CORDOVA
COREE
fi
par lui. A la quatrième génération, cette famille se subdivisa en deux branches : la branche aînée, représentée par Ferdinand-Alphonse, et la branche cadette, dite « des comtes d'Alcandete -, dont l'autour est Martin-Alphonse, et qui donna elle-même naissance aux familles do Sastaga et de Zuheros. L'un des plus illustres représentants de cette famille fut Gonzalve de Cordoue, grand connétable du rovaume do Naples.
CORDOVA. Géogr. V. Cordoba.
GORDOVA (Fernando de), savant espagnol, né eu 1422, mort à la tin du xv« siècle. S'étant rendu à Paris, il y acquit la réputation d'un sorcier, tant était grande son instruction. De là, il se rendit à Rome, où il s'attira la faveur des papes Sixte IV et Alexandre VI. Le plus important de ses ouvrages est une introduction au traité De animalibus d'Albert le Grand (Rome, 1478).
GORDOVA (Francisco Fernandez dk). navigateur espagnol, mort en 1518. Parti de Cuba en 1517, il fut le premier explorateur du Yucatan. Les attaques des naturels le contraignirent à regagner la Havane, où il mourut dix jours après son retour. On doit reconnaître en Cordova Texplorateur qui a montré le chemin à Fernand Cortez.
GORDOVA (Fernando Fernandez de), général et homme politique espagnol, né à Madrid en 1792, mort en 1883. Il se distingua pendant la guerre de l'Indépendance contre Napoléon. En 1841, il prit part aux complots militaires contre Espartero, entra dans le parti des progressistes modérés, et reçut, en 1847, le portefeuille do la guerre, qu'il ;arda peu de mois. Depuis lors, il devint capitaine général e la Nouvelle-Castille, capitaine général de Cuba (1851); en 1854, il dut se retirer en France. Cordova fat chargé, en 1864, du portefeuille de la guerre dans le cabinet Narvaez. Après avoir pris part à la révolution de 1868, il fut nommé de nouveau capitaine général à Cuba en 1870, et il se rallia au roi Amédée, qui lo nomma ministre d'Etat en 1871. Il redevint ministre de la guerre, après la proclamation de la république.
GORDOVA, général colombien, né à Antioquia (Nouvelle- Grenade) en 1797, mort en 1829. Il participa au soulèvement des anciennes colonies espagnoles, fut nommé colonel, par Bolivar, sur le champ de bataille de Boyaca (1819), et général à la suite de la prise de TénérilTe.'ll contribua à la victoire décisive d'Ayacucho, qui mit tin à la domination espagnole dans l'Amérique au Sud (1824). Cordova tenta de supplanter Bolivar, et se mit, en 1829, à la tète des fédéralistes colombiens; mais il fut défait et blessé mortellement à Santuario (1829).
GoRDOVA (Louis-Fernandez de), généra' espagnol, né à Cadix en 1799, mort en 1840. Il proclama la constitution, à la tète do ses troupes, en 1820, prépara ensuite le soulèvement réactionnaire des gardes royales (1822), combattit dans les rangs do l'armée de la foi, fut ambassadeur d'Espagne en Prusse (1827) et en Portugal (1832), et soutint la cause de dom Miguel. Ayant gagné la faveur de la reine Christine, il reçut, en 1835, le commandement do l'armée du Nord, remporta la victoire de Mendigorria (1835), puis s'unit (1838) à Navarcz contre Espartero; mais il dut chercher un refuge en Portugal.
GORDOVADO, bourg d'Italie (Vénétie [prov. d'Udine]); 1.700 hab.
CORDULÉCÈRE OU CORDULECERUS {lè-sé-TUSs) n. m. Genre d'insectes névroptères planipennes, famille des ascalaphidés, caractérisés par leurs antennes en massue, leurs ailes larges, leur abdomen court. (Les cordulécères sont des ascalaphes de l'Amérique tropicale ; on en connait quelques espèces, parmi lesquelles le cordutecerus vutpecula peut servir de type.)
CORDULEGASTER {lé,
stèr") n. m. Genre d'insectes orthoptères pseudo-névroptères , famille des iibellulidés, tribu des gomphinés, comprenant des libellules de grande taille, à abdomen très long. (L'espèce type du genre, le cordulegaster anmdatus, jaune et noir, est répandu dans toute l'Europe et la région méaiterranéenne.)
CORDULIE /t ou CORDULIA n. f.
Genre d insectes orthoptères pseudonévroptères, groupe des amphibiotiques, famille dos Iibellulidés, tribu des libellulinés, comprenant des formes assez grandes caractérisées par leurs yeux à réseaux, présentant un petit appendice au bord postérieur. (Les cordulies sont do belles libellules, dont l'espèce type, la cordnlia a^nea, d'un vert bronzé brillant, est commune en France au bord des eaux.)
CORDUS (Aulus Cremutius), sénateur et historien romain. Séjan, qu'il avait osé critiquer, l'accusa auprès de Tibère du crime do lèse-majesté, pour avoir, dans .son Histoire des guerres civiles et du, règne d'Auguste, appelé Brutus et Cassius les derniers des 'liomaius. Cordus prévint sa condamnation en se laissant mourir de faim (25 apr. J.-C.). Tibère fit brûler ses ouvrages, dont quelques-uns furent sauvés pourtant par sa fille Marcia. La septième Suasoria do Scncque en contient des fragments.
CORDTCEPS ou CORDICEPS (sènss) n. m. Gonro de champignons-pyrénomycètes, q^ue 'J'ulasno a refondu avec les genres hypocrée et torrubie. Il On dit aussi coedylie.
CORDYLANDRE n. m. Bot. Section du genre clusie.
CORDYLANTHE n. m. Genre de scrofulariacées-ouphrasiécs.rcnfcrmanldes herbes de Californie. Syn. doHOMAUii.
CORDYUS ou CORDYLA n. m. Ichtyol. Nom ancien de divers petits poissons qui étaient employés en salaison ef aussi dans la fabrication do différentes saumures. (Lo cordyla de Plino est une petite pélamyde ou peut-être un petit maquereau, comme le cor dy le a KvihXotc.)
— Ealom. Gcore d'iasecteB diptères némocëres, famille
Cordulegaster (réd. au tiersj.
Cordulie (réd. de rooiti*^].
Cordylophora.
des fongicolidés, comprenant des formes à antennes renflées, à abdomen comprimé. (Los cordyles sont des moucherons bruns ou noirs, dont l'espèce type, le cordyla flavipcs, est commune en France.)
GORDYLINE n. f. Genre de liliacées, tribu des dracénées, formé aux dépens des dragonniers, et comprenant une dizaine d'espèces, qui croissent dans les régions tropicales.
CORDYLOCARPE n. m. Bot. Syn. de
RAPISTRli, et de fc;RDCAmE.
CORDYLOCRINUS (nuss) n. m.
Genre do criuoides, famille dos platycrinidés, comprenant des formes à longs bras minces, à pinnulcs trèslon-
tues. (Les cordylocrinus sont fossiles ans lo silurien" de Scandinavie.)
CORDYLOGYNE n. f. Genre d'asclépiadacées-cynanchces, renfermant des herbes vivaces de l'Afrique australe.
CORDYLOMÈRE OU CORDYLOME- RUS {mi'-}'i(ss) n. m. Genre d'insectes coléoptères lougicornes, famille des cérambycidés, tribu des phoraeaothinés, comprenant de grandes et belles espèces fauves ou rousses avec les ély très verts ou bleus, ou fauves avec Cordylomère (gr. nat ). des bandes et des reflets verts. (Les cordylomères, dont on connaît une douzaine d'espèces, habitent l'Afrique occidentale.)
CORDYLOPHORA n. m. Genre de méduses tubulaires, famille dcsclavidés, comprenant des polypes d'eau douce ijui forment des colonies cornées, arborescentes , avec individus ovoïdes occupant rextrémité des rameaux.
— Enctcl. I/cspèce type du genre est le cordylophora lacustris, qui habite les eaux douces d'Europe, et dont la distribution géographique semble la môme que celle d un mollusque, \edreysseua polymorpha, sur lequel il vit.
Il est probable que, comme les dreyssena, les cordylophora sont des formes marines qui s'acclimatent progressivement dans les eaux douces ; aujourd'liui, ils sont répandus dans tous les cours d'eau d'Europe, et envahissent même les conduites des villes, dont ils oblitèrent souvent les tuyaiLx, par l'accumulation de leurs colonies.
CORDYLOSAURE (sâr') ou CORDYLOSAURUS (sô-russ) n. m. Genre de reptiles sauriens brévilingues, famille des ptychopleuridés, comprenant des formes à tête allongée, aplatie, à queue ^ ^^
■. ■ ^.^ .lAr.
iJlant à des scinques, ethabitant lo sud de l'Afrique . [ L'espèce type du genre, brune avec une large bande noire le long du dos et une moins foncée sur chaque flanc, est longue de 12 à 15 centimètres. Par sa plaque naso-frontale allongée, elle dilfére de la seconde espèce {cordylosaurus siifitesselalus) des mêmes régions, qui la transversale.]
GORDYLURE OU CORDYLURA n. f. Genre d'insectes diptères brachycères, famille des muscidés, comprenant des mouches à corps couvert de soies, à abdomen en massue, à ailes longues.
{ Los cordyhires vivent dans les lieux humides; on en connaît quelques espèces do France, toutes de taille moyenne ; la cordylnra pubera est noire, à duvet gris.)
CORÉ. D'après le livre biblique des Nombres (XVI), Coré, de la famille lévitiquo de Caaih, Cordylure (gr. 2 fois), mécontent de ce que le
sacerdoce eût été réservé à la descendance d'Aaron, se révolta contre Moïse, avec Dathan et Abiron, de la tribu de Ruben, et deux cent cinquante Israélites. Moïse prit lo peuple à témoin qu'il laissait au Seigneur le soin de défendre sa cause. Le lendemain, au moment où Aaron offrait le sacrifice de l'encens du matin, Coré, Dathan et Abiron furent engloutis dans la terre, qui s'ouvrit tout à coup sous leurs pieds, taudis qu'un feu miraculeux s'allumait soudain et faisait périr leurs deux cent cinquante partisans. Les fils de Coré : Azor, Elcana et Abiasaph, qui n'étaient point complices du crime de leur pore, furent bénis de Dieu, et devinrent la tige d'un groupe de lévites, qui s'adonnèrent spécialement au chaut et à Ja composition des poésies sacrées. Les anciens titres du psautier hébraïque désignent les descendants de Coré comme les autours do onze psaumes, qui comptent parmi les plus beaux et les plus lyriques.
GORÉ. Myth. gr. V. Cora.
GOREAL (Francisco), voyageur espagnol, né à Carthagèno vers 1648, mort en 1708. Il visita successivement les Antilles, la Floride, le Mexique, lo Brésil, le Pérou, traversa l'istlime de Panama, et rentra dans sa patrie en 1697. La relation intitulée Voyages de Fraytcisco Coreal aux Indes occidentales {\l 22) dont on n'a jamais retrouvé l'original espagnol, est pcut-ôtro l'œuvro d'un auteur qui aurait, sous le nom de Coreal, publié sur l'Amérique un recueil do documents extraits de divers écrivains.
CORÉCLISE (du gr. korê, pupille, ot kleiein, fermer) n. f. Pathol. Occlusion de la pupille.
CORECTASIE [rèk-ta-zî — du gr. korê, pupille, et ektasis, dilatation) d. f. Pathol. Dilatation de la pupille.
CORECTEUR fdu préf. co, et do recteur) n. m. Celui qui chi, recteur avec un ou plusieurs autres.
CORECTOMIE {rck-to-mî — du gr. korê, pupille, ot ekiome, ouverture) n. f. liésection d'une partie de l'iris,
Cordylosaure.
pratiquée soit pour ouvrir une pupille artificielle, soit pour obvier à une pression exagérée des humeurs de l'œil.
CORECTOPIE {rék-to-pî — du gr. korê, pupille, et ektnpos, déplacé) n. f. Anomalie de position do la pupille, consistant eu ce que celle-ci n'occupe pas le centre de l'iris.
CORÉDACTEUR (du préf. co, et rédacteur) n. m. Celui qui est rédacteur avec un ou plusieurs autres.
CORÉDIALYSE (du gr. korê, pupille, et dialitsis, séparation) n. f. Chir. Syn. de iridodialyse.
COREE n. f. Pathol. V. cuorée.
— llortic. Variété de pomme à cidre du Calvados.
CORÉE ou COREUS {ré-uss) n. m. Genre d'insectes hémiptères, type do la famille des coréidés, comprenant de nombreuses espèces aujourd'hui réparties dans quelques sous-genres. (Los corées proprement dits sont velus; leur abdomen, aplati, est relevé latéralement. L'espèce type, commune en France, est le coreus denticulatus.)
GORÉE ou Ghosen (« pays du Matin calme »)i oropire indépendant do l'Asie orientale, au N.-E. de l'empire chinois, sépare par le Ûeuvo Ya-lou, de sa source à son embouchure, des provinces mandchoues de Ghirin et du Liao-toung. Au N., la Corée est limitrophe de la province sibérienne de Vladivostock. Elle est constituée, presque en son entier, par une massive i>éninsule, qui
s'avance, entre les mers Jaune et du Japon, vers l'île japonaise de Kiou-Siou. Dune .superficie d'environ 218.190 Rilom. carr., elle n'est peuplée que de 12 à 13 millions d'habitants. {Coréens, cnnes.) Capit. Séoul.
Une chaîne qui décroît du N. au S., de 2.400à 1.500 m., suit à peu de distance la côte orientale. Entre cette chaîne et les hauteurs plus basses (l.SOO m. d'altitude maximum), qui dominent, à l'O., le cours du Ya-lou, se développe un sytcme de chaînons et de collines, que séparent des vallées assez profondes. Le climat se ressent de la proximité des étendues mongole -sibériennes ; la Corée connait, l'hiver, des froids de — 16° C. ; l'été, le thermomètre s'élève jusqu'à -f- 34"» C Au N. de Séoul, les froids sont plus rigoureux encore ; les fleuves y gèlent l'hiver. La péninsule reçoit, l'été, des pluies abondantes. Les fleuves, assez nombreux, sont courts et peu navigables ; lo Ya-lou, cependant, qui se jette, à l'O., dans la baie de Corée, et le Nak-Tong-Yang, oui se jette dans la mer du Japon, sont navigables sur plus de 200 kil. Les côtes, sur la mer du Japon, sont peu découpées et s'évasent profondément pour former le golfe, largement ouvert, où est Gensan (avec Port-Lazareff) ; par contre, les côtes sud, sur le détroit de Corée, et ouest, sur la mer Jaune et la baie de Corée, présentent une infinité d'accidents dont le principal est l'archipel du Prince-Impérial, dans un golfe qui abrite Chemoulpo ; îles do Sir J. Hall. Mais l'accès de cette côte occidentale est entravé par l'amplitude excessive des marées.
La Corée est un pays essentiellement agricole. Son sol fournit le riz, qui est la principale nourriture dos habitants, et, dans le Nord, des céréales : blé, maïs, millet. Les arbres fruitiers prospèrent, la vigne réussit mieux qu'en Chine, les légumes sont cultivés sur une grande échelle Le coton, le chanvre et le tabac peuvent étro exploités. Les forêts sont nombreuses; vers le Nord, apparaissent déjà des animaux à fourrure ; le pays nourrit de grands troupeaux; la poche, sur les côtes, est active; cependant, la Corée est pauvre. Les guerres, les exactions administratives, la dépopulation ont fait laisser on friche la plus grande partie de son sol; quelques vallées seules sont cultivées. Los richesses minières : or, arftcnt. minerai do
I. Armes de la Corëe ; 2. Drapeau ; 3. Armes impériales ; 4. Tékhane, nom offlciel de la Corée, en écriture coréenne.
fer, no sont gut>re mi^ux exploitées. L"in<lustrie, qui fut brillante jadis, est quasi nuUo aujourd'hui ot so boriio aux objets usuels. Soulo existe l'industrie du ]>apier, prôparo le plus souvent avec l'ôcorco intérieure d'un mùrior spécial.
La Corée exporte du riz, des poissons, des bestiaux, des cuirs et une grande quantité do fèves destinées au Japon, dos cutounades do toute sorte, dos métaux, des lainages. (On peut admettre que le trafic qui se fait par terre avec la Chine ot la Sibérie atteint la môme valeur fiuo lo comniorco maritime.) Quant au commerce intérieur, il est d'une importance minime, parce que la Corée n'a presque pas de voies de communication.
L'empire est divisé en 13 provinces. Séoul, la capitale, est la soulo grande ville. Son port est Cliénioulpo. Il n'y a, eu Corée, ni armée (excepté la garnison de Séoul, nombreuse do 3 à 4.000 hommes), ni marine.
— Hist. L'origine de l'empire do Corée est, encore aujourd'hui, très mystérieuse. Il nous faut arriver au XII* siècle avant noire ère pour avoir des renseignements authentiques sur ce pays. On voit alors un prince révolté do la dynastie des Chano^, en Chine, nommé Ki-Tsze, fonder un Etat on Corée, et Tempereur Wou-Wang, auquel il s'était soumis, le reconnaître. L'an U6 do notre ère, la Corée est divisée en trois Etats : ceux de Kao-Li, de Pe-Tsi et do Sin-Ra. Les Japonais commencèrent, dès cette époque, à nouer des relations avec la Corée : l'impératrice Zingu-Kogu, au lU* siècle, lit une première fois la conquête de ce pays; puis, à la suite de plusieurs soulèvements, les Coréens secouèrent le joug que les Japonais faisaient peser sur eux et cessèrent tout rapport avec eux. Le roi de Kao-Li, vers la fin du XI" siècle, s'empara des deux Etats de Pe-Tsi et de Sin-Ra et constitua l'unité de laCorée. Quand les Ming arrivèrent au pouvoir on Chine, un certain Ta'i- Tso, aidé par eux, s'empara du tro n o de Corée (1392) et fonda la dynastie Tsi-Tsien. Ses successeurs eurent de nombreuses luttes à soutenir avec le Japon, et, en 1592, le fameux empereur japonais Taïko-Sama envoya en Corée une formidable armée qui se rendit maîtresse de presque tout le pays et obligea le roi à reconnaître sa domination. En 1G15, la paix fut signée : le Japon garda Fousan. et la Corée s'engagea à lui envoyer chaque année un tribut.
Les relations très cordiales qui avaient toujours régné entre la Corée et la Chine s'éteignirent quand l'empire du Milieu fut conquis par les Tatares Mandchoux : au XVI* siècle, les chefs de cette dynastie firent une expédition en Corée, prirent Séoul et imposèrent un tribut aux Coréens, qui se trouvèrent ainsi vassaux de la Chine et du Japon. On voit qu'il faut aller chercher très loin les causes de la grande guerre sino-japonaise do 1894 : lo Japon voulait que la Corée fût complètement libre, tandis que la Chine entendait la mettre sous son protectorat. Le 2(i août 1891, la Corée signa avec le Japon un traité d'alliance dont le but était do consolider son indépendance et de chasser do son territoire les troupes chinoises; lo Japon se chargeait de toutes les opérations de guerre. Les Chinois furent écrasés par les Japonais, et, par lo traité de Shimonosaki<-la Corée fut déclarée indépendante.
— Gouvernement. L'empereur de Corée exerce une autorité absolue. Mais ce sont, néanmoins, les chefs des nobles qui gouvernent et dont les privilèges sont respectés par lo souverain. Le favori de l'empereur doit donner son avis sur toutes les décisions; il a également comme fonctions de distribuer les grâces et les peines. Le Conseil supérieur do l'Etat se compose de neuf membres. Los provinces, ou lo. sont administrées par des gouverneurs : elles se subdivisent on arrondissements, et ceux-ci en districts.
— Langue. Lo chinois est la langue cultivée do la Corée; l'idiome indigène ou coréen, d'ailleurs très contaminé par le chinois, <^st d'un usage populaire ; il préseuto à la fois les caractères des langues agglutinantes et des langues flexionnelles ; on n'a pu, jusqu'ici, lo rattacher avec certitude à aucune autre langue asiatique. A côté do l'écriture chinoise, introduite en Corée vers le iv« siècle do notre ère, il y a une écriture coréenne, dérivée de l'alphabet sanscrit et usitée depuis le xv« siècle environ. La littérature coréenne est à peu près dépourvue d'originalité.
Corée IkRcuwm. bu), groupe d'îles ot de rochers granitiques au S.-O. de la Corée. Les plus importantes sont les îles Anihcrst.
Coréen, ENNE {ré-in, ()n), personno née on Corée, ou qui habite ce pays. — fj;s Cohkkns.
— Adiectiv. Qui appartient ù la Corée ou à ses habitants : f.e tribut coréen.
— n. m. Langue coréenne : Parler le cobérn. -~ Encycl. Linguist. V. Corki:.
CORÉES n. f. pi. Antiq. gr. Fôtos do Kora ou PorséphoJie, on divers pays grecs.
CORÉGENCE {janss) n. f. Fonctions, dignité de corôgent : Itriguer la corégence.
GORÉOENT (jan~ du préf. co, ot do régent) n. m. Princo
qui partage avec une autre personne les fonctions do régent.
GOREGLIA AnTELMINELLI, comm. d'Italie (Toscane [prov. de LucquesJ), sur l'Ania, aflluent du Sorchio; ri.30i) liab. Centre vmicolo.
CORÉGNANT {{/nan [gn mil.]), ANTE [du préf. co, H do réf/nanC \ adj. Qui règne on commun avec un autre : Princes coiu'xiNANTs.
CORÉGONEn. m. Genre do poissons physostomes, famille des salmonidés, comprenant dos formes uo taille moyenne, allongées, comprimées, revôtuos do petites écailles.
— Kncycl. Los coréyonns, dont on connaît quarante ospècos répandues dans les lacs do l'hémisphère boréal, no vont guère dans les ©aux courantes, à. moins qu'ils n'on-
Cûrégone.
treprennont de grandes migrations pour frayer. Connus
eu Amérique sous lo nom do poissons blancs', en Europe
sous los noms do Uvai-ets, feras ot gravenches, ils sont
r^ô^iutés pour la
finesse de leur
chair. Le lavarct
{coregonus lava-
relus), propre au
lac du Bourget,
passe parfois
dans lo Rhône et , ", \f.
l'Ain ; il atteint u.A^^
40 centimètres. '^
La fora {corego-
iius fera) devient
encore plus grande; elle a été acclimatée dans la Nièvre
et l'Auvergne; elle est originaire du Léman. La gravencho
[coregonus hiemalis) habile les grands fonds du même lac;
elle est plus petite. Le houting {corer/onus oxi/r/ujnchus) est
surtout de Belgique et de Hollande; il s'avance dans les
eaux saumâtres. Le moksun et lo sijrok sont de la région
de l'Altaï; etc. V, lavaret, gravenche, fera.
GORÉIDÉS n. m. pi. Famille d'insectes hémiptères hétéroptères, groupe des géocores, comprenant des punaises terrestres. (De taille petite ou moyenne, assez grande dans les formes tropicales, les coréidés volent ou courent parmi les plantes, dont ils sucent les sucs; ils sont diurnos et répandus sur tout le globe.) — Ifji corëidé.
GOREIIGIONNAIRE (du préf. Cû. et de relitfionnaire) n. Personno qui professe la même religion qu'une ou plusieurs autres personnes, n Par ext. Qui professe les mêmes opinions, les mêmes doctrines qu'une ou plusieurs autres personnes ; ies coRiiLiGiONNAiKES de Fouricr.
GORELLA, ville d'Espagne ;Navarre [prov. de Navarre]), sur l'Alhama; G.700 hab. Distillerie d'eaude-vie.
GoRELLA (Jacques de), théologien et capucin espagnol, né en 1007, mort eu 1699. Il fut prédicateur de la cour sous Charles II d'Espagne. Ses principaux ouvrages, q^ui eurent un grand succès, sont : Praclica de el confessionare et Summa de la theologia mural (I707j.
GORELLI (.\rcangelo), violoniste italien, né à Fusignano en 1G53, mort à Rome en 1713. Corelli fut l'un des plus grands artistes de son temps. Ses compositions consistent en études, sonates et concertos, qui se distinguent par la grandeur du style et la beauté de l'inspiration. Cet artiste lut inhumé au'Panthéon, où un monument do marbre lui fut élevé auprès de celui de Raphaël.
GORÉLYSIS l=iss — du gr. korâ. pupille, et lusis, action de lier) n. f. Opération ayant pour but de dégager la pupille d'adhérences anormales.
GORÉMA n. m. Genre d'empétracées, renfermant des arbustes rigides très ramifiés qui croissent en Portugal, au bord de l'Océan.
CORÉMÉGINE (jin) n. m. Nom donné parfois à l'atropine.
GORÉMIE ou GOREMIA {ré) n. f. Genre d'insectes coléoptères longicornes, famille des cérambycidés, tribu des cérambvcinés, comprenant des formes allongées, grêles, remarquables par le développement de leurs pattes postérieures, munies de longues houppes de poils. (On en connaît deux ou trois espèces habitant l'Amérique du Sud.)
GORÉMION n. m. Syn. de pénicillion, genre de champignons filamenteux.
GORÉMORPHOSE (du gr. koré, pupille, ot morp/iàsis, formation) n. f. Opération ayant pour objet do pratiquer une pupille artificielle. V. ir'idectomik.
GORENO AUSONIO, comm. d Italie (Campanie [prov. de Casorte;); 2.000 liab.
GORENTIN (saint), né en Bretagne, dans la province de Cornouailles, vers 375, mort vers 4G0. Il reçut les ordres, et, pour se livrer plus librement à la méditalion et à la prière, se retira loin du monde, dans une caverne. Il V vécut, parmi de grandes austérités, dans la compagnie d'un saint ermite nommé Primel. Touché do ses vertus, un soigneur, appelé Grallon, lui concéda un terrain, où il hàtil un monastère. La ville do Quimper-Odots ayant demandé un évêque, Grallon choisit Corentin ot l'envoya à saint Martin de Tours, qui lo sacra. Lo nouveau pontife ne changea rien à l'austérité do sa vie, qui resta celle d'un anachorète. Il extirpa do son diocèse los derniers restes du paganisme ot s'illustra par sa charité. Après sa mort, la ville de Quimper-Odets prit son nom : elle voulut ôtro appelée Quimper-CoRENTiN. — Fête le 12 décembre.
GORENTYN ou CORANTIJN, fleuve côtier de l'Amérique du Sud, séparant laGuyano hollandaise de la Guyane anglaise. Ses sources sont mal connues; après avoir reçu do nombreux affluents et formé des cataractes, le Corontyn se jette à. la mer par un largo ostuairo. Son cours est long de plus de 500 kilom.
GORENZIO (Jîolisario), peintre italien, né vers 1558 en Grèce, mort à Napics vers 1613. Elève du Tintoret à Venise, il alla A Naplos vers 1590, où, do concert avec l'Espagnolut ot G. U. Caracciolo, il accabla do mauvais traitements les artistes étrangers qui vonaiont à Naplos : lo Guide, A. Carracho , lo Josépin, lo Dominiquin. On cito do lui une vasto composition , la Multiplication des pains (Naplos).
CORÉOCARPUS f/nw*) n. m. Genre do composées, tribu des hélianlhoïdéos. iiabitant l'Amérique. (Les coréocarpus sont des herbes annuelles, à fleurs à involucre double, in corolle jauno, habitant la Californie.)
GORÉOMÉLAS (lass) n. m. Gonro d'in.sectes hémiptères hétéroptèros, Coréomélaa (gr. nat.). groupe des géocores, famille dos scutolléridés, comprenant dos scutellèros ouropéonnos de petite taille, d'un noir luisant ou bronzé, ovalos, globuleuses. { I/ospèco type, lo eoreomelas scarabxoides ^ est commune sur los boutons d'or.)
CORÉOMÈTRE (du gr, koré, pupille, ot métron, mesure) n. m. Appareil au moyen duquel on mosuro l'ouvorturo do la pupille.
GORÉOPE n. m. Bot. Syn. do corûop.sis.
GOHÉOPSIDE II. f. Bol. V. CORftoi'813.
COREE — COREE
C0RÉ0PSIDÉE3 n. f. pi. Section do la tribu des héllanthoidées, dans la famille des composées, ayant pour type le genre coréopsis. — Une coréopsidêe.
GORÉOPSIS (miss) n. m. Genre de composées, de la tribu des héUauthoidées, comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans l'Amérique du N'ord et australe, aux îles Sandwich et dans l'Afriquo tropicale. Il On dit aussi coréope, ot co-
R1ÛPE.
— Encycl. Les coréopsis sont fort recherchés, aujourd'hui, dans les parterres et les jardins. On en cultive une douzaine d'espèces, dont une surtout, lo coréopsis élégant {coréopsis tinctoria). a produit d'assez nombreuses variétés. Ces plantes sont très rustiques et se propagent très facilement de graines semées en place ou en pépinière, et n'exigent presque aucun soin. On a des variétés naines et trapues qui forment de charmantes bordures.
CORÉPARELCYSE {rèl-si::' — du gr. korê, pupille, et parelkein, allonger) n. f. Chir. Opération consistant à allonger un des diamètres de la pupille, pour remédier aux opacités du centre de la cornée. Coréopais.
GORÉPHTISIE (sï — du gr. korê, pupille, et pht/nsis^ dépérissement) n. f. Resserrement de la pupille. (Vieux.)
GORESSE {rèss) n. f. Sorte de hangar, dont le toit est muni d'ouvertures et où l'on fait saurer les harengs, ù. Calais et à Dunkerque.
GORESSI, diacre roumain du xvi* siècle, d'une famille do Levantins de l'île de Chios, premier traducteur de livres religieux en roumain. En I56i, il fut chargé, par Jean Benkner, maire de Brachov, qui faisait la propagande luthérienne, de traduire en roumain les quatre Evangiles. Après la mort de Benkner, Coressi traduisit en roumain le Psautier, sur l'ordre do Lucas Kircher, maire do Brachov et continuateur de la propagande protestante parmi les Roumains de la Transylvanie. En même temps, Alexandre II, fils do Chiagna, et'Mihnea 11, son petit-fils, chargèrent Coressi de traduire le Psautier en slavon. Il paraît que le diacre Coressi est le même que lo logothète du même nom.
GORET (rè) n. m. Filet ayant la forme d'un tramail avec poche ou manche centrale, en usage dans le département de la Somme." (On lo tend en travers d'une rivière.) ii Espèce de petite coquille {planorbe)^ très abondante au Sénégal, dans les eaux douces.
GORETAS. Myth. gr. Devin légendaire, le premier, dit-on, qui rendit" des oracles à Delphes.
GORÈTE ou CORETTE n. f. Genre de plantes herbacées, famille des tiliacées tribu des tiliées. ti Nom vulgaire de la kerrie du Japon, arbrisseau de la famille des rosacées.
— Encycl. La coré/e potagère {corchorus olitoritis), dont les fleurs, d'un jaune orangé, s'épanouissent vers la fin du printemps, est appelée quelquefois mèlochie, et, dans les campagnes, mauve des juifs ot guïjitauve potagère ; ollo est originaire de l'Asie tropicale. On la cultive, comme
S lante alimentaire, dans l'Ino, en Syrie et en Egypte.
Le corchorus capsularis est une plante à tigo droite, rameuse, haute de 2 à 3 mètres.
La partie interne de l'écoroe fournit la fibro textile appelée n juto ». On la cultive en abondance dans les terrains marécagou.x du Bengale, ot principalement dans le delta du Brahmapoutre. V. jctk.
GORÈTHRE ou CORETRRA (ré) n. f. Genre d'insectes diptères némocères, famille des culiciformes, comprenant des formes allongées et grêles, ressemblant à des cousins, avec les antennes finement pectinées, comme plumeuses.
— Encycl. On connaît quelques espèces do corèt/ires. dont dix habitent l'Europe. Au contraire des cousins, ces diptères uo piquont pas; ils volent lo soir par troupes nombreuses. Los larves, transparentes, vivent dans l'oau.
CORÉTHROGYNE n. f. Genre de composées, tribu dos astérohlées, comprenant des herbes de Californie.
CORÉTHROSTYLE n. m. Bot. Syn. de i.asioi'ktalk.
CORÉTOMÉDIALYSE (du gr. koré, pupille; tonié, section, et Uuilusis, séparation) n. f. Création d'uuo pupille artilicietto par le décollement et l'excision d'une partie du pourtour do l'iris. Syn. do iRiDKCTOMKniAi.vsK.
CORÉTOMIE {mi — du gr. korê. pupille, cii^mè. incision) n. f. Incision de la pupille.
CORETTE n. f. Bot. V. corètk.
COREUS {ré-uss) n. m. Genre d'insectes hémiptères, de la famille dos coréidés , très commun dans touto l'Europe. V. coRÉiotu^.
GORFE GasTLE, localité d'.Vngloterre (comté do Dorset), dans la presqu'île dite ilf de Purbeck; 1.800 hab. Carnôros. Lo roi Edouard lo Martyr v fut assassiné en 979; Jean sans Torro y fit mourir do" faim vingt-deux gentilshommes poitevins, en 1202; Edouard II y fut emprisonné, on 1387.
GORFE (Joseph), musicien anglais, né A Salisbury on 1740, mort en 1820. Membre de la chapelle du roi d'Anglotorro, il devint ensuite organiste de la cathédrale do Salisbury Outre un certain nombre do compositions rolicioùses, il a publié un traité sur lo chant ot un traité do la basse continue; plus trois recueils do chansons écossaises ot trois recueils do ylces. Enfin, on lui doit : Us /hautes do Hsndel, les Beautés de Purct'lt, ot une mtérossanto collection do musique sacréo do compositeurs célèbres.
Corèthr« (gr. 3 fois).
Corous (gr. nat.).
Monnaie de Corcyre (Corfou).
CORFINIUM — CORINTHE
CORFINIUM, ville de l'Italie ancienne (Samnium), oui fut, pendant la guerre Sociale, la capitale des peuples latins ligués contre Rome. Auj. Scritio.
CoRFIOTE, personne née à Corfou ou qui habite cette île. — Les CoRFiOTES.
— Adjectiv. Qui appartient à Corfou ou à ses habitants : Les ?nœiir$ corfiotes.
Corfou (autref. Corcyre), la plus septentrionale des îles Ioniennes. Réunie au royaume de Grèce en 18<j4.elle forme, avec Paxo et Leucàde, une nomarcliie. Elle a 560 kil. carr. et 87.000 hab. Elle est presque entièrement occupée par une chaîne de montagnes faisant partie du système de l'Albanie et de TKpire, et composée de roches crétacées : le sommet principal est le Pantocrator(911 m.), qui domine, au N., le golfe de Corfou. La perméabilité du sol, le climat doux, mais sec, ne favorisent guère la végétation, représentée surtout par des cultures de blé, d'orangers et citronniers, d'oliviers, et par la vigne. C'est une région d'agriculture à population clairsemée :
la principale et la seule vraie ville, Corfou, a 16.500 hab., et sa prospérité relative est due à son excellente rade, où relâchent lespaquebots autrichiens et grecs. — L'île, d'abord colonie de Corintlio (708 av. J.-C), a successivement appartenu aux tyrans de Syracuse, au roi d'Epire, aux Illyriens, aux Romains (229 av. J.-C). à l'empire d'Orient et*à l'empire grec, aux rois français de Naples (1264), à Venise (1386). Les Turcs essayèrent en vain de la prendre, au xvii' et au xvm* siècle.
CORGEi korf) n. f. Paquet de vingt pièces de toile de coton des Indes, contenant chacune huit mouchoirs ou deux jupes.
GORGÉE n. f. Syn. anc. de escourgée.
GORGÉES ijé) n. f. pi. Archéol. Fouet à plusieurs brins, martinet de la nature de ceux dont se servaient les flagellants dans les processions, au moyen âge et au xvi" siècle. (Les corgées sont composées d'un manche court et de trois lanières nouées ou plombées.)
GORGNOULE {gn mil.) n. f. Espèce de galle qui se produit sur le prunier.
CoRGO, comm. d'Espagne (Galice [prov.
de Lugo]), sur le Mino et son affluent la Neira; 7.000 hab. Moulins.
GORGOLOIN, comm. de la Côte -d'Or, arrond. et ù lO kil. de Beaune, au pied do Cor'^ees la côte d'Or: 831 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Carrières de pierre blanche à bâtir. "Vignobles produisant des vins ordinaires estimés. (Les principaux crus sont : En la Botte, Aux Langres. Grand clos de Langres. Es Chaillots, etc.). Eglise du xiii'' siècle.
CoRifautref. Cora), ville d'Italie (Agro Romano [prov. de Rome]) ; 6.300 hab. Ancienne ville des Vulsques ; restes de murs cyclopéens et ruines importantes de temples.
CoRIA, épithète de Minerve, chez les Arcadiens. Fille de Jupiter et de l'océanide Coryphé, elle avait un temple en Arcadie et passait pour avoir inventé les quadriges.
GORIA, ville d'Espagne (Estrémadure [prov. de Cacérès]), suri'Alagon: 3.120 hab. Siège d'un évêché suffragant de l'archevêché de Santiago. Fabrique de porcelaine, tissus de laine. Ville d'origine romaine. — Pop. du district de Caria : 22.900 hab.
CORIACE (du lat. corinceus; do coriiim, cuir) adj. Dur comme du cuir; qui est difricile à déchirer et à diviser : La viande de vache est dure, coriace et indigeste. (Raspail.)
— Fig. Tenace, entêté; dur, avare : Hien n'est plus coriace qu'un vieux procureur. (Grimod.)
— Cyprin coriace. Ichtyol. Espèce de cyprin à peau nue, épaisse et dure.
— Anton. Flasque, moelleux, fongueux, mou, tendre,
CORIACES n. m. pi. Entom. Tribu de diptères, de la famille des pupipares. chez lesquels toutes les parties du corps sont extrêmement résistantes : Les coriaces vive7it en parasites sur les mammifères et les oiseaux. wSing. Un coriace.
— Zooph. Famille de zoanthaires, dont lo corps prend, par la dessiccation, une consistance coriace.
CORIACE, ÉE (rad. coriace) adj. Qui a la résistance du cuir. (Peu us.) CORIACITÉ n. f. Caractère, nature de ce qui est coriace.
CORIA DEL Rio, comm. d'Espagne (Andalousie (prov. de Sèviilfji, sur le Guadalquivir ; 5.300 hab. Minoteries, briqueteries, tuileries.
GORIAIRE {ri-èr) n. f. Agric. Nom vulgaire de la corroyère, appelée scientifiquement coriaria myrtifolia.
— Tecnn. Nom donné, dans les tanneries, à diverses matières d'origine végétale, employées pour le tannage des cuirs.
CORÏAMBE n. m. Prosod. anc. V. chorïambr.
CORIAMYRTINE n. f. Matière neutre, découverte dans le coriaria ou redoul à feuilles de myrte.
— Encvcl. Pour la préparer, on traite par du sous-acétate de plomb le suc extrait par la presse des bourgeons du redoul, on débarrasse le liquide du plomb en excès par l'hydrogène sulfuré, ot on l'agite avec do l'éther qui s'empare do la coriamyrtine . Cristallisée en prismes rhomboïdaux obliques, elle fond vers 220". C'est un poison des plus violents.
CORIANDRE n. f. Genre d'ombellifères et type de la tribu des carvis, renfermant une dizaine d'espèces qui vivent sur les bords du bassin méditerranéen, de l'Orient et de l'Amérique du Nord : La coriandrk levée demande des sarclages assez nombreux, li Nom do la graine ou fruit do cette plante : La bonne coriandre est de couleur rousse.
— Essence de coriandre, Huile essentielle qu'on extrait par distillation des semences de coriandre avec do l'eau à 150". Elle est jaune pâle, aromatique; son odeur rappelle celle do la fleur d'oranger.
— Encycl. La coriandre {coriandrum sativum) est une
filante annuelle, à fleurs blanc rosé, groupées on ombeles terminales. Elle croît dans l'Europe centrale et méri-
Coriandre : a, fleur; b, fruit.
dionale, et on la cultive dans plusieurs localités. Ses fruits verts ont une odeur caractéristique de punaise. Secs, Us répandent au contraire un parfum aromatique et agréable. Ils sont fréquemment employés, dans les contrées méridionales, comme condiment. En médecine, ils sont réputés carminatits et stomachiques, et entrent dans la préparation de l'eau de mélisse composée. On s'en sert aussi pour masquer la saveur désagréable de certains médicaments. Enfin, les confiseurs préparent avec la coriandre de petites dragées semblables à l'anis sucré.
CORIANDRÉES n. f. pi.
Tribu do la famille des ombellifères, ayant pour type le ri;enre coriandi'e. — Une co-
KIANDRÉE.
CORIANO, comm. d'Italie (Emilie [prov. do Forli]), su. \r Conca ; G.OOO hab.
::0RIARIA n. m. Bot. Nom scientifique du genre redoul.
CORIARIÉES n. f. pi. Série de plantes dicotylédones, composée du seul genre coriaria ou redoul. — Une co-
RIARIÊE.
CORIARINE n. f. Alcalo'ide trouvé dans la coriaire.
CORIDINE n. f. Homologue de la pyridine trouvée dans les produits de distillation des goudrons do houille.
GORIE (ri) n. f. Partie coriace de l'hémélytre dos insectes hémiptères hétéroptèros : Dans les espèces qui portent un écusson très grand, comme les scutellères, la corie est limitée au bord antérieur des héméhjtres demeuré lihrp.
— Encycl. On remarque souvent sur la corie des nervures longitudinales, ainsi qu'un diverticulum émanant de la base interne et séparé du reste de l'hémélytre par un sillon oblique partant de l'angle humerai et se dirigeant vers le point basilaire interne de la membrane. Chez les pentatoniides, la corie présente quelques nervures saillantes moins nombreuses que celles du reste de l'élytre.
CORIGLIANO Calabro(lat. Coriolanum), ville d'Ilalie (Calahrci [prov. do Cosenzaj), sur le fleuve côtier Coriyltano ; 12.400 hab. Beau château féodal, cinq églises et six couvents. Vin estimé. Près de cette ville se trouvait l'ancienne Sybaris, dont il ne reste plus de vestiges.
CoRiGLiANO d'Otranto, comm. d'Italie (Apuhe, Pouille [prov. de Lecce]); 3.100 hab.
CORIINE n. f. Corps azoté C'<'H''*Az'"0'S que l'on obtient en traitant la peau fraîche par l'eau de chaux ou le chlorure de sodium en solution aqueuse.
CORINALDO, comm. d'Italie (Marches [prov. d'Ancône]), sur le fleuve côtier Cesano ; 5.800 hab.
GORINDE n. f. Bot. Nom français des cardiospi*rmes.
— Tech. Collier de corinde. Bijou confectionné avec les graines d'une plante de la famille des sapindées.
CORINDON (du tamoul kurundam, même sens) n. m. Miner. Pierre fine très dure, la plus estimée do toutes après le diamant, et dans laquelle les minéralogistes ont reconnu de l'alumine pure.
— Bot. Graine, fruit du cardiosperme des Indes, connu dans le commerce sous lo nom de bois de merveille. Il On écrit aussi
CORINDUM.
— Encycl. Miner. Le caractère le plus distinctif du corindon, c'est son extrême dureté : c'est, après le diamant, le plus dur des minéraux. Le corindon , dont la formule est APO*, le poids spécifique de 3,93 à 4,0S, et la dureté 9, est généralement transparent ou translucide, avec un éclat vitreux. Ses formes cristallines appartiennent toutes au système rliomboédrique. Haiiy donnait aux différentes variétés de corindon le nom générique do « télésie », et les minéralogistes allemands leur ont conservé la dénomination de c saphir ". On les connaît dans la joaillerie sous le nom de gernmes orientales. Parmi les variétés de couleurs sous lesquelles se présente le corindon hyalin, les plus remarquables sont : le corindon rose ou ruliis oriental; jaune, ou topaze orientale; bleu, ou saphir oriental ; violet, ou améthyste orientale ; vert, ou émeraudo orientale ; enfin limpide, incolore ou saphir blanc. Les variétés de couleurs du corindon adamantin sont moins nombreuses que celles du corindonhyalin. Il y en a de verdâtres, de rouges, de roses, etc. Enfin, on appelle corindon ferrifèro ou émeri un corindon à structure finement grenue, mélangé d'une proportion assez considérable de sesquioxyde de fer, et dont les couleurs varient entre le bnm,]e rouge et le bleuâtre. Le corindon se rencontre dans le granit, les chloritoschistes, le basalte, las dolomies, les sables diamantifères, etc.; il existe à l'état de dissémination au milieu des couches, où il est solidement enchâssé; on profite, pour l'extraire, do la désagrégation que les agents atmosphériques font naturellement éprouver à la gangue, et ou récolte les précieux cristaux au milieu dessables d'alluvion. A Carnatic et au Malabar, on trouve du corindon adamantin ; à Coylan et au Pégu, se trouvent des corindons hyalins ; on en trouve enfin, en France, à Espaly (Hante-Loire). Lo corindon existe à Mozzo , en Piém'ont, à Minsk, dans les monts Ourals, à Gellovoro, dans la Laponie suédoise, au Saint-Gothard, à Brunnen dans lo haut Valais, et sur quelques points des Etats-Unis. Lo corindon i)résente cette particularité de renfermer do nombreuses inclusions gazeuses ot liquides. Certaines variétés ont permis d'observer la présence de l'acide carbonique liquéfié.
GORINDONIQUE adj . Qui a rapport au corindon : Roches
( ORINDONIQUES.
CORINGA, villo de l'Inde anglaise (présidence de Madras), à l'embouchure du fleuve côtier Godavéry; 5.000 hab. C'est le meilleur port de la côte de Coromandel. Construction de vaisseaux ; riz, papier, poivre et bois. Prise par les Anglais en 1759. En 1787, un débordement de l'océan, causé par un ouragan, détruisit une partie de la ville.
CORINNE n. f. Genre d'algues, ne renfermant qu'une espèce qui vit en Danemark.
Corinne, poétesse grecque (fin du vi' s. av. J.-C). Elle était née à Tanagre, ou l'on visita longtemps son tombeau. Suivant la tradition, elle reçut avec Pindaro les leçons de Myrtis. Un peu plus âgée que Pindare, elle lui donna des conseils, puis lui disputa souvent les i^rix de poésie, et l'emporta sur lui dans plusieurs concours. Elle avait composé, en dialecte éolien, de grandes odes et divers poèmes. Il en reste quelques fragments, réunis dans les Poetx lijrici grêeci de Bergk. — Ce nom de Corinne a été porté aussi par une poétesse de Thespies. — Ovide a aimé et chanté une femme de son temps qui s'appelait ou qu'il appelait Corinne.
Corinne ou l'Italie (1807), roman do M"" de Staël, autrefois très lu et très admiré, mais dont les beautés paraissent aujourd'hui surannées. Corinne, fille d'un père anglais et d'une mère italienne, âme ardente et nère, génie inspiré, poétesse couronnée au Capitole, mène à Rome une existence enivrée de gloire et d'indépendance. Mais ce bonheur idéal va s'écrouler: elle aime Nelvil, jeune lord mélar.colique, qui est venu bercer son ennui dans la Ville éternelle, et qui, après avoir été initié par Corinne aux divines jouissances de l'art et de la poésie, se laisse reprendre par la vie sérieuse et pratique des Anglais : Corinne, abandonnée, en mourra. En efl'et, " la gloire pour une femme ne saurait être qu'un deuil éclatant du bonlicur ". Ce roman sentimental, où M"" de Staël a mis beaucoup do son rêve et de sa souff'rance est aussi une œuvre de vulgarisation artistique, qui, dans son temps, a beaucoup contribué à faire connaître et aimer l'Italie.
Corinne au cap Misène, tableau de Gérard, aumusée de Lyon. Ce tableau a été inspiré par le livre de M"" de Staël. C'est la peinture de la scène où Corinne, dans une fête donnée à ses amis sur le cap Misène, improvisa les vers destinés à faire connaître à lord Nelvil les souffrances de son cœur. Ce tableau a appartenu à M"' Réca-
Cori 11(1 1)11,
Corinne au cap Misène, d'après Gérard.
mier. — Gérard a exécuté plusieurs répétitions de son taljlcau avec quelques variantes.
CORINNUS, poète mythique, contemporain de la guerre de Troie, et qui, suivant (juelques vagues traditions rapportées par Suidas, aurait composé une Iliade, dont lo poème d Homère n'aurait été que la copie. Son existence même est révoquée en doute.
GORINTH, petite ville des Etats-Unis (Etat de Mississipi); 3-SOO hab. En 1862, les confédérés et les fédéraux se disputèrent vivement la possession de cette ville.
GORINTHE, ville de Grèce, sur l'isthme du même nom, au l'ond de la haie de Corinthe, près du golfe de Lépante ; 4.125 hab. Exportation de raisins secs, d'huile, de céréales, de soie. Ch.-l. de l'arrond. de Corinthe, do la province d'Argolide-et-Corinthie. Siège d'un archevêché orthodoxe.
Ses deux anciens ports de Lechœon (sur le golfe de Corinthe) et do Cinkri (sur lo golfe Saronique) sont envasés. Le passé de Corinthe contraste avec cette tristesse du jirésent, sans avoir, du reste, absolument réalisé lo rôle auquel la ville paraissait vouée par sa situation entre la mer Ionienne ot la mer Egée. A ses débuts, affranchie d'Argos par l'invasion dorienne (vers 1100 av. J.-C), elle devint lo centre de la domination héraklide sur le Péloponèse. Alors, elle soutint des guerres heureuses contre ses voisines, y compris Athènes. Un peu plus tard, sous la tyrannie desBacchiades, du milieu du vin" siècle au milieu du vil" siècle av. J.-C, elle affirma encore sa vitalité par de nombreuses fondations de colonies (Corcyre, Syracuse, Potidée). Mais, vers 657, une révolution enveloppée de légendes substitua au régime existant un gouvernemont fondé sur l'élection populaire. Dès lors, Corinthe n'intervint plus dans la vie grecque que par les jeux Isthmiques et par lo droit de transit qu'elle percevait sur les marchandises passant au pied de sa citadelle. Dans les guerres médiques, son nom apparut à. peine. Après avoir, par son despotisme vis-â-vis de Potidée, déchaîné la guerre du Pôloponèse, elle en céda la direction à Sparte, qu'elle abandonna, plus tard, à l'instigation do Thèbos.
Monnaie de Ooiinlhe.
Vassale soumiso do Pliilippo, puis coutro fédoral, mais non inspiratrice do la ligue Achôoime, ollo n'eut jamais une politii|UO extôriouro porsonnoUo. Mais ollo racliota cotte médiocrité, qu'oxpliquo la violonco do ses dissensions intestines entre riches et pauvres, par l'essor do son commorce, qui survécut ù la conquôto romaine (116 av. J.-C), par son luxo et l'oclat do sos arts, KUe r'-'vondiquait l'invention do la sculpture, la création d'un ordre d'architecture, et comptait dos monumouts admirés, dont huit sièges ot pillages successifs, depuis M u m mius jusqu'à la création du royaume de Grùco , n'ont laissé que dos vestiges. Les murs dô VAo'o - Corinthe , l'Acropole do
l'époque pélasgiquc (pendant laquelle Corinthe s appelait Kpliyro), subsistent encore, entourant des débris d'une bc-Uè valeur d'art, mais incomplètement exhumés. Lacolontitide du temple d'Uélios, qui so rattachait, sans doute, à la l'amillo des temples gréco-siciliens, offre lo même intérêt.
— BiBLiotîK. : Le Bas et Foucart, Inscriptions du Pcloponèse ; Beulo, l'Art grec avant Périclès ; Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans l'antiquité {Paris, 1SS6-1SS9).
— Prov. litt. : Tout le monde ne peut aller à Corinthe. Vénus avait des autels dans la ville voluptueuse, dont les courtisanes étaient célèbres dans toute la Grèce. Mais les plaisirs qu'on y trouvait étaient coûteux, et beaucoup devaient y renoncer par insuffisance de fortune. Aussi disaiton : Jout le monde ne peut allei à Corinthe. Ce proverbe a pris, avec le temps, un sens beaucoup plus général et se cite toutes les fois qu'il s'agit d'une chose quelconque à laquelle on doit renoncer faute d'argent, do force, d'aptitudes, etc. Cette allusion se fait souvent sous la forme latine : Non licet omnibus adiré Corinthum. Horace a dit :
Aon cuivis homini contingit adirc Corinthum.
Corinttie (siègk et prise de\ Corinthe, qui commandait l'entrée du Pôloponèse, a été souvent assiégée dans l'antiquité. Les deux sièges les plus célèbres sont :
10 Celui de 244 av. J.-C. Antigène Doson, roi de Macédoine, s'était emparé de l'isthme et de la citadelle de Corinthe. Aratos, qui commandait alors la ligue Achéenne, conçut le projet de les lui arracher. Il noua des intelligences dans la place, et, par une nuit sombre, avec 400 hommes résolus, il réussit à s'emparer de la citadelle, que défendit bravement Archelaos, lieutenant d'Antigoue Doson. Les troupes d'Archelaos prirent la fuite. Au leverdu soleil, Aratos était maître de la citadelle; les habitants do Corinthe l'aidèrent eux-mêmes à s'emparer de la ville ;
2" Le siège de l'année 146 av. J.-C. La ligue Achéenne venait de déclarer la guerre à Lacédémone, et, par contrecoup, aux Romains. Métellus avait battu les Achéens en plusieurs rencontres et s'avançait sur Corinthe. où Diaeos, leur chef, s'était enfermé. C'est dans ces circonstances que Mummius arriva en Grèce pour succéder à Métellus. Il alla aussitôt mettre le siège devant Corinthe. Les Achéens ayant eu l'avauta^^e dans une escarmouche, Diœos offrit la bataille au consul. Mummius feignit la peur et resta immobile dans son camp. L'audace des Achéens devint alors une sorte de délire; après avoir placé leurs femmes et leurs enfants sur les hauteurs voisines, afin de les rendre témoins de leur triomphe, ils marchèrent fièrement sur Mummius. Le choc eut lieu près de Loucopétra. La cavalerie achéenne, prise on flanc par la cavalerie romaine, plia aussitôt et fut dispersée. L'infanterie opposa une plus longue résistance ; mais elle fut à son tour rompue. Dueos s'enfuit à Mégalopolis, et s'empoisonna.
Dans la nuit qui suivit la bataille, la plupart des habitants de Corinthe sortiront de leur cité ot se dispersèrent dans les autres villes de la Grèce; lorsque le consul entra dans Corinthe, à la této do son armée triomphante, il no trouva que dos rues désertes et des maisons vides. La ville l'ut alors livrée au pillage. Corinthe tomba la mémo année que Carthage(li6 av. J.-C).
Corinthe (isthme de), langue île terre déprimée qui rattachait la Moréo à la Grèce continentale (golfes d'Egine et do Lépante). Entre les doux anciens ports de Léchée ot do Cenolirées, la largeur est souloniont do 5 kilomètres; l'isthme, qui fut utilisé par les empereurs byzantins ot grecs conituo ligne do défense (on voit encore les débris du mur qui lo barrait), est aujourd'hui coupé par un canal. Corinthe (canal de). Pour éviter aux navires allant de Franco et d'Italie en Grèce un long et dangereux parcours sur los côtes du Pôlopouôso, on a percé, outre 1882 ot 1893, l'isthme do Corinthe. Lo canal de Corinthe avait été étudié et mémo commencé sous Néron ; les construc-