CONSCIENCE
— Loc. div. : Conscience large. Penchant à excuser facilement le mal chez soi ou chez les autres, ii Fausse conscience, Conscience qui se trompe aisément dans l'appréciation du bien et du mal. n Mauvaise conscience. Etat de la conscience d'une personne qui a fait le mal. w Affaire de conscience. Obligation imposée par le besoin d'accomplir un devoir ou de mettre sa conscience en paix, ii Dans ma conscience. En mon âme et conscience. Dans ma conviction, comme je le crois et le sens, n Sur mon honneur et conscience, Formule de serment que prononce le jury, avant de rendre son verdict, il En conscience. En sûreté de conscience. En bonne conscience. Sans que la conscience soit blessée. — En bonne conscience signifie encore. En toute franchise, en vérité, ii illettré la main sur la conscie7ïce, Juger sincèrement, parler franchement. — EUlpt. La main sur la conscience, En parlant avec toute franchise. Il Avoir sur la conscience. Etre coupable de ; sentir comme un poids sur son cœur; éprouver le besoin de dire, de se venger, de se soulager de. ii Mettre sur la conscience, Rendre responsable de. ii.4i'oir la conscience nette, Etre exempt de blâme, do reproche, il Se faire ou Faire conscience de, ou une conscience de. Se faire scrupule de, regarder comme une action mauvaise ou indélicate, n C'est conscience ou C'est une conscience de, C'est une action qui offense la conscience que de. Il Vendre sa conscience, Acheter les co7ïsciences. Sacrifier à des intérêts coupables son devoir ou son penchant naturel vers le bien; payer un pareil sacrifice.
Il Opprimer les consciences, Etoutler la libre manifestation des sentiments, des opinions, des croyances, n Par acquit de consc'iertce, Néglif^emmcnt, comme quelqu'un qui en fait tout juste assez pour ne pas commettre une faute positive.
— Physiol. Double conscience, Etat somnambulique dans lequel on a en quelque sorte deux existences distinctes, ignorant pendant le sommeil ce qu'on a fait pendant la veille, et réciproquement.
— ïechn. PJaoïie d'acier cintré ou morceau de bois doublé de tôle, que l'on applique sur la poitrine, et qui est percé de trous dans l'un desquels porte la tête du foret quand on fore à l'archet, n On l'appelle aussi violon, palette k
FOBKR, PLASTRON, etC.
— Théol. Examen de conscience, Préparation à la confession, qui consiste dans la recherche des péchés Conscience (tcchn.). que l'on a commis, n Cas de conscience. Question difficile de morale religieuse. ii Se faire ■un cas de conscience d'une chose. S'en faire scrupule.
Il Conseil de conscience. V. conseil 'partie encycl.).
— Typogr. Travail non taxé pour la quantité, mais soalemeot pour la durée : Pour les travaux qui exigent
des soins exceptionnels, tous les cotnpositeurs sont mis en conscience. Il Compositeurs qui travaillent en conscience : La CONSCIENCE corrige ordinairement les tierces, il Lieu où se fait le travail en conscience : Aller ù la conscience.
— Anton. Inconscience, insu.
— Encycl. Psychul. En psychologie, on entend par le mot conscience la connaissance que l'esprit a de lui-même. Elle présente trois caractères principaux : 1*' Elle est le type de la connaissance immédiate ou intuitive; il n'y a pas à distinguer ici le sujet et l'objet, ils ne font qu'un. 2" Elle est la forme commune de tous les phénomènes psychologiques. 3» La conscience est essentiellement personnelle, impénétrable ; on ne peut avoir conscience que de ce qui se passe en soi ; pour connaître directement ce qui se passe en autrui, il faudrait s'identifier à lui.
On distingue la conscience spontanée, ou la simple information plus ou moins vague qui accompagne tous les actes de notre vie psychologique, et la conscience réfléchie, c'est-à-dire l'acte par lequel l'esprit se replie sur luimême et se prend pour objet. La conscience présente les degrés les plus divers, depuis la claire lumière de la réflexion jusqu'au sentiment le plus obscur. Tandis qu'on s'accorde en général à dire qu'elle n'existe pas à part des phénomènes, c'est une question controversée de savoir s'il n'y a pas de phénomènes psychologiques qui existent à part de la conscience, qui soient inconscients. V. inconscient.
Le problème de la nature et de la portée do la conscience n'a pas été soupçonné par les philosophes antésocratiques. Le « Counais-toi toi-même » de -Socrato est, plutôt une règle de morale et de logique qu'un principe de méthode psychologique. Platon a mis au centre de tout l'étude de l'esprit lui-même; mais, s'il insiste sur les différentes opérations de l'esprit, il ne considère pas à part la forme commune des phénomènes psychologiques. Aristote, sans nommer la conscience, a signalé son rôle dans la connaissance ; elle enveloppe, d'après lui, tous les faits intérieurs, et la pensée de la pensée est l'esprit prenant la pleine possession de lui-même. Les stoïciens donnent eulin son véritable nom (suvtlSr.ffti;) à cette faculté ; ils la définissent une sorte de tact intérieur par lequel l'âme perçoit sa propre tension. Le néoplatonisme traite la conscience comme une connaissance d'ordre inférieur; comme elle implique la dualité du sujet et de l'objet, elle est au-dessous de l'extase mystique, dans laquelle on saisit l'unité. Au moyen âge, 1 école revient à la théorie d'Aristote ; nous no sentons qu'à la condition de sentir que nous sentons, nous ne comprenons qu'à la condition de comprendre que nous comprenons.
Descartes fait de la pensée l'essence de l'âme, et il entend par elle la couscience : « Par le nom de pensée, je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes et en avons une connaissance intérieure ; ainsi toutes les opérations de l'entendement, de la volonté, de l'imagination et des sens sont des pensées. " Malebranche ne fait pas de la conscience une faculté séparée, mais il considère la connaissance qu'elle nous donne comme une sorte d'expérience qui participe à toutes les imperfections de toute expérience. Spinoza ne montre pas pour elle une plus grande faveur. Leibniz, au contraire, voit dans la perception du moi par lui-même une double révélation ; celle de ce qu'est l'âme dans son essence, et celle de la vraie nature de la substance. C'est aussi Leibniz qui ouvre la voie à toutes les études sur l'inconscient. Hume se place délibérément aux antipodes de ce métaphysicien. Il estime que l'esprit, dont nous n'avons aucune impression particulière en tant que substance distincte de ses états, nous est totalement inconnu ; nous n'atteignons que des phénomènes. Kant se sert de formules analogues, mais dans un sens nouveau. La conscience est, pour lui, une sorte de sens intérieur, et ce sens intérieur est soumis, comme tel, à une forme a priori, et par suite n'atteint pas l'être lui-même. L'école écossaise, avec Reid et Dugald-Stewart , sépare la conscience des phénomènes qu'elle nous fait connaître ; elle ne sixisit, d'après eux, que des phénomènes, et c'est par induction, et non directement, que nous obtenons les idées de substance et do cause. Hamiltou soutient contre eux que la conscience n'est pas une faculté distincte, mais qu'elle enveloppe toutes les opérations de l'esprit; d'autre part, il insiste sur la dualité qu'elle implique toujours: toute représentation suppose â la fois un sujet et un objet; il ne peut y avoir conscience sans union de ces deux facteurs, et, par suite chacun d'eux existe seulement tel qu'il est, par rap-
Fort à l'autre. Toute connaissance est donc relative, et être en soi nous échappe. C'est précisément le contraire de ce qu'affirment Maine de Biran et surtout ses disciples. Maine de Biran attribue à la conscience, par l'intermédiaire du sentiment de l'effort, l'origine des idées de force et de cause, et ses disciples voient en elle la révélation même de ce qu'est l'être en soi. A cette métaphysique s'oppose l'empirisme contemporain, d'après lequel la conscience ne nous fait connaître que des phénomènes et ne permet d'étudier que leurs rapports, et d'après lequel, enfin, elle n'est pas elle-même un fait primitif, mais seulement le sentiment d'une différence. Actuellement, il y a des représentants pour la plupart des théories que nous venons de signaler dans la philosophie moderne. Celles de Kant, de Hamilton, de Maine de Biran, de Spencer, se partagent les esprits.
— Morale. Tandis qu'en psychologie la conscience consiste en une constatation de ce qui se passe en nous, elle a pour le moraliste un tout autre sens. On pourrait, à ce nouveau point de vue, la définir la /"onc^^o» d'appréciation. Les jugements qu'elle porte ont pour objet, non pas seulement les faits comme tels, mais leur valeur. On distingue, dans les pht^^nomènes de la conscience morale, des idées et des sentiments. Les idées ou notions quelle implique sont d'abord colle du bien ou de l'idéal moral, auâuel l'action est conforme ou non, et celle du devoir ou e l'obligation, ou encore de la nécessité d'accomplir ou d'éviter cette action. L'action une fois faite, apparaissent les idées d'approbation ou de blâme, de mérite ou de démérite. Ces idées donnent lieu à des jugements, et ces jugements sont accompagnés de sentiments plus ou moins vifs: satisfaction morale ou remords, estime ou mépris, etc. Doux problèmes principaux se posent à propos de la conscience : d'abord celui de sa nature. Pour les uns, en particulier pour l'école écossaise, elle est un sens moral, un instinct qui nous fait distinguer le bien et lo mal par un sentiment immédiat. Pour d'autres, elle est un
résultat de l'expérience ; mais, tandis que certains l'expliquent par l'expérience individuelle, grâce à l'association des idées et de l'habitude, Herbert Spencer en rend compte par l'expérience accumulée de l'espèce , et la présente comme un instinct lentement formé et transmis par l'hérédité. Enfin, d'autres, plus ou moins fidèles à la pensée de Kant, l'identifient avec la raison prononçant dans l'ordre pratique. Les divergences d'appréciation morale suivant les temps et les lieux ont fourni matière à des discussions qui se rattachent au problème de la nature de la conscience. Les adversaires de l'a priori invoquent ces divergences à l'appui de leur négation ; ses défenseurs les expliquent en distinguant la forme de la loi et son contenu : les hommes sont d'accord sur la réalité d'une obligation, ils ne différent que sur l'objet de cette obligation; l'idée d'un devoir est universelle et a priori, tandis que la détermination du devoir est en partie empirique et par suite variable.
Le second problème qui a divisé les philosophes est celui de l'autorité de la conscience. L'école écossaise déclare la conscience infaillible. I-'empirisme, évolutionniste ou non, est accusé d'aboutir au scepticisme moral, quoique Stuart MiU et Spencer, à tort ou à raison, prétendent conserver à la conscience toute son autorité. Enfin, les rationalistes, criticistes et autres, distinguent entre l'obligation en général qui a une valeur absolue et les prescriptions particulières qui doivent être examinées et critiquées dans chaque cas.
— Liberté de conscience. On entend par liberté de conscience la faculté laissée à chacun d'adopter les doctrines religieuses qu'il juge préférables, sans être inquiété par la puissance publique. Pour les uns, cette faculté exige seulement qu'on s'abstienne d'user de violence pour chercher à conduire un homme à des croyances déterminées, ou de le punir pour ne pas les avoir embrassées. Pour les autres, elle s étend davantage : elle n'existe que si l'on a le droit, non seulement de croire soi-même ce que l'on veut, mais de manifester publiquement ce que l'on croit en défendant sa foi et en attaquant au besoin celle d'auirui. D'autres, enfin, confondent la liberté de conscience et la liberté des cultes. Pour eux, la première ne se conçoit pas sans la seconde, et elle est violée dès qu'on ne possède pas la faculté de pratiquer, même en public, le culte conforme à ce que l'on croit.
Les sociétés classiques de l'antiquité n'ont pas soupçonné la liberté de conscience, en quelque sens qu'on la prenne. En Grèce, le pouvoir populaire a fait boire la ciguë à Socrato et persécuté diversement beaucoup d'autres penseurs. A Rome, l'autorité publique a torturé et mis à mort des millions de chrétiens, qui refusaient d'adorer ses idoles. Aux yeux de ces peuples, la religion nationale se confondait avec l'Etat : on outrageait 1 Etat en refusant de pratiquer sa religion.
Le moyen âge professa des idées analogues : l'Eglise ne croyait pas quon dût tenter d'amener par la force les infidèles à la foi, la foi devant être, à ses yeux, l'ouvrage de la persuasion et de la grâce ; mais, pour les chrétiens, elle regardait, et elle regarde, comme une faute toute défaillance sur le symbole, n'admettant pas plus dans ce cas, au for externe, l'excuse de la bonne foi, que la législation ne l'admet, en général, dans la violation du code.
De son côté. l'Ktat voyait dans cette faute morale un délit social, et il la frappait en conséquence.
On sait que la liberté de conscience fut comprise par la Révolution au nombre des droits de l'homme. Depuis, la diversité des croyances parmi nous a amené les gouvernements, quelles'que fussent leurs préférences, à professer et à pratiquer généralement, à des degrés divers, la liberté de conscience: ils tolèrent toutes les doctrines religieuses, en s'efforçant de maintenir la paix et le bon ordre.
— Bibliogr. Outre les ouvrages des philosophes dont il est question dans l'article, on consultera : J- Simon, la Liberté de conscience (Paris. 1857); Fr. Bouillicr. la Vraie Conscience (Paris, 1882); H. Bergson, Essai sur les don7iées immédiates de la conscience (Parvis, 1889); L. Marillier, la Liberté de conscience (Paris, 1890); P. Carus, le Problème de la conscience du moi (Paris, 1893).
Conscience (Henri), écrivain flamand, d'origine française, né et mort à Anvers (Belgique) [1812-18S3J. Il servit dans l'armée de 1830 à 1836, et commença à se faire connaître par des chansons. En quittant le service, il se fit garçon jardinier pour vivre. Le parti catholique ayant résolu de substituer l'idiome flamand au français comme langue nationale, Conscience se dévoua à cette cause et débuta par un ouvrage écrit en flamand, l'Année des tniracles (1837), qui eut un énorme succès; grâce à l'appui du roi Léopold, il devint employé aux archives d'Anvers, puis professeur à l'université de Gand (1845), précepteur des enfants du roi et commissaire de l'arrondissement de Courtrai. Doué d'une grande fécondité, Henri Conscience écrivit en flamand des nouvelles et des romans historiques, comme Jacques d'Artevelde (1840); la Guerre des paysans (1853); Batavia J^l&oè) ; etc., mais il- doit surtout sa réputation à ses scènes de la vie privée, à ses peintures rustiques, à ses tableaux de mœurs pleins de fraîcheur et de charme, à la vivacité et à la moralité de ses récits. Parmi le grand nombre d'œuvres de ce genre qui, pour la plupart, ont été traduites en français, nous citerons : les Heures du soir {IS39] ; le Conscrit {iSôQ); le Gentilhomme pauvre {iSbl); le Fléau du village (1855); le Jeune docteur{l&60): les Drames flamands ilSôè); la Voleuse d'enfants (1870); le Gant perdu (1872); le Remplaçant (1875); Argent et noblesse (1877); les Martyrs de l'honneur (l880); les Serfs de Flandre (1882); etc.
CONSCIENCIEUSEMENT ikon-sian-sieu-ze) adv. Avec conscience, d'une manière consciencieuse : Accomplir consciencieusement 5(1 tâche.
CONSCIENCIEUX {kon-sian-sieû), EUSE adj. Qui a de la conscience : Saint Louis était par-dessus tout un homme C0NSC1ENC1ECX. (Guizot.) Il Qui est fait avec une louable attention, qui est soigneusement travaillé : Un travail
CONSCIENCIKUX.
— Syn. Consciencieux, scrupuleux. Consciencieux se prend toujours en bonne part- (Se dit de l'homme qui, écoutant la voix de sa conscience, est juste dans toutes SOS actions.) Scrupuleux renchérit quelquefois sur co?)sciencieux ; il désigne l'homme qui consulte sa conscience dans les petites circonstances, qui ne se permet pas l'action la plus insignifiante sans l'avoir pesée dans la balance do l'équité; mais, aussi, il exprime souvent l'abus
lîo oetto vortu, ot alors, il montre l'homme comme s'attachant minutiousemonl aux petits détails et pcrdaut do vue quoltiueluis les devoirs plus importants.
CONSCIENCIEUX [kon-sian-sieû) n. m. pi. Nom donné à des se^^taires do diverses époques, qui no reconuaissaient d'autre ri'gio de conduite que leur conscience. — Un coNSCiuNciuux. it On a dit aussi coNsriiîNTiAiRK.
— Kncycl. Les consciencieux ou conscientiaires constituaient une secte do libres penseurs du xyii" siècle, (jui eut pour clief un étudiant en ihoologio du nom de Matthias de Knutzen, né à Oldensworth, village du Holstoin. D'Iéna, où il arriva en 1674, il répandit à. profusion des manuscrits dans lesquels il exposait sa doctrine et celle de ses partisans, (^u'il prétendait être très nombreux, non seulement à lôna, mais encore à Rome, à Paris et dans toutes les universités d'Europe. Il niait l'autorité do IKcriture, no mettait point do ditférence entre le mariage et le concubinage, et ne reconnaissait pour règle de la vie, pour législateur, pour juge, que la conscience. Le ciel et l'enter, disait-il, no sont que des rêves : le ciel est la bonne conscience de ceux qui sont en paix avec oux-m6mes ; l'enfer est la conscience troublée.
CONSCIENT (ko'i-sian), ENTE [lat. consciens ; do cion, aver, ot sctre, savoir] adj. Qui a conscience, notion, idée do l'existence d'une chose ; Les fous ne sont pas CONsciiiNTS <(e leurs actes.
CONSCIENTIAIRE n. m. V. CONSCIENCIEUX (sectaire).
CONSCRIPTEUR {sh'i-pteiir' — du lat. cum, avec, et scripfor. qui écrit) n. m. Docteur de l'université de Paris qui allait au bureau, à la lin des délibérations, pour recueillir et vérifier les avis.
CONSCRIPTIBLE {skrip' — du lat. cojiscriptus, conscrit) adj. Qui peut être appelé par la conscription militaire.
— Substantiv. ; Les conscriptibles.
CONSCRIPTION {skri-psi — du lat. cum, avec, et scriptio,
action décrire) n. f. Autrefois, en France, Inscription au rôle des jeunes gens parmi lesquels le sort désignait ceux qui devaient être soldats, n Tomber à la conscnjHion, Etre frappé par la conscription, Etre déclaré soldat en vertu de la loi de la conscription.
— Encycl. La conscription est un mode de recrutement de l'armée qui consiste à appeler, chaque année, au service, les jeunes gens inscrits sur les listes de recensement comme ayant atteint nn âge déterminé.
Conscription fut le nom originairement donné au système établi par la loi du 19 fructidor an IV, pour rég'ler les conditions du service militaire. Cette loi fut la première qui posa le principe du service obligatoire et personnel : " Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie. » La loi prescrivit que le service serait dû de vingt à vino^t-cioq ans ; les jeunes gens compris entre ces deux âges tormant cinq " classes » annuelles, dont tous les membres étaient inscrits ensemble sur des listes où ils étaient classés par rang d'âge. Le gouvernement pouvait puiser sur ces listes d'après ses besoins, en appelant d'abord la plus jeune classe et en commençant, dans cette classe, par les plus jeunes conscrits.
Moditiée, plus tard, par l'admission du remplacement et l'adoption du tirage au sort, cette loi fut appliquée jusqu'à la fin du premier Empire. Elle pesa lourdement sur le pays. Aussi la conscription était-elle devenue odieuse, et son abolition fut-elle un des premiers principes proclamés par la charte de 18I4. V. recrutement.
CONSCRIPTIONNAIRE (skri-psi-o-nèr') n. m. Celui qui est frappé par la conscription.il On dit plus souvent coNscurr.
GONSCRIPTIONNEL, ELLE { skri-psi-o-Jièl' ) adj. Qui concerne la conscription : Opérations conscriptionnelles.
CONSCRIT {skri — du lat. conscriplus, écrit avec) n. m. Jeune homme inscris au rôle de ceux qui doivent tirer au sort pour le service militaire, n Soldat levé par la conscription. Il Soldat non encore exercé au maniement des armes, ou exercé depuis peu et maladroit. — Dans le langage courant, Titre qui indique l'inexpérience ou la naïveté sotte : 5e laisser tromper comme un conscrit.
— adj. m. : Pères conscrits, Titre donne aux sénateurs supplémentaires créés par Romulus, et plus tard â tous les sénateurs romains.
Conscrit de 1813 (Histoire d'un), roman d'Erkmann- Chatrian (186-1). ~ Joseph Bertha est un pauvre jeune homme de vingt ans, apprenti horloger, boiteux, qui se croit sûr d'être exempté du service militaire, et n'a d'autre guide en politique que son bon sens mis en éveil par son intérêt personnel. Les auteurs rendent avec uno remarquable justesse son désespoir quand il est déclaré propre à la guerre, .ses adioux à sa fiancée, sa loyale résistance aux conseils de sa tante le poussant â la désertion, l'austère langage do son patron qui maudit les excès do la guerre, mais adjuro le jeune homme do faire son devoir. Des batailles titanosques do cotte époque, Joseph Bertha no raconte quo les épisodes auxquels il a été mêlé. Sa poignante narration, coupée do réflexions bien personnelles, produit uno émotion intense, augmentée encore par le style franc, simple, naïf, familier qu'affectionnent les auteurs. Tout le récit, jusqu'au retour dans ses foyers do Joseph blessé, s'appuio sur le contraste du deuil des familles avec !os Te ùeum perpétuels qui célèbrent do ruineuses victoires. Et les auteurs résolvent d'une façon heureuse, aïKani quo faire se peut, le difHcile problème do combiner le pairiotisme avec la haino dos combats.
CONSÉCRATEUR (lat. consecrator ; do cum, avec, ot sacrare, supin sacrât um, sacrer) adj. Qui sacre un évêquo : /'ttnftfr coNsÉcRATECR. Il Qui consacre, dans lo sacritico do la mossc : Prêtre consécratkur.
— Substantiv. Evêquo oui sacro un autre évoque. Il Fig. Ce qui donne uno sorte do sanction : Paris est le coNSE- CKATKUR suprême de tous les talents. (L.-J. Larcher.)
CONSÉCRATION (si-on — rad. consécrateur) n. f. Action do consacrer : La con.sécration d'une éijlise, d'un calice. La coNsficttATioN du pain et du vin. Les paroles de la consécration.
— Antiq. et numism. Apothéose d'un empereur ou d'un prince romain, llguréo, lo plus souvent, sur los médailles i>ar un aiglo qui prend son essor.
— Fig. Sanction, contlrmation ; Le despotisme a beau faire, la libre volonté de l'homme sera toujours une con8É- CHATtON nécessaire de tout acte humain. (Do Custine.)
— Encycl. liolig. La. consécration est un rit liturgique, pur loquol on atrocto au sorvico do Diou uno personne ou