CONCIERGERIE
L'origine du bourg était une abbaye bénédictine, fondée nii XI' siècle et détruite par la Révolution. Parmi les soigneurs de Conches, il faut cnav les comtes d'Artois ^xiii" s.), Charles lo Mauvais, roi de Navarre (xiv's.), les ilu<-s de Bouillon {xvii« s.j. — Le canton a 26 comm. et s. '.'-.M hab.
Conches, écrivain français. V. FuniLLET de Conches.
CONCHICOLE [ki-koV — du lat. co7icha. cofjuillo, et col'-rr, liabiler) aJj. Qui habite une coquille bivalve, il Qui vit sur ou dans une coquille bivalve.
CONCHIER V. a. Souiller de ses excréments. {Bas et peu usité. I 11 Fig. Souiller, salir : Les critiques ne peuvent /titre autre chose que conchier et gâter les ouvrages des antres. (Tli. Gaut.)
Se conchier, v. pr. Se salir do ses propres excréments,
CONCHIDIINÉS {ki) n. m. pi. Tribu de molluscoïdes brachiopodes, comprenant les rhynchonellidés, qui ont les plaques dentales en forme daiîgets bien accentués et ù hautes cloisons. — Un conchidiiné.
CONCHIFÈRE (ki — du ÇT. kogkhé, coquille, et phêrein, porter) adj. Qui est muni dune coquille à deux valves.
CONCHIFORME (ftz — du lat. coHcAa, connue, et de forme) adj. Qui a la forme d'une coquille, il On dit aussi conchy-
L loi DE.
CONCHILE n. f. Géom. Syn. peu usité de conchoÏde.
CONCHILLE {H mil.) n. m. Nom vulgaire du chêne à kermès.
CONCHINIEN, ENNE [ki-ni-in. en' — rad. eoncke) adj. Qui se rapporte à la conque de l'oreille, au cartilage de la conque ; Muscle conchinien.
CONCHININE n. f. Chim. V. conquinine.
CONCHIOLINE [ki] n. f. Substance retirée de la coquille et de la muqueuse ipii agglutine les œufs de certains mollusques, et qui ressemble à la kératine ou à lepidermose.
CONGHION n. m. Bot. Syn. de hakée.
CONCHIOSAURE OU C0NCHI05AURUS (ki, SÔ-russ — du gr. koijkliion, coquille, et saiwvs. lézard) n. m. Genre de reptiles sauroptérygiens, voisins des nothosaures, et fossiles dans les terrains triasiques d'Allemagne.
CONCHITE {kif — du gr. kogkhilès, qui porte des empreintes de coquille) n. f. Partie d'une roche fossilifère, qui, en pénétrant, à l'état de vase, à l'intérieur d'une coquille morte, en a pris le moulage interne et s'y est durcie avant la disparition du test. (Le calcaire grossier est souvent pétri d'empreintes de ce genre.) ii Coquille fossile, en général. (On dit aussi coNchyliomorphite. I p'^^VftV
CONCHO-ANTHÉLICIEN {ko, si-in) adj. et n. m. Se dit du muscle concho-anthélix.
CONCHO-ANTHÉLIX \^ko, likss) n. m. Petit muscle (jui va de la conque à l'anthélix.
CONCHOCARPE n. m. Bot. Syn. de galipê.
CONCHODERME OU CONCHODERMA \kodi'r') n. m. Genre de crustacés cirripèdes, faiiiillo des lépadidés, comprenant des anatifes souvent d'assez grande taille, dont les valves, au nombre de deux à cinq, sont petites, écar- derme* tées, et dont le manteau membraneux est muni de pièces calcaires. (Les conchodermos sont répandus surtout dans les mers chaudes; ils se fixent sur les animaux marins, la carène des vaisseaux, etc.;
CONCHODON {ko) n. m. Sousgonro do mégatodon (mollusques lamelliDranches), comprenant des coquilles symétriques, à valves égales, épaisses, la droite ayant une grande dent arrondie on avant. (Les conchodons sont fossiles dans le lias inférieur; l'espèce type est le conchodon infraliasicus.j
CONCHŒGIE ou CONCHŒCIA {kè-si) n. f. Genre de crustacés eutomostracés ostracodes, famille des halocypridés, comprenant do très petites formes marines, dont la carapace, en forme de coquille bivalve, est demimembraneuse. {Les quelques espères connues nabitent les mors d'Europe.)
CONCHO-HÉLIGIEN {ko, si-in) adj. ot n. m. Se dit du muscle concho-hélix.
CONCHO-HÉLIX 'A-o. /iJtw) n.m.
Prtii mus. le de 1 oreille, qui va do la conque à l'bélix.
CONCHOIDAL, ALE. AUX (Ao — du gr. kogkhé, coquille, et enlos, aspect) adj. En forme do coquiUo : Agrégats concnoÏDAUx. Il On dit aussi concuoïdb.
— Géom. Qui a rapport à la conchoïde.
— Lithol. et miner. Se dit do la cassure d'un minéral, (piand la surface des fragments, étant concave ou convexe, est sillonnée par des stries courbes ot concentriques, semblables ù celles de certaines coquilles. (Cotte cassure s« produit assez souvent chez les roches siliceuses très homogènes, comme lo silex, ot chez coriains grès et calcaires très durs ot très compacts.)
CONCHOÏDE {ko — du gr. kogkhoeidés, mômo soDs) adj. Qui ressemble A une coquille.
— Cassure conchoUie. Slinér. V. concuoÏdal. CONCHOÏDE {ko — mAmo étymol. qu'à l'art, précéd.)
n. f. Géom. Courbe, lieu des points quo l'on obtient en menant par un point tixo une sécante variable qui rencontre uno droite ou une courbo on un point à partir duquel l'on porto constamment une longueur coostunto do part et d'autre.
— Archit. Profil d'un fût do colonne.
— Encvcl. Géom. La distance peut Otro portée dans l'un ou l'autre sens, à partir du point variable d'intorsertion, et la mise en équation no pormot pas la distinction.
La construction do la tangoDto ft la coneholdo fournit
Conchodon.
Conchœclo (très gr.).
une apphcation de la théorie do la rotation des figures planes «u du centre instantané de rotation. V. rotation. Soient AB la courbe directrice, P le pôle autour duuuel tourne la sécante PN ; P est Hxe, N décrit la courbo AB, m et M' décrivent laconchoido. Construisons la tangente à la courbe on M : si' la transversale se meut de manière que les points N et M décrivent AB et la conchoïde, celui qui se trouve actuellement en P glissera en même temps dans la direction PN', Lo centre instantané de rotation de la droite sera donc le point de rencontre C de la normale en N à la courbe donnée AB et de la perpendiculaire en P à la transversale PNM. CM sera, par conséquent, la normale à la conchoïde, et MT, perpendiculaire sur cette normale, sera sa tangente.
CONCHOLEPAS {ko-lé-pass) n. m. Genre de mollusques gastéropodes cténobrauches, famille des muricidés, comprenant des animaux marins pareils aux pourpres, mais à coquille ovale, plate, à spire très courte et non saillante.
— Encycl. Les concholepas, dont on ne connaît guère qu'une espèce {concholepas Peruviana), répandue sur les côtes américaines, du Pérou à la Patagonie, ont des représentants fossiles dans le miocène de "Touraine {concholepas Deshayesi).
CONCHOPHORE {ko — du gr. kogkhé, coquille, et phoros, qui porte) adj. Qui porte une coquille bivalve.
CONCHOPHYLLE n. m. Bot. Syn. de
DISCUIDIE.
CONCHOPHTHIRIUS(A:o,/ïi-n-l(55)n.m.
Genre d'infusoires holotriches, famille des Concboicpas. paramécidés, caractérisé par l'induratton de leur revêtement cuticulaire et leur pharynx bien différencié. (Les conchophthirius sont dos microorganismes, parasites sur divers animalcules aquatiques.)
CONCHOS {RIO DE LOS), rivière du Mexique, arrosant l'Etai de Chihuahua. Née dans la sierra Madré, elle se jette dans le rio Grande del Norte, après un cours de 700 kil. environ. Elle reçoit plusieurs affluents, dont l'un arrose Chihuahua.
CONCHULA {ku) n. f. Genre de mollusques gastéropodes cténobrauches, famille des delphinulidés, comprenant des formes voisines des sceliostomes et en différant par l'ouverture parallèle à l'axe de la coquille. (Les conchula sont fossiles dans le dévonien de l'Eifel.)
CONCHYLIEN {ki-li-in) n. m. Un des deux étages par lesquels d'Orbigny divisait le système triasique. (Le conchylien comprenait le grès bigarré et le muschelkalk ou calcaire oonchylien. Il ne restait, à la partie supérieure du trias, que le keuper, auquel il donnait le nom de $aliférien.)
CONCHYLIEN, ENNE [ki-li-in, èn—Hw gr. kogkhulion, petite coquille) adj. Miner. Qui contient des coquilles : Calcaire conchylien.
CONCHYLIFÈRE adj. Syn. de concum-èrk.
CONCBYLIOÏDE [ki — du gr. kogkhulion, coquille, et eidos, aspect) adj. Qui ressemble à une coquille. {Peu usité.)
CONCHYLIOLOGIE tA'i, ji — du gr. kogkhulion, coquille, et logos, discours) n. f. Branche «le la zoologie qui traite dos mollusques. (On dit mieux maintenant malacoloc.ik, en laissant au mot » conchyliologie » le seusplus restreint de science des coquilles. Ccst ainsi qu'eu dit : une collection de CONCHYLIOLOGIE.)
CONCHYLIOLOGIQUE {ki,jik') adj. Ilist. nat. Qui a rapport à la conchyliologie ou aux coquilles : Ouvrage con-
CHVLIOLOGIQCE. .S'oCléfeCONCUYHOLOûIQDK. CollcClionS COH- CHYLIOLOGIQCES, OlC.
CONCHYLIOLOGISTE [ki, jisst') n. m. Naturaliste qui s'occupe de la conchyliologie : Il est nécessaire, pour le CONCHYLIOLOGISTE, rfe sc tenir à la fois au courant des travaux relatifs aux mollusques vivants et fossiles. (Fischer.)
CONCHYLIOMORPHITE n. f. Géol, "V. CONCUITE.
CONCHYLIOPHORE [ki — du gr. kogkhulion, petite coquille, et phoros, qui porte) adj. Qui porte dos coquilles.
CONCHYLIOTYPOUTHE {ki) n. f. Empreintes fossiles que l'on trouve dans .certaines roches sédimcntaires et qui sont caractérisées par un vide séparant lo moule interne du moule externe. (Ce vido résulte do la dissolution du corps fossile.)
CONCIERGE {si-erj' — du bas lat. eonsergius, altérât. do conservius, serviteur) d. Personne préposée ù la garde d'une maison, q^ui reçoit du propriétaire un salaire et un logement gratuit appelé loge, à charL;o par elle d'entretenir la maison en état de propreté, d ouvrir et do former la porto d'entrée, de monter les lettres des locataires, do donner les indications utiles aux visiteurs, etc. ii Employé salarié qui a des fonctions analogues aux précédentes dans uno prison, un monument public, etc.
— Fig. Moyen de garde, de surveillance active : Le bon sens est /^concierok de l'esprit. (D. Siern.)
— Hist. Officier do la maison du roi, nui, de Hugues Capet ik Louis XI, habita lo Palais de la Cité, jouit d une multitude de droits et prérogatives, ot dont les principales fonctions consistaient A faire exercer par ses baillis ■> touto justice et seigneurie basse et moyenne *. (La charge fut d'abord conliéo ù d'illustres capitaines ; mais, dès la lin du xii* siècle, on la voit péricliter. Louis XI réunit les fonctions de concierge et do bailli pour les conller A son médecin Jean Coitier. Par un édit do 17U, lo ChÛtelet lut chargé do connaître des causes qui rossortissaiont anciennement du concierge.)
CONCIEROEIUE {si-th^Je-rt) H. f. Auirof. Etendue do la juridiction du concierge {ofticier du roi), il Auj. Charge de concierge, garde d'une porte, n Logemeul d'un concierge.
OoncierKorle (la), à Paris. Au temps oit le Palais do justice de Paris était exclusivement l'une des résiden.'os de« rois de Franco, l'usage s'introduisit de donner le nom di^ . conciergerie • aux bAtiments occupés par l'oflbier royal quo ioa uommait concierge, puis builli du palais. Daun»
COJsCILE — CONCINI
leur état actuel, les parties les plus anciennes de ces bâtiments remontent au milieu du xiu< siècle; certames d'entre elles sont appelées cuisines de saint Louis, sans qu'on puisse affirmer l'exactitude de cette destmation. Du iême temps aussi datent les trois tours pointues, d'aspect si pittoresque encore, malgré la restauration complète dont elles ont été l'objet au milieu du xix' siècle; celle de droite, en entrant par le quai de l'Horloge, est due tour de César (on ne sait pourquoi) ou de Alonlgomery, du nom du comte de Montgomery. qui y fut enfermé, non pour avoir fait une blessure mortelle à Henri II, mais à la suite d'une honteuse défaite subie par lui en Kormandio en 1574 ; la tour de gauche est la tour Bombée, dénomination inexpliquée. .
Quand les rois de France eurent cesse, vers 1360, d habiter le Palais de la Cité et en lîrent le siège des chambres souveraines de justice, la Conciergerie devint une prison, ce qu'elle est restée. Sans s'arrêter aux prisonniers de temps anciens, on peut dire que, pendant la Révolution , le tribunal révolutionnaire remplit la Conciergerie de detenus, qui ne faisaient guère qu'y passer pour, de là, monter sur l'échafaud : leurs noms sont dans toutes les mémoires : Marie- Antoinette, M»- Elisabeth, sa belle-sœur, Malosherbes, BaiUy, Danton, M»' Roland, pour ne citer que les principaux. Depuis, il faut nommer M. de Lavalette, sauvé par sa femme, le maréchal Ney, Louvel, les quatre sereents de La Rochelle, le prince Louis-Napoléon, alors quif intriguait contre Louis-Philippe, et, en IS90, un autre prétendant, le duc d'Orléans (Louis-Philippe- Robert . Ces prisonniers pohtiques ne sont que l'exception. En principe, les hôtes de la Conciergerie sont les accusés de droit commun, qui n'y séjournent que durant le temps de leur procès.
CONCILE (sif —du lat. concUium, assemblée) n. m. Assemblée d'évêques et de théologiens, réunis pour décider des questions de doctrine et de discipline ecclésiastique. Il Concile général, plénieroa œcuménique, Celui auquel tous les évêquès sont convoqués, il Concile national. Celui auquel sont appelés tous les évéques d'un Etat. Il Concile provincial. Celui auquel on appelle les évoques dune province ecclésiastique, il Concile diocésain. V. st.node.
— Par est. Collection des actes d'un concile : On prépare une nouvelle édition des conciles.
Fam. Réunion, assemblée quelconque.
— Enctcl. Théol. et hist. ecclés. D'après l'enseignement des écoles catholiques, l'institution des conciles eut pour fondement la promesse de Jésus-Christ (Matth., XXvIII, 301. « Là où deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d'eux; . pour raison d'être, la nécessité où furent les évêques de se concerter afin de maintenir l'imité de foi et de discipline ; pour prototype, l'assemblée apostohque, qui se tint à Jérusalem (Ac^., XV, 6-30) et trancha, après milre délibération, la question des observances légales. Toutes les affaires qui regardent le gouvernement spirituel des âmes ressortissent des conciles. comme la délinition des articles de foi, la condamnation des hérésies et des hérésiarques, l'établissement des lois ecclésiastiques ou les moditications à apporter à la discipline. Les évéques, les abliés mitres, les cardinaux de tous les ordres ont seuls droit d'y siéger et d'y délibérer. Les simples prêtres n'y sont admis qu'à titre de conseillers ou théologiens, de secrétaires ou notaires. Les laïques et, en particulier, les souverains ou leurs ambassadeurs, ont souvent assisté aux délibérations, mais uniquement en qualité d'auditeurs respectueux ou de défenseurs. C'est ainsi qu'à Nicée, Constantin s'est qualifié lui-même d'évégiie extérieur. Les décisions des conciles se nomment « décrets » ou t canons »; les formules de condamnation se terminent ordinairement par ces mots ; qu'il soit aiiathéme! Tous les évéques qui ont pris part aux travaux d'un concile en signent de leur propre main les actes et sont désignés par le nom de Pères.
Il faut distinguer les conciles généraux et les conciles particuliers.
Les conciles généraux ou œcuméniques (du gr. oUojliivuoî, qui appartient à toute la terre habitée, universel) sont la représentation de l'Eglise universelle, composée de l'épiscopai, qui en est le corps, et du pape, qui en est la tête. Tous les évêques y sont donc invités ; le pape les convoque, les préside lui-même ou les fait présider par ses légats : c'est à lui qu'appartient le droit de transférer les conciles dans un autre lieu, de les proroger ou de les dissoudre, s'il en est besoin. C'est enfin le pape qui confirme leurs décrets et les publie. La tenue d'un concile général est ordinairement accompagnée d'une grande solennité; les réunions particulières ou congrégations, les séances publiques ou sessions commencent et finissent par la prière ; chaque Père émet son avis à l'appel de son nom. La formule de l'acquiescement est placet (il me plait); la discussion a lieu en latin. Pour qu'un concile soit réputé œcuménique, il n'est pas nécessaire que tous les évêques soient réellement présents : il suffit que le pape puisse avoir la conviction morale que tous les évêques aient été avertis de la convocation du concile. D'ailleurs, les évêques qui sont légitimement empêches peuvent se faire représenter. Une seule fois, au concile du Vatican, en 1870, la majorité des évêques catholiques alors existants ont siégé. Quand elles ont été confirmées par le pape, les décisions des conciles œcuméniques en matière de foi sont irréformables : elles sont le plus haut exercice de l'infaillibilité de l'Eglise. Les lois que portent ces mêmes conciles obligent tous les fidèles et tous les pasteurs sans exception ; le pape seul, pour des raisons très graves, pourrait les moduler ou dispenser do s'y soumettre.
Les conciles particuliers ne représentent qu une partie de l'Eglise : on les appelle nationaux, lorsqu'ils comprennent les évéques de toute unenation .provinciaux, lorsqu'ils sont composés des évéques d'une province. Les conciles particuliers ne peuvent être réunis sans l'assentiment du pape. Ils sont convoqués, soit par le pape lui-même, soit
fiar un de ses légats, soit par le primat ou patriarche de a nation, soit par le métropolitain de la province. 11 y a peine d'excommunication contre un évêquo qui, sans raison, ne répondrait pas à la convocation. Les actes des conciles particuliers doivent être soumis au pape qui, après examen, confirme ou infirme leurs décisions. Les décrets rpi'ils portent en matière de foi no deviennent irréformables que si le pape leur donne ce caractère; leurs canons de. discipline n'obligant que les fidèles soumis à la juridictioà des Pires, qui les ont institués..
Les règles que nous venons d'exposer, strictement observées depuis le vi' siècle, ne l'ont pas toujours ete avec la même ritrueur dans les premiers temps. Ainsi, par exemple, les patnarches et les métropolitains avaient des droits très étendus pour la convocation et la tenue des conciles particuliers; d'autre part, les empereurs d'Orient se permirent, même à léeard des conciles généraux, des ingérences qui, aujourd'hui, paraîtraient excessives. Mais deux faits ressorient clairement de l'histoire ecclésiastique : jamais concile n'a prévalu contre l'autorité des papes, et l'Eglise n'a reconnu que les conciles qu'ils ont confirmés. Quant au rôle joué par les conciles au moment du grand schisme, v. Consta.n-ce et Bàle (conciles de). Voici la liste des conciles généraux :
1° Le premier concile de Nicée (325); 2" Le premier concile de Constantinople (381); 3" Le concile d'Ephèse i431); 4" Le concile do Chalcédoiue (451); 5° Le deuxième concile de Constantinople (553) ; 6° Le troisième concile de Constantinople (681) ; 7* Le deuxième concile de Nicée (787); 8" Le quatrième concile de Constantinople (889) ; 9" Le premier concile de Latran (1123); 10° Le deuxième concile de Latran (1139); 11° Le troisième concile de Latran (1179) ; 12° Le quatrième concile de Latran (1215); 13° Le premier concile général de Lvon (1245) : 14° Le deuxième concile général de Lyon (1274); 15° Le concile de Vienne 11311); 16° Le concile de Constance (1414), dans les canons qui
ont été confirmés par Martin "V^ ; 17» Le cinquième concile de Latran (1512); IS» Le concile de Trente (1545-1563); 19° Le concile du Vatican il870) ;
Le concile de Bâle (1431-1449), transféré à Florence (1434), n'est pas regardé comme œcuménique.
L'Eglise grecque orthodoxe ne reconnaît que les huit premiers conciles, tenus avant sa séparation d'avec l'Eglise romaine.
(Pour les détails sur les conciles œcuméniques et pour les principaux conciles provinciaux, v. les noms des lieux où les conciles ont été tenus.)
— BiHLioGB. : « Collection royale des conciles » (Pans, 1644); . Collections de Labbé, Cossart et Bahize « (Pans, 1083) ; Hefele, Histoire des conciles, trad. par l'abbé Delarc (Paris, 1869-1876).
— Rel. bouddh. Conciles bouddhiques. A peine Çâkyamouni était-il mort que des dissensions doctrinales se déclarèrent dans le Sangha (communauté bouddhique), sur le fond même de la doctrine. Un premier concile solennel ramena l'unité.
Cent ans plus tard, des réformes, tendant à atténuer les rigueurs de la discipline et menaçant de corrompre toute la communauté, les orthodoxes provoquèrent la réunion d'un second concile (vers 380 av. notre ère).
Mais l'hérésie n'avait pas été arrêtée. Pour y mettre un terme, le roi convoqua (en 244 ou 242 av. J.-C.) un troisième concile.
Vers le milieu du 1" siècle de notre ère, un quatrième et dernier concile pour l'adoption des doctrines de l'école Mahàyâna se réunit à Djàlandhara.
CONCILIABILITÉ n. f. Qualité de celui qui a l'esprit de conciliation, ou d'une chose conciliable.
CONCILIABLE adj. Qui peut se concilier : Opérations qui ne sont pas conciliables.
— Anton. Inconciliable.
CONCILIABULE (lat. conciliabulum ; de conciliare. concilier) n. m. Hist. rom. Lieu où les préteurs, les propréteurs et les proconsuls tenaient leurs assemblées pour rendre la justice. Il Place de Rome où les habitants de la campagne se réunissaient, à époques fixes, pour traiter leurs atïaires et terminer leurs différends.
— Par eit. Assemblée de gens qui délibèrent à mauvaise intention : Ce coNciLiABtjLE où la mort de Jésus fui résolue... (Bourdal.)
— Fam. Assemblée quelconque : Tenir un conciliabule.
— Hist ecclés. Assemblée de prélats n'ayant pas autorité pour délibérer. .
— Encycl. Hist. ecclés. Il y a conciliabule chaque fois qu'une réunion d'évêques, assemblés pour déhbérer en matière ecclésiastique, est dépourvue des caractères essentiels et nécessaires aux véritables conciles; spécialement, quand elle n'est pas convoquée et que ses décisions ne sont pas confirmées par le pape. Parmi les conciliabules célèbres, on cite le synode d Ephèse, en 447, sous l'empereur Théodose II, qui est appelé aussi le brigandage d'Ephèse; le svnode de Rimini, en 359; le synode de Pise, en 1409 ; l'asse'mblée de Bàle, à partir de la vingt-cinquième session (1437).
CONCILIAIRE {li-èr') adj. Qui a rapport à un concile ou aux conciles : Décrets conciliaires.
CONCILIAIREMENT {li-è) adv. En concile : Evêques CONCILIAIREMENT assemblés. (Peu usité.)
CONCILIANT (li-an), ANTE adj. Qui porte ou qui aide à concilier : Homme conciliant. Paroles conciliantes.
— Syn. Concihant, conciliateur. Conciliant se rapporte au caractère ; il marque un esprit de douceur qui rend propre à concilier, plutôt que l'action même de concilier. Conciliateur se ramiorte au rôle actif que joue celui qui concilie : On dit : Humeur douce et conciliante; éloquence persuasive et conciliatrice.
— Anton. Blessant, choquant.
CONCILIATEUR, TRICE {da lat. conciliator, trix, mémo sens) n. Personne qui travaille à concilier, qui est chargée de concihor.
— Dr. Conciliateur des antinomies. Nom qu'on donnait autrefois aux jurisconsultes qui s'étaient occupés de mettre d'accord les lois qui paraissaient opposées. Il Juge conciliateur. Juge chargé do mettre l'accord entre les parties. (On dit aujourd'hui jdqe de paix.)
— Adjecliv. : Esprit conciliateur. Paroles conxilia-
TBICES.
— Syn. Conciliateur, conciliant. V. conciliant.
— Encycl. En Italie, le conciliateur est un magistrat populaire chargé do concilier les différends de peu d'importance, et dont la compétence ne s'étend qu'à des contestations au-dessous do 30 francs. Il est choisi parmi les membres les plus estimés du corps municipal. 11 no reçoit ni traitement ni indemnité, mais il est investi d'honneurs
et entonré de marques de respect. Il a mission d'arranger et, au besoin, de trancher les différends, séance tenante et sans frais. Les décisions qu'il rend, lorsque, par exception, .il ne concilie pas, sont immédiatement exécutoires.
CONCILIATION (si-on) n. f. Disposition à concilier, action de mettre d'accord des personnes divisées : Des paroles de CONCILIATION. Un esprit de conciliation. On fait toujours une sottise en rejetant les moyens de conciliation. iRivarol.)
— Action de faire cadrer des choses qui paraissaient opposées ; La conciliation des textes.
— Dr. Action d'un juge sur les parties, pour arriver à les mettre d'accord : Citer quelqu'un en conciliation. Procèsverbal de iion-coNCiLiATioN. La conciliation est l'attribution principale du juqe de paix. Il Bureaux de conciliation. Tribunaux de conciliation, établis en 1791 pour tenter de mettre les parties d'accord, avant qu'elles en vinssent à un procès. „ .,. ^.
— Encycl. En procédure, on appelle conciliation (essai, tentative ou préliminaire de), la formalité imposée aux parties de se présenter devant le juge de paix conciliateur pour tenter un arrangement avant de commencer un procès ; que les affaires soient de la compétence du juge de paix, ou de la compétence des tribunaux d arrondissement (C. proc, art. 48 à 58i. .
En principe, toute demande est soumise à la conciliation ; cependant, trois conditions sont exigées. Il faut qiie la demande soit : 1° introductive d'instance ; 2° susceptible de transaction ; 3° en première instance devant les tribunaux d'arrondissement. D'autre part, sont dispensées du préliminaire de conciliation : 1° les demandes requérant célérité (loyers, saisies, etc.) ; 2» celles formées contre plus de deux défendeurs. , , , , ■ ,
Le juge compétent est, en règle générale, celui de l'arrondissement (à Paris), ou du canton où réside le défendeur. „ , . 1
Les demandes de conciliation sont formées par simple avertissement, dans le cas où l'affaire est de la compétence de la justice de paix ; dans les autres cas, il faut avoir recours à un exploit d'huissier nommé citation. Les parties comparaissent en personne ou par mandataire. Si 1 une des parties ne comparaît pas, elle encourt une amende de 10 francs. . .
— Conciliation entre patrons et ouvriers. La conciliation est la phase initiale de la procédure facultative d'apaisement que la loi du 27 décembre 1892 a inaugurée en matière de différends collectifs entre patrons et ouvriers ou employés. Elle précède nécessairement l'arbitrage et donne lieu à la réunion d'un comité de conciliation.
OONCILIATOIRE (/o-ai-') adj . Destiné àconcilier: il/eswres