CONSTANCE — CONSTANT
nirs A Villemarest, qui les publia sous forme da Mémoires et sous le nom do Constant.
Constant (Alphonse-Louis), écrivain français, né et mort à Paris (1816-1875). Il entra dans les ordres, se signala par une imagination exaltée et bizarre, publia la Bible de la liberté et la Mère de Dieu, qui lui attirèrent une condamnation, puis devint partisan de l'évadisme do Gannoau. En 1848, il épousa M"« Cadiot, connue plus tard sous lo nom do Claude Vignon, et fit paraître, on 1851, un Dictionnaire de littérature chrétienne. Son mariage fut annulé sous l'Empire, sur la demande do sa fomme. 11 so tourna alors vers la magio et la kabbale, et, sous le pseudonyme d'ELiPHAs LËvi, il publia plusieurs ouvrages, qui firent un certain bruit ; entre autres : Dogme et rituel de la haute magie (1854-1856); Histoire de la magie (1859); la Clef des grands mystères; Philosophie occulte (1860). Dans les derniers temps de sa vie, il fit, pour vivre, le métier de fruitier et, au moment do sa mort, il témoigna du repentir pour sa conduite, et revint au catholicisme.
Constant de REBECQUE(David), pasteur protestant et professeur de théologie, né A Lausanne en 1638, mort en 1733. Il appartenait A une famille d'origine française, qui s'était expatriée A la révocation de l'édit do Nantes. 11 reçut l'ordination en 1662 et fut nommé pasteur A Coppet, près de Lausanne, où il devint l'ami de Bayle. Il fut appelé en 1674 A Lausanne, comme professeur d'éloquence latine. En 1702, il obtint la chaire de théologie, qu'il ne c^uitta qu'à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. On a de lui : l Ame du monde ou Traité de la Providence (l^eytio, 1679); Erasmi colloquia familiaria, 7uinc en^endaioria, quibus accedunt Dav. Constaiitii notée {GeaèYG, IdSO); Abrégé de politique 'Cologne, 1686), livre dont Bayle parle avec clogo. Il faut ajouter A ces écrits plusieurs discours ou sermons. Constant laissa trois fils. L'aîné, Marc-Rodolphe, entra au service de la Hollande et s'attira la protection particulière du roi Guillaume, qui le choisit pour son secrétaire do cabinet. Le plus jeune, Samuel, né vers 1676, et connu sous le nom de baron de Constant, devint adjudant général de lord Albemarle. Il laissa quatre fils, qui portèrent avec distinction le monde cette famille, que Benjamin Constant devait illustrer.
Constant DE REBECQUE(Samuel),littérateursuisse, né A Lausanne en 1729, mort en 1800, petit-fils du précédent. Il suivit d'abord la carrière des armes, puis se tourna vers les lettres. Il connut intimement Voltaire. Nous citerons, parmi ses écrits : Camille (1785) ; Lanre de Germosan ou Lettres de quelques personnes de Suisse (Paris, 1787), tableau fidèle des mœurs et de la société de ce pays; Itecueil de pièces dialoguées (1787); etc.
Constant de RebeCQUE (Benjamin), publiciste et orateur, né A Lausanne en 1767, mort à Paris en 1830- II appartenait A la famille des précédents. Il fit ses études à Oxford, puis A Erlangen, enfin A Edimbourg. Ayant fait A Lausanne, en 1794, la connaissance de Sf"* de Staël, il la suivit A Paris, et il entra dans la politique active. Il était (iu cercle constitutionnel do l'hôtel de Salm, dirigé par M"»" de Staël, Talleyrand, Sieyès et autres politiques, qui essaj'aient de réaliser, au profit de la Képublique, une politique de juste milieu. Constant publia difierentes brochures dans l'esprit de cette coterie. Elles ont été réunies, en 1829, sous le ûtre do Mélanges littéraires et politiques.
Il setait fait naturaliser citoyen français, et entra au Corps législatif après le coup d Etat du 18 brumaire. Appelé au tribunal par le premier consul, il fit iiresque aussitôt de l'opposition, et fut éliminé (1802). Bientôt, Bonaparte dispersa le salon de M"* de Staël, qui fut bannio avec Constant. Celui-ci se fixa à Weimar, où il traduisit Wallenstein, de Schiller. Il faisait de fréquents voyages à Coppet, où était établie M"" de Staël. Cette liaison , qui n'avait pas toujours été exempte d'orages, se termina par une rupture. Vers le même temps, il avait composé plusieurs œuvres littéraires, son ouvrage : De la religion considérée dans sa source, ses formes et ses développcmenls, et son célèbre roman Adolphe. Rentré en Franco en 1814, il écrivit dans le = Journal des Débats », où il soutint la cause des Bourbosn. Toutefois, Napoléon, oui cherchait, A sa rentrée en France, un point d'appui sur le parti libéral, chargea B. Constant de rédiger VActe additionnel aux constituions de l'empire, et le nomma conseiller d'Etat.
A la seconde Restauration, B. Constant se réfugia eu Angleterre, revint en Franco l'année suivante, et reprit avec éclat sa place dans l'opposition coustiiutionuollo.
Nommé député do la Sarthe en 1SI9, il déploya dès son entrée A laCliambre, une éloquence brillanto, incisive, pénétrante, d'une grande force do dialectique. Cependant, sa santé s'épuisait par l'abus dos plaisirs encore plus quo par lo travail, et surtout par sa vie désordonnée do joueur. Il avait été un des 221 députés qui donnèrent la couronne à Louis-Pbilippe. Ce prince lui fit un don de 300.000 francs, qu'il accepta, tout on faisant des réserves pour son indépendance politique. La mort l'emporta A la tin do la mi*me année.
Outre les ouvrages cités dans le cours do cette notice, on a encore do Benjamin Constant :
Cours de politique constitutionnelle ; Mémoires sur tes Cent- Jours ; plusieurs recueils do discours; enfin, Du polgthéi.'tmr romniri, morceau qui fut détaché do son ouvrage sur la religion.
Doué d'un esprit ingénieux et vif, dune riche imagina- , . .
lion il était léger, sccptiquo, mobile, incertain, avec un mélange singulier dégoïsmo et do sensibilité, do mépris des hommes et d'humanité, do tendresse et^ d ironie, do mélancolie précoco et d'amour du plaisir. En revanche, en politique, et do mémo en religion, i avait dos idées nettes et mémo intransigeantes; son libéralisme froid et sec repoussait toute espèce do souvoraïuoté ; sa doctrine est lo triomphe do l'individualisme.
Lo Journal intime do Benjamin Constant a été pubhé en 1887 par Adrien Constant, descendant du célèbre orateur Il est surtout rolatif A sa liaison avec M-' do Stnël. On a également publié les Lettres de iU'njamm Constant à .!/-• Itéciunicr {\9S\). A co recueil il faut joindre les UUrts
Bonjfuoi» Conitant.
BeDJamia CuQStaot.