‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 272 sur 870 · CONVENTION — CONVERGER · texte numérisé non relu

CONVENTION — CONVERGER

Carte dos nmnibro»

de la CoQveotloQ (1792).

Cartes des membres de la Coaveutioa (17îi;]).

public, « centre unique du gouvernement ». Dos lo 2-1 juin, pour mettre fin à l'agitation girondine dans les départements, la Convention avait édicté la Constitution do 1793, qui no fut pas appliquée. Après 1 assassinat de Marat par CharlotteCorday (13 juin.

1793), on prit des mesures

extrêmes. Le procès de Marie-Antoinette, la loi dos suspects, l'arrestation des 74 députés protestataires contre le 2-Juin, l'exécution des 21 chefs girondins (21 oct. 1793j furent les principaux faits do cette sanglante période.

Robespierre, après s'être défait de Hénert et de Danton, après avoir organisé la fête de l'Etre suprême, put se croire le seul maître. Sa loi du 22 prairial, qui donnait pleins pouvoirs au tribunal révolutionnaire, même sur les conventionnels, le perdit. 11 fut renversé le 9 thermidor (27 juin. 1794). La loi du 22 prairial fut rapportée, les lois de circonstance revisées, les pouvoirs des comités révolutionnaires limités, et les collaborateurs de Robespierre arrêtés. Mais l'œuvre de réaction fut entravée par le peuple, qui envahit deux fois (12 germinal, l" prairial} [!"' avr. 1795, 20 mai 1795] la Convention, en réclamant du pain, la constitution de 1793 et la liberté des détenus. L'émeute ne fut qu'un moment victorieuse ; douze jours après l'exécution des derniers montagnards, le tribunal révolutionnaire était supprimé. A 1 extérieur, les succès de Jourdan, Moreau, Michaud sur le Rhin, de Pichegru en Hollande entraînèrent la signature des traités de Bâle (1795), qui donnaient à la France ses limites naturelles, tandis que les royalistes étaient vaincus à Quiberon (20 juill. 1795) par Hoche, et la Vendée enfin pacifiée. La Convention, après avoir réprimé l'agitation royaliste de Provence et l'insurrection parisienne du 13 vendémiaire an IV, vota la Constitution de l'an III, et se sépara le 4 brumaire an IV (26 oct. 1795). L'œuvre législative des divers comités de la Convention (Carnet, Canibon, Cambacérès, Lakanal) fut considérable. La Convention décréta la suppression des redevances et droits féodaux, le partage des biens nationaux, l'abolition de l'esclavage dans les colonies, la liberté descultes et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Elle organisa l'instruction secondaire et primaire, fonda les grandes écoles (Normale, Polytechnique, etc.). On lui doit encore le Code des délits et des peines, et d'importants et nombreux décrets sur l'organisation militaire et maritime. Par ses lois et ses institutions fondées sur les grands principes républicains, elle porta un coup définitif à la vieille société monarchique.

— BiBUOGR. : de Barante, Histoire de la Convention ;mtionale (Paris, 1851-1853); F.-A. Aulard, les Orateurs de la Législative et de la Convention {Paris, 1885) ; les Histoires de la dévolution par Thiers, Mignet, Micholct, Taine, etc. ; H. Wallon, les Représentants du peuple en mission et la Justice révolutionnaire dans les départements (Paris, 1888- 1890); Aulard, Recueil des actes du Comité de Salut public (Paris, 1889-1890).

CONVENTIONNEL, ELLE {van~si-o-nèi) adj. Qui résulte d'une convention. (Est opposé, en terme de droit, à légal ou Judiciaire) : Bail conventionnel. Préciput conventionnel.

— Qui n'existe qu'en vertu d'une convention, qui n'est pas fondé sur la réalité, la nature, la nécessite des choses : Monnaie qui n'a qu'une valeur conventionnelle.

— Hist. Qui appartient à la Convention nationale ou à sa politique : La tradition conventionnelle. (Pou us.)

— n. m. Membre de la Convention nationale ; Les conventionnels se piquaient d'être les plus bénins des hommes . (Chateaubr.)

CONVENTIONNELLEMENT {van-si-o-nè-le) adv. Par convention, par suite do convention.

CONVENTUALISER {van — rad. conventuel) w. n. Fonder, établir des couvents.

CONVENTUALITÉ {van) n. f. Etat des religieux ou roligiousos nui vivent ensemble sous une règle.

CONVENTUEL. ELLE [van-tu-èf — rad. convent, anc. forme du mot couvent) adj. Qui appartient, qui a rapport aux couvents, à un couvent : Régie convkntdellk.

— Maison conventuelle. Logis dos religieux ou religieuses, couvent. Il J/enseconutfHiut'/ie, Revonuducouvont.

n Messe conventuelle. Messe qui so dit dans lo couvent et à laquelle assiste toute la communauté, n Assemblée conventuelle. Assemblée générale de tous los membres de la communauté, il Prieuré conventuel. Prieuré où il y a dos religieux, n Religieux conventuel ou substantiv. Conventuel, Religieux qui habite dans un couvent. (On donne particulièrement ce nom aux religieux de Saint-François, (jui n'ont pas adopté la réformo des obscrvantins, ot qui possèdent dos revenus.)

— Conventuelle rédemption. Géogr. Autrefois, Chacun dos districts du l*araguay gouvernés par los jésuites.

CONVENTUELLEMENT (van-tu-è-le) adv. En communauté, selon les règles des couvents; dans la forme convontuolle : Vivre coNviiNTUELLEMENT. Des religieuses conve-n- TtîKLLKMENT assemblées.

CONVENTUS (vin-tuss) n. m. Dr. rom. Assises judiciaires tenues périodiquement par lo gouverneur ou par sou délégué, dans les principales villes do la province.

— Encycl. Co système, permettant aux plaideurs do fairo juger plus facilement leurs causes, était analogue à celui consistant, on Italie, dans l'onvoi par lo préteur do prœfecti jure dicundo dans certaines villes. La pratique des conventus, qui était usitée sous la république et au commencement do l'empire, no parait pas avoir survécu aux réformes do Dioclétion. Les conventus étaient destinés à. l'expédition des procès civils. Le gouvorneur. ayant lu juridiction dans la province tenait on principe ces assises, mais il pouvait so fairo remplacer. Sous la république, il déléguait ses questeurs, ses légats, ou mémo un pr.T.fcclus fabrum ; sous l'ompire, dos légats. La session comportai doux opérations distinctes : la diearum scriptio ot la diearum xortttio, dont l'objet est trffs controvoïsé.

CONVERGENCE {v^r-jatiss) n. J'. Direction commune vors un niV^mo point : Ln t*(t^■VltHOE^/cR de deuje lignes. Ln con- VLKGUNCK des rayoHS réfléchis par un miroir concat'c.

— Fig. Concentration d'action : Le journal est le plus puissant moyen de convergence que notre siècle convergent ait trouvé. (C. Dollfus.)

— Biol. Ressemblances survenant entre des êtres différents, sous l'influence do conditions do vie identiques.

— Math. En mathématiques, le mot convergeiiee est employé pour exprimer l'idée de tendance à un but, vers une limite, avec cette circonstance accessoire que le concours n'aura jamais lieu, l'intorvallo laissé pouvant seulement diminuer indéfiniment.

— Anton. Divergence.

— Encycl. Math. L'établissement des conditions ou des caractères de convergence dos formules où se trouvent indiquées des opérations en nombre infini constitue l'une des plus importantes questions do l'analyse transcendante.

Convergence des séries. V. série. Convergence des produits en nombre infini. V. produit. Convergence d'une fraction cotitinue. V. fraction.

— Phys. La convergence d'un miroir, d'une lentille, ou d'un système dioptrique centré est mesurée par l'inverse de la distance focale exprimée enmètres; elle est négative, si lo système est divergent, positive, si lo système est convergent.

L'unité de convergence, que l'on appelle dioptrie, est la convergence d'un système qui a pour distance focale 1 mètre. Il en résulte qu'une lentille convergente, par exemple, dont la distance focale est 2 mètres, a pour

convergence - dioptrie; une lentille de 0'°,20 de dis-

tance focale a pour convergence -

5 dioptries, etc.

Si l'on accole plusieurs lentilles infiniment minces, on obtient un système dont la convergence est égale à la somme algébrique des convergences des différents verres pris isolément ; ainsi, en superposant trois lentilles de -f 1, — 8, -(-9 dioptries, on obtient un système de -î-1 — 8 + 9 = 2 dioptries. Si, en particulier, on superpose deux lentilles, Tune convergente, l'autre divergente, d'un même nombre de dioptries, Te système se comporte comme une lame à faces parallèles (0 dioptrie); d'où le procédé employé par les opticiens pour trouver le nombre de dioptries correspondant à un verre donné ; il suffit de chercher le verre qui, associé à. la lentille en question, produit un système ne déviant pas la lumière.

C'est presque toujours en dioptries que les opticiens numérotent aujourd'hui les verres de binocles. On se servait autrefois, et l'on se sert encore quelquefois, d'un système tout différent : les verres do binocle étant limités par des faces de même courbure, on leur donnait comme numéro la valeur commune des rayons de courbure, exprimée en pouces: la règle permettant de passer de ce mode de notation au nouveau est la suivante : le produit du numéro en pouces par le nombre de dioptries est égal à 37.

— Art milit. Le mot conve7'ge7ice s'applique surtout aux feux et plus particulièrement à ceux de rartîUerie. que l'on peut, de très loin, faire agir sur les buts les plus divers, ce qui permet de faire converger sur un mémo objectif le tir de batteries souvent fort éloignées les unes des autres. On y arrive par des procédés spéciaux.

On appelle aussi cojivergence, ou mouvement convergent, l'opération par laquelle on fait arriver à un moment donné, sur un même point du champ de bataille, des troupes de diverses armes appelées de différents côtés.

— Biol. On peut comparer los phénomènes de convergence, en biologie, à la ressemblance morphologique factice que l'on donnerait à des substances fusibles différentes en les coulant dans un même moulo. Deux Êtres que leurs propriétés chimiques , classent dans doux embranchements différents du règne animal peuvent, dans des conditions mécaniques analogues, devenir difficiles à distinguer l'un de l'autre. Cola arrive, par exemple, assez souvent, dans la dégradation par parasitisme.

Les phénomènes de convergence sont une cause d'erreur en classification, puisque la classification doit établir la parenté réelle des êtres, ot non leurs ressemblances factices. Le plus souvent, les premiers phénomènes du développement embryogénique permettent d^éludor cette cause d'erreur; par exemple, certains cirripèdes qui, à l'état adulte, ont l'apparenco d'un sac informe, ont néanmoins pu, grâce à leurs formes larvaires, être classés parmi los crustacés, avec lesquels ils semblent, au premier abord, n'avoir aucune analogie.

Il ne faut pas confondre les phénomènes de convergence avoc'les phénomènes do mimétisme, y. co mot.

CONVERGENT (vèr-jan), ENTE adj. Qui converge : iignes convkrokntes. Rayons convergents.

— Fig. Qui so rapproche, qui se touche, qui a un but, un résultat commun : Opinions convergentes, tl Qui concentre l'action : Groupements ciinverc.ents.

— Algébr. Approximation convergente. Approximation obtenue par des corrections successives, en commençant par les plus importantes, devant losquoUos les autres deviennent bientôt négligeables. Il Formule convergente . Formule contenant rindication d'opérations en nombre infini, dans laquelle, au moins à partir d'un certain rang, la suiierposition dos opérations indiquées fournit, pour la grandeur ronrésentéo, dos valeurs oui no peuvent jamais croître inaértniment, mais qui, do plus, convergent vors uno limite uniquo : Vnc koiïmdlk dont la valeur tendrait périodiquement tantôt vers une limite, tanltU vers une autre, ne serait pas converoente. bien que toutes ses valeurs restent finies,

— Arlill. Feux convergents. Tir convergent. \. tir.

— Hist. natur. So dit dos parties qui tondent à so rapprocher depuis leur base. .

— Phvs. Itai/ons convergents. Rayons qui s« dirigent sur un même point : L^-s rot/ons parallèles réfléchis par des miroirs sphériques concaves ne sont pas exactement CONVERGENTS. Il Qui a la propriété do faire converger : Lentille convi-rgente. ^l/iroir convergent.

— Anton. Divergent.

CONVERGER (je — lut. convergere ; do eum. avec, ot rti"fjt-rc so tonrnor, s'incliner. Prend un o après lo « devant a ot o : Je convergeai, JVou* convergeons) v. n. Tondre vers un mémo point, avoir uno mémo divcction: Presque tous lûs chemins (Ut fer français coy\'EBGKNT sur Paris. ^

v;,, ,- ,:i .iiMor. marcher vers un mémo liou : Troupes

guic- -ttjwptace.u S'o réunir on un mémo lieu :

YfjfK 'ous citNVEiauNT i'fir Paris.

i n même but, une nuMuo tondanco : La

COJNYERGINE — CONVERSION

volonté est le centre d'où part le rayonnement et oà tout CONVERGE. (Bautain.)

— En T. dalg., Se dit d'une grandeur variable par rapport à une grandeur fixe, lorsque la première se rapproche de plus en plus de la seconde, mais sans pouvoir l'atteindre, la différence pouvant toutefois devenir indéfiniment petite. (On ne doit pas dire d'une grandeur qui tend à dépasser toute limite d'étendue qu'elle converge vers l'infini, parce que la convergence suppose le rapprochemeat par degrés insensibles }

— Anton. Diverger.

CONVERGINÉ, ÉE (rad. converger) adj. En T. bot., Se dit des nervures qui convergent, après avoir décrit une courbe de part et d'autre de la nervure médiane, il Se dit aussi des feuilles qui ont les nervures ainsi disposées : Nervitreft^ Feuilles converginfes.

CONVERS {vèr'), ERSE [du lat. coiwersus, converti] adj. Se dit des religieux et religieuses qui ne chantent pas au chœur, et sont chargés du service domesii(jue de la communauté : Frère convers. Sœur converse.

— n. f. Sœur converse.

— Enctcl. Le nom de convers (conversi) apparaît pour la première fois chez les écrivains du iv» siècle. Il désignait aJ ors, d'une manière générale, tous ceux qui quittaient le monde pour embrasser la vie cénobitique. II fut d'abord appliqué aux moines qui, dans les commencements, étaient tous laïques. Quand un certain nombre d'entre eux eurent été élevés au sacerdoce, l'appellation de « convers » fut réservée aux frères qui, n'ayant pas reçu les ordres, ne chantaient pas au chœur, et restaient chargés des emplois inférieurs. Le pape Pie V défendit par une bulle aux communautés de femmes de recevoir des sœurs converses, mais cette défense fut levée dans la suite. Actuellement, un grand nombre do couvents de religieux et de religieuses ont des frères convers et des sœurs converses.

CONVERS (vèr') n. m. Commerce amoureux. (Vieux.) CONVERS [vèr') n. m. Nom que les pêcheurs de la Manche et du littoral de l'Océan donnent à la petite alose.

CONVERSABLE ad). Avec qui l'on peut converser agréablement : // me semble qu'il n'y a plus dans le monde de personnes coNVERSAfiLKS. (Voiture.)

CONVERSANO (lat. Cupersanum), ville d'Italie (Apulie I^Pouille. prov. de Bari délie Puglie]), non loin de l'Adriatique; 12.000 hab. Siège d'un évèché suffragant de l'archevêché de Bari. Belle cathédrale, château, séminaire, plusieurs couvents. Vins, huiles, amandes, lin et coton. Ville très ancienne, fondée, dit-on, par les Etrusques, Conveisano fut occupée par les Normands, qui en firent pendant quelque temps le siège de leur gouvernement.

CONVERSANT ( vèr-san)^ ANTE adj. Qui converse avec les hommes, avec le monde, qui vit dans la société. (Inus.)

CONVERSATION (vèr, sï-on — \at. conversatio ; dùconverson, converser) n. f. Entretien familier : Le secret de plaire dans les conversations est de nepas trop expliquer les choses. (La Rochef.)

La rontersation périrait de langueur

Sans ce tour amusant qu'un esprit tin lui donne.

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