‹ Nouveau Larousse illustréChapitre 426 sur 870 · CREAGH - CRÉATION · texte numérisé non relu

CREAGH - CRÉATION

dans des sens divers et a été dévoluppô dans des directions contradictoires. Kant fait de l'idée d'un commencement premier du monde le tormo d'une do ses antinomies. Lo panthéisme allemand est défavorable à l'idée de création. Celle-ci ost au contraire défendue, mais à l'aide d'arguments différents, d'une part par l'écolo spiritualisto française, d'autre part parle néo-crilicisme qui se rattache au nom de Renouvier.

Création continuée. D'après la théorie do Descartes, la vie des créatures est faite d'instants successifs, et « une substance, pour être conservée dans les moments qu'elle dure, a besoin du mémo pouvoir et do la même action qui seraient nécessaires pour la produire et la créer tout de nouveau d. a La conservation et la création, dit encore Descartes, ne diffèrent qu'au regard do notre façon de penser, et non point en effet, n

— Théol. Le dogme de la création, dans la doctrine catholique, s'énonce ainsi : Dieu, sans le secours d'aucune matière préexistante, a produit l'univers par un acte libre de sa seule volonté. Dans l'acte créateur, les théologiens distinguent trois aspects ; 1° Dieu a fait la matière de toutes choses : c'est ce qu'on nomme la création première et immédiate; 2" Dieu a organisé la matière et formé tous les êtres : c'est la création seconde et immédiate ; 3" Dieu conserve le monde en lui donnant à chaiiue instant l'existence : c'est la création continuée. Quel est le motif de la création? L'Ecriture répond : « Dieu a tout créé pour sa gloire. » En effet, aucun motif du dehors n'ayant pu déterminer Dieu à créer le monde, il no peut s'y être résolu que par lui-même ; il est donc le but de la création, comme il est la fin de toute créature. Mais, étant infiniment bon, Dieu met sa gloire à faire le bonheur des êtres qui sont son œuvre ; le but secondaire ot indirect de la création est donc la félicité des êtres créés. Celte félicité est proportionnée aux facultés et aux besoins de chacun; grossière et passagère pour l'animal, elle s'élève jusqu'à la béatitude éternelle pour l'homme régénéré par la grâce divine.

Voici les deux principales difficultés qui ont été opposées à la doctrine de la création, avec les solutions qui en sont données : 1» Si Dieu n'avait pas créé le inonde, il ne serait pas cause première : doJtc il lui manquerait quelque chose; et, par conséquent, la création étant nécessaire, elle ne peut être un acte libre, comme ses partisans le prétendent. Ses partisans répondent que Dieu étant parfait en lui-même, rien d'extérieur ne peut ni l'amoindrir, ni l'accroître. La gloire qu'il tire de la création est une gloire accidentelle qui n'enrichit en rien son essence, et dont il pourrait, par conséâuent, se passer ; 2" Dieu étant immuable, ne peut ni sortir e son repos, ni y rentrer; il faut, ou que Dieu ne crée pas, ou qu'il crée toujours : la création est donc éternelle. Les docteurs chrétiens répondent que l'acte créateur doit être considéré dans son principe et dans ses effets. Dans son principe, il est éternel, car en Dieu rien ne peut ni commencer ni finir; dans ses effets, c'est-à-dire dans les êtres qui composent le monde, il est soumis aux conditions de durée et de succession qui régissent le fini et lo contingent, comme la naissance quotidienne d'êtres nouveaux le montre avec évidence. En d'autres termes. Dieu crée dans l'éterniié, et le monde naît dans lo temps.

Création (représentations diverses de la). La Création du monde a été peinte à fresque par Cimabue dans l'église supérieure de Saint-François, à Assise ; par Buffalmaco, au Campo-Santo do Pise; parle Pordenone, dans l'église Santa-Maria-di-Campagna, à Plaisance ; par Pierre de Cornélius, dans l'église Saint-Louis, à Munich. Entre autres œuvres d'art, nous citerons encore : les mosaïques de la chapelle royale de Palermo, do réglise de Montréal (Sicile); un tableau de Paul Vérouèse, au muséedesOtfices ; un bas-relief de la cathédrale de Rouen ; un vitrail du xvi« siècle, à la cathédrale de Chàlons-sur-Marne. Deux bas-reliefs de Lorenzo Ghiborti, au baptistère do Florence, ont pour sujets la Cj'éation de l'homme et la Création de la femme, Michel- Ange a consacré ù la création cinq des neuf fresques dont il a orné le plafond do la chapelle Sixtine : Dieu séparant la lumière des ténèbres; Dieu créant le soleil

et la lune ot Dieu ensemençant ta terre; te Créateur contemplant son auvre; la Création de l'homme. Aux Loges du Vatican, Huphaol a retracé la création dans cinq fresques, dont voici lénumérntiun : Dieu débrouillant le chaos, la Création de la terre, la Création du Sfdeil et da la lune, la Création des animauj-, h Création d'Eve, ou, pour mieux dire. Dieu présentant Eve à Adam. La création d Evo a encore été pointe par Uaidiat^l sur le revers d'uno bannière d'église â Citta-di-Casiello. C'est un do ses proinicrs ouvrages. Los mémos scènes sont retracées par Jérùmo Bosch (Madrid). Iji création d'Adam a été roprésontéo par Jacopo Chimonti da Empoll. dans un tableau du musée des Offices, etc. La création d'Kvo a excité lu vorvo do beaucoup d'artistes. Outre los chefs-d'œuvre do Michel- Ange ot do Raphaël, citons : un tableau de Jules Romain (Saint-Pétersbourg): lo volet d'un triptyque do Jérômo Hos.'h (Bcrliu) ; un tableau do F. Franckôn lo Vieux ot do l>r (luhol do Velours (Dresdo); un tabloau do Soyders , Vu-nue); Ole.

Création (la), oratorio, paroles do Von Swiolon, mu- ^ique do Joseph Haydn, oxérulé A Vienne on nt'S. Du vivant do llaîndol, lo poùto MiUou avait lait pour lui uu

CRÉATIOxMSME — CRECY

oratorio que celui-ci, pourtant, ne mit pas en musique. Un autre écrivain anglais. Lydley, tira du teste de Milton le livret d'un autre oratorio, et, lorsque Haydn se rendit À Londres, le chef d'orchestre Salomon lui'communiqua ce livret, que le compositeur emporta avec lui à Vienne. Là, le baron Van Swieten, bibliothécaire de l'empereur, traduisit le teste anglais, en y ajoutant plusieurs épisodes. Haydn, déjà âgé de cinquante-trois ans, travailla deux années entières," de 1795 à 1797, à la partition de îa Création, qui constitue l'un de ses plus beaux chefs-d'œuvre. Cette partition fut exécutée le 29 avril 1798, dans les salles du palais de Schwarzemberg, sous la direction de l'auteur : plusieurs exécutions publiques eurent lieu, ensuite, au Théâtre national de la cour. Chœurs et orchestre formaient un ensemble de ISÛ exécutants. Cette musique devint célèbre dans l'Europe entière. L'Opéra do Paris lit exécuter la Création le 24 décembre isoo. Les paroles avaient été traduites par J .-A. de Ségur. Nous donnons ici UD fragment d'un des airs les plus célèbres :

AndaiiJe

Brillant de grâce et de beauté. Contemplant d'un œil

en-chanlè Des cieux la voûte im--men se. L'homme en

pa-raîl s'avance a--vec fierté

1 lève un front majestueux

Dans

-sent d'un Dieu. Son âme j brille en traits de feu

CRÉATIONISME (si-o-nissm' — rad. créalion)n. m. Théorie de la création des animaux et des plantes, fondée sur le texte de la Genèse pris au sens littéral. Elle voit dans chaque espèce un type immuable, et se trouve, par conséquent, en opposition directe avec le transformisme : te cBBATioNiSME croït quc les espèces ont été créées isolément, successivement, et moulées pour toujours dans les formes que nous leur l'oyons actuellement. (Â. Bordier.)

CRÉATOPHAGE adj. Zool. V. CRÉOPHAGE.

CRÉATURE (lat. creaiura, même sens) n. f. Etre créé : Créatubes animées. Créatures ina7iîmées. il Homme, par opposition à Dieu : La foi est le seul lien possible entre la caÉATCBE et le Créateur. (Bastiat.)

— Fam. Personne: Belle, Jolie, Aimable crkxtvkk. Bonne CRÉATDRE. Etrange, Sotte créature, il Femme galante, de mauvaise conduite.

— Particulièrem. Personne dont la fortune ou la position a été créée par une autre, et que l'on considère comme entièrement dévouée aux intérêts de cette autre.

— En T. d'ascét., Les biens créés, les biens temporels, les personnes, par opposition aux grâces spirituelles : 5e détacher de la créature.

— Anton. Créateur.

GreazzO, comm. d'Italie {Vénétie 'prov. de Vicencej); 1.800 hab.

CrÉBUXON fProsper Jo- LTOT de), poète tragique, né à Dijon en 1674. mort en 1762.

Son père, qui était notaire royal, le destinait au barreau.

mais la vocation poétique fut la plus forte. Il tit jouer neuf tragédies, les quatre premières avec un grand succès : Idoménée ( 1 705) ; A trée et Thyesteil'Ol); Electre {1109) ; Rhadamisteet Zénobie {MW)^ qui passe pour son chef-d'œuvre; Xerxés fl7Ul; SémiramxM (1717): Pjjrrhivt (1726); enfin, après être resté vingt-deux ans éloigné de la scène, Catilina ^748), et le Triumvirat (1754). Ses contemporains le représentent comme un homme bizarre, insouciant, prodigue, désordonné dans sa vie, mais modeste et bienveillant. Il fut do l'Académie en 1731. Crébillon a été plutôt un grand dramaturge qu'un grand poète : médiocre dans la peinture de l'àmc et l'analyse des passions, il excelle dans ragoncomeot de l'intrigue et dans l'emploi des coups de théâtre ; son style, souvent déclamatoire, a parfois un© grandeur farouche. Lo ressort dramatique de toutes ses pièces est la terreur. •■ Corooille, disait-il, avait pris le ciel; Racine la terre; il ne me restait plus que l'enfer, " Do fait, il imite encore Cor- Doillo et liacino, mais il y mêle les artifices romanesques de La Calpronède et 1< sombres inventions do s< propre génie. On lui a repru ché l'abus qu'il fait d<.-s m- prite» et des reconnai.'Uftncf-s ;

Sar la, sa tragédie aniioocr; éjâ lo mélodrame. De son temps, on l'opposait à Voltaire, qui on était jaloux.

Crébillon (Ciaude-Prosper JoLYoT de), fils du précédent, né a Paris en 1707, mort on 1777. U obtint une très Î grande réputation par ses contes licencieux {Lettres de a marqui$e dt ... au comte de ...; l'Ecumoire ou Tanzai

Pro&pcr Crébillon.

Grande crécelle à simaatlrc

Crécelle k marteaux.

Claude Crébillon .

et Néadarmé; les Egarements du cœur et de l'esprit; le Sopha, conte moral [1745); Ah! quel conte!; la Nuit et le Moment, etc.). Le fond de ces récits est souvent grossier, mais la forme en est délicate et fine, semée d'allusions satiriques. Crébillon a peint en témoin complaisant l'élégante corruption de la haute société du temps : ce qui ne l'empêcha pas d'être censeur royal, chargé de veiller sur la morale des écrits d'autrui. Honnête homme, d'ailleurs, aussi bien qu'homme d'esprit, il était digne de faire un meilleur emploi de son talent.

CRÉBILLONNAGE {bi-llo-naf [Il mil.]) n. m. Manière de composer et d'écrire de Crébillon lils.

CREBLEU ioterj. Juron, abréviation de s.vcrebleu.

CRÉBRISULCB (sulss — du lat. crcber, serré, et sulcus, sillon) adj. En T. d'hist. nat.> Qui offre des sillons très rapprochés.

CRÉCELLE {sèV) n. f. Instrument de bois, formé d'une languette fle.\ible contre laquelle tourne une rouedentée,doutles soubresauts lui font produire un son aigre : La crécelle sert à annoncer les offices de la semaine sainte, il Jouet d'enfant, de même forme, il Instrument dont certains baladins et marchands ambulants font usage pour attirer la foule autour d'eux. Il Instrument dont se ser- Crécella.

valent les lépreux, au moyen

âge, pour avertir les passants de leur approche et les engager à s'écarter de leur chemin.

— Par anal. Mauvaise cloche, il Bruit qui imite celui de la crécelle : Les grillons font tant de bruit avec leurs petites CRÉCELLES... (Th.

Gaut.)

— Fam. et fig. Personne qui ne prononce que des discours dépourvus de sens : Que de crécelles dans les assemblées politiques ! Il Vuiw de crécelle, Voixcriardeetdésagréable.

— Encycl. Archéol. Les crécelles liturgiques remplaçaient, et remplacent encore, dans quelques églises, les cloches qui ne doivent pas sonner pendant les trois derniers jours de la Passion. Quelles que fussent leurs dimensions et leurs formes , elles étaient toujours faites de bois. On trouve les formes les plus diverses, depuis les petites crécelles à main rappelant absolument nos jouets modernes jusqu'aux grands appareils à clavier, comme celui de la cathédrale de Bourges. (On appelait encore ces crécelles liturgiques rotelles, si-

MANDRES ou TARTAEELLES.)

CRÉCERELLE (se-rèV) n. f. Genre d'oiseaux rapaces, famille des accipitrîdés, tribu des falconidés, comprenant de petites formes à plumage tacheté, variant de couleur suivant les sexes, à tarses longs et forts, à doigts médiocres, à ailes et à queue longues.

— Encycl. Les crécerelles, dont le nom scientifique est tinnunculus et mieux

cerchneis, d'après la systématique la plus récente, comptent parmi les plus petits rapaces. On en connaît une vingtaine d'espèces, réparties sur tout le globe, excepté dans rOcéanie.

L'espèce type du genre icerchneis tinnuncula) fut jadis employée dans la fauconnerie pour le vol au petit oiseau ; com- Crécerelle,

mune en France, elle

est souvent appelée émouchet ; elle émigré en hiver par bandes nombreuses avec la crécerellette, espèce plus petite et plus méridionale, jusqu'en Afrique et dans l'Inde. Les crécerelles sont chassées pour leurchair assez estimée.

CRÉCERELLETTE {rè-lèt') n. f. Oiseau rapace du genre crécerelle {cerchneis tirmunculoides)^ de petite taille, qui habite l'Europe méridionale et suit les vols de sauterelles en continuant ses migrations jusqu'au Sénégal et dans l'Inde.

GrecchiO, comm. d'Italie (Abruzzes [prov. de Chieti]); 2.800 hah.

Crecentes ou Crecientes, comm. d'Espagne (Galice [prov. de Pontevedraj), sur le Mino ; 5.090 hab.

CRÈCHE (du bas lat. cripia, mémo sens) n. f. Mangeoire do plusieurs animaux domestiques dans une étable :

Cki-xhb des chevaux, des mulets, des vaches, des brebis, n Se dit particulièrem. do la Mangeoire do ce genre où Jésus fut déposé au moment de sa naissance.

— Par ext. Petit édifice représentant l'étable do Bethléem et les scènes qui suivirent la naissance do Jésus.

— Nom que l'on donne à des ôtablissomcnts de bienfaisance où l'on reçoit, pendant le jour, les enfants des familles pauvres : La cRi^cuiî est l'auxiliaire de la maternité. (Dupm.) Il Nom donné à quelauns hôpitaux d'enfants trouvés.

— Poétiquem. Berceau :

Eufant, sur un tambour ma crèche fut posée.

Page 1