‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 224 sur 870 · CONSPIRER — CONSTANCE · texte numérisé non relu

CONSPIRER — CONSTANCE

lable. Elles forment avec l'attentat les trois actes successifs d'un môme drame : la conspiration prépare la conjuration, qui elle - même achève de tout disposer pour l'exécution. D'autre part, la conspiration peut être l'œuvre d'un solitaire, secondé parfois par un très petit nombre de complices. La conjuration éveille plutôt l'idée d'un groupement important de coopérateurs, liés par un serment secret, plus ou moins solennel, et dont la conduite mystérieuse se justifie souvent par un but élevé et généreux, comme la défense de la patrie, de la justice ou de la liberté.

Los plus importantes sont : dans l'histoire ancienne, la conspiration d'Harmodiuset Aristo^iton contre Pisistrate, de Pélopidas contre les Spartiates de Thèbes, la conspiration des Gracques, celle de Catilina, la conspiration de Brutus contre César, de Cinna contre Auguste, des Pisons contre Néron ; dans les temps modernes, la conjuration de Marine Faliero contre le sénat de Venise, de Fiosque contre les Doria, à Gênes, des Pazzi contre les Médicîs à Florence, celle de Guillaume Tell coutre la tyrannie autrichienne, de Sidnej contre les Stuarts, la conspiration des poudres; enlin, en France, la conjuration d'Amboise, la conspiration de Cinq-Mars et de de Thon contre Richelieu, les conspirations de Georges Cadoudal, d'Aréna, des généraux Malet et Moreau contre Napoléon, et des quatre sergents de La Rochelle contre le gouvernement de la Restauration.

Conspiration des poudres. V. poudres (conspiration des),

CONSPIRER [spi-ré — lat. conspirare ; do cum, avec, et spirare, souffler) v. n. Tendre on commun, concourir, s'accorder dans un même but ; Tout conspire à pervertir les rois. (Fléch.) il Comploter ; prendre part à une conspiration : Qua7id vous avez le droit de discuter tout, vous n'avez pas le droit de conspirer. (E. de Gir.)

— Fig. Tendre ensemble à la ruine, au renversement de qu^que chose : Les passions couBVïnE^T toutes contre l'innocence. (Fléch.)

— v. a. Comploter, méditer, préparer en secret : Conspirer la 7'uine d'un Etat, la mort d'un ennemi.

CONSPUER {5/)U-^ — lat. conspuere, CTa.chev dessus; de cum, avec, et spuere, cracher) v. a. Honnir, couvrir publiquement de mépris : Conspder un tyran, un livre, uiie pièce.

— Conspuez! Conspuez ! Cri que poussent les étudiants quand ils manifestent contre quel(|u'un ou quelque chose.

— Stn. Conspuer, bafouer, honnir, etc. V. bafouer.

CONSTABLE {stabl' — mot angl., altérât, du mot connétable, dérivé du lat. cornes stabuli) n. m. Titre donné, en Angleterre, aux officiers de police.

{S'est dit autrefois pour connétable.)

— Enctcl. Il a existé en Angleterre, après la conquête normande, un officier de la couronne ayant, sous le titre de lord hiyh constable, les mêmes attributions que le connétable en Franco.

Cette dignité, devenue héréditaire, fut un lourd fardeau pour la couronne, et Henri VIII la supprima.

Actuellement, on appelle constables les officiers de police établis en 1264 par Edouard I=^ et chargés de maintenir l'ordre public, d'arrêter et d'emprisonner ceux qui le troublent, et d'exécuter les ordres des juges de paix. Ils sont pris parmi les citoyens et nommés

{»ar les cours de centurie [court-leet), es paroisses ou les magistrats. On est forcé, sous peine d'amende et de prison, de servir comme constable ou de se faire remplacer par un deputy-con- Constable

stable. Certaines professions seules exemptent de cette obligation. Lés constables peuvent requérir les assistants de leur prêter main-forte, ils concourent aussi à la formation des listes électorales, à la convocation des juges de paix et des jurés, au recensement de la population.

Les constables portent comme insigne un petit bâton en métal, surmonté d'une couronne royale. Us sont tenus de l'exhiber quand ils procèdent à un acte de leurs fonctions. On les divise en nigh constables (hauts constables) et petty constables {constables inférieurs); en cas d'émeute, tout citoyen peut être requis en qualité de spécial constable. En 1829, les anciens constables de Londres furent remplacés par cinq compagnies de police-constables ou policemen.

Constable (Archibald), libraire-éditeur écossais, né en 1774, mort àEdimbourgen 1827. Il aacquisun renommérité par sa générosité avec les auteurs, et par l'importance de quelques-unes de ses publications. On lui doit, notamment : la. Bemœ d'Edimbourg {isoz); Constable Miseellany, vaste reeueil do livres instructifs ; une nouvelle édition do XEncyclopsdia britannica; etc.

Constable {John), paysagiste anglais, nô à East- Bergholt (Suffolk) en 1776, mon près de Londres en 1837. Son père le destinait à l'état ecclésiastique; mais sir George Geaumont, le fondateur de la National Gallery, le décida à laisser son fils partir pour Londres {i795). John étudia chez Farrington, puis, on 1799, il entra comme élève à l'Académie royale. Il fit de la peinture religieuse, do 1804 à 1809. Mais il se ravisa vite et revint à ses cottages, à. ses prés, à ses gras terrains.

En novembre 1819, il était nommé membre associé do l'Académie royale. A peine remarqués naguère, ses tableaux furent désormais fort recherchés. Un marchand français, qui en avait acheté trois à l'Exposition anglaise, les envoya à Paris au Salon do 1824. C'étaient une Vue prè* de Londres, un Canal en

Anfjleterre et \a. Charrette à foin. Ces trois peintures magnifiques firent grande sensation à Paris. I^cs élèves do David ne cachèrent pas leur surprise, ni les romantiques leur

admiration. Le jury lui donna la médaille d'or. Trois ans plus tard, en 1827, Constable exposa à la British Institution l'un de ses chefs-d'œuvre, le fameux Champ de blé. Ce tableau fut acheté par des admirateurs qui l'offrirent à la National Gallery.

Constable perdit sa femme en 1828; ce lui fut un coup terrible. En 1829, il fut enfin nommé membre de l'Académie. En 1831, il peignit la Cathédrale de Salisbury, un de ses chefs-d'œuvre, mais il souffrait toujours de son deuil inconsolable. Le 30 mars 1837, il fut trouvé mort dans son lit.

Constable n'a pas laissé un très grand nombre de tableaux, mais ses études sont innombrables, et toutes d'un grand intérêt. L'art était alors tout entier orienté vers l'antiquité ou vers l'académisme. Constable a su voir et rendre la variété, la vie incessamment changeante au sein de la nature. S'il n'a fait qu'à moitié école en son pays, il a laissé dans l'art français une impression profonde, qui a contribué au développement de l'école française de paysage. Le musée du Louvre a reçu, depuis 1874, quatre toiles de Constable. Cependant, malgré l'intérêt du Cottage et de Y Arc-en-ciel, aucun de ces tableaux ne donne l'idée de la grande manière du paysagiste.

CONSTABULAIRE {sla, 1er') adj. Qui tient, qui a rapport aux constables : La force constabulairk.

— n. m. Gouverneur d'un château. {Vieux.)

CONSTAMMENT {sta-nian) adv. Avec constance, fermeté : Ily a différence entre souffrir la mort constamment et la ynépriser. (La Rochef.) il Toujours, sans cesse, invariablement : Le gouvernement de France a été constamment arbitraire. (M™" de Staël.) il Certainement, assurément, sans nul doute : Une iiouvelle constamment controuvée. [Ce dernier sens a vieilli.)

— Syn. Assidûment, continuellement, incessamment, sans cesse, sans relâche, toujours. V. assidûment.

— Anton. In constamment, quelquefois. ~ Rarement.

CONSTANCE {sfanss — lat. constantiu; do constare. durer, persévérer) n. f. Force d'âme, fermeté qui nous empêche de nous laisser ébranler par les peines et les maux de la vie : La constance des sages n'est souvent que l'art de renfermer leur agitation dans leur cœur. (La Rochef.)

— Patience, persévérance : Poursuivre un dessin avec constance. Il Stabilité, fermeté, persévérance dans les opinions, les idées, les sentiments, et particulièrement dans l'amour d'une môme personne : La constance est U7ie fermeté raiso7inable dans nos setitiynents. (Vauven.)

— Reproduction non mterrompue du même fait : La constance du rapport des sinus d'incidence et de réflexion. (Arago.)

— Stn. Constance, fidélité- La constance est la persévérance dans les mêmes sentiments, dans les mêmes goûts. La fidélité suppose un engagement, un devoir plus ou moins strict, et c'est l'observation constante de ce devoir. On est consta7it dans ses affections; on est fidèle à ses promesses.

— Anton. Inconstance, inconsistance, instabilité, légèreté, variabilité, versatilité. Infidélité, trahison.

— Encycl. Iconogr. Les anciens avaient personnifié la Constance sous la figure d'une femme coiffée d'un casque et armée d'une lance, ayant toujours l'iodex de la main droite élevé à la hauteur et près du visage, dans l'attitude de la méditation. On trouve cette figure sur quelques médailles de l'empereur Claude. Les modernes ont personnifié la Constance dans une femme qui, de la main gauche, embrasse une colonne, emblème do la stabilité, et étend la droite, armée d'une épée nue, au-dessus d'un brasier ardent. La Constance a encore été représentée ayant les pieds posés sur une pierre carrée, symbole de la fermeté. B. Picart l'a personnifiée, dans une estampe, par une femme en costume militaire, assise sur un rocher. Barfolozzi a ^ravé une figure allégorique de la Constance d'après Cipriani. On en voit une autre peinte par Blondel dans lo plafond d'une des salles du Louvre; etc.

Constance du Sage (De la), traité philosophique de Sénèque, composé après la mort de Caligula et adressé à Annreus Serenus. Ce bon citoyen avait ressenti une profonde indignation des infâmes traitements infligés à Caton par la multitude irritée. Sénèque, pour leconsoler, lui expose la doctrine stoïcienne sur les mjuros, qui ne peuvent atteindre le sage et ne retombent que sur leurs auteurs. Il fait l'apologie de la doctrine sto'icienne et il soutient qu'elle n'est pas contraire à la nature ; cependant, l'exagération même de son exposé est loin de donner cette impression. Le traité Z>e la Constance du Sage est écrit avec éclat et abondance, et étincelle de belles pensées.

Constance, on allem. KonSTANZ (lat. Constantio), ville d'Allemagne (gr.- duché de Bade), sur les bords du lac de Constance, à l'endroit où le Rhin sort du lac ; 18.692 h. Nombreux monuments : la cathédrale, construite pour la première fois en 1052, entièrement rebâtie au xvi« siècle; l'église gothique de Saint-Etienne, datant du xv siècle; la douane qui date du commencement du xiv» siècle. Son port, qui expédiait autrefois vers l'Allemagne les marchandises emmagasinées dans les entrepôts de la ville, ne reçoit plus que les bateaux à vapeur de plaisance qui sillonnent lo lac. Elle a gardé cependant encore quelques fal)riques d'horlogerie, de draps, mais elle vend surtout des vins estimés, que lui fournissent les vignobles des îles Reichenau et Mainau.

La population de Constance a beaucoup varié. De 10.000 habitants qu'elle avait au moment où le concile s'assembla dans ses murs (MU), ello tomba à 4.000, au début du XIX» siècle; elle est remontée depuis. Mais les routes commerciales so sont déplacées, et Constance n'a pas retrouvé son ancienne prospérité. IVabord forteresse romaine , elle devint, au moyen âge, une villo impériale, puis passa, en 1559, sous ladominatiôn de lamaison a Autriche. En 1805, â la suite du traité do Presbourg, elle fut incorporée au grand-duché de Bado.

Constance (paix de), traité si^né on 1183 par Frédéric Barberousso, nui reconnaissait l'indépondance dos Villes lombardes ot leur permettait d'avoir des troupes,

Armes de Constance.

des fortifications, des tribunaux, en se reservant certains droits sur l'élection dos magistrats.

Constance (concile de) [5 nov. 1414-22 avr. ni8]. La chrétienté éi.ait partagée entre trois papes : Grégoire XII (Angcio Corraro), Benoît XIII (Pedro de Luna), Jean XXIII (Balthasar Cessa). Ce dernier se décida enfin à convoquer dans la ville libre de Constance un concile œcuménique. L'assemblée se réunit en novembre 1414 : elle comprenait 29 cardinaux, 3 patriarches, 33 archevêques, 150 évêques et prélats, 500 moines, environ 1.800 prêtres, dont un grand nombre de docteurs des universités et, en particulier, de celle de Paris. Une triple tâche incombait à l'assemblée : éteindre le schisme ; extirper l'hérésie de Wiclef et des hussites, réformer l'Eglise. On décida d'abord que l'on ne compterait pas les suffrages par tête, mais que l'on voterait par nations (allemande, anglaise, italienne, française); les simples prêtres eurent voix délibérative, aussi bien cjne les évêques et les cardinaux. L'Assemblée, entraînée par l'éloquence de Pierre d'Ailly et de Jean Gerson, demanda à Jean XXIII son abdication. Jean, qui avait fini par s'y résigner, .s'échappa ensuite de la ville â la faveur d'un déguisement. Un décret fut alors rendu, qui déclarait l'obéissance au concile obligatoire pour toute personne, y compris le pape, et Jean tut déposé solennellement. Il so soumit enfin ot témoigna du repentir. Grégoire XII abdiqua ensuite sans difficulté et fut admis à siéger parmi les cardinaux. Seul, Benoît XIII s'obstina ; mais, abandonné par les Espagnols, qui, en entrant au concile, formèrent la,cinquième nation, il fut â son tour déposé et excommunié (26 juill. 1417). Cependant, la doctrine de Wiclef ayant été proscrite, Jean Huss fut cité devant le concile et condamné : il périt sur le bûcher(1415). L'année suivante(UiG), Jérôme de Prague, son disciple, subissait le même supplice. Alors, une conmiission, composée des cardinaux et de trente prélats choisis dans les cinq nations, nomma à l'unanimité, le 1 1 novembre 1417, le cardmal Colonna, qui prit le nom de « Martin V» , Le nouveau pape refusa de reconnaître le décret de la quatrième session, qui déclarait le concile supérieur à toute autorité, même pontificale. Il ne se crut pas lié par lo canon qui, dans la même session, ordonnait au pape futur de procéder, avant toute autre affaire, à la réforme de l'Eglise. Toutefois, il promit de convoquer à Pavie, en l'année 1423, un nouveau concile général.

— BiBLiOGR. : Théodoric Vrie, Magnum conciliui7i Constant. (le Grand Concile de Constance), récit d'un témoin oculaire publié à Francfort (1697) et à Leipzig (non).

Constance ilac dh), en allem. Bodensee. II occupe dans la z-uio des collines préalpines, au N.-E. de la Suisse, une dopresibiun transversale d'origine en partie glaciaire comme celle du lac de Zurich. Sur 15 kilomètres de large et 60 de long, les eaux du Rhin s'y accumulent, et y atteignent une profondeur maximum de 275 mètres. Les rives sud du lac sont formées de roches calcaires assez élevées, mais, au N. et au N.-O., ce sont surtout des dépôts morainiques qui retiennent les eaux. La superficie est de 540 kilomètres carrés. En hiver, le lac ne gèle que par exception, mais ses deux bras occidentaux, rUeberfingersee et l'Untersec, se prennent souvent; lo second presque régulièrement. Le foehn (vent du sud) y soulève, surtout au printemps, dos vagues de tempête atteignant parfois six mètres de hauteur ; en même temps, surviennent, à cause de la fonte des neiges, des crues de deux â trois mètres. Néanmoins, la navigation y est très active, par bateaux à vapeur principalement; car lo littoral est riche (vignobles), partout peuplé, et partagé entre cinq Etats, qui ont chacun leurs ports : le grand-duché de Bado (Constance), le Wurtemberg (Friedriclishafen), la Bavière (Lindau), l'Autriche (Bregenz), la Suisse (Romanshorn). Les îles du Nord-Est, août la plus grande, Reichenau, renferme une célèbre abbaye, appartiennent au grand-duché de Bade.

Constance, village africain de la colonie anglaise du Cap, district de Capetown, situé au pied des pentes orientales de la haute montagne de Constance. Ce village est célèbre par ses vins muscats, considérés, après ceux de Tokai, comme les meilleurs vins de liqueur connus.

CONSTANCE [stanss) n. m. Vin récolté aux environs du village de Constance (colonie du Cap).

— Encycl. Le constance rouge ou blanc est fourni principalement par les clos de Haut-Constance et de Grand- Constance. Ou estime particulièrement les vins de Pontac et Frontignac, puis le stein, le hanepoot, le pee7i-grape, etc. Dans le commerce, on donne le nom de constance, non seulement aux vins produits par les vignobles de ce villag-e, mais encore à tous ceux récoltés dans les localités voisines, et dans l'isthme qui sépare la Falso-Bay de la Table-Bay.

Constance ou CONSTANT(saint),6vêque de Pérouse, fut décapité jiour la fui, près de Foligno, au il" siècle. Le culte de ce martyr, que l'Eglise honore le 29 janvier, est très ancien en Italie. — Un autre saiyit Constance était sacristain à San -Stéphane, près d'Ancône, au v" ou au vr siècle. Saint Grégoire le Grand loue en particulier son lininilité. Fête le 23 septembre.

Constance I" Chlore [c'est-à-dire le Pâle] (Flavius Valcrius), empereur romain, [lèro de Constantin le Grand, né en Mœsie vers 225, mort à York en 306. Vainqueur des Sarmatos sous Carus, il fut nommé César sous Dioclétien et Maximien, ot, à ce titre, reconquit la Bretagne sur Allectus, chassa les Francs du pays des Bataves, ot gagna, sur les Germains. les bataillesdc Langresetdo Vindonissa. Devenu Auguste, il gouverna conjointement avec Galère et mourut quinze mois après, à Eboracum (York). 11 exerça le pouvoir avec autant d'équité quo do douceur, ot, pendant la persécution de Dioclétien, se montra tolérant envers les chrétiens.

Hélène , sa première femme , qu'il dut répudier pour épou-

Const;iiicc Clilnrci (biiBte du Capitole).

.ser uno fille de Maximien , fut la mère do Constantin

Constance II tenant une Victoire, d'après une miniature.

Constance II, empereur romain, né à Sirmium en 317, ïiiurt on Cillcio on 301. A la mort de son père, Constantin, , il pariayca l'empiro avec ses frères, au nn^pris du tostainoiit de l'empereur, i)ui ilounait une partie do I empire à sos neveux l>almaco ot Annibalien.

Ceux-ci furent massacrés parlossoldats, avec beaul'oup d'autres parents et amis de Constantin. Constance eut en partage une t-Tando partie de 1 Orient ot l'Egvpte. Son règne fut rempli par des querelles tliéoiogiquos, et il se montra tantôt arien, tantôt catholique. Il combattit les Perses sans résultats importants. Ayant hérité do ses deux frères, il battit l'usurpateur Magnenco en 351, tit mettre à mort le jeune César Gallus, nomma Jullien, frère do Gallus, César pour les tiaules, mais sans lui laisser aucune liberté. L'ayant poussé à la révolte par ses injustices, il allait le combattre, quand il mourut. Ce fut lui qui flt transportera Rome l'obélisque d'Hélîopolis, qui orno la place Saint-Pierre.

Constance m (Flavius Constantius), empereur romain, morten 421. Originaire d'IUyrie, Flavius Constantius devint général d'Honorius, et reçut les titres de comte, puis de patrice. Il battit, à Arles, Tusurpaienr Constantin, et parvint à débarrasser l'Italie d'Ataulf et de ses Gotlis, en les envoyant en Aquitaine. En 416, il épousa Galla Placidia, sœur dHonorius et veuve d'Atault. En 121, il fut associé à l'Empire avec le litre d'Auguste, mais il mourut sept mois plus tard. Il fut père de Valentinien III et d'Honoria, qui offrit sa main à Attila.

Constance, impératrice d'Allemagne et reine de Sicile, morte en 1 198. Elle hérita de ce royaume à la mort de son père, Roger 11(1189}. Mariée, en 1186, à Henri VI, tils de Barberousse, c est par elle que les Hohenstaufen entrèrent eu possession de la Sicile, mais après la mort de Tancrède seulement. A la mort de Henri VI, elle se mit sous la protection d'Innocent III, qu'elle nomma tuteur de son fils Frédéric II.

Constance, reine d'Aragon et de Sicile, morte en 1302, fille de Manfred, roi de Sicile, et de Béatrice de Savoie. Elle épousa, en 1262, Pierre, roi d'Aragon, auquel elle apporta ses droits sur la Sicile, et qui s en empara en 1283. A la mort de son mari, elle tît couronner son fils Jacques à Palerme (1285), malgré le pape, et se réconcilia avec Charles d'Anjou.

Constance d'Aquitaine, qui aurait été la femme

du roi de France Louis V, puis de Robert le Pieux, n'a jamais existé, ainsi que Charles Pfister l'a démontré dans ses Etudes sur le règne de Robert le Pieux (Paris, 1885). La cause et l'origine de la légende sont intéressantes : Robert le Pieux épousa Constance d'Arles, fille de Blanche, femme abandonnée du roi carolingien Louis V ; les chroniqueurs firent de cette Constance la femme même de Louis V, qui, dans son testament, aurait appelé Robert au trône en unissant sa destinée à celle de la veuve qu'il allait laisser. 'I A une époque où la hiérarchie féodale était fortement établie, on ne pouvait comprendre autrement que l'arrièrepetit-fils d'un soldat de fortune fût assez audacieux pour enlever le trône aux descendants de Charlemagne. »

Constance D Arles, reine de Franco, troisième femme do Robert le Pieux, morte au château de Melnn en 1032. -Son histoire est demeurée obscure, malgré les etforts des érudits. On sait que son père s'appelait Guillaume ; mais de quel Guillaume s'agissait-il? Selon toute vraisemblance, de Guillaume, comte d'Arles. Constance emmena du Midi une suite nombreuse et brillante, et apporta à la cour du Nord les mœurs plus délicates et efféminées de sa patrie. Robert le Pieux, pourl'épouser, répudia Berthe, fille du roi de Bourgogne, Conrad le Pacifique, et son mariage avec Constance eut lieu dans les premières années du xi* siècle. (La date exacte n'est pas fixée.) La nouvelle reine était de caractère acariâtre, et son union avec Robert ne fut pas heureuse. Le roi chercha même à faire rompre son mariage. A partir de 1027, la reine s'éloigna de la cour, et c'est, semblo-t-il, à son instigation que Henri et Robert prirent, on 1031, les armes contre leur père.

Constance de Castille (Elisabeth), roino de Frani-L', morte à Paris en 1160, fille d'Alphonse VIII, roi do Castille. Elle épousa, en 1154, Louis VII, qui avait répudié, doux ans au- [)aravant,Eléonore de Guyenne.

Louis VII conçu des doutes sur la légitimité delà naissance do sa fomme, et se rendit jusqu'en Espagne pour les éclaircir. Il on revint tranquillisé. Constî^^co mourut en donnant le jour à sa lillo Marguerite. Une statue conservée i\ Saint-Denis passe pour être colle de Constance de Castille.

Constance Faulkon ,

aventurier grec. V. Constantin.

ConSTANS (Jean-Antoinc- Ernest), homme politique français, né à Bôziersen 1833. Fils d'un conservateur dos hypothèques. Il débuta comme avocat â Toulouse, fut successivement professeur agrégé aux facultés do droit de Douai, do Dijon (.'t, en 1872, do Toulouse, où il devint adjoint au maire. Ses opinions républicaines lo firent révoquer par logouvornc-

IIT.

Médaille de Constance de Castille.

Constani.

mont de r » ordre moral». Elu, en 1876, député de la Haute- Garonne, il prit place dans le groupe opportuniste. Réélu en 1877, il fut nommé, le 28 décembre 1879, sous-socrétaire d'Etat au ministère de l'intérieur (cabinet de Freycinet) puis, lo 17 mai 1880, remplaça Lepèro à la této de ce dôliartomont. La fermeté do son administration lui valut do conserver son portefeuille dans le cabinet Jules Forry (23 sept. 1880-14 nov. 1881), oil il l'oxorça dans l'exécution des décrets du 29 mars contre les congrégations. En 1881 ot en 1885, Constans fut réélu député. Envoyé, en mai I88r., comme ministre plénipotentiaire à Pékin, pour la conclusion du traité franco-chinois, il fut nommé, lo 3 novembre suivant, gouverneur général de l'Indo-Chine. Démissionnaire le 14 septembre 1888, il fut chargé du ministère do l'intérieur dans le cabinet Tirard (25 févr. 1889-17 mars 1 890). Il combattit avec une extrême énergie le boulangisme, prononça la dissolution de la Ligue des patriotes, et présida aux élections de 1889, qui furent une véritable défaite pour les amis du général Boulanger. La fuite de celui-ci, qu'il sut habilement provoquer, acheva de décapiter le parti. Elu sénateur de la Haute-Garonne, le 29 décembre 1889, Constans garda son portefeuille dans le cabinet de Freycinet, qui succéda au cabinet Tirard (17 mars 1890-27 févr. 1892). En décembre 1898, il fut nommé ambassadeur à Constantinople.

CONSTANT (stan), ANTE [lat. co7islans ; de constare, supin constatum, durer, persévérer] adj. Qui a de la fermeté, de la résolution, de la résignation dans les peines et la douleur : Etre constant dans l'adversité. Il Persévérant, qui ne change, qui ne varie pas dans ses idées ou ses sentiments, particulièrement dans son amour pour lamême personne : Etre constant dans sa foi, dans ses convictions. 11 Continuel, durable, se reproduisant toujours : L'abnégation CONSTANTE est de l'héroïsme en détail. (M"' C. Bachi.)

— Dont on ne peut douter, avéré, certain : Un fait constant.

— Géom. Quantité constante ou substantiv. Constante. V. constante n. f.

— Mar. Vents constants, Ceux dont la direction est invariable : Les vents alises sont des veyits constants.

— Syn. Constant, ferme, inébranlable, inflexible. "Constant a plus de rapport aux sentiments ou à la passivité : on est constant dans ses goûts ; on souffre avec constance les maux qui ce peuvent être évités. Fermeté se rapporte au caractère, à l'action, au commandement; quand on a donné un ordre, il faut le maintenir avec fermeté. Inébranlable exprime la force avec laquelle on résiste à tous les chocs, à tout ce qui pourrait faire changer, affaiblir sa croyance ou modifier sa conduite. Inflexible se rapporte surtout aux résolutions, à la volonté, et il présente cette volonté comme restant toujours aussi absolue, aussi entière, malgré tous les efforts possibles pour la faire plier.

— Constant, durable, permanent, stable. Ce qui est constant ne se dément pas, ne s'altère pas. n'est pas tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. Ce ([ui est durable existe longtemps, est longtemps sans périr ou sans disparaître ; la folie durable peut avoir des intermittences, mais les moments lucides qui peuvent survenir ne la font pas disparaître pour toujours, elle existe encore et on la verra bientôt revenir. Ce qui est permanent dure très longtemps, quelquefois même éternellement, et sans intermittences. Enfin, une chose est stable quand elle est bien assise, quand il y a dans sa manière d'être actuelle des garanties sérieuses de durée.

— Constant, assuré, authentique, certain, évident, formel, incontestable, indubitable, positif, sûr. V. asscrk.

— Anton, inconsistant, inconstant, infidèle, léger, variable, volage, versatile.

CONSTANT {stan) prép. Pendant. (Vieux.)

— Dr. anc. Constant le mariage, Pendant la durée du mariago.

Constant (saint). V. Constance.

Constant I" 'Flavius Julius), empereur romain, le plus jeune des bis de Constantin le Grand. II reçut en partage l'Illyrie, l'Italie et l'Afrique, et y joignit la Macédoine ot la 'Grèce, après lo meurtre do son cousin Dalmaco, puis les Gaules, à la mort do son frère Constantin (340). II contribua au rétablissement do saint Athanase, chassé par les ariens ; mais il se déshonora

fiar ses débauches et ses vioencos. Au promior bruit de la révolte de Magnence , il s'enfuit vers l'Espagne; il fut atteint et massacré, dans les Pyrénées, par les cavaliers de l'usurpateur (350).

Constant II (Flavius Iloraclius), empereur d'Orient ((Vn-{;<î8). Sous son règne, la conquête arabo s'étendit sur l'Egypte, la Syrie, Chypre, Rhodes, la Cilicio, l'Isaurie, la Cyrénaïquo ot sur toute l'Afrique jusqu'à la Mauritanie, tandis que les Lombards se répandaient on Italio. Pondant ce démembrement do l'empire, Constant s'occupait de faire triompher lo monothéisme, qu'il protégea contre la foi orthodo.ve. Il finit par quitter Constantinople, avec l'intention do fixer son séjour à Home ; mais la crainte des Lombards lui fit quitter, au bout do quolcines jours, la Villo éternelle, après qu'il en eut pillé toutes les églises. Il s'établit ù Svracuse ot se plongea dans la dôhaucne, no se souvenant de sos Etats qtie pour les épuiser nar ses exactions. Il fut tué dans son bain par un de sesoniciers. I/ainéde ses fils, Constantin IV Pogonat, lui succéda.

Constant (Constant Wairy, dit), valet do chambre do Napoléon I". né A Poruwels (Belgique) en 1778, mort A lîretoiiil (Eure) en 1815. Fils d'un aubergiste, il t\it d'abord «lonipsiiquo <lu comte de Lure. Celui-ci ayant émigré en 1792. Constant outra comme commis "choz un négociant de sa ville miinlo. En 1799, Il fut attaché au service du prince Eugène de Bonuliarnais, puis devint, l'année suivante, valet de chambre du Premier Consul, qu'il no quitta plus jusqu'en 18H. Il le suivit dans toutes ses campagnes. Une brouille survenue avec l'emperour, A propos d'un règlement de comptes, quehiues jours après l'abdication, empêcha Constant d'accompagner son mattro A rilo d'Elbe. Il se retira A Breteuil (Euro), et perdit dans do mauvaises afiaires presque tout ce qu'il possédait. A la fin do la Uestauration, il consentit A raconter sos souvo-

Monnaift d'or le Constant I»^

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