tableau, les quatre personnages principaux ressortent vigoureusement sur le fond du paysage. La netteté des types, la chaleur des carnations, la' gaieté du paysage font de cette peinture une œuvre'de premier orare. Dans le môme musée, on peut voir lo Concert sur l'eau, d'Anuibal Carracho, et le Concert dam un parc, du Primatice. Des concerts en chambre ont été peints par lo Caravage, Valentin, Jacques Bassan (Offices;, le Pordenono(Munich), Leonello Spada(Louvre), Bencdctto Castigllone (Madrid), Jordaens, Jean Steen, Honthorsl, Th. Kombouts (Munich), Daniel Soghers (collection Madra20, à Madria), Terburg, Brauwor, Mic-ris,
Adrien van Ostade (Madrid), Isaac van Ostade (Madrid), Teniors (Berlin), etc.
Citons encore : le Concert champêtre, gravé, d'après Watteau, par B. Audran le jeune et par P. Aveline, délicieux de
Cunc^rt champêtre, ti aiire» le Giorgiooe (Louvre,
frâce poétique et de charme ; le Concert amoureux, gravé, "après Pater, par P. FiHunil. etc.
— Syn. Concert, accord.
— Anton. Charivari, désaccord, discorde.
CONCERTANT {sèr~tan), ANTE n. Personne qui chante ou joue dans un concert.
— n. f. Morceau de musique concertante : Ecrire uiie