V. AFFAHLE
CIVILEMENT adv. D'une façon civile, avec honnêteté, poliment : Agir, Parler civilement. Il Devant les autorités civiles, par opposition aux tribunaux criminels ou bien aux autorités religieuses : Poursuivre civilement. Ne se 7narier que civilement. Il Etre mort civilement, Etre privé, par la mort civile, de ses droits de citoyen, ii Etre civilement responsable, Etre responsable du dommage qui résulte d'un délit commis par une personne sur laquelle on a autorité : Le père est civilement responsable pour son fils non émancipé.
CIVIUAN (rad. civil) n. m. Employé civil supérieur, dans les colonies anglaises de l'Inde.
GiVILIS (Claudius), chef batave. de race royale, du i'' siècle de J.-C. Vespasien et Vitellius se disputant l'empire, il fei^'uit de prendre parti pour le premier, souleva sa nation, ainsi que les Frisons et une partie de la Germanie, forg^a le fameux camp romain de Vetera (Xanten), enleva sur le Rhin la flotte romaine et s'empara do toutes les villes et forteresses qui commandaient ce fleuve, à l'exception do Mayence et de Cologne. Il fut proclamé " libérateur de la Gaule et de la Germanie » . Mais Vespasien envoya en Gaule Cerialis. qui, après une suite de combats, contraignit le héros batave à passer lo Rhin. Réfugié dans l'île des Bataves, il se vit un moment en position, par la rupture d'une digue, de détruire l'armée romaine ot de relever sa cause. Mais les peuples se soumettaient de toutes parts, et l'héroïque révolté, comprenant l'inutilité d'une résistance isolée, consentit enfin à une paix qui stipulait l'oubli du passé ot l'alliance romaine pour son peuple.
GIVILISABLE {zahV) adj. Qu'on peut civiliser : Nègres civiLiSABLEs. Il Par ext. Qui peut être apprivoisé : Le rossignol est le plus éducable, le plus civilisable des oiseaux. (Mich.)
CIVILlSANT(3rtH)i ANTEadj.Qui est propre à civiliser: L'esprit d'associatio7i exerce une influence civilisante.
CIVILISATEUR, TRICE adj. Qui développe, favorise la civilisation : Opinions civilisatrices.
— D. Celui qui amène un peuple à la civilisation : Pierre le Grand fut le civilisatecr de la Russie.
Civilisateur (le), journal fondé par Lamartine eu 1852, et qui succéda au o Conseiller du peuple». Il jïarut pendant quatre ans. Son but était do faire pénétrer l'instruction jusque dans les masses, au moyeu d'un cours d'histoire universelle do l'humanité.
CIVILISATION [za-si-on) n. f. Action do civiliser; résultat de cette action, il S'emploie souvent au pluriel, pour indiquer des modes divers dans le développement intellectuel, moral ot industriel des sociétés : Les civilisations de l'Inde, de la Chaldée, de la Perse, de l'Assgric, de l'Egypte, ont disparu l'une après l'autre. (Victor Hugo.)
— Encycl. Pris dans son sens lo plus large, le mot civilisation àésicuo un tout complexe qui comprend les idées profosséos ot Tes habitudes contractées par l'hommo vivant en société. II y a une civilisation partout où il y ados individus en relations plus ou moins stables les uns avec les autres ot tirant do ces relations mêmes des qualités, dos aptitudes, certaine force, parfois même, comme lo voulait Fourier, certaine faiblesse. Il y a autant do civilisations qu'il y a de collectivités organisées, ot l'origino de la civilisation est cello do la société. Toutes les civilisations ne sont pus, peut-on dire, également civilisées. Aux civilisations suppose la civilisation ; à un élat social quelconque, un certain état déterminé i)résentant à un degré do plus en plus haut des caractères particuliers. Qu est-ce qui distingue des peuples barbares les nations civilisées? Co sont des institutions politiques, administratives, une fortune publique, quoique culture littéraire, urtistioue, scientifique, uno indépendance relative do la sociéto vis-ù-vis de la nature, des individus les uns vis-û-vis dos autres, enfin un développement continu, une marche on avant dans l'ordre économique, intollectuol et moral. L'idée de progrès est inséparable do celle do civilisation, l/liommo civilisé est, en rd'et, celui qui regarde vers l'avenir : co trait p8ychologi([uo suffit A lo distinguer du barbare »|ui vit au jour b» jour, consomme au fur et à mosuro vo qu'il produit, gaspille au hasard sonactivltépuur leseul plaisirdu jou; tourné vers le passé, absorbé par lo présont, il no prévoit pas; dos générations identiques se succèdent, no so léguant pas autre chose qu'une e.vistenco fragile, dans la sujétion immédiate et continue des choses.
Avec ta prévoyance apparaît la civilisation ; aux démarehos impulsives do riustinct lait plact» la volonté réiléchie ; l'homme a*'cumulo on vue des années futures, essaye d'obtenir lo maximum do résultats avec lo minimum d'olVorCs, ot transmet à ses doscondants plusqu'il n'«vaitre(,Mi ; il subit l'action do ta nature, mais, ù. son tour ai;it sur elle, s'en empare parce qu'il lacoiuprond;i>ar l'art, il créouno réalité nouvelle; rt»nlrant on lui-même il prend conscience de son individualité et du CHiactére sacré do toute personne hu-