COURIR
Courge.
Courgo (XV» ».).
P.-L. Courier.
laissant à la partie conservée une grande quantité d'yeux, lesquels, pendant l'été, se développent, au moins un certain numbre d'entre eux, on autant do rameaux fructifères.
COURGÉE {je) n. f. Quantité d'eau quo l'on porte on uno fois, ù l'aido do ta cuurgo : Une codruée d'eau.
Courier de MÉRÉ (Paul-Louis), helléniste et pamphlotairo français, né à Paris on 1772, mort près do Véretz on 1825. Fils naturel d'un bourgeois lettré et d'une grando dame, il fut élevé par son père â Véretz. A (luinzo ans, il se rendit à Paris, où il eut pour maîtres Callot et Labbey, mathématiciens distingués, de Vauvilliors, professeur de grec au Collège de France. Entré à l'Ecole d'artillerie doCbàlons en 1791, Courier fut nommé lioutonant d'artillerie, et envoyé en garnison à Thionville (1793), puis à Toulouse (i796).
En 1798, il était à Rome, où il faillit être massacré par la populace. Il dut revenir en France, et arriva malade à Paris. Après avoir été en garnison successivement â ^Strasbourg et à Douai, il repartit pour l'Italie; en Calaore, il courut à plusieurs reprises les plus grands dangers. Après de vifs démêlés avec le général Dedon, auquel il écrivit une lettre, répandue à vingt exemplaires, et dans laquelle il le traitait de " lâche », il reçut l'ordre de rejoindre son régiment à Vérone. Il y arriva en retard de six mois. Il donna sa démission en 1809, puis sollicita sa réintégration dans l'armée. 11 fut employé dans l'île de Lobau aux batteries chargées de protéger le passage du Danube. Après quarante-huit heures de travail et de danger, il tomba d'épuisement et on le transporta à Vienne. Il quitte Vienne incognito, puis il visite successivement Strasbourg, Zurich, Lucerne, Milan. A Florence, à la bibiothèque de San-Lorenzo, il découvrit dix pages ignorées de Daphnis et Chloé dans un manuscrit de Longus. En les copiant, il couvrit d'encre une vingtaine de mots du précieux texte, à la grande colère du bibliothécaire Furia. Courier faillit être arrêté. Dans sa Lettre à M. Renouard, il accabla ses adversaires sous ses sarcasmes. En 1811, il visita successivement Naples, Rome,Albano,Frascati,etretournaàParisenï812.En 1813, il s'établit à Saint-Prix, dans la vallée de Montmorency, pour travailler à une nouvelle édition do Daphnis et Chloé. Il épousa M"" Clavier, fille de l'helléniste.
Sous la Restauration, il vécut dans sou domaine do la Chavonnière, à Véretz. Par antipathie pour les idées du nouveau régime, beaucoup aussi pour obéir à son humour, Courier devait être de l'opposition. En 1816. après s'être tenu à l'écart pendant la première Restauration, il adressa aux chambres, pour les habitants de Luynes, la fameuse Pétition aux deux chambres. En 1820, Clavier venait de mourir ; Courier se présenta pour succéder à son beau-père comme membre de l'Institut ; il échoua. Il se consola de cet échec par la Lettre à messieurs de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il adressa vers le même temps une série de lettres au journal « le Censeur « pour développer sa pensée politique. Le Simple discours, qui fut publié en 1821, à l'occasion du projet de donner Chambord au duc de Bordeaux, rendit le nom do Courier tout à fait populaire. L'auteur fut condamné à deux mois de prison et 200 francs d'amende. La brochure dans laquelle il rendit compte de son procès est un nouveau pamphlet aussi mordant que le précédent. La Pétition pour des villageois qu'on empêche de danser lui valut un nouveau procès. Lo dernier écrit politique de Courier, son chef-d'œuvre, fut le Pamphlet des pamphlets. Un dimanche, avant lo coucher du soleil, il tomba frappé d'un coup do fusil dans son bois do Larçay. Sa veuve accusa le garde-chasse Frémont, qui fut acquitté faute de preuves, mais dont la culpabilité fut reconnue plus tard.
« Soldat par devoir, paysan par goût, écrivain par passetemps » , tel se définissait Courier lui-môme. On peut encore ajouter qu'il fut grincheux par tempérament et insociable do parti pris. Il détestait son métier do soldat et, cependant, lo courage no lui manqua pas ; il eut mauvaise tôte, mais nullement mauvais cœur. Mais son talent était hors do pair : il sut être original en imitant. Il se créa un stylo ù. lui de la langue du xvii* et do collo du xvi" siècle. Mais il était surtout un excellent helléniste, ot il a toutes les qualités qui constituent l'atlicismo. Sa Correspondance, publiée en 1829, ainsi quo ses Pamphlets, sont des chefsd'œuvro de stylo. Sa devise était : « Peu de matière ot beaucoup d'art! o Mais son art, si raffiné, montre parfois ses efforts dans la rochorcho dos expressions archaïques. Quelles quo soient la pureté du trait ot la simplicité des couleurs chez Courier, son stylo est trop souvent uno combinaison savante qui n'obéit pas assez à l'émotion spontanée de l'auteur. Sa manière d'écrire change avec ses correspondants, dont le caractère môme influe sursadiclion et se réfléchit dans son stylo.
Il a rangé par ordre chronologique cent lettres, do I80-i à 1812, soit qu'il les ait redemandées, ot polios après coup, soit qu'il les ait refaites. Ces retouches sont un cachot uo plus ot un signe de son caractère.
COURIL (riV) n. m. Nom donné, on Bretagne, à do petits démons, qu'on rencontrait, afiirmait-on, au clair do lune, sautant autour dos pierros dos monuments mégalithiques.
COURILTAÏ n. m. Assemblée plénièro élective dos princes mongols et turcs, qui se réunissait en un lieu indéterminé, souvent au bord d'un lac ou d'une rivière, ot dans laquelle on élisait lo khalcan suprômo ot les différents khans.
COURIMARI n. m. Grand orbro pou connu, qui croit ù la
(iri\ aiic.
COURINGIE {Ji) n. f. Genre do chou {brassica Orientalis.)
COURIR (du lat. eurrere, mflmo sons. — Je cours, iu cours, il court, nous courons, vous courez, ils courent. Je courais, nous courions. Je courus, noua courûmes. Je courrai, nous courrons. Je courrais, noua courrions. Coura, courons, courez. Que je coure, que nous courions. Que je courusse, quo nous courussions. Courant. Couru, ue) v. n. Aller vito, ot do façon quo, los pieds retombant altoruativomcnt, ou
cosse do toucher torro à chaque nouvel élan : Z« lévrier, le lièvre courent rapidement, ii Etre emporté rapidement : Courir dans une voiture emportée par quatre chevaux. Il Faire assaut de vitesse ; disputer lo prix de la course : Ceux qui couraient dans les jeiuc Olympiques étaient souvent chargés d'arynes pesantes, ii Par oxagôr., Presser lô pas, aller plus vite quo d'habitude : Ily a des gens qui ne marchent pas, qui courent. Il Faire une chose avec précipitation ;'so hâter beaucoup : Lisez lentement, ne courez pas. Il Se porter avec empressement ; affluer : La grande douleur qui court au cloître est déjà consolée. (L.Veuillot.)
— Aller do çà et de là, faire des courses; errer sans but : Les gens inquiets courent de tous côtés, et cependant neviennent d'aucun endroit, et ne vont nulle part. (La Bruy.)
Il Voyager : Explorateur qui a couru par toute la terre.
— Fain. Mener uno vie dissolue.
— Par anal. En parlant des choses. Marcher, so déplacer très vite : Fleuve qui court vers la iner. Le vent court à travers le feuillage, il S'étendre, se prolonger dans uno certaine direction lo long de quelque chose : Chaîne de montagnes qui court du A. au S.
— Se glisser progressivement : Frissons d'épouvante qui courent dans les veines, n Circuler, se communiquer, se propager : Le contraire des bruits gui covTtET:iT sur les pei'sonnes et sur les affaires est souveiit la vérité. (La Bruy.)
Il Etre en vogue : /l faut bien suivre la mode gui court.
— Passer, en parlant du temps : Le temps court sans qu'on y peiise. n Avoir son cours actuel, être en compte : Intérêts qui courent depuis un mois, w Continuer, aller son train : Entretien qui court sans bruit.
— Comm. Courir sur la place. Etre déconsidéré, en parlant des effets, il Courir franc. Ne rien payer pour le salaire d'une négociation.
— Escrim. Avancer rapidement sur son adversaire : liompre avec habileté, courir à propos et avec prudence : ce sont deux grands points.
— Mar. Marcher, faire routo : Courir au nord. Courir largue. Courir au plus près, il Coumr sur son erre. Avancer sous l'impulsion de la vitesse acquise, n Courir sur des dangers. Se diriger dessus, ii La côte court au S., Elle s'infléchit vers le S. 11 Faire courir les garants d'un palan, Les faire glisser sur les réas. n Le câble court au cabestan, Quand il ne prend pas et file, ii Nœud qui court. Nœud mal fait. Il Manœuvrer à courir, Tirer sur les manœuvres au pas gymnastique.
— Techn. Ce fil court, Il fournit beaucoup d'ouvrago,
— Turf. Prendre part à une course, en parlant d un cheval, d'un jockey, d'une écurie : Tous les chevaux engagés îie COURENT pas.
— Impers. Circuler, se propager : Il a couru cette année de mauvaises fièvres. Il court de vilains bruits sur...
— Loc. div. Courir à. Se porter rapidement vers; être entraîné vers, menacé prochainement de ; tendre rapidement vers : Courir A sa perte. CouRiR au secours de quelqu'un. Il Etre en passe de parvenir à : Courir au cardinalat. Il Courir aux armes. Prendre les armes en toute hàle et, fig.. Recourir avec promptitude aux moyens violents. Il Courir au plus press-. Faire d'abord et en hâte ce qui paraît le plus urgent, ii Coui-ir après. S'efforcer d'atteindre en hâtant le pas : Courir après l'omnibus. — Fig. Rechercher avec empressement; aspirer ardemment à : Courir après la fortune, la gloire, les plaisirs. — Courir après son argent. Tâcher de regagner au jeu co qu'on y a perdu ; poursuivre la rentrée d'une somme que l'on a gagnée ou que l'on a prêtée, il Ironiq. Coures après. Se dit pour faire entendre à quelqu'un quo tous ses efforts seraient inutiles pour obtenir ce qu'il poursuit. U Courir sus à. Se porter contre, tâcher de saisir, de frapper, de détruire, otc. : Courir sus à un voleur. — Fig. : Courir sus aux abus, il Courir sur le marché de quelqu'un. Enchérir sur ses offres. — Fig. Faire des démarches pour obtenir ce qu'un autre sollicite, n Courir sur les pas, sur les brisées de quelqu'un. Se mettre en concurrence avec lui , lui disputer quelque avantage, ii Courir sur l'ouvrage. Travailler vite et sans soin, ii Courir à l'hôpital, So ruiner rapidement. Il Courir comme un Basque, Courir beaucoup ou très vite, il Courir à bride abattue. Courir très fort. {V. abattu.) h Faire courir. Forcer ou exciter à courir ; chasser de quelque endroit : Faites courir les chiens, la marmaille. — Engager dans les courses, pour en disputer le prix : Faire courir «es chevaux à Auteuit.
— Attirer, entraîner vers soi en piquant la curiosité : Acteur qui kait courir tout Paris. — l'aire aller pour rien, attraper, tromper : Un fils, riche, lancé, ayant des chevaux qui courent,... et des maîtresses qui /e font courir. (L. Laya.)
— Répandre, propager, mettre on circulation : Faire codrir de fâcheuses nouvelles, ii Eji courant, A la hâte, sans soin. Il Par ou Dans te temps qui court. Dans les circonstances aotuollos, d'après ce qui se passe, il Abonder, eu parlant do petits animaux, do vermine, etc. : Maison daris laquelle les souris courent, ii Courir encore. Expression hyperbolique consacré© pour exprimer l'empressemont que l'on mot à fuir quelque chose de désagréable :
Cela dit, niattre loup a'oufuit, et court encor.
La Koutainb.
— n. m. Action do courir : Nier, écrire et douter, sont à l'homme ce que le courir est au cheval. (Pasc.)
— v. a. Poursuivre, chercher à saisir à la course. Malgré un exemple do Cornoillo [Les petits enfants me courent dans la rue), no se dit que dos animaux que l'on poursuit â la chasse : Courir un cerf, un lièvre, un chevreuil, u Parcourir, errer dans : Courir le monde, n Fréquenter habituollomout : Courir les bals, les spectacles, les fêtes, il Etre dans, on parlant du temps : Je cours aujourd'hui ma soixante et dtx-huilième année. (Volt.)
— Fig. Rochorcher avec ardeur, so porter avec omprossoment vers : Courir une place. Courir tes femmes.
Il S'exposer, ôtro exposé à : Courir des risques. Courir la
chance. , ..,,-,
— Joux. Courir la bague, la qutntame, te faqutn, les têtes, les taureaux. V. daouk, quintaink, faquin, tAtk, taureau. Il Courir la poule, Remplacer lo perdant, lorsque los joueurs sont trop nombreux pour jouer tous ensemble. ^ ^^ rt ■ *
— Mar. Courir une couture, La calfater, il Counr des ' bordées , I-.ouvovor. Il Fam. Courir une bordée. No pas rentrer i\ bord à l'houro proscrite, il Courir la mer, Voyager ot aussi pirater.
— Loc. div. : Courir une poste, des postes, Los parcourir A cheval : Courir vingt postes sans débotter. \\ Courir la poste. Voyager par la posto, avec dos chevaux do poste ; ot fig., So h&tor beaucoup, agir ou parler avec précipita-