‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 240 sur 870 · CONTEMPLATIF — CONTENTER · texte numérisé non relu

CONTEMPLATIF — CONTENTER

se livre à la contemplation, à l'observation des choses pu- i rement intellectuelles : Jésus-Christ veut des ouvriers fiiièles et non pas rfes contemplateurs oisifs. {Boss.) — Adjectiv. : Xénophon, plus soldat que coNTEMPr.ATEDR, aimait la place publique d'Athènes. (Lerminier.)

— Syn. Contemplateur, contemplatif. Contemplateur maxque une contemplation active et dont l'objet est presque toujours déterminé. Contemplatif marine plutôt une disposition constante à s'abîmer dans la contemplation. Le premier est précis ; le second est vague tout en exprimant un abandon plus complet à l'attrait qu'exerce la méditation sur certains esprits.

CONTEMPLATIF, IVE {taii — lat. contemplativus, même sens) n. et adj. Se dit de celui qui se plaît dans la contemplation; qui aime à regarder, à observer, à méditer : Eomme, Esprit contemplatif.

— Méd. Se dit de ceux dont l'attention se fixe trop fortement sur les idées religieuses, par suite d'une certaine disposition à la mélancolie : Les contemplatifs dégénèrent souvent en tnonomanes.

— Philos. Facultés contemplatives, Facultés intellectuelles, par opposition aux facultés affectives ou actives.

Il Ecole contemplative o\x mystique. Ecole fondée, au xii'" s., par Hugues et Gérard de Saint-Victor, et qui lut comme une sorte de réaction contre les abus de la dialectique scolastique.

— Théol. myst. Se dit: l^d'un étatparticulierdans lequel l'âme, devenue comme étrangère aux choses extérieures, se livre tout entière à la contemplation de Dieu et des choses célestes; 2» des personnes qui se livrent à la contemplation mystique : Les contemplatifs, ti Now^eaux contemplatifs, Nom que l'on avait donné aux quiétistes. Il Vie contemplative. Vie exclusivement consacrée à l'oraison et à la mé'iitaiion. (Se dit par opposition à rie active.)

— Sts. Contemplateur. V. ce mot.

— Anton. Actif, pratique.

CONTEMPLATION [tan, si-on — rad. contemplatif) n. f. Action de contempler, de regarder, d'observer attentivement : La contemplation des astres. Etre en contemplation devant un tableau.

— Habitude d'esprit qui fait rêver et méditer : Vivre dans la contemplation, ii Fig. Attention profonde, étude attentive, rêverie intellectuelle : C'est la contemplation seule qui forme le génie. (M"" de Staël.)

— Théol. Etat mystique dans lequel l'âme, oubliant les choses extérieures, tient ses regards délicieusement concentrés sur Dieu.

— En contemplation de, En vue de, en considération de. (Vieux.)

— Enctcl. Phil. Dans la philosophie grecque antérieure au néoplatonisme, contemptatioji est synonyme à'intuition rationnelle ; c'est en ce sens, par exemple, qu'Aristote fait de la vie théoréiique (littéralement : contemplative) le plus haut degré de l'activité intellectuelle. A partir du néoplatonismeT la contemplation devient distincte de l'intuition : tandis que celle-ci est un acte, la première est un état dans lequel l'esprit, au lieu de connaître simplement l'objet, le possède, pour ainsi dire, et en jouit. Tous les mystiques attachent une grande importance à la contemplation, qu'ils placent au-dessus de la pensée discursive et au-dessous de l'extase. Dans la contemplation, l'âme ne cesse pas d'être elle-même, de s'appartenir; dans l'extase elle est unie à l'objet qu'elle contemple et comme absorbée par lui.

— Rel. hind. La croyance en l'efficacité de la conte^npîation ou de la méditation extatique, afin d'obtenir le salut éternel et, subsidiairement, le pouvoir de faire des miracles, est universelle dans toutes les religions de l'Inde. Le bouddhisme a fait de la contemplation le seul moyen efficace de parvenir à la sainteté et à la libération de la renaissance. Le dernier degré de l'extase, le samâdhi, est l'état de bonheur absolu ou de nirvana:

Contemplation de la nature, ouvrage scientifique et philosophique do Charles Bonnet, publié en 1764-1765. — Bonnet prétend appliquer avec rigueur le principe de Leibniz, d'après lequel la nature ne procède pas brusquement, et montrer que tous les êtres forment une chaîne immense dont tous les anneaux se tiennent, depuis le plus simple jusqu'au plus parfait : ce dernier type est l'homme, dont l'âme est jointe à Dieu par l'intermédiaire des intelligences célestes. Il y tire un grand parti des observations de Haller et de Spallanzani ; il établit des rapports inaperçus avant lui entre l'économie végétale et l'économie animale; il décrit avec éclat les mœurs industrieuses des animaux. H accorde à l'animal comme à l'homme une âme immortelle; il définit cette âme comme une âme physique, formée d'une matière subtile, et par l'intermédiaire de laquelle l'âme proprement dite, chez l'homme, communique avec le corps. Cet ouvrage est peut-être le plus célèbre et le mieux écrit de tous ceux du philosophe et naturaliste genevois.

Contemplations (les), poésies do V. Hugo (185G). Autrefois, tel est le titre du premier volume ; Aujourd'hui, le litre du second. Le poète nous fait parcourir le chemin de la vie entière, depuis le berceau, jusqu'au bord do la tombe. D:.ns les pièces intitulées : Quelques mots à un autre, A André Chénier, surtout dans la, liéponse à un acte d'accueation, le poète nous dit comment et pourquoi il a voulu être, et a été un réformateur littéraire. La partie politique de ce recueil ne consiste que dans uno pièce ayant pour titre : Ecrit en fS46, dans laquelle V. Hugo raconte par quelles transformations i'cnfant royaliste est devenu l'homme républicain. Toute une suite de morceaux est consacrée à sa fille qui, le •* septembre 1843, se noya dans la Seine avec son mari, Charles Vacquorio. Après être resté pendant trois années courbé sous )e poids de son immense douleur, le poète se réveille tout à coup et jette un blasphème â la face de Dieu. Puis on voit le calme revenir peu à peu en l'esprit de V. Hugo, l'imago sombre des dernières heures s'cnacor et faire place à la souriante figure des premiers jours. C'est le poème de la douleur, dans toutes ses phases, sincère et admirable. Là le poète ne raconte que ce qu'il éprouve; il écrit sous la dictée do son cœur. Dans la partie pliilosophiquo de l'œuvre, V. Hugo se présente comme un prophète, et entoure d'un appareil apocalyptique des idées qu il croit profondes et qui ne sont souvent que hanalcs' Ce que dit la bouclœ d'ombre ; Saturne; Au bord de l'infini). On pourrait encore ajouter les chansons, les sourires, les propos d'amour, les fleurs rayonnantes éparpillées çâ et là, comme dans le livre iatuulû

l'Ame en fleur, auquel on a reproché d'être trop voisin des pièces où le poète parle de sa fille morte.

Ce livre de V. Hugo a été accueilli avec une faveur marquée et méritée. Jamais, peut-être, la forme n'avait été plus pure, plus harmonieuse, bon style est alors arrivé à sa perfection : la métaphore y est colorée, puissante, juste et évocatrice.

CONTEMPLATISME {tan, tissm') n. m. Etat des personnes

qui ont riialiitude de la contemplation. (Peu usité.)

CONTEMPLATIVE ME NT itan) adv. D'une manière contemplative : Ame co.ntemplativemknt absorbée en Dieu.

CONTEMPLER {tan — du lat. contemplari, même sens) v. a. Considérer, regarder attentivement : Contempler un monument, une statue, les astres, ii Fixer attentivement sa pensée sur : Pour bien user de la vie, il faut contemplkr la mort. (Boiste.) il Absol. Se livrer à la contemplation mystique : Passer sa vie à contempler.

Se contempler, v. pr. Se regarder, s'examiner, fixer sur soi-même sa propre attention, n Se regarder, s'observer attentivement l'un l'autre.

— Syn. Considérer, envisager, etc. "V. considérer.

— Prov. iiist. : Soldats ! du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent! V. siècle.

CONTEMPORAIN, AINE (tan-po-rin, rèn — lat. contemporaneus ; de cum, avec, et tempus, oris, temps) adj. Qui est du même temps, qui vit ou a vécu â la môme époque : Curneille et Milton étaient contemporains, il Qui existe, ou a existé, ou a commencé d'exister dans le même temps : L'inscription bilintjue du Pirée semble contemporaine d'Alexandre. (Renan.) il Qui est de notre temps, du temps actuel : Les auteurs, les artistes contemporains, u Qui a rapport aux personnes vivant en môme temps ou actuellement vivantes, qui appartient à ces personnes : L'indifférence contemporaine.

— Littér. Histoire contemporaine. Histoire écrite dans le temps même des événements qui y sont racontés : Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte. (Pasc.)

Il Dans l'enseignement classique, La partie de l'histoire qui concerne l'époque actuelle, depuis 1789.

— n. Personne qui vit ou a vécu dans le môme temps; personne qui vit actuellement : Les contemporains de Platon. Nos contemporains.

Contemporaine (la), nom sous lequel on désigne une aventurière célèbre. V. Saint-Elme (Ida de).

CON TEMPO RANÉITÉ {tan — rad. contemporain) n. f. Existence dans un même temps, à une même époque : PUisieuj's savants révoquent en doute la contemporanéité d'Homère et d'Hésiode. (Acad.)

CONTEMPTEUR {tan-p(eur'), TRICE [du lat. contemptor, trix, même sens] n. Personne qui méprise ou qui dénigre : Zoile, le contempteur d'Homère,

— adj. Méprisant, dédaigneux : Uti esprit contempteur. Des yeux. Des regards contempteurs.

CONTEMPTIBLE [lan-ptibl' — lat. contemptibilis, même sens) adj. Vil, méprisable : Les biens contemptibles de la terre.

CONTENANCE {nanss — rad. contenir) n. f. Capacité, dimensions intérieures d'un vase, d'un vaisseau, d'un récipient : La continance d'un tonneau. Naini'e de /a contenance de cent tonneaux. Il Etendue, superficie : Parc d'une C0NTENANCI-: de trois cents hectares.

— Attitude, maintien, posture, manière de se tenir : Une CONTENANCE grave donne souvent un air d'importance à un sot. (M"" de Lespinasse.)

— Loc. div. : N'avoir point de contenance, Ne savoir quelle attitude se donner, être gêné, embarrassé dans son mainlien. 11 Se tenir d'une fai^on trop libre, trop abandonnée, inconvenante, ii Perdre contenance, Perdre son sang-froid; être intimidé, embarrassé, n Faire bonne contenance, Montrer, dans une occasion difficile ou délicate, du courage ou de l'aplomb, n Se donner une contenance, S'etforcer do déguiser, par son attitude, l'embarras ou l'ennui que l'on éprouve, ii Par contenance. Pour se donner un maintien, uno attitude occupée, exempte d'embarras. 11 Servir de contenance. Se dit des choses que l'on porte par contenance.

— Archéol. Petit miroir que les femmes portaient, au xvi" siècle, attaché à un pendant de leur ceinture, il Manchon de femme, en usage à la même epoaue. ii Ecran que les dames tenaient à la main, quand elles étaient assises près du feu, pour garantir leur visage (même époque), il Garniture partielle d'un lit, synonyme de " bonne grâce » (même époque, jusqu'au xvii= s.).

— SvN. Contenance, maintien, port, prestance, représentation. Los doux premiers difl'èrent d'abord des trois autres, en ce qu'ils tiennent à la volonté ou aux impressions do l'âme, tandis que le port, la prestance et la représentation tiennent â la constitution du corps ou à des habitudes constantes. La conteyiance est la manière dont un homme se tient dans une circonstance particulière : on fait bonne contenance dans le danger, on montre par sa contenance qu'on a peur. Le maintien est plus habituel, mais il est toujours attribué plus ou moins â la volonté : c'est un mérite d'avoir un maintien noble ou décent; c'est une chose blâmable d'avoir un maintien vulgaire ou immodeste. Le port no renferme pas seulement la tenue, mais encore la démarche. Prestance se dit de la tenue seule, mais il ne peut convenir à la petitesse. La représentation est une tenue pleine de dignité, qui rend propre à jouer un rôle dans un rang élevé.

CONTENANT {nan), ANTE adj. Qui contient, qui renferme ; Les vases contenants et les liquides contenus.

— n. m. Ce qui contient, ce qui renferme : Quand on dit : a boire U7ie bouteille», on prend le contenant pour le

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