CONTEMPLATEUR
forme do comédie, l'ouvrage semblait appeler tout naturellement la musique. Les auteurs liront do leur comédie un opéra, et confièrent celui-ci à Otfonbach pour en écrire la musique. Mais le compositeur mourut avant d'avoir complètement achevé son œuvre, et c'est Krnest Guiraud qui se chargea de mettre au point et d'instrumenter la partition, qui comptait plusieurs pages I u-n venues.
Contes drolatiques, de Balzac. lis portent ce sous-titre explicatif; Colliijez ès-abbales de Touraine, et mis en lumière par le sieur de Balzac, pour l'esbattenient des Pantagruélisies et Jion auUres. Divisés on trois dizains, ils ont paru de 1832 ." 1837; une édition postérieure est illustrée de 425 dessins, dus à l'inépuisable fécondité et à la vervo spirituelle de Gustave Doré. La liberté dont jouit le style contemporain, quoique déjà fort grande, ne parut pas suflisante à Balzac pour écrire ces contes plus que lestes ; il rit celui de Rabelais, de Brantôme et de Béroalde do
ervillo. C'est une des œuvres les plus remarquables du puissant romancier, et elle montre quelle étude approfondie il avait faite des vieux conteurs français.
Contes du lundi, par Alphonse Daudet (1873). Dans cette collection de petits tableaux de genre, les und ouvrent de piquantes échappées sur la fantaisie, d'autres sont maniués au coin d'une originalité pénétrante, tous sont d'une finesse exquise. L'un, intitulé la Dernière Classe, lut très remarqué à son apparition.
L'auteur donna, en 1875, une édition augmentée de cet ouvrage.
Contes d'un voyageur, de Washington Irving (Londres et New- York, 1824). Ils se divisent en quatre parties. La première porte le titre de : Histoires singulières, par u?i gentilhomme nervexx ; la seconde, celui de Buckthorne et ses amis: elle comprend les types littéraires; la troisième, sur les Bandits italiens, renferme notamment : les At^etitures de la famille Popkins et l'Histoire du bandit Chieftain; la quatrième, intitulée : Chercheurs d'or, se compose de : le Diable et Tom Vi'alker, Kidd le Pirate etWolfert Webber. Ce sont des tableaux très variés dans lesquels revivent les vieilles coutumes.
Contes et discours d'Eutrapel (les), par Noël DuFail (Rennes, 1556). Ce recueil, auquel l'auteur doit sa célébrité, ne fut imprimé qu'après sa mort. II se compose dune suite de récits et d'historiettes, généralement satiriques et facétieuses, que se racontent les uns aux autres des amis réunis chez l'un d'eux, cadre ordinaire de ces sortes d'ouvrages au xvi« siècle. Chez Noël Du Fail, narrateur à la façon de Henri Estieane, la satire, le sansgêne, la gaieté du conteur sont tempérés par une certaine gravité d esprit qui donne à son œuvre et à son style une couleur originale et une physionomie spéciale. L'historiette sert souvent à mettre en relief do sages conseils, des préceptes de morale. Du même auteur, les Contes nouveaux ou Baliverneries d'Eutrapel (1548), œuvre de jeunesse, sont plus rabelaisiens que les Contes et Discours, mais on y remarque à peu près les mêmes qualités.
Contes ou Histoires extraordinaires et Nouveaux contes extraordinaires, par Edgar Allan-Poe. Poésie, invention, efl'ets de stylo, enchaînement du drame, tout, dans ces contes, est subordonné à une seule préoccupation : le raisonnement; à une seule muse : la logique: à un seul moyen d'agir sur le lecteur : le doute. C'est toujours la même combinaison, qui met en opposition un mystère impénétrable en apparence ot la raison qui s'irrite contre le voile étendu devant elle, jusqu'au moment où, après d'incroyables déductions, elle sort victorieuse de la lutte. Ces contes sont fort connus, grâce à la remarquable traduction do Charles Baudelaire. Les plus célèbres sont : le Scarabée d'or, véritable leçon do cryptographie; la Descente du Mietstrom, histoire d'un pècneur, qui, mathématiquement, si l'on peut dire, parvient à s'échapper du gouffre norvégien; l'Assassinat de la rue Morgue, qui prouve ce dont est capable uno intelligence qui acquiert la force « conjecturale « ; le Mystère de Marie lioget, très directement inspiré par VFssni philosophique sur les probabilités, de Laplaco; (e Chat noir: un homme est poursuivi par la vengeance d'un chat qu'il a éborgné ; l'implacable animal le rend fou ot assassin, ot termine sa persécution en dénonçant les crimes do son bourreau; l'Homme des foules, enfin : « Co vieillard, dit l'autour, est le génie du crime, il refuse d'Être seul. Il serait vain do le suivre. <>
Contes milésiens, recueil de contes et do nouvelles, composé au ii» siècle avant notre ère, par Aristide de Milet. Lo rôle do cet écrivain parait avoir consisté surtout à réunir de vieux récits populaires, qui depuis longtemps circulaient on lonie. Déjà plusieurs épisodes de VOayssée ou des poèmes cycliques {Aventures de Circé, d'Hélène, de Médee, de Troïle et Cressida, etc.), comme certains récits d'Hérodoto {Aventures de Candaule , de Midas, etc.), présentent tous les caractô'ros des Contes milésiens. Après les conquêtes d'Alexandre, ces fables grecques se mêlèrent aux fables orientales. De ce mélange sortiront doux genres littéraires : lo roman et le conte. C'est probablement Aristide de Milot qui fixa les règles de co dernier genre, où la peinture dos nneurs populaires se compliquait d'aventures, do galanterie ot de sortilèges. Ces Contes milésiens, tantôt délicats, tantôt très licencieux, ont été très populaires dans le monde anti(jue. Vors lo temps do Sylla, lliistorien Sisenna traduisit on latin los Mitésiaque.t d'Aristide. Ovide y a pris sans douto l'idée do plusieurs do ses Métamorphoses. Pétrone a emprunté A co recueil son joli conte do la Matrone d'Ephèse et d'autres épisodes. De la mémo source viennent l'Ane, conservé dans los œuvres de Lucien, ot V.\ne (rord'Apuléo, qui n'est, en grande partie, qu'un tissu d'histoires milésionnes. Beaucoup de ces récits ont été reproduits, au moyen Age, par les auteurs do fabliaux, puis adoptés plus tard par Boccace. Shakspearo. Rabelais ot La Konlaino. L'histoire même do Psyché parait avoir été, ù. l'origino, un conte milésien.
Contes moraux, do Marmontol (1700). Parus originairement dans H lo Mercure do Franco », ces contes jouirent en leur temps d'une grande renommée ot l\iront traduits dans toutes los langues euronéennes. On no los lit plus guère. Los meilleurs sont : Alcxbiade, Soliman II, le Scrupule, la Benjère des Alpes, ot surtout Annctte et Lubin.
Contes moraux, do Moissner(l802). Moissner est un dos promiurs reprùsoutauts du roman historiiiuo od Alle-
magne. U avait beaucoup étudié la littérature française, mats il no lui prit ouo la fausse sentimentalité d'un Florian, très sensible aans ses Contes et dans ses Esquisses. Heureusement pour lui, il s'inspira, dans ses Contes moraux, de Wieland ot do son Obéron. C'est plutôt un recueil de nouvelles que de contes, car lo merveilleux en ost absolument absent. Les plus remarquables sont : le Chien de Mêlai, qui, dans un cadro orientai, oppose la fidélité du chien à l'infidélité dos hommes et dos femmes; les Filles de Guillaume d'Albanak, étude dos mœurs britanniques du IX" siècle; la Visite api'ès la 7nort, où deux amants se sont promis do venir se revoir trois jours après la mort de l'un ou do l'autre pour se renseigner sur l'autre monde.
Contes moraux^ d'Auguste La Fontaine (18I4). L'auteur a été surnomme le Bertjuin de l'Allemagne. Remarquable par sa naïveté et son émotion dans la peinture des scènes ordinaires de la vio de lamiljo, il tombe assez souvent dans une sentimentalité do mauvais goût. L'agrément et l'aisance de son stylo ne fout pas oublier son manque de grandeur et de finesse. Ses petits romans et contes choisis sont fatigants par leur manie pédagogique et la place excessive qu'ils font aux questions d'éducation. Citons, parmi les meilleurs : Charles et Emma; le Journal de Charles; Emilie ; Walter; Vie d'un pauvre ministre de village ; etc. Les œuvres d'Auguste La Fontaine ont été traduites en français.
Contes populaires, de Musaeus. L'auteur, Jean- Charles-Auguste Musîeus, né à léna en 1785, avait hérité de l'esprit voltairieu et sceptique de son temps. Ses Contes populaires se ressentent, aux dépens de la foi naïve ot de l'émotion, des théories encyclopédistes et matérialistes de l'époque. Le monde mystérieux des gnomes, des elfes, qu'il évoque, devient un prétexte d'attaques contre les philosophes. Les plus jolis sont ceux qui gravitent autour de Riibezahl ou Compte-Navets, le roi des gnomes. Son nom vient d'une histoire d'amour, où il joua le rôle de dupa. Une jeune fiUe, qu'il tenait captive dans son château, ne trouva d'autre moyen de prendre la fuite que de l'envoyer compter les navets d'un champ voisin. Les autres contes dignes d'être cités sont : la Nymphe de la fontaine, le Cheraieur de trésors, tes Ecuyers de Roland, la Chronique des trois sœurs et le Voile dérobé. De ce dernier. Scribe a tiré le Lac des fées, le fameux libretto d'Auber.
Contes suisses, titre des premières Nouvelles de Henri Zschokke. parues on 1824, traduites par Loèvo Veimars, remarquables par leur variété. II en est de naïfs et de touchants comme les Trous au coude; de fantastiques, à la manière de Hoffmann, comme la Xuit de sabbat; d'autres sont pleins d'allusions ironiques contre le gouvernement et la politique, notamment contre les mœurs du règne de Louis XV. Telles sont l'histoire du diplomate C'est possible et celle de Sait-on qui gouverne? intitulée aussi Colas ; le Guet de nuit et les Deux étoiles, où perce une raillerie mordante des cours des principicules d'outre-Rhin. Rien ou presque rien de suisse dans ces Contes suisses. Plus tard seulement, dans le Château d'Aarau et dans le Fugitif du Jura, l'auteur décrit les mœurs de son pays d'adoption.
Conte (Petrus), savant italien. V. Conti.
Conté (Nicolas-Jacques), chimiste et mécanicien français, né près de Sées (Orne) en 1755, mort en 1S05. Venu jeune à Paris, il s'y adonna à la peinture et aux sciences, et montra un génie inventif d'une fécondité extraordinaire. Il inventa une machine hydraulique, eut l'idée d'utiliser los aérostats dans los opérations militaires, et fut nommé, après la bataille de Fleurus, commandant des aérostatiers.
C'est pendant ses expériences relatives à l'aérostation qu'il eut l'œil gaucho crevé, à la suite de l'explosion d'un matras rempli dhydrojzène. La création au Conservatoire des arts ot métiers est due à son initiative. La plombagine étant venue à manquer, par suite des hostilités avec l'Angleterre, il découvrit la plombagine artificielle et fonda une fabrique, dont les produits sont connus sous le nom de crayons Conté. Pendant l'expédition d'Egypte, il rendit los plus grands services en créant dos moulins, des fabriques, des arsonaux, etc. A son retour en Franco, il eut la direction do la gravure dos planches du grand ouvrage do l'exnédition, et il ima-
frina un procédé économique et expéaitif pour exécuter os hachures des fonds, des ciels ot des masses des monuments. D'un absolu désintéressement, il ne lira profit quo d'une seule do ses inventions, celle do ses crayons.
CONTBINE {tèn') n. f. Forte charpente horizontale, partant de la chardonnièro d'um^ porte pour en soutouir l'huis sorio.
CONTEJEAN (Charles-Louis), naturaliste français, né i\ Montbétiard eu 1821. Docteur ôs scioncos, il devint, on 1860, préparateur do géologio au Muséum, puis professeur d'histoire naturelle, en dernier lieu à la faculté de Poitiers. Contejean a beaucomt voyagé à l'étranger. Ses principaux ouvrages sont : Monni/'ranhie de l'étage kimméridicn du Jum, de la France et de l Anf/lvtcrre {'\f>:>9) \ la lune rousse nti pays de Montbéliai-d (1808); Eléments de géologie et de pa/t'oatolngie (1871).
CONTEMPéRATION {tan. si-on — du Iftt. eontempf ratio, mémo sens) n. f. En T. do Ihéol., Prédisposition qui provient do la grftco et incline la volonté sans la déterminer.
CONTEMPÉRÉ, ÉE \fan) ndj. Qui a do la modération.
CONTEMPLATEUR. TRICE (tan) n. Personne qui contemple ; observateur attentif: /.es coNTHMri,ATi:rus des secrets de la nature. Les amis de Molière le nomm<\i<nt ù juste titre le coNXKWi'LATiiOU. ^Do Baranto.) n Porsonno qui
fe
Al contoiuc.