‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 178 sur 870 · CONCILIATOIRES · texte numérisé non relu

CONCILIATOIRES

CONCILIER jdu lat. conci/iare. — Prend deux ! de suite aux deuxprem.pers.pl. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Aous conciliions. Que vous conciliiez) v. a. Mettre d accord, établir l'entente et la paix entre : Une complaisance mutuelle concilie ordinairement les volontés. (St-Evrom.) Il Faire accorder, en parlant des choses qui étaient ou paraissaient contraires ou disparates ; allier, faire aller ensemble : Les femmes concilient à merveille le monde et l'Eglise, la pénitence et le plaisir. (L. Jourdan.) n Montrer, saisir l'accord de : Concilier des textes, n Attirer, gagner, procurer : Exorde qui concilie à l'orateur la bienveillance de l'auditoire. .

Se concilier, v. pr. Etre concilié ou conciliable. n be mettre d'accord, ii Attirer, gagner à soi. — Syn. ConciUer, accorder. V. accorder.

CONCINI (Concino), comte dei.la Penna, maréchal d'Ancre, né à Florence, mort à Paris en 1617. Il se rendit en France à la suite de Marie de Médicis, épousa une femme de chambre de la reine, Léonora Dori, dite Galigai, et, grâce à l'empire que celle-ci ne tarda pas à prendre sur l'esprit de Marie de Médicis, exerça la plus grande action dans les conseils du gouvernement. Il employa son influence à gagner une fortune immense ; l'année même de la mort de Henri IV, il achetait le marquisat d'Ancre et la charge de premier gentilhomme de la chambre. Il eut successivement le gouvernement d'Amiens et de Normandie et, en 1614, auscandalede tous les hommes de guerre, le bâton de maréchal. A partir de ce moment, il fut en réalité le premier ministre du royaume, et favorisa ainsi les débuts de l'évêque de Luçon, qui fut dans la suite le cardinal de Richelieu. Le gouvernement de Concini.

Concini était surtout orienté

vers ses intérêts personnels. Une ligue de mécontents se forma : on la désarma par le traité de Loudun (1616) en t^orgeant les chefs d'honneurs et d'argent (7 millions de iTvres). Mais Coudé, qui avait été le chef de la ligue, ne tarda pas à élever des prétentions nouvelles. Concini, à l'instigation de l'évêque de Luçon, fit, cette fois, preuve d'énergie et le fit emprisonner. Auprès de Lonis XIII avait grandi la faveur d'un jeune cadet de Provence, Albert do Luynes, fils d'un officier de fortune. Il était « maître de la volerio du roi • , et, camarade de jeux et de plaisirs, prit sur l'esprit du jeune souverain une influence prépondérante. Louis XIII ordonna l'arrestation de Concini. Vitry, capitaine des gardes du corps, fut chargé de l'opération. Sur le pont dormant du Louvre (un), Concini fut appréhendé, et, comme il fit mine de résister, on lui cassa la tête à coups de pistolet. Sa femme, Galigaï, fut impliquée dans un procès de sorcellerie et condamnée au bûcher. L'exécution eut lieu la même année. .

Conoiones latinœ, c'est-à-dire Harangues latines. livre classique que l'on traduit dans la classe de rhétorique, dans les lycées. Ce recueil a été formé au xvi> sièclo par le célèbre itnprimeur H. Estienne ; il se compose d'un choix de discours empruntés à Tite-Livo, Quinte-Curce, Salluste, Tacite, et forme comme un résumé oratoire d histoire romaine, en même temps qu'il ofi're d'excellents modèles d'éloquence. Des remaniements et dos rééditions

do cot ouvrage ont été souvent donnés. On peut citor los Conciones do Naudot, Julien Girard 1^186-1), P.(iuiraud(i8i»6). CONCIS {si), ISE [du lat. coiicisus, coupù et concis] adj. . Qui a de la concision, qui est exprimé ou pou de mots ; Sti/le CONCIS. Les maximes doivent être courtes et concisks. (La Bruy.) Il Qui exprime sa ponséo ou pou do mots : Uii l'crivaiii CONCIS.

— Syn. Concis, précis, exact, bref, court, etc. V. bref,

Ot CONCISION.

— Anton. Diffus, lâche, prolixe, redondant, verbeux.

CONCISION [si-zi-on — lat. conctsio ; do coiicisus, coupé) n. f. Qualité do ce qui est dit complôtemont on peu de mots et do celui qui s'exprime do cette manière : La concision du style de Tacite. La concision de La Bruyère est pittoresque.

— Kncycl. Littér. La concision, qualité maîtresse, suppose chez récrivaiu un double et précieux don : la faculté d'embrasser d'un regard largo et rapide tout un horizon d'idées; le pouvoir de les évoquer ou do les rendre sous une forme à la fois nerveuse, incisive et lumineuse.

On voit dés lors combien concision dit plus que p7-écision ot que brièveté. Tel, qui est bref, reste obscur; car, do ce que l'on emploie peu de mots, il ne s'ensuit pas forcément qu'on soit clair. Plus fréquent môme est le résultat opposé. D'autre part, on peut se montrer précis, c'està-dire choisir uniquement les termes propres, les expressions rendant exactement la pensée, et, par le fait même, être long.

Offrant de si nombreux et si rares avantages, il n'est pas surprenant que la concision se remarque dans les plus beaux passages des meilleurs écrivains. Et, quand un auteur, même secondaire, la rencontre d'aventure, il égale aussitôt, pour la durée d'un éclair, les maîtres. Tel Tliomas Corneille trouvant dans sa tragédie le Comte d'Essex ce vers que pouvait lui envier son illustre aîné : Le crime fait la honte, et uoq pas Téchafaud.

En Grèce, Thucydide, Aristote furent concis; à Romo, Tacite, Juvénal, Perse; en France, Pierre Corneille en quelques répliques d'airain, Bossuet parfois, La Rochefoucauld souvent, La Bruyère presque toujours; et encore Montesquieu, qui, en parlant des Romains, se rapproche de l'auteur des AnJiales. Enfin, de tous les grands classiques français, le plus concis, peut-être, est Pascal.

— Anton. Diffusion, prolixité, redondance, verbiage, verbosité.

CONCITOYEN, ENNE {si-toa~i-in, en') n. Citoyen de la même ville, du même pays : L'ambitieux 7ïe croit point a la vertu ni au mérite de ses concitoyens. (Millot.)

— Fig. Qui a les mêmes sentiments que d'autres personnes, qui se comporte avec elles comme avec des concitoyens :

Je suis concitoyen de tout homme qui pense.

Lamartine.

CONGITOYENNETÉ [toa-ié-ne) a. i. Qualité de concitoyon. (Inus.)

CONGLAMATION {si -on — lat. conclamatio ; de cum, avec, Qlciamare, supin clamatum, appeler) n. f. Dans l'antiquité romaine, la première des fcéremonies funèbres.

— Encycl. Quand un Romain venait d'expirer, ses proches, réunis autour du lit funèbre, lui fermaient les yeux et la bouche, puis ils l'appelaient à plusieurs reprises par son nom, atin de bien constater qu'il avait cessé de vivre. Enfin, on lui adressait le dernier adieu : » Ave, vale, extremum vale^ a c'était la conclamation. Le mot s'employait couramment pour dire qu'une affaire était terminée.

Ou disait : « Conclamatum est! » c'est-à-dire,

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