CONCERTANTE
— Adjectiv. Qui chante, qui exécute un chant, qui n'est pas de simple accompagnement : Les grands effets dépendent de l'homogénéité des parties concertantes. (Scudo.)
— Musique, Symphonie concertante, Celle dont les parties chantent ou jouent alternativement : Tous les quatuors de Haydn, de Mozart, de Beethoven sont concertants.
— Enctcl. Concertant se disait autrefois du chanteur ou de l'instrumentiste qui se faisait entendre dans un concert. Plus tard, on substitua à ce mot celui do concertiste. Aujourd'hui, on n'emploie plus guère ni l'un ni l'autre. « Concertant » se dit particulièrement d'un morceau dans lequel deux ou plusieurs parties brillent à tour de rôle. Les duos de violons de Viotti sont concertants, les deux
■parties étant alternativement prédominantes. Les trios, les quatuors et les quintettes de Haydn, Boccherini, Mozart, Beethoven, sont essentiellement concertants. Plusieurs compositeurs ont écrit des symphonies concertantes pour deux ou plusieurs instruments principaux, généralement accompagnés par l'orchestre. Il faut citer les symphonies concertantes de Maurer, Rodolphe Kreutzer, Éailïot, Alard, Charles Dancla, Devienne. Ozi, Gebauer, Bernard Roraberg, des frères Romberg, etc.
Les Italiens appellent peszi concertati (morceaux concertés ou concertants) ce qu'on appelle « morceaux d'ensemble » dans les opéras français, c est-à-dire les morceaux (trios, quatuors, finales), parfois avec chœurs, où les voix concertent entre elles dans un ensemble, soit puissant, soit harmonieux, dont le développement forme comme un véritable concert.
CONCERTER {sèr-té) V. a. Préparer de concert, combiner ensemble : Concerter une expédition.
— Kig. Régler, composer : Concerter son maintien.
— V. n. Prendre part à l'exécution d'un concert.
— Fam. Parler à l'envi. il S'entendre, se concerter, il Agir de concert. (Inus. dans ces derniers sens.)
Concerté, ée part. pass. du v. Concerter.
— Mus. Morceau concerté, Morceau d'ensemble, dans la musique italienne, ii Style concerté. Style de musique d'église plus brillant que le style religieux ordinaire. Y. concertant.
Se concerter, v. pr. Délibérer sur un projet qu'on veut exécuter de concert.
CONCERTINA {sèr') n. m. Instrument imaginé, un peu après 1830, par le facteur Debain, et qui tenait à la fois de l'accordéon et de l'harmonium. (On ne s'en sert plus guère aujourd'hui.)
CONCERTINO {sèr') n. m. Diminutif de Concerto, il PI. Des coNCERTiNOs. (Quelques-uus emploient le pluriel italien CONCERTINI.)
— Encycl. C'est un solo d'instrument, beaucoup moins développé que le concerto, d'une forme un peu indéterminée, accompagné généralement par le piano, et plus rarement par l'orchestre. Le concertino est surtout en usage pour les instruments â vent : flûte, clarinette, hautbois, etc.
CONCERTISTE [sèr-tisst') n. m. Musicien qui prend part à l'exécution d'un concert.
CONCERTO {sèr — mot ital.) n. m. Symphonie écrite en vue de faire valoir un des instruments qui l'exécutent : Un CONCERTO de flûte, de violon , de piano, etc. ii Concerto grosso, Nom que l'on donnait, au xviii* siècle, à des symphonies dans lesquelles il y avait un violon principal, accompagné de tout un orchestre, il Concerto doppio, Celui qui admettait deux instruments principaux, jouant ensemble ou alternativement. Il Concerto da caméra, Nom que l'on donnait au concerto qui n'était accompagné que par une basse. Il PI. Des CONCERTOS. (Quelques-uns emploient le pluriel italien concerti.)
— Encycl. Le mot concerto vient d'Italie, où il signifie concert, et où il a été généralement remplacé, dans cette acception, par le mot accndemia. Il a pris la signification qu'on lui attribue aujourd'hui, dans toute l'Europe musicale, des premières compositions de Torelli {concerti da caméra) et de Corolli (concerti grossi), qui étaient des concerts pour trois instruments prépondérants avec accompagnement d'autres instruments. On fit ensuite des conrt'Ws ou concertos pour un instrument solo avec accompagnemont d'orchestre, et le mot est ro.sté dans cotte acception.
Lo concerto no diffère pas beaucoup de la sonate, mais il prend une ampleur particulière par lo fait do l'emploi do l'orchestre, qui vient se joindre à l'instrument solo.
A l'origine, cet orchestre, à part les tutti, était presque toujours accompagnant ; avec Beethoven, l'orchestre a pris une véritable importance symphonique. h'allegro de coJicerto, c'est-à-dire le premier morceau, n'est pas divisé en deux reprises, comme celui de la sonate. 11 débute par un grand tutti d'introduction qui prépare deux, parfois trois solos, reliés entre eux par des tutti beaucoup plus courts. Le second morceau, andante ou adagio, ne diffère point de celui de la sonate. Quant au finale, c'est généralement un rondo, entrecoupé d'entrées ou de réponses d'orchestre, et la strette le termine avec un vigoureux ensemble, où celuici se mêle à l'instrument solo.
C'est au violoniste italien Torelli qu'on attribue l'origine dos concertos. Jean-Sébastien Bach, Hœndel et Philippe- Emmanuel Bach, Mozart, le violoniste Viotti ont écrit de belles œuvres dans ce genre. Après eux, il faut citer Vieuxtemps, Dussek, Hummel, Charles Czerny, Ferdinand Ries, Chopin, Schumann, Moschelès. Thalberg, Ferdinand Hiller, Henri Herz, qui se sont distingués dans ce genre de composition.
Les cinq concertos de Beethoven sont autant de chefsd'œuvre (qui se rapprochent beaucoup de la symphonie), et le rclèbre concerî-slûck de Weber est une merveille. yaiiit-Saëns a écrit quatre fort beaux concertos de piano.
CONCESSEUR {sè-seur' — du lat. cojicessus, concédé) adj. et n. m. Qui concède : Le gouvej'nement s'est fait con- CESSEUB de mines, de canaux, de chemins de fer.
CONCESSIBLE [sè-sibV) adj. Qui peut être concédé: Des terrains concessibles.
CONCESSION [sè-si-on — lat. concessio; de concédera, supin concessiim, accorder) n. f. Action d'accorder par privilège, de donner, d'octroyer un fonds ou une exploitation : Conckssions de terrains, de ynines. — Par ext. Objet qui fait la matière de la concession : Les concessions se vendent plus ou moins cher, selon la nature du teirain. n Dans les colonies. Portion de terrain que le gouvernement abandonne â des particuliers pour la mettre en valeur.
— Fig. Action de céder de son droit ou de son opinion : L'amitié réclame des concessions mutuelles. (Théry.)
— Admin. Acte passé de gré à gré entre une administration et des particuliers ou des compagnies, pour l'exécution de certains travaux que l'on ne donne point par les voies ordinaires de l'adjudication au rabais : Concession de che7ïiiyis de fer, de ponts, de canaux, ii Terrain vendu ou loué, temporairement ou définitivement, pour servir de sépulture dans un cimetière : Concession à perpétuité.
— Blas. Ai'mes de concession, Armes octroyées par un prince, pour être ajoutées à celles de la famille, et contenant des pièces empruntées aux armes mêmes du prince.
— Dr. Anénation d'un immeuble ou d'un droit réel.
— Rhétor. Figure qui consiste à accorder à son adversaire quelque chose qu'on pourrait lui contester, pour montrer qae, malgré cela, ou a encore raison contre lui.
— Syn. Concession, cession. V. cession.
— Encycl. Admin. Dans la langue du droit administratif, le mot concession a plusieurs acceptions. On distingue : 1" la concessio7i domaniale, ou l'abandon fait par l'Etat â uu particulier, une commune, un département ou un établissement public, pour en jouir temporairement ou pour en disposer à titre de propriétaire iucommutable, de choses dépendant du domame public ; 2° la concession administrative, ou autorisation donnée par l'Etat, les départements ou les communes, d'exploiter certaines industries (eaux minérales, mines, gaz, électricité, etc.) ou services publics (voitures publiques, eaux potables, marchés d'approvisionnement, etc.) : 3" la concession de travaux publics, celle par laquelle l'Etat confie à des particuliers, ou à des sociétés, le soin d'exécuter à sa place certains travaux d'utilité publique, comme les ponts, les canaux et les chemins de fer ; 4"* la co7icessio7î coloniale autorisant l'exploitation, par des particuliers ou des sociétés, de territoires inoccupés, dans les colonies frani^aises.
La concession est un mode d'appropriation des terres fréquent dans les pays neufs. L'Etat ou la colonie, propriétaire des terres vacantes, peut en disposer, soit en les vendant, soit en les concédant gratuitement, â des conditions déterminées.
CONCESSIONNAIRE (sé-si-0-nèr') n. Individu qui a obtenu une concession.
— Adjectiv. : Une société concessionnaire. CONCETTO {tchè-to — mot ital.) n. m. Pensée qui a du
brillant, de l'inattendu surtout, et qui est entachée d'affectation : Le CONCETTO est le clinquant de l'esprit. (Le singulier est employé moins fréquemment que le pluriel con-
CETTI.)
— Encycl. L'Espagne et l'Italie sont les pays d'origine du co7icetto. Mais, en Italie, le mot n'a pas toujours un sens défavorable; il équivaut seulement à préciosité. Or la préciosité peut avoir son charme, son mérite. C'est ainsi que l'on trouve chez Dante, Pétrarque, lo Tasse, etc., des concetti qui plaisent. En France, l'idée de préciosité attachée à ce mot s'aggrave de ridicule. Au xv siècle, les concetti fleurirent sous la plume de Tabaldeo, de Serafiuo deir Aquila, e tutti quanti. Ils eurent leur épanouissement complet au siècle suivant, avec le cavalier Marine, qui les importa en France. Ils eurent tant de succès, qu'on les retrouve parfois dans les vers des plus grands classiques, surtout dans Corneille, qui, dès longtemps, avait des accointances espagnoles. Pour Molière, chez qui la verve comique autorise des libertés spéciales, la chose n'a rien de surprenant; mais l'impeccable Racine luimême fait dire à Pyrrhus, dans Andromaque :
Brûl4 de plus de feux que je n'en allumai, vers dans lequel le mot feux est pris une première fois dans le sens métaphorique de passion amoureuse, une seconde dans son acception propre, sans que rien ait préparé à cotte virevolte. A côté de ces maîtres. Voiture, Bernis, Cotin, Saint-Amant sèment à pleines mains les concetti. Tbéophile do Viau lance, en parlant d'un poignard souillé du sang do son maître, l'apostrophe célèbre :
Il en rougit, le traître ! . . .
Au xviii* siècle, les Dorât, les Marivaux, les Dumoustïer continuèrent à cultiver le concetto. Après eux, il déclina. Mais l'école romantique le remit en faveur, et, de nos jours, on peut dire que les préciosités voulues — alias "concetti — s'épanouissent presque à toutes les pages do certains poètes ou prosateurs en vogue.
CONCEVABLE adj. Qu'on peut concevoir, imaginer : Tout ce qui est nettement concevable est exécutable*
{(i. Sand.) Il Quo l'on peut comprondro, expliquer : De tous Ivs travers de l'esprit humain, le moins concevable est i'urf/ueil. (Boisto.)
— Anton. Inconcevable.
CONCEVABILITÉ n. f. Qualité do ce qui est concevable.
CONCEVEIBA {sé-ifè-i— mot guyanais) n. m. Bot. Gonro ilouptiorbiaoées, comprenant quatre esi>ôcos do l'Amôri- <(U0 tropicale et de l'Afrique occidentale.
CONCEVOIR {vo-ar' — du lat. concipere; do cum, avec, ot capere, prendre. Je conçois, tu conçois, il conçoit, nous concevons, vous concevez, ils coiiçoivent . Je concevatSf nuits concevions. Je conçus, nous conçûmes. Je concevrai, nous concevrons. Je concevrais, nous concevrions. Conçois, concevons. Que je conçusse, que nous conçussions. Concevant. Conçu, ue) v. a. Former en soi, par l'effet do la féooudalion, le premier germe d'un ôtre vivant : Concevoir un t'ifant.
— Fig. Former, préparer eu soi; commencer à éprouver : Concevoir un projet, des espérances, de la haine, de l'umour. Avaîit d'exécuter, il faut concevoir, ii Comprendre, .saisir : Chacun conçoit les a/faires selon sa capacité-. (^Richelieu. 1 Il Se représenter par la pensée, se faire une iaée do : .Si l'Ame n'existait pas, comment conckvoir la religion, l'amour pur, l'amitié, l'espérance, la pitié? (Fén.)
— Fam. Je ne vous conçois pas, Je ne comprends pas votre conduite.
Se concevoir, v. pr. Etre conçu, avec tous les sens précédents.
— Syn. Concevoir, comprendre, entendre. V. comprendre.
— prov. littêr. :
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Vers de Boileau qui se trouve dans le passage de l'Art poétiQue (chant I"), où le législateur du Parnasse recomijiaude la clarté.
CONCHA [ka — mot lat. qui signifie coquille) n. f. Archit. Ancien nom de Tabside.
CONCHA {don Manuel guttierez de La), marquis del DcERO, général et homme politique espagnol, né à Madrid ■on 1808, tué à la bataille de Muro en 1874. Il prit part aux ^'uerres contre la domination française, puis passa en Amérique, où les colonies espagnoles s'étaient soulevées. (Juand elles furent perdues pour l'Espagne, de La Coucha revint à Madrid. Après la mort de Ferdinand VII (1S33J, sous la régence de la reine Christine, il mit son épée au service de lajeune reine Isabelle, combattue par le parti carliste. Plus tard, tout en restant fidèle à la reine contre les carlistes, il varia un peu dans ses opinions politiques. D'abord partisan d'Espartero, qui tomba en 1843, il se rallia à Narvaez, dont le gouvernement fut ultra-conservateur; puis il se rapprocha des libéraux, et, quand Espartero revint au pouvoir, il fit partie de son gouvernement. A la chute d'Isabelle, en 1868, il se retira de la vie politique. En 1874, pendant la nouvelle guerre carliste, le maréchal Serrano rit appel à son dévouement. 11 reprit du service, mais il fut tué à Muro, près d'Estella.
CONCHA {don José guttierez de La), marquis de La Habana, général et homme politique espagnol, né à Cardova de Tucuman {Buenos-Avres) en 1812, mort à Madrid «n 1895, frère du précédent. ll fit ses premières armes contre les colonies révoltées d'Amérique, et revint en Espagne pour défendre le trône d'Isbelle contre les carlistes. Etant entré dans l'opposition libérale, il s'expatria et vécut à Bordeaux sous le gouvernement de Narvaez, mais rentra en Espagne lorsque, en 1854, O'Donnell arriva au pouvoir. Nommé, en 1862, ambassadeur à Paris, il démissionna bientôt, et revint en Espagne se mêler à la politique active ; en 1863, il fut nommé ministre de la guerre. liavait fini par so rallier à la politique autoritaire et théocratique, représentée par Gonzalès Bravo, et était devenu aussi impopulaire que ce dernier. Son influence précipita la crise de 186S, qui aboutit à la déchéance d'Isabelle II. En effet, il fut chargé de tenir tête à la révolution à Madrid, mais son impopularité aggrava la situation, et le gouvernement de la reine fut renversé. José de La Concha fut, à doux reprises, capitaine général de Cuba ; d'où son titre do « marquis de La Habaûa ». Dans ces fonctions, il se signala par sa dureté et ses exactions.
CONCHACÉS {ka) n. m. pi. Sous-ordre de mollusques lamellibranches { pélécypoiîes ), comprenant les formes ayant le manteau percé de trois orifices, dont les deux postérieurs donnent passage aux siphons, ayant les branchies inégales, etc. (Les conchacés comprennent les familles suivantes : nuk/aloaontidés, pachydomidés, vénéridés, pétriculidés, fflaucfmomijidés, cyrénidés, cyréncllidi'-s, unaulinidés, unicardiidés, tancrédiidés, donacidés, psammoOiadés, solrnitlés.) — Un conchacé.
CONCHAIRAMlDlNE{A:on-A^}D.f. BaseC"H"Az»0',H'0, isomère de la chairamine, de la conchairamine ot de la chairamidine, qui se trouve avec ces dernières dans l'écorce d'une espèce do quinquina.
CONCHAIRAMINE n. f. Chim. V. CONCBAlRAMiniNE.
CoNCHALI, ville du Chili {prov. de Valparaiso [départ, do guillotaj), sur lo rio côtior de Aconcagua; 2.24» hab.
CONCHE {konk' — du gr. kogkhê, coquille) n. f. Conque, coquille. (Vieux.)
— Mar. Dans lo Saintonge, Baîo, anse, crique : La grande conchk. La conche de Pontaillac.
— Métrol. anc. Mesure do capacité pour les liquides, usitée chez les Athéniens. (Elle équivalait à y',225.)
— Tochn. Dans les marais salants, Deuxième réservoir où s'évapore l'eau salée.
CONCHE (de l'ital. concio, môme sons) n. f. Ajustement,
habiMomeni. II P^tat, situation, manière d'ûtro : Son affaire fsl i-n lionne conchk. (Vieux.)
CONCHES ou GONCHES-EN-OUCHE (lat. Conchx), ch.-l. do cant. do l'Euro, arrond. et à 17 kilom. d'Evreux, dominant la vallée du Rouloir, affluontdo l'Iton ; 2.157 hab. Ch. do f. Ouest. Bibliothèque (quelques manuscrits précieux), hauts fourneaux, forges, moulins ù blé et à tan, eaux minérales froides. Forêt de Conches au sud-ouest. Kostos d'anciennes fortifications, ruines d'un donjon du XI» siècle et d'un château du xiii', aménagées en promenade publique. Eglise Sainte-Eoi du xv" ou xvi* siôclo (partie du xir s.), avec do belles verrières.
CONCEVABILITÉ