V. ARC
Dans une conique, le lieu des milieux dos cordes parallèles à une direction fixe est le diamètre conjugué de cette direction. On appelle cordes supplémentaires, dans une conique, deux cordes qui, partant d'un même point de la courbe, aboutissent aux extrémités d'un diamètre. Ces cordes sont parallèles à un système de diamètres conjugués. V. DIAMÈTRE.
Cordes connnunes à deux coniques. Deux coniques ont quatre points communs réels ou imaginaires. Ces quatre points peuvent être joints deux à deux, et donnent six cordes communes, que l'on peut grouper deux à deux do façon que deux cordes d'un môme couple contiennent les quatre points. On obtient ainsi trois systèmes de co7-dos communes, réelles ou imaginaires.
Les coniques ont :
l" Quatre points d'intersection réels : trois systèmes de
Fig. 1.
l'ig. 2.
cordes communes réels, et ces cordes coupent chacune des coniques on des points réels {fîf/. l);
2" Quatre points d'intersection imaginaires : trois systèmes réels, mais aucune de ces cordes no coupe les coniques ;
3" Deux points d'intersection réels et deux imaginaires : un système réel et deux
imaginaires ; A.B 3
4'» Les coniques sont tangentes : deux systèmes se confondent, le troisième est formé par la tangente commune et une corde (/î//. 2);
5* Les coniques sont bitangcntes : deux systèmes 60 confondent et les doux cordes do ce
système sont elles-mêmes confondues ; le troisième système est formé par les deux tangentes communes {fig. 3). Soient :
S = Ax' -1- 2BX1J + Cy' -\- 2Dx -4- 2Ey + F = 0 S' = A'x* -f ZB'xtj -h C'y' -|- 2U'x -\- 2Wy + F' = 0 les équations des deux coniques. S + ).S' = 0 représente l'équation générale dos coniques passant par les quatre pomts d'intersection des deux coniques données. En écrivant que S -f- >.S' = 0 se réduit à un système de deux droites, on obtient une équation du 3" degré en >.. Si cette équation a : ses trois racines réelles et distinctes, on a le l" ou le 2* cas ; une racine réelle et doux racines
imaginaires, on a le 3' cas ; une racine double et une racine simple, on a le 4' ou le 5* cas.
Corde des contacts. C'est la corde qui joint les points de contact des deux tangentes issues d'un point extérieur à une conique; c'est la polaire du point par rapport à cette conique. V. polaire.
— Mus. Les cordes des instruments à cordes frottées, pincées ou frappées, sont de diverses sortes. Pour les instruments à archet, elles sont faites de boyau de mouton, et les plus basses, auxquelles on donne le nom de u cordes filées ", sont entourées d'un fil de laiton qui leur donne un timbre plus grave. Le violon n'a qu'une corde filée, la quatrième {sol): l'alto et le violoncelle en ont deux, la troisième et la quatrième {sol, ul). Les cordes filées de la guitare sont en soie entourée de laiton ; elle en a trois : ré, la, mi. Les cordes do la mandoline sont en laiton ou en fils d'argent; celles de la cithare, en acier. Les cordes aiguës de la harpe sont en boyau; les cordes graves, comme celles de la guitare, sont en soie garnie de laiton. Enfin, les cordes du piano sont en acier pour les notes supérieures, en laiton pour les notes graves.
La qualité des cordes, pour les instruments à archet, est un des éléments essentiels d'une bonne exécution. Cette qualité est difficile à obtenir. Il faut que la corde soit transparente, très égale dans toute sa longueur, sans nœuds ni défaut, sans quoi la corde est fausse, c'est-à-dire que, quuique bien accordée, elle résonne à faux sous l'archet lorsqu'elle est ù vide, et le doigt de l'artiste, quoique bien placé où il doit être, donne une note ou trop haute ou trop l)asse. La fabrication des cordes de boyau demande donc une habileté et un soiu tout particuliers. C'est en Italie qu'on trouve les meilleures, et les plus renommées sont les cordes de Naples ou de Padoue.
CORDÉ, ÉE (du lat. C07'. cordis, cœur) adj. Hist. nat. Qui a la forme d'un cœur ou de la figure arbitraire par laquelle on est convenu de représenter cet organe, par exemple sur les cartes à jouer : Coquillage cordé. Corselet cordê. Feuilles coRDÉiis. 11 On dit plus ordinairem. cordiforme, surtout en botanique.
CORDEAU {do) n. m. Petite corde. (Se dit plus particulièrement de la petite corde que l'on tend par ses extrémités, entre deux points, afin de tracer une ligne droite soit sur un terrain plan, soit sur une pièce de bois) : Allée tirée au cordeau.
— Fig. Froide régularité, symétrie de mauvais goût : Phrases alignées au cordeau. irMoyen employé pour arriver à l'ordre et à la symétrie.
— Par oxt. Lacs, filets. 11 Lacet pour étrangler, corde, cordon : Louis le Éutin fit périr sa femme, Marguerite de Bourgoi/ne, par le cordeau. (Vieux.)
— Art. milit. Cordeau Dickford, Sorte de longue mèche brûlant lentement (environ 0"',75 par minute), et qui sert à transmettre le feu à une mine, à un pétard, etc., afin de donner le temps aux soldats do s'éloigner avant l'explosion. 11 Cordeau détonant, Cordeau brûlant avec une très grande vitesse et assurant une transmission du feu pratiquement aussi prompte que celle do l'électricité. (V. explosif.) li Cordeau de pointage, Ficelle d'environ 8 mètres do long, qui sert à pointer les mortiers, et, en général, les pièces faisant du tir indirect.
— Comm. Lisière de certaines étoffes de laine de qualité inférieure.
— Navig. Corde dont on se sert pour conduire un bateau.
— Péch. Cordeau de nuit, Ligne de fond destinée à capturer des anguilles. 11 Cordeaux n. m. pi. Fragments do ticelle liés, de distance en distance, à la ligne de fond, et auxquels s'attachent les hameçons.
— Turf. Même signification que corde. 11 Tenir le cordeau, Même signification que Tenir la corde.
CORDÉE n. f. Ce qui peut être entouré, embrassé par une corde : Une cordée de bois.
— Fig. Continuité, suito : Cette longue cordée de fortune. (Montaigne.) [Vieux.]
— Min. Temps employé à dérouler et à enrouler sur le treuil la corde qui monte et descend les bonnes.
-- Péch. Petite ficelle attachée à la ligne de fond et portant un hameçon.
CORDÉE (do Corda, l)Ot. allem.) n. f. Bot. Syn. de cva-
MOPSIDE et do DIPLOLÉNi:.
CORDE-FEUILLARDS [feu-ill-ar \ll mil.] — de corder, lier, et feuillard, douve) n. m. Dans le commerce, Cordo qui sert à lier, à maintenir en place les douves d'une futaille ; cercle de fer qui sert au même usage.
GORDEIRO (Antonio), historien portugais, né en 1611 ù. .Angra (île do Terceira), mort on 1722. Il entra dans la rompagiiie de Jésus. On lui doit : Historia insulana das lUins a Portugal sugeitas no Oceano occidt-ntal (1717).
CORDELAT n. m. Conim. V. cordillat.
CORDELER (double la consonne l devant une syllabe muette : Je cordelle. Nous cordellerons) v. a. Tordre, tortiller, tresser en corde : Cordeler ses cheveux. \\ SL*rrer avec une corde : Cordeler une malle.
Cordelé, ée part. pass. du v. Cordeler.
— Hist. nat. Marqué de côtes imitant dt^s tours do corde. Se cordeler, v. pr. Se tordre en forme de corde. CORDELETTE {lèt'} n. f. Corde de faible diamètre.
GORDELIA, personnage du Hoi Lenr do Siiakspearo. Cette jeune fille est la personnification poétique de la tendresse filiale méconnue. V. Lear {Le /foi).
CORDELIER {/iV— rad.cor(/c//e. à cause de la corde dont ces religieux ceignent leurs reins) n. m. Hist. rel. Nom donné aux religieux qui suivent la règle do saint François d'Assise, et que l'on appelle aussi frères mineurs ou franciscains : CoRDELiivfis de l'observance ou o/i.terrantins.
— Loc. fam. Etre gris comme un cordelier, Ftre complètement ivre (équivoque fondée sur la couleur grise du vêtement de ces religieux). 11 Avoir ta conscience large comme la manche d'un cordelier, I'>tre fort pou scrupuleux.
— Loc. prov. Parler latin devant les cordeliers. Parler avec assurance d'une chose qu'on sait mal, devant des gens nui la savent très bien. 11 Aller sur la haquenée, sur ta mule d'un cordidier, Voyager à pied, un bùton à la main.
— Hist. polit. Club des Cordeliers, Club établi ù Paris, pondant la Révolution française, dans un ancien couvent de cordeliers, et dont faisait partie Camille Dosmoulins. (V. art. suiv.) 11 On donnait par extension le nom do cordeliers aux membres do ce club et aux partisans dos doctrines que l'on y professait.
Cordelier.
— Encycl. Hist. rel. On donnait autrefois, en Franro, le nom de cordeliers à des religieux franciscains qui s'y étaient établis. L'origine de cette appellation remontait, dit-on, à saint Louis. Pendant la croisade de 1250, le roi, ayant remarqué des religieux acharnés à la poursuite des Sarrasins, demanda leur nom; on lui réi>ondit qu'ils étaient de cordes liés (cordeliers). En effet, ces moines portaient sur leur robe de bure grise, eu mémoire du cordon de saint François, une grosse corde, année de nœuds do distance en distance, qui tombait presque jusqu'à leurs pieds. Ils appartenaient à l'ordre des frères mineurs, fondé par saint François d'Assise en 1210, et confirmé, en 1223, par le pape Honorius III. Saint Louis, à son retour en France, ramena avec lui plusieurs cordeliers, qu'il réunit aux membres du même ordre établis depuis 1217 à Paris, dans une dépendance de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prcs. II les rendit propriétaires des bâtiments qui leur étaient loués, leur bâtit une église, dédiée à sainte Madeleine, sur l'emplacement actuel do l'Ecole do médecine, les dota, et, à sa mort, leur laissa une partie de ses livres. Répandus rapidement dans toute la France, les cordeliers subirent le contre-coup des dissensions qui éclatèrent dans l'ordre des franciscains, mais qui n'arrêtèrent pas ses progrès. La question qui agitait les esprits était celle-ci: Comment, dans la pratique, fallait-il interjtréter la doctrine de saint François d'Assise sur la pauvreté absolue, c'est-à-dire l'interdiction, non seulement à chaque frère, mais à la communauté, de posséder en propre quoi que ce fût, et l'obligation de vivre exclusivement d'aumônes au jour le jour? Les spirituels s'en tenaient au sens strict des paroles de leur fondateur; les conventuels admettaient sinon la propriété, du moins la possession légitime des choses nécessaires à la vie. Ils eurent gain de cause, mais ils se divisèrent à leur tour, et les dissidents furent approuvés, en 1414, par le concile de Constance, sous le nom d'observaJils.
Les observants remplacèrent presque partout l'autre fraction, qui continuait à s'appeler les conventuels, et ils gardèrent toujours, en France, le nom de cordeliers, nom qui servît à les distinguer des religieux appartenant aux diverses réformes qui sortirent de leur sein, sous la dénomination de mineurs de la stricte observance, de capucins et do récollets. Les cordeliers, agrégés à l'université de Paris, où ils faisaient partie de la faculté de théologie, se montrèrent les zélés défenseurs des doctrines de Duns Scott, et, en particulier, de l'immaculée conception de la Vierge. Rivaux des dominicains, ils parvinrent à les faire exclure de l'Université. Le peuple et les grands les avaient en vénération. Le parlement de Paris reçut, comme une faveur insigne, la permission, que le général Gilles Dauphin accorda, en 1502, à chacun de ses membres, de se faire enterrer en habit de cordelier.
Le tiers ordre des cordeliers compta parmi ses affiliés saint Louis, Blanche de Castilie, Marguerite de Provence, Elisabeth do France, femme de Philippe IV, roi d'Espagne ; Anne d'Autriche, Marie-Thérèse, épouse do Louis XIV. Les obligations des tierçaires consistaient à porter le cordon de saint François sous leurs habits et à, dire chaque jour cinq Pater, cinq Ave, cinq Gloria. Il y eut aussi des tiers ordres réguliers, dont les membres menaient la vie commune : le principal fut la congrégation de Picpus, fondée en 1595.
En 1789, les cordeliers possédaient en France deux cent quatre-vingt-quatre couvents, qui furent tous fermés en 1790. C'est dans l'église de la maison de Paris que se tint, pendant la Révolution, le Club des cordeliers; le musée Dupuytren y est installé aujourd'hui.
Les franciscains qui se sont reformés eu France depuis la Révolution n'ont pas repris leur nom do cordeliers.
Cordeliers (club des), fondé dès le début de la Révolution, et dont les membres se réunissaient dans l'ancien couvent des cordeliers, rue de l'Ecole-de-Médecine, en face la rue Hautcfeuille. Là s'étaient réunis également les états généraux de 1357. Ce club s'appelait, en réalité, la " Société des amis des droits de l'homme et du citoyen » . Ses réunions étaient ouvertes à tout venant; il domina longtemps l'opinion publique à Paris, mais il n'avait pas, comme les jacobins, d'affiliations en province. Dans ses rangs, on comptait Danton, Marat, Camille Desmoulins, Fréron, Robert, Hébert, Chaumette, Fabre d'Eglantine, Legendre, Anacharsis Cloots. Les cordeliers protestèrent contre le désarmement des citoyens non inscrits sur les contrôles de la garde nationale, contre la distinction entre les citoyens actifs et les passifs; ils proposèrent la devise : liberté, égalité, fraternité. Après la fuite à Varennes, ils demandèrent la déchéance du roi et l'établissement de la République. Après l'échaufiTourée du Champ-de-Mars (17 juin. 1791), les cordeliers les plus influents furent persécutés et les séances du club interrompues pendant quinze jours. Durant plus de deux ans, les cordeliers se réunirent rue de Thionvillo (rue Dauphine), et ne retournèrent dans leur ancien local qu'en septembre 1793. La Société des amis des droits joua un rûle important dans la journée du 10-Août, et la majorité des députés parisiens à la Convention fut prise dans son sein.
Le conseil général de la Commune était également composé en très grande partie de cordeliers. Ils prirent parti contre les girondins, et la mort do Marat fut pour eux un deuil ; le corps du fougueux révolutionnaire fut enterré dans le jardin des cordeliers, et son cœur suspendu à la voûte de la salle des séances. Cependant, les hébertistes prirent dans la société une influence prépondérante, si bien que les dantonistes et les amis de Robespierre eossèront d'y paraître. Ces derniers, ligués pour perdre Chaumette, Cloots, Hébert et leurs amis, les envoyèrent à rénharaud(3 mars 1794). Dès lors, le club des Cordeliers, privé de ses chefs, traîna jusqu'à la fin de la Convention une existence obscure, et finit dans l'indiiTérenco générale.
Cordelier (le Vibux), journal rédigé par Camille Desmoulins, député à la Convention et doyen dos jacobins (sept numéros [déc. 1793]). Il était dirige contre les hébortistes, qui prétendaient tirer do la Révolution toutes ses conséquences sociales, et contre le régime de la "Torreur, r|iio les dantonistes voulaient faire cesser, de crainte
Cordelière de robe de chanihre.
d'ètro frappés â lour tour. Ils ospéraieut, en llaUaut Robespierre, l'outraîuer avec eux; mais, ou écrasant le parti extrcnio, ils coutribuèrout à so perdre eux-mêmes. La I" numéro (iTi frimaire an II) contient une gloritication do la liberté do la presse ; le 'i' est dirigé contre Anacharsis Cloots, quû Cannllo accuse d'ctre soudoyé par les puissances étrangères. Ces accusations furent l'arrêt de mort du philosophe qui avait rêvé la république universelle. Dans le 3", Desmoulins, sous prétexte de traduire Tacite, fit de la tyrannie des Césars uno pointure pleine d'allusions au régime terroriste. Il demandait, dans le 4", l'établissement d'un comité de clémonco pour l'élargissement dos suspects. Le 5" contient encore dos attaques contre Hébert. Cependant, lorago se rapprochait de Camille ; un do ses amis, Fabre d'Eglantine, fut arrêté. Le 6* est une sorte de testament politique, écrit sous l'impression do ces dangers.
Lo 7" fut composé, mais jamais imprimé : Desmoulins s'y attaquait au Comité de sûreté générale et à Robesf lierre. L'arrestation, lacondamnation et a mort du député-journaliste mirent fin à l'existence du « Vieux Cordelier •> .
CORDELIÈRE n. f. Cost. Corde, torsade, etc., servant à serrer un vêtement autour de la taille : La cordelœre d'une robe de chambre, il Petite torsade d'or ou d'argent, entourant les épaulettos dos officiers supérieurs. Il Ornement de bouton formé de plusieurs rangs de bouillons, il Petite tresse do couleur, qui remplace la cravate autour de certaines chemises d'homme : La ooRDELii^.RE d'wxe chemise de cycliste, de touriste, w Corde à plusieurs nœuds, portée par les religieux et les religieuses de Saint- François.
— Archéol. Se disait, au moyen âge, de toute tresse de passementerie servant de ceinture, de collier, dans le costume des femmes, et façonnée ou non à nœuds. On disait couramment, au xv* siècle, une " chaîne d'or à nœuds de cordelière ».
— Archit. Baguette d'ornemeut, sculptée en forme de corde, li Petit listel que l'on place sous les patenôtres.
— Blas. Ornement extérieur de l'écu des dames veuves, et aussi des tilles, composé d'un cordon noueux entourant cet écusson.
— Comm. Sorte de serge rase, qui se fabriquait anciennement en Champagne, et se composait d'un mélange de Jaino d'Espagne et de laine du pays.
— Hortic. Variété de ligue, il Nom vulgaire do plusieurs espèces d'amarantes.
— Moll. Ancien nom marchand de quelques coquilles des genres buccin et rocher, qui portent des sortes de cordons marqués de nœuds.
— Techn. Loquet dont le battant se soulève au moyen d'une clef, il On l'appelle aussi loquet viellu ou À vielle.
— Typogr. Petit rang de vignettes de fonte encadrant uno page.
— Encycl. Blas. L'origine de la cordelière héraldique est attribuée à Anne de Bretagne, qui, à la mort de son mari, le roi Charles VIII, entoura ses armes avec le cordon de saint François, porté par elle en tout temps. Le jeu de mots « J'ai le corps délié » , dont on prétend qu'elle accompagna cette innovation iiéraldique, est beaucoup plus ancien que la duchesse Anne. -Il fut fait, en 1470, par Louise de La Tour d'Auvergne, quand elle fut veuve. Anne do Bretagne ht donner plus tard le nom do Belle-Cordelière à uno grande nef de guerre qu'elle avait fait construiro à Morlaix, et qui sauta en vue d'Ouessant, le 10 août 1513, avec son commandant, Hervé Primoguet, et la nef amiraie d'Angleterre, au cours d'un combat d'abordage resté fameux.
CORDELIÈRE n. f. Religieuse de l'ordre de Saint-François d'Assise.
— Encycl. Les religieuses franciscaines, ou clarisses, portaient autrefois, en Franco, lo nom do cordelières. Introduites, en 1250, dans la Champagne, par le comte Thibaut IV, elles s'installèrent à Paris, on 1289, dans uno maison que le chanoine Gauthier leur avait léguée ruo df Lourcine. Marguerite do Provence, après la mort do saint Louis, agrandit leur couvent, oii sa fille Blanche, veuvo do Ferdinand La Corda, infant de Castille. prit le voile et mourut en 1320. En I2.'i0, Isabelle, lillo do saint Louis, fonda sur la rive droite un autre couvent du mémo ordre, qui fut la célèbre abbaye de Longchamp. On appelait les Petites Cordelières uno troisième maison rie franciscaines qui, fondée au cloître Saint-Marcel on 1G28, puis transférée, en 1632, rue des Francs-Bourgeois et, en 1687, ruo de Grenello-Saint-Germain, fut formée, en I7iy, par ordonnance de rarcliovêquo de Paris. La rê^jo des cordelières était à pou près celle dos cordoliers observants. Répandues dans louto la Franco en même temps que ceux-ci. elles avaient, en 1789, cent vingt-deux maisons. La Révolution les dispersa.
Il y a encore aujourd'hui, on Franco, dos religieuses do Tordre de Saint-François, mais elles portent lo nom do « franciscaines <> et de a clarisses ».
CORDELINE {dimin. d^ corde) n. f. Petite ficelle quo l'ouvrier tisseur dispose :\ pou do distance dos bords de la cliaîno, pour former les franges, ou pour éviter la rentrée do la trame sur les coups do lancé, il Baguette do fer avec laquelle on nrond le vorro pour former le cordon du goulot dos bouteilles, n Lisière d un tissu do soie.
CORDELISER v. a. Ceindre lo corps d'une cordo, à la façon des cordeliors. (Vieux.) Se covdeliscr, v. pr. So ceindre lo corps d'uno cordo.
(Vieux.)
CORDELLAfGiacomo), musicien ot compositeur ilaln^n, né et mort ù Naples (1786-1816). Il fut professeur do solfègo au conservatoire do Naplos, maltro do chapoUo dans plusieurs couvonts de cotte ville, et directeur de lu musique au théâtre do San-Carlo. lia fait représenter uno vingtaine d'opéras, dont plusieurs obtinrent do vifs succès ; outro autres, il Ciarlatano (1S05), l'Isola ineantata, una
i-'ollia, iAvant, i Duc Furbi, l Azzardo fortunato, il Contraccambio, il Alarito disperato, lo Sposo di pruvincia, il Castello degli Invalidi, ù Frenetico per amore, ijli Âvventuricri, la Sella Prigioniera, etc. Cordella a encore écrit beaucoup de musique rotigiouse.
GORDELLE {dcl') n. f. Tochn. Syn. anc. de cordblktte.
— Fig. Suite, kyrielle, séquelle : On a souvent parlé de toute cette cordelle de bâtardise. (St-Sim.) [Inus.] il Lacs, filet, appât, moyen de séduction, il Cabale, parti. (Vieux.)
— Mar. ot iiavig. Corde de moyenne grosseur qui sort
Halage à. la cordelle.
au halago des bateaux, et, en mer, à divers usages, ii Hala/je à la cordelle, Mode de traction d'uu bateau le long d'un rivage, au moyen d'uno cordelle.
Cordelle, comm. do la Loire, arrond. ot à 14 kilom. de Roanne, non loin do la Loire; I.41S hab. Mine d'anthracite. Vins estimés ; eaux minérales.
GORDEMAIS, comm. de la Loire-Inférieure, arrond. et à 34 kilom. de Saint-Nazaire, non loin de la Loire ; 2.l'3i hab. Ch. de f. Orléans.
CORDEMOY (Géraud de), philosophe et historien, no et mort à Paris (1620-1684). D'abord avocat, il se prit de passion pour la philosophie de Descartes, fut nommé, grâce à Bonnet, lecteur du Dauphin, s'occupa alors d'études historiques, et devint, en 1675, membre de l'Académie française. Ses principaux ouvrages sont : le Discernement de l'âme et du corps (1766), et une Histoire de France depuis le temps des Gaulois (1785-1789). Plusieurs de ses écrits ont été réunis sous le titre de Œuvres de Cordemoy (1704). — Son fils, Louis Geraud de Cordemoy, né et mort à Paris (1651-1722), fut abbé de Ferriers. Il aida son père dans ses travaux historiques, et publia des ouvrages de controverse contre les protestants.
CORDENONS, comm. d'Italie (Vénétie [prov. d'Udine]) ; 5.000 hab.
CORDER v. a. Mettre en cordo : Corder du chanvre. Il Rouler, tortiller en forme do corde : Corder du tabac. Il Lier, serrer avec des cordes : Cordkr une malle, il Mesurer à la corde : Corder du bois.
— Agric. Corder les blés. Passer uuo corde tendue sur les épis pour faire tomber la rosée.
— Techn. Corder les soies d'une brosse, Les assujettir, les retenir en place à l'aide de ficelles.
Cordé, ée part. pass. du v. Corder.
— Art vétér. Flanc cordé. Flanc de cheval qui a la corde, dont le muscle ilio-abdominal fait une saillie.
— Blas. Se dit des arcs et des instruments de musique à cordes, quand les cordes sont d'un émail particulier.
— Pathol. Gon07Tkée ou Chaude-pisse cordée, Celle qui est caractérisée par l'engorgement dur et douloureux do l'urètre.
Se corder, v. pr. Se tresser, se rouler en corde : Le qros chanvre ne se corde pas si bien que le chanvre délié. (.\cad.) Il Etre mesuré à la corde, en parlant du bois : Les fayots ne se cordent pas.
— Hortic. Devenir filandroiLX : Céleris commençant à
SE CoRnKR.
— Péch. Se dit des lamproies qui deviennent coriaces ot mauvaises à manger, à cause d'un produit cartilagineux qui so forme dans toute la longueur do leur corps.
CORDER (du lat. cor, cordis, cœur. — Bien quo ce mot no s'éi-.rivo pas dans le langage littéraire, on le trouve comme racine dans les composés accorder, concorder, etc.) V. n. Pop. S'accorder, s'entendre, vivre en bonne intelligence : Jl s'applaudissait d'aiwr très bien su corder ai'ec la vieille fille, suivant son expression. (Balz.)
CORDERIE (rf) n. f. Lieu oi1 l'on fabrique de la corde, des cordaojos. Il Action do faire dos cordes ; industrie do cordier : L art de la cordkkii:. h Commerce du marchand do cordes, il Magasin, lieu où l'on dépose les cordes.
— Encycl. Les principales matières employées dans la corderic sont : lo chanvre, les boyaux de certains animaux, le sparte, le diss, le crin animal ou végétal, le for, l'acier. A do rares exceptions prés, la corderie est principalonient mécanique.
Cordes (lat. Corduba ou Cordua)t ch.-l. do cant. du Tarn, arrond. et ù. 20 kilom. de Gaillac, près du Cérou; i.SGO liab. On y remarque uno assez belle église; plusieurs maisons du moyen ûgo (xui" et xiv s.), ornées do nombreux basroliels (parmi lesquelles la maison dite «de Sicard Alaman »). Cordes est uno bastido fondée, on 1222, par lo ministre du comte do Toulouse Raymond VII, Sicard Alaman. Patrie de l'anatomisto Liltré. — Lo canton a 18 comm. et 7.4Ga hab.
Cordes (Simon dr), navigateur hollandais du xvi* siècle, né à Anvers, mort on 1600 au cours d'uno expédition dirigée contre les colonies espagnoles do la mer du Sud, soit sur les cAtos du Chili, soit on mer. Il a laissé son nom ù. uno baio du détroit do Magellan.
CORDIA n. f. Genre type do la famille dos cordiacées, comprenant environ cent cinquante espèces, qui croissent dans les régions tropicales du globo. Syn. do s^uhstier.
cordiacées ou CORDIÉES n. f. pi. Famillo do plantes dicotylédones, ayant pour type lo genre cordia ou s6bostior. — Une cordiacëe ou cobdiek. il Syn. cordibus.
SKUKSTENIl'lliS.
CORDIAL, ALE, AUX (du bas lat. cordialis; de cor, cordis. cœur) adj. Qui donne du cœur, réconfortant : Boisson, Potion coniiuLE.
~ Fig. Qui est inspiré par lo cœur, par un sentiment, par uno atfoction sincère : Accueil cordial. On ne saurait trop estimer une personne /ranche et i:oi\i>iA.LE. n Qui u'ost
CORDELIERE — CORDIER
poml déguisé, qui est sincère. (Se dit même par ironie) . une haine coukiale.
— Substantiv. Avoir besoin de cordiaux, il Fig. : La science doit être un cordial. (V. Hugo.)
— Syn. Cordial, iranc, ouvert, rond, sincère. Cordial se dit de ce qui suppose du cœur. Franc so rapporte plutôt à l'esprit, à la pensée ; l'homme franc dit nettement ce qu'il pense, et il lo dit toujours, parce que sa nature même l'y porto. Ouvert indique une qualité passive qui consiste a so laisser voir tel qu'on est, sans dire précisément qu'on est tel. lîond est tout à fait familier; il marque la simplicité, l'abandon. Enfin, la sincérité consiste à ne jamais dire ni laisser croire ce qui n'est pas; l'homme siJicére dit tout co qu'on lui demande, et il ne dit que ce qu'il éprouve réellement ou ce qu'il pense, mais il agit ainsi par honnêteté plutôt que par l'impulsion de sa nature.
CORDIALEMENT (rad. cordial) adv. D'une fai:on franche et affectueuse : Accueillir quelqu'un cordialement, il De tout cœur, mais en mauvaise part : Haïr quelqu'un cordiaxement.
CORDIALITÉ (rad. cordial) n. f. Bienveillance pleine d'abandon et inspirée par un sentiment sincère : Accueillir f/uclqu'un avec cordialité.
CORDIE n. f. Bot. Syn. de cordia.
CORDIER Idi-é) n. m. Ouvrier qui fait des cordes; mari.liand qui vend des cordes.
— Jeux. Cordier cordant. Nom d'un jeu de société dans leipicl tout le monde doit répéter successivement et e.\actement une phrase transmise d'un joueur à l'autre.
— Mus. Point d'attache des cordes, dans les violes.
— Péch. Celui qui pêche avec des cordes garnies d'hameçons.
— Encycl. Tochn. La corporation des corrf/ers-criniers, artisans travaillant, tressant lo chanvre, lo lin et la soie, date au moins du xiii" siècle. Les cordiers de Paris remanièrent leurs statuts en 1394; mais, entre autres interdictions expresses, ils durent continuer à ne pas travailler la nuit.
— Mus. Le cordier, qu'on appelle aussi queue, est le morceau de bois d'ébène, percé de trous, qui sert à attacher les cordes à la partie inférieure des violons, altos, violoncelles et contrebasses. Ce cordier est maintenu et lui-même attaché à l'instrument par un lien de boyau, passé dans un bouton fixé au talon do celui-ci, dans l'éclisse infcrieuro.
CORDIER (di-é), ÈRE adj. Qui a rapport à la fabrication ou à la vente des cordes : L'industrie cok-
DIÈRE.
— Agric. Vache cordière, Vache grasse.
— Péch. Qui sert à la pêche aux cordes; qui se livre à cette pêche : Barque cordière. Pêcheurs cordiers.
Cordier (Mathurin), grammairien et pédagogue du XVI* siècle, né en 1479, en Normandie ou dans le Perche, mort à Genève en 1564. Professeur au collège de Navarre, à Paris, il publia son ouvrage De corrupti sermonis emendatione : c'est un manifeste contre le « latin de cuisine u dont usaient les écoliers. Il embrassa la Réforme et se rendit, en 1537, auprès de Calvin qui avait été son élève, et il fut professeur à Genève (1557), où il resta jusqu'à sa mort. Il avait écrit d'assez nombreux ouvrages de pédagogie élémentaire : une Grammaire latine, le Miroir de la jeunesse pour la former à bonnes mœurs et à civilité de vie (1559). Son ouvrage le plus connu est un manuel destiné à initier, par des dialogues gradués, les enfants à la pratique du latin : Colloquiorum scholasticorum libri lyua/ifor (1563). Calvin a dédié à Cordier son Commentaire sur la première épître do saint Paul aux Thossaîonicions.
Cordier (Nicolas), dit il Franciosiuo, sculpteur français, né on Lorraine en 1567, mort en 1612. 11 alla étudier à Romo et s'y distingua tellement qu'on lo chargea d'exécuter, pour l'église Sainte-Marie-Majoure, (luatre statues do /)aiv(/, Aaron, saint Bernard ot saint Athanase. On doit, en outre, ù cet artiste la statue colossale en bronze de Henri IV, sous le portique do Saint-.Iean do Latran, uno do sainte Aynés (église do la place Navonol, la statue do saint Sébastien, lo groupe de la Charité, et deux statues couchées du père et de la mère du pape Clément VIII, A la Minerva; enfin, il mit, dit-on, la dernière main à uno stattio do saint Gréyoire, qu'avait commencéo Michol- Ange, et qui est placée dans l'église San-Gregorio.
Cordier fPlerre-Louis-Antoine), minéralogiste ot géologue français, né à Abboville en 1777, mort en 1 861. Il entra dans lo corps des mines en 1795. fit partie, avec Dolomiou, do la commission do savants qui accompagna Bonaparte en Egypte, devint ingénieur en chef on 1808, et inspectonr général on 1831. Appelé au conseil d'Etat par Louis-Philippe, il fut élovô ù la pairio en 1840. 11 a occupé la chaire do géologie du Muséum d'histoiro iiaturello, dopms 1819 jusque sa mort. En 1822, il avait remplacé Haiiy À l'Acadômio dos sciences.
Cordier (Kléonoro Tknaillk db VAnLxnELLK, dit Jules\ vaudevilliste, iVère do l'historien de Vaulabelle, né A Cb^iel-Consoir (Yonno) en 1802, mort on 1S59. Il fut longtemps journaliste, luiblia des contes moraux, puis (It oxclusivomonl du thofitro. Sous les pseudonymes do Saint-Estïsvk, d'ERNEST Dksprkz, ot Jules Coiidikk, il a écrit dos drames, des mélodrames, des vaudevilles, eu collaboration avec Alboizo, Oesnoyors, Ancclot, Bayard, Clairville, etc. C'est avocco dernier qu'il a obtenu ses plus (grands succès dans dos pièces politiques d'un esprit satiriouo et mordant, entre autres : les l'illes de la liberté (1849); la propriété, c'est te vol (1848): le Club des maris et le CUib des femmes (1848); les Grenouilles gui demandcnl un roi (1849); les Jicprésentants en vacances (1849); etc. Parmi les autres pièces, citons : la Tii'cuse de cartes (1848); les Secrets du diable (1850); le Bourgeois de Paris (1850); etc.
Cordier (Honrl-Josoph-Charlos), sculpteur français, né A Cambrai on 1827. Élôvo do Eau(:;inot ot do Rude, Il débuta au Salon do 1848. Son objeclif u été l'élude dos races. Avant visité successivement lo nord de l'Afrique, la Grèco'et l'Italie, il revint muni do documents qui lui ont permis do fonder sagalorio .anthropologique ot ethnographi(|U0. Ses couvros, plus remarquables par la force ouo par la crftce, attestent uno science réelle ot uno véritaMo onginulilé. Il oxcollo À roproduiro les types daus loue